A/N : Merci pour vos commentaires, ça me fait le plus grand bien pour me motiver! ^^
Réponse aux commentaires anonymes :
Hiyoki-chan : Contente que tu aimes toujours autant mon histoire :) Merci beaucoup pour tes fidèles commentaires, ce sont mes bonbons les comms!
Chapitre 4 : La chasse
La jeune femme contempla avec ravissement la vue d'un champ de fleurs qui se déployait à perte de vue.
« Rin », l'interpela Kohaku.
Elle ne répondit pas et largua ses zoris.
« Ne fais pas ça, s'il te plait! »
« Pourquoi? »
« Tu n'es plus une gamine. Sango m'a demandé de venir te chercher. Tu es censée t'entrainer, tu te souviens? »
« …Ça peut attendre »
« Oh allez Rin! »
Elle lança un regard espiègle à son compagnon. « Je vais venir…si tu peux m'attraper! »
Et elle s'élança soudainement dans la plaine fleurie, telle une enfant sauvage. D'aussi beaux spectacles ne duraient que quelques semaines chaque printemps. Il n'était pas question qu'elle n'en profite pas pleinement!
« A-attend! », l'appela Kohaku.
Elle lui lança un regard au-dessus de son épaule et lui tira la langue.
« Ce que tu peux être têtue! Reviens ici! »
Il s'élança à sa poursuite, mais elle savait que cela lui prendrait du temps avant qu'il ne la rattrape. Pour une raison mystérieuse, elle courrait très vite lorsqu'elle était nu-pied. Et c'était beaucoup plus amusant qu'un entrainement ennuyeux!
Rin se réveilla en sursaut. Elle s'était assoupie une fois de plus…
Elle ne dormait pas très bien ces temps-ci…elle n'avait pas eu une seule bonne nuit de sommeil depuis qu'elle s'était assoupie dans les bras de Sesshomaru, dans la caverne.
Elle soupira. Jour après jour, elle revivait des souvenirs crève-coeur dans ses rêves. Elle n'arrivait plus à le supporter. Elle n'osait plus fermer les yeux la nuit, mais sa fatigue (et ses rêves) finissaient toujours par la rattraper de temps à autre. La plupart du temps, elle voyait Kohaku, ou Kaede, ou même sa famille parfois, comme si la perte de deux personnes chères à ses yeux avait rouvert d'anciennes plaies. Elle en conclut que la mort de sa tutrice et possible âme sœur la secouait beaucoup plus qu'elle ne voulait l'admettre…mais elle ne pouvait montrer sa peine maintenant!
Ils étaient arrivés au manoir de Sesshomaru il y a maintenant quatre jours. À sa grande surprise, l'extérieur n'était pas aussi extravagant que ce que Rin avait imaginé, mais il était camouflé derrière une végétation luxuriante, fidèle au moins à une de ses prédictions. L'intérieur par contre…était splendide. Simple et royal tout à la fois, décoré de chêne pâle, et de draperies rouge foncée et blanches. Elle était persuadée que les goûts à la fois pratiques et sophistiqués de Sesshomaru y étaient pour beaucoup.
Elle aimait particulièrement le fait que ses appartements aient deux portes extérieures qui menaient à une partie privée de la cour, envahie de lilas blanc, encerclant un petit marais. Le parfum des fleurs était apaisant. La plupart du temps, elle gardait ses portes ouvertes.
Et pourtant…elle s'ennuyait terriblement. Aussitôt qu'ils furent arrivés, son maitre fut sollicité en vue régler un problème urgent concernant les frontières de ses terres. Il était très occupé, si occupé que Rin ne l'avait plus vu depuis. Elle n'a toutefois pas essayé de le rendre visite, puisqu'elle avait entendu des servants parler à de multiples reprises de ses problèmes frontaliers, elle n'osait donc pas le déranger. Elle savait que les appartements de son maitre étaient près des siens…seulement quelques portes plus loin, et pourtant elle ne l'avait pas encore vu entrer ou sortir par quelque porte que ce soit du corridor…elle l'aurait certainement remarqué, étant donné qu'elle sortait très peu de sa propre chambre jusqu'à présent.
En vérité…elle trouvait que sa présence attirait beaucoup trop l'attention chaque fois qu'elle en sortait. La plupart des serviteurs du manoir la regardaient comme une créature mystérieuse, telle une fée ou une licorne, elle n'était pas certaine d'aimer la sensation.
Elle ne pouvait pas non plus se désennuyer avec Jaken, parce qu'il était aussi occupé que Sesshomaru. Elle allait parfois voir Ah Un à l'extérieur, mais cela évidemment ne l'occupait pas pour la journée. Son maitre lui avait aussi dit qu'elle ne devait pas quitter sa demeure sans lui…pas qu'elle est très envie de sortir de toute façon, avec la pluie qui pourrissait la plupart de ses journées. La température était vraiment des plus désagréables en cette période estivale naissante. Elle avait entendu parler de magnifiques prairies fleuries non loin de là, et elle ne pouvait même pas aller les voir!
Elle avait au moins réussi à trouver de l'encre et du papier…elle en profita pour écrire de longues lettres personnalisées à tous ses amis du village. Elle voulait leur faire savoir qu'elle allait bien. Elle se rappelait à quel point Sango était inquiète le jour de son départ. Kagome par contre…avait un sourire des plus rassurants…Pour une raison mystérieuse, elle semblait être la seule parmi ses camarades qui faisait véritablement confiance à Sesshomaru. Le fait qu'elle soit mariée à son demi-frère hanyou avait peut-être quelque chose avoir avec son attitude si différente…
Cela faisait maintenant plus d'une journée que Rin avait terminé d'écrire ses lettres, et elle était prête à les expédier, mais apparemment, les seuls oiseaux voyageurs du château se trouvaient dans une cour intérieure, accessible seulement du bureau d'audiences, qui était actuellement occupé par son seigneur en permanence, et ses gardes répétaient inlassablement que personne n'était admis à l'intérieur. Rin pensait que c'était un peu ridicule, Sesshomaru ne serait probablement pas dérangé par le fait qu'elle ne fasse qu'entrer et sortir (en fait, il ne se mettait jamais en colère contre elle pour quoi que ce soit), mais elle n'osait pas confronter les gardes de son maitre. Elle n'était qu'une humaine solitaire dans un castel de youkais…tel un agneau entouré d'une meute de loups. C'était sans doute une pensée ridicule, étant donné que son seigneur assassinerait surement quiconque oserait lui faire du mal, mais tout de même…
Rin se leva finalement de sa chaise avec un soupir. Elle en avait assez. Elle n'allait pas attendre une minute de plus avant d'envoyer ses lettres, et elle n'avait pas envie d'attendre un autre quatre jours avant de voir son seigneur. Qui sait…il allait peut-être apprécier sa visite! Rin se regarda dans le miroir un instant, et décida de changer de tenue. Si elle allait importuner son seigneur, elle allait au moins le faire avec élégance. Elle choisit un kimono blanc avec un obi bleu ciel avec des motifs floraux sur ses manches…à la fois confortable et élégant. Elle enfila des okobos à contrecœur, elle ne les aimait pas du tout, mais c'était un accessoire essentiel pour compléter sa tenue. Elle attacha une mèche de ses cheveux sur le côté avec un ruban de soie, rappelant son éternelle coiffure enfantine. Et pourquoi pas, elle appliqua même une poudre pour camoufler son teint de paysanne pour se fondre au décor…ou du moins essayer. Avec un sourire satisfait, elle quitta la pièce d'une démarche qu'elle voulut la plus élégante possible jusqu'à ce qu'elle arrive face à face à une immense porte de bois, menant au fameux bureau d'audiences. Cette fois-ci, personne ne faisait le guet devant la porte, ce qui fit monter les espoirs de Rin d'un cran. Toutefois, avant qu'elle ne puisse l'ouvrir…
« Et vous là! Arrêtez! »
Rin refoula un soupir et tourna la tête pour faire face au garde à l'allure effarouchée.
