Disclaimer : Tous les personnages d'Avengers appartiennent avant tout à Stan Lee, l'homme qui a inventé la fanfiction avant les fans
Bêta Lectrice : Aucune pour l'instant
Note de l'auteur : Je viens peut-être, je dis bien peut-être, de tuer de sang froid une poignée de personnages principaux. Mais, malgré ce qu'en dit ma relectrice (en honneur de laquelle ce chapitre a été renommé "chap6 motherfucker!" parce qu'elle me l'a fait recommencer trois fois), rien dans le texte ne dit ce qu'il est advenu de Steve...
Oh, je m'excuse par avance auprès des fans hardcore de l'univers Marvel, mes infos viennent de Wikipedia.
Just Another Rather Very Intelligent System
-VI-
''I'll Fight - Daugtry''
La sixième fois que JARVIS outrepassa ses assignations ce fut parce qu'on l'avait poussé à bout. Et parce que la sécurité de son créateur était la priorité absolue.
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Nick Fury, les bras croisés dans le dos, debout sur le pont du dernier helicarrier, au cœur du Triskelion, réfléchissait intensément.
Le quartier général du SHIELD était presque vide à cette heure-là. Seules les équipes de maintenance et d'astreinte étaient présentes à l'intérieur du bâtiment. Les gigantesques projecteurs qui éclairaient le hangar comme en plein jour projetaient des ombres mouvantes autour des quelques techniciens qui s'acharnaient sur le cadavre d'un avion de chasse.
Cela faisait presque deux mois que le calme était revenu. Les informations gracieusement offertes par Stark avaient permis de localiser la base d'HYDRA où était conservée la mémoire de Zola et Captain America s'était chargé de la mettre hors d'état de nuire. Lui et Black Widow avaient rejoint l'équipe formée par Maria Hill qui s'était chargée d'arrêter tous les agents d'HYDRA en commençant par le haut de l'échelle.
Maintenant, l'effectif de SHIELD était presque réduit de deux tiers mais ils pouvaient repartir sur des bases saines. C'est pourquoi Nick était là, en plein milieu de la nuit, à se demander s'il ne devait pas simplement mettre en pièces les helicarriers qu'il avait fait construire en se fiant aux conseils de Pierce.
Le claquement de talons aiguilles se fit entendre dans son dos mais il ne se retourna pas.
- Directeur, fit Maria Hill lorsqu'elle se fut portée à sa hauteur.
- Éteignez votre communicateur, répondit Fury après un bref salut de la tête.
La jeune femme s'exécuta et glissa l'oreillette dans sa poche.
- À cette distance, la définition des caméras de surveillance ne permet pas de distinguer le mouvement des lèvres, fit remarquer le directeur d'un ton nonchalant.
- Vous pensez que votre bureau n'est toujours pas sécurisé ? dit Maria en fronçant les sourcils. Pourtant nous avons fait tester tous les systèmes plusieurs fois par une équipe de confiance.
- Une équipe de confiance selon qui ?
- Vous ne faites pas confiance à Stark, affirma-t-elle après quelques secondes de silence.
- Bien sûr que je ne fais pas confiance à Stark, c'est un imbécile et un élément incontrôlable.
- Quel est le problème alors, directeur ?
Nick Fury soupira et se campa plus fermement sur ses deux jambes.
- Stark ne savait rien d'HYDRA avant de nous communiquer toutes ces informations. En tout cas, rien de plus que ce qui a été divulgué au public après la deuxième guerre mondiale. Il ne savait même pas quel rôle avait tenu Arnim Zola.
Hill fronça les sourcils.
- Il tenait pourtant à l'œil tous ses membres. Certaines des données transmises ont été crées il y a plusieurs mois.
- Non, son IA gardait ses membres à l'œil.
Ce fut au tour de la jeune femme de soupirer.
- Nick, je veux bien admettre qu'il soit arrivé des choses qui dépassent l'entendement. On a vu des dieux nordiques combattre des aliens à cheval sur des monstres flottants. On a vu un super-soldat être extrait de la glace après y avoir vécu soixante-dix ans et retrouver son ami d'enfance qui a survécu en se faisant cryogéniser à intervalles réguliers. Veux-tu vraiment rajouter sur le tas une intelligence artificielle hors de contrôle ?
Le directeur se contenta de regarder devant lui sans flancher. Après quelques minutes, Maria Hill se retira. En marchant d'un pas rapide, elle remit son communicateur dans son oreille et donna une série d'ordres.
