Le coin de la traductrice :

Bonjour, bonjour ! En piste pour le troisième chapitre de cette histoire. J'espère qu'il va vous plaire. En tout cas, merci à tous pour vos reviews, ça me touche beaucoup et je fais du mieux que je peux pour les mériter, même si tout le mérite de cette histoire ne me revient pas.

Bonne lecture !

Bises ;)

Peaseblossom

Disclaimer : les personnages sont de Jk Rowling, comme toujours, et l'histoire est de damnedscribblingwoman.


Chapitre 3

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Granger

Hermione ralentit avant d'atteindre la chaumière et prit le temps de se calmer avant d'entrer. Mrs Watson, complaisante en matière de négligence, n'était pas la plus attentive des gardiennes, mais Hermione était toujours soucieuse d'éviter les questions. Elle balaya la neige de ses cheveux et de son manteau, et chercha ses gants dans ses poches. C'est à ce moment qu'elle se rendit compte qu'elle avait oublié Matilda.

Elle regarda les arbres derrière elle. Elle voulait retourner chercher sa poupée : le crépuscule arrivait vite, et Matilda allait forcément avoir peur, toute seule dans les bois. Mais Hermione répugnait à affronter l'homme de nouveau. Elle n'aurait pas dû aller dans la forêt du tout. Elle n'aurait certainement pas dû utiliser ses pouvoirs. Elle avait promis à papa qu'elle ne le ferait pas. Et maintenant, elle avait blessé un étranger, peut-être gravement, et tout le monde saurait, et tout le monde la détesterait.

Ravalant un sanglot, Hermione redressa les épaules et se dirigea vers la porte de la chaumière. Elle avait sept ans, maintenant, trop grande pour jouer à la poupée. Elle devait arrêter d'agir comme un enfant. Il fallait qu'elle soit sage, ou au moins l'être davantage. Elle le devait absolument.

Mrs Watson s'agitait au-dessus de la cuisinière quand Hermione entra. Elle n'accorda aucun regard à la petite fille, et se contenta de dire :

« Va te laver les mains, ma fille. Le dîner est presque prêt. »

Hermione murmura un « Oui, m'dame. » et fit ce qu'on lui avait dit de faire. Avant de rejoindre Mrs Watson dans la cuisine, elle s'arrêta près de la bibliothèque, dans un coin du palier. Elle regarda longuement Charlie et la Chocolaterie, mais ayant fait vœu de rejeter toutes les choses enfantines, elle prit plutôt un exemplaire de Travailler les fractions.

Sachant que quand Mrs Watson disait « presque prêt », elle disposait encore d'au moins une autre demi-heure avant qu'elles ne puissent manger, Hermione s'assit à la table de la cuisine avec son livre. Elle s'acharnait sur un problème particulièrement difficile quand la porte de la cuisine s'ouvrit en grand et l'étranger entra. Le temps d'un instant de confusion, Hermione n'eut pas d'autre réaction que de fixer avec horreur cet homme, qui était certainement venu se plaindre, l'accuser, faire connaître son péché.

Apparemment inconsciente de l'embarras de la petite fille ou de la présence de l'homme, Mrs Watson alla vers la porte et la ferma, avec l'air de désinvolture étudiée qu'elle réservait d'ordinaire aux événements inexplicables qui avaient tendance à se produire dans l'entourage d'Hermione.

L'étranger lui adressa un sourire vorace et lui fit un clin d'œil :

« Elle ne peut pas me voir, » dit-il avec désinvolture, en jetant un regard circulaire dans la cuisine exiguë.

Comme pour illustrer son propos, l'homme se pencha en arrière sur le plan de travail juste à côté de la femme affairée, qui vaquait à ses occupations comme si rien de remarquable ne se passait dans sa cuisine.