« Vous ne pouvez pas entrer. Le seigneur est présentement occupé et ne peut recevoir de visite », lui dit-il. « Mais ça je crois vous l'avoir déjà dit », ajouta-t-il avec un sourire suffisant.
« Je comprends que maitre Sesshomaru soit débordé, mais je ne pense pas qu'il soit importuné si je prenais qu'un petit moment de son temps », répondit Rin avec son sourire le plus radieux.
« Personne ne peut entrer. Ce sont les instructions que l'on m'a données », rétorqua-t-il froidement.
Le sourire de Rin s'envola. Elle se souvint soudain d'un vieux truc de son enfance, qui la sortait toujours du pétrin à une vitesse absolument incroyable. Oserait-elle?
…Oh oui…
« Sesssshooomaruuuu-saaaammaAAaaAAAa! Êtes-vous là? », s'enquit-elle d'une voix forte et aiguë.
Rin compta. 1…2…3…
« Mais qu'est-ce que tu fais sale gamine effrontée! », s'emporta le garde « File d'ici au plus vite, ou sinon… »
« Sinon quoi? », s'enquit une voix dangereusement basse. Sesshomaru fixa le garde, il avait à moitié ouvert la porte.
« Sesshomaru-sama! », s'exclama Rin joyeusement.
Tel qu'autrefois, il était venu à sa rescousse!
« Maitre », s'inclina le garde. « Je suis désolé, j'ai essayé de lui dire de partir, mais… »
« Alors vous avez empêché ma protégée d'entrer? », Sesshomaru s'enquit-il glacialement.
« J'ai-j'ai suivi les ordres », balbutia le garde, maintenant sur la défensive.
« Alors vous n'avez sans doute pas écouté ce que j'ai dit », rétorqua Sesshomaru, ses yeux devenant de plus en plus étroits.
Le garde ravala sa salive. Il n'osa pas demander ce qu'il n'avait pas entendu. « Je suis désolé mon seigneur, cela ne se produira plus. »
« Je vous suggère d'être plus attentif la prochaine fois. Vous n'aurez pas d'autre occasion de demander pardon », rétorqua le seigneur youkai.
Maintenant c'était au tour de Rin de ravaler sa salive. Il ne semblait pas de très bonne humeur aujourd'hui. Il avait étrangement le regard qui semblait exprimer un peu de lassitude. Elle espéra qu'il ne soit pas importuné par sa visite.
« Viens », dit-il sans même la regarder.
Rin hocha la tête et le suivit à l'intérieur. Elle entendit plusieurs personnes bavarder, mais elle ne les voyait pas encore. En fait, elle ne put s'empêcher de pousser un soupir d'admiration en réaction à la splendeur de l'endroit, avec des bibliothèques bondées de livres et parchemins de toute sorte, des murs infiniment hauts et des portes tout aussi grandes et étroites menant à une cour intérieure. Elle n'eut pas le temps d'exprimer son admiration avant qu'une voix féminine ne la surprenne.
« Sesshomaru? Est-ce ta protégée humaine? »
Rin jeta un œil au-dessus de son épaule et reconnut la femme instantanément. Yeux couleur citrine, cheveux d'un blanc immaculé, une démarche si gracieuse et un kimono si long que c'était comme si elle flottait sur le plancher de pierre. Elle avait son sourire poli usuel, mais un regard complètement vide d'émotion.
« Oui », répondit Sesshomaru froidement. Il jeta un œil à la jeune femme. « Je suppose que tu te souviens de ma mère, Rin? », s'enquit-il.
« Bien sûr, la dame mère et la Dame de l'Ouest », murmura-t-elle. « C'est un honneur », dit-elle avec un sourire honnête.
Le sourire de la Dame se répandit jusqu'à ses prunelles, tandis qu'elle approchait la jeune femme. « J'ai de la difficulté à y croire…si polie…et magnifique. Sesshomaru, tu ne m'as jamais dit à quel point ta protégée était devenue si charmante », dit-elle. Elle toucha la joue de la jeune femme avec curiosité.
« Quel âge as-tu, jeune femme? »
« J'attendrai bientôt 18 solstices, ma dame », répondit Rin timidement.
« Oh je vois…assez vieille pour être mariée selon les coutumes humaines! »
« Je n'ai pas d'époux, ma dame », répondit Rin poliment, souhaitant silencieusement que la dame mère ne soit pas aussi près d'elle. Une fois de plus, elle se sentait comme une curieuse créature dans un univers de youkais.
« Cela ne tardera plus, je parie », répliqua-t-elle avec un sourire amusé. « Oh j'aimerais tant te faire essayer quelques vêtements. Je parie que tu serais encore plus belle dans un furisode couleur crème et crépuscule », dit-elle pensivement, tandis qu'elle marchait autour de Rin.
« Mère », l'interrompit Sesshomaru glacialement. « Rin n'est pas une poupée. Laisse-la tranquille »
« Quel fils rude es-tu, j'essayais seulement d'être gentille », répliqua-t-elle d'un faux outrage.
« Sesshomaru-sama », dit une voix rauque. « Nous sommes aussi très curieux! »
Rin aperçut alors les autres occupants de la pièce. Plusieurs youkais, assis autour d'une longue table rectangulaire…tous en train de la dévisager. Elle se contenta de sourire, ignorant ce qu'elle pouvait faire de plus, maintenant qu'elle était de nouveau le centre de l'attention!
« Je vais te présenter à mon conseil, maintenant », annonça Sesshomaru.
« Votre…conseil? », s'enquit Rin. Elle rougit. « Je suis désolée maitre, j'ignorais que je vous interrompais lorsque j'ai… »
« Tu n'as rien interrompu », répliqua-t-il. Rin eut l'impression que son ton qui exprimait encore un peu d'ennui. « Ce sont mes vassaux qui occupent actuellement un siège sur le conseil des Terres de l'Ouest. À l'extrême gauche de la table, il s'agit du baron Hatsuno… »
« Les jouvencelles humaines sont toujours les plus belles », répliqua-t-il avec un sourire. « Mon plaisir, jeune dame »
Rin sourit, c'était le même homme qui avait interpelé Sesshomaru i peine quelques instants, un homme imposant et corpulent avec des yeux mauves. Il semblait être de loin le plus âgé du groupe, étant donné qu'il était le seul qui montrait des signes de vieillesse.
« Hatsuno est le protecteur de la côte de l'Ouest », expliqua Sesshomaru avec flegme. « À sa droite, il s'agit de Tenmaru, vicomte des frontières du Nord…et mon cousin… »
Rin poussa un léger soupir d'exclamation. Cousin en effet! Ses cheveux étaient une teinte plus foncée que ceux de Sesshomaru et attachés en queue de cheval, ses yeux étaient d'un bleu profond, et il n'y avait pas de marques sur ses joues. Il n'avait pas des allures aussi nobles que Sesshomaru, mais il venait définitivement de la même lignée. Il était très beau! Mais son sourire avec quelque chose de concupiscent…il n'avait définitivement pas le sang froid de son cousin. Il se leva et embrassa la main de Rin. La Dame de l'Ouest lança un sourire moqueur à son fils, tandis qu'elle remarquait que sa mâchoire semblait soudainement plus tendue.
