Ok, ok... J'avais dis Octobre et me voilà à publier, en Janvier 2015... Bonne année ! (au passage). Je suis... Irrécupérable, je crois. J'avoue que j'avais été démotivée par l'écriture ces derniers mois, que j'avais un peu, voire totalement, mis Instincts Nocturnes de côté, que je m'en étais un peu lassée, mais finalement... Me voici ! Je viens tout juste de terminer le chapitre, il n'est pas relu, sans doute bourré de fautes mais, flemmardise oblige, je le poste tel quel. Sinon, il ne sera jamais posté et la fiction restera sans fin (or, je déteste ça...Des fictions non-terminées !).
Romane : Merci beaucoup pour ta review inattendue ! Je crois que c'est en grande partie grâce à elle, et donc, grâce à toi, que l'envie de continuer et mettre un point final à IN m'est revenue. Sans ça, les deux premiers chapitres auraient continué de pourrir dans un coin de mon ordinateur... Et puis je tiens à ma tête, non mais ! Et pour te répondre alors non, j'ai connu Sanctuary... Well, à sa sortie en fait. Etant très très fan d'Amanda Tapping depuis que je suis toute petite, j'avais suivit le projet mais j'avoue que j'avais pas du tout accrocher au premier visionnage (genre pas du tout). Ma mère, elle, avait continué et c'est quand elle m'a montré un épisode avec Nikola que j'suis tombée totalement amoureuse (héhé, Nikola oblige, hein ! ;)). Du coup, quelques années plus tard (le temps que j'me bouge parce que j'suis réellement un ramassis de fainéantise) je m'y suis mise :) (j'viens de raconter ma vie, là, un truc de ouf). Et oui, j'ai un léger soucis avec John... Principalement parce qu'il est chauve et que j'ai peur des chauves (Bruce Willis est sataaaan... Oui oui, je suis loin).
Elle n'en pouvait plus. Plus de sangloter, plus de ne pas savoir reprendre le dessus. Tous ses plans s'effondraient, tout ce qu'elle avait pu espérer s'anéantissait avec cette vérité. Il y avait eut une énigme, des semi-confessions. Et puis la preuve, irréfutable, inéluctable, qu'elle ne pouvait nier. Qu'elle ne pourrait jamais nier. Les larmes avaient jaillit, torrent dévastateur sur ses joues creusées, et elle n'avait pas réussit à s'arrêter de pleurer depuis. James s'était inquiété de la voir dans un tel état l'intelligent détective avait blâmé la fatigue et ce Jack l'Éventreur, proférant des menaces théâtrales, poing levé. Jusqu'à ce qu'elle souffle, dans un murmure, le nom de celui qui les menait par le bout du nez depuis si longtemps. James. Le naïf James avait vu son monde s'ébranler à son tour et le mutisme l'avait, à son tour, envelopper.
John était Jack.
Jack était John.
Une main nerveuse se déposa sur son ventre et elle serra le tissu de sa robe en reniflant, ordonnant à son corps de cesser de trembler, de cesser de se secouer de spasmes. C'était la vérité, la découverte, de trop. Celle qui la mettait à mal, celle qui la rendait coupable. John, pris de pulsions meurtrières. John, détruit et rongé par un mal contre lequel il ne pouvait rien faire. John, bercé par les esprits malins. Comme Nikola. Le serbe n'avait plus ré-apparut depuis de longs mois. Sans doute même avait-il quitté Londres. Sans doute se terrait-il avant de surgir à nouveau. Il ne fallait pas croire que le vampire resterait silencieux encore longtemps. L'anglaise le connaissait – du moins avait-elle l'impression de toujours connaître la faible partie encore humaine de lui. Nikola n'avait jamais aimé les hommes, jamais véritablement cherché à se fondre parmi eux. Qu'il les méprise davantage encore, qu'il les chasse n'était pas une grosse surprise, au final. Mais que John le rejoigne...
C'était plus qu'elle ne pouvait le tolérer.
Elle devait trouver une solution, devait faire quelque chose. Elle se devait de protéger Londres.
