NdA:
Enfin, voilà le nouveau chapitre, il m'aura fait ramer celui-là ! Cet épisode se situe vers les chapitres 52 et 53 pour ceux qui ont lu le livre, c'est-à-dire au moment où Thomas retrouve ses souvenirs. Je me suis dis que ce passage pourrait être très important dans sa relation avec Newt, et d'ailleurs à chaque fois que je relis ces chapitres, leurs interactions me donnent envie de hurler « Newmaaas ! ». Donc voilà voilà.
Cette fois, j'ai utilisé des paroles de la chanson What If I told You de Jason Walker, qui me paraissait tout à fait appropriée.
J'en profite pour vous remercier pour vos reviews vraiment adorables/favoris/suivis, en espérant que cette suite vous plaise aussi ! J'vous zaime !
Avertissement/Incitation à lire ^^:
Allez, et un petit rab de lemon pour les amateurs ! Bonne lecture !
-Lilith-
« What if I told you who I really was ?
What if I told you what was really going on ? »
...
« Teresa et moi avons aidé à concevoir le Labyrinthe. »
Cette fois, ça y est, je l'ai dis.
Certains de ces foutus souvenirs que l'on m'a retirés sont revenus, et vu ce que j'ai découvert, je me demande si je n'aurais pas préféré continuer de nager dans le brouillard. Avec le recul, l'ignorance avait quelque chose de vaguement sécurisant.
Je n'arrive toujours pas à croire que j'ai pu faire ça, que j'ai pu leur infliger toutes ces épreuves.
Que j'ai pu lui infliger ça.
La salle du conseil se met soudain à tanguer autour de moi, les voix des blocards, leurs regards tantôt incrédules, tantôt indignés, tout s'emmêle.
La nausée me retourne l'estomac, j'ai besoin d'air, alors je me rue hors de la cabane, laissant mes compagnons encaisser toutes ces révélations horribles que je viens de leur jeter à la figure.
Et je me mets à courir.
Je revois l'expression de Newt, indéchiffrable, ses yeux qui me transpercent, qui essayent de lire au plus profond de mon âme, de comprendre si cette fois je dis la vérité ou bien si je suis toujours de mèche avec le WICKED. Un mensonge emboîté dans un mensonge.
Le voile est déchiré, mais on ne peut pas revenir en arrière, et je n'ai plus qu'à affronter la réalité, à assumer les conséquences de mes actes.
Sauf que je m'en sens totalement incapable.
Je me déteste.
J'ai l'impression d'avoir trahi sa confiance, de les avoir tous trahi. Et ça, je n'arrive pas à le supporter.
-Tommy, attends-moi !
La voix de Newt résonne dans mon dos, mais je ne m'arrête pas. Je sais que c'est puéril, je me doute bien qu'il ne va pas me laisser tranquille, que tôt ou tard il faudra bien que nous ayons une discussion à propos de tout ça.
Mais je réagis comme un gamin, qui cherche à retarder le plus possible le moment fatidique.
Je sens les larmes me picoter les yeux, mes joues me brûler sous l'effet de la honte.
« There's so much I want to say,
but I'm so scared to give away every little secret that I hide behind. »
Je sais très bien ce que je redoute le plus, au fond. Ce n'est pas tant de savoir si les blocards me croient ou non, ou si mon ébauche de plan pour s'évader du Labyrinthe va nous conduire droit au carnage.
Ce qui me fait le plus peur, c'est de le perdre lui. J'ai peur de sa réaction, peur que notre lien soit brisé, qu'il me dise que tout est fini entre nous.
Et pourtant, au lieu de m'expliquer, de lui dire à quel point je suis désolé et que je ferais n'importe quoi pour le lui prouver, je fuis comme un lâche.
Je me réfugie dans la cabane que j'ai partagée un temps avec Chuck et m'écroule par terre, la vue brouillée par les larmes.
Quelques secondes plus tard, Newt me rejoint, hors d'haleine. Je serre les dents en me préparant au pire.
-Bon ça suffit, tocard, tu vas m'écouter maintenant !
