Bonsoir! (ou bonjour, tout dépend de l'heure ou vous êtes^^)

Voici un nouveau chapitre de Retrouvailles.

Bon, j'avoue que j'ai énormément de retard mais, entre le PC qui lâche alors que toutes les suites sont prêtes à être mises, les Nains qui prennent pas mal de temps et ma femme qui découvre les joies de la D1 (son club est monté en D1 donc, à moi la gestion de la maisonnée) et le boulot, mes journées ne sont pas extensibles!

Stop au blabla et place à la suite!

Bonne lecture et on se retrouve en bas,

Enjoy ;)

13


Quinn sourit, visiblement satisfaite du déroulement de la séance et fit signe à la grande femme blonde de la rejoindre.

- Tout est dans la boîte miss Monroe.

- Déjà ? Habituellement, cela prend une journée complète. Soupira l'actrice en allumant une cigarette.

- Pas pour moi. J'estime qu'une heure est largement suffisant pour obtenir ce que je veux. Rien à voir avec les séances imposées ou on vous fait poireauter pendant des heures pour un résultat merdique. Alors qu'il suffit juste d'un bon éclairage et de laisser le modèle prendre la pose…

- Vous faites tout vous-même ?

- Absolument.

- Perfectionniste jusqu'à l'obsession ?

- Je n'irai pas jusque là. Contredit gentiment la photographe. J'aime aller au bout des choses.

- Comme moi. Je me suis fixée un but et je ferai tout pour y parvenir. (Soupire) Avoir mon étoile sur Hollywood boulevard et être une actrice mondialement reconnue…

- Je suis sûre que vous y parviendrez sans problème. Vous savez charmer l'objectif. Répondit Quinn en montrant son Leica.

- Vous devriez être mon agent. Je suis sûre qu'avec vous, on me proposerait autre chose que des rôles de blonde sans une once d'intelligence.

- Non. La photographie est ma passion, le cinéma, un loisir. Je ne pourrais pas travailler dans ce milieu là ou vos moindres faits et gestes sont rapportés par la presse. J'aime ma tranquillité et le fait que ma vie privée reste privée. Je ne dis pas ça pour vous miss Monroe.

- Appelez-moi Marilyn, je vous prie.

- A la condition que vous m'appeliez Quinn. Miss Fabray me fait trop penser à ma mère.

L'actrice éclata de rire et écrasa sa cigarette.

- Dites à votre agent de venir récupérer les épreuves en début d'après midi.

- Me permettez-vous de vous inviter à boire un verre avec moi ?

Quinn regarda la jeune femme, étonnée par sa proposition. Elle allait répondre quand Marilyn lui coupa l'herbe sous le pied.

- En tout bien tout honneur. Je veux simplement continuer à bavarder avec vous autour d'un verre, pas vous sauter dessus. Vous n'êtes pas mon genre et je ne voudrais pas que votre amie pense que je veux vous mettre dans mon lit…

- Je… Merde, ça se voit tant que ça…

- Que vous êtes homosexuelle ? Seule une femme qui aime les femmes peut donner une telle aura de sensualité à des simples photos. Dites simplement oui.

- Ok. Fit la photographe, soufflée par ce qu'elle venait d'entendre.

- Je vous laisse le choix du lieu. Je ne connais pas assez New York pour cela.

- Laissez-moi vos coordonnées et je vous passerais un coup de fil pour vous indiquer l'heure à laquelle je passe vous prendre.

Marylin opina de la tête, griffonna l'adresse de son hôtel, serra la main de Quinn et s'en alla.

Entre l'actrice et la photographe, une curieuse amitié venait de naître.


Rachel regardait autour d'elle, fascinée et un peu effrayée, l'endroit ou elle se trouvait.

Le studio d'enregistrement de la grande Ella Fitzgerald, en plein Brooklyn.

La chanteuse à la peau ébène sirotait son habituelle vodka-martini tout en parcourant les chansons écrites par son parolier Stanley, qui se tenait dans un coin, scrutant les réactions de sa patronne.

