Nuage cristallin
Je me réveillai dans une pièce faiblement éclairée par la lumière qui filtrait sous la porte. Je reconnus les affiches médicales de l'infirmerie et me levai prudemment, complètement groggy. En ouvrant la porte, je fus assaillie par un flot de lumière qui m'aveugla si bien que je ne reconnus pas tout de suite la propriétaire des bras qui m'enserrèrent le cou. Lorsque mes yeux se furent habitués à la soudaine clarté, je perçu un éclat noir aux reflets bleutés et souris en rendant son étreinte à Hinata.
- Ça va ?, me demanda-t-elle d'une voix inquiète.
- Ça peut aller, la rassurai-je. J'ai dormi combien de temps ?
- Oh, pas longtemps, on t'a amenée il y a à peine quelques minutes.
- Où est Naruto ?, m'enquis-je.
- Dehors, je crois, répondit-elle. Il décompresse. Mais il était inquiet pour toi, après euh... tout ça.
- Je ne vais plus oser sortir d'ici, couinai-je en passant ma main dans mes cheveux.
- Pourquoi ça ?, s'étonna mon amie.
- Dans le genre se donner en spectacle, tu as déjà vu mieux ?, raillai-je.
- Ce sont Naruto et Sasuke qui se sont donnés en spectacle, pas toi, me corrigea-t-elle. Mais il est vrai que tu as fait sensation...
- Merci de me rassurer, blaguai-je en m'asseyant sur un siège.
L'infirmière nous ayant entendues discuter, elle sortit de son bureau et m'examina rapidement. Après s'être assurée que tout allait bien, elle me conseilla de rentrer chez moi et de me coucher tôt. Ses yeux indiquaient clairement la pitié que je lui inspirais, ce qui me mit plutôt mal à l'aise. Désormais, je serais aux yeux de tout le lycée la pauvre fille déchirée entre ses deux meilleurs amis. La réputation de Naruto et Sasuke n'étant plus à faire, notre trio allait surement faire office de matière première pour les ragots des prochains jours. Avec un peu de chance, les vacances suffiraient peut être à nous faire oublier. Pour être honnête et bien que n'étant pas d'une nature particulièrement pessimiste, j'en doutais fortement.
Le soir de mon altercation avec Sasuke, mon bleu avait prit une étrange teinte violette que ma mère ne manqua pas de remarquer. Je restai vague sur son origine jusqu'au jour où elle reçut un courrier du lycée lui signalant mon passage à l'infirmerie. Sous le joug de son regard pénétrant, je fus forcée d'inventer une histoire rocambolesque à propos d'une chute dans les escaliers. Elle accueillit mes explications avec un soupir et un zeste – assez épais – de scepticisme. J'espérais ne plus jamais avoir à lui mentir au sujet des coups que je recevais car elle n'allait surement pas tarder à s'interroger sur ma soudaine maladresse. Cependant, les hypothèses que l'imagination débordante de ma mère bâtissait à mon égard étaient le dernier de mes soucis. Le 31 décembre approchait et je craignais que ma place me soit retirée si mon bleu demeurait aussi voyant. Par chance, ou pas, il avait presque totalement disparu lorsque le dernier soleil de l'année passa la barrière de l'horizon.
Ce matin là, je me levai en proie à une réelle excitation. D'une part, j'allais revoir Sasuke ce soir là, ce qui déclenchait de petits fourmillements de joie dans mon ventre. Ensuite, j'étais électrisée à l'idée de passer ma soirée au milieu des membres de l'Akatsuki. Cette simple pensée suffisait à me tirer des frissons d'angoisse. Pour me couvrir, j'avais dis à ma mère que je passerais le réveillon chez Naruto. Je doutais qu'elle prenne la peine de l'appeler pour vérifier, ce n'était pas son genre. De plus, et bien que cela me coutât de l'admettre sans me sentir coupable après tous les mensonges que je lui avais servi ces derniers temps, elle me faisait entièrement confiance. Quand à mes amis, je leur avais parlé d'une famille, très loin, chez qui nous allions passé la soirée du jour de l'an. J'espérais que mon double mensonge ne me retomberait pas dessus...
