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Notes: Désolée pour la double alerte, non, il n'y a pas eu deux chapitres de publiés à la suite, je me suis juste rendu compte avoir publié le mauvais.

Chapitre assez court, assez peu explicatif je m'en rends compte, mais je vous promets que tout commencera à avoir un sens d'ici deux chapitres...

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Chapitre 6

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Pour changer, cette fois, l'annonce d'une nouvelle enquête était tombée en plein milieu de l'après-midi.

John était parti muser au British Museum, parce qu'il n'y avait pas été depuis longtemps et parce qu'il avait eu envie de changer de l'ordinaire. Il était en train de flâner devant une interminable chasse aux lions quand il entendit sonner son alerte SMS. John s'éloigna aussitôt dans un coin, puis sortit son portable.

« Peckham. Meurtre. Probablement un cambriolage qui a mal tourné. »

John leva les yeux et regarda autour de lui. Une mère qui poussait une poussette devant elle alors qu'un petit garçon s'extasiait en disant que c'était comme dans le livre de grand-mère, une bande d'amis, des couples. Impossible de passer un coup de fil et de discuter d'une scène de crime dans ses conditions. Il renvoya donc un texto :

« Rendez-vous là-bas ? »

La réponse vint aussitôt :

« Baker Street. Nous irons ensemble. »

John empocha alors son téléphone et prit la direction de la sortie, songeant qu'il s'extasierait devant la pierre de Rosette une autre fois. Il sortit du musée, prit à grandes enjambées la direction de Tottenham Court Road, et héla un taxi.

Heureusement, il n'était pas très loin de Baker Street. Le taxi l'y amena rapidement, et quand il parvint à destination, John aperçut Sherlock qui l'attendait sur le trottoir. Celui-ci ouvrit la porte du véhicule et prit place, donnant l'adresse de Peckham au chauffeur.

_ L'information date de quand ? Demanda John alors que le taxi roulait sur Piccadilly Circus.

_ Je venais d'intercepter l'appel radio quand je t'ai contacté.

John hocha la tête pour faire signe qu'il avait compris.

C'était nouveau, la radio, et Sherlock s'était longuement demandé pourquoi il n'avait pas eu l'idée avant. Il l'avait récupérée chez le dealer de pièces détachées de l'affaire de Greenwich, un petit cadeau en échange de leur silence sur son trafic. Sherlock l'avait réglée sur la fréquence de la police, et pouvait ainsi prendre connaissance des nouvelles affaires en direct.

Sherlock vibrait d'excitation sur la banquette du taxi, et John pensait comprendre pourquoi. À sa connaissance, Sherlock n'avait jamais eu affaire à cette partie de Londres. John, de son côté, ne connaissait du quartier que ce qu'il en avait vu dans Doctor Who, ce qui était loin d'être une référence absolue.

Peckham était un quartier que John avait toujours considéré, du moins pour ce qu'il en savait, comme étrange. Ambivalent serait le terme plus exact. À la fois mal fichu et moderne, composé de quartiers délabrés et de maisons toutes neuves, peuplé de gangs de rues et d'artistes.

Le cambriolage avait eu lieu dans North Peckham Estate, une zone réhabilitée avec ses rangées de petites maisons uniformes. Le taxi longea une cours de récréation, puis tourna bientôt sur la droite. Une lueur de gyrophare brilla alors au loin et Sherlock demanda au chauffeur de s'arrêter. Il lui tendit un billet, l'invitant à garder la monnaie, puis descendit du véhicule, boutonnant son manteau pour se rendre moins reconnaissable.

S'avançant vers le rassemblement de voitures de polices, John leva les yeux sur les maisons environnantes. Beaucoup de voisins étaient à leurs fenêtres, il en vit même quelques-uns prendre des photos ou filmer avec leur portable. Ses épaules se raidirent en songeant qu'il se serait passé de ce genre de public. Il se voyait mal être reconnu sur une photo amateur, cela ne ferait que leur amener des ennuis et perdre du temps inutile. Et le risque était d'autant plus grand qu'ils étaient en plein milieu de la journée.

