Salut à tous!
J'espère que vos examens se passent bien (ou qu'ils se sont bien passés ou qu'ils se passeront bien, suivant où vous en êtes). Pour ma part, il ne me reste plus qu'un oral et je suis tranquille! (la liberté m'appelle...).
Bref, voici deux nouveaux chapitres qui, je l'espère, vous plairont.
Petit message personnel: la personne du nom de Gaka qui m'a laissé une review sur le chapitre 5 et qui m'a gentiment proposé de la contacter par mail: voila, l'adresse du mail ne s'est pas affichée! Argh! Du coup, j'ai été bien incapable de te répondre! Si jamais tu passes par ici, peux-tu me donner ton mail de façon à ce que le serveur ne la reconnaisse pas en tant que telle? Je m'explique: à mon avis, le site bloque les adresses mails dans les reviews, donc il faudrait faire en sorte qu'il ne comprenne pas qu'il s'agit d'une adresse mail... En enlevant le " " par exemple.
Si jamais cette personne ne passe pas par ici (probable), la personne lui ayant parlé de ma fiction aurait-elle l'extrême amabilité de me mettre en contact avec Gaka? Je peux aussi vous proposer de me contacter via mon blog: .
Voila, je ne peux faire mieux...
Merci d'avance! Et pardon à tous ceux qui ne sont pas du tout concernés par ce message ^^
A bientôt! =)
Onde éphémère
- Maman, s'il te plait !, suppliai-je pour la énième fois.
- C'est non, Sakura !, insista ma génitrice. Je comprends que tu n'aies pas encore envie de retourner au lycée mais je ne veux pas que tu passes tes journées chez Sasuke ! Tu rentres à la maison tout de suite, sinon c'est moi qui viens te chercher !
Je raccrochai, impuissante. Sasuke, occupé à fumer à la fenêtre de sa chambre, me jeta un coup d'œil interrogateur. Il était un peu plus de dix-huit heures trente et ma mère venait de rentrer du travail. Elle avait dû tout de suite remarquer que je n'étais pas rentrée à la maison depuis la veille et, malheureusement, le répondeur avait dû l'informer que je n'étais pas non plus allée au lycée. A partir de là, il lui avait été facile de comprendre que je n'avais pas bougé de chez Sasuke. D'après ce qui était ressorti du flot de reproches dont elle m'avait inondée pendant plus de cinq minutes, cela ne lui plaisait pas. L'ennui, c'était qu'elle me demandait de rentrer immédiatement. Or, immédiatement, j'avais prévu de me rendre à l'épicerie du centre, où Zaku devait me donner ma première leçon de tir. Je n'avais pas le choix : je devais désobéir à ma mère. Au pire, je ne risquais qu'une punition, rien de plus. En revanche, si je me risquais à ignorer les ordres de mon nouveau patron, les conséquences seraient beaucoup plus graves.
- Un problème ?, s'enquit Sasuke en voyant mon air abattu.
- Ma mère…, expliquai-je. Elle veut que je rentre. Il faudra dire à Hiromi que tu me ramènes chez moi, je ne veux pas qu'elle ait des problèmes quand ma mère rappliquera…
Sasuke hocha la tête et écrasa la fin de sa cigarette dans le cendrier posé sur le rebord de sa fenêtre. Il avait l'intention de m'accompagner à mon rendez-vous, n'en déplaise à Orochimaru. En fait, il espérait pouvoir contacter ce dernier par l'intermédiaire de Zaku ou du fameux Yoroi. En effet, il nous fallait encore négocier son retrait de l'organisation, ma survie en dépendait. Cependant, je persistais à croire qu'Orochimaru n'accepterait jamais. Il avait tout à y perdre… Il ne reculerait pas d'un pouce devant Madara, c'était certain. Mais Sasuke avait raison, nous devions tenter notre chance. De toute façon, nous n'avions pas d'autre choix. Ne disposant d'aucune marge de manœuvre du côté de l'Akatsuki, nous n'avions plus qu'à espérer qu'Orochimaru fasse preuve de pitié à notre égard. Malheureusement, il avait beau paraître plus commode que Madara, je doutais qu'il nous fît une fleur sans rien demander en échange. C'est pourquoi je me préparais au pire.