Rachel n'en revenait toujours pas. Il y a encore deux semaines, elle n'était qu'une anonyme rêvant d'enregistrer une chanson et là… Une seule rencontre à la Revue Nègre et sa vie prenait un autre chemin.

- Ça ne vaut pas le cocktail de Noah mais c'est buvable. Fit Ella en posant son verre vide. Rachel, approchez je vous prie.

Intimidée, la jeune femme s'approcha, sous le regard amusé de Santana qui l'avait accompagnée. La Latina s'était prise d'affection pour la petite brune et se sentait honorée d'assister à ses débuts.

- Quel est votre répertoire ?

- Répertoire ?

- Ce que vous chantez.

- Heu… Ce que j'entendais à la radio. Zarah Leander, Billie Holiday… Les disques que mes pères me ramenaient leurs voyages. Charles Trenet, Maurice Chevalier, Edith Piaf, Suzy Solidor, Fréhel…

- Zarah Leander, nous allons éviter. Trop estampillé nazi et il est encore tôt pour que vous chantiez dans votre langue maternelle. Les chansons françaises, ce sera pour plus tard. (Un Noir entre dans le studio) Tu tombes bien. Tu vas pouvoir nous aider.

- Bonjour Ella. Fit Louis d'une voix douce qui contrastait avec sa carrure digne d'un footballeur américain. J'arrive tout juste de la Revue. Noah ne tenait plus en place.

- Duke s'est encore vanté de l'histoire du Cafe Society ?

- Tu fais référence à son comportement de diva au dépends de ce pauvre Django Reinhardt ? Négatif. Il me parlait d'une de ses clientes qui allait travailler avec toi.

- Tu veux sans doute parler de Rachel.

Louis se tourna vers la petite brune qui, en cet instant, voulu se cacher dans un trou de souris.

- N'ayez pas peur. Dit le trompettiste, hilare et en tendant une main à la jeune femme. Louis Armstrong.

- Rachel Berry monsieur.

- Pas de monsieur jeune fille. Alors Ella, en quoi puis-je t'aider ?

- Répertoire très éclectique. L'autre soir, Rachel a chanté Dream a little dream of me et j'ai été bluffée…

- Pour que tu sois bluffée, il en faut pas mal. Stanley, mettez vous au piano je vous prie. Rachel, vous connaissez Cheek to cheek ?

- Oui.

- Chantez là comme si c'était la dernière fois que vous le faisiez. (s'assoit) Allez-y.


A la fin de l'interprétation, Louis se leva, applaudissant la petite brune.

- Vous avez une voix à donner des frissons. Ella, je crois que nous tenons LA chanson. Avec un arrangement plus jazzy…

- Tu crois que Benny Goodman sera d'accord ?

- Ce sera toujours mieux que la version de Fred Astaire. On enregistre aujourd'hui et ce soir…

- Santana, tu rameutes tout le monde. 20 h à la Revue. Dit Ella qui savait ce que son ami avait en tête. Stanley, appelez Benny pour les autorisations et dans la foulée, vous prévenez Glen Miller de ma part. Il comprendra. Rachel, vous êtes prête ?

- Prête à quoi ?

- A devenir une star…


Noah reposa le combiné de son téléphone et exécuta une petite danse de la joie sous les regards surpris des clients qui se demandaient pourquoi le barman, d'ordinaire si discret, était si joyeux.

- Une bonne nouvelle Noah ? S'enquit un des clients qui réglait sa note.

- Cela concerne l'amie d'une amie monsieur DiMaggio. Elle est en passe de réaliser son rêve. Révéla l'ancien soldat, heureux d'en parler.

- C'est bien. Dit le joueur de base-ball en déposant un billet de vingt dollars sur le comptoir. Gardez la monnaie.

- Merci. Bonne chance pour votre match.

- Si nous gagnons, je viendrai écouter votre amie. Au fait Noah, savez vous pourquoi nous gagnons toujours à domicile ?

- Non.

- Parce que les rayures de nos maillots déconcentrent nos adversaires. Pouffa DiMaggio. A tout à l'heure mon ami.


