Harry s'affala sur une chaise. Il se sentait à nouveau si vide. Il avait récupéré son amour pour qu'il le trahisse à nouveau. Il l'avait manipulé pour l'obliger à le libérer de son serment et pouvoir ainsi s'enfuir. Mais cette fois, il ne lui en voulait pas. Il s'en voulait à lui de ne pas avoir été suffisamment attentif et de s'être suffisamment démené pour ramener son fils avant de penser à son plaisir personnel. Le brun frappa du poing sur la table. Cette fois, il ne baisserait pas les bras, Drago était à lui et il allait le récupérer. Ou, s'il était honnête, il avait besoin de lui et il n'allait certainement pas l'abandonner comme il le lui demandait.
Le gryffondor se mit à réfléchir, premièrement il allait devoir trouver l'endroit où Voldemort se cachait. Ensuite il allait devoir l'affronter. Mais avant ces réjouissements, il fallait être sûr que tous les horcruxes soient détruits. Il avait donc besoin de Severus pour qu'il l'emmène au manoir du seigneur des ténèbres et ensuite il devait faire activer les recherches sur le diadème puisque Nagini ne serait plus longtemps un problème s'il en croyait Drago. Bon il resterait le problème de son bout d'âme emprisonné dans la sphère mais il restait persuadé qu'il n'aurait d'autre choix que de le détruire quel qu'en soient les conséquences.
- Où est Severus ?
Tout le monde se regarda. En fait, personne ne s'était inquiété de son absence depuis hier. C'est Molly, une pointe de culpabilité dans la voix, qui répondit.
- Il n'est pas revenu à square Grimmaud depuis hier. Mais peut-être qu'il a juste été retardé.
- Et merde ! pesta Harry…
Si l'espion avait échoué, son plan allait sérieusement être mis à mal et surtout il n'aurait plus personne pour l'emmener auprès de Voldemort. Et puis, il devait aussi reconnaitre que le maitre des potions avait quelques qualités humaines, une fois qu'on le connaissait et qu'il aurait de la peine à le savoir mort, malgré toutes leurs disputes. Mais il n'avait aucun moyen de le joindre et il n'avait plus d'espion du côté du seigneur des ténèbres pour le renseigner sur le sort de Severus. Il allait devoir prendre son mal en patience et espérer que le sorcier s'en était sorti et avait réussi sa mission. Il devait se concentrer sur les autres horcruxes pour le moment et souhaiter que Drago tienne le coup en attendant. A cette pensée, une rage intense l'envahie, et il sentit sa magie chercher un exutoire. Il ne devait pas penser au blond et à ce qu'il risquait de subir en ce moment s'il voulait garder l'esprit clair pour l'aider.
Il ne savait pas comment mais il était persuadé que Voldemort n'allait pas le tuer. Il y était attaché d'une façon malsaine et étrange. Est-ce que cela était due à la connexion qu'ils partageaient ou étais ce la preuve que le seigneur des ténèbres et lui étaient finalement plus semblables que tout le monde semblait le penser. Harry se secoua, il ne voulait pas penser à cela non plus. Maintenant qu'il s'était rendu compte de son comportement despotique et violent, il craignait à nouveau de devenir un nouveau seigneur des ténèbres au moindre dérapage.
Il organisa rapidement ses idées et commença à distribuer les ordres.
- Bon, Ginny, va retrouver Neville. Il faut retrouver ce diadème au plus vite ! c'est la priorité. Si c'est celui de Serdaigle, il se trouve peut-être à Poudlard. Essaye de consulter les livres de la bibliothèque. Professeur Macgonagall, vous pourrez trouver un moyen pour lui donner accès à la section interdite?
- Je vais m'arranger, Harry et je vais tenter de voir du côté des serdaigles.
- Merci professeur. C'est bon pour toi Ginny ? fais-toi aider de Neville, il faut faire vite.
- Très bien Harry répondit la jeune fille, heureuse d'avoir une mission qui l'empêcherait de penser à la trahison de son petit ami. Je crois que Luna et lui avait idée assez précise qu'ils devaient tester.
