Chose promise... Pas aussi tard que je pensais, mais bon, tant mieux ^^

Chapitre 8 : Cartes sur table

Je ne retournais pas le voir à l'infirmerie, et il revenait en cours deux jours plus tard, le mercredi matin, la tête et le regard hauts, comme toujours. Arrivé après le début du cours de potion, il prit place à coté de mes amis, tandis que je m'étais placée à la table de Neville. Je le vis, du coin de l'œil, prétendre ne pas pouvoir faire usage de son bras, et le professeur ordonna à Harry et Ron de s'en occuper. Draco fit son possible pour rendre la vie impossible à mes amis, et je savais que c'était ma faute, je l'avais repoussé, et je n'étais plus venue le voir.

Lorsqu'il croisa mon regard, alors que le professeur Rogue critiquait la potion de Neville, à mes côtés, il sembla comprendre que j'apprécierai qu'il les laisse un peu tranquilles. Je sais cependant qu'alors que je m'employais à aider Neville avec sa potion, il parla essaya encore de déstabiliser Harry en parlant de Sirius Black, qui était alors à sa recherche.

Je faussais compagnie à mes amis après le cours, pour retourner deux heures en arrière à l'aide d'un retourneur de temps qui m'avait été attribué par le ministère de la magie, avec l'appui de l'école, pour que je puisse suivre des cours en plus, tels que l'étude des runes anciennes et l'arithmancie. Je retrouvais Harry et Ron deux heures plus tard, là où je les avais abandonnés précédemment, un peu essoufflée d'avoir couru pour les rattraper. Nous entrâmes dans la Grande Salle, et prîmes notre déjeuner dans un relatif silence, avant de nous diriger vers la Salle de cours de défense contre les forces du mal.

Je prétextais de devoir aller aux toilettes pour m'éclipser. Je détachais de mes oreilles les boucles sur lesquelles Draco m'avait complimentée en début d'année, les fit léviter à hauteur de regard au milieu du couloir et me cachait dans un des passages secrets attenants. Lorsque Draco vint à passer, accompagné de sa clique, il remarqua tout de suite mes boucles d'oreille. J'espérai qu'il comprenne le message et se débarrasse de ceux qui l'accompagnaient. Il saisit les boucles avec détermination alors que chacun commençait à faire des hypothèses quant à ces boucles trônant au milieu du couloir.

-Partez devant, je vous rejoindrais, ordonna-t-il, impérieux.

-Tu n'as pas besoin d'aide, Dracoooo ? roucoula Parkinson.

-Non, répondit-il durement.

Il attendit qu'ils aient disparus au coin du couloir, pour chuchoter, incrédule.

-Granger ?

-Par-là, l'attirais-je.

Il me rejoignit, s'assurant que toujours personne ne passait dans le couloir.

-On va être en retard en classe, tous les autres doivent déjà être dans la classe.

-Non, je ne crois pas, lui répondis-je. Tu te souviens que je t'ai dit qu'il faudrait que je te parle d'une chose, le soir où nous sommes arrivés ? Eh bien… Je ne sais pas si tu me fais assez confiance…

-Je te fais confiance, me coupa-t-il sans hésitation.

Je le regardais dans les yeux. Il me faisait confiance. Il était persuadé que nous n'arriverions pas à l'heure en classe, mais il me faisait confiance. Si je lui disais que nous le ferions, nous le ferions. Quelqu'un passa en trombe dans le couloir. Plusieurs personnes, à en juger par le bruit, au moins deux, peut-être trois. Nous nous étions tus le temps que les bruits de course s'éloignent.

Je le regardais droit dans les yeux.

-Je te fais aussi confiance, c'est pourquoi, si tu restes avec moi, quand nous aurons fini, je te jure que nous n'arriverons pas en retard en cours. Tu me fais toujours confiance, tu es sûr ?

-Granger… commença-t-il, menaçant. Puis il soupira. Arrêtes de poser des questions aussi ridicules. Je ne t'aurai même pas laissé m'attirer ici si je ne t'avais pas fait confiance.

Je l'invitais alors à s'asseoir avec moi d'un geste, rendue un instant muette par la sincérité qui semblait percer à travers ses paroles. Il me faisait confiance, Draco Malefoy me faisait confiance, à moi, Hermione Granger. Le sang pur faisait confiance à la sang-de-bourbe. Je reprenais mes esprits alors qu'un sourire satisfait se dessinait sur son visage. Alors ça, non, ne crois pas que je ne t'en veux plus !