Le nez dans le journal, le dos appuyé contre un mur, Finn attendait patiemment que Rachel sorte de l'immeuble.

Le jeune homme était tombé amoureux de la chanteuse à l'instant même ou il l'avait vu, ou il avait entendu sa voix d'or. Le simple fait qu'elle soit avec le trio ne l'inquiétait pas. Dans son esprit étroit et borné, Rachel ne pouvait pas être comme elles pour la simple et bonne raison qu'une femme comme elle ne devait avoir qu'un homme comme lui dans sa vie. Pas une femme comme Quinn qui l'entraînerait dans des nuits de débauche et qui la condamnerait à la damnation.

Un sourire naquit sur ses lèvres en apercevant Rachel. Sourire qui s'estompa en la voyant avec Santana mais le jeune homme décida quand même d'aller à la rencontre de la chanteuse.

- Bonjour Rachel. Dit Finn d'une voix douce.

- Qu'est ce que tu fous là ? fit sèchement Santana. Il faut maintenant que tu viennes nous faire chier en pleine rue ?

- Je passais dans le coin et je me suis dit que je pouvais vous inviter à boire un verre quelque part. reprit-il sans faire attention à la Latina.

- Non.

- Je ne peux qu'insister. Je suis de bien meilleure compagnie que cette…

- Non.

- Rachel, permettez moi d'insister.

- Qu'est ce que vous ne comprenez pas dans le mot non ? répondit Rachel en faisant face à Finn. Insistez autant que vous voulez, la réponse est non.

- Rachel…

- En quelle langue faut il que je vous le dise ? Vous ne m'intéressez absolument pas et je ne veux pas vous connaître.

La petite brune avait parlé sans élever la voix et était repartie dans l'immeuble. Finn voulu la rejoindre mais il fut retenu par une poigne de fer.

- J'ignore ce que tu as dans la tête hijo de puta mais quand une dame te dit non, c'est non.

- Charité bien ordonnée commence par soi-même. Tu crois que je vais t'écouter ?

- Tu as plutôt intérêt. Répliqua sèchement Santana. Tu la suis encore une fois, je t'émascule. Tu la regarde, tu l'approches et je fais de ta vie un putain d'enfer…

- Parce que tu crois que je vais prendre tes menaces au sérieux ? Rachel n'a rien à faire avec toi et toute ta clique de…

Finn hurla quand Santana, excédée par ses propos, lui mit un coup de genou bien placé à l'entrejambe. Le jeune homme se plia en deux sur le coup de la douleur et la jeune femme le força à se redresser en lui empoignant les cheveux.

- J'vais être plus claire petite merde. Je vois ta sale gueule… J'aperçois juste un bout de ton horrible tête, je te tue. J'écrase ta gueule de rat contre le trottoir. Ose t'approcher de Rachel et tu es mort Hudson.

- Sale chienne.

- T'es pas au courant ? C'est ma marque de fabrique connard. Casse-toi.

Santana ricana en voyant Finn s'éloigner, plié en deux. Cependant, une fois passé le coin de la rue, le jeune homme s'adossa contre un mur et murmura pour lui-même :

- Si tu crois que tes putains de menaces me font peur… Rachel sera à moi. D'une manière ou d'une autre, elle sera mienne…


Marylin jeta un rapide coup d'œil autour d'elle et alluma une cigarette, satisfaite.

- Cet endroit vous convient ?

- Absolument. Pas un seul scribouillard en vue. Parfait.

- C'est un bar qui est ouvert H24. Les plus grands noms du jazz viennent y chanter dans l'anonymat le plus complet.

- Vous êtes sérieuse ?

- Oui.

- Vous êtes sûre que personne ne viendra nous déranger ?

- Le barman, Noah, n'a pas son pareil pour mettre les emmerdeurs à la porte.

- Et je ne risque pas de… Vous voyez… bafouilla l'actrice en rougissant.

- Non. Ce n'est pas le genre de la clientèle. A partir du moment où vous respectez les goûts des clients, il n'y a aucun problème.

