Chapitre 6 partie 1 : Tendre délicatesse
Ses doigts descendirent lentement le long de ma joue dans un geste d'une infinie douceur, douceur qui ne fut jamais très remarquable chez Malefoy, même alors que ces temps étaient encore heureux pour lui et ne l'avaient pas encore rendu en quelque sorte… aigri. Je ne savais plus quoi penser. Mes hormones commençaient tout juste à s'éveiller en moi, et je ne connaissais pas encore le désir, mais je connaissais la tendresse. Et il y avait plus de tendresse dans ce simple geste que je n'en avais jamais connu. Mon cœur rata quelques battements, le sien aussi, je pense. Plus que tout, à cet instant, j'aurais voulu qu'il m'embrasse. Mais une part de moi, la part rationnelle, pensait à tout ce qui allait advenir si une telle chose se produisait.
A ce moment-là, je réalisais que nous étions tous deux prisonniers des circonstances… Jamais une Gryffondor et un Serpentard ne pourraient être ne serait-ce qu'amis ouvertement… Alors, pour ce qui était d'être ensemble… c'était encore plus inenvisageable. Mais je ne voulais pas renoncer à lui. Si être ensemble risquait de nous faire trop de mal, nous pouvions au moins être amis dans la clandestinité. J'attrapais sa main qui, lentement, était descendue le long de ma mâchoire pour rejoindre ma nuque, mais la gardait dans la mienne, à l'endroit même d'où je venais de la déloger.
-On ne peut pas… commençais-je.
Malefoy suivit tout à fait mon raisonnement, et c'est avec un sourire emplit de malice qu'il s'approcha de moi pour me murmurer :
-Rien n'est pas impossible Granger
Puis il attira mon corps contre le sien, resserrant ses bras autour de moi, maintenant mon être sous son emprise. Naturellement, ma main libre était remontée sur sa poitrine et la sienne était descendue dans mon dos, presque sur ma hanche. J'avais posé ma tête sur son torse et je m'efforçais de calmer les battements erratiques de mon cœur qui ne cessait de s'affoler à chaque fois que je prenais conscience de chaque petit millimètre carré de sa peau touchant la mienne. De sa main sur ma hanche qui, en se posant, avait légèrement remonté le bas de mon pull, et donc, touchait le brasier qu'était devenu mon derme à son contact. Je pensais à ses lèvres qui effleuraient mes cheveux, à mes propres lèvres, si proches de l'encolure de sa chemise…
J'étais prise d'un si violent désir pour lui, et j'avais tellement peur de cette chose que je découvrais en moi –encore plus parce que je l'éprouvais pour quelqu'un qu'il ne m'était pas permis d'aimer– que mon souffle s'emballa également. On aurait dit que j'allais suffoquer, mais en réalité, pour la toute première fois de ma vie, je respirais pleinement… Toutes les odeurs, les sons, les textures me parvenaient, et même le goût de l'haleine de Draco – une agréable saveur de menthe et de réglisse, sûrement son dentifrice.
Il se détacha alors légèrement de moi et scruta mon visage d'un air inquiet. Sûrement que j'avais rougi, et le fait que je baisse les yeux l'aida à comprendre que mon souffle emballé n'était dû qu'à un émoi de ma part provoqué par notre proximité. Il comprit sûrement que je ne désirais pas me laisser emporter par le désir qu'il m'inspirait, car il s'éloigna un peu de moi, avant de me tirer avec lui un peu plus près des lavabos dont nous nous étions éloignés.
Chapitre 6 partie 2 : Complicité
Hermione Granger leva les yeux vers Louis. Ils brillaient de larmes, mais le visage de la sorcière n'exprimait qu'une immense lassitude.
-Aujourd'hui, avec le recul, bien des années après cet épisode, je me rends compte que tout aurait peut-être pu se passer autrement, si seulement j'avais été un peu plus Gryffondor à cet instant-là. Si je n'avais pas eu autant peur de la réaction de mes propres amis, j'aurai embrassé cet homme et l'aurait lié à moi pour la vie. Je n'avais jamais ressenti de si grande attirance pour quelqu'un de toute ma vie, je ne m'étais jamais sentie autant en symbiose avec quelqu'un. L'un comme l'autre, nous avons été lâches. Et je pense qu'à défaut de stopper la guerre, nous aurions pu rendre un peu moins virulente celle qui faisait rage au sein des esprits entre les quatre maisons de Poudlard.
Elle ferma les yeux un instant, le récit commençait à paraître réellement très éprouvant pour elle. Mais Hermione tenait bon, elle devait raconter tout ça au moins une fois dans sa vie, elle avait besoin de parler de tout ça, après toutes ces années, tout ce qu'elle avait cru bon de faire, toutes ces erreurs, tous ces regrets… Elle avait besoin de soulager sa conscience, de savoir qu'elle ne serait plus la seule à savoir… A savoir quel homme merveilleux et aimant, Draco avait pu être.
