Disclaimer : Tous les personnages d'Avengers appartiennent avant tout à Stan Lee, l'homme qui a inventé la fanfiction avant les fans

Bêta Lectrice : Chemise Hdss (anciennement Chaussette Hdss. Ne me demandez pas pourquoi -_-)

Note de l'auteur : Suite directe du chapitre 1, ensuite les scènes seront beaucoup plus espacées


Just Another Rather Very Intelligent System

-II-

"Brave New World – Iron Maiden"


La deuxième fois que JARVIS outrepassa ses assignations, Pepper était venue se réconcilier avec Tony. Enfin, plutôt mettre les points sur les « i ». Parce que, malgré tout l'amour qu'elle lui portait, Pepper avait beaucoup de mal à supporter la situation.

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Sa soudaine promotion n'aurait jamais pu se faire sans bavures. Après tout, elle n'avait aucune qualification pour accepter le poste de PDG d'une des plus grosses entreprises internationales. Pour ses détracteurs, peu importe qu'elle ait été l'assistante de Tony Stark et, à ce titre, ait officieusement occupé ce poste depuis plusieurs années. Peu importe qu'elle ait fait marcher l'entreprise à la seule force de sa volonté. Pour eux, une femme aux commandes était juste une aberration.

Dans le rétroviseur central, elle capta le regard de Happy qui lui fit un léger sourire. Malgré le fait qu'il ait passé la nuit sur le canapé après lui avoir prêté une épaule pour pleurer, son costume était impeccable et pas un cheveu ne dépassait.

Elle, elle n'avait même pas osé se regarder dans le miroir ce matin, trop consciente de ses yeux rouges et de sa peau cireuse.

Ce gala de charité était très important pour elle, l'occasion de montrer à leurs plus gros sponsors qu'elle ne cédait pas à la pression, que Stark Industries était entre de bonnes mains. Pendant des heures elle avait souri et exposé ses plans avec un grand professionnalisme mais Tony avait encore une fois tout gâché. Alors qu'ils devaient présenter un front uni pour ne pas alimenter les rumeurs de sa promotion canapé, cet imbécile s'était mis à flirter outrageusement avec la femme d'un membre du conseil d'administration. Pire, quand celle-ci lui avait fait remarquer avec tact qu'il avait déjà une femme qui l'attendait à la maison, il avait souri et clamé qu'en avoir plusieurs ne le dérangeait pas non plus.

Aujourd'hui, le conseil d'administration lui avait clairement fait comprendre que sa cote de popularité était au plus bas et que, Tony Stark ou pas, si elle ne donnait pas une vraie preuve de solidité, le conseil demanderait sa démission.

La voiture ralentit en passant le portail de la villa Stark et, pour la première fois, Pepper sentit un frisson lui traverser l'échine en voyant les nombreuses caméras les suivre du regard. Les nuages gris qui couvraient Malibu donnaient à la villa un air sinistre.

Happy se gara dans la cour intérieure mais ne déverrouilla pas immédiatement les portières. Il se retourna vers elle et lui souhaita bonne chance, mais les plis autours de ses yeux trahissaient son inquiétude. Elle dut se racler la gorge avant de lui répondre un faible merci et lissa les plis de sa veste.

- Si je peux me permettre, dit soudainement Happy alors qu'elle ouvrait la portière, je connais monsieur Stark depuis très longtemps. Son père m'a embauché alors qu'il n'avait que seize ans. J'en avais à peine vingt à l'époque et je crois que je peux me prétendre un de ses vrais amis sans mentir.

Il baissa les yeux et passa une main dans ses cheveux.

- Et c'est pour ça que je veux te prévenir, si tu le mets au pied du mur, il s'arrangera toujours pour le contourner, même si ça ne lui est pas profitable.

Pepper sentit sa main se crisper sur la poignée de la portière. Elle se rendit compte qu'elle n'avait pas envie de l'ouvrir.

- Et qu'est-ce que je devrais faire à ton avis ? demanda-t-elle d'un ton plus sec qu'elle n'avait prévu. Le laisser m'humilier en public ? Attendre sagement qu'il démonte pièce par pièce tout ce que j'ai réussi à construire ?

- Monsieur Stark est comme un adolescent, il ne fait ça que pour attirer ton attention et il-

- Oh non, Happy, interrompit la jeune femme d'un ton menaçant, pas de chantage affectif. Tony Stark ne fait jamais rien pour les autres, tout ce qui l'intéresse c'est son nombril et ses robots.

