Me revoilà ! Je sais que ça fait assez longtemps, désolée, désolée ! Autant vous prévenir tout de suite, je ne publierais pas mes chapitres tous les certains temps, j'en suis tout simplement incapable, navrée.

D'ailleurs je me suis rendue compte que j'avais oublié le Disclaimer alors le voilà : la plupart des personnages de cette fiction, de même que certaines parties de l'histoire appartiennent à Stephenie Meyer.

En tout cas merci à toutes les revieweuses ! Je ne m'attendais pas à ce que vous soyez si nombreuses !

Loulou des îles : merci beaucoup pour ta review ! Contente de t'avoir fait rire ! J'espère que le nouveau chapitre ne te décevra pas !

Lili : j'espère que cette suite te plaira !

Penpen : ta review m'a bien fait rire et m'a vraiment fait plaisir, en espérant que la suite te plaise toujours !

2. Une bien étrange imprégnation

-Bonjour Grand-Ma !, lançai-je gaiment en pénétrant dans la cuisine et en plaquant un bisou sur la joue de ma grand-mère maternelle.

-Bonjour mon petit !, me répondit-elle.

Celle-ci venait tout de juste de rentrer de la réserve Makaah où elle avait passé quelques jours chez une vieille amie. A la mort de son mari, alors que je savais à peine marcher, elle avait emménagé chez nous et c'était elle qui m'avait en grande partie élevée. Nous étions vraiment très proches, je l'adorais, même si à présent elle n'avait plus toute sa tête. Mon grand-père était un ancien et tous deux avaient vécus toute leur vie à la Push. Elle avait toujours une histoire à me raconter sur notre tribu nos légendes avaient ainsi bercé mon enfance au point que je les connaissais à présent par cœur.

-Tu m'as l'air de bien bonne humeur ce matin, remarqua-t-elle devant mon air enthousiaste.

-J'ai enfin fini mon article sur le Coach Connweller, expliquai-je –bien que le fait que Jared et Paul soient absents depuis une semaine contribuait aussi énormément.

-Et comment va-t-il justement ? Il s'en sort ? Ca ne doit pas être facile tous les jours pour lui avec sa femme qui n'est plus là pour l'aider.

-Il va très bien, la rassurai-je. Et Kim est suffisamment grande et mature pour pouvoir se prendre en main et s'occuper des tâches ménagères.

Sa mère était décédée d'une leucémie alors que Kim allait avoir quatre ans. Elle ne gardait pas beaucoup de souvenirs d'elle et avait du apprendre très tôt à se gérer seule et à prendre soin de son père et de leur maison. Parfois ils avaient un peu de mal à joindre les deux bouts malgré les petits boulots qu'elle effectuait à côté mais en général ils trouvaient toujours un moyen de s'en sortir. Nos deux familles avaient toujours été très proches et nous étions toujours prêts à nous entraider.

-Tout de même. Tu lui as bien dit que s'il avait besoin de quoique ce soit, il ne devait pas hésiter, n'est-ce pas ?

-Oui, Grand-Ma. Maintenant je file où je vais être en retard, passe une bonne journée !

Je sortais rapidement avant de monter dans la voiture d'un Chris ronchonnant qui démarra rapidement.

A peine avais-je posé un pied dans le lycée que je sentis que quelque chose n'allait pas. Tous les élèves discutaient fébrilement par petits groupes et les filles poussaient des piaillements surexcités. J'ouvrais mon casier en fronçant les sourcils, me demandant quelle pouvait bien être la cause de tant d'agitation.

-Jared et Paul sont revenus !, s'exclama joyeusement Kim en me rejoignant.

Bon bah au moins maintenant je le savais. Fichtre ! Juste au moment où je commençais à me sentir à mon aise de cet établissement, il fallait que les deux gigolos de service refassent surface.

Je soupirais, guère enchantée par cette nouvelle, avant de prendre le chemin de mon premier cours de la journée, Kim sur mes talons babillant toujours avec entrain :

-Melody les a vus au bureau de l'administration et apparemment ils sont encore plus beaux qu'avant !

J'haussai les sourcils, guère convaincue, lorsque la foule du couloir se rangea sagement contre les casiers en chuchotant frénétiquement tandis que les élèves susmentionnés marchaient dans notre direction. Je les regardais passer, bouche bée, pendant qu'Amanda –l'une des pires pipelettes de l'école, se penchait vers moi et me lançait sur un ton grave avec des accents pathétiques –au sens littéraire du terme :

-Stéroïdes.

