Bonjour, bonjour!

Aujourd'hui, je vous met deux nouveaux chapitres car cela fait un bout de temps que je n'ai rien posté! J'espère que cette nouvelle fiction vous plait et je remercie ceux qui m'ont déjà donné leur avis!

Je suis en pleines révisions mais je vais quand même essayer de vous mettre un nouveau chapitre pendant ces "vacances" (qui n'en sont pas vraiment pour moi!). J'espère que ces deux chapitres vous plairont!

A bientôt!


Poussière de givre

Le lendemain, lorsque j'arrivai au lycée, mon soutien-gorge était embarrassé par le sachet de Naruto et malgré mes efforts pour l'enrouler dans du cellophane et camoufler ainsi l'odeur, j'avais l'impression que je serais à peu près aussi discrète en me baladant avec un pied de cannabis dans la main. La prochaine fois, Naruto aurait intérêt à me donner des tuyaux pour m'éviter de répandre un tel parfum derrière moi. C'était ma mère qui m'avait posée ce matin là ("Il y a une drôle d'odeur dans la voiture, tu ne trouves pas, Sakura?") et je n'avais donc pas pu voir Sasuke dans le bus comme à mon habitude. Assise sur un banc devant le portail, j'attendais que mes amis daignent faire leur apparition.

- Sakura!

Je levai le nez, c'était Hinata. Elle marchait dans ma direction tandis que la voiture rutilante de son père s'éloignait sur la route. Elle s'assit à mon côté et se mit immédiatement à renifler à plusieurs reprises.

- C'est toi qui sens comme ça?, me demanda-t-elle.

- Oui, c'est un nouveau parfum, ironisai-je en grimaçant. Cannabis pour femme. (-ça existe vraiment!)

Elle comprit tout de suite à quoi je faisais allusion et tâcha de ne plus avoir de gestes déplacés qui auraient pu trahir mon embarras. Enfin, Naruto apparut, l'air aussi joyeux que possible. Derrière lui se tenait Sasuke, le regard lointain, les mains dans les poches. Lorsqu'ils furent à notre niveau, je leur souris aussi chaleureusement que possible et ils me rendirent la politesse chacun à leur façon. Je me débrouillai pour donner à Naruto ce qui lui appartenait et il fit la moue en disant que c'était moins bien servi que ce qu'il avait prévu. Je le fusillai du regard pour l'empêcher d'émettre le moindre reproche à mon égard.

- Tu n'avais qu'à y aller toi même, dis-je. Et toi Sasuke, tu es bien ren...

Celui-ci me coupa la parole d'un geste et m'entraîna à sa suite en direction du portail en clamant d'une voix forte:

- On devrai y aller, sinon on va être en retard!

Je le gratifiai d'un regard interrogateur et il me fit les gros yeux. Je compris qu'il ne voulait pas que Naruto apprenne que je l'avais croisé dans la zone industrielle hier. Je chuchotai de façon à ce que lui seul entende:

- Ne crois pas t'en tirer aussi facilement!

Il haussa les épaules et sourit mystérieusement, de ce sourire qui faisait tant craquer les filles. Puis il me lâcha et attendit Naruto, qui avait essayé de nous suivre tant bien que mal. Je ne laissai pas le temps à Hinata de me rejoindre et partis en direction de notre salle de classe en grommelant.

Cependant, mon amie remarqua rapidement que quelque chose n'allait pas et elle m'interrogea sur les raisons de ma mauvaise humeur à la pause du matin, pendant que les garçons étaient sortis fumer leur cigarette. Je lui racontai que j'avais croisé Sasuke la veille et lui peignai aussi fidèlement que possible l'attitude qu'il avait eu à mon égard. Elle se montra bon public, retenant des exclamations outrées aux moment opportuns, et resta songeuse lorsque j'eus terminé mon récit. Enfin, elle dit:

- Tu ne crois pas qu'il irait voir les...?

Les... était une façon commune d'appeler les femmes qui paradaient dans ce quartier, vêtues de mini jupes et de hauts talons, et qui montaient régulièrement dans les voitures d'inconnus. J'éclatai de rire.

- Sasuke n'a pas besoin de ça!, ris-je. Il ne prendrait pas la peine de payer une fille alors qu'il peut en avoir autant qu'il veut gratuitement!