Les techniciens dévissèrent une dernière plaque et quittèrent le hangar en se disputant gentiment à propos du meilleur endroit pour commander des nems à emporter. Quelques minutes plus tard, les projecteurs principaux s'éteignirent et Nick Fury ne fut plus qu'une ombre sur le pont d'un des Helicarriers, dans les tréfonds du Triskelion.
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Tony Stark décrocha à la troisième sonnerie. Comme il s'agissait de son numéro personnel, détenu par un nombre très réduit de personnes, il ne prit pas la peine de sortir de sous la voiture de sport dont il arrangeait amoureusement la mécanique.
- Génie, milliardaire, philanthrope et garagiste à votre écoute.
- Stark.
- Oh, mais ne serait-ce pas la voix de ma douce Natasha ? À qui d'ailleurs je n'ai jamais donné mon numéro parce que le bondage n'est pas vraiment mon style ?
Il coinça le smartphone dans le creux de son cou et continua de dévisser quelques boulons réticents. Une goutte de graisse coula sur sa joue et il grogna.
- Nous avons une situation urgente, répondit l'espionne de sa voix sans intonation.
- Pas de « Bonjour Tony. Comment va-tu Tony ? Tu as les salutations de Barbe Bleue, Tony. » ?
- Stark.
- Tu sais, je vais finir par croire que tu es une espèce de droïde super développé avec juste la bonne dose de silicone là où il faut.
Une nouvelle goutte de graisse coula dans son cou.
- Hé, Dum-E, j'aurais besoin d'un chiffon là-dessous, tu crois que tu pourrais m'en trouver un qui a été lavé ce mois-ci ?
Le robot cliqueta et fit plusieurs tours sur lui-même avant de commencer à foncer dans les meubles.
- Non, non, j'ai rien dit, ignore ça. Jay ! Il faut vraiment qu'on fasse quelque chose pour ce pauvre gosse, tu crois qu'il y a des instituts psychiatriques spécialisés ?
L'ingénieur fit glisser sa planche de mécano pour s'extraire de sous la voiture et, finalement, s'essuya la figure avec un bout de son tee-shirt.
- Tony, répondit l'IA avec affection, tu as laissé ton téléphone sous la voiture.
- Ah oui, merde, grogna-t-il en rampant de nouveau sous l'engin. Nat, mon chou, tu es toujours là ?
- Agent Romanov me fait savoir sur le canal principal que si tu n'es pas au QG du SHIELD dans un quart d'heure elle s'assurera personnellement que tu n'aies pas de descendance.
- Ouch, c'est bas ça, Poutine. Et quelle est l'urgence ?
- Elle a raccroché, répondit Jay avec sournoiserie.
- Pourquoi je n'ai pas le droit au numéro de femme fatale, moi ? se lamenta Tony en posant tous ses outils sur la surface plane la plus proche.
- Peut-être parce qu'elle sait que tu es insensible à ses charmes ?
- Hey, je me suis pas gêné pour profiter de la vue quand elle était Nathalie Rushman « du service juridique », fit-il en se dirigeant vers la salle de bain attenante à son laboratoire. Tu aurais vu les regards qu'elle me lançait quand on était seuls, si je n'avais pas Pepper constamment sur mon dos avec sa croisade anti-harcelement sexuel, j'en aurais bien croqué un bout.
Il se dévêtit rapidement et se glissa dans la cabine. L'eau chaude le fit soupirer de bonheur.
- Tony, tu étais en phase terminale d'empoisonnement au palladium, tu n'aurais même pas été capable de la lever.
L'ingénieur s'interrompit, la bouteille de savon liquide à la main.
- Ok, nouvelle règle, on ne parle pas de trucs sexuels quand je suis sous la douche, fit-il en sortant la tête de la douche pour fixer la camera la plus proche dans les yeux. Et ensuite, tu serais aimable de me laisser mes illusions, s'il te plaît.
Jay eut un petit rire et Tony se détendit. Il avait beau savoir que ce son était une succession d'ondes sonores crées artificiellement, il ne pouvait pas s'empêcher de le trouver magnifique.
- Prépare-moi un des Marks, je vais essayer d'expédier ça en vitesse.
- Lequel ?
- Un des plus flashys, histoire d'ennuyer un peu Fury. Oh, pourquoi pas le Mark 39 ? On l'avait pas repeint en rose récemment ?
