Le coin de la traductrice :

Bonjour à tous ! J'espère sincèrement que vous avez passé un joyeux Noël. J'en profite pour vous souhaiter d'avance une excellente et heureuse année 2015, pleine de belles choses.

Voici donc le cinquième chapitre de cette traduction. Il est un peu moins sombre que celui de la semaine dernière. J'espère qu'il va vous plaire. La fic comptera sept chapitres au total, pour information. On avance donc joyeusement vers la fin.

Bonne lecture ! (Et n'abusez pas trop du champagne, hein ? ^^)

Bises ;)

Peaseblossom

Disclaimer : je ne fais que traduire : l'histoire est de damnedscribblingwoman, et tout le reste appartient à JK Rowling.


Chapitre 5

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Le manoir Malefoy

Drago fulminait. Il lui avait dit de ne pas bouger, il lui avait très clairement dit de ne pas bouger, et maintenant ce petit démon était introuvable. Il avait cherché dans les champs, il avait même marché du côté de la route toute proche pour vérifier qu'elle n'avait pas été écrasée, tout ça pour conclure que dans un pur esprit Gryffondor, elle avait fait la seule chose qu'il lui avait dit de ne pas faire et était allée au village.

Il n'aimait pas les enfants. Il n'avait jamais aimé les enfants. Ils étaient exigeants, en manque d'affection, agaçants et pas vraiment intéressants. Les seules choses qu'il détestait plus que les enfants, c'étaient les Gryffondors et les Nés-Modlus, ce devait donc être une sorte de blague cosmique qu'il ait fini en baby-sitter pour Hermione Granger, avec tous les gens qu'il y avait dans le monde.

Avec un soupir énervé, il revint sur ses pas. Le village n'était pas très grand, et ce ne fut pas excessivement long avant qu'il tombe sur le cirque qui se déroulait dans le parc principal. Des enfants pleuraient, des adultes parlaient à voix basse et des gens entraient ou sortaient en courant des boutiques, portant des couvertures, des seaux d'eau et ce qui ressemblait à une très vieille trousse de premiers secours. Ils affluaient vers un petit garçon tombé sur le sol. Un homme en tablier vert sortit en courant d'un magasin et cria qu'une ambulance était en route.

Drago n'avait pas besoin d'entendre les bribes de conversation qui parlaient d'événements « inexplicables », de choses plutôt « impossibles », « presque comme de la magie », pour savoir qui avait causé tout ce grabuge. Il s'accroupit, ramassa Matilda et dissimula la poupée dans l'une de ses poches.

Il ne voyait Hermione nulle part. Il devait trouver la petite fille, mais d'abord, il devait nettoyer ce bazar. D'ordinaire, quand se produisaient de tels incidents, le Ministère les arrangeait rapidement. En fait, un enfant de l'âge d'Hermione faisant soudainement usage de magie aurait dû déclencher toutes sortes d'alarmes au Ministère, mais personne ne s'était jamais montré sur le perron des Granger, pour leur enseigner comment s'occuper de leur sorcière de fille, ni pour leur donner une amende pour avoir échoué à le faire correctement.

Il se fraya un chemin à coups de coude, en bousculant la foule rassemblée autour du garçon. Qu'était-ce qu'un événement inexplicable de plus, de toute façon ? Le visage de l'enfant avait perdu toute couleur, contraste saisissant avec la neige sanglante autour de lui. Ses yeux étaient grand ouverts mais secs, et ils continuaient d'aller d'un visage à un autre. Une femme en larmes ne cessait de lui répéter que tout allait bien se passer, que les secours arrivaient et qu'il devait simplement ne pas bouger. Les secours étaient en route, il devait juste être courageux un petit peu plus longtemps.

« Là, là, mon vieux, murmura le sorcier. Je sais ce que ça fait. Moi aussi je l'ai faite chier, une fois. »

Il n'y avait pas grand-chose qu'il puisse faire pour le garçon sans baguette, les sorts de soin relevaient d'un domaine de la magie assez délicat, mais il fit ce qu'il put. Le garçon recouvrit doucement quelques couleurs, et peu à peu, sa respiration devint plus aisée. Ce n'était pas une guérison-miracle, et un médecin allait probablement avoir encore beaucoup à faire et à dire, mais autant que Drago puisse en juger, le garçon irait bien.

Après cela, il jeta un sortilège d'Oubliettes sur tous les gens dans le parc. Ce serait un village habité de gens très confus pendant quelques heures, mais ils s'en remettraient.

Ce travail accompli, il se remit rapidement à la recherche d'Hermione. Ce n'était pas facile de trouver quelqu'un qui a) était petit, et b) ne voulait pas être retrouvé. Finalement, il jeta un sortilège de localisation pour avoir une idée d'où chercher. Il la trouva dans un champ de l'autre côté du village, soit elle s'était retrouvée à l'opposé, soit elle était allée de l'autre côté intentionnellement.