- Ok, je vous attends ici ce soir pour un compte rendu ordonna le brun. En attendant, j'ai une nouvelle mission pour tous les autres membres disponibles. Il faut faire prisonnier un mangemort, je me fiche des moyens! ce soir je veux avoir quelqu'un capable de m'emmener au manoir de Voldemort.
- Mais enfin, Harry, tu n'es pas encore prêt tenta de la calmer Hermione.
- Je ne serai jamais prêt alors il faudra bien que je me lance un jour et j'ai décidé que ce serait aujourd'hui, répondit froidement le gryffondor d'une voix qui ne souffrait pas la contradiction. Il savait qu'il risquait gros mais, même s'il ne parvenait pas à tuer Voldemort, il devait quand même essayer de récupérer son amant le plus tôt possible.
Lorsque Severus se réveilla, il fut étonné de se sentir plutôt bien, aucune douleur, aucun mal de tête, ce n'était pas cohérent puisqu'il avait forcément dû être ramené au manoir de Voldemort. Comment avait-il pu être assez idiot pour se fier au jeune Londubat? En tout cas, le sorcier camouflait vraiment bien sa nature, jamais Severus n'aurait imaginé qu'il soit un traitre. Il n'était peut-être pas son fan numéro un mais le maître des potions devait admettre qu'il avait fini par l'apprécier et reconnaitre certaines de ses qualités. Il s'était bien fait avoir.
Le serpentard se concentra sur son entourage, il n'entendait rien, cela voulait dire qu'il était certainement seul dans sa cellule. Il décida donc que simuler le sommeil ne présentait aucun intérêt si personne ne le surveillait. Il se décida donc à ouvrir les yeux, qu'il referma bien vites, agressé par la lumière. Dans quelles sortes de cachots se trouvait-il pour qu'ils soient autant illuminés? Severus grogna et entrouvrit les yeux pour s'acclimater tout doucement. Il finit par pouvoir analyser son entourage…enfin analyser c'était vite dit. L'endroit dans lequel il se trouvait le déstabilisait complétement. Il était allongé sur un lit de verdure, entouré de lianes qui semblaient se mouvoir d'elle-même. Est-ce que le maitre avait décidé de le donner à dévorer à des plantes carnivores ?
Les lianes tressaillirent et ouvrirent un passage en leur milieu. Le maître des potions se mit en position défensive et porta instinctivement la main à sa poche, et fut étonné d'y découvrir sa baguette, par Merlin, tout ceci n'avait aucune cohérence. Pourquoi lui laisser de quoi se défendre ?
Lorsqu'il vit Neville Londuat pénétrer dans la pièce, sa colère redoubla et il pointa sa baguette sur lui. Celle-ci qui lui fut aussitôt arrachée par une des lianes pendant que d'autres se saisissaient de ses poignets et l'emprisonnaient. Le sorcier se retrouva immobilisé, maintenu en l'air par de stupides plantes.
- Oh désolé professeur, Norbert est assez protecteur avec moi. Lâche le Norbert grogna le jeune sorcier.
Au plus grand étonnement de Severus, la plante obéit et le déposa délicatement sur le lit qu'il avait quitté quelques minutes plus tôt. Neville s'approcha de lui, déposant un plateau plein de victuailles sur le lit à côté de lui.
- Désolé, c'est tout ce que j'ai pu obtenir. J'ai préféré ne pas faire appel aux elfes, la plupart son fidèle au directeur et donc à Ombrage.
Pour une fois Severus resta sans voix. A quoi jouait donc le jeune sorcier. Un moment il l'attaquait et le suivant il le nourrissait. Neville se tourna vers lui et sembla étonné de le voir, baguette en main, et sur la défensive.
- Vous êtes en sécurité ici Monsieur.
- Etant donné que vous m'avez attaqué pour m'amener dans cet endroit étrange, laissez-moi en douter.
- Oh, ça rougit le gryffondor. J'étais un peu près sûr que vous ne le prendriez pas très bien.
- Oh et bien pour une fois, vous avez pensé correctement ! je n'en reviens pas que vous ayez pu trahir vos amis.
- De quoi parlez-vous ? je n'ai trahi personne !