« C'est une magnifique femme…ta protégée…Sesshomaru… », dit-il, flanqué d'un sourire narquois. Il retrouva son sérieux lorsqu'il se tourna de nouveau vers Rin. « Un plaisir ce fut, gente dame », dit-il en se rasseyant.
Rin était certaine que son visage avait tourné au bourgogne. « Pareillement, maitre Tenmaru »
« À sa droite, duchesse de la frontière orientale, Dame Tatsumaki »
Rin était heureuse de voir enfin une femme, elle en avait assez des mâles admiratifs!
« Hm…mon plaisir…protégée-humaine », dit-elle d'un sourire forcé. Rin sourit poliment et n'insista pas plus sur d'autres formalités. Elle comprit que des yeux perçants et rouges de la femme émanait une forme d'hostilité. Rin trouvait qu'elle ressemblait vaguement à la défunte Kagura du Vent, mais son armure avec des pic acérés lui donnait des allures plus dures.
« De l'autre côté, régent-protecteur du sud-ouest, Kireru »
Rin sourit. Cheveux roux attachés, yeux verts clairs et un sourire amical, il ressemblait à une version plus vieille de Shippo, sans doute un youkai renard. C'était le premier qui ne l'intimidait pas du regard.
« Alors on a enfin l'occasion de voir la protégée de Sesshomaru-sama. Je dois admettre que j'étais moi-même très curieux. Je suis heureux de vous rencontrer! »
Rin décida que c'était son préféré jusqu'à présent.
« À côté de lui, jeune Dame Nozomi est la protectrice officielle du Sud Ouest, et est récemment entrée en fonction, elle apprend toujours de Kireru »
Rin lui sourit également. Un autre youkai renard. Elle avait l'air aussi jeune qu'elle, quoique son large sourire avait quelque chose d'un peu enfantin.
« Heureuse de te rencontrer Rin. Enfin quelqu'un du même âge ici, j'espère que nous pourrons être amies! »
« J'espère aussi, Nozomi-sama »
« Nozomi-chan, Rin », la corrigea Sesshomaru. « Tu es ma protégée. Tous mes vassaux te doivent respect et obéissance »
« Nous voilà tous prévenus », grommela Tatsumaki d'une voix basse.
« Ferme ton clapet, vassale ingrate! », croassa Jaken. Rin lui jeta un coup d'œil, il était assis à l'autre bout de la table. Sesshomaru les ignora tous.
« Je suppose qu'une pause est requise. Vous êtes libre jusqu'au crépuscule », annonça-t-il.
Rin entendit quelques soupirs de soulagement. Quelques vassaux se levèrent et quittèrent la pièce, tandis que d'autres se mirent à bavarder.
« Rin…suis-moi», ordonna Sesshomaru tandis qu'il se dirigeait vers la cour.
La jeune femme hocha la tête et admira la beauté des grandes portes qu'il ouvrit pour révéler un splendide jardin plein de cerisiers et de rosiers en floraison. Il ferma la porte derrière elle et lui jeta un œil avec ce qu'elle déchiffra comme un brin de curiosité.
« Alors… »
« Alors? », s'enquit-elle.
« Est-ce que tes quartiers te plaisent? »
Rin gloussa légèrement. « Mon seigneur, comment pourraient-ils ne pas me plaire? Ma chambre est merveilleuse! Et le jardin aussi… »
« Je pensais bien que c'est ce que tu allais répondre », dit-il évasivement. Il s'appuya contre la rampe du balcon et fixa l'horizon. Rin resta silencieuse un instant, tandis qu'elle le regardait.
« Je suis désolée de vous déranger maitre… »
« J'ai déjà dit que tu ne me dérangeais pas », répliqua-t-il. « Les dernières heures furent un vacarme des plus futiles». Cette dernière partie était dite dans un murmure et Rin n'était pas certaine s'il avait eu l'intention qu'elle l'entende. « Qu'est-ce qui t'amène ici? », s'enquit-il finalement en tournant un regard furtif vers elle.
Rin sourit. Elle trouvait qu'il avait quelque chose de différent depuis leur petite « entente », mais elle ne savait pas ce que c'était exactement.
« Oh la raison est plutôt insignifiante…Je voulais seulement…envoyer des lettres à mes amis. On m'a dit qu'il y avait des oiseaux voyageurs par ici », dit-elle timidement.
Il fronça les sourcils. S'ennuyait-elle d'eux déjà? Rin s'était donc très attachée à ses compagnons humains…
« Suis-moi », dit-il simplement.
Ils descendirent les escaliers et marchèrent sur un petit sentier jusqu'à ce qu'ils atteignent un étang habité par des hérons. Rin les contempla avec admiration. Ils avaient l'air plus intelligents que des oiseaux ordinaires.
« Il s'agit de youkais hérons. Dicte-leur la destination de ta correspondance et ils obéiront », expliqua-t-il.
Rin inséra les lettres dans un anneau attaché à la patte d'un oiseau et dit le nom de son village. Il hocha docilement la tête et s'envola. Rin prit un instant pour l'admirer. Tant de choses dans ce château semblaient irréelles…trop belles pour faire partie de ce monde.
Elle jeta un œil derrière son épaule et prit son maitre en flagrant délit en train de la regarder. Son regard étrange encore…ni expressif, ni ennuyé. Son regard froid et supérieur qu'il lui réservait souvent quand elle était petite ainsi qu'à Jaken n'était plus. Rin fronça les sourcils. Il était vraiment indéchiffrable.
« Qu'il y a-t-il Rin? »
« Oh… » Elle essaya de trouver un subterfuge. « Et bien…j'ai entendu plusieurs servants parler de problèmes frontaliers. Est-ce qu'il y a…des risques de guerre, mon seigneur? »
Il fronça les sourcils légèrement, se rappelant la source de ses tourments. « Rien de la sorte, de simples troubles de sécurité », répondit-il.
« Je suppose que ce doit tout de même être sérieux», pensa-t-elle tout haut, tandis qu'elle le rejoignait. Ils retournèrent au bureau d'audiences.
« Inutile de dire que je m'attends à ce que tu sois discrète, si je t'en révèle les détails…», dit-il.
« B-bien sûr, mon seigneur! », dit-elle, surprise qu'il ose même envisager élaborer sur le sujet avec elle.
« Deux vassaux qui sont chargés de la sécurité des frontières est-australes, et ce, depuis des siècles, ont cessé d'accomplir leurs obligations. Les deux refusent d'élaborer sur les raisons de leur imprudence. Plusieurs membres du conseil croient qu'il serait sage de les éliminer, mais ils ont fait preuve de loyauté envers mon père et moi. Je crois que de les retirer pourrait causer davantage de problèmes que cela peut en régler. »
« Et vous ne savez pas pourquoi ils agissent de la sorte? »
Sesshomaru ouvrit les portes et la laissa entrer avant de la suivre. Rin remarqua que Jaken et la mère de Sesshomaru étaient toujours à l'intérieur.
« Nul ne sait. Il semblerait qu'ils ne soient possédés d'aucune force malsaine. Aucun motif rationnel ne peut expliquer leur comportement. »
Rin sourit. « Et si leurs raisons n'étaient pas rationnelles du tout? »
Sesshomaru haussa un sourcil. « À quoi penses-tu? »
« Je parie qu'ils sont en conflit à cause d'une femme! »
« C'est ridicule Rin! Deux youkais honorables de la sorte ne cèderaient jamais à de telles étourderies », rétorqua Jaken avec indignation.
« Pourquoi pas? », s'enquit Rin. « Miroku dit souvent que la moitié des guerres dans ce monde débute avec une histoire d'amour… »
Sesshomaru la regarda pensivement.