Il est essoufflé, sa voix est dure, tranchante, je sens qu'il ne me laissera pas me défiler.
Il se laisse tomber à genoux devant moi et m'attrape violemment par la nuque, me forçant à soutenir son regard.
-Tu me fais quoi là, Tommy ? Pourquoi tu t'es barré comme ça ?
Son ton est chargé de colère, mais ses yeux reflètent une certaine inquiétude, et je ne sais pas ce qui me fait le plus mal, qu'il m'en veuille ou bien que je lui fasse pitié.
-A ton avis ? Je viens de découvrir que je suis à l'origine de tout ce plonk, que c'est moi qui ai permis que vous vous retrouviez là, à subir ces putains de tests. Que c'est à cause de moi qu' Alby et les autres sont morts ! (Je renifle bruyamment et laisse échapper un petit ricanement sans joie.) Alors tu vois, on ne peut pas vraiment dire que ce soit l'éclate. Comment est-ce que vous pourriez à nouveau me faire confiance après ça ? Et toi, comment est-ce que tu pourrais encore...
Comment est-ce que tu pourrais encore m'aimer...
Ma voix se brise lamentablement sur ces mots. Je suis lamentable.
Je sens mes forces m'abandonner, je me sens complètement paumé, je ne sais plus ce que je dois faire, ce que je peux dire pour essayer de réparer les dégâts que j'ai causés. De toute façon, toutes les excuses du monde ne feraient pas revenir Gally, Alby, Ben, et tous les autres.
Le regard de Newt s'adoucit quelque peu. Ses doigts se crispent un peu plus sur mon cou alors qu'il appuie doucement son front contre le mien.
-Bordel Tommy, mais qu'est-ce que tu crois ? Je te rappelle que tu es embarqué jusqu'au cou dans cette galère, que tu risques ta peau au même titre que nous. Que les Créateurs t'ont fait subir un lavage de cerveau, à toi aussi. Alors explique-moi comment est-ce qu'on pourrait t'en vouloir pour des choses qu'on t'as forcées à faire il y a des années?
-Gally n'avait pas autant de scrupules, lui...Et il n'est sûrement pas le seul.
-Gally a toujours été une tête de pioche, tu le sais aussi bien que moi. (Il a prononcé ces mots d'un ton qui n'admet aucune réplique.) Tommy, les personnes que nous avons été avant le Labyrinthe n'existent plus. Tout ce qui compte, c'est qui nous sommes à présent, et ce qu'on va faire pour s'en sortir.
-Newt...
Je ne trouve pas les mots pour lui dire à quel point je tiens à lui, à quel point je me sens indigne de lui, de cette confiance aveugle qu'il a placée en moi, que je n'estime pas mériter. Et en même temps, je n'ai jamais eu autant besoin de lui qu'en cet instant.
Mais je me sens responsable de tout ce foutoir, en dépit de ses arguments, aussi convaincants soient-ils. Et je dois me racheter, peu importe le prix à payer. J'ai mon plan pour nous faire sortir du Labyrinthe, je l'ai exposé aux blocards avant de m'enfuir du conseil, et rien ne pourra m'en détourner. Beaucoup trop de vies ont déjà été perdues et je ne permettrai pas que cette boucherie se poursuive à cause de moi.
-Tommy, tu n'es pas obligé de faire ça. Tu ne dois pas te sentir obligé de te sacrifier pour nous permettre d'échapper aux Griffeurs.
Comme s'il avait lu dans mes pensées...Mais il est trop tard pour me rétracter.
-Si, Newt, tu ne comprends pas, il faut que je le fasse. Je dois tenter le coup, pour toi, pour vous tous. C'est notre seule chance.
-Je te l'interdis Tommy, tu m'entends ? Je t'interdis de me laisser ! (La violence avec laquelle il prononce ces mots me fait sursauter.) Est-ce que tu pourrais penser un peu à moi pour une fois ?
Je reste figé l'espace d'une seconde, sidéré par sa réaction.
-Justement, Newt, je ne fais que ça ! C'est pour essayer de vous sauver que je veux le faire !
