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La Rolls-Royce Phantom patientait devant l'entrée du port. Engin rutilant et brillant qui avait appartenu au père de Quinn mais qu'elle utilisait rarement, préférant se déplacer en motocyclette et trouvant le véhicule trop ostentatoire. Néanmoins, la photographe appréciait à sa juste valeur l'attention de Santana.
Casquette sur la tête, le chauffeur, âgé d'une cinquantaine d'années, attendait que sa patronne arrive en compagnie de son amie et eut un sourire chaleureux en voyant le couple arriver.
- Quel plaisir de vous revoir Quinn.
- Moi aussi Henry.
- Cette jeune femme est avec vous ?
- Absolument. Henry, voici Rachel. (À sa compagne) Henry, mon chauffeur, qui est à mon service depuis…
- Que vous avez l'âge de parler. Compléta Henry en souriant. D'ailleurs, c'est avec moi que Quinn a commencé à conduire. Confia-t-il à Rachel avec un sourire en coin. (À Quinn) Votre mère va faire des bonds.
Quinn haussa les épaules et prit la main de sa compagne pour qu'elle monte dans le véhicule. Rachel s'assit sur la banquette en cuir blanc et ne se lassait pas d'observer l'intérieur luxueux. La blonde prit place à ses côtés et Henry s'installa au volant. Il démarra et, regardant dans le rétroviseur, demanda :
- Ou dois-je vous conduire ?
- Chez moi. Répondit Quinn en prenant une main de Rachel dans les siennes. Prenez le chemin que vous voulez.
La voiture émit un ronronnement discret et Rachel en fut étonnée. La photographe éclata de rire, défit les premiers boutons de sa chemise et, extirpant une cigarette d'un paquet froissé de Lucky Strike, l'alluma.
- Tu es bien silencieuse. Fit remarquer Quinn à Rachel qui ne pipait mot depuis qu'elles étaient dans la voiture.
- Quand tu disais que tu avais de quoi faire, je n'imaginais pas que tu roulais en Rolls…
- L'argent ne fait pas tout. Coupa gentiment la photographe. Certes, j'ai de l'argent mais ça ne fait pas mon bonheur. Il y contribue et me permet de ne me soucier de rien mais le vrai bonheur est ici, avec toi. (Sourit) Mon bien le plus précieux est à mes côtés et je vais tout faire pour le garder.
Rachel rougit sous ce compliment à peine déguisé et Quinn l'attira contre elle.
- Ou tu m'emmènes ?
- Dans les étoiles…
Henry roulait doucement pour permettre à ses passagères, surtout à Rachel, de voir tout les lieux les plus mythiques de New-York. De temps en temps, il jetait un œil dans le rétroviseur et voyait Rachel, bien calée dans les bras de Quinn qui regardait autour d'elle, les yeux brillants d'excitation.
- Je vis un rêve éveillé. Je vois toutes les merveilles que tu m'as dites…
- C'est plutôt moi qui vis un rêve. Tu es dans mes bras, à New-York et tu vois Broadway ou tu iras un jour… Et je serai au premier rang, à t'applaudir… Ma Star. Termina Quinn en l'embrassant.
L'espace d'un instant, Rachel se demanda si, effectivement, elle ne rêvait pas tout ceci, que ce n'était que le fruit de son imagination et qu'elle allait bientôt se réveiller avec ses compagnes d'infortune mais, la chaleur émanant du corps pressé contre le sien, le parfum qui parvenait à ses narines ainsi que les lèvres tièdes contre les siennes lui confirmèrent que oui, tout ceci était bien réel.
- Tout va bien ? demanda Quinn, surprise du silence de sa compagne et inquiète de voir son beau visage baigné de larmes.
