Un nouvel épisode de la Jeunesse d'Umbrella. Désolée pour le retard mais ça m'était totalement sorti de la tête -"

Bref, cet épisode est l'avant dernier si je ne me trompe pas. J'espère qu'il vous plaira (y)


Episode 8 / Papa ou pas papa ?

Très cher Albert W.,

Je t'annonce après presque six ans de retard que tu es le père de ce joli petit garçon répondant au doux nom de Jake. Et oui, que veux-tu ? Tu m'aurais laissé ne serait-ce qu'une adresse ou un numéro de téléphone, je n'aurai pas autant tardé… Enfin…

J'ai trouvé un poste intéressant et je dois partir pour quelques jours indéterminés afin de me familiariser avec le cercle professionnel. N'ayant personne d'autre vers qui me tourner, j'ai jugé bon de confier mon petit garçon à son irresponsable de père. Comme ça, Jake pourra au moins se rendre compte à quel point son papa n'est qu'un imbécile égoïste…

Tache de prendre soin de lui. A défaut d'être fidèle et honnête, soit un bon père.

Je viendrai le récupérer sitôt mon séjour terminé.

Ps : Je ne prends pas la peine de signer, tu dois être bien trop occupé pour te soucier de qui t'écris cette lettre de toute façon.

.

-Non, non, non et non. C'est tout juste impossible. Ce n'est pas le mien !

William soupira une énième fois. Il avait beau le dire, l'affirmer, le crier sur tous les toits, ce n'était pas cela qui changerait quoique ce soit. Son ami se retrouvait avec un gosse sur les bras pour une durée indéterminée, mais encore fallait-il qu'ils parviennent à prouver qu'il n'était pas le père… Enfin… Si tel était bien le cas. Wesker n'en savait rien et lui non plus, là était le problème.

Avec Al', tout est possible…

Annette vint leur apporter une cannette de bière chacun.

-Je m'absente quelques minutes William, lui annonça-t-elle en glissant sa main sur l'épaule de son mari dans un geste tendre. Sherry fait ses devoirs dans le salon et Jake regarde la télévision… A tout à l'heure.

-D'accord. A tout à l'heure chérie.

Après un dernier bisou, la blonde finit par s'en aller, laissant de nouveau les deux hommes entre eux. William ouvrit sa cannette et se relança dans le sujet :

-Comment en être sûr ?

-Il est roux et je suis blond, tenta-t-il mais visiblement pas convaincu lui-même de son raisonnement.

-Mouais… Mais ça ne veut rien dire, Al'. Je te rappelle qu'à la naissance, un garçon prend la couleur des cheveux de la mère, c'est dû à…

-Je sais à quoi c'est dû, Will.

Son interlocuteur croisa les bras sur son torse, renfrogné. Non, décidément, c'était une première de le voir dans un tel état. Habituellement, Albert Wesker contrôlait toutes les situations. Il était le maitre des situations car avait toujours des plans d'avance – certainement grâce à son entrainement de garnement des époques du centre de formation d'Umbrella. Jamais un seul évènement ne parvenait à le faire sourciller… Sauf peut-être lorsqu'il lui avait annoncé qu'il était son témoin à son mariage avec Annette…

Pourtant, à ce jour, le blond face à lui semblait complètement dépassé. Il pouvait voir une mince ride se former sur son front due à sa profonde anxiété. Et ça, ça inquiétait son collègue et ami de longue date.

-Bon, on va commencer par le commencement… Il a quel âge le petit ? Demanda-t-il, affublé des évènements, buvant une gorgée de bière pour se remettre les idées en place.

-Presque six ans d'après la lettre…

Le scientifique prit un air songeur, le regard fixe perdu dans ses réflexions. Contrairement à son ami qui semblait plus paniqué qu'autre chose, lui avait décidé de découvrir le fin mot de l'histoire. Ça ne leur coutait rien, et puis… Il devait admettre que c'était la première fois qu'il voyait le S.T.A.R.S. aussi… Accablé.