« La petite humaine pourrait bien avoir raison, Sesshomaru. Kachikimaru pourrait bien être en colère contre son demi-frère parce qu'il a épousé Kizuisen. Je crois que les deux étaient très proches », insista la Dame mère.
Sesshomaru refoula un soupir. « Nous avons délibéré pendant quatre jours et personne n'y a pensé…Je me questionne sur la valeur de ces conseillers… »
« Ne sois pas si grincheux, mon fils. Ton conseil aurait seulement besoin d'une femme compétente. »
« Il y a déjà deux femmes, mère », rétorqua froidement Sesshomaru.
« Je pensais à une vraie femme, Sesshomaru. Nozomi se comporte toujours comme une gamine et Tatsumaki est une guerrière : elle pense comme un homme. Il n'est pas étonnant que ta protégée soit la seule qui ait trouvé une piste intéressante. Elle semble mature pour son âge », commenta la Dame mère. Elle haussa un sourcil en jetant un œil à Rin. « Dommage qu'il s'agisse seulement d'une protégée humaine et non d'une vassale apte».
Rin sentit le rouge lui monter aux joues.
« Tu devrais cesser de lui donner autant d'attention. Tu la gênes », rétorqua Sesshomaru.
« Oh ne sois pas aussi protecteur, mon fils. Ce n'était qu'un compliment! Si tu n'arrives pas à apprécier son esprit brillant et à l'utiliser, je le ferai volontiers », dit-elle en jetant un œil à Rin.
« …M'utiliser? »
« Oui…tu aimes les célébrations maritales, n'est-ce pas? », s'enquit l'inu youkai.
« Bien sûr, ma dame »
« Appelle-moi Sasori s'il te plaît. Peut-être aimerais-tu contribuer à la préparation du mariage de Tenmaru? »
« Ah bon…il va se marier? », s'enquit Rin curieusement.
« Oui, ma chère, et la cérémonie aura lieu à la prochaine pleine lune. C'est très bientôt! C'est la raison pour laquelle j'assistais à la réunion d'aujourd'hui. Enfin…un membre du clan Inu cesse son éternelle procrastination », expliqua la Dame de l'Ouest avec un léger sourire, mais Sesshomaru ne se donna pas la peine de réagir à son reproche à peine voilé. « C'est triste qu'un si bel homme se marie. Les premiers se font toujours prendre en premier, n'est-ce pas? », s'enquit-elle avec un gloussement. Cette fois-ci Sesshomaru la fusilla du regard.
« Assez de papotage, mère », rétorqua Sesshomaru. « La réunion du conseil reprend bientôt. Je vais ramener Rin à ses quartiers. »
« Une dernière chose, mon fils… »
Rin cessa de prêter attention à la conversation et jeta un œil à la fenêtre la plus proche. Le crépuscule déjà? Elle ne se doutait pas qu'elle avait déjà passé une heure en compagnie de son maitre! Elle vit ensuite Jaken passer près d'elle avec une pile de manuscrits si haute qu'il n'arrivait pas à voir où il marchait.
« Besoin d'un coup de main, maitre Jaken? », s'enquit-elle avec un sourire. Elle allégea un peu sa pile et le suivit.
« Oh, merci Rin, c'est très apprécié », dit-il. « Ses réunions sont si épuisantes qu'elles risquent d'écourter ma vie encore un peu plus! »
« Ne commence pas à te plaindre. Sesshomaru risque de t'entendre », répliqua-t-elle avec un clin d'œil.
« Alors… », débuta Jaken. « Je savais que le maitre était inquiet à ton sujet, mais je ne savais pas qu'il avait l'intention de te ramener ici. Est-ce que tu as décidé de revenir avec nous pour de bon? »
« Et bien…pas vraiment », dit-elle évasivement. « Je suis seulement ici pour l'été. Sesshomaru me dit que le moment n'est pas encore venu pour moi de choisir »
« Dommage », répondit Jaken. Leurs voyages ensemble commençaient à dater, mais le youkai crapaud avait toujours apprécié Rin…comme son maitre. « Alors…comment va ce garçon…Kohaku…avec lequel nous avions voyagé? »
Rin s'immobilisa et sentit son visage pâlir. Elle laissa choir tous les manuscrits sur la table. Plusieurs vassaux étaient maintenant de retour et assistaient à la scène. Rin fixa ses mains tremblotantes, toujours sur le bois.
Bien sûr…personne ne savait pourquoi elle était là. Personne ne savait qu'une tragédie s'était produite à son village. Seul Sesshomaru le savait…et c'était évident qu'il n'en avait parlé à personne.
« Rin que se passe-t-il? On dirait que tu as vu un fantôme! », répliqua Jaken avec ses gros yeux écarquillés.
Rin sourit tristement. « Il est mort. »
« Quoiiii? »
Rin vit dans sa vision périphérique que Sesshomaru, sa mère, et quelques vassaux avaient tourné la tête dans sa direction.
« Kohaku…et Kaede. Les deux sont morts après qu'un troupeau vicieux de youkais serpents aient attaqués notre village »
« O-oh… », balbutia-t-il « Je suis désolé de l'entendre, Rin ».
« Jaken », l'interrompit sèchement Sesshomaru « Hatsuno et Tatsumaki ne sont toujours pas revenus. Va les chercher », ordonna-t-il.
« Oui maitre! J'y vais de ce pas! », dit-il en s'inclinant à profusion. Il s'enfuit avant que son maitre n'ait envie de le frapper pour avoir amorcé un tel sujet.
Rin jeta un œil à son maitre et comprit qu'il était maintenant l'heure de partir. Elle ignora les regards désolés de certains youkais dans la pièce et le suivit.
Ils étaient enfin sortis. Rin eut envie de pousser un soupir de soulagement. Elle se sentait souffrante depuis qu'elle avait entendu le nom de Kohaku.
Elle remarqua que Sesshomaru lui avait jeté un regard, mais il ne dit pas un traitre mot. Rin n'essaya pas de converser non plus, elle voulait seulement retourner dans ses appartements et être seule un moment. Elle refoula un nouveau soupir. Elle détestait cette situation, elle voulait seulement être elle-même : joyeuse, sans souci, mais la mort de Kohaku et Kaede la talonnait où qu'elle soit…tel un nuage sombre au-dessus de sa tête toute la journée.
Ils arrivèrent enfin à sa chambre.
« Merci, maitre. Je suis heureuse d'avoir pu vous parler. Je vais me reposer un peu maintenant », dit-elle avec un sourire.
Sesshomaru hocha la tête et lui ouvrit la porte.
« La réunion ne devrait pas s'éterniser ce soir. Je peux venir te visiter, si tu le souhaite », suggéra-t-il.
Rin sourit. « J'adorerais, mon seigneur! »
Il lui lança un regard énigmatique. « Alors je te verrai plus tard.»
Il s'en alla. Rin fixa la porte avec un sourire radieux. Au moins…Sesshomaru-sama était là, avec elle, et il allait même lui tenir compagnie!
Pendant un moment elle en oublia même sa peine.
…
La soirée était déjà tardive, lorsqu'elle entendit finalement quelqu'un cogner à la porte. Enfin! Elle termina de se brosser les cheveux et se leva d'un bond. Elle avait troqué sa tenue pour un kimono argenté de soie fine. Des hérons rouges étaient brodés sur ses manches et le bas de sa robe, les oiseaux voyageurs l'avaient inspirée. Après l'avoir enfilée, elle avait remarqué que la tenue laissait un peu entrevoir ses épaules, mais cela lui importait guère, puisque la nuit était chaude de toute façon. Elle se regarda dans le miroir une dernière fois avec un sourire satisfait avant d'ouvrir la porte. Elle n'avait jamais porté une tenue aussi élégante, mais elle supposa que si elle l'avait trouvée dans sa garde-robe, c'est que Sesshomaru s'attendait à ce qu'elle la porte.