Marylin laissa échapper un soupir de soulagement et les deux amies s'installèrent à une table ou Noah vint prendre leur commande.

- Vous désirez ?

- Un Jack sans glace. Marylin ?

- Un Bloody Mary.

- C'est noté. Quinn, il y a eu un appel pour toi de Santana.

- Que veut-elle ?

- « 20h ici et tu vas être surprise par ton anorexique ». dit Noah en lisant une note.

- Je pense avoir comprit. Noah, tu peux me rendre un service ?

- Cela rentre dans mes attributions ? Plaisanta l'ancien soldat.

- Soit sérieux cinq minutes.

- Je t'écoute.

- Occupe-toi simplement de faire livrer 300 bouquets de fleurs pour Rachel.

- Pour ici ?

- Oui.

- Je vais passer quelques coups de fil. 300 fleurs, tu es sérieuse ?

- Merci Noah.

Le barman eut un sourire jusqu'aux oreilles, retourna vers le comptoir en sifflotant et Marylin se tourna vers la photographe.

- Vous devez sacrément l'aimer.

- Qui ?

- Rachel.

- Plus que ma propre vie. Elle est mon tout. Mon passé, mon présent et mon avenir. Une vie sans elle ne m'intéresse pas.

- Personnellement, si un homme pouvait m'offrir 300 bouquets de fleurs, je serai la femme la plus heureuse du monde…

- La galanterie n'est pas morte.

- Juste tombée en désuétude. Renchérit la sculpturale blonde.

- Qu'est ce qu'on ne ferait pas pour avoir un sourire de la personne qu'on aime…

- J'ignorais que vous étiez aussi fleur bleue Quinn.

- Je cache bien mon jeu. Avoua la photographe en riant. Vous devez prendre l'avion à quelle heure ?

- Dans trois heures.

- Ne pouvez-vous pas rester jusqu'à demain ?

- Pour quelle raison ?

- Je voudrais vous présenter Rachel.

- D'accord. Autant rester vingt quatre heures de plus puisque personne ne m'attend chez moi. Comment avez-vous rencontré Rachel ?

- Vous voulez la version courte ou la version longue ? demanda Quinn en allumant une cigarette.


Rachel entra dans la Revue Nègre par une porte dérobée, toujours accompagnée par Santana qui jetait de fréquents coups d'œil derrière elle, persuadée que Finn allait encore rappliquer.

- Pourquoi est tu sur tes gardes ?

- Parce que l'autre bâtard a autant de cerveau qu'une moule et qu'il serait bien capable de débarquer ici sans tenir compte de ce que je lui ai dit.

- Je suis capable de me défendre tu sais.

- Je n'en doute pas mais Blondie me ferait bouffer mes ovaires s'il t'arrivait quoi que ce soit.

- Tu es mon chien de garde ?

- Y'a de l'idée. Allez, direction ta loge. Pas trop angoissée ?

- Curieusement non. J'ai déjà chanté devant des gens.

- Après la guerre ?

- Après la guerre, pendant le procès. Je chantais n' importe où et n'importe quoi, selon le bon vouloir des gens. La musique contre les horreurs entendues pendant la journée…

- Quinn le mentionnait dans ses lettres.

- Nous nous sommes retrouvées par hasard. Je chantais une chanson en yiddish. Yeroushalaim Chel Zahav. Et Quinn était devant moi. Je ne l'avais pas reconnue au début. Je crois que j'avais gardé l'image de l'adolescente d'avant guerre…

- Comment l'as-tu reconnue ?

- Son regard. Des orbes émeraude comme les siennes, cela ne s'oublie pas. Avoua Rachel, rêveuse. Bien qu'au départ, j'ai cru que c'était un homme !

- C'est vrai qu'en uniforme, on lui donne plus du monsieur que de la madame. Plaisanta la jeune femme. C'est vrai qu'elle est impressionnante.

- Oui. Et très… (Ouvre la porte de sa loge) Bon sang !

Sous les yeux ébahis de Rachel, la pièce croulait sous les bouquets de fleurs de toutes les espèces. Santana lâcha un sifflement admiratif, sachant que ce geste venait de Quinn.