- Je peux savoir pourquoi vous m'avez empoisonné alors ? demanda le maître des potions de sa voix glaciale en lorgnant quand même sur le plateau. Depuis combien de temps était-il ici pour avoir si faim ?
- Vous alliez stupidement vous faire tuer, je n'ai fait que vous ramener ici pour vous soigner. Mais comme vous êtes une vraie tête de mule, je ne voyais pas comment faire d'autre !
- Je devrais donc vous remercier de m'avoir sauvé la vie ? se gaussa Severus Rogue.
- Oui vous devriez ! répondit d'une voix ferme le gryffondor.
Le maître des potions fut à nouveau étonné de l'aplomb du jeune sorcier. Depuis quand était-il aussi sur de lui ?
- Je suis ici depuis combien de temps ? demanda le maitre des potions pour changer de sujet.
- Je vous ai trouvé vers minuit et il doit être dix heures du matin.
- 10 heures ! vous n'auriez jamais dû me laisser dormir si longtemps !
- Oh désolé, la prochaine que je vous trouve à moitié mort, je penserai à mettre un réveil matin.
- Et cessez d'être aussi insolent
- Et vous cessez d'être aussi désagréable.
Par merlin, Severus devait vraiment être dans une autre dimension.
- Je dois avertir Harry et lui donner…
Le maître des potions se mit à chercher fiévreusement son sac, en vain. Il lança un regard inquiet tout autour de lui ;
- Si c'est le sac que vous cherchez, je l'ai caché. Personne ne le trouvera.
- C'est un objet très important, vous êtes sûr de vous ?
- Oui.
- Il faut le donner à Harry au plus vite.
- Pour l'instant, il ne serait pas prudent de se promener avec dans Poudlard. Ombrage fait fouiller tous les étudiants, les dortoirs sont déjà tous y passés.
- Dans ce cas-là, il faudrait pouvoir faire passer un message à l'ordre.
- Ça c'est faisable, je ….
Un cri strident, proche des ultrasons se fit entendre. Severus se boucha les oreilles pendant que Neville se précipitait vers la sortie qui venait de se dessiner dans le mur de lierre.
- C'est une alarme, quelqu'un vient de pénétrer dans la serre. Ne bougez pas d'ici. Je revient
Et avant que Severus n'ai pu soulever aucune objection, le passage s'était déjà refermé sur Neville.
Le serpentard se rassit sur son lit se posant mille et une questions. Lui qui s'était toujours targué d'être si observateur, comment n'avait-t-il pas vu que le jeune Londubat avait tellement changé? Et il semblerait qu'il ait aussi acquis en puissance magique pour se faire ainsi obéir, sans baguette par ces plantes. Cela expliquait qu'il arrivait à le fournir en plantes aussi facilement. Mais dans ce cas pourquoi restait-il toujours aussi nul dans ses cours… bon il admettait qu'il n'était pas un excellent professeur mais il n'était quand même pas si odieux… quoique.
La porte s'ouvrit pour laisser passer un Neville, visiblement plus détendu suivi par Ginny Weasley. Le maître des potions se redressa, glissant sa main dans sa poche pour être prêt à sortir sa baguette. Il savait maintenant que le Neville n'était pas le traitre, il ne restait plus à ses yeux que deux options… et l'une d'elle était juste devant lui.
- Professeur, vous allez bien? souffla Ginny.
- Comme vous pouvez le constater, répondit froidement le maitre des potions en se rapprochant de Neville. Après tout, si une bataille s'engageait, le jeune sorcier ne verrait rien venir et ne serait pas à même de se défendre.
- Harry était inquiet pour vous et pour la mission. Il faut que nous allions le rejoindre poursuivi la jeune sorcière en semblant prête à sortir de la pièce secrété.
- Je ne crois pas Miss Wealey répondit Severus en pointant sa baguette sur elle
- Professeur ! s'exclama Neville en tentant de se positionner devant son amie. Mais le serpentard le repoussa fermement sur le côté. Qu'est ce qu'il vous prend, Ginny est de notre côté.
- Je n'en suis pas aussi sur que vous.
- N'importe quoi, elle…
- Calme toi, Neville reprit la sorcière d'une voix trop sérieuse pour une jeune fille de son âge. Il y avait un traitre à l'ordre et à priori le professeur Rogue et Harry étaient au courant.