Le sort le conduisit au champ, mais ce fut le sanglot qui trahit sa position. Il se dirigea vers le seul arbre qui s'élevait devant lui, un grand chêne qui devait déjà être vieux dans l'enfance des Fondateurs. Il en fit le tour et la trouva dans un creux du tronc. Il ne pouvait pas voir son visage, caché par la masse de ses cheveux indisciplinés, mais on ne pouvait se tromper sur les sanglots convulsifs, déchirants qui secouaient tout son corps.

« Il va bien, Granger, dit-il en s'agenouillant à côté d'elle. Il va bien et ils ne se rappelleront de rien. Aucun d'eux. Je m'en suis occupé. »

La petite fille continua de pleurer, sans montrer le moindre signe qu'elle l'avait entendu. Drago tendit la main vers la petite forme recroquevillée dans l'arbre et caressa ses cheveux.

« Sors de là, ordonna-t-il. Je suis sûr qu'il y a des araignées là-dedans. »

Elle répondit quelque chose d'inintelligible mais ne bougea pas, alors il essaya encore.

« S'il te plaît, Hermione. Sors de là. »

Pendant un moment, il crut qu'elle ne le ferait pas, mais à ce moment, la petite fille bondit du creux de l'arbre, comblant rapidement l'espace entre eux, et cacha son visage contre sa poitrine. Il referma ses bras autour d'elle et la tint serrée contre lui. Il ne savait pas quoi faire ou dire pour qu'elle se sente mieux, alors il se contenta de la serrer contre lui pendant qu'elle pleurait, caressant ses cheveux et murmurant des riens apaisants.

Quand ses pleurs se calmèrent, elle essaya de lui raconter ce qui s'était passé. Elle lui parla du village, d'enfants, et de Peter. Sa voix se brisa quand elle arriva à cette partie, et la dernière chose qu'il comprit fut le mot « monstre. »

Drago avait vu de vrais monstres, terrifiants, puissants, et sans conscience à mentionner, et Granger ne soutenait même pas la comparaison. Pas cette Granger, pas même la vraie. Repoussant gentiment Hermione pour qu'elle puisse le regarder, il essuya ses larmes du bout des doigts.

« Il ira bien, répéta-t-il. Ce n'était qu'un accident et il ira bien. »

La petite fille détourna le regard.

« Je t'ai apporté Matilda, dit-il, en péchant la poupée dans sa poche.

- Je n'en veux pas, dit Hermione, en se tournant vers lui. Tu peux la jeter. »

Sans attendre de réponse, elle se tourna et attrapa son sac à dos dans le creux de l'arbre.

Drago posa la poupée à l'écart et chercha quelque à manger à la place.

« Tiens, dit-il en tendant un sandwich à la petite fille.

- Je n'ai pas faim.

- Je m'en moque, dit-il. Tu manges quand même. Je ne veux pas que tu t'écroules sur le chemin. »

A force de menaces, de harcèlement et d'encouragements, Hermione mangea finalement tout le sandwich, et ils reprirent leur voyage. Des nuages s'amoncelaient au-dessus d'eux, et Drago espéra qu'il ne neigerait pas. Le silence entre eux s'étira jusqu'à ce que le sorcier se sente sur le point de crier. Normalement, il aurait accueilli avec bonheur la paix et le calme, mais à présent, cela l'ennuyait plus qu'il ne pouvait le dire. Surtout, ça l'ennuyait de s'inquiéter pour ça. Elle était l'ennemie, et il ne l'oubliait pas, mais il ne pouvait pas non plus oublier le petit garçon qui s'était lui-même considéré comme un monstre autrefois.

Ce ne fut pas long avant qu'il ne se mette à neiger, mais ils continuèrent de marcher. La nuit tomba et ils continuèrent de marcher. Ça l'ennuyait qu'elle ne dise rien. Il faisait noir et froid, et ils avaient marché toute la journée, mais elle ne prononça aucun mot pour se plaindre, pour le traiter d'esclavagiste, pour lui demander de s'arrêter.

Il s'arrêta finalement, trop fatigué. Ils dressèrent le camp à côté d'un ruisseau gelé et ils se levèrent avec le soleil le matin suivant. C'était une journée magnifique. Le paysage était enfoui sous un manteau de neige, et tout semblait propre et brillant, mais ni le ciel clair, ni le merveilleux paysage hivernal autour d'eux ne suffit à dissiper le petit nuage noir qui suivait la sombre sorcière.