Nuit sombre. Nuit ténébreuse. Nuit tumultueuse. Avachis dans son fauteuil de velours ocre, une bouteille de vin rouge à la main, Nikola laissait son regard perlé observer sans réellement les voir les croquis de sa nouvelle invention. Ses traits étaient marqués, creusés par une terreur de lui-même, de celui qui sommeillait en lui depuis ce fameux jour de tous les défis. Il n'y avait plus la flamme fougueuse de l'inventeur de génie qui brillait dans ses yeux clairs, plus l'air rayonnant de malice qui embrassait son visage. Juste le dégoût pour lui-même, juste le rejet de ce qu'il était, de ce qu'il avait fait.
Ses lèvres se déposèrent autour du goulot de la bouteille et il avala une longue rasade de l'alcool. Il n'avait plus de goût. C'était à peine s'il pouvait se délecter du nectar de la boisson, à peine s'il sentait encore l'onctuosité et l'agressivité du vin sur sa langue. Sa bouche était infectée par l'envie de fer, infectée par le besoin de sentir le sang roucouler dans sa gorge. Il n'avait plus faim, plus soif. Il se nourrissait par habitude mais ce n'était pas suffisant. Toujours lui fallait-il davantage. Davantage de sang, davantage de saveur. Davantage de victimes.
La bouteille vide alla se briser contre le mur voisin, répandant sur le sol ses débris de verre affûtés. Déjà, d'un bond, Nikola s'était relevé. Ce n'était pas sa soif de sang qui l'oppressait avec une telle rage. Ce n'était pas ses meurtres odieux qui faisait frissonner la part humaine qui subsistait en lui. C'était l'acte qu'il avait faillit, non, qu'il avait commis qui lui soulevait le cœur et qui le torturait. Il en était devenu incapable de réfléchir, incapable de se concentrer sur ses idées lumineuses.
Il s'en était pris à Helen.
A deux reprises. Mais la seconde, il avait franchit la ligne qu'il s'était imposé. Il avait fait le pas de trop, celui qui lui crevait le cœur avec sauvagerie. Celui qui le tourmentait. Il s'était nourrit d'Helen. Il l'avait eue entre ses bras, entre ses doigts. Il l'avait eue à sa merci, faible et torturée et il en avait profité. Il avait tiré une pleine satisfaction de ses tremblements de terreur, il s'était baigné dans ses battements de cœur précipités et incontrôlés. Il avait goûté du bout de la langue à ce sang vermeille, s'en était délecté dès la première gorgée. Elle était un met de premier choix, un repas unique et rare. Sa grande intelligence était perceptible à travers son sang, sa force d'esprit résonnait encore en lui. Tout ce qu'il avait pensé qu'elle serait, elle l'avait été. Et c'était pire, encore.
Tous ceux sur qui il s'était nourrit, par la suite, avait eu le goût amer de la déception, du trop peu, du pas assez. Aucun ne savait être à la hauteur de la grande Helen Magnus.
Il y avait goûté, il y avait pris goût. Helen était devenu son fruit défendu.
Et il en redemandait encore. Toujours plus.
Douce nuit. Délicate nuit. Nouvelle nuit. Debout devant la haute fenêtre, les mains croisées dans le dos à la manière d'un prisonnier attendant son châtiment, les yeux plongés dans les ténèbres qui s'étendaient devant lui, à perte de vue, il attendait. Qu'elle vienne. Qu'elle le sermonne. Qu'elle lui pardonne. Face à lui, son reflet. Terrifiante image de ce qu'il était devenu, peut-être même de ce qu'il avait toujours été. Le sang dégoulinant de ses lèvres, ses yeux noirs ne brillaient d'aucune émotion, son visage était défiguré, déformé. Sans doute était-ce là la métaphore de qui il était réellement et non pas de ce qu'il était devenu. Un animal. N'ayant de soif que de sang et de pouvoir. De gloire et de reconnaissance. Un paria, un marginal. Un monstre. Un homme adulé à la lumière du jour, mais craint dans l'ombre de la nuit. Il aurait put être une idole pour ses collègues, ses compères, il n'était qu'une créature pour ses amis.
Amis.
Étaient-ils tous encore ses amis ? L'avaient-ils seulement été ? C'était ce qu'il plut à croire, durant un temps, mais il n'était plus sûr de rien, à présent. Druitt, Griffin, Watson, Helen. Tous savaient ce qu'ils avaient tous fait de lui. Tous tremblaient maintenant quand il apparaissait l'affrontaient, le blessaient. Ils cherchaient à l'abattre. Ils étaient faibles face à sa grande puissance.