-Tu as recommencé avec Harry et Ron, ce matin. Tu m'avais promis que ça n'arriverai plus, il me semblait, attaquais-je.

Immédiatement, il se raidit, et une expression de déplaisir se peint sur son visage.

-Tu n'es pas revenue me voir, à l'infirmerie, lança-t-il, comme si ça expliquait tout.

Et soudain, je compris. Oui, ça expliquait tout. Il avait sûrement prit plaisir à malmener ouvertement Harry et Ron, mais il l'avait avant tout fait pour s'assurer que je vienne le lui reprocher. Incapable de le retenir, un sourire se dessina sur mes lèvres.

-J'avais des choses à te dire, tu sais, continua-t-il.

Alors, il se pencha vers moi, se soulevant légèrement pour se rapprocher de moi, et, alors que le temps semblait se figer autour de nous, il déposa, dans un geste lent et calculé, ses lèvres sur ma joue. Sa main vint doucement se presser contre le côté droit de mon cou, où il releva mes cheveux pour faire glisser ses lèvres le long de ma mâchoire, déposant une ribambelle de baisers papillons jusque dans mon cou, dans un geste toujours empreint d'une infinie lenteur.

Malgré moi, j'abandonnais un instant la partie que nous avions commencée quelques minutes plus tard. J'étais incapable de penser à quoi qu'il se fut d'autre que ces lèvres qui me disaient à quel point je lui avais manqué, à quel point il aurait voulu que je vienne le voir. Le temps d'un éclair, une pointe de remords m'assaillit. Rapidement éclipsé par le sentiment de bien-être qui m'envahissait alors que les lèvres de Draco avaient entamé le chemin du retour vers ma joue. Lorsqu'elles atteignirent ma joue, je nichais ma tête dans son cou, déposant quelques baisers, moi aussi, le long de sa mâchoire et derrière son oreille.

Sans même que je le remarque, ses bras m'avaient enlacée et mes mains s'étaient posées contre sa poitrine. Nos corps aussi s'étaient rapprochés, si bien que j'étais sur ses genoux, à ce moment, mes deux jambes placées vers l'extérieur du passage secret. Je remarquais d'ailleurs qu'une de mes baskets devait être visible depuis le couloir, et je redescendais rapidement sur terre en la retirant du passage. Bon dieu Hermione, mais à QUOI tu pensais ? Tu ne devais pas t'expliquer avec Draco, d'ailleurs ?

Je détachais cependant doucement les mains de Draco, jointes dans mon dos, et me reculais, descendant de ses genoux. Je gardais cependant nos mains ensemble, les observant encore un moment avant de lever mon regard vers le sien.

-Qu'est-ce que tu voulais me dire, alors ? demandai-je, sereine.

Il parut déconcerté, un instant, comme s'il ne comprenait pas ce à quoi je pouvais faire allusion. Ce temps de battement me fit douter de ses réelles intentions. Il le perçut, et tenta de balayer mes soupçons.

-Je voulais m'excuser d'avoir été aussi jaloux.

Je pris sur moi pour ne pas lui broyait les doigts. Ah ! Oui !

-Tu aurais pu y rester, sérieusement, Draco, commençais-je, la voix incertaine.

-Oh, je t'en prie, tout ce qui t'embête, c'est ce qui risque d'arriver à ce crétin d'Hagrid et cet oiseau de malheur ! me coupa-t-il sèchement.

Je sentis mon sang se glacer, et c'est froidement que je lui répondis, le regardant droit dans les yeux.

-Tu penses vraiment que j'en ai quelque chose à faire d'Hagrid et de Buck, quand tu aurais pu te faire tuer ? Tu aurais pu mourir, Malefoy ! MOURIR ! lui hurlai-je, retirant mes mains.

-Hermione, je… tenta-t-il, mais je ne le laissais pas poursuivre.

-Espèce de crétin ! lui lançai-je sè me redressais. Est-ce que tu ne peux pas, un instant, arrêter d'être complètement débile, et comprendre que, bordel, je tiens à toi ! terminais-je, ma voix montant soudain dans les aigus.

Il parut mal à l'aise, mais, grognon, il continua dans sa lancée.