Drago fronça les sourcils. Il y avait des choses qu'il ne pouvait pas faire, des obstacles qu'il ne pouvait pas surmonter, des chances contre lesquelles il ne pouvait pas gagner, mais qu'il soit damné s'il ne pouvait arracher un sourire à une gamine de sept ans. D'un geste de la main, il transforma un rocher tout près en lapin. La petite créature sautilla autour d'eux avec hésitation, et Drago transforma le rocher près de lui en un autre lapin.

Hermione ne remarqua d'abord rien, trop concentrée sur le chemin devant elle, mais Drago continua de transformer des rochers et des branches brisées, jusqu'à ce qu'ils soient entourés de bestioles bondissantes.

« Eh ! Arrête ça ! s'écria Hermione.

- Arrêter quoi ? demanda-t-il innocemment.

- Tu sais quoi. »

La petite sorcière ébranlée sauta sur le côté, essayant d'éviter de trébucher sur les créatures poilues.

« Tu ne devrais pas faire ça. C'est dangereux.

- Les lapins ? Oui, ils sont terrifiants, n'est-ce pas ?

- Tu sais ce que je veux dire. »

Hermione fronça les sourcils, les poings serrés.

« Tu préfères les canards ? »

Il transforma l'un des lapins en un canard adulte, suivi de cinq petits canetons jaunes. McGonagall aurait été fière.

« Ou peut-être un hérisson ?

- Drago…

- Peut-être que je devrais faire un ours ? suggéra-t-il.

- Un ours nous mangerait, glapit-elle.

- Eh bien… Il pourrait me manger, moi. Tu n'as pas vraiment l'air aussi appétissant. »

Cela fit sourire la petite fille, et Drago se sentait comme s'il venait juste d'attraper un Vif d'or.

« Tu n'es pas drôle, dit-elle en souriant toujours.

- Je suis excessivement drôle, plaisanta-t-il avant d'ajouter, sur un ton plus sérieux, la magie est simplement un outil. Elle fait ce que tu lui dis de faire. Elle peut détruire une maison en un souffle ou créer un canard. Ce n'est qu'un outil. »

Le sourire d'Hermione se fana et elle détourna le regard, sérieuse et sceptique. Pas du genre à accepter la défaite, Drago leva la main et plaça un caillou dans la paume de la petite fille, murmurant un sort dans un souffle. Hermione baissa les yeux, juste à temps pour le voir se transformer en un petit hérisson, et Drago fut récompensé d'un sourire rayonnant.

« Tu peux faire un lion ? » demanda-t-elle avidement, en caressa prudemment le hérisson.

Illustration.

« Que ferait un lion dans le sud de l'Angleterre ?

- Tu as dit que tu pouvais faire un ours.

- Eh bien… les ours, c'est bon.

- Il n'y a pas d'ours en Angleterre.

- Bien sûr qu'il y a des ours en Angleterre.

- Non.

- Si. »

Il n'y eut ni paix, ni calme après cela, mais ça allait très bien à Drago.

Ils s'amusèrent bien ce jour-là, ou peut-être qu'il commençait à s'habituer à l'allure atrocement lente de la sorcière.

« Drago, je suis fatiguée, se plaignit-elle, tard dans l'après-midi.

- Eh bien, arrange-toi pour ne plus l'être. On ne s'arrête pas tout de suite. »

Ils étaient suffisamment proche pour qu'ils puissent arriver à destination le jour-même, s'ils ne tardaient pas.

« Mais j'ai mal aux jambes, dit-elle en faisant la moue. Porte-moi.

- Je ne te porte pas.

- Mais je suis tellement fatiguée…

- J'ai marché autant que toi, et tu vois que je ne suis pas en train de me plaindre.

- Tes jambes sont plus grandes.

- Tu parles trop : c'est pour ça que tu es fatiguée.

- Tu deviens méchant, » se plaignit-elle, en frappant du pied sur le sol.

Merlin le débarrasse des enfants difficiles. Drago s'arrêta et se tourna pour faire face à la petite fille agressive, qui avait croisé les bras et le regardait d'un air furieux, comme si elle souhaitait que le sol l'avale en entier pour être si contrariant. Il leva les yeux au ciel. Il n'aurait jamais d'enfants.

« Bien, râla-t-il, en se mettant à genoux. Saute. »

Hermione applaudit et courut vers lui, se tint derrière lui et passa ses bras autour de son cou.

« Tu ferais mieux de ne pas être lourde, Granger, ou je te coupe les vivres, dit-il en se relevant.

- Tu vois, tu es comme moi, exulta-t-elle.

- Certainement pas.

- Tu penses que je suis gentille.