- Bordel, elle n'y ai pas allé de main morte. Murmura la Latina, admirative. Au bas mot, il y a au moins…

- 300 Flowers. Dit Louis en arrivant. Dans la chanson, il est question d'une femme qui rentre chez elle et qui découvre 300 bouquets de roses rouges offertes par son amant. Elles viennent de Quinn n'est ce pas ?

- Comment…

- Parce qu'il n'y a qu'elle pour faire ça. On se prépare ? fit Ella en souriant.


Marylin sortit un mouchoir de son sac à main et s'essuya les yeux. L'actrice avait été profondément touchée par l'histoire de Quinn et Rachel et n'avait pu retenir ses larmes.

- Bon sang… Si j'avais su que cela vous aurait fait pleurer, je n'aurais rien dit. Fit Quinn, décontenancée par la jeune femme en pleurs.

- Votre histoire et si belle et si touchante. C'est pour ça que je pleure. On se dit que c'est le genre de chose qui n'arrive que dans les romans et au final, non. C'est…

- Non. Coupa Quinn. Les gens ne sont pas prêts à entendre ou à lire notre histoire. Notre époque est…

- Trop intolérante, je sais. Il n'y a qu'à voir avec les Noirs. Nous sommes au 20° siècle, pas au siècle dernier ! Tant d'injustice me révolte Quinn. Quelle que soit notre couleur de peau ou notre préférence, nous sommes tous égaux, y comprit devant Dieu quand nous passons l'arme à gauche. En quoi un Blanc est différent d'un Noir ou d'un Asiatique ? En quoi un catholique est différent d'un musulman, d'un protestant ou d'un juif ?

- Un éminent philosophe vous dirait que l'Homme a peur de la différence et qu'il a besoin de tout rentrer dans des cases.

- J'appelle ça un con borné.

- Malheureusement, notre société est comme ça. Les hommes aux bistrots et les femmes aux fourneaux. Triste réalité. A croire que nous sommes juste bonnes à pondre des mômes et à écarter les pattes dès que Monsieur en a envie…

- J'ai envie d'avoir des enfants mais certainement pas de dépendre entièrement d'un homme. Ça, jamais.

- Féministe ?

- Pas en public. Si je disais tout haut ce que je pense réellement, je choquerai les bien-pensants et je n'aurai plus de travail…

- Cela restera entre nous. La même chose ?


Greta pestait contre les automobilistes dans sa langue maternelle tandis que sa passagère souriait.

- Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle. Grommela la Suédoise. Les New-Yorkais ne savent pas conduire. Que des cinglés.

- Nous aurions pu y aller à pied. Répondit la femme, d'une quarantaine d'années, d'une voix rocailleuse, comme usée par des années de tabagisme.

- Et ruiner ta coiffure impeccable sous ce déluge ma chère Marlene ?

- Déluge, c'est vite dit. Ou m'emmènes-tu ?

- Loin, très loin de ton abruti de Français.

- Jean est parti ce matin. C'est terminé entre nous. Avoua Marlene en posant son front contre la vitre.

- Je ne savais pas. Je suis désolée.

- Pas autant que moi. J'aurai été jusqu'à divorcer de Rudi…

- A ce point là ?

- *Ich bin von Kopf bi Fuss auf liebe eingestellt.

- En tout cas, pas dans les bras d'un homme. Tout ce qu'ils savent faire, c'est te faire pleurer.

- Parce que les femmes ne font pas pleurer ?

- Beaucoup moins même si nous pouvons être très cruelles entre nous.

- Tu fais référence à ta relation épistolaire avec Mimi ?

- Entre autre. Et je faisais également référence aux lettres enflammées de Mercedes à ton sujet. Un de ces jours, elle clamera haut et fort qu'elle a couché avec toi.

- Liaison qui n'a rien donné sauf à m'enfuir à toutes jambes.

- Sublimes jambes. Murmura Greta avec nostalgie.

- Aurais-tu des regrets sur ce que nous avons vécu ?