L'homme aux éternelles lunettes de soleil était enfoncé dans son fauteuil, sa cannette ouverte entre les mains. Pourtant, il n'avait pas daigné en boire une goutte depuis son ouverture, ce qui inquiétait son vieil ami. Wesker ne pouvait pas résoudre cette affaire seul, c'était pourquoi il se devait d'éclaircir les choses.

-Hum… En quatre-vingt-treize, tu n'étais pas en Europe ?

Son collègue hocha la tête, semblant se reprendre en main, parlant avec sérieux et calme. Il eut alors l'impression d'avoir échangé les rôles. En temps normal, c'était lui qui était à la limite de péter un câble sous le stress et son camarade calmait le jeu par sa logique et son calme extrême.

-Si, en France plus précisément. J'y suis resté tout juste un an, je suivais un stage de formation d'élite dans un camp d'entrainement presque isolé. Il n'y avait qu'un village pittoresque à quelques kilomètres de là.

-D'accord… Et tu ne te souviens pas des femmes qu'il y avait là-bas ?

Seul un signe négatif de la tête lui répondit en premier lieu et William retint un soupir, continuant son interrogatoire, cherchant à raviver la mémoire de son ami.

-Je ne sais pas moi… Une chercheuse ?

Signe négatif.

-Une infirmière ?

Signe négatif et grimace.

-…Une soldat ?

Signe négatif et froncement de sourcils.

-Une supérieure ?

Signe négatif mais Wesker ouvrit alors la bouche, pensif.

-… La barmaid.

-Hein ?

-Dans le village aux alentours. Il y avait un bar dans lequel j'allais chaque soir. La barmaid était assez jolie, elle parlait un peu notre langue et…

-Non ?! S'offusqua William, le coupant dans sa réflexion. T'es quand même pas en train de me dire que tu as fait ça avec une barmaid ?!

Son camarade fronça les sourcils de coutume.

-Non, je ne pense pas que… Que…

Derrière les verres noirs de ses lunettes de soleil, William put clairement remarquer ses yeux s'exorbiter de terreur. Et cela lui tira un nouveau soupir.

Et si.

Il l'avait fait avec une barmaid, et une française en plus ! D'un côté, cela ne l'étonnait pas plus que cela parce que Wesker était un véritable tombeur. Il avait toutes les femmes à ses pieds, ou presque. Mais d'un autre côté, jusqu'à cette révélation, le blond n'était sorti qu'avec des chercheuses ou des secrétaires à couper le souffle – du style grandes blondes en blouse blanche. Après tout, il aimait les femmes belles et intelligentes. L'imaginer avec une simple barmaid était…

-Elle était comment ?

Avant que son ami n'ait pu ouvrir la bouche, Birkin le fit stopper et reprit.

-Je parle du physique, bien entendu. Je n'ai pas besoin d'avoir le descriptif de tes ébats… Quoique pour que tu ne t'en souviennes pas, ça ne devait pas être si terrible…

-Tais-toi, je réfléchi, râla le blond. Et ce n'est pas ça le problème…

-Mouais… Mais alors ? Vous avez copulé ?

Wesker haussa un sourcil devant l'appellation. William avait beau être super intelligent, beau et toutes les fleurs du monde, il n'en demeurait pas moins quelqu'un de très bizarre – ou plutôt un peu trop penché sur ses bouquins. Il n'y avait vraiment que lui pour parler ainsi de l'acte sexuel, franchement. S'en était presque affligeant… Presque parce que, pour l'instant, la situation à elle seule suffisait à le démoraliser.

-Je crois bien, oui…

-Et elle était rousse ?

-… Peut-être…

Ce fut la goutte d'eau qui fait déborder le vase.

-Mais bon sang, Al' ! Entre nous, c'est toi l'expert de la drague, comment as-tu pu oublier avoir fait un enfant avec une de tes conquêtes ?! Tu dois bien t'en souvenir, non ?!