Hermione était trop bouleversée pour le remarquer avant, mais elle pouvait maintenant voir que l'homme portait une tenue étrange, le genre qu'elle n'avait jamais vu ailleurs que dans les livres d'images. Sous une large cape, il semblait porter une sorte de robe sombre. Un chapeau pointu n'aurait pas dépareillé avec une telle tenue. Avec un grand geste du bras, l'homme sortit Matilda de l'une de ses poches.

« Je crois que tu as oublié ça. »

Il posa la poupée sur le plan de travail, juste à côté de Mrs Watson. La vieille femme jeta un coup d'œil distrait à la poupée avant de vraiment la remarquer.

« D'où est-ce que ça vient ? »

Elle prit Matilda et la posa sur la table.

« Hermione, ne laisse pas tes jouets traîner. »

Hermione fixa la poupée comme si elle la voyait pour la première fois. Quelle étrange journée. Il y avait un homme invisible dans sa cuisine. Un homme invisible qu'elle avait presque tué avec un arbre. Et il lui avait ramené sa poupée. Elle avait des questions, beaucoup de questions. Mais même si Mrs Watson ne pouvait pas le voir, et pouvait la voir à coup sûr, et la femme pensait déjà assez qu'Hermione était une sorte de canard boiteux sans qu'elle commence à se parler à elle-même.

S'emparant de la poupée, Hermione se leva et lui fit signe de la suivre, mais Mrs Watson ne l'entendait pas de cette oreille. Même si l'intérêt de la femme pour le bien-être d'Hermione ne s'étendait pas vraiment au-delà de l'assurance que l'enfant était convenablement nourrie, elle prenait cet unique devoir extrêmement à cœur.

« Hermione Jean Granger, rassieds-toi sur cette chaise, jeune fille. Et pousse ce livre : je vais servir le dîner. »

Hermione engloutit son repas aussi vite qu'elle le put avant de finalement parvenir à s'échapper dans sa chambre, suivie de l'arrogant inconnu. Elle ferma la porte derrière eux, tout à fait sûre de savoir que Mrs Watson ne penserait pas à vérifier que tout allait bien pour elle.


Il n'y avait pas d'autre jouet dans la chambre que la poupée à présent assise sur le lit, les regardant avec ses yeux en boutons et un sourire figé. Les yeux de Granger tombèrent brièvement sur une photographie posée sur sa table de chevet, une photo qui représentait un couple souriant avec un bébé. C'était la seule photo dans la pièce. Se tournant vers lui, elle lui tendit sa petite main.

« Hermione Granger, dit-elle d'une voix claire. C'est un plaisir de te rencontrer.

- Tu ne me connais vraiment pas, n'est-ce pas ? »

Elle avait récupéré la meilleure part dans toute cette affaire. Une vie qu'elle n'avait pas connue ne pouvait pas lui manquer.

« Je pense que tu dois être mon ami imaginaire, dit-elle avec un regard pensif.

- Je suis le Diable, ricana-t-il.

- Tu ne devrais pas jurer, tu sais ? Et puis, c'est sûr et certain. Personne ne peut te voir à part moi. Par conséquent, tu dois être mon ami imaginaire. »

Merlin l'en préserve. C'était suffisamment désagréable de penser qu'il était le fruit de sa propre imagination. L'idée qu'il puisse être le produit de son imagination à elle était juste trop perturbante pour qu'il puisse l'exprimer avec des mots.

« Je ne suis pas ton ami imaginaire, Granger, se moqua-t-il. Je suis Malefoy. Drago Malefoy.

- Ravie de te rencontrer, Drago. Tu devrais m'appeler Hermione.

- Je vais t'appeler Granger.

- Tu raisonnes beaucoup pour un ami imaginaire.

- Je ne suis pas ton foutu ami imaginaire.

- Tu ne devrais pas dire de gros mots.