Vingt minutes avant dix-neuf heures, nous étions prêts à partir. Sasuke rédigea à la hâte un mot à l'attention de sa mère, pour lui annoncer qu'il me raccompagnait chez moi. J'espérais que ma mère ne serait pas trop hystérique en venant me réclamer. Penser à elle suffit à me faire crouler sous le poids de la culpabilité. Elle ne méritait pas ce que j'allais lui faire vivre dans les prochains mois. Si elle m'interdisait de sortir dès le premier soir, cela promettait… Comment allais-je pouvoir mener ma nouvelle vie de « jeune pousse de la criminalité » avec de telles barrières ? Ma mère allait nécessairement finir par se douter de quelque chose… De toute façon, elle nourrissait déjà des soupçons, j'en étais certaine. De plus, je n'allais pas pouvoir demander à Hiromi de me couvrir indéfiniment. Ma vie était décidément devenue bien compliquée…
Nos pas finirent par nous mener jusqu'à la rue principale de Konoha, dans laquelle se trouvaient la plupart des petits commerces de la ville. Bureau de tabac, boulangerie, coiffeur, épicerie, pizzéria, il y a avait tout le nécessaire pour qui se contentait de pas grand-chose. Pour les plus gros achats, en revanche, il fallait pousser jusqu'à l'extrémité ouest de la ville où s'étendait une vaste zone commerciale. Mais les jeunes gens de Konoha lui préféraient souvent la grande rue, avec ses bancs et ses espaces verts. Le lycée se situant non loin de là, les bars et les fast-foods recevaient régulièrement des hordes d'adolescents à l'heure du déjeuner. Je ne doutais pas que cette clientèle fût grandement responsable du chiffre d'affaire de certains commerces. Bientôt, nous pûmes apercevoir l'épicerie du centre, un tout petit magasin dont l'aspect miteux ne laissait en rien présumer des prix exorbitants des articles. De mon point de vue, le propriétaire aurait dû avoir les moyens de refaire sa façade depuis des lustres. Mais à en croire sa montre rolex et ses vêtements de marque, son argent allait visiblement ailleurs. C'était un homme d'une quarantaine d'années, qui sourit aimablement à notre entrée. Je me dirigeai vers lui sans prendre le temps de flâner entre les rayons. Sasuke marchait derrière moi, son regard naviguant de droite à gauche comme pour s'assurer que nous ne risquions rien.
- Bonjour, déclarai-je au vendeur lorsque je fus suffisamment près. Nous sommes attendus par Yoroi.
Aussitôt, les traits de l'homme se débarrassèrent de toute trace de flagornerie. Il croisa ses bras épais sur sa poitrine, afficha un air sévère et demanda :
- Qu'est-ce qu'une petite minette comme vous peut bien avoir à faire avec Yoroi, hein ?
- Je verrai ça avec lui, dis-je d'un ton ferme. Où puis-je le trouver ?
- Moi, ce que je dis, c'est que c'est louche tout ça !, insista le vendeur en fronçant un peu plus les sourcils. Je vois pas pourquoi j'irais te croire alors que je t'ai jamais vue, ma p'tite demoiselle. Tu ferais mieux de…
Sasuke lui coupa la parole d'un geste et le contempla de toute sa hauteur. Il devait faire vingt bons centimètres de plus que lui. Bien qu'il fût d'une carrure plus modeste que notre épicier, ce dernier perdit de sa superbe.
- Ce n'est pas avec vous que nous sommes venus discuter, mais avec Yoroi, dit Sasuke avec une pointe d'agacement dans la voix. Votre job, c'est de nous dire où il est, point barre.
- Je…, hésita l'homme en risquant un regard vers le visage fermé de Sasuke. Oui, bien sûr, je vais l'appeler. Vous comprenez, on est jamais trop prudent et puis… Des souris comme la vôtre, j'en ai jamais vu se pointer et demander après Yoroi, faut dire ça aussi ! Je veux pas me faire engueuler, moi… Surtout qu'il est pas là, ce soir ! Mais j'y vais, vous inquiétez pas, je vais lui passer un coup de fil !
Il se précipita à petits pas pressés dans l'arrière-boutique, plantant là le client qui venait de se présenter à la caisse avec une brique de jus de fruits et un paquet de chips qui, d'après la photo, devaient être horriblement grasses. Ce dernier nous lança un regard suspicieux, comme s'il se demandait si nous étions impliqués dans le départ précipité du vendeur et, si oui, s'il devait s'inquiéter pour sa propre sécurité. Sasuke ne daigna même pas croiser son regard mais, pour ma part, je lui offris un sourire rassurant, histoire de lui faire comprendre qu'il n'avait rien à craindre de nous. Il ne parut pas rassuré pour autant. Lorsque l'épicier réapparut, le client avait depuis longtemps déguerpi, laissant jus de fruits et paquet de chips sur le comptoir.