J'entrai dans la salle de bain à seize heures et en ressortis une heure et quart plus tard, coiffée et maquillée avec un soin tout particulier. J'étais convaincue qu'une tenue complète m'attendait sur place, aussi ne revêtis-je qu'un pull et un jean avant de sauter dans mes escarpins noirs et de quitter la maison. Rongée par le stress, je marchai bien plus vite qu'à mon habitude et arrivai au niveau de l'immeuble vitré avec quelques minutes d'avance. Dans le hall, deux autres jeunes filles attendaient en se rongeant les ongles. Leur expression ne dépeignait rien d'autre qu'une profonde angoisse et, à les voir, on aurait pu croire que les cinquante prochaines années de leur vie allaient se jouer dans quelques minutes. Cette pensée me tira un sourire et les muscles de mon visage se détendirent un peu. Après tout, il était ridicule de s'inquiéter, nous allions simplement faire office de serveuses pendant quelques heures. Il n'y avait vraiment pas de quoi fouetter un chat. Bon, d'accord, la clientèle était tout sauf ordinaire mais il n'y avait pas de raison pour que cela se passe mal. Du moins essayais-je de m'en convaincre... J'éteignis mon portable pour éviter tout appel malvenu et patientai en silence, un sourire quelque peu crispé aux lèvres. D'autres jeunes filles arrivèrent peu après et, lorsqu'une belle femme blonde se présenta pour nous demander de l'accompagner, nous étions exactement dix dans le hall. Le nombre me parut dérisoire, mais peut être avais-je surestimé l'ampleur de la soirée.
La femme s'appelait Tomoe et était pleine d'enthousiasme. Elle nous mena dans une grande salle où nous attendaient des coiffeuses, maquilleuses et stylistes. Je compris rapidement que j'avais perdu mon temps dans ma salle de bain car une jeune femme siliconée ruina tout mon travail de préparation sans même sourciller. Ses yeux aux longs cils étudièrent mon visage sous tous les angles avec professionnalisme. Elle passa de longues minutes à me maquiller puis s'attaqua à mes cheveux sans la moindre délicatesse, me tirant des grimaces de douleur. Mais le résultat en valait la peine. La maquilleuse m'avait appliqué un long trait d'eye liner noir sur chaque œil, des faux cils qui me donnaient un regard de biche et avait utilisé trois fards à paupière rose différents pour ma paupière et le dessous de mon œil. Pour affiner le tout, elle avait ajouté un trait fin de crayon violet au dessus de mes cils. Mes lèvres étaient recouvertes d'un rouge à lèvre rouge brillant sans être provocant. Elle avait également remonté mes cheveux en une coiffure complexe, légèrement ondulée, qu'elle avait complété avec des ajouts exactement identique à ma chevelure, à la texture près. Elle y avait ajouté des fleurs de cerisiers d'un rose presque rouge et des petits bourgeons blancs. Pour finir, nos tenues étaient composées de kimonos courts, noirs ornés de nuages rouges – comme de juste – accompagnés de talons noirs assez hauts sans être inconfortables. Lorsque je m'observai dans le miroir à l'issu de la préparation, j'eus l'impression d'être une autre personne.