-Hey ! Rien ne prouve qu'il s'agisse bien de mon fils, rappela-t-il d'un grognement sec.

Le fils en question entra alors dans la cuisine, silencieux comme à son habitude. Sa bouille d'enfant semblait focalisée sur un but précis et c'est sans porter attention aux deux adultes qu'il alla fouiller dans un tiroir de couverts, puis dans un autre ayant la fonction fourre-tout – oui, William et Annette avaient bien mieux à faire que ranger tout comme un couple de maniaques.

Tout aussi silencieux, les deux hommes l'observèrent sans un mot, curieux. L'enfant avait beau être encore petit, il semblait néanmoins être incroyablement mature, n'ouvrant que rarement la bouche. La preuve, Wesker ne l'avait entendu que lorsqu'il avait dit bonjour. Oui, à défaut d'être bavard, il était au moins poli. Mais il semblait aussi être sérieux, voire un peu trop pour un enfant de son âge… Par contre il se montrait également sans gêne et Wesker devait avouer que ce trait de caractère pouvait se rapprocher du sien.

Dans la même ambiance, ils virent l'enfant s'éloigner, de nombreux ustensiles et autres objets en main. Aucun d'entre eux n'osa lui demander ce qu'il comptait en faire, encore trop surpris – et encore obnubilé par la question : Etait-il le fils d'Albert Wesker ?

-… Au moins, il ne risque pas de perturber Sherry dans ses devoirs, nota William après un long silence presque palpable.

Wesker soupira et avala finalement une légère gorgée de sa cannette. Birkin, lui, termina la sienne. Non, décidément, sans analyses et sans indications supplémentaires, ils ne pourraient pas savoir si le petit Jake était vraiment un Wesker.

-… Et dans la lettre, il n'y a aucun élément concernant la mère ? Elle en tout cas, elle semblait bien te connaitre…

-Nope. A aucun instant elle ne laisse suggérer une partie de son quotidien, ni quoi que ce soit… Je crois d'ailleurs que c'est une des raisons pour lesquelles je me suis intéressé à elle.

-Comment ça ? Demanda William, intrigué.

Après tout, au point où ils en étaient, ils pouvaient toujours discuter des maigres souvenirs du blond sur sa fameuse conquête…

S'installant plus confortablement dans son fauteuil, Wesker se lança dans sa narration. Visiblement, les faits semblaient lui revenir petit à petit – étrange puisque cela datait déjà de quelques années. S'il n'en avait pas gardé de souvenir, cela signifiait soit que leur histoire ne valait vraiment pas le coup, soit il avait agi sous l'action de l'alcool tout de même étonnant puisque Wesker modérait son gout pour la boisson… Ou bien l'avait-on drogué. Mais Birkin ne parvenait pas à imaginer possible la probabilité qu'on puisse soumettre le blond pour en abuser ensuite sans qu'il n'en sache quoi que ce soit…

Le blond à lunettes adopta enfin son air indéchiffrable habituel avec l'impression de revivre la scène.

-Alors pour répondre à ta question précédente, elle était blonde enfin une coloration et elle s'appelait Alessa ou un nom du genre je crois. Elle n'était pas bavarde, du moins, elle ne passait pas son temps à raconter sa vie… J'allais au bar tous les soirs, alors on a rapidement fait connaissance.

William parut douter.

-… Attends, mais admettons qu'il s'agisse bien d'elle, pourquoi l'avoir quitté ? A trente-trois ans, je sais quand même que tu étais déjà assez mature et capable de prendre tes responsabilités.

Wesker haussa les épaules, ne s'attardant pas sur la gentille moquerie.

-Ce n'est pas comme si j'avais eu l'intention de vivre en Europe… Et puis ta grosse tête m'aurait manquée, termina-t-il avec un rictus en dardant un regard amusé à son complice de toujours.

-Tss… T'as vraiment pas assuré sur ce coup, lui répéta-t-il une énième fois.

-Mais puisque je te répète que cet enfant n'est pas le mien… !