Sherlock sembla également de cet avis, car il se faufila dans une allée et enjamba un muret. De ce côté-ci du bâtiment, les curieux étaient tout de suite beaucoup moins nombreux. Il s'approcha tranquillement des lieux, les mains dans les poches, avec l'attitude nonchalante d'un résident du voisinage. Il commençait à y avoir un petit rassemblement devant le cordon de police, personne ne fit attention à eux.

Sherlock détailla immédiatement les policiers présents, cherchant une ouverture. John commença à se dire que pour plus de facilité, se procurer des uniformes devenait une option farouchement envisageable, ce qui ne serait certainement pas pour déplaire à Sherlock, lui qui aimait tant les déguisements.

Le nombre d'agents à l'extérieur diminua alors, plusieurs d'entre eux ayant été appelés dans l'immeuble. Sherlock y voyant là une occasion unique, il fendit le rang de curieux devant lui et se faufila sous le ruban de sécurité. John le suivit aussitôt, retenant une exclamation agacée qui les aurait trahis, et sortit aussitôt son carnet pour rentrer dans son rôle.

Sherlock ne perdit pas son temps à discuter avec l'agent qui tenta de les intercepter. Il lui montra rapidement sa « carte de police » et demanda avec empressement si le corps de la victime était toujours à l'intérieur. Soufflé par son assurance, l'agent ne chercha pas à mettre sa sincérité en doute et, spontanément, révéla que le corps n'avait pas encore été emmené. À ces mots, Sherlock se détourna de lui et entra sans façon dans l'immeuble. John le suivit après avoir remercié le policier d'un signe de tête.

_ Tu sais, Sherlock, invita-t-il alors qu'ils avançaient dans le couloir, dire merci, de temps en temps, ce serait bien.

Sherlock ne répondit pas, concentré sur l'emplacement des issues de secours. Il releva le nombre d'agents présents sur les lieux, les déplacements. Ils étaient en tout une dizaine, dont l'équipe scientifique. Cette scène de crime allait être du gâteau. Il commença déjà à lister les premiers éléments dont il disposait : porte fracturée, un coup de couteau de cuisine dans la poitrine. Un voisin avait affirmé avoir croisé la victime alors qu'elle revenait de ses courses. De toute évidence, elle avait dû surprendre son cambrioleur, qui avait paniqué. L'enfance de l'art.

Retrouver l'agresseur, en revanche, allait être moins aisé, et c'était l'énigme sur laquelle Sherlock comptait concentrer son énergie.

_ Sherlock…

La voix de John interrompit aussitôt ses pensées optimistes et il s'arrêta. Il connaissait ce ton, c'était celui qu'il employait pour l'avertir d'un danger.

Sherlock leva alors les yeux sur la porte de l'appartement vers laquelle ils se dirigeaient. Deux agents y entrèrent. Et sur le palier, les mains sur les hanches en écoutant les observations préliminaires de Sally Donovan, se tenait le lieutenant Lestrade.

Sherlock se sentit brusquement pâlir et chercha immédiatement une zone de repli. Avisant une sortie de secours, il marcha vers elle, poussa la petite porte et se réfugia dans la cage d'escalier déserte, John sur ses talons.

La porte se referma derrière eux, et ils restèrent immobiles, silencieux, écoutant attentivement le brouhaha du couloir. Un bruit de pas passa devant la porte et s'éloigna, mais personne ne vint à leur suite. Apparemment, aucun agent ne les avait remarqués, ce qui était une chance.

_ Je n'avais pas prévu que ce serait Lestrade sur l'affaire, siffla Sherlock entre ses dents. Ça va rendre les choses plus compliquées.

Il retourna à la porte et l'entrebâilla doucement, puis la referma aussitôt pour laisser passer un nouveau bruit de pas. Ceux-ci s'éloignèrent, et Sherlock rouvrit à nouveau.