- Depuis que nous nous sommes retrouvées, j'ai l'impression de vivre un rêve. J'ai peur de me réveiller et de me rendre compte que tout n'était qu'illusion… (Murmure) Que je vais à nouveau sentir l'odeur de la pourriture, de la mort, des corps qu'on brûle… les coups, les cris, les aboiements des chiens… Tu me promets des choses qui ne se réaliseront pas…
- Elles se réaliseront. Promis la blonde en la serrant un peu plus fort dans ses bras. Rachel, n'aie pas peur de ce que je t'offre (murmure) Tu es toute ma vie…
- Ne m'abandonne pas. Répondit la brune dans un souffle.
La Rolls-Royce s'arrêta finalement devant un immeuble cossu situé juste en face de Central Park. Quinn y vivait depuis qu'elle avait l'âge d'avoir son indépendance et l'appartement qu'elle occupait au dernier étage était le premier investissement qu'elle avait fait sous les conseils avisés d'Henry ainsi que d'une de ses connaissances qui y vivait également.
Après avoir raccompagné le couple à l'ascenseur, Henry prit congé et Quinn prit la main de Rachel. Aucune parole ne fut échangée tout le temps que dura la montée. La petite brune était perdue dans ses pensées, se demandant ce que la blonde pouvait encore lui cacher tandis que la photographe songeait aux dernières paroles de sa compagne.
- Nous sommes arrivées. Fit Quinn en prenant une clé qui était dans sa poche de veste.
Rachel opina de la tête et se laissa entraîner par la jeune femme près d'une porte. Elle inséra la clé dans la serrure et une voix, à l'accent suédois, la fit sursauter.
-Quinn Fabray ! Tu aurais au moins pu me dire que tu arrivais ce soir !
Quinn se retourna et sourit à la grande blonde qui se tenait non loin du couple, vêtue d'un peignoir en soie et qui fumait une cigarette.
- Brittany ne t'a rien dit ? répondit malicieusement la photographe en tenant la main de Rachel qui observait la nouvelle venue.
- J'étais absente. Fit la suédoise d'un geste négligent de la main.
- Occupée avec Marlene ?
- C'est cela. Tu serais arrivée beaucoup plus tôt, tu l'aurai vue.
- Elle n'est pas avec toi ?
- Non. Marlene est partie rejoindre son français. (remarque Rachel) Je ne me suis pas présentée. Greta Gustafson, plus connue sous le surnom de « la Divine ». Termina-t-elle en serrant la main d'une Rachel stupéfaite.
- La Divine ? Attendez… Greta Garbo ?
- En personne. Je fais toujours cet effet là aux gens. Renchérit l'actrice en souriant. Vous êtes…
- Rachel Berry. Répondit Quinn à sa place. Ma compagne.
- Enchantée. Fit Greta, toujours souriante. On ne peut pas dire que vous soyez très loquace miss Berry.
- Je…
- Et si tu venais boire un verre à la maison ? proposa Quinn. Comme ça, je pourrais te dire ou j'ai rencontré mon étoile.
- Volontiers. Cela me changera des histoires de Marlene avec son français qui ne veut pas quitter sa femme et ses enfants. Quel gâchis. Soupira la suédoise. Une aussi belle femme…
Quinn éclata de rire et les trois femmes entrèrent dans l'appartement de la photographe.
Pendant son absence, Henry et Greta s'en était occupé, veillant à tout ce que soit en ordre pour le retour de la jeune femme.
- Tu as toujours du Dom Pérignon ? S'enquit Quinn.
- Absolument. Répondit l'actrice. Je vais aller chercher une bouteille chez moi.
Greta partie, Rachel se tourna vers Quinn et lui dit :
- Tu connais Greta Garbo ?
- Oui. C'est elle qui m'a conseillé d'acheté ici avec Henry.
- Comment tu l'as rencontrée ?
- J'ai fait quelques photos d'elle et nous avons sympathisé. (Sourit) C'est une femme extraordinaire et qui est « en couple » avec une autre actrice.
- Pourquoi tu me dis entre guillemets ?