Il hoche tristement la tête, et je vois bien que j'ai dis quelque chose que je n'aurais pas dû.
-Ce n'est pas ce que je voulais dire, guignol ! Je te parlais de moi, de nous. Tu es en train de me sortir que je compte pour toi de la même façon que n'importe quel autre blocard ? Que tu ne fais pas la différence ? Cela t'es égal ce que je peux ressentir à l'idée que tu puisses te faire tuer ?
Ses paroles me font l'effet d'un coup de poing à l'estomac.
Je n'en reviens pas qu'il puisse penser une chose pareille, que l'idée que je le considère toujours comme un simple ami lui ai effleurée l'esprit. Après tout ce qui s'est passé entre nous, toutes ces nuits passées dans les bras l'un de l'autre, comment peut-il encore douter de mes sentiments ? Décidément, je suis totalement à côté de la plaque.
« Would you see me differently, and would that be such a bad thing ?
I wonder what it would be like if I told you... »
Bouleversé, je lève la main pour la poser sur sa joue, pour éprouver sa chaleur, la douceur de sa peau. Nos visages sont si proches désormais, je n'aurais qu'à tendre le cou pour l'embrasser, ce que je meurs d'envie de faire d'ailleurs.
-Tu sais très bien que cela ne m'est pas égal, au contraire. Newt, je...
Les mots se bousculent pour sortir. Il y a tellement de choses que je voudrais lui dire, lui faire comprendre, mais je ne sais pas comment m'y prendre, et j'ai tellement peur que les déclarations ridiculement enflammées auxquelles j'ai réfléchi depuis des jours sonnent faux dans ma bouche...Je prends une grande inspiration avant de reprendre.
-Tu es tout ce que j'ai, d'accord ? Tu es la personne la plus importante à mes yeux ici, je peux te le jurer. Et je ne supporte pas l'idée de te faire souffrir, mais je dois aussi essayer de réparer tout le plonk que j'ai provoqué. Et malheureusement, on n'a pas des masses d'options.
Il ferme les yeux en poussant un soupir exaspéré.
-Je le sais bien, mais...Tommy, je ne veux pas te perdre. Je sais que c'est égoïste, mais je m'en fous. Alors promets-moi que tu ne feras rien de stupide. Je te rappelle que le groupe est notre force, alors si on doit prendre des risques, on les prendra tous ensemble, pigé ?
La détresse dans sa voix me fait mal. Moi non plus je ne veux pas le perdre, cela fait un bout de temps que l'idée d'être séparé de lui m'est devenue insupportable.
Les choses n'étaient pas sensées aller aussi loin entre nous, et pourtant voilà où nous en sommes réduits aujourd'hui. Se faire des serments impossibles à tenir pour tenter maladroitement de se rassurer l'un l'autre...
Alors j'acquiesce silencieusement, d'un hochement de tête, même si je suppose qu'aucun de nous n'est dupe.
Il n'y a rien d'autre à ajouter. Si les blocards valident mon plan, nous serons sensés partir le lendemain matin, au lever du jour.
Ce qui signifie que cette nuit est peut-être la dernière que je vais passer avec Newt.
Nous ignorons où nous nous trouverons demain à la même heure, si nous aurons réussi à nous enfuir, si même nous serons encore vivants.
Je refuse de gâcher plus longtemps ces moments qui risquent fort d'être la dernière occasion que j'aie de me retrouver seul avec Newt.
Il semble avoir eu la même pensée, car l'instant d'après, il m'embrasse avec fougue, ses mains toujours crochetées à mon cou, et notre baiser a un goût de désespoir, un arrière-goût d'adieu, bien que je fasse tout mon possible pour refouler l'angoisse sourde qui me ronge la poitrine à cette idée.
Je veux juste m'abandonner à l'instant présent, me donner à lui encore une fois, et si ce doit être la dernière, alors je veux la vivre comme s'il s'agissait de la première.
