Le coin de la traductrice :
Bonjour ! Et voilà, c'est le dernier chapitre. Pour ma part, en VO, j'étais quasiment en train de pleurer à la fin. J'espère que ce chapitre parviendra à vous toucher autant qu'il m'a touchée. En tout cas, c'est une nouvelle aventure qui s'achève là aujourd'hui. J'espère que vous aurez pris autant de plaisir à lire cette histoire que moi à la traduire et à vous la faire partager. Un grand merci pour votre présence, vos commentaires et tout le reste. ça compte énormément pour moi et je sais que l'auteure vous remercie également pour toute votre gentillesse.
Bonne lecture !
Bises ;)
Peaseblossom
Disclaimer : une dernière fois, l'univers est à JK Rowling et l'histoire est de damnedscribblingwoman.
Mise à jour du 17 janvier 2015 :
Merci beaucoup, Axe ! Je suis très contente que cette histoire t'ait plu. Pour ma part, j'ai vraiment pris plaisir à la traduire. La traduction est un exercice que j'apprécie beaucoup (rien à voir avec le fait que je suis en Lettres Classiques ^^) et il y a vraiment plein de choses intéressantes sur la partie anglophone du site. J'avais beaucoup aimé la version originale, l'originalité de l'intrigue et ce dénuement tout en nuance, qui ne finit par en mode Bisounours. En tout cas, un grand merci d'avoir laissé un petit mot. ^^ Bises ;)
Mise à jour du 19 janvier 2015 :
DrunkPhoenix : N'Est-ce pas ? ^^ Pour ma part, cette fin m'a tellement remuée que c'est ce qui m'a décidée à traduire cette histoire. Je trouvais cette histoire viscéralement bouleversante, et voilà. En tout cas, un grand merci pour ta lecture et pour ta review. ça me touche beaucoup, et je suis certaine que l'auteure en est ravie également. A bientôt ! Bises ;)
Chapitre 7
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La cave
Sa tête était lourde et pleine de coton, et quand elle ouvrit les yeux, la lumière était tellement éclatante que cela lui fit mal. Elle les referma, en fronçant les sourcils. Pourquoi la lumière était-elle si vive ? Elle ne se souvenait pas qu'elle était si vive.
Des mains attentionnées soulevèrent sa tête, et quelqu'un approcha un verre d'eau de ses lèvres sèches. Elle était assoiffée, mais sa gorge ne put faire face à plus d'une goutte d'eau avant qu'elle ne commence à tousser.
« Doucement, Hermione, dit gentiment Harry en éloignant le verre. Tout va bien. Repose-toi. Nous sommes là.
Il ne lui fallut pas longtemps pour s'assoupir de nouveau.
Ginny approcha une chaise plus près du lit et posa une serviette sur les genoux d'Hermione.
« Je peux me nourrir tout seule, tu sais ? dit la jeune femme, fatiguée d'être dorlotée.
- Contente-toi d'en profiter tant que tu le peux, dit Ginny. La semaine prochaine, ils te remettront aux corvées et dans le roulement des missions. Ah, comme j'ai hâte d'avoir une vie entière de loisirs...
- Je me contenterais d'une vie où la nourriture est correcte. Comment tu appelles ça ? »
Hermione essaya de sentir la mixture qu'elle mangeait, mais regretta rapidement son geste.
« Un truc français. »
Ginny mit la cuillère dans la bouche d'Hermione.
« Fleur dit que c'est bon pour retrouver la santé. »
Hermione fit une grimace mais avala tout de même. Le goût était… inhabituel.
« Je suppose que ce qui ne me tue pas me rend plus forte. »
Après quelques minutes de silence, elle parvint à demander ce qu'elle voulait savoir depuis des jours.
« Qu'est-il arrivé à Malefoy ?
- Ils l'ont attrapé quand ils t'ont trouvée. »
Une autre cuillérée de cette soupe infâme.
« Il est en bas, dans la cave, réveillé, lui aussi. Maugrey et Dean ont essayé d'obtenir quelques informations.
- Quel genre d'informations ? » demanda Hermione, qui commençait à se sentir nauséeuse.
Ginny haussa les épaules.
« Il est haut placé dans leur hiérarchie. Je suis sûre qu'il connaît toutes sortes de choses utiles. »
Tout était sombre et immobile dans le manoir. Il y avait des gardes postés à l'extérieur, mais rien ne bougeait entre les murs épais du domaine Malefoy. Hermione choisit soigneusement son chemin, essayant de ne rien heurter. Savoir que ce qu'elle faisait était une mauvaise idée ne l'empêchait pas de le faire.