Hinata rougit, honteuse d'avoir osé songer que Sasuke puisse être ce genre de garçon, mais je la rassurai en lui disant que cela aurait pu être une explication plausible s'il ne s'était agit du mec le plus populaire de l'école.

- Non, à mon avis il n'y a pas de fille, là dessous..., murmurai-je. Mais il ne veut pas que Naruto soit au courant. De quoi a-t-il peur?

- Qu'est ce que Naruto pourrait lui reprocher?, se demanda Hinata à son tour.

Nous restâmes silencieuses un moment puis je repensai au ton froid de Sasuke et à son sourire qui avait presque immédiatement suivi. Il cachait quelque chose, il n'y avait pas de doute... Mais quoi?

Nous n'eûmes pas le loisir de réfléchir plus longtemps car Naruto et Sasuke nous avaient rejointes et s'étonnaient de nous voir toutes deux si pensives. J'essayai de croiser le regard du beau brun, mais il m'ignora. Il passa une main dans ses cheveux et immédiatement la moitié des filles présentes se précipitèrent à sa rencontre en lui demandant l'une de l'aide pour son devoir de maths, l'autre un conseil concernant son orientation et une troisième si sa nouvelle couleur de cheveux lui allait mieux que l'ancienne. Il leur répondit vaguement, le regard fixé sur quelque chose que je ne voyais pas, puis il secoua la tête, écarta les jeunes filles qui lui lancèrent des regards implorants et s'éloigna en direction de notre prochain cours.

Naruto le regarda partir et se pencha vers nous en disant:

- Il est bizarre aujourd'hui...

- Tu veux dire qu'il s'est montré plus patient avec ces filles que d'habitude?, demandai-je sur le ton de l'humour.

- Non, je veux dire pour tout, expliqua mon ami. Il est plongé dans ses pensées, on dirait que quelque chose le tracasse...

Hinata et moi nous regardâmes sans savoir s'il fallait lui parler de ce que j'avais vu la veille ou pas. Mais lorsque je repensai au regard que m'avait lancé Sasuke quand j'avais failli le trahir, je songeai qu'il serait injuste d'en dire plus à Naruto alors que nous ignorions encore tout de l'affaire. Inutile de l'inquiéter pour rien.

- Bah, il s'est peut être embrouillé avec son frère, dis-je en tâchant d'avoir l'air convaincante.

- Mouais..., marmonna Naruto. Bon, on y va sinon Hatake va nous engueuler.

Hatake Kakashi était notre prof de philo, et il arrivait toujours en retard. Néanmoins, il tenait à ce que ses élèves, eux, soient à l'heure. Mystère que personne n'avait encore pu résoudre à ce jour.

La journée se déroula sans incident notable et lorsque la sonnerie annonça la fin des cours, nous nous précipitâmes à l'extérieur à la suite des autres lycéens. C'était le week end et les élèves échangeaient d'une voix surexcitée leurs projets pour ces deux jours.
Naruto nous avait invités à le rejoindre chez lui car ses parents partaient pour le week end en lui laissant la maison. Kiba et Shikamaru attendaient à l'entrée du portail car ils rentraient directement avec lui. Sasuke, Hinata et moi nous étions mis d'accord pour les rejoindre à dix-neuf heures trente. En effet, le père d'Hinata recevait un client important ce soir là et son père tenait à ce qu'elle soit chez elle de dix-sept heures à dix-neuf heures. Sasuke, quant à lui, disait avoir "des choses à faire". Pour ma part je n'avais rien de prévu mais j'avais la ferme intention de jouer les espionnes et de découvrir ce que cachait Sasuke.

Nous attendîmes le bus en silence et c'est tout aussi muets que nous montâmes à l'intérieur. Je chantonnai pour chasser mon angoisse à l'idée qu'il me repère lorsque je le filerais et il m'accorda un sourire moqueur. C'est à ce moment là que je me rendis compte que je chantais "Tu t'envoles" de Peter Pan et je piquai un fard, ce qui ne me ressemblait pas. D'ordinaire, j'aurais plutôt revendiqué ma passion pour les Walt Disney mais, étrangement, le regard de Sasuke cette fois là ne m'avait pas fait le même effet que d'habitude. Lorsque je relevai la tête, il avait disparu. Évidemment, puisque nous venions de passer son arrêt... J'appuyai sur le bouton demandant le prochain arrêt – il n'était pas très loin de celui où descendait Sasuke – et me précipitai au dehors lorsque le bus stoppa. J'aperçus mon ami à quelque distance de là et le suivit discrètement.