_ Lestrade est parti, annonça-t-il. Donovan est toujours devant la porte, donc je pense qu'il doit être entré dans l'appartement.

John referma finalement son petit carnet de notes et enfouit ses mains dans les poches de son blouson. Il pensa incongrûment au British Museum, qu'il avait quitté en coup de vent pour une affaire qui paraissait d'ores et déjà bien compromise. Si c'était effectivement Lestrade sur le coup, il risquait d'y avoir beaucoup plus de monde pour les reconnaître s'ils s'aventuraient sur la scène de crime.

_ C'est formidable, ironisa-t-il alors, mais si c'est son équipe qui est sur le coup, comment on va faire ? Avec Dimmock, c'était encore faisable en son absence, mais là…

Mais il s'interrompit en entendant la voix de Sherlock jurer entre ses dents.

_ Non ! Non ! Non !

_ Sherlock ?

Celui-ci referma aussitôt la porte, les mâchoires serrées, l'air passablement contrarié. John fronça les sourcils, alarmé.

_ Sherlock, qu'est-ce qui se passe ?

_ Ils sont en train d'emmener le corps ! Les imbéciles !

Les épaules de John retombèrent. De l'autre côté de la porte, un nouveau bruit de pas s'éleva pour disparaître, suivi par la voix de Lestrade dans le couloir :

_ Dites au légiste que je veux son rapport le plus vite possible !

L'abattement tomba sur les épaules de John et Sherlock. Sans opportunité de jeter un œil au corps, avec Lestrade qui supervisait la scène de crime, l'enquête allait être un peu plus compliquée. Mais ils ne pouvaient rien faire contre la procédure.

Par pure contenance, Sherlock entrebâilla à nouveau la porte, mais John savait déjà qu'il n'y avait plus rien à espérer dans l'immédiat. Peut-être devaient-ils attendre que les agents repartissent, profiter de la nuit pour s'introduire dans l'appartement.

_ Qu'est-ce qu'on fait, maintenant ? Demanda alors John alors que Sherlock venait de refermer la porte.

Mais il n'eut pas le temps d'avoir une réponse. Des voix s'approchèrent, et la porte se rouvrit soudain. John et Sherlock se retrouvèrent nez-à-nez avec deux agents venus contrôler les accès.

_ Qu'est-ce que vous fabriquez là ? Voulut savoir l'un d'eux. Les civils sont interdits sur la scène de crime !

John ne laissa pas à Sherlock le temps de leur répondre qu'ils n'étaient pas techniquement sur la scène de crime. Le corps de la victime parti, Lestrade en charge de l'enquête, il était conscient que c'était fichu pour cette affaire, que se prétendre enquêteurs ne servirait à rien. Il saisit donc Sherlock par le bras et l'entraîna avec lui, fuyant dans l'escalier.

_ Eh, arrêtez ! Halte !

Sherlock avait toujours trouvé cette injonction ridicule. Comme s'ils s'attendaient à ce qu'ils obtempérassent. Lui et John dévalèrent l'escalier, entendant les deux agents courir à leur suite. L'un d'eux parlait dans son talkie-walkie :

_ Signalons deux suspects dans l'escalier de secours, ils sont au niveau du…

Sherlock ne perdit pas son temps à écouter la suite. S'ils ne changeaient pas de stratégie maintenant, ils allaient se faire cueillir comme des fleurs. Parvenu au premier étage, ils quittèrent donc l'escalier de secours et s'engouffrèrent dans le couloir. Des résidents étaient sortis de chez eux, observant les policiers aller et venir. Quelques-uns les regardèrent cavaler dans l'escalier qui menait à la sortie de derrière.

Fort heureusement, le plus gros des agents était concentré sur la sortie principale. Il y avait toujours celui qui les avait interceptés à leur arrivée, et deux autres, mais ils n'eurent pas le réflexe nécessaire pour réagir à temps. John et Sherlock franchirent le ruban de sécurité, bousculèrent quelques curieux, et prirent la fuite.

Ils riaient aux éclats.

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