- Et vous allez me faire croire que ce n'est pas vous?
- Non c'était Blaise répondit tristement la jeune fille. Je me suis faite avoir comme une imbécile….
- Oh vous allez nous faire pleurer, Miss Weasley. Arrêtez votre cirque ! Vous vous êtes vendue toute seule quand vous avez dit qu'Harry Potter s'inquiétait pour moi. L'ancien Harry aurait été capable de s'inquiéter mais pas l'actuel Harry. Celui-là se fiche de savoir qu'un de ses pions est mort.
- Je ne mens pas! Harry est très différent depuis ce matin. On ne sait pas ce qu'il lui est arrivé mais c'est vrai, on a retrouvé notre Harry. A priori c'est depuis qu'il s'est réconcilié avec Drago.
Le maitre des potions eut comme un éclair.
- Londubat est ce que vous êtes absolument sûr que personne ne peut pénétrer ici sans votre permission ?
- Absolument! Norbert le laisse passer personne si je ne lui en donne pas l'ordre.
- Dans ce cas, donnez-moi mon sac, il me le faut. Maintenant !
- Oh d'accord répondit le jeune sorcier en sursautant.
Il se dirigea vers le fond de la salle et caressa les lianes qui semblèrent se recroqueviller sur elles-mêmes pour laisser voir une petite cache. Le gryffondor en sortit le sac de Severus et le lui remit.
- Toutes les plantes vous obéissent ainsi ?
- Presque toutes oui, si on les respecte, elle vous respecte aussi, c'est assez simple.
- Simple oui, mais seulement cela nécessite un bon niveau de magie et surtout une magie très pure s'étonna le maître des potions sans cesser de pointer sa baguette sur Ginny.
- Oh, merci rougit le gryffondor étonné de recevoir un compliment, bien que cela soit plus une constatation qu'un réel compliment.
Severus fini de sortir la sphère et l'observa. Effectivement la sphère était redevenue essentiellement blanche. Ce qu'avait dit la sorcière semblait donc vrai sur ce point mais comment être sûr pour le reste ?
- Legimens lança le maître des potions.
En instant, tous les souvenirs de Ginny se succédèrent dans son esprit pèle mêle.
Des baisers langoureux avec Harry, sa haine pour Drago, son rapprochement avec Blaise, le passage à tabac de Drago plébiscité par la rouquine puis les événements les plus récents avec l'enlèvement d'Orion et le départ de Blaise. La jeune sorcière n'était pas assez puissante pour pouvoir camoufler ou modifier ses souvenirs.
- Ainsi c'était Zabini… il cachait vraiment bien son jeu déclara froidement Severus Rogue avant d'abaisser sa baguette et de se rasseoir sur le lit, un peu étourdit.
Il avait perdu beaucoup de sang et, même s'il se sentait mieux, il n'était pas encore au mieux de sa forme. Il devait réfléchir rapidement, son filleul était en difficulté et il devait trouver une solution pour le sortir de là.
- Neville, Harry veut activer les recherches sur le diadème. Tu m'as dit que Luna avait une idée, vous avez avancé ? demanda Ginny pour changer de sujet.
- Oui, Luna est quasiment sure qu'il se trouve dans la salle sur demande. Mais on ne peut plus y accéder. Elle semblait avoir une idée pour passer outre les gardes d'Ombrage mais tu sais qu'avec elle, il faut être prudent.
- Très bien, je m'occupe de …
Severus et Ginny portèrent rapidement leur main sur leurs oreilles pour protéger leurs tympans du bruit strident de l'alarme personnel de Neville.
- Ombrage vient de pénétrer dans la serre. Ginny suit moi ordonna Neville
- Attendez c'est dangereux, je vous accompagne
- Ah, excellente idée et vous ne voulez pas non plus lui expliquer qu'on fait partis de l'ordre du Phéonix non plus ? C'est sûr que cela améliorera notre cote de popularité auprès d'elle s'agaça le gryffondor. Taisez-vous et restez là!
- Je ne vous permets pas et….