- Je dirai tous les putains de mots que j'aurai envie de dire. »

Plus ennuyé qu'il ne voulait bien l'admettre d'être désapprouvé par une gamine de sept ans, Drago essaya difficilement d'éteindre le désir urgent d'étrangler la petite peste. En partie parce que c'était son sortilège, et que s'il y avait un moyen de sortir de là, elle l'y mènerait. En partie parce que c'était la première fois en sept ans qu'il existait aux yeux de quelqu'un d'autre que lui-même, et il n'était pas fou au point de ruiner ça volontairement.

Soudain gênée, Hermione détourna les yeux avant de lui dire d'une petite voix :

« Je suis vraiment désolée de t'avoir presque tué. »

Quand ?

« Tu es haute comme trois pommes : tu ne pourrais pas me tuer si tu essayais.

- Je blesse les gens, dit-elle en haussant les épaules. Je t'ai blessé. Même si je suis petite. »

Maudits Gryffondors et leurs fantasmes de grandeur. D'un geste de la main, Drago conjura une volée d'oiseaux qui volèrent en cercles au-dessus de la petite fille, surprise. De gros nuages blancs se rassemblèrent au plafond et il commença à neiger à l'intérieur de la chambre, une neige douce et humide qui recouvra rapidement le sol et les meubles. Dans un élan d'inspiration, le sorcier métamorphosa la hideuse poupée en lapin, qui commença immédiatement à sautiller à travers la pièce. Avec un halètement horrifié, Hermione tendit la main vers le lapin, renversant une lampe dans sa hâte.

« Transforme-la, réclama-t-elle en tenant le petit lapin avec difficulté.

- Dis « s'il te plaît. »

- Maintenant ! »

Quelques livres s'envolèrent de la bibliothèque et heurtèrent le mur opposé. Les nuages virèrent au noir et le tonnerre résonna à l'intérieur de la petite pièce.

« Tu as toujours eu du caractère, Granger. »

Claquant des doigts, Drago restaura l'ordre dans la chambre. Dans un battement de cils, toute la neige s'en alla, tout comme les canaris et le lapin.

« Comme tu le vois, tu n'es pas la seule à avoir des tours dans ta manche. Tu n'aurais pas pu me blesser si tu avais essayé. »

Mais la petite fille n'avait plus l'air contrite, elle semblait furieuse.

« Ne refais plus jamais quelque chose comme ça dans la maison. Plus jamais.

- Ou quoi ? la défia-t-il.

- Ou tu vas le regretter, » promit-elle avec l'irritabilité arrogante des très jeunes enfants.

Il n'y avait rien de conciliant dans le sourire qu'il lui adressa, mais Hermione choisit d'ignorer sa moquerie silencieuse.

« Tu ne peux pas rester, dit-elle fermement mais pas durement. Je ne peux pas avoir d'ami imaginaire, tu vois. C'est impossible. »

Drago leva les yeux au plafond.

« Pour la dixième fois, je ne suis pas ton ami imaginaire, Granger.

- Peu importe, tu dois partir, dit-elle. S'il te plaît.

- Non, je ne crois pas. »

Il tira la chaise proche du bureau et s'assit, croisant les bras derrière sa tête.

Agrippant le bord de sa cape, elle tira de toutes ses forces.

« Tu ne peux pas rester !

- Pauvre petite Granger, ricana-t-il. Comment comptes-tu me faire partir exactement ? Je suis plus grand que toi, plus fort et plus puissant que toi, et personne d'autre ne peut me voir. »

Lâchant la cape, Hermione lança un regard noir à Drago.

« Je vais t'ignorer, dit-elle fielleusement. Je ferai comme si tu n'étais pas là. On va voir si tu aimes ça ! »

Et là-dessus, elle sortit bruyamment de la chambre et claqua la porte derrière elle. Drago éclata de rire. Il avait été invisible pendant sept ans. Sept ans sans personne ne serait-ce que pour lui jeter un regard. Sept ans pendant lesquels il avait presque oublié à quoi ressemblait sa voix, parce qu'il avait si peu eu l'occasion de l'utiliser. Elle pouvait essayer tout ce qu'elle voulait, mais les efforts obstinés d'un enfant n'aurait jamais pu espérer se mesurer à la réalité.


