Un peu court, mais le reste suivra vite ;)
Chapitre 3 : ''-J'ai peur –Moi non plus''
J'étais tout à fait déstabilisée par l'attention que me montrait Draco, et qui plus est, le fait que cette attention n'était emplit d'aucune forme d'animosité à mon encontre.
Hermione s'arrêta de nouveau. Elle cherchait à nouveau ses mots, ou bien choisissait la manière dont elle allait présenter la suite dans tous les cas, elle semblait la proie d'une profonde réflexion. Le jeune Louis profita de cette interruption du récit pour demander :
-Cela ne vous ennuie pas si je vais servir le client qui vient d'entrer, et me servir un thé ?
-Bien sûr que non, allez-y, allez-y…
Hermione reprit sa chope et bût quelques gorgées tout en réfléchissant. Louis revint avec deux tasses et une théière pleine. Devant le regard amusé que lui lança la vieille femme, il essaya d'expliquer :
-J'ai l'impression que votre histoire va durer un moment, et qu'à un moment ou un autre, ce thé nous sera utile à tous les deux, alors pourquoi ne pas l'amener tout de suite, et ainsi éviter d'interrompre à nouveau votre récit ?
-Votre prévenance me touche, merci , dit-elle doucement dans un sourire.
Elle reprit tout aussi tranquillement.
-J'étais déroutée, et, il faut l'admettre, assez agacée d'être ainsi observée sans pouvoir l'être. J'avais alors fermé les paupières étroitement, comme lorsque l'on fait un mauvais rêve et que l'on cherche à en sortir, puis j'avais changé de position, lui tournant résolument le dos. Mais au bout de quelques minutes, je m'étais sentie mal à l'aise. Même s'il n'avait rien tenté de m'infliger alors que je lui faisais face, peut-être allait-il me prendre par surprise, alors que je ne m'y attendais plus. Je ne lui faisais absolument pas confiance, et je cherchais un prétexte pour lui faire à nouveau face sans que cela paraisse trop rapproché de mon précédent mouvement.
A ma plus grande joie, madame Pomfresh était venue vérifier l'état de son malade surement peu de temps après que je me sois retournée bien que, je l'avoue, ce temps m'avait paru infiniment long, étant inquiétée quant à une éventuelle attaque de Draco. J'avais donc profité de cette intervention de notre infirmière pour me ''réveiller'', tout du moins, officiellement.
A mon pseudo-réveil, Draco ne me manifesta pas plus d'animosité que d'habitude mais lorsqu'il fut déclaré inapte à retourner dans son dortoir pour cette nuit-là, son attitude redevint un peu plus guindée, mais pas franchement hostile. Il se contentait d'essayer de m'ignorer, tandis que je le surveillais du coin de l'œil.
A dire vrai, je venais de comprendre qu'il n'était réellement pas l'héritier de Serpentard, sa haine envers les nés-moldus ne semblait pas réelle. Mais la curiosité me poussait à le regarder et attendre de voir l'attitude qu'il allait adopter lorsqu'il aurait reprit totalement ses esprits. La réaction ne se fit pas attendre longtemps.
« Qu'est-ce que tu veux, Granger ? finit-il par demander, sans se tourner vers moi.
-Oh, je cherche juste à déterminer ce qui a bien pu t'amener ici, par quelle maladresse tu as pu te retrouver avec un tel œuf sur le crâne… Moi, je dirais que tu as été incapable de lancer correctement un wingardium leviosa sur… Disons… Un gros chaudron… je lui dis, lui faisant bien comprendre que j'avais captée l'information et que cette faute n'était décidément pas digne d'un élève de deuxième année.
Il avait alors tourné un regard sérieux mais calculateur vers moi pour me dire de bien faire attention à qui je m'en prenais.
-Sinon quoi ? demandais-je. Je vais me faire manger par ce vilain monstre ?
-Ce n'est pas moi qui le contrôle. Et tu ne devrais pas prendre ça aussi à la légère, Granger. C'est effrayant…
C'était la première fois que Draco Malefoy me parlait sincèrement, sans jouer la comédie de l'affreux petit futur mangemort. Il le remarqua sans doute aussitôt car il ajouta presque un peu trop vite :
-En tout cas, à ta place, j'aurai peur pour ma vie.
Je regardais le plafond. Malefoy avait peur de la bête.
-Je sais que ce n'est pas toi, l'héritier de Serpentard, dis-je dans un souffle, toujours en fixant le plafond. Et je n'ai pas peur, ajoutais-je en me tournant vers lui.
-Tu n'as pas peur ? fit-il, incrédule et oubliant tout à fait de me lancer le regard mauvais qu'il était censé réserver aux nés-moldus.
Je le regardais, pleine de malice :
-Non, je n'ai pas peur pour l'instant, je suis avec un sang-pur, l'héritier aurait bien trop peur de risquer de perdre cette précieuse vie-là en lâchant son monstre, le taquinais-je.
Il esquissa un sourire.
-Je persiste à dire que tu ne devrais pas plaisanter avec ça, Granger, chuchota-t-il à nouveau sérieux.
Cependant, j'étais certaine que celui qui contrôlait la chose ne pouvait pas la contrôler au point de laisser dans une même pièce un sang pur et un né-moldu avec ce monstre. En dépit de la présence de Malefoy à mes côtés, je dormis très bien cette nuit-là. Etrangement, à mon réveil, il n'était déjà plus là.