Ils se regardèrent en silence, chacun avec une expression amère.

- Si tu étais consciente de ça, pourquoi as-tu accepté d'entamer une relation avec lui?

La question aurait pu paraître sincère, mais Pepper se l'était trop posée ces dernières heures pour qu'elle ne trouve pas un écho douloureux.

- Non, ce n'est pas... Je l'aime, d'accord. C'est un gamin irresponsable, insupportable et irréfléchi mais je l'aime. C'est juste que, des fois, j'ai l'impression que je ne compte pas du tout à ses yeux. Quand il est dans son laboratoire, je ne peux pas lui parler de choses sérieuses. Et quand j'arrive à le tirer de là pour passer un dîner en tête-à-tête, il passe son temps à pianoter sur sa tablette graphique.

Elle fit une pause et une esquisse de sourire flotta sur ses lèvres.

- Mais quand il remarque enfin que je suis là, il lui suffit d'un sourire et je lui pardonne. Quand il me prend dans ses bras, j'ai envie de m'y abandonner et de ne pas penser à toutes les autres fois où il a interrompu ce câlin pour filer dans son labo.

Elle prit une inspiration tremblante.

- Je suis désolée, je croyais que je m'étais suffisamment épanchée hier soir mais apparemment pas.

- Pepper.

- Oui ?

- Ne le quitte pas, ce serait la pire chose à faire. Il s'effondrera.

- Écoutez, Happy, je crois que j'ai suffisamment de problèmes sans que vous ne vous en mêliez.

Le ton sec allié au brusque retour au vouvoiement ne passa pas inaperçu et Happy se retourna face au volant, le dos raide.

- Ce sera tout, mademoiselle Potts ?

Pepper ouvrit un peu brusquement la portière et se leva, drapée dans sa dignité.

- Restez ici, monsieur Hogan, je n'en ai pas pour longtemps.

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Quand elle revint, Happy s'attendait à des larmes, pas à cette fureur froide qui déchirait ses traits.

- À l'aéroport, fit-elle sèchement en s'asseyant.

- Vous ne voulez pas passer chez vous d'abord pour prendre des affaires ?

- Non, je reviendrai plus tard.

Happy était beaucoup trop professionnel pour demander ce qui la tracassait après la précédente rebuffade et le trajet se passa en silence. À l'arrière, les sourcils froncés, Pepper tordait avec rage l'ourlet de sa veste.

Le chauffeur passa un bref coup de fil à l'aéroport pour que le jet soit préparé en urgence et Pepper précisa New-York sans même le regarder. Comme toujours quand de grosses sommes d'argent sont dépensées, le jet était prêt sur la piste et un équipage en mini-jupe attendait sagement à côté du tapis rouge.

- Ce sera tout, mademoiselle Potts ? demanda prudemment Happy en se garant devant le tapis.

- Oui, monsieur Hogan, fit-elle en quittant la voiture.

Le commandant de bord la salua et une des hôtesses la débarrassa de son sac à main en l'informant du temps de vol et de la météo sur New-York.

- Dois-je informer monsieur Stark ? demanda tout de même Happy.

Pepper s'immobilisa et se retourna raidement vers lui.

- Monsieur Hogan, vous pouvez prestement dire à monsieur Stark que s'il ose m'appeler à des fins non professionnelles à partir d'aujourd'hui, je vais postuler chez Hammer.

Le chauffeur hocha la tête en grimaçant. Ça avait dû se passer encore plus mal que ce qu'il craignait.

- Et il peut aller se foutre son instabilité émotionnelle et sa putain d'IA au cul !

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Ce fut trois jours plus tard que Tony Stark réalisa qu'il n'ait pas entendu parler de Pepper depuis longtemps. Entre le temps passé sur ses projets et le temps passé à enseigner du vocabulaire cochon à son IA nouvellement féminisée, il ne s'était pas vraiment rendu compte que la terre avait déjà fait plusieurs rotations sur elle-même. Surtout que Dum-E était programmé pour lui faire des smoothies dès que son taux de sucre descendait en dessous d'un certain seuil.

- JARVIS ?

- Oui, monsieur ?

- Est-ce que tu... Non, attends, avant toute chose, il faut qu'on règle un petit truc, toi et moi.

- Je suis tout ouïe, monsieur.