- Yoroi est au courant de votre venue, déclara-t-il d'une petite voix, mais…
Il jeta un coup d'œil du côté de Sasuke, l'air embarrassé.
- Il a dit qu'il devait y avoir que la fille, normalement, poursuivit-il. Apparemment, c'est le chef qu'a dit…
- Je sais ce qu'il a dit, le coupa Sasuke, mais je dois lui parler, et le plus tôt sera le mieux. Si je suis venu, c'est pour vous demander de me mettre en contact avec lui.
A ces mots, l'homme parut doublement embarrassé. Il se dandina d'un pied sur l'autre en fixant obstinément ses mains.
- C'est-à-dire que…, hésita-t-il. Je sais pas comment vous aider, moi. Y'a que Yoroi qui peut joindre directement le chef, et il est pas là…
- Et Zaku ?, demandai-je d'un voix forte, décidée à ne pas me faire oublier. Il doit bien avoir un moyen de contacter Orochi…
- Chuut !, m'arrêta le caissier en regardant de tous côtés pour s'assurer qu'il n'y avait personne d'autre dans la boutique. Faut pas prononcer son nom, fillette !
Fillette ? Non mais quel culot !, songeai-je. J'avais compris que j'avais affaire à un misogyne. Malgré tout, je ne me laissai pas abattre et renchérit :
- Alors, oui ? Il peut l'appeler, lui, pas vrai ?
- Peut-être bien que oui, peut-être bien que non, dit l'épicier en agitant sa main devant mon visage.
- Réponds-lui, ordonna Sasuke.
- Faudra lui demander directement, grommela l'homme d'un air bougon. Suivez-moi.
Nous lui emboitâmes le pas et pénétrâmes à sa suite dans l'arrière-boutique, une vaste pièce remplie de cartons posés pêle-mêle sur des étagères qui menaçaient de s'écrouler sous la charge. Une puissante odeur de moisi et de poussière gagna mes narines et je ne pus m'empêcher de grimacer de dégoût. Des tâches d'origine douteuse ponctuaient le sol à divers endroits et des bris de verre craquèrent sous nos chaussures lorsque nous traversâmes la salle. L'épicier déplaça une pile de cartons avec force soupirs et grognements – inutile de préciser que nous ne fîmes pas un seul geste pour l'aider – et finit par dégager un passage suffisamment grand pour permettre à un homme costaud de pénétrer dans le petit tunnel que la pile dissimulait. L'homme passa le premier et je le suivis tandis que Sasuke fermait la marche. Nous débouchâmes dans une toute petite pièce à peine plus grande qu'un placard à balais mais trois fois plus sombre et poussiéreuse. Le vendeur appuya sur un interrupteur situé sur le mur opposé à l'entrée et une petite lumière faiblarde éclaira quelque peu les lieux. La pièce ne contenait rien hormis un tapis posé sur le sol et une chaise à moitié bouffée par les termites. Où nous avait-il emmenés ? Comme pour répondre à ma question, l'épicier tira sur le tapis, révélant une trappe munie d'une poignée en métal rouillée.
- Le coup de la trappe cachée sous le tapis, c'est pas un peu cliché ?, chuchotai-je à l'oreille de Sasuke.
Il sourit d'un air amusé et je ne pus retenir un rire, heureuse d'avoir pu détendre un peu l'atmosphère. L'homme tira sur la trappe, révélant un petit escalier de bois en pente raide, comme on en utilisait souvent pour descendre dans les caves. Une vive lumière éclairait les dernières marches et je me souvins des mots d'Orochimaru : « Il te conduira dans son arrière-boutique puis dans son sous-sol, qui est en fait une salle insonorisée, prévue pour les exercices au tir ». Zaku devait déjà être là, quelque part sous terre. Sous un signe de l'épicier, je m'apprêtais à descendre lorsque Sasuke me retint par le bras. Je compris qu'il désirait y aller en premier. Docile, je le laissai faire, bien que je trouvasse son attitude surprotectrice un tantinet exagérée.
C'était bien cela. Une fois parvenue en bas des escaliers, je pénétrai dans un tout petit espace où Sasuke m'attendait, la main posée sur la poignée d'une épaisse porte blanche. Une fois ouverte, celle-ci donnait accès à une vaste salle aménagée pour le tir. Zaku était déjà là, comme je m'en étais doutée. Il était occupé à nettoyer l'une des pièces d'une arme désossée dont les différents éléments reposaient sur la table en face de lui. Il leva les yeux à notre entrée et, aussitôt, il afficha un air énervé.