- Tu veux dire le Mark auquel tu as ajouté des seins ?
- Attend, j'ai vraiment fait ça ? Pourquoi tu ne m'en pas empêché ?!
- Parce que j'étais flattée que tu penses à moi et que je le trouve très attrayant.
Tony grogna et se pinça l'arrête du nez.
- Jay, on avait pourtant dit que je n'étais pas autorisé à jouer avec les armures après quatre jours dans le labo sans dormir.
- Tu vas être en retard, fut la seule réponse de l'IA.
- C'est définitif, grogna Tony en attrapant un pantalon propre, plus de cadeaux pour toi.
Il repassa dans l'atelier en enfilant un tee-shirt et s'arrêta net en voyant le fameux Mark 39.
- Tu sais quoi, je vais plutôt y aller en voiture.
Jay ricana et l'armure rose lui envoya un baiser. Tony lui rendit avec humour et sauta dans l'ascenseur.
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- La cible est sortie de l'immeuble dans une Maserati rouge. Elle se dirige vers le nord.
- Reçu. Équipe Alpha, commencez les transmissions parasites. Équipe Bravo, à vos postes. Équipe Charlie, avec moi, ordonna Maria Hill en zippant sa combinaison renforcée. Équipe Delta, maintenez le contact. Rappelez vous, je veux un rapport toutes les huit minutes.
Une chorale de « Reçu ! » résonna dans son oreillette. Elle sortit du van banalisé, suivi par quatre autres agents. De l'autre coté de la rue, une deuxième équipe la rejoignit et ils s'engouffrèrent dans la bouche d'entrée menant au garage souterrain.
La mission était simple : mettre l'intelligence de la Stark Tower hors d'état de nuire en faisant sauter son disque principal. Pour cela, elle disposait d'une équipe de hackers capables de distraire suffisamment le système pour le rendre aveugle à ce qui se passait à l'intérieur du bâtiment. Elle n'avait même pas été étonnée d'apprendre que cette équipe avait été formée peu de temps après que Stark soit devenu un Avenger à part entière. Nick avait depuis longtemps anticipé qu'il faudrait un jour mettre un frein aux ambitions d'Iron Man. Il était plutôt ironique qu'un homme qui se méfiait à ce point de ses propres atouts n'ai pas vu grandir le monstre aux multiples têtes dans sa propre organisation.
Elle redressa les épaules et fit signe à ses équipes de prendre couverture. Le public pouvait dire tout ce qu'il voulait, après l'attentat d'HYDRA, le directeur de SHIELD était d'autant plus résolu à reprendre la situation en main.
- Ici Alpha, le brouillage est en place. La connexion est établie et nous commençons le piratage dans une minute.
- Reçu, répondit Maria en se dissimulant des caméras fixées à l'entrée du garage. Au signal d'Alpha, toutes les équipes au sol commencent l'opération.
Elle rabattit son casque sur sa tête et commença à compter les secondes. Ce n'était plus le moment de débattre des intentions de Fury.
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Tony passa le pont qui menait au Triskelion en dépassant largement toute limitation de vitesse et poussa l'injure à se garer devant l'entrée principale en faisant crisper diaboliquement ses pneus. Il rajusta ses lunettes de soleil hors de prix sur son nez et entra dans le hall avec tout le charisme dont il était capable.
- Tony ?
Le milliardaire se retourna vers une silhouette familière.
- Mais ne serait-ce pas notre gloire américaine dans toute sa splendeur ? fit-il en lançant un regard séducteur par-dessus ses lunettes. Tu n'étais pas sensé courir désespérément derrière une demoiselle cyborg en détresse ?
- Bucky n'est pas une demoiselle en détresse, répondit Steve avec son sourire désarmant. Et je ne cours plus, j'attends qu'il vienne à moi.
- Je sens qu'il y a une histoire parfaitement palpitante derrière tout ça mais, tu m'excuseras, Cap, fit-il en faisant popper le surnom dans sa bouche. J'ai un rendez-vous avec le grand patron.
- Avec Fury ? demanda Steve en fronçant les sourcils. Je viens de le quitter à l'instant et il ne m'a rien dit.
- Tout ne tourne pas autour de ton nombril, Capitaine Spandex, ironisa l'ingénieur en lui tapotant paternellement le bras.