A vingt heures, plusieurs voitures noires aux vitres teintés vinrent nous chercher et nous montâmes rapidement à l'intérieur, sous les regards appréciateurs des passants. La richesse des palettes de couleurs et des parfums avaient suffit à balayer les dernières traces d'anxiété. Face à leur nouveau « moi », vêtues telles des poupées de collection, toutes les filles avaient retrouvé courage et certaines faisaient même preuve d'un certain enthousiasme. Pour ma part, j'étais partagée entre l'envie de hurler sur le chauffeur pour qu'il accélère et la tentation d'ouvrir la portière pour m'échapper lorsque la voiture s'arrêtait à un feu de circulation. J'avais peur. Mais j'étais impatiente de retrouver Sasuke. Au fond de moi, une petite voix gloussait de plaisir à l'idée de se présenter devant lui ainsi apprêtée. Cette petite voix susurrait : « J'aimerais tant qu'il me trouve jolie, ce soir ». Cette phrase à première vue innocente résonna plusieurs fois dans mon esprit avant que je réalise ce qu'elle impliquait. Je ne m'étais pas souciée du fait que Sasuke me trouve jolie ou non depuis la primaire. Quelle femme s'inquiète de plaire physiquement à l'un de ses meilleurs amis ? Aucune. Sauf si la femme en question à autre chose derrière la tête. Instantanément, je revis le visage de Sasuke, si proche, et je sentis une vive chaleur se répandre dans tout mon corps. Oui, autre chose derrière la tête. C'était probablement le problème avec moi. J'ignorais pourquoi, mais j'étais en pleine rechute. Sasuke... Je ne voulais pas qu'il soit mon ami. Ni même le meilleur des amis. J'attendais bien plus de lui, je devais bien l'admettre. Mais pourquoi tout d'un coup ? Qu'est ce qui avait changé par rapport à l'année dernière ? Était-ce simplement parce qu'il n'était plus là, à portée de main, depuis quelques mois ? Étais-je véritablement le genre de fille capricieuse qui s'empressait de désirer ce qu'elle ne pouvait plus avoir ? Je fronçai les sourcils de frustration. Puis je compris que toutes ces questions ne me mèneraient nulle part et qu'elles ne m'empêchaient pas de faire le seul constat qui importait : j'étais de nouveau éperdument amoureuse de Sasuke. Mais cela n'avait plus rien à voir avec les doux sentiments qui avaient bercé mon enfance. Non, l'amour que Sasuke m'inspirait désormais était aussi léger que le souffle de l'air et aussi douloureux que la brûlure d'une langue de feu. Il m'inspirait tristesse et bonheur, larmes et sourires, cris de rage et éclats de joie. Rien qu'une dualité sans fin entre mon cœur et ma raison, une bataille qui semblait interminable et ne connaitrait jamais de vainqueur.
Au bout d'une demi heure durant laquelle nous avions quitté la ville, nous arrivâmes dans une propriété superbe dont le jardin, immense et parfaitement entretenu, avait des airs de jardin d'Eden tel que je l'imaginais. La demeure était très grande et sa façade blanche légèrement ocrée brillait sous l'éclat de dizaines de projecteurs placés tout autour. A notre arrivée, Madara Uchiwa apparut à l'entrée de la grande maison, enveloppé d'un long manteau noir aux nuages rouges et son allure me sembla plus prestigieuse que jamais. Nous descendîmes les unes après les autres des voitures et il sembla ravi de nous voir. Il nous invita à entrer et à nous familiariser avec les lieux aussitôt que possible. La pièce principale était longue et large, comme les salles de bal dans les films, et occupée par une longue table dressée de vaisselle magnifique. Sur les murs pendaient de grands drapeaux noirs aux nuages rouges et ce motif se retrouvait à divers endroits dans la pièce, des serviettes en tissus des convives aux ornementations de la cheminée, au fond de la pièce. Un large escalier montait à l'étage de l'autre côté de l'immense salle et l'entrée des cuisines semblait se trouver juste en dessous. Nous nous approchâmes de l'entrée située à droite de l'escalier et pénétrâmes effectivement dans une pièce attenante à la cuisine, dans laquelle des tables étaient placées en cercle.
- Vous récupèrerez les plateaux ici, précisa un cuistot qui passait par là. Nous les poserons sur ces tables et étiquetterons le numéro de la place du convive à servir. N'oubliez évidemment pas d'ôter l'étiquette avant le service...
Puis, il repartit aussi vite, visiblement pressé. Nous eûmes à peine le temps de risquer un regard dans la cuisine, d'apparence immense, que nous devions déjà nous préparer à accueillir les premiers invités.