- Possible mais le temps n'est plus aux regrets. Cela dit, j'aurai vraiment aimé être ton chevalier blanc…

- Et tu m'aurai sauvé de quoi ?

- De ton histoire foireuse avec Gabin. De la merde, voilà ce que c'était. Ce n'était pas lui qui te ramassait à la petite cuillère quand il annulait vos rendez-vous par des prétextes bidons.

Marlene resta silencieuse quelques secondes, sachant que son ancienne amante avait raison sur toute la ligne. Ce fut, d'une petite voix, qu'elle murmura :

- Tu crois que maintenant, tu pourrais être mon chevalier blanc ?


Noah était satisfait de voir que la salle se remplissait à vue d'œil, signe que le bouche à oreilles des clients avait fonctionné.

Brittany avait rejoint Quinn et Marylin, Greta et Marlene venaient d'arriver suivies de près par Edith Piaf et son compagnon, l'idole de Puck, le boxeur Marcel Cerdan. Comme il l'avait promis, Joe DiMaggio était revenu. Sans oublier quelques anonymes qui étaient venus pour passer une bonne soirée.

Satisfait, l'ancien soldat fit signe à un des employés de mettre la pancarte closed sur la porte d'entrée et s'affaira à satisfaire les demandes.

Quinn sourit en voyant Santana les rejoindre et celle-ci lui sourit en retour avant de se rendre compte que son amie était en compagnie de Marylin, Greta, Marlene, Edith et Marcel.

- Bordel, y'en a du beau monde à ta table Blondie.

- Le bouche à oreille a bien fonctionné. Commenta Brittany en souriant largement. J'ai prévenu ma tante qui l'a dit à Edith… Et Marylin…

- J'ai passé la journée avec Quinn.

- A vous saouler ? fit la Latina en désignant les verres.

- Non. A échanger nos points de vue sur le monde. Ce qui était très intéressant.

- En voilà des sujets bien sérieux pour des jolies femmes…

- Marcel, ne fait pas ton joli cœur devant ces dames. Coupa Edith Piaf en éclatant de rire. Puisque tu es d'humeur badine et le seul homme de cette table, sers nous à boire.

- Vous menez toujours votre monde à la baguette ma chère amie. Commenta Marlene, amusée.

- Surtout mon beau boxeur.

-Et Loulou ?

- Il ne sait pas que je suis là. Il m'emmerde avec ses « Edith, ne faites pas ça ». J'ai plus dix ans. Enfin, je l'aime bien ce vieux con. Répliqua la Française dans un anglais approximatif.

- Qui est Loulou ? demanda Marylin, intriguée.

- Mon putain d'impresario qui a tendance à se mêler de tout et de n'importe quoi mais qui a le mérite de me supporter depuis une décennie.

- Un saint homme. Plaisanta Marcel en embrassant la main de sa compagne.

- Si tu le dit mon amour.

- Je crois que tu as tiré le bon numéro.

- Cela se pourrait.

Marcel rougit jusqu'aux oreilles et Edith porta son attention sur Greta qui discutait avec sa nièce. La chanteuse était au courant de ce qu'il y avait eu entre elles et se demandait quand est ce qu'elles allaient remettre le couvert.

- Tout doux la prussienne. Je ne vais pas sauter sur ta Suédoise. Murmura Edith à l'oreille de Marlene.

- Manquerai plus que tu t'intéresses aux femmes… Au fait, pourquoi nous sommes là ?

- Pour entendre l'anorexique de la blondasse. Répondit Santana en riant.

- J'aime votre franc-parler. Reprit la Française à l'attention de la Latina. Vous me faites penser à moi mais plus jeune. Beaucoup plus jeune….


Glenn Miller ajusta son nœud papillon et essuya distraitement ses lunettes. Stanley fit craquer ses doigts avant de les poser sur ses genoux tandis que Louis tournait sa trompette dans tout les sens. Ella régla le micro à la hauteur de Rachel et eut un chaleureux sourire pour la petite brune.

- y Rachel. Faisons les vibrer.