Pour une fois Severus Rogue ne put terminer ses menaces car il fut couché de force sur le lit et maintenu par les lianes et l'une d'elle se positionna délicatement sur sa bouche pour le faire taire.
- Désolé professeur, je reviens dans un instant.
- Humpf… hupff
- Je le trouve nettement plus sympa quand il ne parle pas se moqua Ginny.
Neville se dit que, connaissant la rancune du maître des potions, son amie aurait dû s'abstenir de faire ce genre de réflexion. Lui, en tout cas n'aurait pas pris ce risque.
Les deux jeunes gens sortirent rapidement de la pièce sous les invectives silencieuses du maitre des potions. Il détestait rester en retrait quand des élèves se trouvaient ainsi en danger. C'était son rôle à lui de les protéger et il ne concevait pas de rester en sécurité pendant qu'eux risquaient leur vie.
Severus tira sur ses liens et se débattit tant qu'il put… en vain. Il se laissa retomber sur le lit, frustré de ne pas pouvoir intervenir et se concentra pour suivre la conversation qui s'entamait à partir du moment où il reconnut la voix nasillarde de Dolores Ombrage.
- Tiens donc Monsieur Londubat, vous vous faites rare depuis hier. Il est étonnant qu'un homme de votre corpulence soit capable de sauter un repas.
Le maitre des potions s'offusqua intérieurement de cette attaque. Il avait été lui-même témoin des efforts du jeune sorcier pour retrouver la forme nécessaire pour s'investir dans le combat contre les forces des ténèbres. Et, même s'il avait été assez dubitatif au départ, Severus devait reconnaitre qu'il avait été assez impressionné par la force de caractère du jeune homme qui avait tenu le rythme des entrainements tout en s'efforçant de respecter un régime draconien.
L'espion n'entendit pas la réponse du gryffondor mais ressentit l'agacement dans la voix d'Ombrage.
- Est-ce que vous reconnaissez ceci M. Londubat ?
- Mon manuel de métamorphose, c'est gentil de l'avoir ramené, je me demandais où j'avais pu l'oublier commença innocemment le sorcier, sachant qu'il ne servait à rien de faire croire que ce n'était pas le sien.
- Et pourriez-vous m'expliquer ce que faisait votre manuel de métamorphose dans les couloirs ?
Par merlin! Severus, tira de nouveau virulemment sur ses liens. Cet imbécile avait laissé de preuve de son passage. Il était en danger et il fallait le tirer de là.
- Je suppose qu'il est tombé.
- Juste à l'endroit où nous avons perdu la trace de Severus Rogue ?
- Oh vous chercher le professeur rogue, je n'hésiterai pas à le lui dire si je le croise.
- Arrêtez de vous foutre de moi, Monsieur Londubat, je déteste l'arrogance ! il y avait des traces de sang à cet endroit précis. Dites-moi où il est et je pourrai envisager d'être clémente.
- Je ne vois pas de quoi vous voulez parler, professeur. Répondit froidement le jeune homme.
- Directrice ! je suis directrice Monsieur Londubat et, vous n'êtes pas sans savoir que j'ai, avec l'accord du ministre, rétabli quelques bonnes pratique ici. Les bons vieux châtiments corporels sont heureusement à nouveau autorisés.
Severus s'était calmé une fois qu'il eut admis qu'il ne serait pas en mesure de se délivrer de ses liens. Ses blessures n'étaient pas complétement refermées et ses efforts pour recouvrer sa liberté n'avaient fait que l'épuiser. Quelques gouttes de sueurs coulaient sur son visage, mais sa fatigue ne l'empêchait pas réfléchir rapidement.
- Très bien, ceci est votre dernière chance d'éviter une punition méritée. Où est Severus Rogue?
- ….
- Vous l'aurez voulu. Doloris.
Par merlin, le maitre des potions refusait de laisser quelqu'un souffrir à cause de lui ;
- Je …mfff
L'appel de Severus resta silencieux lorsqu'il fut rapidement à nouveau bâillonné pas une nouvelle liane. Ses efforts désespérées n'eurent pas plus de résultats et c'est impuissant et le cœur plein de rage qu'il dut écouter, sans pouvoir agir le calvaire du jeune sorcier. Après un temps qui lui parut atrocement long, il entendit Dolores Ombrage ordonner la fin de la « punition ».