- Vous indiquerez les vestiaires aux personnes qui arrivent, nous expliqua Mme Kaomi. Bien sûr, ne vous précipitez pas à cinq sur une personne, le but n'étant pas de l'effrayer. Vous proposerez ensuite un rafraichissement à chacun puis, lorsqu'il y aura plus de monde, vous pourrez déambuler dans la salle avec les plateaux d'amuse-gueule.
Nous acquiesçâmes en silence, stressées. Les premiers invités arrivèrent peu après. Au départ, il était un peu difficile de nous synchroniser mais nous apprîmes rapidement à communiquer par le regard pour savoir qui faisait quoi. Rapidement, je me sentis à l'aise. Contrairement à ce que j'avais cru, les invités n'étaient pas tous des malfrats, la plupart étant des hommes et des femmes bien élevés et distingués. Je me doutais qu'ils avaient dû tremper de près ou de loin dans une des sales affaires de l'Akatsuki mais rien dans leur façon de se comporter ne laissait deviner qu'ils s'adonnaient à des activités illégales. Deux heures plus tard, j'avais l'impression d'avoir fait ce métier depuis toujours. Je volais d'une personne à l'autre, accompagnée de mon plateau et de mon sourire, et tout allait parfaitement. Jusqu'à leur arrivée.
Lorsqu'ils entrèrent, le silence se fit. J'étais en train de changer mon plateau lorsque cela se produisit et j'approchai doucement pour discerner la raison de ce brusque silence. Enfin, Madara s'avança vers un groupe de gens qui patientaient à l'entrée en les saluant chaleureusement :
- Ah, voici mes petits protégés ! Je ne vous attendais plus ! Entrez, entrez !
Le groupe avança et je faillis lâcher mon plateau en reconnaissant Sasuke parmi eux. Je déglutis. J'avais presque oublié qu'il devait être là, tant j'étais investie dans mon travail... Les hommes qui l'accompagnaient étaient cinq et paraissaient tous très peu fréquentables. L'un d'eux, son visage évoquant la face d'un requin, étirait constamment ses lèvres en un sourire cruel, carnassier. Les traits d'un autre, aux cheveux longs et blonds, étaient tirés en une expression irritée tandis que ceux de son voisin, aux cheveux presque rouges, affichaient un air tranquille à la limite du flegmatisme. Le quatrième avaient des cheveux gris tirés en arrière et paraissait plus grand que les autres. Il avait l'air de s'amuser. Le dernier était couvert de cicatrices et ses yeux semblaient presque vides tant ils étaient sombres. Alors c'était eux, les membres les plus jeunes de l'Akatsuki, le groupe à qui appartenait autrefois Itachi et à qui appartenait aujourd'hui Sasuke.
Celui-ci ne m'avait pas encore vue et je me promis de faire des efforts pour l'éviter le plus possible. Malheureusement, Mme Kaomi, de qui j'étais la plus proche, me demanda d'aller leur proposer des rafraichissements. J'acceptai en feignant l'enthousiasme et revint vers eux quelques minutes plus tard avec un plateau remplit de coupes de champagne. Les joues en feu, j'essayai de ne pas avoir l'air trop gênée en leur proposant :
- Vous désirez quelque chose ?
Sasuke fit mine de m'ignorer et se contenta de saisir une coupe, ce dont je lui fus reconnaissante. Le blond, cependant, ne se montra pas aussi indifférent.
- Oh, mais regardez, quel morceau de choix !, s'exclama-t-il en me tournant autour. Bien sûr que je désire quelque chose, chérie, si tu es prête à me le donner !
Ses amis partirent dans un grand éclat de rire sauf, constatai-je avec plaisir, Sasuke qui fit la moue et leva nonchalamment son verre vers ses lèvres. Je m'esquivai rapidement, craignant un quelconque débordement contre lesquels nous avait prévenues Madara et proposai mon champagne à des personnes moins sujettes à risque.