Rachel opina de la tête et, d'un seul coup, les projecteurs illuminèrent la scène. La petite brune chercha sa compagne du regard et se sentit rassurée en la voyant en compagnie de leurs amies tandis qu'Ella se demandait pourquoi Marlene et Edith étaient présentes.

- Stanley ? murmura Louis. On y va….

- Cheek to cheek

(joue contre joue)

Heaven, I'm in Heaven,

Le paradis, je suis au paradis,

And my heart beats so that I can hardly speak ;

Et mon coeur bat si fort que j'ai du mal à parler

And I seem to find the happiness I seek

Et il semble que j'ai trouvé le bonheur que je cherchais

When we're out together dancing, cheek to cheek.

Quand nous sommes ensemble dehors, dansant joue contre joue.

Heaven, I'm in Heaven,

Le paradis, je suis au paradis,

And the cares that hang around me through the week

Et les soucis qui flottent autour de moi pendant la semaine

Seem to vanish like a gambler's lucky streak

Semblent disparaître comme le moment chanceux d'un joueur

When we're out together dancing, cheek to cheek.

Quand nous sommes ensemble, dansant joue contre joue.

Oh ! I love to climb a mountain,

Oh ! J'aime gravir une montagne

And to reach the highest peak,

Et atteindre le plus haut sommet

But it doesn't thrill me half as much

Mais ça me procure la moitié des frissons que je ressens

As dancing cheek to cheek.

Quand nous dansons joue contre joue

Oh ! I love to go out fishing

Oh ! J'aime aller pêcher

In a river or a creek,

Dans une rivière ou une crique

But I don't enjoy it half as much

Mais cette joie est la moitié de celle que j'aie

As dancing cheek to cheek.

Quand nous dansons joue contre joue

Dance with me

Danse avec moi

I want my arm about you ;

Je veux mes bras près de toi

The charm about you

Ton charme

Will carry me through to Heaven

Me conduira au paradis

I'm in Heaven,

Le paradis, je suis au paradis,

And my heart beats so that I can hardly speak ;

Et mon coeur bats si fort que j'ai du mal à parler,

And I seem to find the happiness I seek

Et je sens que j'ai trouvé le bonheur que je cherchais

When we're out together dancing cheek to cheek

Quand nous sommes ensemble dehors, dansant joue contre joue


- Oh bordel, j'en ai les poils qui se hérissent ! dit Edith enthousiaste, tout en applaudissant.

- Nous avons bien fait de venir. Renchérit Marcel.

- Elle est parfaite. Sa voix, c'est de l'or en barre. Qui s'occupe d'elle ? Rachel ferait un tabac en France ! Qui est son impresario ?

- Moi. Répondit Santana avec aplomb tout en donnant un discret coup de coude à Quinn.

- Vous ? fit la Française, surprise.

- Oui, moi. Tout ce qui concerne la carrière de Rachel passe par moi.

- Dans ce cas là, je prend rapidement contact avec Loulou. Elle parle français au moins ?

- Absolument. Peut être pas l'argot mais le français usuel. Répliqua Quinn à la place de Santana.

- A la bonne heure ! s'exclama la chanteuse, ravie et en se levant. On va rentrer et je repasserais demain matin avec Loulou. Neuf heures, ça vous va ?

- Ok. Répondit la Latina. A demain.

- A demain. A bientôt Marlene.


Glenn, Stanley et Louis avaient quitté la scène, contents de leurs prestations tandis qu'Ella était restée aux côtés de Rachel. Cette dernière était heureuse d'avoir pu chanter devant des personnes qui appréciaient ce qu'elle faisait.

La chanteuse à la peau d'ébène posa une main rassurante sur l'épaule de la plus jeune et sourit en voyant Santana parler avec Edith. Apparemment, la petite brune avait conquit la Française et Ella, elle était même prête à mettre sa main à couper, devinait sans peine que la carrière de Rachel allait être lancée sur les chapeaux de roues.