- Premièrement, plus de monsieur ni de monsieur Stark, appelle-moi Tony.

- Très bien, Tony.

- Okay, maintenant, évite de dire ça comme si on sortait d'une longue partie de jambes en l'air parce que ma libido ne tiendra pas longtemps sinon.

- Voulez-vous que je diminue la richesse de mon timbre et que j'augmente ma cadence de diction ?

- Parfait, fais ça. Et maintenant qu'on s'appelle par nos prénoms, tu pourrais aussi me tutoyer, non ?

- Si ça te fait plaisir, Tony.

- Parfait, parfait ! s'exclama l'ingénieur avec un enthousiasme non feint. Il ne manque plus qu'à te créer ton armure avec des gros nichons et tu pourras faire mon acolyte sexy. Aucune raison que Batman en ait une et pas moi.

- Permets-moi de m'opposer à cette idée.

- Pourtant je suis sûr que ça t'irait très bien. Mais pas du rouge et doré, plutôt du rose et de l'argent. Mieux, du rose et du platine !

Il se mit à pianoter rapidement sur son clavier tactile.

- Qu'est-ce qu'on pourrait trouver comme alliage avec du platine qui rende bien ? Il faudrait une armure plus légère mais plus rapide sans diminuer la puissance de feu. Oh, et un métal maniable aussi, pour faire la poitrine. Qu'est-ce que tu penses de-

- Tony, je ne suis pas une femme.

- Bien sûr que si tu es... Oh.

Il envoya un sourire contrit à la caméra la plus proche.

- Désolé, je me suis un peu emballé.

- Je ne t'en veux pas.

- Tu sais quoi, j'ai l'impression que depuis que tu as changé de voix, tu essayes de me faire la conversation.

- Bien sûr, je suis programmée pour répondre à tes attentes.

- Pourtant, je me faisais très bien la conversation tout seul, avant, répondit Tony en levant un sourcil sarcastique.

- Peut-être qu'une présence féminine te manquait ?

Il fronça les sourcils et parcourut la salle du regard.

- D'ailleurs, en parlant de ça, pas de nouvelles de Pepper ? S'étonna-t-il en jetant un coup d'œil à la date affichée sur le coin de son écran. Whaa, déjà mardi ?

- Mademoiselle Pepper est actuellement à New-York.

- New-York ? Attend, pourquoi New-York ?

- Sûrement parce que le siège social de Stark Industries est situé là-bas.

Tony fit une pause. Depuis quand Pepper partait sans prévenir ? Même quand ils s'engueulaient comme des poissonniers elle lui faisait toujours parvenir un message. D'accord, ils avaient eu un léger accrochage à la soirée de gala de samedi mais Pepper revenait toujours le lendemain, lui tirait les oreilles et ils avaient une séance de sexe bien chaude qui frôlait le fétichisme.

- Mais, elle a dit quelque chose ?

- Si mes censeurs ne me font pas défaut, avant d'embarquer à bord de ton jet privé, elle a déclaré, je cite : « S'il ose m'appeler à des fins non professionnelles à partir d'aujourd'hui, je vais postuler chez Hammer. Et il peut aller se foutre son instabilité émotionnelle au cul »

- Elle me quitte ? demanda-t-il d'une toute petite voix.

- J'ai bien peur que ce soit le sens de son message, en effet.

- Mais, elle ne m'a rien dit...

- Je suis désolée, Tony.

L'ingénieur se leva doucement et alla se préparer une tasse de café fort. Tous les robots étaient tournés vers lui dans une sorte d'expectative. La machine à café se mit en route, générant un bruit presque assourdissant.

- Elle n'a même pas osé me le dire en face, fit-il d'un ton posé.

- Je suis désolée, Tony, répéta JARVIS en mettant le plus d'inflexion possible dans sa voix.

- Tu sais quoi ? fit-il en relevant la tête.

Ses yeux avaient cet éclat métallique qu'il abordait après ses plus violents cauchemars.

- Je ne peux pas continuer à t'appeler JARVIS, c'est ridicule comme nom, c'était plus une blague que j'étais le seul à comprendre. À partir de maintenant je t'appellerais Jay, comme le geai, c'est mignon, non ? Et puis on pourra dire que c'est l'acronyme pour « Just Another Yielding », OK ?

- Bien sûr, Tony.

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La deuxième fois que JARVIS outrepassa ses assignations, il mentit à son créateur. Mais pour son bien.