Ce qui suivit fut une semaine de lutte acharnée entre les efforts industrieux d'Hermione pour prétendre qu'il n'existait pas, et les essais amusés de Drago pour la contrarier. Ce n'était pas une tâche difficile. En dépit de tous ses efforts, Hermione ne pouvait s'empêcher de le regarder quand il entrait dans la pièce, et cela demandait remarquablement peu d'efforts pour faire se dessiner un sourire sur le visage de la petite fille, à l'aide d'une occasionnelle remarque sarcastique au sujet de Mrs Watson, qui ne se doutait de rien.

Il découvrit bientôt, cependant, qu'il n'y avait pas de moyen plus assuré d'obtenir une réponse de la petite sorcière que d'utiliser la magie. Il n'avait qu'à faire léviter un verre ou à transformer un centre de table en porc-épic pour que l'indifférence étudiée d'Hermione se transforme en un mélange de fureur froide et de panique. Dans sa hâte de défaire ce qu'il avait fait, quoi que ce soit, elle empirait invariablement les choses et Mrs Watson passa la semaine entière à nettoyer la porcelaine brisée, à remplacer les ampoules et à éteindre les feux occasionnels. La vieille femme s'était depuis longtemps conditionnée soit à ignorer, soit à rationnaliser les événements étranges qui se produisaient souvent autour de sa protégée, mais même son autodiscipline déterminée commençait à ne plus faire effet.

Il n'y avait pas de plan de génie derrière la manière amusée dont Drago la harcelait, et il ne le fit pour aucune autre raison que parce que cela le divertissait. Après sept ans sans contact humain, il était facilement amusé. Il aurait sans doute agit différemment avec une Hermione plus âgée, mais il avait appris depuis longtemps à prendre la réalité telle qu'elle était, plutôt que comme il aurait souhaité qu'elle soit.

Un soir, Hermione l'accueillit dans la chambre avec un plateau de lait et de cookies.

« Qu'est-ce que c'est que ça ? demanda-t-il plus qu'un peu suspicieux.

- Offrande de paix, » dit-elle.

Il prit l'un des cookies et l'observa avec attention, le faisant tourner entre ses doigts.

« Est-ce qu'il est empoisonné ? »

Hermione leva les yeux au plafond. Elle prit un cookie et mordit dedans. Laissant le plateau sur le bureau, à côté de Drago, elle bondit sur le lit.

« Je veux une trêve, dit-elle.

- Non ?

- Ne sois pas méchant, bouda-t-elle. Tu ne peux pas dire non.

- Je viens juste de le faire. »

Drago prit un autre cookie, et le trempa dans le verre de lait avant d'en prendre une bouchée.

« S'il te plaît. »

Il prit une gorgée de lait.

« Non.

- Je t'ai apporté des cookies.

- Merci pour les cookies. Non. »

Le verre explosa dans la main de Drago, le couvrant de lait et de verre.

« Très bien, sois comme ça, cracha-t-elle en roulant sur le lit pour lui tourner le dos.

- Le caractère des Gryffondors… » murmura-t-il, en nettoyant le désordre d'un geste de la main

Le matin suivant, Hermione avait recommencé à l'ignorer. La petite sorcière agitée passa presque une heure à essayer de tresser ses cheveux, une chose qu'elle parvint à faire avec un succès modéré, et puis passa le reste de la matinée à courir de fenêtre en fenêtre si bien que même Mrs Watson d'ordinaire placide en perdit son sang-froid et ordonna à la petite fille de s'asseoir sur le champ.

Ce n'est qu'après le déjeuner que Drago comprit la raison de toute cette affaire, quand une voiture bleue se dirigea vers la maison.

« Ils sont là, ils sont là ! dit Hermione avec excitation en sautant ici ou là.