- Qu'est-ce que tu fous là, toi ?, demanda-t-il à Sasuke en le pointant du doigt. Je croyais qu'il devait y avoir que ta copine !
- Ça t'aurait plu, pas vrai ?, ironisa Sasuke avec un rictus mauvais. Je voudrais que tu me mettes en contact avec Orochimaru, c'est urgent.
- Urgent ?, ricana Zaku en remontant son arme d'une main habile. Urgent ? Tu te fous de ma gueule ? Déjà tu vas arrêter de me parler comme si j'étais ton larbin, c'est vu ? Des petites têtes de con comme toi, j'en ai déjà descendu pas mal, alors je ferais pas trop le malin à ta place. Tu crois quoi, que je vais gentiment te donner le numéro du chef parce que tu me l'as demandé ? Rêve pas, mon pote ! Et puis d'abord, t'as rien à foutre ici, alors dégage !
C'est le moment que je choisi pour tirer mon propre pistolet de mon pantalon. Je le pointai sur lui et, ô miracle, je ne tremblai pas cette fois. Il abandonna tout de suite son air arrogant et me dévisagea sans comprendre.
- Moi aussi, je peux me vanter d'en avoir descendu des comme toi, déclarai-je avec sérieux. Obsédé, grande gueule, vulgaire, et encore je n'ai pas la malchance de te connaître assez pour pouvoir énumérer tous tes défauts. Sois sympa et donne-nous ce numéro. Comme l'a dit Sasuke, c'est assez urgent.
J'étais moi-même abasourdie par mon assurance. Cette voix froide et résolue avec laquelle je venais de m'exprimer, d'où sortait-elle ? Etait-ce seulement la mienne ? Pour la première fois, je pris conscience des changements que ma nouvelle vie commençait à générer en moi. Zaku cligna des yeux deux fois, comme s'il n'était pas tout à fait sûr d'avoir bien entendu. Puis, contre toute attente, il rigola.
- J'ai vu de quoi tu étais capable au repaire, admit-il en se levant. J'ai aussi entendu parler de la façon dont t'as descendu ces salauds, Deidara et Hidan. Joli coup. Mais, quoi, faut dire ce qui est, la cible sur laquelle t'as tiré hier était immobile. Quant aux deux d'Akatsuki, ils étaient devant toi et ils te tournaient le dos. Par contre, ma belle, je ne te crois pas encore capable de toucher une cible en mouvement et qui se sait visée…
J'abaissai légèrement mon arme, déstabilisée par la confiance qu'il semblait avoir dans son jugement. Il avança, un sourire satisfait aux lèvres. Alors, Sasuke m'imita et sortit son arme de sa poche pour la pointer à son tour sur Zaku.
- Moi, par contre, je peux t'assurer que j'ai passé ce stade, dit-il alors que Zaku s'arrêtait brusquement. Tu veux que je te montre ?
J'étais heureuse qu'il ait pris le relais. J'avais beau me donner des airs, je n'avais pas particulièrement apprécié de pointer le canon de mon arme sur cet homme. Cela ravivait de mauvais souvenirs… Zaku nous observa tour à tour, une expression renfrognée sur le visage. Visiblement, il hésitait à prendre Sasuke au sérieux. Pourtant, il dut considérer qu'il était dans son intérêt de coopérer puisqu'il reposa son arme en partie remontée et leva les mains en signe de résignation.
- Okay, okay, j'ai capté, dit-il en sortant son portable d'une des poches de son jean. A cause de vous, je vais me faire engueuler, c'est sûr. P'tain…
Il pianota un court instant sur son écran tactile avant de porter l'appareil à son oreille. Sasuke ne baissa pas son arme pour autant et garda les yeux fixés sur Zaku.
- Oui, chef, dit ce dernier après quelques secondes d'attente. Désolé de vous déranger, mais j'ai là quelqu'un qui voudrait vous parler.
Il tendit le téléphone devant lui et Sasuke s'approcha pour s'en emparer. Sans cesser de menacer Zaku, il colla l'appareil contre son oreille droite, celle qui était encore entière. Rapidement, il expliqua à Orochimaru les raisons de son appel. Il raconta son entrevue avec Madara, présenta les exigences de ce dernier et précisa les dangers qui planaient sur ma propre tête. Tout ceci en terme concis, clairs et diplomates. Je n'aurais jamais pu faire mieux. On sentait que Sasuke commençait à avoir une certaine expérience des hommes de pouvoir. Il savait comment leur parler.
