Voici finalement l'épisode clôturant cette petite saga. Certes, le registre n'est plus vraiment le même mais bon, j'avais vraiment envie de finir sur quelque chose de différent.

J'ai mis du temps à sortir ce chapitre et je m'en excuse. Bien que ce dernier épisode est écrit depuis près de deux ans, j'espérais pouvoir pondre d'autres textes sur ces deux protagonistes que j'affectionne beaucoup mais, hélas, je n'en ai pas trouvé le courage. Je n'ai pas touché au document depuis (honte à moi), ce qui explique le vieux style que j'emploie (pas de guillemets).

(allez-y, lancez les tomates, je suis prête !)

Je vous remercie d'avoir suivi les aventures de Wesker et Birkin et n'hésitez pas à poser une review pour me donner vos impressions ! Ca fait toujours plaisir (sauf les insultes, bizarrement... oô)

Bonne lecture !


Episode 9 / Salut Will'

Wesker ferma progressivement les yeux. Comment en était-il arrivé là ? Où son plan avait-il faillit ? Lui qui avait été à deux doigts de devenir le dieu d'un nouveau monde. Un monde sans tout cela. Sans ces stupides conflits incessants et inutiles.

Venger Will'…

Ça avait été pour cela. Pour venger la mort de son camarade. Pour venger son ami tué sans scrupule par des gens avides et idiots.

Wesker n'avait pas souhaité continuer à vivre dans un tel monde.

Oui, il se souvenait. Il se souvenait de tout. Il se souvenait de toutes ces années passées, de ces complots qui avaient remplis sa vie, de ces calculs qui avaient marqués sa vie, de ces personnes qu'il avait trahis, de celles qu'il avait abandonnées, de ces années passées à courir dans le monde, de celles passées chez les S.T.A.R.S., de celles passées dans divers laboratoires, de celles au centre de formation… Il se souvenait de tout et il se souvenait de William.

Ce cher William. Lui, si intelligent, qui avait trouvé la mort en 1998. Lui qui fut brusquement emportée par une mort inattendue et cruelle. Lui qui fut son seul et vrai camarade. Son seul et vrai ami. Le seul et unique.

Non, tout cela ne l'avait pas quitté. Leur rencontre, leurs années passées ensemble au centre de formation du docteur Marcus. Leurs conspirations d'adolescents rebelles. Leurs heures passées à nettoyer et ranger les laboratoires suite à leurs mauvaises blagues. Leurs repas en compagnie d'Annette…

Il grimaça violemment alors qu'il sentait la lave consumer sans scrupule le peu de ce qui restait encore de lui. La mort lui tendait les bras, il pouvait la sentir l'enlacer toujours plus, ses bras mortels l'étreignant toujours plus jusqu'à le faire suffoquer. Jusqu'à le tuer. Il n'avait plus qu'un regret : William.

Au final, sa vengeance s'avérait veine. Il avait échoué pour la première et dernière fois puisque son existence touchait à sa fin.

Will'…

-Al' !

Et il rouvrit brusquement les yeux. Cette voix… C'était impossible, ça ne pouvait pas être lui ! Il était mort ! Et puis… Lui aussi, non ?

Une lumière aveuglante l'éblouit et il referma vivement les yeux, pestant de ne plus avoir ses fameuses lunettes sombres. Il les ouvrit ensuite lentement, ses pupilles s'habituant avec difficulté à la lueur infernale. Au loin, une silhouette se détachait du halo complètement blanc. Une silhouette maigre, moyenne et familière.

-William… Souffla-t-il, incrédule alors que son vieil ami s'arrêtait à quelques pas de lui, essoufflé de sa course.

-Tu es en retard, Al', ronchonna ce dernier, bras croisés non sans éveillé une once de nostalgie.

-Je…

L'interpellé ne savait pas quoi dire. Que pouvait-il dire ? Il ne comprenait pas ce qu'il se passait. Il revoyait Chris et Jill depuis leur hélicoptère, revoyait les roquettes qui l'avaient manqué de peu. Il se souvenait de la douleur atroce lors de leurs explosions ainsi que celle de la lave qui le brûlait sûrement, sa chair fondant rapidement, ses tentacules dues à Uroboros battant l'air inutilement…

Une main tendue juste sous son nez le tira de ses pensées. Souriant, le jeune homme l'observait, attendant qu'il réagisse.

Albert Wesker se souvenait.

Par le passé, c'était lui qui agissait à sa place. A de nombreuses reprises, il s'était retrouvé ainsi, debout à ses côtés et lui avait tendu la main… Jamais on ne le lui avait rendu la pareille ou bien avait-il tout simplement refusé cette aide qu'on lui proposait par fierté.

Mais cette main tendue devant lui, L'air si serein de son possesseur - possesseur qu'il pensait d'ailleurs ne jamais revoir…

Lentement, il tendit la sienne et hésita alors que ses doigts effleuraient les siens. De nouveau, la stupeur le figea.

Sa main. Il n'y avait pas prêté attention, mais elle était si jeune. Elle semblait avoir perdue de sa force, mais il la reconnaissait. Elle était également plus propre. Aucun sang ne l'avait salit. Il était de nouveau ce jeune adolescent avide d'action qu'il avait été… L'adolescent du centre de formation qui entrainait le prodige d'Umbrella dans ses mauvais coups.

Et cette main qu'il frôlait… Elle était si réelle. Il pouvait sentir la chaleur qui en émanait et cela lui apporta la preuve que William était bien là.

Puis sa main prit résolument celle qu'on lui tendait et, d'une poigne ferme mais un rien malhabile de coutume, le jeune homme l'aida à se relever, le hissant de son mieux sur ses pieds. Après tout, William n'était pas un homme de force, mais plutôt d'esprit.

-Ravi de te revoir. Tu sais, t'es quand même mieux là qu'avec tous tes tentacules, rigola-t-il en lui donnant une petite tape sur l'épaule qu'il lui rendit aussitôt.

-Toi aussi.

Le sourire de son camarade se fit plus doux alors qu'il baissait les yeux, nostalgique.

-Le temps passe vite… Déjà quinze ans depuis…

Il ne termina pas sa phrase, hésitant visiblement. Citer la fin de son existence ne devait pas être chose aisée après tout. Wesker ricana néanmoins. Alors c'était bien ça ? Chris et Jill avaient finalement gagnés ? En tout cas, il commençait à s'y faire…

-Rassure-toi, t'as pas perdu une ride, plaisanta-t-il avec un sourire en coin.

-Toi non plus, rétorqua le jeune homme. Aller, viens ! On en a des choses à se raconter ! … Oh ! J'allais oublier !

Et une paire de lunettes noires se tendit devant ses yeux redevenus bleus. Oui, William pensait toujours à tout… Alors qu'il s'emparait de la paire, l'ajustant sur son nez, il lui annonça simplement :

-Après toi, Will'.

Ce dernier le gratifia d'une mine radieuse, le remerciant d'un signe de tête. William Birkin prit alors les devant, son camarade sur ses talons, tous deux avançant tranquillement à travers l'univers éclatant. Derrière eux, ils laissaient leur passé, ils laissaient la suite d'un monde toujours actif. Cela ne les regardait plus. De toute façon, ils l'avaient quitté, n'est-ce pas ? C'est donc sans un regard en arrière, ni une pensée sur sa propre mort qu'Albert Wesker s'en alla en paix aux côtés de son seul et meilleur ami.

Non, il ne regrettait plus rien.