- Calme-toi, ma fille, » dit Mrs Watson en atteignant la porte.

Bousculant la vieille dame, Hermione courut dans les bras tendus d'un homme qui venait juste de sortir de la voiture.

« Tu es si grande, ma chérie, dit-il avec un sourire. Es-tu sûre d'être vraiment ma fille ? Je ne pense pas que tu puisses l'être : tu es bien trop grande. »

Le sourire d'Hermione se fana quand elle vit, derrière son père, la voiture vide.

« Où est maman ?

- Elle n'a pas pu venir, ma puce. »

Prenant la main de la petite fille, Mr Granger commença à marcher en direction de la maison.

« Ta sœur a pris froid, donc maman devait rester avec elle. »

Au contraire de Mrs Watson, le père d'Hermione avait un regard vif pour noter tous les événements inexplicables dont l'explication la plus probable tendait à être sa fille, et il ne manqua pas le début d'une soudaine et lourde chute de neige qui recouvrit rapidement la moitié du jardin d'un épais manteau blanc.

« Allons, allons, Hermione, dit-il avec un froncement de sourcils. Tu es presque une grande fille. Ça ne va pas, ma chérie, ça ne va pas du tout. »

Drago avait toujours pensé qu'il était assez doué pour agacer Granger, celle-ci ou une autre, mais comparé à Mr Granger, il était quasiment une influence apaisante. Le cliquetis des verres dans les placards accueillirent la compagnie alors qu'ils entraient dans la maison. Apparemment déterminée à ignorer le boucan, Mrs Watson demanda d'une voix assez forte à Mr Granger s'il voulait du thé. La réponse de l'homme fut noyée par le soudain cliquètement des couverts.

« Peut-être que tu devrais t'accorder quelques cookies, Granger, » ricana Drago en se déplaçant dans un coin de la cuisine. Il était peut-être un invisible, mais incorporel, non, et quatre, c'était une véritable foule pour la chaumière exiguë. Il n'y avait pas de combativité dans le regard que lui lança la sorcière, juste une détresse bien trop grande pour quelqu'un d'aussi petit. Il avait déjà vu ce regard une fois sur le visage de Granger, au manoir Malefoy, dans une salle beaucoup plus grande, entourés par une foule tout à fait différente.

Sur le conseil de Mrs Watson, Hermione conduisit son père dans sa chambre, laissant la vieille femme préparer le thé en paix et au calme. Drago les suivit à l'étage. Il n'y avait aucun livre en vue qui ne remplisse pas une quelconque visée académique. Hermione avait rangé tout ce qui pouvait être considéré comme un passe-temps frivole, y compris Matilda, qui n'était nulle part en vue.

La sorcière sembla se détendre quelque peu dans sa chambre, et aucun événement bizarre ne les suivit à l'étage. Et si Mr Granger remarqua comment le portrait sur la table de chevet d'Hermione flottait légèrement au-dessus du bois sombre, il ne pensa pas à le mentionner. Pendant deux heures, l'homme interrogea sa fille sur son programme de leçons, saisissant la moindre occasion de faire l'éloge de ses progrès ou d'insister sur l'importance de consacrer toute son énergie supplémentaire à son travail scolaire, plutôt qu'à la dépenser dans les « autres choses ».

Drago songea brièvement à frapper Mr Granger avec toute la force des « autres choses » sur la tête, mais dans un rare accès de conscience, il resta calme.

En dépit de l'attitude intolérable de l'homme et de son étroitesse d'esprit toute moldue, Hermione était inconsolable quand vint l'heure pour lui de partir, et elle ne cessa de se présenter avec des choses à faire pour retarder son départ. Une leçon supplémentaire. Un problème de maths supplémentaire. Un passage supplémentaire de latin ou de grec, ou quelque chose de tout aussi ridicule qu'aucun enfant de sept ans n'aurait dû étudier, pour commencer.