- Je pense que tu es une peste. »

Elle gloussa, avant d'ajouter d'une voix plus douce :

« Moi aussi je pense que tu es gentil. »

Drago sourit mais ne répondit pas. Le crépuscule tombait et il commençait à être difficile de voir le chemin devant eux. Il n'en avait pas besoin, cependant. Il savait où il était. Il connaissait les champs et les arbres, aussi bien que les chemins et où ils conduisaient. Quand ils traversèrent les terres des Malefoy, il sentit les barrières de protection effleurer sa peau, et le léger bruit quand ils passèrent finalement à l'intérieur. Les sorts de protection ne les arrêtèrent pas, et il ne s'était pas attendu à ce que ce soit le cas. Il était un Malefoy et c'était sa maison.

Les champs étaient vastes, et il avait marché pendant presque dix minutes quand il vit la maison. Il s'arrêta où il était, incapable d'aller plus loin. En sept ans, il n'était pas venu ici une seule fois. Pas une seule fois. Il n'avait pas voulu voir sa maison telle qu'il s'en souvenait, familière et intacte. Dans la vie qu'il avait laissée derrière lui, la moitié du manoir n'était plus rien qu'une ruine calcinée, et la partie qui était toujours debout servait de quartier général à l'Ordre du Phénix. Ils avaient levé les anciens sorts de protection et les avaient remplacés par les leurs. Neuf siècles de Malefoy avaient vécu dans cette maison, et en une nuit, ce maudit Ordre les en avait chassés.

Le manoir était plein de lumière, toutes les fenêtres brillant comme des feux d'artifice dans l'obscurité. Il y avait du mouvement et des gens arrivaient par le chemin principal. Une sorte d'événement. C'était inattendu, mais pas inquiétant. Il était invisible, après tout. Une personne ou cent, ça ne faisait aucune différence pour lui. Et il n'aurait pas emmené Hermione à l'intérieur, même si tout avait été calme. Les sorts de protection l'avaient laissée passer parce qu'elle était avec lui, mais le manoir Malefoy n'était pas un endroit pour quelqu'un comme elle.

En veillant soigneusement à ne pas la laisser tomber, il déposa la petite fille endormie.

« Hermione, appela-t-il. Réveille-toi.

- On est arrivé, déjà ? demanda la petite fille endormie.

- Oui. Ecoute, il faut que j'entre là-dedans. »

Il pointa du doigt la maison au loin.

« Il faut que tu m'attendes ici, d'accord ?

- Je veux venir aussi. Je serai vraiment très sage, » promit-elle en sautant sur ses pieds.

Il soupira, en souhaitant l'avoir laissée dormir.

« Tu ne peux pas venir. Ce ne serait pas sûr pour toi là-bas, et il y a trop de gens. Il faut que tu restes ici. Je ne serai pas très long. »

La sorcière attrapa sa cape, comme pour l'empêcher de partir.

« Mais il fait noir… »

Elle semblait si petite que pendant une demi-seconde, il songea à la prendre avec lui. Ce fut l'idée d'un instant puis elle partit. La prendre avec lui serait une bêtise, et une bêtise dangereuse avec ça.

Il mit la main dans sa poche et en sortit Matilda, qu'il tendit à la petite sorcière.

« Elle te tiendra compagnie pendant que je ne serai pas là, qu'est-ce que tu en dit ? »

Hermione prit la poupée et la serra contre elle.

« Tu ne seras pas long ? demanda-t-elle d'une petite voix.

- Promis. Reste cachée jusqu'à ce que je revienne. »


Hermione s'assit contre un arbre, contente d'avoir quelque de solide contre son dos. Tout était sombre alentours, et la forêt était vivante, avec ses bruits, les criquets et le vent dans les arbres, et le son de choses qui ne sortaient que la nuit. Elle ne cessait de se répéter : « Il reviendra vite, » à voix basse, essayant de calmer les battements frénétiques de son cœur. Elle voulait désespérément suivre Drago, mais elle ne bougea pas. Elle aurait eu trop peur pour bouger, même si elle avait oublié ce qui s'était produit la dernière fois qu'il lui avait dit de ne pas bouger et qu'elle ne l'avait pas fait.

Elle était quasiment gelée quand elle entendit des voix approcher dans sa direction. Leur silhouette était facile à distinguer contre le fond brillant du manoir, ses lumières féériques, et ses fenêtres éclairées. Trois personnes. Non, quatre. Ne sachant que faire, Hermione se leva et attendit, prête à courir s'il le fallait. Ils s'arrêtèrent tout près de la lisière des arbres, et la sorcière se détendit.

« Donne la flasque, Rabastan, dit une voix d'home.

- Ce n'est pas une manière de parler à tes aînés, Lucius.

- Allez, dit le troisième homme. Arrête d'être rabat-joie, Rab.

- Foutus gamins, à me voler ma liqueur.