Puis ses amies hochèrent la tête en chœur avec sérieux avant de retourner à leur dégustation visuelle des deux hommes qui venaient de passer. Car c'était assurément ce qu'ils étaient devenus en si peu de temps. Comment qualifier autrement ces géants tout en muscles ? Ils étaient à tomber, il n'y avait pas d'autres qualificatifs plus appropriés. Et toute la gente féminine présente semblait partager ce point de vue. Ils s'étaient coupés les cheveux assez courts ce qui dégageait de manière inhabituelle leur visage et rendait parfaitement bien visible leur air impassible qui défiait quiconque de les approcher.

Je me demandais ce qui avait bien pu leur arriver. Une puberté fulgurante ? Une maladie inconnue ? Ou alors comme le pensait Amanda, des drogues ? Toutes ces hypothèses tournaient dans ma tête sans que je ne puisse trouver une explication qui me satisfasse. Je passais les heures précédant la pose-déjeuner à tourner et retourner le problème dans tous les sens pour n'obtenir rien d'autre qu'un affreux mal de tête et des notes indéchiffrables. Je n'imaginais même pas dans quel état Kim devait se trouver.

Lorsque je la retrouvais, celle-ci était effectivement en train de devenir chèvre. Je lui proposais de prendre notre repas dehors, espérant que la température relativement basse apaise nos esprits torturés. Nous sortîmes donc et je tentais de nous distraire en parlant du dernier épisode d'une série que nous vénérions pour sa débilité à mourir de rire. Mais un mouvement dans le coin de mon champ de vision attira mon attention et je faillis m'étrangler en reconnaissant les deux silhouettes masculines fort peu vêtues qui se dirigeaient d'un pas vif vers la forêt. Elles avaient déjà disparu lorsque Kim se retourna afin de voir ce que je fixais ainsi, la bouche ouverte. Elle haussa des sourcils interrogateurs à mon attention mais je ne répondis pas, totalement perplexe. Comment pouvaient-ils se balader torse nu en cette saison ? Et qu'allaient-ils faire dans la forêt ? Je les imaginais bien trottiner avec leur petit panier d'osier à la rechercher de champignons qu'ils pourraient fumer ensuite ou alors qu'ils vendraient pour le compte de Sam Uley. Au choix. Sam Uley qui soit dit en passant était un garçon qui avait toujours été poli et amical envers moi. De plus sa petite amie, Emily était tout simplement adorable et je voyais mal cette fille sortir en toute impunité avec un dealeur de drogues.

En tout cas, on ne les revit plus en cours de l'après-midi, fait étonnant puisque nous avions sport et que c'était sans conteste leur matière préférée –et accessoirement la seule où ils devaient avoir la moyenne. Moi mauvaise langue ? Mais pas le moins du monde !

Je trainais un peu après la classe, pour finir par être la dernière dans les douches. Je sortis finalement et tendis à tâtons la main pour atteindre ma serviette. Mais je ne brassais que de l'air. Prise de panique, j'ouvris brutalement les yeux pour m'apercevoir qu'effectivement le porte-serviettes était vide. Bon je retirai ce que j'avais dit sur le fait que les gens m'appréciaient bien en général parce que ce n'était visiblement pas le cas de tout le monde. Je m'en voulais terriblement d'avoir été aussi stupide, c'était l'une des règles numéro un au lycée : ne jamais laisser sa serviette sans surveillance, sinon gare aux conséquences. Je crois même que certains en avaient fait une chanson.

J'appelais dans l'espoir que quelqu'un m'entende et vienne m'aider mais tout le monde devait déjà être parti car personne ne répondit. Je soupirai avant de prendre la direction des vestiaires tout en priant pour que personne ne me voie dans cette tenue quelque peu… dénudée. Seulement mes affaires aussi avaient disparu, évidemment, ça n'aurait pas été drôle sinon. Je me demandais comment j'allais bien pouvoir m'en sortir et si on avait prévu d'autres choses sympathiques pour moi, comme par exemple me prendre en photo et les poster sur internet, ce qui était arrivé à Melody l'année dernière.