La porte de la cave n'avait pas de serrure et pas de verrou. La magie la gardait close, et il y avait plus de sortilèges de protection sur elle qu'Hermione n'en avait jamais vus ailleurs. Ils remplissaient le double rôle d'empêcher les gens d'entrer autant que de les empêcher de sortir. Il y avait un nombre très restreint de gens qui pouvaient passer ces sorts, et Hermione était l'un d'entre eux. Faire partie du Trio d'Or – était-ce à présent un Duo d'Or ? – avait ses avantages.
Elle n'eut pas besoin de regarder très attentivement pour trouver le sorcier. Il était enchaîné au mur du fond, les cheveux maculés de sang, et son visage était une véritable collection de coupures et de contusions. La cave était vide à part lui. L'Ordre du Phénix ne gardait pas de prisonniers, pas longtemps. Les cadavres étaient encore pendus aux gibets sur la pelouse du devant, se balançant doucement dans l'air froid de la nuit.
Drago lutta pour s'asseoir bien droit quand elle approcha, les chaînes résonnaient trop bruyamment contre le sol de pierre. Il essaya d'ouvrir les yeux, mais son œil gauche était presque enflé.
« De Charybde en Scylla, hein, Granger ? »
Sa voix était basse et contenue.
« Je ne suis plus invisible. »
Sans répondre, Hermione fit disparaître les menottes qui gardaient ses bras et ses jambes enchaînés. Puis, sans se donner le temps de le regretter, elle s'agenouilla à côté de lui et pressa sa baguette d'aubépine contre sa main. Cela sembla attirer son attention.
« C'est vraiment une très, très mauvaise idée, Granger, » l'avertit-il, en repliant les doigts autour de la baguette.
Pensait-il qu'elle ne le savait pas ?
« On ne peut pas sortir par la porte, dit-elle en l'aidant à se relever. J'imagine qu'il y a un autre moyen de sortir ? »
Il eut un sourire en coin comme lui seul savait les faire.
« Evidemment. »
Le sourire en coin se transforma en grimace quand il déplaça le poids de son corps sur son côté droit, mais quand il commença à bouger, il ne s'arrêta plus. Malefoy se dirigea vers le coin sud de la pièce, où le plafond tombait en formant un angle. Il murmura une incantation et quatre blocs de pierre glissèrent sur le côté, révélant une ouverture.
« Les dames d'abord, » dit-il en attendant qu'elle se joigne à lui.
Hermione repoussa les quelques scrupules qu'elle avait encore et se fraya prudemment un chemin dans le passage, Malefoy la suivant de près, la respiration tendue et les pas instables.
Elle posait un pied devant l'autre, en souhaitant continuer d'avancer même si son cerveau continuait de passer en revue toutes les raisons pour lesquelles elle devrait s'arrêter. Lui et les gens comme lui avaient déclenché cette guerre. Lui et les gens comme lui avaient torturé, mutilé et tué sur leur route à travers la Grande-Bretagne, détruisant tout sur leur passage. Lui et les gens comme lui avaient jugé préférable de mettre le monde à feu et à sang que de vivre simplement avec elle et les gens comme elle.
Et pourtant, elle en était là, à essayer de le tirer des flammes.
Il était un monstre, et elle était un traître, et peut-être qu'ils devaient tous les deux trouver leur place à une potence à l'extérieur, deux cadavres décomposés de plus à picorer pour les corbeaux.
Hermione regarda par-dessus son épaule et s'arrêta, en attendant que Malefoy la rejoigne. Le sorcier avançait avec difficultés, un bras protecteur couvrant son torse, et une jambe traînant légèrement contre le sol. Ils allaient trop lentement. Ils allaient beaucoup trop lentement.
« Il faut qu'on se dépêche, » dit-elle.
Malefoy s'appuya lourdement contre le mur, en essayant de recouvrer son souffle.
« Si j'avais su qu'une grande évasion était au programme ce soir, dit-il, je me serais davantage reposé. »
Essayant d'effacer son sentiment de frustration, Hermione avança vers lui et entreprit te tâter ses robes, mais avec une rapidité dont elle ne le pensait pas capable, Malefoy tendit sa baguette entre eux.
« Si j'avais voulu te faire du mal, dit-elle, je l'aurais fait quand tu étais enchaîné au mur. »
Son expression était illisible, et pendant un moment, Hermione pensa qu'il ne baisserait pas sa baguette. Il finit par le faire, cependant, fermant les yeux avec un soupir et se laissant de nouveau aller contre le mur.