- Tu n'as qu'un an de plus que nous, Rabastan.

- C'est une question d'âge mental, Avery. »

Hermione s'approcha d'eux pour essayer de voir un peu mieux. Les trois hommes étaient plus jeunes qu'elle ne l'avait d'abord pensé, et la quatrième personne était une femme, svelte, très blonde, les cheveux relevés avec élégance. Elle étreignait ses bras nus pour avoir plus chaud, refusant la flasque offerte.

« Tu as froid, ma chérie ? »

Lucius passa un bras autour de ses épaules, l'attirant vers lui. A ce moment, la lune émergea de derrière un nuage, éclairant le paysage en-dessous, et Hermione eut une exclamation étouffée à la vue de l'homme blond. Il ressemblait exactement à Drago, une version plus jeune, plus polie, de Drago.

Elle ne l'avait pas voulu, mais elle devait avoir fait du bruit, parce que leurs têtes se tournèrent dans sa direction.

« Il y a quelqu'un là-bas, dit Rabastan, qui tenait quelque chose dans sa main. Lumos. »

Hermione fit un pas en arrière au moment où la lumière tomba sur elle, mais il était trop tard.

« Levicorpus, » cria Avery.

Hermione hurla, alors qu'une force invisible l'élevait dans les airs et l'attirait vers les quatre personnes.

« Lâchez-moi, cria Hermione, donnant des coups de pied dans le vent et tenant Matilda serrée contre elle. Tout de suite.

- Ce n'est qu'une petite fille, dit la femme en s'approchant. Relâche-la.

- Attend une minute, dit Avery en s'approchant d'Hermione. Pour ce qu'on en sait, ce n'est qu'une petite Moldue en vadrouille. Regardez ses vêtements. On pourrait s'amuser un peu.

- Pas de danger, dit Lucius avec une expression ennuyée qui lui était bien trop familière. Il y a des sorts de protection autour du domaine, Avery : on ne laisse pas entrer n'importe qui.

- Elle est probablement avec quelqu'un de la fête, dit la femme avant de répéter. Repose-la.

- Pas encore. Vraiment, regardez comment elle est habillée. Est-ce qu'elle a l'air d'être venue pour la fête ? »

Hermione se recroquevilla quand il fut si près.

« Qu'est-ce que tu es, petite ? Pas une Moldue, alors quoi ? Sang-mêlée. Sang-de-Bourbe, peut-être ? »

Il essaya de la toucher, mais une décharge d'énergie repoussa sa main.

« Qu'est-ce que… espèce de sale petite… »

Il leva la main comme pour la frapper, et Hermione ferma les yeux, terrifiée, mais le coup n'eut aucune chance de tomber.

La femme cria : « Flipendo » et Avery fut rejeté en arrière, atterrissant lourdement sur le sol. Libérée du sort, Hermione tomba, et s'arrangea pour plus ou moins atterrir sur ses pieds. La main de quelqu'un l'attrapa par l'épaule, la tira en arrière, et Hermione se retrouva derrière la femme.

Avery se dépêcha de se revenir sur ses pieds, baguette tendue entre eux.

« Malefoy, il faut que tu mettes une laisse à ta petite-amie, gronda-t-il.

- Et il faut que tu apprennes les bonnes manières, Avery, » répliqua la voix sans élever la voix.

Rabastan observait la scène avec amusement, buvant à la flasque qui, entretemps, était revenue en sa possession. Lucius semblait moins amusé. Il se plaça entre Avery et la femme, les mains dans les poches.

« Tu as très envie de baisser ta baguette, Avery, » l'avertit-il, la voix dangereusement basse.

Toujours énervé, l'autre homme fit ce qu'on lui avait dit.

« Comme tu veux. J'ai toujours envie de faire ce que je fais, n'est-ce pas ? »

Et là-dessus, il tourna les talons et s'en alla.

« Certaines personnes ne tiennent vraiment pas l'alcool, dit Rabastan en haussant les épaules. Je ferais mieux d'aller voir qu'il n'essaye pas de chercher la bagarre ailleurs. »

Alors, il n'y eut plus qu'eux trois. Hermione, l'homme qui ressemblait à Drago et la femme qui avait pris sa défense. A présent, elle était accroupie devant Hermione, souriant à la petite fille.

« Quel est ton nom ? »

Comme Hermione restait silencieuse, elle ajouta :

« Je m'appelle Narcissa, mais tu peux m'appeler Cissy. Lui là-bas, c'est Lucius. Personne ne va te faire du mal, je te le promets. Tu peux me dire ton nom ?

- Hermione, dit la petite fille d'une petite voix.

