Bonjour ou bonsoir!

Non, vous ne rêvez pas, il s'agit bien d'un nouveau chapitre qui est, hélas, un peu plus court que le précédent.

Je pense que vous allez avoir des envies de meurtre concernant ce très cher Finn mais j'ai besoin de le faire passer pour un salaud dans l'histoire.

Bonne lecture et on se retrouve en bas,

Enjoy ;)

Th13

PS: Un grand merci à K qui a prit le temps d'être avec nous. Ild chaton et les groupies seront là^^


Marlene serrait les poings à tel point que les jointures de ses doigts étaient devenues blanches. Ce qui n'inquiétait pas Greta qui, avec sa délicatesse coutumière, avait préféré laisser son amie dans son salon. La Suédoise avait compris qu'elle désirait être seule et que les mots échangés avec Rachel devaient être digérés.

A l'instar de Quinn, Marlene avait été submergée par la colère quand Rachel lui avait raconté son histoire.


Quinn était partie en compagnie de Marylin, Santana et Brittany, préférant laisser les deux jeunes femmes seules. Greta était restée mais sans se mêler à la conversation, se contentant d'être assise au comptoir et de parler avec Noah.

Les deux Allemandes étaient face à face, Marlene écoutant religieusement sa cadette tout en fumant sans discontinuer et en vidant méthodiquement son verre.

J- e connais des gens qui peuvent t'aider à t'apaiser… avait fini par dire l'actrice à la fin du récit.

- Un psy ? Avait ricané Rachel en regardant l'actrice.

- Non. Quelqu'un dont toute la famille a été exterminée. Quelqu'un dont le seul but est désormais voué à traquer la Bête.

- Qui peut faire ça Marlene ? Les gens veuillent oublier.

- Un juif autrichien du nom de Simon Wiesenthal.

- Jamais je n'irai en Autriche et encore moins en Allemagne. Jamais.

- Tu as pourtant encore des amis là bas. Une maison…

- Quelle maison ? Quels amis ? La maison de mes pères a été réduite en cendres et mes soi-disant amis m'ont tourné le dos.

- Et Leni ?

- En plein procès de dénazification. Tout du moins, je le suppose. Marlene, retourner là bas signifierait pour moi d'affronter quelque chose que je ne veux pas. Quelque chose que je veux oublier.

- Tu veux juste te souvenir des jolies choses. Murmura la plus âgée. Mais tu dois également te souvenir des mauvaises parce que cela ne doit pas être oublié. Tu ne dois pas oublier tes pères.

- Tu n'étais pas là quand ils se sont fait arrêter devant moi. Tu n'étais pas là quand la Gestapo a tabassé papa Leroy sous mes yeux et quand ils ont obligé papa H à …

Marlene posa une main sur celles de Rachel qui fondit en larmes. Voyant la scène, Greta se rapprocha des deux femmes et posa une main compatissante sur l'épaule de sa jeune amie.

- Ils me manquent. Murmura-t-elle en fermant les yeux.

- Je sais Rachel. Répondit Greta d'une voix douce. Tu veux que je prévienne Quinn ?

- Non. Je ne veux pas l'affoler. Ça va passer.

- Tu es sûre ?

- Oui. J'ai besoin d'être toute seule.

- D'accord.

Sans rien ajouter de plus, Greta fit signe à Marlene de la suivre. Celle-ci commençait à pleinement prendre conscience du poids de l'histoire de la chanteuse et un sentiment d'horreur mêlé à de la colère naissait en elle.

- Emmène-moi chez toi mon preux chevalier… Murmura Marlene.


Rachel regardait sans vraiment les voir les fleurs qui ornaient sa loge. Ses pensées étaient tournées vers ses pères.

Elle revoyait encore les yeux bruns remplis de tendresse de Leroy et la douceur de Hicham quand il la prenait dans ses bras pour lui faire son câlin du soir. Elle pouvait encore sentir les odeurs de leurs parfums. Pour un homme pour Hicham et un savant mélange d'eaux de Cologne pour Leroy. En cet instant, Rachel pouvait sentir leurs présences.