…À moins qu'il s'agisse d'une astuce de la Dame Mère afin de lui faire porter de jolis vêtements.
Rin poussa doucement sur la porte coulissante, mais ce n'était pas Sesshomaru qui s'y trouvait.
« Maitre Jaken! »
Elle remarqua que les yeux du petit crapaud s'écarquillèrent. Elle refoula un sourire. Bien sûr…il n'était pas habitué de la voir avec une tenue aussi magnifique. Elle ne s'y faisait même pas elle-même!
Il se racla la gorge. « Maitre Sesshomaru est maintenant prêt à te voir, Rin. Suis-moi! »
Rin hocha la tête et fut étonnée qu'il l'amène dans les quartiers privés de Sesshomaru. Elle ne pensait pas qu'il laisserait qui que ce soit y entrer! Elle se glissa silencieusement dans la pièce et essaya de ne pas pousser de soupir de stupéfaction.
Des planchers de pierres argentées et blanches, d'immenses fenêtres habillées de rideaux pourpres. Tout ce qui se trouvait dans cette pièce lui rappelait son seigneur. Les portes coulissantes menant au jardin étaient ouvertes, ce qui faisait virevolter les rideaux soyeux avec le vent. Rin pouvait voir des lilas blancs à perte de vue. C'était vraiment splendide, la vue était encore plus jolie que celle de sa propre chambre. Elle se sentit attirée par les portes grandes ouvertes, séduite par le paysage bucolique. Le clair de lune sur les pétales ivoirins donnait une allure spectrale aux splendides fleurs. Elle pouvait même sentir le parfum subtil, mais au combien enivrant des lilas blancs, pas tout à fait aussi exubérants que leurs comparses mauves, mais doux et agréables.
Et ensuite elle le vit. Elle eut le souffle coupé.
Il ne portait pas ses habits usuels! Il était tout de noir vêtu et contemplait la lune, comme il le faisait si souvent. Rn trouvait que ses cheveux argentés et sa peau pâle contrastaient magnifiquement avec ses habits un peu moins sophistiqués qu'à l'accoutumée. Ses vêtements n'étaient pas aussi amples que ceux qu'il portait habituellement, ce qui faisait ressortir la carrure de ses épaules.
Il se décida finalement à lui jeter un regard. Ses yeux d'ambre s'arrêtèrent sur elle un peu plus longtemps qu'à son habitude. Elle le darda d'un sourire radieux et espéra que son apparence ne le décevait point.
« Tu as fait toute une impression aujourd'hui », dit-il, en retournant à sa contemplation du ciel.
« Ah…ah bon?», s'enquit-elle timidement. « Mais qu'ai-je fait? »
Il jeta un regard sur son visage rougi. Être belle était son premier triomphe. Il ne s'attendait franchement pas à ce qu'elle largue ses yukatas humains aussi rapidement, et il n'était pas certain d'être heureux qu'elle l'ait fait aussi tôt. Elle avait à ce point attiré l'attention qu'il avait dû contrôler ses humeurs, face à certains de ses vassaux grossiers…son satané cousin étant de loin le pire…
C'était une chose de reconnaitre qu'elle était devenue gracieuse comme un cygne, une autre de voir une meute de loups saliver autour d'elle.
Mais il n'allait certainement pas lui dire tout cela.
« Plusieurs de mes vassaux ont réagi positivement à ton idée. Cette piste sera étudiée », répondit-il.
Elle gloussa. « Vraiment? Et bien! Je suis heureuse que mes blagues sur certains de vos vassaux qui seraient coincés dans un triangle amoureux soient utiles, mon seigneur »
On cogna à la porte, et ensuite, plusieurs serviteurs installèrent promptement une table à l'intérieur de la pièce, avec des plats qui avaient une odeur tout à fait invitante…des mélanges de légumes mystérieux et de viande un peu sombre. Même si le plat lui était complètement inconnu, Rin subit un grondement tonitruant de son ventre.
« As-tu faim, Rin? », s'enquit Sesshomaru.
« Oh…heuu… »
« On m'a dit que tu n'as pas mangé, ce soir », dit-il d'un air détaché.
Elle sentit ses joues tourner à l'écarlate une fois de plus, tandis qu'elle contemplait les plats à l'allure délicieuse. Elle avait siiii faim! « J'espère que tout cela n'est pas pour moi?! »
« Je n'ai pas mangé non plus », répondit-il.
Les yeux de Rin s'écarquillèrent. « Alors c'est pour vous? »
« Nous deux. »
« Mais, mais je croyais que… », balbutia-t-elle.
Vraiment? Il allait vraiment manger?!
« Vous voulez qu'on mange ensemble? », s'enquit-elle avec surprise.
« Tu as des objections? », s'enquit-il en retour, en haussant un sourcil, son regard inquisiteur habituel.
« Non-non! C'est que…je ne vous ai jamais vu manger. Je suis surprise. C'est tout.»
Il lui jeta un regard avec un brin d'intrigue. « Il y a une première fois à tout. »
« Je suppose que vous avez raison… », murmura-t-elle.
Elle s'assit en face de lui et examina les serviteurs tandis qu'il le servait, pour ensuite faire de même avec elle. Elle fixa sa nourriture en battant des paupières.
« Est-ce que je peux vraiment manger cela? », demanda-t-elle avec fascination.
« Oui. Personne ici n'a l'intention de t'empoisonner », dit-il en prenant ses baguettes d'une manière élégante et en avalant sa première bouchée. Rin le fixa un instant tandis qu'il mastiquait sa nourriture. Il avait définitivement de meilleures manières que son demi-frère. Elle regarda son assiette, et se tourna ensuite vers lui de nouveau.
« Vous m'aviez dit que vous ne mangez pas de nourriture d'humain. Cette nourriture ne me semble pas très différente de ce que je mangerais moi-même. »
« Les plats youkais sont faits de viande démonique…et d'autres sortes d'épice et de saveur…mais je suppose que tu pourrais trouver qu'ils sont analogues en apparence et en style à votre nourriture d'humains », réfléchit-il tout haut.
Rin examina de nouveau son assiette avec curiosité. « Et dire que toutes ces années j'ai pensé que…que la nourriture de youkais était beaucoup plus différente que cela. Bien sûr, je n'arrive pas à en reconnaitre l'odeur, mais votre dédain était siiii évident quand j'ai tenté de vous amener de la nourriture d'humains. Il me semblait que votre style de vie devait être si différent du mien que…Je ne sais pas, je pensais… »
Rin s'arrêta soudainement de parler. Il la regardait avec flegme. Elle était soudainement nerveuse, son agitation la transformait en moulin à paroles et il n'écoutait sans doute plus du tout ses papotages. Elle lui lança un regard suspicieux.
« Tu pensais quoi? », s'enquit-il avec neutralité.
« Oh eu…je ne sais pas…je crois que j'ai oublié ce que j'allais dire », répondit-elle d'un air naïf.
« Tu étais surprise du fait que la nourriture de youkais et d'humains soient aussi similaires. »
« Oh… »
Alors il écoutait…Elle se sentit encore plus ridicule à l'idée qu'il ait tout suivi de son long monologue de bafouillages.
« Alors, que pensais-tu que je mangeais, Rin? », questionna-t-il.
Ses yeux noisette s'écarquillèrent. « Je…Je n'en sais rien! »
« Il semble que tu aies profusément réfléchi à cette question. Je suis curieux de connaitre ta théorie », rétorqua-t-il, avec un brin d'intrigue dans ses yeux d'ambre.