-Non, ça, c'est parce que tu es une Gryffondor. Tu te sens obligée de défendre les opprimés, et de…

-Oh mon Dieu, Malefoy, tu es loin d'être l'opprimé dans l'histoire ! Et…

-Mais ! Laisse-moi finir ! J'allais donc dire : et de rappeler à l'ordre ceux qui ne se conduisent pas bien selon ton jugement, par ce que tu es une incroyable emmerdeuse de miss je-sais-tout !

-On va dire que je n'ai pas entendu la dernière partie, fis-je, rassurée. Il me suffisait de mettre les points sur les i.

-Et, je te ferais remarquer, continua-t-il, que, si, je suis l'opprimé, quand on regarde à quel point tu me harcèles à me dire que je suis un parfait crétin !

-Quelle mauvaise foi ! dis-je dans un sourire.

Je me penchais vers lui, et posais délicatement mes mains sur ses joues pour ramener, d'une légère pression, son regard fuyant, vers le mien.

-Mal… Draco. Regarde-moi bien dans les yeux. Je tiens énormément à toi. Et j'aurai vraiment eu énormément de peine s'il t'étais arrivé quelque chose de grave.

-Mais c'est grave, ce qu'il m'arrive !

Face à mon regard, il se recroquevilla un peu. Il se détendit cependant lorsqu'il nota mon sourire. Lui comme moi savions qu'il n'avait pas si mal, et qu'il valait mieux éviter le sujet.

-Bon, d'accord, ç'aurait pu être plus grave… Mais, arrêtes de dire des bêtises, Granger. Je ne vois pas pourquoi tu tiendrais à moi…

Je prenais une profonde inspiration, fermant les yeux un instant. Quand je les rouvris, ce fut pour les plonger dans les siens, et répondre :

-Parfois, moi non plus.

Puis je me penchais vers lui, mes lèvres effleurant les siennes.

Il en eut le souffle coupé, il ne bougea d'abord pas, seuls ses yeux papillonnaient sous la surprise qui était la sienne. Puis, alors que nous partagions une respiration, sa main vint se placer derrière mon cou, m'attirant fermement à lui, tandis que son bras blessé se glissait doucement dans le bas de mon dos. Nous fermâmes les yeux, et nos lèvres furent jointes plus fermement par la pression qu'il exerçait sur ma nuque.

Nous nous embrassions pour la première fois, mais c'était aussi, pour nous deux, la première fois que nous embrassions quelqu'un. Et pourtant, rien ne nous sembla plus naturel.

Le premier baiser fut simple. Nos lèvres se séparèrent au bout de quelques secondes, pour se retrouver dans un autre, entre deux souffles. Puis nos corps se rapprochèrent encore, mes mains se mêlant aux cheveux de Draco, son corps se faisant plus pressant contre le mien. Nos lèvres s'ouvrirent, se séparèrent, se trouvèrent de nouveau. Sa langue vint effleurer mes lèvres avant d'aller à la rencontre de la mienne, la caressant, la cherchant.

Je commençais à lui rendre son baiser, ma langue se faisant moins passive, et ses mains se glissèrent lentement sous ma chemise, tandis que les miennes venaient lentement desserrer sa cravate et ouvrir le col de son uniforme. Nos doigts exploraient avec une lenteur délibérée chaque centimètre carré de peau qui leur était offert. Les baisers se firent plus profonds, plus longs, plus sensuels. Nos corps ne se décollaient plus. J'étais revenue sur ses genoux, mais dans une position bien plus audacieuse que précédemment. Au bout d'un certain temps –des minutes, des heures, des jours ? Cette notion m'avait échappée- Draco mis fin aux baisers…

-Hermione…

Je l'embrassais à nouveau, rapprochais nos corps qu'il avait écartés. Je le sentis sourire contre mes lèvres, et il coupa à nouveau le baiser, me maintenant, cette fois, pressée contre lui.

-Hermione, il faut qu'on aille en cours.

J'acquiesçais, mais l'embrassait à nouveau. Cette fois, ce fut son rire qui nous sépara, et je me figeais. C'était un rire franc, naturel. Un rire amusé. Je lui souris, conntente de l'entendre rire, de le voir si franchement heureux.

Je saisissais son poignet pour constater que nous avions passé près d'une heure dans le passage secret. Dans un dernier baiser, je m'éloignais de lui, et me relevais.

Alors ? Vos avis ? :)

Bon dimanche ! :)