A la fin de son explication, Sasuke resta longtemps silencieux. J'aurais tout donné pour entendre ce qu'Orochimaru lui disait. Mais après avoir fait preuve d'un réel aplomb face à Zaku quelques minutes plus tôt, je ne tenais pas à passer pour une gamine en rapprochant mon oreille du portable pour ne rien rater de la conversation. C'est donc le cœur rempli d'appréhension que je vis le visage de Sasuke se durcir, jusqu'à ce qu'il finît par cracher :
- Vous ne pouvez pas me demander ça.
Nouveau silence. Cela devenait insoutenable.
- Vous savez ce que cela signifiera pour Sakura et moi, n'est-ce pas ?, demanda Sasuke après une minute.
J'ignorais de quoi il retournait mais je n'aimais pas trop l'amertume qui se cachait derrière ce « Sakura et moi ». Orochimaru répondit quelque chose et, aussitôt, Sasuke pâlit. Il jeta un coup d'œil dans ma direction et je vis ses traits adopter une expression confuse, proche du désespoir.
- Anko ?, murmura-t-il. Mais…
S'il y avait une chose à laquelle je ne m'attendais pas, c'était d'entendre prononcer le nom de ma prof de sport dans cette pièce. J'étais complètement larguée. Comment en étaient-ils venus à parler d'elle ? Le professeur Mitarashi (Anko de son prénom) était une belle jeune femme pleine d'énergie qui se plaisait à nous faire courir jusqu'à l'épuisement et, accessoirement, c'était aussi la petite amie d'Itachi depuis un peu moins d'un an. Elle était sympa, quoiqu'un peu flippante parfois. Je ne voyais vraiment pas ce qu'elle venait faire là-dedans.
- Oui, je sais…, poursuivit Sasuke après un certain temps. Mais je… Vous ne pouvez pas laisser Sakura tranquille, tout simplement ?
Il avait dit cela sur un ton presque suppliant. Il resta muet le temps qu'Orochimaru parle puis ricana d'un air sombre.
- S'améliorer ?, railla-t-il en passant une main rageuse dans ses cheveux. Comment voulez-vous que ça s'améliore ? Madara ne me foutra jamais la paix, vous le savez bien. Quant à vous… Vous ne lacherez pas Sakura, hein ? Alors je ne vois pas très bien comment ça pourrait s'arranger…
Tout cela ne présumait rien de bon. Sasuke serra les dents avant de lâcher :
- Je sais bien qu'on a pas le choix !... Ouais… A la prochaine.
Il envoya le téléphone à l'autre bout de la pièce en poussant un cri de rage. Zaku protesta avec énergie mais, trop tard, son portable explosa en mille morceaux en rencontrant le mur du fond. Le jeune homme lâcha un flot d'insultes destinées à Sasuke mais celui-ci paraissait complètement hermétique à ce qu'il se passait autour. Il rangea son flingue et attrapa ma main pour me traîner avec lui jusqu'à la sortie.
- Eh, attendez, et la séance de tir ?, s'écria Zaku tandis que nous nous apprêtions à quitter la pièce.
- C'est annulé, annonça Sasuke. Tu n'as qu'à rentrer chez toi.
Zaku tempêta de plus belle mais, lorsque l'épaisse porte fut fermée, sa voix s'en trouva fortement diminuée. Inquiète, je suivis Sasuke dans les escaliers, puis à travers le tunnel. Respectant son silence, je l'aidai à déplacer les cartons que l'épicier avait de nouveau empilés devant l'entrée. Lorsque ce fut fait et que nous parvînmes enfin à nous extirper du tunnel, nous partîmes d'un pas rapide jusque dans la boutique. Le vendeur était encore là, occupé à faire ses comptes. En nous voyant surgir de son arrière-boutique, il eut un léger sursaut.
- Déjà ?, s'étonna-t-il en se grattant la tempe du bout de son crayon à papier.
Sans prendre la peine de répondre, Sasuke traversa le magasin jusqu'à la sortie, qu'il franchit avec moi à sa suite. Ce n'est que lorsque nous eûmes laissés plusieurs centaines de mètres entre nous et le centre qu'il daigna enfin ralentir le pas. Ses traits se détendirent quelque peu, passant de la colère à la tristesse. Il n'y avait pas de réelle amélioration en soi, mais je me sentais moins intimidée. Lorsque nous ne fûmes plus qu'à quelques minutes de chez lui, je me risquai enfin à poser la question qui menaçait de me faire exploser :
- Que t'as dit Orochimaru ?
- Des choses que j'aurais préféré ne pas entendre, dit Sasuke pour toute réponse.