Rin ria nerveusement et fixa le mur en essayant de réfléchir. Oh bien sûr…il devait poser la pire des questions…
« Et bien…puisque vous êtes un youkai, je pensais que ça allait être quelque chose d'horrible ou de spécial comme… »
Le sourcil de Sesshomaru s'éleva un peu plus haut qu'à l'habitude, mais Rin ne le regardait pas. Il osa porter son verre à ses lèvres…
« …Je ne sais pas…je pensais que vous buviez peut-être du sang…ou que vous mangiez de la viande de bébé daim…ou de la licorne peut-être? », tenta-t-elle de deviner avec une pointe enfantine.
Dans sa vision périphérique, elle le vit placer une main devant sa bouche, camouflant toujours son visage, tandis qu'il la regardait.
Rin fronça les sourcils. Ses yeux étaient bizarres…un peu plus étroits que d'habitude, mais il ne fronçait pas les sourcils.
Une minute…est-ce que c'était des yeux rieurs? Était-il en train de se moquer d'elle?
Il sembla ensuite retrouver son sang-froid, la main qui camouflait son expression frottant maintenant légèrement un de ses sourcils. Rin sourit. Inu-Yasha faisait cela aussi parfois, quand il essayait de ne pas s'esclaffer. Sesshomaru-sama essayait sans doute très fort de conserver son armure de glace. Elle se sentait très fière à l'idée qu'elle ait réussi à le faire céder un tant soit peu avec ses bouffonneries.
Mais elle était en même temps déçue de ne pas l'avoir vu rire au grand jour!
« Je suis désolée, maitre. Je ne pensais pas que vous…peu importe…Je ne savais pas quoi penser! », s'exclama-t-elle avec amusement. « Je pensais que puisque vous ne mangiez jamais devant nous… »
« Tu ne m'as jamais vu manger, parce que Jaken et toi ronfliez par le temps que je ressente la faim », dit-il froidement. Il avait entièrement retrouvé son austérité habituelle, maintenant.
Rin arrêta de sourire. Il avait soudainement l'air un peu agacé. Elle espéra ne pas l'avoir offensé. Elle contempla de nouveau sa nourriture.
« Sérieusement…je peux avaler cette nourriture de youkai sans être malade? »
« Je t'ai déjà dit… »
« Mais j'ai entendu de terribles histoires de villageois qui ont mangé de la chair de démons… »
« J'ignore ce qu'ils ont avalé, mais je répète qu'il n'y a rien de hasardeux pour toi dans cette nourriture… », rétorqua-t-il froidement.
Rin prit finalement ses baguettes et s'attaqua à sa première bouchée, sans remarquer le regard très soutenu de Sesshomaru. Il était curieux. Elle fronça les sourcils et prit une autre bouchée.
« C'est...ça a un goût un peu inhabituel…mais c'est pas mal du tout… » Elle sourit. « Je crois que je vais m'y habituer assez vite! »
Son regard s'adoucit. Il était rassuré…il ne voudrait pas que sa protégée ne meure de faim.
« Ma mère s'attend à ce que tu participes à quelques rencontres du conseil… »
Rin avala avec difficulté la boisson dans sa coupe, mais ce n'était pas le breuvage potentiellement alcoolisé qui la faisait s'étouffer.
« V-vraiment? Mais…je ne suis qu'une humaine! »
« Je ne parle pas des rencontres usuelles…seulement celles au sujet du mariage », rectifia Sesshomaru. Certains vassaux avaient suggéré qu'elle soit présente à toutes les rencontres, mais pas question qu'il lui rapporte les suggestions de Tenmaru. Ses intentions étaient sans doute abjectes, de toute façon.
« Ce serait un plaisir, mon seigneur », dit-elle avec un sourire. « Je suis surprise que vous teniez des rencontres seulement pour ces questions de mariage par contre…Je pensais que c'était davantage un…conseil de guerre? »
« C'est le cas. Je ne participe pas à ces…rencontres anodines. Certains vassaux seront également absents, mais Jaken y sera si tu as besoin d'assistance… »
« Ah… », murmura Rin. Elle était un peu déçue, mais c'était tout à fait logique.
Elle remarqua ensuite que son plat était vide. Elle fronça les sourcils. Avait-elle tout mangé sa nourriture? Ses baguettes maintenant sales étaient la preuve qu'elle s'en était servies mais…
Elle fut ensuite distraite par le fait que Sesshomaru venait de prendre autre chose d'un plat en face d'eux. Une espèce de petite balle à l'allure verdâtre qu'elle n'arrivait pas à identifier.
« Qu'est-ce que c'est? », s'enquit-elle curieusement.
« Daifuku », dit-il nonchalamment.
« Est-ce bon? »
« Découvre-le par toi-même, Rin », rétorqua Sesshomaru, mais quelque chose dans son ton était suspicieux…il cachait quelque chose.
Elle en prit un avec méfiance et sentit son odeur.
« On dirait que c'est fruité », observa-t-elle.
Sesshomaru haussa de nouveau un sourcil. « Ce n'est pas fait de sang de licorne, je t'assure »
Rin éclata de rire. Elle se demanda brièvement si c'était le breuvage dans sa coupe qui la rendait aussi exubérante, elle se sentait en effet un peu étourdie…mais elle s'en contrefichait, Sesshomaru n'avait pas l'air d'en être importuné de toute façon. Au contraire, il n'avait pas l'air ennuyé, pour une fois. Et il plaisantait même un peu avec elle, ce qui était fort inhabituel.
Rin s'arrêta de respirer et prit une bouchée. Ses yeux s'écarquillèrent.
« Oh Kami c'est délicieux! C'est du dessert! », s'exclama-t-elle. Elle sembla ensuite étonnée. « Attendez…vous mangez ça!? »
Sesshomaru lui lança un regard. « Hmph…serais-tu surprise si je t'annonçais que j'ai besoin de respirer aussi?
Rin s'esclaffa de nouveau. « Sesshomaru-sama…désolée de vous avoir offensé une fois de plus. Je ne suis pas habituée de…manger des sucreries avec vous! »
Sesshomaru resta silencieux. Bien sûr…l'erreur commune…son apparence glaciale donnait l'impression au commun des mortels qu'il était une espèce de statue de marbre qui n'avait besoin, ni de dormir, de manger…ou de ressentir quoi que ce soit. Bien qu'il ait effectivement été froid et relativement insensible à ses insignifiances pour de nombreuses années…son mode de vie un peu plus sédentaire et mondain depuis la mort de Naraku l'avait forcé à ouvrir son esprit à d'autre chose que ses envies de combats et de conquêtes ultimes…Jusqu'à tout récemment, il n'y avait pas eu tant d'opportunités de batailles, après tout…
Lorsqu'il quitta ses pensées, il remarqua que quelques daifukus avaient disparu et sa protégée contemplait la lune.
« Aimerais-tu prendre l'air? », s'enquit-il.
« Oui! », dit-elle avec un sourire brillant. Elle mangea un autre daifuku joyeusement et se leva.
Si son blindage extérieur n'avait pas été aussi austère, il aurait pu lui sourire en retour. Ses sourires devenaient de plus en plus crédibles au fil des jours. Lentement mais surement, elle prenait du mieux…
Mais il ne put s'empêcher de froncer les sourcils tandis qu'il l'inspectait. Elle avait un soupçon de pâte verte près de sa bouche.
« Que se passe-t-il, maitre? », s'enquit-elle.
« Tu as de la nourriture sur la joue droite », dit-il d'un air détaché.
« Oh! » Elle tourna à l'écarlate et attrapa rapidement un mouchoir sur la table, elle se frotta vigoureusement dans le but de s'en débarrasser.
