Dans l'enceinte du bâtiment, l'ambiance est plus tendue. Astrid et Fayette sont largement pris à partie.
PETER : Comment ça, des mois ?
ASTRID : Au mieux, des mois...
FAYETTE : Certainement des années...
Une vague de désapprobation se répand.
ASTRID : C'est du jamais vu. On ne va pas pouvoir trouver un signal pour contrer l'action des fungi facilement.
GARDE : On va rester dans ce centre pendant des années ?
FAYETTE : Non, c'est trop dangereux. Nous serons probablement transférés dans des cellules isolées...
Un vacarme de mécontentement se lève. Beaucoup s'écartent pour respirer, libérer leur anxiété...
Soudain, un cri retenti et tout le monde se tait. Il provient de plus loin dans l'allée. Les gardes qui retenaient Viviane dans la pharmacie en sortent, en hurlant de peur. La foule amassée se réveille et commence à reculer vers le fond. Plusieurs gardes s'arment. Astrid regarde ses écran.
ASTRID : Un nouveau signal est envoyé ! Il est différent de trois premiers !
PETER : Tu peux le contrer ?
ASTRID : Je devrais pouvoir... Si j'émet le signal opposé, cela devrait compenser l'effet... Peut-être...
La musique du centre joue toujours de sa mélodie devenue insupportable. Un nouveau cris retentit. Cette fois, il s'ait plus d'un râle inhumain. Les vitres de la pharmacie explosent.
PETER : Astrid ?
ASTRID : Le signal est trop puissant... Tout ce que je tente est inefficace. C'est vider un lac avec une petite cuillère...
Un cri de femme venant de derrière les interrompt. Une jeune femme pointe du doigt la pharmacie. une horreur abominable s'extirpe au même moment du magasin, dans une procession effroyable. Une forme aux tons vert foncé, visqueuse et atroce semble apprendre à se mouvoir pitoyablement.
PETER : Viviane...
Un tas de chair verdâtre et visqueuse, dégoulinante d'une substance indicible, affublé d'une douzaine d'épais tentacules se déplace vers les personnages de plus en plus rapidement. On ne saurait dire d'où ses gémissements proviennent, mais ils se font de plus en plus bruyant et hystériques. Son bruit ne ressemble à celui d'aucun animal sur Terre, et sa démarche est si imprévisible qu'on ne saurait la décrire mieux qu'en évoquant une poulpe électrocuté. Alors qu'il s'approche à un mètre par seconde du groupe, Johnathan se démarque.
L'homme se déplace et commence à crier sur l'abomination pour l'attirer vers lui. Le monstre le suit et ses membres s'orientent dangereusement vers lui.
JOHNATHAN : Il faut l'éloigner d'Astrid !
La plupart restent pétrifié. Peter, parmi d'autres, suivent le mouvement de Johnathan. L'un d'eux se fait attraper par un tentacule, ornés de grosseurs ressemblant à des furoncles violacés. La chose lui hurle dessus. Il se débat mais peine à voir se qu'elle va faire de lui. Il est secoués violemment.
PETER : Astrid !
ASTRID : J'essaie !
JOHNATHAN : Il nous faudrait un miracle !
Olivia dehors, à la porte 17 assiste à la scène. Son regard est fulgurant.
OLIVIA, ferme : Je dois entrer.
AGENT : Vous n'avez pas l'autorisation, madame Bishop.
OLIVIA, se confrontant physiquement avec l'agent lui barrant le passage : Ne me forcez pas à vous écarter...
Plusieurs autres agents se joignent à lui à son geste. Olivia les regarde, énervée et furieuse. Elle ferme soudain les yeux, comme saisit d'une immense migraine.
A l'intérieur, alors que la bête dévoile un visage immonde, constitué de plusieurs becs arrangés aléatoirement sur un bulbe pestiféré et patraque, les lumières dans le bâtiment subissent une secousse. La musique s'ébranle, quelques ampoules et néons explosent.
SYLVIA : Qu'est-ce qui se passe ?!
Un brouillage parcours les écrans d'Astrid, deux de ses appareils prennent feu.
ASTRID : Il y a une saturation !
La bête s'branle et jette l'homme contre un mur. Elle lâche d'horribles hurlements, qui grincent comme de vieilles armoires déplacées. Elle semble atteinte d'une douleur terrassantes. Ses tentacules sont parcourues de spasmes, et projettent des gouttelettes de liquide verdâtre dans tous les sens.
NIELS, toujours près d'Astrid : C'est en train de muter !
SYLVIA : Quelque chose nous sauve !
Dès que Peter entend ces mots, il regarde immédiatement autour de lui. A l'étage, son regard croise celui de Windmark, qui semble contrarié. L'observer disparaît.
Dehors, Olivia se tient la tête. Les soldats devant elles n'ont pas baissé leur garde, mais sont intrigués.
Soudain, Olivia ouvre les yeux et lâche une large expiration, alors qu'on onde de choc est générée et projette les soldats de tous côté. Olivia assiste, impuissante, à ce qu'elle vient d'engendrer. Elle tombe à genoux, exténuée, et choquée. A quelques mètres. La femme brune qui l'a observée durant tout l'épisode sourit malicieusement et s'éclipse.
De nouveau à l'intérieur, la musique s'est éteinte - tous les haut-parleurs ayant explosé, les lumières ne fonctionnent plus. Le bâtiment est plongé dans le noir complet. Des cris de toutes parts retentissent. Quelques lampes torches s'allument.
La poignée d'hommes en combinaison jaune tente de déchiffrer ce qui est en train de se produire. Les cris s'atténuent rapidement. Le silence est bientôt uniquement rythmé par les gestes nerveux des scientifiques protégés. Les lumières se rallument lentement, l'une après l'autre. Tout le monde, sauf ceux là, est allongé au sol, et paraît se réveiller avec une atroce gueule de bois. Peter cherche Etta des yeux et la retrouve près de Niels.
SYLVIA : Que s'est-il passé ?
NIELS : Quelque chose nous a sauvé ?
ASTRID, déjà sur ses écrans : D'après ce que je peux encore lire, une autre signal a été émis, et a du contrecarrer le premier...
PETER, près de Viviane, dont le corps gît maintenant au sol : Viviane ! Vous allez bien ?
La vieille dame reste inerte. Etta est à genoux à côté d'elle, bouleversée.
A plusieurs dizaines de mètres, l'homme dont la mutation avait muni sa peau d'un bouclier de pierre se réveille, au milieu de cailloux et bouts de roches sombres. Il est plein de poussière.
SYLVIA : Sommes-nous encore infectés ?