Néanmoins, leur discussion fut interrompue par une série d'exclamations et de cris provenant de l'extérieur – plus précisément en direction de chez les voisins des Birkins. Un courant d'air se fit sentir puis une porte claqua violemment et ils purent entendre Annette s'exclamer depuis le salon. Apparemment, il c'était passé quelque chose.

-… Chérie ? L'appela William, un brin inquiet.

La chérie en question arriva en trombe dans la cuisine, trainant derrière elle une Sherry se mordant timidement et nerveusement la lèvre et un Jake boudeur. Quoiqu'il c'était passé, les enfants en étaient responsables. De plus, leurs habits colorés de peinture avaient des airs très coupables…

-Albert ! Vociféra la jeune mère en le pointant d'un doigt accusateur. Tu devrais avoir honte !

L'interpellé haussa un sourcil. Bon, certes Annette et lui ne s'entendaient pas aussi bien qu'avec William. Mais ils possédaient tout de même un profond respect l'un pour l'autre et avaient coopérés plus d'une fois pour accomplir des objectifs communs. Qu'avait-il bien put faire pour la mettre autant en rogne ?

Un regard vers son soi-disant fils lui dit que ce dernier ne devait pas être étranger à cette attitude froide de la part de la blonde. Et cela ne lui plut pas. En effet, même si son ami scientifique se montrait compréhensif et l'aidait à résoudre l'affaire « Wesker Junior », Annette, elle, se contentait de croire à ce que disait la lettre, persuadée qu'il était le père de l'enfant… Les femmes étaient vraiment bornées avec leur solidarité féminine.

La blonde semblait toute retournée.

-Que s'est-il passé ? L'interrogea son mari d'un ton plus ou moins anxieux.

Rien de tel pour calmer le jeu que de laisser le scientifique parler. Lorsque William prenait la parole, Annette était parfaitement à l'écoute. L'entente entre eux deux était vraiment incroyable.

-Il y a que le fils de ton cher meilleur ami vient de créer un mini lance-bombe à l'aide de bricoles et qu'il est parvenu à corrompre notre adorable petite fille en la faisant tirer des roquettes de peintures sur les voisins ! La carrosserie de leur nouvelle voiture est complètement ruinée ! Et je ne te parle même pas de leur façade !

Eberlués, le jeune mari échangea un regard avec son camarade puis ils observèrent de concert le petit garçon qui avait croisé les bras en marmonnant un « Ils nous ont cherchés » boudeur. Puis les deux hommes se regardèrent à nouveau. Sherry était un modèle de sérieux – tout comme son père dans sa jeunesse – et le fait de savoir que le petit Jake était parvenu à l'attirer dans ses bêtises était surprenant et leur rappelait de nombreux souvenirs.

Et puis, ils étaient d'accord avec l'enfant : les voisins de la famille Birkin étaient de sales bourgeois prétentieux et cela faisait plusieurs années déjà que Wesker planifiait de les débarrasser d'eux… Le petit avait bien fait.

-C'est ton fils, affirma alors William.

Wesker acquiesça vivement d'un signe de tête sec.

-C'est mon fils, opina-t-il.

Loin de partager leur manque de réaction, Annette poussa un profond soupir. Décidément, ces deux-là étaient vraiment impossibles. Ils apprenaient que les bêtises de leurs enfants vont couter une certaine fortune mais tout ce qui leur importait était de savoir que le petit Jake ressemblait moralement trait pour trait à son père.

Ils m'auront à l'usure, pensa la scientifique, blasée.

-Ah et ils tiennent à nous envoyer les factures, reprit-elle en roulant des yeux à ce qu'elle allait ajouter – leurs voisins étaient vraiment insupportables, surtout les enfants. Mike et Kevin, leurs fils, ont été envoyés à l'hôpital. Apparemment ces deux voyous ont avalés une quantité importante de peinture… Ce n'est pas une grosse perte mais bon...