La petite brune ferma les yeux, ressassant les souvenirs d'une période heureuse. Celle ou elle n'était qu'une enfant toujours fourrée dans le cabaret de ses pères, rêvant de faire comme les artistes qui se produisaient chaque soir. Une petite fille qui avait découvert sa vocation en fredonnant à une comédienne sur le déclin une vieille comptine de son enfance. Une adolescente qui, quand elle n'était pas en train d'étudier, passait des heures à observer les moindres faits et gestes des chanteurs à la mode. Le tout sous les regards attendris de ses pères qui encourageaient la passion de leur fille unique. Sauf que…

Maintenant, ils n'étaient plus là. Hicham et Leroy n'étaient plus là pour assister à ses premiers pas de chanteuse dans cette ville qu'ils s'étaient pourtant promis de visiter un jour. Ils n'étaient plus là pour la taquiner tendrement sur sa relation avec Quinn.

Disparus dans l'opacité des camps en 1941, leurs noms à jamais rayés, remplacés par un matricule et un triangle rose.

Rachel ne pouvait s'arrêter de pleurer. Comme si évoquer ses pères, parler d'eux à Marlene qui les avaient connus avait ouvert une vanne.

Elle qui avait masqué sa terreur quand les nazis étaient venus les arrêter, qui n'avait pas fléchi ni même pleuré pendant toute sa déportation, qui avait côtoyé l'horreur et avait fini par enfouir ses émotions sous un masque, pleurait comme une enfant. Réalisant qu'elle était la dernière survivante de sa famille.

- Ce n'est pas juste ! hurla-t-elle en lançant un verre contre un miroir qui lui faisait face.


Le bruit du verre brisé fit sursauter Noah qui décida, en une fraction de seconde, de rejoindre la chanteuse. Abandonnant son cher comptoir à un de ses collègues, l'ancien soldat se précipita vers la loge de Rachel et toqua doucement à la porte. N'obtenant aucune réponse, il entrouvrit la porte et aperçut Rachel, assise par terre, au beau milieu des morceaux de verre.

La jeune femme ne se rendit pas compte de la présence de l'ancien soldat et ce ne fut qu'en sentant une main douce mais ferme qui la relevait qu'elle réalisa ce qu'elle avait fait.

- Je suis désolée. Je ne recommencerai plus. Murmura-t-elle pendant que Noah s'affairait à enlever les débris de verre.

- Ce n'est pas grave.

- Je vous rembourserai.

- Ce n'est qu'un miroir. Assura Noah avec un léger sourire. Cela m'arrive aussi de passer mes nerfs là-dessus.

- Je n'ai pas à faire ça. Ce n'est pas mon genre.

- Rachel, cela arrive à tout le monde de craquer. Reprit le jeune homme avec un sourire doux. Vous n'êtes ni la première ni la dernière à le faire

- Ne me laissez pas toute seule. Murmura la chanteuse d'une voix brisée.

- Je vais aller téléphoner à Quinn pour qu'elle vous rejoigne ici et je resterai avec vous le temps qu'elle arrive, d'accord ?

Rachel acquiesça d'un hochement de tête et n'opposa aucune résistance quand le jeune homme la fit assoir dans un confortable sofa avant de sortir de la loge. Noah revint quelques minutes plus tard et trouva Rachel dans la même position qu'il l'avait laissée. L'ancien soldat s'assit à ses côtés et la petite brune posa la tête sur son épaule.

- Quinn ne va tarder à arriver. Elle est en route. Murmura-t-il en la serrant contre lui, devinant que la jeune femme avait besoin d'être rassurée.


Ce fut une Quinn essoufflée qui rentra dans la loge et qui trouva sa compagne endormie contre l'épaule de Noah.

- Que s'est il passé ? demanda la photographe en s'approchant le plus silencieusement possible du sofa.