-Pour la première fois, ce soir-là, Draco me demanda de lui parler de ma vie dans le monde moldu, de mes parents, de ma famille. Je lui demandais d'en faire de même. Puis je lui parlais de Ron et Harry, j'allais même jusqu'à lui raconter les aventures que nous avions vécues les deux années précédentes… Lorsque je lui parlais de la potion de polynectar que j'avais fabriqué pour l'espionner en deuxième année, je m'arrêtais, guettant sa réaction. Je me tournais vers lui. Il affichait un sourire moqueur, il n'avait pas l'air fâché. Il y avait également une lueur indéfinissable dans le fond de ses yeux. Je crois qu'il était impressionné par le travail que nous avions fourni pour parvenir à démêler la vérité du faux.
-Vous auriez pu tout simplement décider que c'était moi le prince de Serpentard, et me suivre jour et nuit pour vous assurer que je ne fasse de mal à personne… Pourquoi vous être donnée cette peine ? demanda-t-il.
-Hé bien… D'abord, je pensais que tu n'étais pas cet être sanguinaire… Et je voulais le prouver à Ron et Harry, commençais-je. Et puis… Ne le prends pas mal, mais… Tu aurais quand même pu savoir qui contrôlait le monstre…
Je relevais ma tête qui jusqu'alors avait été soigneusement orientée vers mes pieds, pour voir le sourire goguenard qu'arborait Malefoy. Il s'approcha de moi lentement, et susurra :
-Mais la bête, Hermione, c'est moi… Et je n'ai pas de maître…
Et il entreprit de m'étouffer sous les chatouilles et les baisers qu'il se mit à déposer dans mon cou et sur mes épaules. Je me souviens que mes bras s'étaient d'eux-mêmes entourés autour de son cou, et je riais à gorge déployée. Au bout de quelques minutes, il s'arrêta. Il était à moitié couché sur moi, puisqu'il m'avait suivie dans ma pseudo-chute lorsque je m'étais couchée sur le sol pour échapper à ses mains expertes. Mais nous nous sentions bien. Cette proximité nous semblait naturelle, et une distance plus grande aurait été inconfortable. Il me regarda dans les yeux et, le plus sérieusement du monde, me posa cette question :
-Et maintenant, tu penses toujours que je pourrais savoir quelque chose chaque fois qu'un évènement lié à la magie noire survient dans le château.
J'adoptais un demi-sourire et commençait à répondre…
-Hé bien, en sachant que c'est ton père qui avait réintroduit le journal qui a servi à rouvrir la chambre des Secrets, ça… Tu aurais pu le savoir…
La déception provoquée par ces paroles n'eut pas le temps de se peindre sur son visage que Mimi Geignarde sortait bruyamment de l'un des toilettes dans lesquels elle avait élu domicile, pour venir voir ce qui avait provoqué tout le raffut que nous avions fait. En un éclair, nous sortîmes des toilettes, Draco et moi, et étions prêts à nous séparer pour rejoindre nos dortoirs respectifs. Draco me fit un petit signe de la main et un sourire, mais j'attrapais sa main et le retins encore un instant.
-Je sais que je ne devrais pas m'en servir pour ça mais… Il y a une chose que je ne t'ai pas dite, Draco… Je frissonnais car il me semblait que c'était la première fois que je prononçais son prénom. Cette année, le ministère m'a fourni un retourneur de temps pour pouvoir suivre plusieurs options… On pourrait s'en servir pour se voir sans que personne ne le sache… Non ?
Il eût un petit sourire en coin…
-Si tu me fais assez confiance et que tu penses que je ne risque pas de t'embarquer dans des histoires de magie noire… commença-t-il, moqueur.
-Oh, Malefoy, je t'en prie ! le coupais-je. Je savais parfaitement que ma proposition le tentait au moins autant que moi. On se retrouve ici demain, à 22:00, d'accord ?
Il acquiesça et je déposais rapidement une bise sur sa joue, qui sembla s'enflammer à mon contact. Nos mains se séparèrent et nous prîmes tous deux la direction de nos dortoirs. Avant de tourner à l'angle du couloir, je me retournais, et lançais un clin d'œil à Malefoy qui s'était également arrêté pour me lancer un dernier regard. Puis je me faufilais dans un passage secret pour réduire les chances de me faire attraper par Rusard.
Oui, je sais, désolée, c'est de la torture de vous infliger ça, ils ne se sont pas encore embrassés, mais, patience, ça viendra ;)
Bisous-bisous :*