« Est-ce parti maintenant? »
Elle remarqua qu'il eut un tic très discret sur le coin des lèvres. Il prit le mouchoir de sa main.
« C'est partout sur ton visage maintenant. Laisse-moi t'aider. »
« Ah non! Ahh…je suis si balourde », se plaignit-elle. Génial…lui était la perfection incarnée, et elle n'arrivait même pas à se nourrir comme une adulte, pensa-t-elle tandis qu'il effleurait son visage.
Il fronça les sourcils.
« Qu'il y a-t-il? », s'enquit-elle avec inquiétude.
« Ta joue…elle est plus foncée que l'autre », observa-t-il.
Elle poussa un soupir de stupéfaction. Oh non!
« C-c'est seulement ma poudre…j'avais complètement oublié ça… »
Ses sourcils se froncèrent encore un peu plus. « Pourquoi en portes-tu? »
Rin fut surprise par sa réaction. Il semblait presque…indigné?
« J'essayais seulement de mon fondre aux autres… »
« Te…fondre…? » Il n'avait pas l'air de pleinement comprendre le sens de ses propos.
« Oui, tous les démons ici ont des visages pâles, mais pas moi. Je me disais que ce serait mieux si je ressemblais aux autres. »
« Hmph…Ça ne va pas », rétorqua-t-il. Il plia le mouchoir et doucement –très doucement– le passa sur son visage. Il était si délicat avec elle…Rin avait l'impression qu'il croyait qu'elle était faite en verre.
…Et maintenant elle était complètement embarrassée. Son visage était si près du sien…à la scruter.
« Qu'est-ce qu'il y a de mal au fait d'avoir un visage pâle? », s'enquit-elle avec une mine penaude.
« Rien », dit-il. « Mais ce n'est pas toi. » Il inspecta le résultat final…son visage avait retrouvé son teint pêche habituel…qu'il trouvait beaucoup mieux…
Rin lui jeta un regard timide. « Je suppose que je ne devrais plus porter de poudre? »
« Absolument pas. Je ne vois pas pourquoi tu devrais avoir honte de tes vraies couleurs. »
« Ils sont nobles. Les nobles humains jugent les villageois…Je ne préfère pas imaginer ce que des nobles youkais ont à dire sur moi… »
« Oublie les nobles », l'interrompit Sesshomaru en fronçant les sourcils. « Ils ne connaissent rien du monde. Laisse-les se tracasser de ta présence si cela les chante, mais ils ne peuvent dicter ton comportement ou ton apparence ».
« Que devrais-je faire alors? Tout ce que je veux? », s'enquit-elle.
« Exactement. Sois toi-même. Sois Rin », ordonna-t-il, d'un ton qui ne laissait pas de place à la contestation.
Oui, cela sonnait plutôt bien. Il ne voulait pas qu'elle devienne comme la compagnie médiocre qu'il doit supporter quotidiennement. Son naturel était l'une des choses qu'il préférait de sa protégée. Pas question qu'il laisse qui que ce soit lui arracher cette qualité primordiale.
Rin fronça les sourcils, son esprit soudain plein de curiosité. « Et vous Sesshomaru-sama. Est-ce que vous faites tout le temps ce que vous voulez? »
« …Souvent », répliqua-t-il stoïquement. Oui bien sûr, il fait ce qu'il veut. La compagnie de Rin à pareille heure en était l'éloquente preuve. S'il se souciait de l'opinion des autres comme elle, il ferait sans doute un grand cas de ce que sa mère ou ses vassaux pourraient penser du fait qu'il ait invité sa protégée humaine et maintenant nubile dans ses appartements privés, alors qu'il était presque minuit…
Il chassa instantanément cette pensée. Il se fichait éperdument des autres.
« Tu as du temps libre, Rin. Je serais déçu si je découvrais que tu passais tout ton temps à essayer de plaire à me serviteurs et vassaux.»
Rin lui lança un bref sourire mélancolique.
Elle aurait seulement espéré savoir qui elle était vraiment et ce qu'elle voulait faire de ses journées…Les réponses à des questions en apparence aussi simple lui semblaient insolubles. Qui est-elle au juste? Rin l'humaine muette? Rin la jeune femme paysanne? Rin la protégé d'un youkai?
Elle fixa les portes grandes ouvertes qui menaient au balcon. Elle marcha dans leur direction, pour ensuite enlever ses okobos et sourit lorsqu'elle sentit le bois tiède sous ses pieds. Oui…elle savait au moins qu'elle aimait cette sensation.
Elle s'aperçut ensuite qu'une ombre planait au-dessus d'elle. Elle se tourna vers lui.
« Faire ce que je veux, hein? », pensait-elle tout haut, l'index sur sa lèvre avec la mine songeuse. « Est-ce que cela veut dire que je pourrais marcher nu-pied dans votre château? », s'enquit-elle innocemment.
« Si cela te plait », répliqua-t-il. Il jeta un œil nonchalant aux okobos qui trainaient maintenant par terre. Il supposa qu'ils devaient effectivement être inconfortables. Pourquoi ces choses étaient-elles aussi hautes, de toute façon? Il n'était même pas certain qui était la plus grande entre Rin et sa mère…elle n'avait pas besoin d'enfiler de telles choses à ses pieds.
Il l'aperçut ensuite sauter du balcon pour atterrir gracieusement dans l'herbe.
« Vous savez…je trouve ces arbres très jolis. J'aimerais bien courir tout autour, comme une petite fille », dit-elle avec un sourire radieux.
« Tu pourrais te perdre », commenta-t-il.
Elle lui lança un sourire espiègle. « Mon seigneur…croyez-vous réellement que votre protégée Rin est capable de se perdre parmi les fleurs? »
Il haussa un sourcil. « Ces jardins sont vastes. Quiconque pourrait s'y égarer»
Oui…même certains de ses servants. Le parfum intoxicant des fleurs rendait difficile l'identification du bon sentier pour sortir du jardin. Un choix stratégique, la plupart des ennemis canins ont de la difficulté à trouver le manoir, mais c'était difficile pour quiconque ne connaissant pas ces jardins comme il faut de s'y retrouver.
Toutefois, tout cela ne faisait pas partie de la réflexion de Rin. Un autre sourire espiègle…et elle disparut parmi les pétales.
« Rin », l'appela Sesshomaru. « J'étais sérieux. Reviens immédiatement. »
Il entendu des rires distants, mais elle ne semblait pas l'avoir entendu. Il refoula un soupir. Qu'avait-il fait au juste, avec ses beaux discours?
Il partit à sa recherche, mais remarqua qu'elle courrait plutôt rapidement. Il arrivait à peine à la retracer, son odeur se fondant doucement avec celle des lilas. Après quelque temps il perdit sa trace. Mais où était-elle donc? Il commença à s'inquiéter. Non seulement ne pouvait-il pas s'assurer qu'elle soit complètement en sécurité…mais il aurait l'air d'un véritable imbécile s'il la perdait pour de bons dans ses propres jardins. Il commença à croire que ces lilas n'étaient pas une bonne idée du tout…
Il était inutile de s'envoler et de la chercher par la voie des airs, parce que la fleuraison était si dense qu'elle serait camouflée sous une épaisse couche de pétales.
Il s'arrêta de marcher un instant et ferma les yeux. Son ouïe serait sans doute plus utile…
Voilà…il entendit le bruissement des feuilles à sa droite. Il comprit qu'elle était toute près…peut-être même en train de l'épier, en fait…
Pour qui se prenait-elle... essayer de le tromper de cette façon…Il fit mine de regarder à l'horizon, et ensuite derrière lui. Il entendit plus de bruissements, il refoula un sourire narquois.