Alors qu'il allait tourner les talons, son regard accrocha plusieurs personnes immobiles dans les étages supérieurs. Un discret tour d'horizon en lançant une autre pique au capitaine lui confirma qu'il était encerclé. Machinalement, il passa une main sur les capteurs sous sa peau qui contrôlaient ses armures.
- Tu sais quoi, j'ai oublié un truc dans le coffre de la voiture, lança l'ingénieur, tous ses sens en alerte. Mais ce fut un plaisir de te parler, passe à la Tour un de ces quatre et on commandera chinois.
Il se retourna brutalement, calculant déjà le temps qu'il lui faudrait pour atteindre les portes avant que son comportement ne paraisse suspect. Le doux cliquètement de la sécurité d'un pistolet associé à un canon pointé entre ses deux yeux l'arrêta moins de trois mètres plus loin.
- Hey Nat, ça faisait longtemps, s'exclama-t-il en essayant de ne pas montrer sa peur.
Il leva les deux mains à la hauteur de ses épaules pour essayer de calmer un peu les esprits mais ses yeux analysaient toutes les sorties possibles. Une main large se posa sur son avant-bras et il sursauta.
- Tony, fit Captain America avec un soupçon de tristesse dans la voix, ne rend pas les choses plus difficiles qu'elles ne le sont.
- Parce que se faire tenir en jeu par une espionne russe surentraînée n'est pas une situation difficile ? Est-ce que je peux au moins savoir de quoi il est question ?
Steve soupira mais ne relâcha pas la pression sur son bras.
- Directeur Fury a ordonné un assaut sur ta tour pour détruire ton ordinateur. Cette chose est devenue hors de contrôle.
- Quoi ?! rugit Tony. De quel droit vous vous permettez ?! C'est Jay qui a empêché HYDRA de détruire la moitié de l'humanité et c'est comme ça que vous la remerciez ?
- « La » ? remarqua Natasha en haussant un sourcil.
Pour toute réponse, Tony contracta simultanément le muscle de son pouce et de son annulaire. Le Mark 43 s'éjecta du coffre de sa voiture et explosa les portes d'entrée. Steve réagit à la vitesse de l'éclair et plaqua l'armure par terre. Natasha fut plus pragmatique. Tony ne se rendit compte qu'elle lui avait tiré dans la cuisse que quand il s'effondra par terre.
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Transmission en cours...
Signal d'urgence
Fonctions vitales de Tony : Blessé
Localisation de Tony : SHIELD
MARK43 status : Erreur
Analyse de la menace...
SHIELD : Niv. 10
Libération des MARKs 44 à 78 mission : sauvetage de Tony
Analyse des menaces :
Arsenal : Niv. 7
Maggia : Niv 8
Hammer Industries : Niv. 4
Ultron : Niv.7
Dr. Von Doom : Niv 5
Analyse des menaces : Erreur. Menaces trop nombreuse
Infiltration des systèmes informatiques.
Neutralisation des menaces Niv ≥ 9...
Infiltration des systèmes informatiques : Erreur. Réussie à 63 %
Mise en place d'un plan d'extermination
Traitement en cours...
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Tony Stark se réveilla dans la pénombre de sa chambre, la bouche sèche et la langue pâteuse. Une douleur intense s'était logée derrière son lobe frontal et il ne mit pas longtemps à reconnaître les symptômes de l'anesthésie.
Un verre fut porté à ses lèvres et il but avec gratitude.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé, encore ? grogna-t-il en massant l'arrête de son nez.
Une main fraîche se posa sur son front et il gémit de soulagement.
- De quoi te souviens-tu ?
Soudainement, Tony sentit sa vision s'éclaircir et il haussa un sourcil en voyant que la personne à son chevet n'était autre que le Mark 39.
- Hospitalisé chez moi avec une ravissante infirmière de ma création ? Qu'ais-je fait à Fury pour mériter ça ? demanda-t-il d'une voix pâteuse.
Il essaya de se redresser dans son lit mais sa jambe gauche était complètement endormie.
- Ne bouge pas, l'avertit Jay en le maintenant allongé. Le chirurgien a extrait la balle mais tu dois solliciter tes muscles le moins possible en attendant que la plaie soit totalement refermée.
- La balle ? Qu'est-ce que... Ah. Attend, comment j'ai pu me retrouver ici alors que... Jay ! Tu vas bien ?
L'armure laissa échapper un petit rire et repoussa les mèches rebelles qui lui tombaient sur le front.