Le voile de leur amitié s'était ainsi brisé sur le sol, lamentable tissu de foutaises. Les mensonges avaient remplacé les rires, les faux-semblants étaient devenu le pilier de leur pseudo-amitié. Chacun le savait, mais tous le niait. La vérité les avait fuit dès l'instant où ils s'étaient injectés, en grands scientifiques révolutionnaires, le Source Blood. Il était devenu une créature de la nuit Druitt allait et venait, usant et abusant de son pouvoir de téléportation, se laissait, peu à peu, envahir par les eaux sombres du crime à son tour Griffin prenait avantage de son don pour fuir tout noble travail et voler ce dont il avait besoin Watson jouait la carte de l'humilité avec son sourire courtois et ses bonnes manières, mais il réclamait la reconnaissance à chaque enquête qu'il achevait pour Scotland Yard. Seule Helen était restée pareil à elle-même. Toujours avide de connaissances scientifiques, toujours curieuse sur tout ce qui l'entourait. Toujours belle et toujours alimentée par sa naissance de bonne famille.
Les talons claquèrent sur le sol. Sans se retourner, il attendit. Il ne savait faire que ça.
« Nikola. »
Le ton était acerbe, froid. Il décelait toutefois un soupçon d'angoisse dissimulé. Elle avait toujours peur de lui et il ne pouvait l'en blâmer. A travers le reflet à moitié effacé de la vitre, il pouvait la voir. Elle avait les yeux rivés sur lui, les bras croisés, la tête haute. Pareil à elle-même.
« Qu'es-tu venu chercher, cette fois-ci ? »
Il ne bougeait pas, immuable statue gravée dans le fer. Ou dans le bronze, peut-être. L'envie de titiller sa patience redoutable lui effleura l'esprit mais la pensée fut aussitôt chassée. Ce n'était pas le lieu, pas l'heure. Les mots, toutefois, refusaient de lui échapper, refusaient de sortir de ses lèvres, de sa gorge.
« J'ai bien réfléchis, Helen... »
Le silence croqua dans la fin de sa phrase. L'air était électrique. Il eut un sourire en coin.
« Bien, au moins ta nouvelle condition d'être supérieur ne t'aura pas totalement privé de tes anciennes capacités. »
Les mots de l'anglaise fusaient. Il pouvait l'impact de ses mots dans son dos, sentit le sang de son cœur se répandre sur le sol. Elle savait faire mal, savait le blesser. Il préféra l'ignorer.
« J'accepte ta proposition. »
Nouveau silence, il fit volte-face. Nikola contre Helen. Helen contre Nikola. Si un combat devait avoir lieu, il le remporterait. Mais si un combat devait avoir lieu, il la laisserait gagner. Il ne voulait pas se battre, pas contre elle. Parce qu'elle était l'unique part d'humanité qui subsistait en lui. Elle était ce qui faisait de lui un bâtard un hybride entre un vampire magnifique et un homme misérable. Et s'il devait être un humain misérable pour rester auprès d'elle, il était prêt à faire ce sacrifice.
« Qui me dit que tu n'essaies pas de te jouer de moi ? »
« Je ne suis pas Druitt. Je ne t'ai jamais mentit. »
« Tu as essayé de me tuer ! »
Il accusa le coup, accuser les mots, accusa le ton employé. Il déglutit, l'observa. Il voyait qu'elle avait changé. Elle restait la même, mais elle était détruite. Brisée. Sans doute à tout jamais. Et bien qu'il aimât croire que c'était le fait de l'affronter lui qui la plaçait dans un tel désarroi, il n'avait que trop conscience que c'était la vérité au sujet de Johnny qui la martyrisait en silence. Il voulut s'approcher, elle recula. Prévisible.
« Et je te promets de ne plus jamais me nourrir de sang humain à compter d'aujourd'hui. »
Il n'y avait pas les excuses qu'il aurait souhaité lui hurler, pas toutes les promesses qu'il voulait lui glisser à l'oreille. Juste celle-ci qui ne valait rien, au final. Et pourtant, lorsque leur deux regards se croisèrent, il sut qu'il venait de remporter la partie. Il sut qu'elle lui avait pardonné, même sans l'avouer. Sut qu'elle le croyait. Sut qu'elle lui rappellerait sans cesse cette promesse. Mais surtout, il savait qu'il la tiendrait jusque l'éternité, et même plus loin encore.
Parce qu'Helen et lui étaient deux immortels.