- Elle a craqué. Chuchota l'ancien soldat. Je pense qu'elle en avait besoin et plutôt que de le faire chez toi, elle a préféré le faire ici. Un trop plein.

- Trop de choses arrivent en même temps. Elle n'a pas encore pu faire son deuil. C'est de ma faute, nous aurions du rester à Berlin.

- Tu n'es coupable en rien. Ne te torture pas pour des choses qui n'ont pas lieu d'être. Conclu Noah en se levant afin que son amie prenne sa place. Je reste dans les parages pour m'assurer que tout va bien.

- Merci d'avoir veillé sur Rachel.

- De rien.


Ce fut la sensation des mains posées sur son dos qui réveilla Rachel.

La petite brune fut surprise de sentir Quinn contre elle. Une Quinn qui la regardait, ses yeux verts braqués sur elle, inquiets.

- Tu vas bien ?

L'angoisse perçait dans le ton de sa compagne. Comme un propre écho à la sienne.

- Promets-moi que tu ne me quitteras pas, que tu ne m'abandonneras pas.

- Je…

- Promet le moi Quinn. J'ai besoin de t'entendre me le dire.

- Je te le promets. Souffla la blonde en lui embrassant le front.

La petite brune esquissa un sourire et posa sa tête sur la poitrine de sa compagne, écoutant son cœur battre. Bruit qui la rassurait. Tout comme l'impression d'être en sécurité dans ses bras, comme si Quinn était un rempart contre le monde.

Rachel se releva doucement et, sous le regard surpris de sa compagne, déboutonna avec lenteurs les boutons de la chemise de celle-ci, dévoilant une poitrine moulée dans un soutien-gorge bordeaux. Couleur qui tranchait avec la peau pâle de la photographe.

Les mains se promenaient sur le ventre mis à nu et Rachel sentait plus qu'elle ne le voyait les frissons de désir qui provenaient du corps alangui.

Se redressant, Quinn glissa une main contre la nuque de la chanteuse et l'embrassa à pleine bouche.


La fenêtre était grande ouverte et, tout en fumant une cigarette, Marlene contemplait les lumières de la ville, songeant à Rachel.

- J'aurai pu Greta. J'aurai pu revenir, dire oui à cet enfoiré et sauver les pères de la petite.

- Pourquoi ne l'as-tu pas fait dans ce cas ? demanda la Suédoise en venant à ses côtés.

- Parce que je ne voulais pas être l'image de ce régime. Parce que les idéaux ne me convenaient pas. Parce que ce n'était plus mon Allemagne ni même mon Berlin… J'aurai pu les sauver.

- Tu as fait d'autres choses en venant ici.

- J'étais obsédée par ma carrière. Corrigea l'actrice en regardant son amante.

- Et obsédée par le moyen de protéger ta fille. Même si Maria est adulte, tu as voulu la protéger de ce qu'il y avait autour de vous. Je crois que tu es un meilleur chevalier que moi.

- Non. Si c'était le cas, j'aurai fait quelque chose pour Leroy et Hicham. Bon sang, tu les aurais connus… Des anges, toujours prêts à te rendre service, à t'offrir un toit, à se démener pour que tu ne manques de rien, à donner leur chance aux jeunes artistes, à faire des pieds et des mains pour que certains écrivains controversés de l'époque soient publiés… A te raconter les bêtises de leur fille pour te remonter le moral, à t'encourager à persévérer dans tes choix de carrière. Ce sont eux qui m'ont poussée à accepter le rôle dans l'Ange Bleu et nous avions arrosé le succès du film en buvant une bonne bouteille de champagne. Et ils ne sont plus là pour voir leur fille… Pour la soutenir, l'encourager…

- Tu peux le faire. Veiller sur Rachel. Tu peux garder un œil sur elle sans lui en parler. Un peu comme un ange gardien…

- Prend-moi dans tes bras s'il te plaît. Murmura Marlene en baissant la tête.