Je m'efforce de bloquer temporairement les souvenirs des nuits que nous avons passées ensemble, je veux redécouvrir son corps, l'ivresse de nos tous premiers baisers, la sensation de ses mains parcourant inlassablement ma peau, et surtout le plaisir que j'ai éprouvé à le sentir en moi, à me livrer corps et âme à ce garçon pour lequel je suis prêt à donner ma vie.
Ce garçon dont je crois être amoureux, bien que mes notions sur l'amour laissent carrément à désirer.
Nous retirons nos vêtements à la hâte, et je m'apprête à m'allonger par terre en attirant Newt contre moi, mais il me retient par le bras d'un air hésitant.
-Tommy, attends...Est-ce qu'on pourrait...changer ? Laisse-moi être à toi, au moins une fois, s'il te plaît...
Il a murmuré ces derniers mots d'une voix rendue rauque par le désir, mais aussi presque suppliante. C'est vrai que jusque là, c'est toujours moi qui me suis laissé dominer. Je ne sais pas pourquoi, cela s'est fait naturellement, sans doute parce que Newt avait plus d'expérience que moi. J'ai toujours adoré faire l'amour avec lui de cette façon, et je n'avais encore jamais envisagé d'inverser les rôles.
Mais ce soir, les choses sont différentes. Et je me doute que derrière sa requête se cache une raison plus complexe qu'une simple envie de nouveauté. Je l'embrasse tendrement pour le rassurer.
-Newt...Tu es déjà à moi. On se l'est promis, tu te souviens ? Le fait que ce soit moi qui te prenne n'y changera rien.
-Alors si cela ne change rien, fais le. J'en ai tellement envie, Tommy, juste pour cette fois.
Son désir finit par me gagner, et je me laisse convaincre sans résister davantage.
Je ne peux m'empêcher de le dévorer des yeux tandis qu'il s'installe sous moi, s'offrant ainsi entièrement à mon regard enflammé, et que je me glisse entre ses cuisses écartées.
Je laisse un moment mes doigts glisser entre ses mèches dorées, il tourne la tête pour poser sa joue dans le creux de ma paume.
Il me semble si vulnérable ainsi, paupières closes, lèvres entrouvertes, son corps parfait, si fin et délié, frémissant de désir sous le mien, que tout à coup, une nouvelle bouffée de culpabilité me saisit, mais je m'efforce de la refouler, de me recentrer sur l'excitation qui me brûle le bas-ventre.
Je voudrais que plus rien d'autre n'existe à part lui et moi, je veux oublier tout le reste, mon passé, notre futur, je veux juste le présent, je veux juste pouvoir l'aimer encore une fois.
Et lorsque je m'enfonce enfin en lui, et qu'il se cabre en gémissant mon nom, le monde s'efface, la réalité se désagrège doucement, et je réalise à quel point je tiens à lui, à quel point je l'aime.
Je le lui murmure à l'oreille, encore et encore, alors que mes coups de rein se font plus profonds, plus rapides, et qu'il perd totalement le contrôle, que les soupirs s'échappant de ses lèvres sont entrecoupés d'obscénités que je perçois comme à travers un brouillard, perdu dans mon propre plaisir.
Ses doigts s'enfoncent dans la chair de mon dos, il me griffe, ses hanches se soulèvent pour me permettre d'aller toujours plus loin, je voudrais que ce moment dure éternellement.
Mais je me retrouve bientôt à l'apogée de l'excitation, et je me déverse en lui alors qu'il atteint de son côté l'extase en gémissant une dernière fois mon prénom.
Nous passons le reste de la nuit enlacés, blottis l'un contre l'autre, sans prendre la peine de nous rhabiller, la gorge trop nouée pour échanger une parole.
Le calme avant la tempête.
Ahlala, ils sont pas mignons ces deux-là ? Je serais presque tentée de laisser l'histoire telle qu'elle, mais comme vous le savez, il y a encore deux bouquins après The Maze Runner, et je vais me faire un plaisir d'exploiter les autres moments Newmas qui s'y trouvent !
A bientôt pour la suite, lâchez vos reviews please !
P-S : Spéciale dédicace à Mamoizelle Splash Boum : et un Newt dominé, un ! Cadeau ! Comme ça tu auras eu les deux versions ^^