- Leur histoire est très très compliquée et non, Greta n'est pas en couple avec Marlene. Il s'agit de Mimi Pollak mais ça, elle te le dira elle-même.
- Et la fameuse Marlene dont vous parliez, c'est qui ?
- Tu ne devines pas ?
- Je n'ai pas envie de jouer aux devinettes.
- Il s'agit de ta compatriote, l'ange bleu.
- Oh. Fit Rachel, encore une fois stupéfaite des révélations de sa compagne.
Quinn éclata de rire et remit tendrement une mèche brune en place.
- Je vais profiter du fait que Greta soit partie chercher une bouteille de champagne pour te faire le tour du propriétaire. (L'entraîne dans différentes pièces) Salon, salle à manger, cuisine, buanderie, salle de bain pourvue de tout le confort moderne, une chambre d'amis, mon bureau, une pièce vide dont tu auras l'usage. Ce sera ta pièce à toi ou tu pourras faire tout ce que tu voudras.
- Et cette porte ?
- Ma chambre.
- Notre chambre. Corrigea Rachel.
- C'est vrai. Murmura la jeune femme en l'attirant contre elle. Cela te plaît d'être ici, avec moi ?
- Bien sûr que oui. Répondit Rachel en posant une main sur la joue de sa compagne. Même si ton entourage me déstabilise un petit peu.
- Santana ?
- Non. Je te parle de ta voisine. Quels secrets me caches-tu encore Quinn Fabray ?
- Aucun. Fit la photographe en l'embrassant brièvement. Je file à la douche.
Rachel esquissa un sourire et alla dans le salon ou elle trouva Greta en train d'ouvrir une bouteille de Dom Pérignon. L'actrice fit sauter le bouchon et, dans la foulée, rempli trois coupes.
- Des années d'expérience. Pouffa Greta à l'attention de Rachel. Quinn vous a parlé de moi ?
- Juste les grandes lignes. Fit la brune en prenant place dans un fauteuil. Cela dit, j'ignorai que vous vous connaissiez.
- Votre compagne sait être une oreille attentive pour certaines choses. (Sourit) Vous êtes avec une perle. D'ailleurs, ou est Quinn ?
- Sous la douche. Répondit la chanteuse en prenant une coupe de champagne.
- Et vous Rachel, d'où venez-vous ? A en juger par votre accent, je penche pour un pays germanique.
- Allemagne.
- C'est là bas que vous avez rencontré Quinn ? S'enquit Greta en s'asseyant à son tour avec une coupe.
- Oui. Nous nous sommes rencontrées en 1935. Elle passait tous ses étés chez Leni qui se trouvait être ma voisine. (Sourit) Je n'avais que quinze ans à l'époque mais je suis tout de suite tombée amoureuse d'elle. Le coup de foudre. (Soupire) Nous nous sommes revues l'année d'après et ensuite…
- Ensuite ?
- Il y a eu les aléas de la vie. Fit Rachel en se massant le bras gauche sous le regard de la suédoise. Nous nous sommes retrouvées par hasard à Nuremberg.
- Le fameux procès… Votre bras vous fait mal ?
- Non, pourquoi ?
- Vous vous massez donc, j'en conclus qu'il vous fait mal.
En guise de réponse, Rachel le lui montra et l'actrice eut un haut le cœur en voyant le tatouage.
- Seigneur. Dit Greta d'une voix blanche. Quinn est au courant ?
- Oui mais je n'en ai jamais parlé. Je n'ai pas encore le courage d'essayer de mettre des mots sur ce que j'ai vécu.
- Cela viendra. Ce n'est qu'une question de temps. Dit l'actrice d'une voix douce. Le jour ou vous vous sentirez prête, les mots viendront tous seuls. (Sourit) Et j'espère bien être une des premières à lire votre histoire.
Rachel rougit et but une gorgée de champagne.
- Et vous Greta… Pourquoi vivez-vous ici ?