- Bordel blondie, tu as la tête de quelqu'un qui a baisé toute la nuit ! s'exclama Santana en levant le nez de son café.

Quinn ne répondit pas, s'assit aux côtés de son amie et regarda l'heure. Il restait vingt minutes à attendre avant qu'Edith et Loulou n'arrivent.

- Ta naine t'a coupé la langue ?

- Qui a servi à faire plein de choses… fit la blonde avec un sourire en coin. (au serveur) James, un café s'il vous plaît. (à la Latina) Percluse de courbatures mais c'était divin.

- Vous l'avez fait ici ?! Oh merde, je ne vais plus pouvoir rentrer dans les loges sans vous imaginer… ça y est, j'ai des images pas très nettes imprimées sur la rétine.

- Tu n'as qu'à imaginer Britt sous la douche… L'eau descendant sur son corps…

- Ta gueule. Ronchonna la brune. C'est qu'elle a un tempérament de feu notre Diva.

- Je ne m'en plains pas. Assura la photographe en riant et en remerciant le serveur d'un hochement de tête.

- Et elle est passée ou ta dinde ?

- Elle se change, histoire d'être présentable. Je ne pense pas que les traces d'une morsure fasse bonne impression.

- Je vais aller voir ce qu'elle branle.

- Tu veux la mater oui…

- Ça va pas ! Y'en a qu'une que je veux reluquer, c'est ma Britt. Pas ton espèce de machin qui serait même pas assez souple pour me suivre ! rétorqua la jeune femme, faussement vexée.

- Santana se leva et revint quelques minutes plus tard, le teint pâle et la voix tremblante.

- Quoi, tu as vu Rachel à poil et ça te met dans cet état là ?

- Va la voir s'il te plaît.

- Si c'est un de tes plans pour me foutre les boules…

- Blondie, pour une fois, écoute ce que je te dit. Va la voir. Elle a besoin de toi.

Inquiète et alarmée par le comportement de Santana qu'elle n'avait jamais vue aussi paniquée (sauf la fois ou elles étaient WASP et que la Latina avait eu la brillante idée de vider le mess des officiers), Quinn se leva et, à grandes enjambées, s'engouffra dans la loge.

La photographe s'arrêta sur le pas de la porte, abasourdie par ce qu'elle voyait. Toutes les fleurs avaient été renversées et, prostrée dans un coin, les jambes repliées sur elles, sa robe déchirée, Rachel pleurait.

Quinn la rejoignit, s'assit à ses côtés et l'attira contre elle.

- Que se passe-t-il mon ange ? Pourquoi tu es dans un état pareil ? Pourquoi tu sens l'alcool ?


Dans une ruelle déserte, adjacente à la Revue Nègre, adossé contre un mur et arborant un rictus satisfait, Finn fumait une cigarette. Le jeune homme empestait le mauvais whisky et sa tenue, débraillée, attestait de sa nuit et sa matinée « agitée ».


Il avait passé toute sa soirée au bar qui était voisin de la Revue Nègre, se morfondant sur Rachel. Ses compagnons d'un soir l'avaient entraîné dans une beuverie d'où Finn n'était sortit qu'au petit matin, ivre mort mais son esprit toujours braqué sur la petite brune.

"Mais putain, sort tes couilles Hudson ! Va voir cette gonzesse et montre lui ce qu'est vraiment un homme !"

Il était rentré par la porte de service sans se faire remarquer, chose étonnante vu son état. Personne n'avait vu le grand dadais se glisser dans la loge de Rachel et encore moins la concernée puisqu'elle était en train de se changer.

Personne n'avait entendu son cri puisqu'une grande main s'était posée sur sa bouche, étouffant ce qui allait bientôt devenir des hurlements.

- Je vais te passer l'envie de te faire mettre par cette pute… avait il murmuré, les dents serrés et en déchirant la robe d'une seule main...


Le prochain chapitre est en cours d'écriture.

A bientôt,

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