-… Champions ! S'écria alors Wesker en même temps que William avant de tendre les bras vers son fils. Viens voir papa, Jake !

Annette lâcha la main de l'enfant qui vint lentement se placer devant lui, imperturbable. A l'étonnement général, Wesker le prit sur ses genoux avec un sourire de conspirateur que lui rendit le petit garçon. Au moins, les doutes étaient-ils dissipés maintenant.

-Il n'y a pas de quoi être fier non plus, râla la blonde en allant s'installer sur le bras du fauteuil où se trouvait son mari.

-Laisse faire, Annette, sourit finalement son époux alors qu'il prenait sa fille sur ses genoux. Avoue que les voisins ont ce qu'ils méritent… Et puis… Ils sont mignons tous les deux…

Les deux en questions se tournèrent vers eux, les fusillant du regard, visiblement pas de leur avis.

-Hey ! Je ne suis pas mignon !

.

.

-… Tu le reprends en Europe alors ?

La jeune femme prit le petit Jake dans ses bras et releva ses pupilles brunes pour observer celles masquées de son interlocuteur.

-C'est ce qui était convenu, oui, répondit Alessa. Pourquoi ? Tu veux le garder ?

Wesker et l'enfant échangèrent un regard entendu. Jake était très jeune mais intelligent. Il semblait comprendre qu'il s'agissait d'un au revoir. Au moins il ne perdrait pas de temps en explications futiles. Il reporta son attention sur sa mère. Rien qu'au regard, il parvenait à comprendre quelles raisons l'avaient poussé à aller plus loin avec elle. Elle était aussi belle que dans ses souvenirs et travaillait désormais comme chef de sécurité d'une installation d'Umbrella d'après ce qu'il avait trouvé.

Il avait finalement décidé de s'intéresser au petit garçon et, en lui posant quelques questions, celui-ci lui avait révélé quelques renseignements sur sa mère. Elle s'appelait Alessa Muller et avait bien travaillé dans un bar en Europe. En fouillant dans les archives de la multinationale, il avait découvert que cette dernière venait tout juste de recevoir un poste plutôt incroyable au sein d'une des toutes nouvelles installations de la société.

En définitive, il ne regrettait pas d'avoir eu une aventure avec une femme si brillante. Il soupira ensuite en secouant la tête,

-Non, il sera bien mieux avec sa mère.

La jeune femme les regarda tour à tour.

-Tout s'est bien passé mon chéri ? Demanda-t-elle au petit garçon.

L'interpellé hocha la tête avant de demander de sa petite voix :

-Maman… On est obligé de partir loin de papa ?

Surprise, Alessa resta un instant silencieuse – surement ne s'était-elle pas attendue à ce qu'ils se rapprochent. Wesker partageait son étonnement. Jake avait été très calme, discret et silencieux la plupart du temps. Savoir qu'il l'estimait un tant soit peu relevait presque du miracle… Mais, après tout, ils avaient tout de même passé trois semaines ensemble.

-Mon cœur… Je sais que ce n'est pas facile pour toi mais ton papa doit être très occupé et puis maman aussi…

Les yeux suppliants de la jeune femme le poussa à poursuivre. Il pouvait bien l'aider un peu.

-Ecoute ta mère, intervint-il avec un sourire confiant. Il faut quelqu'un pour veiller sur elle. Tu penses être à la hauteur d'une telle mission ?

-Oui !

-Bien… Je suppose qu'il va être l'heure de se dire au revoir.

Il refit face à Alessa, un silence s'installant entre eux.

-… Tu as changé. Un peu, avoua-t-elle. Je ne pensais pas que Jake s'attacherait à toi.

Il sourit, laissant glisser une main dans la douce chevelure platine de la jeune femme.

-Toi, tu n'as pas changé en revanche.

-Et comment dois-je le prendre ? Lui demanda-t-elle en rivant ses pupilles aux siennes.

Il fit mine de réfléchir, se rapprochant toujours plus de son interlocutrice qui ne semblait pas décidé à s'éloigner.