- Parce qu'Hollywood m'ennuie et que ma place n'est plus là bas vu que j'ai mit fin à ma carrière en 1941. Ici, je peux vivre sans me soucier de mon apparence si je sors. Et le fait d'être ici cadre bien avec le surnom que la presse m'a donné. J'ai réalisé mes rêves, maintenant, je n'aspire plus qu'à la tranquillité.
- Un peu comme moi sauf que j'ai carrément quitté mes racines.
- Honnêtement Rachel, vous seriez restée en Allemagne, qu'auriez-vous fait ?
- Je l'ignore. J'aurai sûrement fini par dépérir tandis qu'ici… Une nouvelle vie s'offre à moi. J'ai encore des rêves.
- Il faut les réaliser et peu vous importe le temps. Vivez votre vie à fond sans vous préoccuper des gens. Ne vous laissez pas enfermer dans un carcan pour être comme tout le monde. La vie vous offre une nouvelle chance. Saisissez-là. Conclut Greta en buvant du champagne.
Rachel acquiesça de la tête et l'actrice alluma une cigarette.
- Comment avez-vous rencontré Quinn ?
- Elle prenait des photos en extérieur pour régler son appareil et je me promenais dans Central Park. Quinn m'a gentiment demandée si je pouvais prendre la pose et j'ai dit oui. Elle ignorait qui j'étais et moi qui elle était. Nous avons sympathisé et nous sommes devenues amies. C'est moi qui lui ai conseillé d'acheter ici. C'était en 1942. (Soupire) Déjà 5 ans que je la connais… Pas aussi bien que vous mais assez pour savoir que c'est en partie grâce à vous qu'elle s'est lancée dans la photo.
- Quinn vous a parlé de moi ?
- Absolument. Vous faites partie de son univers et, mis à part Henry et ses deux amies, je suis l'une des seules qui connaisse les raisons qui l'ont poussée à suivre le procès. Vous devez lui parler de ce que vous avez subi sinon cette partie là de votre histoire se mettra entre vous deux et vous serez incapable d'être complètement heureuse. Vous trouverez les mots justes.
- Et si elle me rejette ? Et si ce n'était plus de l'amour mais de la pitié que je lirai dans ses yeux ?
- Un jour, quelqu'un a dit que le regard est le reflet de l'âme. Vous croyez sincèrement que son regard sur vous changera si vous lui parlez ? Quinn a remué ciel et terre pour vous retrouver, pour retrouver la jeune femme qui fait battre son cœur depuis l'âge de quinze ans. Elle ne vous tournera pas le dos en connaissant votre histoire. Termina l'actrice en se levant.
- Vous vous en allez ?
- Il est temps pour moi de rentrer. Ce fut un plaisir de bavarder avec vous.
- De même. Répondit Rachel en se levant à son tour.
A sa surprise, Greta la prit dans ses bras et l'embrassa sur la joue pour lui dire au revoir. Une fois l'actrice partie, Rachel se rassit dans son fauteuil, se resservit du champagne et Quinn arriva dans le salon, les cheveux humides et vêtue d'un peignoir.
- Greta est partie ? S'enquit la photographe en prenant une coupe.
- Oui. Nous avons un peu parlé. Fit la brune en buvant une gorgée.
- Vient par là. Dit la blonde en tapotant la place qui était libre.
Rachel obtempéra et s'assit aux côtés de sa compagne qui la prit dans ses bras.
- Je te sens ailleurs, comme si tu n'étais pas complètement avec moi. Murmura Quinn.
- Parce qu'une partie de moi n'est pas revenue de l'Enfer et qu'elle y restera quoi que je fasse ou dise. (murmure) J'aurai du mourir là bas…
Sentant que Rachel allait enfin lui parler de sa déportation, la photographe lui caressa les cheveux en signe d'encouragement et dit :
- Quoi que tu me dises, mon regard sur toi ne changera pas. Je t'aime Rachel et ce que tu me diras ne me feras pas changer…
La suite est en cours d'écriture.
A bientôt,
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