- C'est bon relâchez-le… il ne sait rien, sinon il nous l'aurait déjà avoué, voir chanté. Ce n'est pas un héros, juste un misérable petit sorcier trop endoctriné par Dumbeldore. Vous feriez mieux d'être prudent, Monsieur Londubat, la prochaine fois, je ne serais pas aussi clémente, termina la sorcière.
Les liens disparurent autour des poignets de Severus Rogue, en même temps que le passage donnant sur la serre s'ouvrait. Lemaitre des potions s'y dirigea précipitamment, pour trouver une forme recroquevillée par terre.
- Londubat, vous m'entendez ;
- Humm.. c'est bon professeur. Laissez-moi 5 minutes et je serai sur pieds murmura le gryffondor ; il était entouré de plantes qui semblaient vouloir le caresser pour le réconforter.
Severus s'approcha de lui et lui entoura la taille pour l'aider à se redresser, le menant vers le lit que lui-même venait de quitter. Le jeune homme gémit avant de s'asseoir.
- Vous n'auriez jamais dû faire cela…
- Et quelles étaient mes autres options ? vous livrer pour qu'elle vous torture à mort? Ne soyez pas ridicule ! répondit le jeune sorcier, énervé que son acte soit méprisé.
- Vous n'aviez pas besoin de prendre de risques de moi… personne n'a jamais pris de risque pour moi et…
- Tous les membres de l'ordre se soutiennent les uns les autres, et je ne risquais pas ma vie.
Le maitre des potions serra les poings en se souvenant des cris de douleur… pas la mort mais la torture. Il fut interrompu dans ses pensées par une tornade brune.
- Nev ', ça va ? je suis désolée, ils m'ont retenue à l'extérieur je n'ai rien pu faire s'excusa la sorcière en se jetant dans ses bras.
- C'est bon Ginny répondit fermement Neville en se redressant ; le point positif c'est qu'ils me croient maintenant innocent sur ce point. Il faut trouver un moyen de faire sortir le professeur Rogue rapidement.
- Le plus important est d'emmener un … message à Harry. Le maitre des potions ne voulait toujours pas donner trop d'information devant la rouquine, même s'il était maintenant convaincu de son innocence.
- Vous lui porterez vous-même répondit Ginny. Luna à trouver un moyen de circuler librement et d'accéder à la salle sur demande.
- Je veux vous accompagner exigea aussitôt le maître des potions. S'il y avait un moyen de détruire un horcruxe de plus, il ne voulait pas rater cette occasion.
- Mais comment a-t-elle trouvé ce laisser-passer ? s'étonna le gryffondor.
- Je ne sais pas exactement mais à priori elle a reçu un coup de main de son petit copain.
- Tu crois qu'elle a vraiment un petit copain ?
- Nous le saurons rapidement, ils doivent arriver d'ici quelques minutes termina la rouquine alors que l'alarme rugissait.
- Monsieur Londubat, je vous jure que si cette saleté de plante sonne encore une fois comme cela, je fais apparaitre une hache et je l'abat.
Le jeune sorcier ne put lui répondre, trop occupé à ouvrir la bouche sous l'effet de la surprise
- Euh salut Luna… salut Vincent.
Le jeune homme blond s'affala sur le sol. Il avait réussi à retenir ses larmes et ses cris en laissant son esprit s'évader loin de là… près d'Orion… près d'Harry. Mais il ne tiendrait pas longtemps à ce rythme. Il avait plaidé la cause de son fils mais il pensait maintenant à le tuer lui-même pour le délivrer de cette vie d'esclavage qui se profilait pour son bébé et de torture et d'asservissement pour lui-même.
Pour l'instant, seuls les souvenirs de sont amant lui permettaient de tenir mais c'est aussi ce qui enervait le plus son bourreau. il n'avait de cesse de fouiller son esprit et de le punir à chaque fois qu'il voyait qu'il pensait à Harry... comment pourrait-il oublier son seul souvenir heureux...quitte à ce que cela le mène à sa perte.