- Très contente de te rencontrer, Hermione. Tu es avec quelqu'un à la fête ? »

Hermione se mordit la lèvre, serrant un peu plus Matilda contre elle. Elle ne savait pas quoi dire ou quoi faire. Comment pouvait-elle expliquer qu'elle était avec un ami invisible, qui ressemblait exactement à cet homme ? Drago lui avait dit de rester cachée, alors pourquoi n'avait-elle pas simplement pu faire ça ? Ses yeux s'emplirent de larmes et elle détourna les yeux.

« Là, là, il ne faut pas pleurer, mon petit, dit Cissy en caressant sa joue.

- Que faire d'elle ? demanda Lucius.

- Nous allons l'amener à ta mère : elle saura quoi faire. »


La maison vivait au rythme des invités et de la musique. Sorcières et sorciers évoluaient à travers la salle de bal, certains d'entre eux dansaient, la plupart discutaient. Drago attrapa des bribes d'une conversation au sujet du nombre croissant d'incidents impliquant des Moldus, et une discussion au sujet d'un groupe marginal déterminé à purger le Ministère et à révolutionner la société sorcière.

« Bien, tant mieux pour eux, dit un vieux sorcier pompeux, rond comme la lune. Le Ministère est pourri de l'intérieur, c'est le cas depuis des années. Un peu de nettoyage leur ferait le plus grand bien, notez bien ce que je dis. »

Drago s'éloigna. Il n'aurait pas dû entrer dans la maison : il aurait simplement pu aller dans l'un des abris de jardin à l'arrière et prendre un balai, mais il n'avait pas pu résister à son élan. C'était le manoir Malefoy comme il s'en souvenait : grand, plein de vie, protégé par le nom de leur famille et par des enchantements plus vieux que le domaine.

Il se tourna pour partir quand son regard tomba sur la sorcière qui venait juste d'entrer. Il fixa sa mère comme s'il voyait un fantôme. A seize ans, Narcissa avait des traits plus doux que ceux de la mère dont il se souvenait, mais son sourire n'avait pas changé. Elle semblait jeune et heureuse, inconsciente qu'un jour elle mourrait dans cette même pièce.

Il était tellement saisi par sa vue qu'il lui fallut une seconde pour voir avec qui elle était. Les yeux d'Hermione rencontrèrent les siens à travers la pièce, et il y avait du soulagement sur son visage. Il regarda autour de lui, tâchant de penser. Il n'eut pas besoin de regarder très attentivement pour trouver au moins une demi-douzaine de Mangemorts, ou d'aspirants Mangemorts dispersée à travers la salle. Pourquoi n'avait-elle pas simplement pu rester cachée comme il lui avait dit de le faire ?

Il avança vers eux, mais quelqu'un d'autre les attrapa avant. Abraxas Malefoy était livide, et il le montra dans la façon dont il empoigna le bras de son fils, le traînant dans un coin relativement calme dans la salle bondée. Là, Drago était assez proche pour entendre ce qui se disait.

« Que fait-il ici ? » demanda Abraxas, d'une voix basse et contenue.

Drago ne savait pas de qui il parlait, mais Lucius saisit l'allusion de son père suffisamment clairement.

« Je l'ai invité, » dit-il calmement en regardant Abraxas droit dans les yeux.

Narcissa regarda autour d'elle, le bras toujours passé autour des épaules d'Hermione.

« Mr Malefoy, peut-être serait-il préférable de...

- N'ai-je pas, la coupa l'homme plus âgé, rendu parfaitement claire ma position au sujet des Sang-mêlés aux illusions de grandeur la dernière fois que nous avons évoqué le sujet ? »

La peine de répondre fut épargnée à Lucius par l'arrivée du Sang-mêlé en question, Bellatrix Black au bras. Drago se pétrifia, incapable de bouger ou de penser.

« Mr Malefoy, dit l'homme, comme c'est gentil de votre part de m'avoir invité à cette petite soirée. »

Voldemort n'avait pas encore l'apparence surnaturelle que Drago avait en mémoire, mais il commençait déjà à ressembler à quelque chose d'autre qu'à un humain, la peau comme cirée, et les traits étrangement déformés.

« Je suis ravi que vous ayez pu venir, Jedusor, répondit Abraxas, sur un ton qui suggérait qu'il n'en pensait rien. Et toi aussi, Bella. »

Bellatrix ne sourit pas, les doigts enfoncés comme des serres dans le bras de Ton Jedusor. Sans la regarder, Voldemort tapota avec douceur sa main et elle détendit sa poigne.

« Les gens m'appellent Lord Voldemort, dorénavant.. »

Le ton plaisant n'atteignit pas ses yeux injectés de sang.

« Vraiment ? Bien, si vous voulez bien m'excuser, je dois m'occuper de mes autres invités. »

Et là-dessus, Abraxas se détourna et partit.