A contrecœur j'entrai finalement dans le vestiaire des garçons –en croisant les doigts pour ne croiser aucun représentant du sexe opposé, dans l'espoir de trouver quelque chose qui pourrait me couvrir un minimum. Je farfouillais donc un peu partout dans la pièce et venais juste de mettre la main sur un morceau de tissu blanc non-identifié qui jadis avait du être une serviette, lorsque j'entendis la porte s'ouvrir puis se refermer. Par réflexe je me couvris à l'aide de l'étoffe et fis face à Paul -oui, oui, le Number One des Crétins de notre lycée. Je restai quelques secondes sans bouger, les yeux dans les yeux puis poussai un cri ridicule et étranglé avant de me réfugier derrière une série de casiers, mortifiée. Il y eu un silence pesant pendant lequel je me traitais mentalement d'idiote. Je n'arrivais pas à croire que je me sois fourrée dans une situation pareille. Parce que franchement, question humiliation, ce gars était champion. J'attendis donc la série de remarques désagréables et déplacées qui allait très certainement suivre avec appréhension et tachais de me reprendre un peu, préparant quelques répliques acerbes dans ma tête, sachant parfaitement que je n'arriverais pas à les ressortir en temps voulu.

Seulement à la place j'entendis le bruit caractéristique des vêtements qu'on enlève et je me glaçais d'horreur, m'imaginant les pires scénarios. Bon, ce type était peut-être le pire crétin que la Terre n'ait jamais porté mais de là à faire de lui un violeur ? Je tentais de me résonner alors que mon rythme cardiaque s'envolait vers des horizons jamais atteints jusqu'alors.

Puis un bout de tissu noir pénétra dans mon champ de vision et je restai perplexe. Était-ce sa manière de me rassurer ? Comme une sorte de drapeau blanc mais en version noire ?

-Tiens, expliqua-t-il. Mets-ça où tu vas finir par attraper froid.

Après quelques instants d'hésitation liés à un état de perplexité chronique, j'acceptai finalement le vêtement que j'enfilai rapidement. Il était si grand que j'aurai pu m'en servir comme robe, et heureusement il couvrait toutes les parties de mon corps qui sont sensées rester un mystère pour tous ceux qui ne sont pas moi.

Je n'en revenais pas, Paul, gentil ? Non ça cachait forcément quelque chose. Si ça se trouve il avait renversé une boite de poil à gratter dans le tee-shirt et j'allais être prise de démangeaisons démentielles d'une minute à l'autre.

-Sinon, qu'est-ce que tu fais ici ?, demanda-t-il sur le ton de la conversation et sans les ricanements qui ponctuaient généralement chacune de ses phrases.

Je rougissais violemment et ne répondis rien, de plus en plus mal à l'aise.

-Au fait, je m'appelle Paul.

-Sans blague !, laissai-je échapper avec sarcasme. Comme si je ne le savais pas !

Il y eu un nouveau silence embarrassé qu'il rompit pour la troisième fois :

-Je suis vraiment navré mais je n'arrive pas à me rappeler ton nom, tu serais assez gentille pour me le dire ?

-Tu devrais le connaître pourtant, étant donné qu'il est marqué en permanence sur mon badge, raillai-je en me remémorant toutes les humiliations publiques qu'il m'avait fait subir.

-Oh. Alors c'est toi la serveuse du dinner ?

-Oui, c'est moi. Je pensais qu'à force de me lancer des remarques déplacées et désagréables tu aurais fini par t'en souvenir mais apparemment ce n'est pas le cas.

Je ne savais pas vraiment ce qui me prenait mais lui exprimer tout le bien que je pensais de lui était étonnamment libérateur.

-Je peux savoir pourquoi tu es revenu en cours ? Tu n'aurais pas pu continuer à faire ces trucs débiles dont toi seul a le secret ? Sérieusement, sans toi ici j'ai vécu la plus belle semaine de toute ma vie !

J'avançais pour lui faire face, terriblement en colère et prête à en découdre une bonne fois pour toutes avec ce crétin prétentieux. Mais c'était avant que je ne me rende compte de ma tenue : son large tee-shirt qui, s'il couvrait le principal, s'arrêtait relativement haut sur mes cuisses. D'ailleurs Paul me dévisageait avec un air que je ne comprenais pas.

-La vue te plaît-elle ?, demandai-je froidement en le toisant mais en résistant toutefois à l'envie de croiser mes bras sur ma poitrine dans un geste protecteur –stupide orgueil.

-Désolé, se reprit-il en détournant le regard.

J'haussai les sourcils, surprise par son attitude.

-Qui es-tu et qu'as-tu fait au Paul pervers et arrogant ?, interroge-je, très sérieuse.

-J'ai changé.

Physiquement, oui j'avais remarqué mais mentalement ? Je ricanais d'un rire sans joie, guère convaincue.

-Je t'assure que c'est la vérité, je te le prouverais.

-A d'autres, murmurai-je en le contournant pour sortir.

Il m'attrapa le poignet au passage et je sursautai en sentant la chaleur que sa main dégageait.

-Tu as de la fièvre ?, demandai-je, curieuse.