Contre toute attente, il rentra chez lui. Je l'entendis saluer son frère aîné, Itachi, et ses parents adoptifs, leurs parents biologiques étant décédés dans un accident de voiture alors que Sasuke était à peine âgé de huit ans. Itachi dit quelque chose à Sasuke, lequel lui répondit sèchement avant de ressortir. Je me tassai derrière mon buisson en priant pour qu'il ne m'ait pas vue. Il partit en direction du sud, les mains dans les poches, et je le suivis jusqu'à ce que nous soyons parvenus sans grande surprise à la zone industrielle. Nous marchions depuis longtemps dans le labyrinthe de rues malfamées lorsqu'il pénétra dans un bâtiment rouillé qui avait tout l'air d'être abandonné. Que venait-il faire ici?

Mon coeur battait fort dans ma poitrine. Les raisons étaient simples: j'étais en train de suivre l'un de mes meilleurs amis, il s'était engouffré dans un lieu que n'importe quelle personne sensée éviterait et j'étais en short et débardeur, sans oublier mes talons hauts ouverts, dans cet endroit peu recommandable... Je me plaquai contre le mur de l'entrepôt rouillé et passai discrètement ma tête dans l'ouverture. L'endroit était étrangement bien aménagé. La pièce était large et longue et ses murs étaient peints en blanc et parfaitement propres. Des canapés et des fauteuils étaient disposés autour d'une table basse en verre sur laquelle reposaient quelques bouteilles et des verres à moitié pleins. Deux hommes étaient assis sur l'un des canapés, mais je ne parvins pas à les distinguer nettement. Je perçus l'éclat de la chevelure blonde du plus jeune, mais je ne m'attardai pas pour étudier son visage. L'allure de son acolyte, un grand type aux cheveux hérissés et au regard effrayant, me tira un frisson et je reculai en retenant mon souffle.

- Tiens, tu es revenu, Sasuke, lança l'homme blond.

- Oui, je viens chercher la même chose qu'hier, répondit Sasuke.

- T'as de quoi payer, gamin?, demanda l'autre lascar d'une voix moqueuse.

Sasuke tira de sa poche un billet que je ne parvins pas à identifier. Le grand l'empocha et se dirigea vers le fond de la pièce. Il passa une porte et disparut. Quelques secondes plus tard, il revint et déposa quelque chose dans la main de Sasuke. Celui ci entreprit de le cacher dans sa chaussure sous le regard amusé des deux hommes. Puis il les salua et s'en retourna vers l'entrée de l'entrepôt. Je me dépêchai de trouver une cachette et attendit qu'il ait prit un peu d'avance pour le filer de nouveau. Sur le chemin, une boule d'anxiété se forma dans le creux de mon abdomen et ne tarda pas à gagner le reste de mon corps. Quand Sasuke regagna sa maison et entra, j'entendis son frère lui crier quelque chose. Sasuke lui répondit d'un manière violente qui ne lui ressemblait pas mais je ne parvins pas à saisir le sujet de la dispute. Le cœur lourd, je traînai des pieds jusqu'à ma propre maison et m'enfermai dans ma chambre.

Ce soir-là, j'envoyai un message à Sasuke pour lui proposer que l'on se rende ensemble chez Naruto. Je précisai que je l'attendrai devant chez lui vers dix-neuf heures quinze. J'espérais ainsi pouvoir parler seul à seule avec lui pour mettre les choses au clair mais, quand il me répondit quelques minutes plus tard, mon cœur se gonfla de chagrin. Son message disait : « Laisse tomber. Je ne peux pas me libérer, vas-y sans moi. A lundi. »

Je refermai mon portable et me laissai tomber sur mon lit, le regard fixé sur le plafond. J'avais l'impression que toute joie de vivre venait de quitter mon corps.