« Ton père est un idiot, Lucius, cracha Bellatrix, sans s'inquiéter de parler à voix basse.

- Milord, je vous demande pardon pour le manque de manières de mon père, dit le plus jeune Malefoy avec un hochement de tête. C'est un vieil homme, et il est campé sur ses positions. Il ne voit pas le monde comme nous le voyons.

- Ne vous inquiétez pas, Malefoy, dit Voldemort en suivant Abraxas du regard à travers la foule. Il changera d'avis. Ils changeront tous d'avis. Chaque chose en son temps.

- Aurais-tu trouvé un animal errant, Cissy ? demanda Bellatrix à sa sœur, en désignant Hermione. Regardez ces vêtements. Moldue, Née-Moldue ou Traître à son sang, je me le demande ? Nous pourrions nous amuser un peu pour l'apprendre. Quelque chose pour pimenter un peu cette fête totalement insipide. »

Bellatrix découvrit ses dents en un sourire carnassier, mais si Narcissa pensait que la suggestion de sa sœur aînée était autre chose qu'une plaisanterie, elle ne le montra pas. Tout en souriant aimablement, la sorcière s'excusa et s'éloigna en guidant Hermione.

« Mrs Malefoy, héla-t-elle une vieille femme, engagée dans une discussion animée avec une sorcière aux cheveux violets. Je suis vraiment désolée de vous déranger, mais auriez-vous un moment ?

- Certainement, ma chère, dit-elle, son regard tombant immédiatement sur la petite fille. Pourquoi n'irions-nous pas marcher dehors un moment. Excusez-moi, Doris. »

Mrs Malefoy ouvrit la voie vers un couloir vide, juste à l'extérieur de la salle principale. C'était une femme corpulente aux cheveux gris, et aux manières brusques et efficaces.

« Et qu'est-ce que c'est que ça ? » demanda-t-elle en détaillant Hermione de la tête aux pieds.

Narcissa laissa courir une main rassurante dans les cheveux d'Hermione.

« Lucius et moi l'avons trouvée dehors. Nous pensons qu'elle doit être avec quelqu'un de la fête.

- Habillée de la sorte ? »

Mrs Malefoy plissa le nez, la bouche pincée en une très fine ligne.

« Quel est ton nom, mon enfant ?

- Hermione, m'dame, dit la petite fille.

- Hermione quoi ? Parle plus fort, ma fille.

- Lovegood, dit Drago, debout derrière sa grand-mère.

- Lovegood, » répondit Hermione sans regarder le sorcier.

Mrs Malefoy secoua la tête.

« Bien, ceci explique cela, n'est-ce pas ? Il n'y a que cet idiot d'Aegus pour se montrer sans être invité et avec un enfant dans son sillage. Il est probablement en train d'essayer de dénicher un scoop pour son torchon. »

La vieille femme attrapa une clochette d'argent sur une table toute proche et la fit sonner.

Hermione sursauta quand l'elfe de maison se matérialisa soudain à côté d'elle, et elle fixa sans honte l'étrange créature.

« Dobby, dit impérieusement Mrs Malefoy, Aegus Lovegood est quelque part sur la propriété. Trouve-le et ramène-le-moi.

- Oui, Madame. »

Cela dit, il disparut de nouveau dans un nuage de fumée.

Mrs Malefoy se tourna vers Narcissa.

« Emmène cette petite fille dans l'une des chambres. Je ne veux pas qu'elle soit piétinée avec tout ce monde dans la maison. Laisse-la là-bas et redescend, ma chère. »

Narcissa fit comme on le lui avait dit, guidant Hermione jusqu'à l'escalier du rez-de-chaussée. Drago les suivit de près, en restant juste hors d'atteinte. La sorcière les conduisit dans la chambre de Lucius, la même qui deviendrait un jour celle de Drago. La chambre de son père ne semblait pas si différente de ce à quoi la sienne avait ressemblé… ressemblerait. Il y avait la même dominante verte et argent, des magazines de Quidditch partout, et des posters de joueurs de Quidditch sur les murs. C'était le même lit que celui dans lequel il avait dormi pendant des années, le même bureau où il avait étudié pendant les vacances, et le même fauteuil où Narcissa s'était assise avec lui pour lui raconter les Contes de Beedle le Barde.

C'est là que sa mère s'assit à ce moment avec Hermione, aidant la petite fille à se débarrasser de son lourd manteau.

« Est-ce que tu as faim ? » demanda-t-elle.

Hermione secoua la tête.