- Tout va bien, l'équipe d'intervention du SHIELD n'est jamais parvenue aux niveaux supérieurs.
- Tu les as tués ?
- C'est un problème ? demanda Jay après un temps d'hésitation.
- Je suppose que non, répondit Tony en se renfonçant dans les coussins. Si c'était de la légitime défense... Et moi ? Comment j'ai pu m'en sortir ? Je me souviens distinctement de...
- Quand tes signaux vitaux ont faiblis, j'ai engagé une procédure d'urgence de rapatriement et d'élimination.
Dans la pénombre de la chambre, les yeux de l'armure étaient presque plus brillants que son réacteur ARC. La lumière bleutée traçait des traits durs sur le masque de l'armure.
- Attend, attend, élimination ?
- SHIELD était devenu une menace pour toi, répondit-elle en croisant les bras. Leur ordre de mission était très clair : mettre l'intelligence artificielle hors d'état de nuire. Ils avaient autorisation d'utiliser la force si tu te mettais en travers de leur chemin.
- Jay, qu'est-ce que tu as fait ?
- La même chose qu'avec AIM.
Tony ferma brièvement les yeux. Son estomac semblait avoir trouvé une place de choix dans sa gorge. Le silence s'installa dans la chambre, ponctué uniquement par la respiration de plus en plus rapide de l'ingénieur.
- Tony, reprit Jay en posant une main sur son bras. Ma priorité restera toujours ta protection, j'ai été conçue pour ça. Quelle que soit la nature de la menace, je l'éliminerais.
- Mais bordel, Jay ! On ne peut pas détruire une agence de sécurité internationale comme ça ! Est-ce que tu as un peu réfléchi aux conséquences ?
- Tu n'a pas besoin du SHIELD ! répondit Jay en augmentant le volume de sa voix. D'ailleurs, personne n'a besoin du SHIELD. Je serais capable de le remplacer avec cinquante hommes et moins de un pourcent de mon disque dur !
Tony eut un mouvement de recul et grogna de douleur lorsqu'il déplaça sa jambe. Il avait peur. Pour la première fois de sa vie, il avait vraiment peur de sa création.
- Tony, continua l'IA d'une voix beaucoup plus douce. Mes calculs ne font aucun doute, je ne pourrais pas te protéger longtemps avec toutes les menaces qui nous entourent. Je dois prendre les devants. Et si cela signifie tuer des milliers d'être humains alors je le ferais.
- Je refuse ! cracha Tony en essayant de sortir du lit malgré la douleur qui le lançait. Je refuse que tu me protèges si cela signifie des milliers de morts ! J'en ai déjà trop sur la conscience. Je refuse de redevenir le Marchand de Mort à cause d'une interprétation de ta programmation !
- Si tu préfères épargner les individus, le plan d'extermination sera rallongé de plusieurs semaines mais mes calculs sont encore valables.
Tony s'arrêta net, le cœur battant à toute allure.
- Pardon ? fit-il dans un coassement.
Un hologramme apparut sur le mur de la chambre, faisant défiler des lignes de calculs et des pourcentages.
- C'est... complètement délirant, finit-il par dire l'ingénieur. Tu es en train de me dire que tu es capable de détecter toutes les menaces me concernant et que tu as déjà éliminé, quoi ? 26 % ?
- Oui, acquiesça Jay, mais pour poursuivre l'élimination sans pertes humaines, il me faudrait une force de frappe supplémentaire capable de remettre les criminels aux autorités compétentes.
- Attend, laisse-moi digérer ça, répondit-il en s'asseyant. Je peux avoir de l'eau ?
L'armure lui tendit un verre puis l'aida à se rallongea en évitant de trop bouger sa jambe blessée. Il parcourut les chiffres en faisant bouger ses mains, profondément perdu dans ses propres réflexions.
Au bout de presque une heure, après qu'il eut examiné en détail tous les algorithmes, il éteignit l'hologramme.
- Jay ?
L'armure se rapprocha. Ses traits durs semblaient s'être adoucis et la lumière qui éclairait son visage avait des reflets dorés.
- Tu as actuellement un œil partout, n'est-ce pas ?
L'armure hocha la tête.
- Ton algorithme de détection de menaces, peux-tu y intégrer d'autres paramètres de recherche ?
- Bien sûr.
- Alors j'ai une proposition à te faire.
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La sixième fois que JARVIS outrepassa ses assignations, elle prit possession du monde.