Une heure passa, puis Madara invita ses convives à se mettre à table et à consulter le menu. Tous prirent place de façon plus ou moins organisée et l'on nous appela vers les cuisines pour nous préparer à porter les plats. L'entrée était commune à tous les invités et nous portâmes donc un plateau devant chaque personne. J'établis mentalement un profil algorithmique du service de table de façon à ne pas avoir à servir Sasuke mais, malheureusement, cela me conduisit à me rapprocher du jeune homme blond.
- Hey, me lança-t-il lorsque je déposai mon plateau devant lui. Décidément, le hasard nous rassemble ! Je ne me suis pas présenté, je m'appelle Deidara, tu as surement déjà entendu parler de moi ! Je fabrique les meilleures bombes de la région !
Il éclata de rire, rapidement rejoint par ses amis. J'ignorais si je pouvais me permettre de l'ignorer sans que cela soit vu comme un manque de respect mais il ne me laissa pas le temps de m'interroger davantage et demanda :
- Et toi, ton nom ?
- Sakura, répondis-je sans préciser mon nom de famille.
- Eh bien, Sakura si tu as le temps, viens t'occuper avec nous pendant la soirée, me proposa-t-il.
- J'ai bien peur de devoir travailler, dis-je d'un ton froid.
- Mais tu ne travailleras pas jusqu'au bout de la nuit, ajouta-t-il, taquin.
Je me détournai en emportant le plateau vide mais il profita de l'occasion pour poser sa main sur ma cuisse à nu. Je me raidis et me retournai brusquement, prête à lui balancer tout un tas d'insultes à la figure mais, en voyant ma colère, son expression changea et il dit d'un ton menaçant :
- Attention, Sakura, le chef déteste les scandales...
Je le regardai d'un air hautain, il se passa la langue sur les lèvres et je m'éloignai aussi vite que possible. Arrivée dans la pièce des plateaux, je soupirai de soulagement. Mais qu'est ce que c'était que ce type ? Je savais bien que les membres de l'Akatsuki n'étaient pas des anges mais... en réalité, je n'avais jamais eu affaire à des hommes comme ça. De plus, je ne pouvais même pas me défendre, au risque de me faire virer... En conclusion, il me fallait absolument éviter ce type.
On me plaça un plateau rempli de bouteilles de saké dans les mains et je dus aller en déposer tout au long de la table. Cette fois, je décidai de ne pas passer du côté du fameux Deidara et préférai l'autre versant de la table. Cependant, arrivée au niveau du groupe, je posai une bouteille sans prêter attention aux bavardages de Deidara et m'apprêtai à partir, lorsque la même chose se produisit. Une main s'insinua le long de ma jambe et je sentis des doigts pincer ma peau. Je me retournai aussi vivement que la première fois pour me retrouver face à cinq visages dépeignant la même expression de chien affamé. Le propriétaire de la main était l'homme à la tête de requin mais, bien sûr, je ne pouvais toujours rien dire...
Le cœur battant, mes yeux rendus humides par les larmes de colère qui menaçaient de s'en échapper, je me détournai sans leur accorder un regard de plus. Si je souhaitais leur ôter le plaisir de voir mes larmes perler, je tenais surtout à éviter les yeux de Sasuke que je sentais peser sur moi. J'avais terriblement honte de subir les assauts répétés de ces hommes devant lui. J'imaginais très bien ce qu'il pouvait penser après tout, il m'avait mis en garde. Il m'avait clairement demandé de renoncer à cette soirée. Peut être avait-il voulu me protéger de ces hommes aussi peu contrôlables qu'une meute de loup devant un bout de viande. Par simple esprit de contradiction, j'avais préféré faire la sourde oreille... Au fond, s'il avait véritablement tenu à me protéger, je tenais là la preuve que son amitié à mon égard n'avait pas totalement disparue. Cette pensée me réjouis et, ravalant mes larmes de rage, j'achevai ma distribution de saké en affichant un large sourire.