La chanteuse s'en alla et Rachel allait en faire de même quand, scrutant la foule pour apercevoir Quinn, remarqua que sa compagne était avec Marlene Dietrich. Instantanément, une chanson vint à son esprit. Une vieille chanson allemande que ses pères lui avaient apprise quand elle avait une dizaine d'années.

- Lili Marleen (Lili Marleen)

Vor der Kaserne

Devant la caserne

Vor dem großen Tor

Devant la grande porte

Stand eine Laterne

Il y avait une lanterne

Und steht sie noch davor

Et elle est encore là devant.

So woll'n wir uns da wieder seh'n

Alors nous voulons nous y revoir

Bei der Laterne wollen wir steh'n

Sous la lanterne nous voulons rester

Wie einst Lili Marleen.

Comme autrefois, Lili Marleen

Unsere beide Schatten

Nos deux ombres

Sah'n wie einer aus

Ne faisaient plus qu'une

Daß wir so lieb uns hatten

Que nous nous aimions tant,

Das sah man gleich daraus

Ca se voyait tout de suite

Und alle Leute soll'n es seh'n

Et tout les gens doivent le voir

Wenn wir bei der Laterne steh'n

Quand nous nous trouvons sous la lanterne

Wie einst Lili Marleen.

Comme autrefois, Lili Marleen

Schon rief der Posten,

La sentinelle appelle déjà

Sie blasen Zapfenstreich

Ils sonnent le couvre-feu

Das kann drei Tage kosten

Ca peut coûter trois jours

Kam'rad, ich komm ja gleich

Camarades, j'arrive tout de suite

Da sagten wir auf Wiedersehen

Alors on se disait au revoir


Dès les premiers mots, Marlene avait relevé la tête et, sans réfléchir, fredonna les paroles. A la fin, l'actrice applaudit énergiquement et Rachel ne sut quoi faire quand sa compatriote la rejoignit, ses yeux bleus embués de larmes, émue.

- Je ne sais quoi dire. Fit Marlene en allemand. Vous entendre chanter Lili Marleen comme on la chantait dans les cabarets de Berlin quand j'étais débutante… C'est toute une période heureuse de ma vie qui m'est revenue… Peut être ne comprenez vous pas ce que je vous raconte… termina t'elle en anglais.

- Je vois très bien ce que vous voulez dire. Répliqua Rachel en allemand. Mes pères ont travaillé pour le Schalle und Rauch qui était entre la Kurfürstendam et la Kanstrasse.

Saisie, Marlene attira Rachel contre elle. Son passé lui revenait en pleine figure. Celui ou, jeune mariée, elle avait enchaîné les petits contrats et les petits rôles au théâtre avant de se tourner vers le cinéma et décrocher le rôle qui allait la faire connaître à l'échelle mondiale sous l'égide de Josef von Sternberg. Elle se souvenait également de sa période au Schalle und Rauch, ou les directeurs de l'époque, avants-gardistes, étaient toujours accompagnés de leur petite fille. Une petite brune aux yeux marrons et qui découvrait le monde avec l'envie de faire comme les artistes qui défilaient sur scène. Une petite fille qui, Marlene en était sûre, se tenait devant elle.

- Tu es la fille de Hicham et Leroy Berry n'est ce pas ?

Rachel baissa la tête, incapable de répondre. Entendre les prénoms de ses pères la plongeait dans une profonde tristesse et Marlene le remarqua. Tout comme elle finit par remarquer le tatouage qui ornait l'avant bras gauche de la jeune femme.

- J'aimais énormément tes pères… Raconte moi Rachel…


*Je suis faite pour l'amour de la tête aux pieds.

Playlist d'écriture:

Cheek to cheek (Ella Fitzgerald & Louis Armstrong)

Moonlight Serenade (Glenn Miller)

300 Flowers (Michael A Levine - Cold Case OST)

Lili Marleen (Marlene Dietrich - Live at Berlin, 1973)

Yeroushalaim Chel Zahav (John Williams - Schindler's List OST)


En espérant que cette suite vous ai plu.

A bientôt pour le prochain chapitre (qui, je l'espère, mettra beaucoup moins de temps à arriver)

Th13