-Hum… Comme ces autres compliments que je te murmurais au creux de l'oreille cette fameuse nuit, souffla-t-il en réitérant le geste.

Puis ils s'observèrent longuement, aucun ne bougeant, visiblement attirés l'un par l'autre sous le regard toujours blasé de leur petit garçon. Wesker se rappela alors de sa discussion avec William. Oui, il l'avait quitté sans un mot parce que sa formation s'était terminée. Mais maintenant qu'il lui faisait à nouveau face, il pouvait se rendre compte de son erreur. Vivre à ses côtés aurait été agréable…

-« Les passagers pour le vol cent-vingt-et-un en direction de Paris, sont priés de se diriger vers les allées dix et onze. Je répète… »

Le message les fit réagir et Alessa recula légèrement, cherchant du regard les allées précédemment citées. Oui, l'heure était venue pour eux de se séparer. Néanmoins, la jeune femme lui adressa un dernier sourire.

-Bon, eh bien… Contente de t'avoir revue et puis… Merci d'avoir pris soin de Jake.

Rapidement, elle l'embrassa sur la joue et s'en détourna avec un certain regret pour se diriger vers l'embarcation.

-… Attends.

Il l'a rattrapa alors qu'elle s'arrêtait pour lui faire à nouveau face. Il plaça un bout de papier chiffonné entre les doigts de Jake.

-Si tu as besoin, tu peux toujours appeler...

Puis il s'esquiva sans attendre de réponse, ne remarquant pas le petit signe de main de son fils. Il avait fait le bon choix… Ils ne se reverraient probablement pas.

-Alors, Al' ?

Sortant tout juste de l'aéroport, William le rejoignit – oui, comme tout bon camarade, ce dernier avait décidé de l'accompagner pour ramener l'enfant mais ils avaient convenus qu'il attendrait à l'extérieur. Wesker lui annonça leur départ et se rendit immédiatement sur le parking où les attendait sa jeep noire.

-Attends… Pourquoi tu lui as donné le numéro des S.T.A.R.S ? Lui demanda-t-il incrédule. Pourquoi pas le tien ? Vous aviez pourtant l'air bien tous les trois… !

L'air impénétrable de coutume, il n'haussa même pas les épaules en comprenant qu'il les avait espionnés. Pour lui, c'était clair. Alessa Muller avait continué sa vie de son côté sans soucis après son départ, et Jake pouvait supporter de ne vivre qu'avec sa mère. Il était fort ce petit… Quant à lui, trois semaines auparavant, il n'avait même pas été au courant d'être père alors ça ne changeait pas grand-chose qu'il continue dans cette voie. Son plus grand regret serait de ne plus revoir le bambin attirer Sherry dans des plans foireux, tout comme il l'avait fait avec William plusieurs années auparavant.

-Je ne suis pas fait pour la vie de famille, Will'. Et puis, Jake doit apprendre seul à user de ses dons…

-Tu veux dire… ?

Il hocha la tête et le scientifique secoua finalement la sienne, affligé.

-Eh bah… Et moi qui pensais qu'on allait pouvoir te marier… T'es vraiment un cas désespérant !

De bonne humeur, Wesker le prit avec un sourire.

-Qui sait, peut-être nos enfants se croiseront-ils dans l'avenir ?

William ricana. Il n'y croyait pas vraiment.

-J'aimerais voir ça, dit-il simplement bien que l'idée semblait l'amuser. Je pense qu'un seul duo Wesker-Birkin suffise à la planète.

Il acquiesça en silence, un sourire en coin étirant ses lèvres. Et, alors que la jeep démarrait et qu'ils gagnaient l'autoroute vers Raccoon City, il demanda :

-Un petit pèlerinage au centre de formation de ce regretté Marcus ne te tenterait-il pas, Will' ?


Le prochain épisode arrivera... bah... quand j'aurai envie de le poster en fait :'D /PAF/

Merci d'avoir lu o/