Rin essaya de reculer d'un pas pour filer en douce…dans l'espoir qu'il ne l'entende pas, mais dès qu'elle eut jeté un œil au sentier derrière elle, elle sentit une main se refermer sur son poignet. Elle poussa un soupir de stupéfaction et tira abruptement son bras de sa poigne. Elle eut tout juste le temps d'apercevoir son regard d'ambre surpris avant qu'elle ne se cache de nouveau dans le bosquet fleuri.
« Bonne chance pour m'attraper, maitre! », s'exclama-t-elle joyeusement.
« C'est un défi? », s'enquit-il.
Elle ne put s'empêcher de rire et espéra qu'il ne la tuerait pas une fois qu'il l'attraperait pour de bon. Elle courut aussi vite qu'elle le put.
Le coin des lèvres du youkai se retroussa en une mine moqueuse. Il avait une piste maintenant. Sa fébrilité laissait une trace distincte dans l'air. Il courut à ses trousses, mais alors qu'il réduisait la distance qui les séparait, il la vit regarder au-dessus de son épaule et prendre un virage abrupt. Le spectre d'un sourire se dessina sur ses lèvres de nouveau. Pour une personne nu-pied avec des vêtements aussi amples, elle était très rapide. Il se rappelait qu'elle était plutôt douée pour fuir les youkais dangereux quand elle était petite, mais il ne pensait qu'elle avait à ce point affiné ses talents.
…Elle ne semblait toutefois pas comprendre qu'il n'était pas un youkai ordinaire. Il est beaucoup plus rapide qu'elle…et il adore poursuivre…Oh oui, il n'est pas qu'un simple démon, il est aussi un chasseur.
Il devait toutefois admettre que ses efforts étaient distrayants, mais elle n'avait aucune chance de triompher. Sans qu'elle ne s'en rende compte, il la forçait à se replier vers l'extérieur du jardin, l'empêchant de retourner au centre pour des cachettes plus efficaces…
Rin courut du plus vite qu'elle le put. Elle regarda derrière elle, mais n'arrivait pas à le voir. Cependant, elle eut la terrible impression qu'il n'était pas très loin…et elle était épuisée! Elle s'arrêta un instant pour reprendre son souffle, mais il ne fallut plus que quelques secondes, avant qu'elle n'entende des bruits de pas à la course. Elle regarda à sa droite et le vit foncer sur elle à grande vitesse. Ses yeux s'écarquillèrent et elle prit ses jambes à son cou…
…Mais elle sortit subitement du bosquet fleuri pour atterrir à l'entrée principale du château. Elle sentit une fois de plus une main sur son poignet. Elle essaya de la retirer sans même le regarder, mais elle sentit ensuite un bras se glisser autour de sa taille.
« Tu as nulle part où te cacher, cette fois », murmura-t-il à son oreille.
Elle soupira. Son maitre était bien derrière elle, elle pouvait sentir sa poitrine ferme plaquée contre son dos…Elle était prise au piège.
Elle rit simplement.
« Je crois que j'ai perdu, alors », constata-t-elle innocemment.
« Cela n'aurait pas duré aussi longtemps si j'avais su dès le départ que c'était un petit jeu », rétorqua-t-il.
Rin essaya de ne pas frissonner à la sensation de son murmure aussi près de son oreille. Il y avait quelque chose d'exaltant à sa manière de s'assurer qu'elle ne puisse s'échapper de sa poigne, mais elle n'eut pas le temps d'y penser deux fois, alors qu'elle entendit des bruits de pas qui s'approchaient.
Sesshomaru la libéra instantanément et se déplaça à une distance qu'elle jugeait…sans danger de mauvaise interprétation. Rin rougit lorsqu'elle réalisa ce qui venait de traverser son esprit.
Rin reconnut les deux vassaux renards qu'elle avait rencontrés plus tôt, Kireru et Nozomi, les deux concentrés dans leur conversation ne semblaient pas encore les avoir aperçu. L'aîné les remarqua d'un coup.
« Maitre Sesshomaru et Dame Rin », dit-il en s'inclinant poliment. « Une belle nuit pour une promenade, n'est-ce pas? »
« Hmph. », rétorqua froidement Sesshomaru. Constatant qu'il n'allait pas dire quoi que ce soit sur leur petite course, Rin essayait de contrôler sa respiration haletante. Elle jura mentalement lorsqu'elle vit Nozomi froncer des sourcils.
« Dame Rin? », s'enquit-elle.
« O-oui? »
« Pourquoi êtes-vous nu-pied? », s'enquit-elle avec curiosité.
Rin rougit en fixant ses pieds, qui n'étaient pas seulement nus, mais sale, avec de la terre et du gazon entre les orteils!
« Heuuu…et bien », elle soupira. « Mes okobos étaient en train de me tuer. La sensation de l'herbe sur les pieds est beaucoup plus agréable, tu ne crois pas? », répliqua-t-elle en souriant.
Nozomi lui répondit aussi d'un sourire. « Mais…quelle brillante idée! », s'exclama-t-elle, en enlevant ses propres okobos.
« Allons-y, Rin, je veux te connaitre! », s'exclama-t-elle.
Rin fronça les sourcils et jeta un œil à Sesshomaru, qui était complètement inexpressif.
« On devrait laisser les messieurs parler de leurs sujets d'hommes adultes ! N'est-ce pas Kireru? », s'enquit-elle en lui jetant un œil.
« Seulement si c'est ce que Dame Rin souhaite », dit-il.
Rin sourit à Sesshomaru. « Vous n'avez pas d'objection, maitre? »
« Hmph. Bien sûr que non…À ta guise»
« Je vous dis à bientôt alors! », s'exclama-t-elle avec un sourire, avant de suivre la démone kitsune.
Les deux hommes les regardèrent s'éloigner en papotant un instant, avant que Kireru ne brise le silence.
« J'espère que la demande impulsive de Nozomi-chan ne vous a pas importuné. Elle veut tant être amie avec votre protégée… », dit-il avec un sourire honnête.
« Non. J'ai cru comprendre que Rin était solitaire depuis son arrivée il y a quelques jours. Elle a besoin de camarades. »
« Et bien, elle semble apprécier votre compagnie, mon seigneur…en restant avec vous, même à une heure aussi tardive… », remarqua-t-il avec un regard sagace.
« Elle est ma protégée, et je n'ai pas beaucoup de temps libre », répondit Sesshomaru évasivement.
Le youkai renard cessa de questionner son maitre. Il savait bien qu'il valait mieux ne pas s'enquérir sur la nature de leur relation…même s'il avait vu le bras de son maitre autour de la taille de sa protégée…et lui murmurer quelque chose à l'oreille.
« Votre protégée semble très…attachante. Elle attire beaucoup d'attention. Je suppose que vous aimeriez que je m'assure que personne ne tente de profiter de sa…candeur durant les rencontres de préparation du mariage? »
« Hmph…informe-moi si Tenmaru ne se comporte pas de manière appropriée. Il serait dommage que ce futur époux soit distrait…
Kireru rit un peu. « Oh bien sûr, on ne voudrait surtout pas d'un autre casse-tête impliquant des liaisons amoureuses! »
« Pas de casse-tête. Si Tenmaru la touche, je vais personnellement lui trancher la gorge », rétorqua glacialement Sesshomaru.
Le vassal ravala sa salive. Il supposa que Dame Sasori disait vrai sur au moins une chose…
Sesshomaru a hérité de certains traits étranges de son paternel.
…Fin de chapitre…
Bon d'accord, il fallait mettre la table avec ce chapitre, mais les choses commençaient à être intéressantes à la fin non? ;)
Bon allez…quelques commentaires s'il vous plait?