A la fin, aucun stratagème ne put retarder l'inévitable, et Mr Granger se leva pour partir. Il étreignit la petite fille, embrassa son front et lui enjoignit d'être sage et d'obéir à Mrs Watson. Il était presque arrivé à la porte de la chambre quand Hermione parla.

« Papa ?

- Oui, ma puce ? fit-il en se tournant vers elle.

- Quand est-ce que je pourrais rentrer à la maison ? » demanda-t-elle d'une petite voix.

Avec un regard triste, Mr Granger posa sa mallette et s'assit sur le lit, en asseyant Hermione sur ses genoux.

« Tu sais que ce n'est pas possible, mon bébé, dit-il en penchant la tête vers elle. Pas maintenant. Pas encore. Ces pouvoirs que tu possèdes, ils sont trop dangereux. Tu ne voudrais pas blesser ta sœur, n'est-ce pas ? »

Les lèvres tremblantes, Hermione secoua la tête, incapable de parler.

« Peut-être que quand tu seras un peu plus âgée, ce sera plus facile, poursuivit-il. Mais il faut que tu arrêtes de faire ces choses, ma chérie. »

Il se saisit de la photo volante et la reposa à plat sur la table de chevet.

« Maman et moi, nous savons que ce n'est pas facile et que ce n'est pas de ta faute, mais il faut que tu fasses un effort pour apprendre à te contrôler, mon amour. »

Hermione acquiesça, essuyant ses larmes d'un revers de main. Elle tendit la main sous son oreiller et en tira un vieux livre usé.

« C'est pour Anna, » dit-elle en tendant le livre à son père.

Mr Granger sourit et tourna le livre.

« Maman avait l'habitude de te le lire quand tu étais petite.

- J'ai pensé que peut-être, elle pourrait le lire à Anna. Et peut-être un jour, je pourrais le lire à Anna aussi.

- Je pense qu'elle aimerait beaucoup ça, ma chérie. »

Le calme d'Hermione dura jusqu'à ce que la voiture bleue ait disparu hors de vue, mais pas une seconde de plus. Mrs Watson tendit la main vers l'enfant en pleurs, mais une soudaine décharge d'énergie lui fit faire un bond en arrière, surprise. Avant que la vieille femme ne puisse réagir, Hermione sortit en courant de la pièce.

Drago la suivit d'un pas plus posé, souhaitant être encore à un âge où faire exploser un jardin dans une saute d'humeur était un moyen adéquat d'évacuer la frustration. Aucun Malefoy n'avait jamais nourri de sympathies pour la détresse des Nés-Moldus, mais il ne put s'empêcher de se sentir déraisonnablement furieux envers l'idiot incurable qui pensait que la magie était quelque chose qu'on pouvait dépasser en grandissant.

Hermione avait fermé sa porte à clef, mais comme toute personne qui n'avait jamais tout à fait dépassé ses propres tendances magiques, il n'eut aucun problème à entrer. La sorcière était couchée sur son lit, dos à la porte. Elle ne se retourna pas quand il entra, et Drago douta même qu'elle l'ait entendu entrer par-dessus ses pleurs. Ouvrant le coffre au pied du lit, il y pêcha Matilda et la plaça à côté de la sorcière inconsolable. Hermione tendit la main pour saisir la poupée et y enfouit son visage.

Il y avait plus que de la sympathie dans son geste. Depuis quelques temps déjà, il avait pensé à ce que serait son prochain coup. Une Hermione de sept ans était plus qu'une source d'amusement. Elle était une clef. Il avait essayé longtemps et avec effort de rompre la malédiction, en vain, mais quelques sortilège étaient véritablement indestructibles. Celui-là était le produit de la main-même de Granger, et il était raisonnable de penser qu'elle pouvait réussir là où il avait échoué. Il n'avait tout simplement pas su comment faire pour l'amener à coopérer. Jusqu'à maintenant.