Elle ne savait pas exactement ce que Dean et Maugrey lui avaient fait, et elle ne voulait pas le savoir. La guerre les transformait tous en barbares, et elle avait suffisamment de choses qui la tenaient éveillée la nuit. Mais elle ne pouvait soigner ce qu'elle ne pouvait pas voir. Drago réprima un grognement quand elle toucha son flanc, laissant ses doigts courir le long de ses côtes. Elle ne pouvait rien faire pour sa jambe, mais elle pouvait se charger de quelques côtes fêlées et espéra qu'il n'y ait pas de problème interne.
Les épaules de Malefoy se détendirent tandis qu'elle laissait faire sa magie, et sa respiration devint moins tendue. C'étaient des sorts qu'elle connaissait sur le bout des doigts. Des sorts qui remettaient en place ce que d'autres sorts avaient mis en pièce. Souvent, ils n'avaient pas été à la hauteur, mais cette fois, ils étaient au rendez-vous.
« Viens, dit-elle quand ce fut fait, en glissant un bras autour de ses épaules pour le soutenir. Soit on se dépêche de sortir, soit on ne sort pas du tout. »
Leur proximité était troublante et familière, et Hermione lutta pour se concentrer sur le chemin devant eux, essayant d'ignorer le nœud dans sa gorge.
Ils marchèrent un très long moment, mais finalement, ils firent surface au milieu d'un champ. Le ciel était clair et rien ne bougeait dans le paysage couvert de neige.
« Ce ne sont plus les terres des Malefoy, dit Drago en regardant autour de lui. Nous avons passé les sorts de protection. »
Hermione acquiesça, et croisa les bras pour se tenir chaud. C'était fait.
« Tu es libre, dit-elle. Au plaisir de ne plus te revoir. »
Elle tourna les talons pour partir mais s'arrêta au son de sa voix.
« Pourquoi as-tu fait ça ? demanda-t-il. Pourquoi me libérer ? »
Contre son bon sens, elle se tourna pour lui faire face. Sous le doux rayonnement de la lune, entourée par les champs couverts de neige, la petite fille en elle reconnaissait l'ami qu'elle avait perdu, et tout ce qu'elle put faire fut de garder une voix ferme.
« Est-ce que c'est important ? »
Elle n'avait pas de réponses pour lui. Elle n'avait pas de réponses pour elle-même.
« Va-t'en avant que quelqu'un ne remarque que tu n'es plus là. »
Malefoy ne bougea pas.
« Viens avec moi, » dit-il comme si c'était la suggestion la plus naturelle du monde.
Son rire sonna amèrement à ses propres oreilles.
« Et pour aller où ? Où est-ce qu'un Mangemort et une Sang-de-Bourbe vont pour se cacher ?
- Le monde est vaste, Granger.
- Il n'est pas si vaste. »
Même si elle souhaitait qu'il le soit.
« Et je ne peux pas venir. »
Même si elle souhaitait pouvoir le faire.
« Ils ne comprendront jamais, dit-il. Ils ne l'oublieront jamais non plus. »
C'était exactement comme il fallait que ce soit. Elle-même ne se comprendrait ni ne se pardonnerait jamais.
« Va-t'en, répéta-t-elle, dangereusement proche des larmes. S'il te plaît. »
Il s'approcha d'elle et ramena une boucle égarée derrière son oreille.
« Prends soin de toi, Hermione. »
Et d'un coup, ses dernières défenses lâchèrent et elle fondit en larmes. Elle aurait pu se frapper pour ça. Ce n'était pas son ami, pas vraiment. Elle n'avait aucune raison de pleurer. Mais d'une manière étrange, déformée, elle ressentait sa perte. Elle l'avait ressentie depuis ce jour dans la Salle sur Demande. Parce que quelque part au fond d'elle vivait la petite fille avec qui, autrefois, il avait joué, qu'il avait réconfortée, protégée. Et il manquait à cette petite fille. Il lui manquait plus qu'elle ne pouvait le dire.
Drago l'attira vers lui, drapant ses bras autour d'elle. Son étreinte était chaude et familière, et elle s'accrocha à lui comme pour éviter de se noyer. Elle avait perdu tant d'amis dans cette guerre, tant de gens qu'elle aimait. Elle ne pouvait supporter de perdre quelqu'un en plus.
Drago la laissa pleurer, lui donnant le temps dont elle avait besoin pour faire son deuil.
« Viens avec moi, » répéta-t-il doucement.
Mais ce n'était pas si simple. Hermione l'embrassa sur la joue avant de faire un pas en arrière.
« Au revoir, Drago, dit-elle avec un sourire forcé.
- Au revoir, Hermione. »
Et là-dessus, il transplana.
FIN