Cela pourrait expliquer ce changement soudain d'attitude. Si ça se trouvait il était tout simplement en train de délirer. Cette constatation me fit un peu peur, qui savait de quoi il était capable ?

-Je ne te ferai pas de mal, affirma-t-il doucement en me lâchant toutefois.

Je le jaugeais du regard, ne sachant pas vraiment comment réagir.

-Je dois avoir quelques vieilles affaires de sport dans mon casier, je peux te les prêter si tu veux.

J'en restai baba. Non décidemment cette gentillesse ne collait pas au personnage.

-Je vais appeler quelqu'un qui viendra me chercher et m'amener des affaires propres. Je préfère me débrouiller toute seule, merci bien.

-Et avec quel portable vas-tu téléphoner ?

Un point pour lui. Paul : 1. Moi : 0.

J'envisageais rapidement les différentes options qui s'offraient à moi : je pouvais aller trouver la secrétaire et lui demander de passer un coup de fil mais je n'avais pas la moindre envie de me balader dans cette petite tenue dans tout l'établissement. Elle me prendrait pour une folle ou alors elle se ferait des idées, Amanda n'était pas sa fille pour rien. Je ne savais pas quelle était la plus commère des deux. Pas question non plus d'aller demander à un prof et de toute façon ils devaient déjà tous être partis. Et ce n'était même pas la peine de demander l'aide de Paul, je m'y refusais.

Et puis qui aurais-je bien pu appeler ? Mes parents étaient au restaurant et je préférais qu'ils n'aient jamais vent de cette histoire. Ma grand-mère n'était plus en état de conduire, Kim n'avait toujours pas son permis et Chris, notre chauffeur attitré, était parti faire quelques emplettes à Port Angeles, alors le temps qu'il arrive…

Ne me restait plus que l'option de rentrer à pied. Si seulement mes parents acceptaient de me payer une voiture, tout serait bien plus simple, mais non ! D'après eux, rentrer en bus me faisait le plus grand bien puisque je prenais l'air, que je marchais et blablabla. Heureusement que Chris avait une voiture.

Enfin bref, l'idée même de me promener en serviette dans toute la Réserve alors qu'il faisait relativement frisquet dehors ne m'enchantait pas non plus spécialement. Je soupirais, découragée à l'avance.

-Je n'ai pas mon portable sur moi, désolé, intervint Paul en coupant court à mes réflexions.

-Je rêve où c'est la troisième fois que tu t'excuses en moins de dix minutes ?, ne pouvais-je m'empêcher de faire remarquer. Alors qu'est-ce que ça te fait ? Ca va, tu crois que tu vas pouvoir vivre avec ça ?

Il ne répondit rien et je le vis serrer férocement les poings. Tout son corps semblait pris de tremblements et je reculais, un peu apeurée. Ma réaction sembla le calmer un peu.

-Désolé.

Cette fois, je ne fis pas de remarque, peu disposée à provoquer à nouveau pareille réaction chez lui.

-Voilà ce que je te propose : je te prête des affaires pour que tu ne meures pas de froid une fois sortie et je te raccompagne chez toi en voiture. Qu'est-ce que tu en dis ?

Est-ce que j'étais réellement en mesure de répondre non ?

N'ayant pas le choix j'acceptais sa proposition et allais me cacher dans les douches pour me changer et enfiler les vêtements qu'il me donna. Son bas de jogging était bien trop grand pour moi et j'étais presque obligée de le tenir en permanence pour qu'il reste sur mes hanches mais c'était déjà ça. Au moins je ne ressentis pas trop les effets du froid lorsque nous sortîmes pour nous rendre sur le parking.

Je montais à bord d'une énorme Jeep noire dans laquelle Paul mit le chauffage à fond, ce dont je lui fus immensément reconnaissante –bien que je ne l'avouerai jamais. Je lui indiquais la direction à prendre et le trajet jusqu'à chez moi se déroula en silence. Je n'avais pas franchement envie de discuter avec lui bien qu'il se soit montré exceptionnellement gentil avec moi aujourd'hui.

Lorsque la voiture s'arrêta finalement et que je reconnu ma maison, je me tournais vers lui pour lui dire quelque chose, n'importe quoi, c'était juste histoire de lui montrer que je lui étais quand même reconnaissante de m'avoir aidé. Mais rien ne vint alors je me contentais de lui sourire faiblement puis de sortir.

Mais avant de refermer la portière et de m'éloigner, je fus prise d'une soudaine impulsion et je lui lançais :

-Au fait, moi c'est Diana.