« Bien, pourquoi ne fais-tu pas une sieste, et je viendrais voir si tout se passe bien dans peu de temps ? »

Drago ne bougea pas d'où il était quand Narcissa quitta la pièce. Il avait si longtemps essayé de briser cette foutue malédiction, qu'il ne lui était pas venu à l'esprit jusqu'à maintenant que peut-être, il ne voulait pas qu'elle soit brisée. Tous les gens qu'il avait jamais aimés étaient morts, et le manoir Malefoy ne serait jamais plus aussi grand, aussi inaltérable ou aussi vivant qu'il l'était maintenant.

Sentant une main légère sur la sienne, il baissa les yeux sur une Hermione très contrite.

« Je ne voulais pas qu'ils me voient, dit-elle. C'était un accident. Je le jure.

- Je te crois, » dit-il en chassant ses réflexions.

Il avait plus de bon sens que ça. S'il restait ici suffisamment longtemps, il verrait simplement tout s'écrouler et brûler une seconde fois.

« Il faut qu'on sorte d'ici. »

Il regarda autour de lui. Il avait toujours conservé son balai dans sa chambre, mais apparemment, son père n'en avait pas ressenti le besoin, car il n'y en n'avait pas un seul en vue.

Pendant qu'Hermione enfilait son manteau et attrapait son sac à dos, Drago s'avança vers l'énorme cheminée sur le mur le plus éloigné. Un feu y brûlait, mais ça ne l'inquiétait pas.

« Sanctimonia Vincet Semper, » murmura-t-il en souhaitant que le passage s'ouvre.

Hermione eut une exclamation étouffée derrière lui quand les flammes virèrent au bleu, et le lourd mur de pierre au fond de l'âtre coulissa sur le côté, révélant une ouverture sombre.

« Allons-y, » dit-il en tendant la main à Hermione.

La sorcière n'hésita qu'une seconde avant de prendre la main offerte. Ils étaient juste à l'entrée quand un soudain pop ! les fit se retourner.

Un elfe de maison venait juste de transplaner, en portant un plateau avec de la nourriture. La créature cria et jeta le plateau.

« Vous ne pouvez pas aller là, s'indigna-t-elle. Intrus ! Intrus au manoir ! »

Drago jeta un sort de silence à l'elfe de maison, Misty, si sa mémoire était bonne, et poussa Hermione en avant, scellant le passage derrière eux. Tout était sombre à l'intérieur, mais il n'avait besoin d'aucune lumière pour trouver son chemin. Il errait dans ses passages depuis qu'il était tout petit : il savait où il allait. Ils émergèrent à l'arrière de la maison, sortant d'un passage caché sous un escalier. Malheureusement, ils n'étaient pas seuls. Les elfes de maison ne pouvaient pas aller dans les passages secrets qui reliaient une grande partie du manoir à l'extérieur, mais ils savaient où se trouvaient les sorties.

Misty avait appelé des renforts, et il y avait au moins une demi-douzaine d'elfes de maison. Hermione hurla quand un sort siffla en passant à côté de sa tête, mais ce fut le seul qui la frôla de si près. Drago les protégea tous les deux et balaya le chemin au travers de ces ennuyeux hybrides. Les elfes de maison étaient petits et faibles selon les critères sorciers, mais ils étaient faits de magie comme les humains ne l'étaient pas, et ils étaient incroyablement résistants. Autant que Drago essaya, il ne put s'en débarrasser.

Il poussa Hermione à l'intérieur d'un abri de jardin, ferma la porte derrière eux et la verrouilla magiquement. Cela ne retiendrait pas très longtemps ces petites pestes, mais cela les retiendrait suffisamment longtemps.

Il courut vers le mur le plus éloigné, où une douzaine de balais étaient nettement alignés. C'étaient de vieux modèles, vieux selon ses critères : il était certain que son père ne possédait que ce qui se faisait de mieux. Que n'aurait-il donné pour avoir son Nimbus 2001 sous la main... Il choisit un Nimbus 1000, le meilleur qu'il y avait, et retourna le coffre dans le coin pour avoir un siège supplémentaire. A ce moment, les elfes de maison démolirent la porte. Attrapant Hermione en toute hâte, Drago l'assit devant lui sur le balai. Il jeta un déluge de sorts de Stupéfixion en direction de la porte avant de faire exploser le toit, et de donner un coup de pied au sol pour décoller.

Hermione hurla et fit un brusque mouvement en avant, tenant le balai comme si sa vie en dépendait. Il plaça un bras autour de sa taille, lui ordonnant de rester immobile ou elle allait les tuer tous les deux. Les elfes de maison essayaient toujours de les attraper, jetant des sorts de Stupéfixion et des maléfices en l'air. Mais même sans s'être entraîné depuis longtemps, Drago savait toujours aussi bien voler, après tout, il était l'un des plus jeunes Attrapeurs ayant jamais joué à Poudlard, et il les fit s'évader assez facilement.