Disclaimer: Harry Potter appartient à JK Rowling. Cette traduction de l'histoire de Lord Silvere n'est pas utilisée à des fins commerciales

Reviews: Bonsoir à tous! Je reviens enfin avec ce second chapitre! Je suis désolé de ce retard pour la publication mais la fac m'a demandé beaucoup beaucoup de travail ces derniers temps et je viens enfin de terminer tous mes devoirs :) Donc bonne année et bonne lecture! Et surtout, merci pour ces reviews encourageantes!

Chapitre 1 : La naissance d'Harry Ashworth

« Qui-es-tu et comment es-tu entré ici ? » demanda-t-elle.

Harry la regarda avec surprise. Devant lui se tenait une jeune, une très jeune version de la femme qui venait de se suicider devant lui. Les yeux violets le transperçaient en un regard qui l'aurait laissé incapable de penser rationnellement quand il était plus jeune et elle leva sa baguette sur lui alors que sa magie menaçait d'exploser. Sa position de duel était bonne, meilleure que ce qu'il aurait pensé de la part d'une sorcière adolescente, mais après tout, il s'agissait de la Bellatrix qui deviendrait un jour l'une des sorcières les plus craintes de son temps.

C'était un étrange concept. Son temps. Cela signifiait-il qu'il était dans le passé ? Vu son apparence, c'était vraisemblablement le cas, car il était sûr de ne pas se sentir plus jeune. Par réflexe il essaya d'attraper sa propre baguette avant de réaliser qu'il ne l'avait plus. Oh, oh, pensa-t-il.

« J'ai dit », répéta-t-elle lentement, dangereusement, « qui es-tu et comment as-tu atterri ici ?

« Je ne sais pas ? » dit-il, sortant la première chose qui lui vint à l'esprit.

« Pulsus ! »

Entravé dans ses mouvements par les lourdes chaines, Harry fut incapable d'éviter et se prit le maléfice de bannissement en pleine poitrine. Il vola dans les airs, grimaçant de douleur quand il atterrit dans une pile de livre. Une part de son esprit remarqua qu'il n'était plus dans sa cellule, ce qui était une bonne chose… il changea presque d'avis quand il eut à peine le temps de rouler pour éviter plusieurs sortilèges qui explosèrent là où il se trouvait quelques secondes avant.

« Ecoute, peut-on en parler ? » commença-t-il, et il reçut en réponse un sortilège de matraque dans son épaule gauche. Il sentit et entendit son épaule se disloquer quand il tomba sous la force du coup. Apparemment pas pensa-t-il tout en évitant un autre sort en atterrissant sur sa bonne épaule. Regardant autour, il réalisa qu'il était dans une voute qui ressemblait énormément à la voute Black de Gringotts. La pièce était remplie d'armoires et de meubles. Il se cacha rapidement derrière l'un d'eux.

« Qui que tu sois, tu viens de faire une grosse erreur ! » cria Bellatrix. « Reducto ! »

Le sort assourdissant fit exploser l'armoire derrière laquelle Harry se cachait et il eut juste le temps de se retourner pour protéger son visage des bouts de bois qui volèrent dans le souffle. La force de l'explosion l'envoya quand même une nouvelle fois par terre.

Ses mains tâtonnèrent à la recherche de quelque chose, n'importe quoi qu'il pourrait utiliser comme arme et il essaya de se relever. Son corps déjà blessé par sa capture, sous-alimenté et déshydraté lui faisait mal. Son dos le brûlait à cause des copeaux de bois qui l'avaient transpercés ainsi qu'à cause de sa chute par terre et son bras gauche pendait misérablement. Des pas résonnèrent dans la voute quand elle s'approcha de lui et il sut qu'à moins qu'il ne fasse quelque chose et ce, maintenant, il était mort.

Les doigts de sa main droite trouvèrent un morceau de bois. Il l'attrapa et se retourna pour l'affronter. Leurs yeux se rencontrèrent et il réalisa qu'il tenait une baguette dans sa main alors qu'ils se faisaient face. Elle, était debout au dessus de lui, sa baguette dirigée vers sa gorge. Lui était allongé sur le sol et une fine baguette noire et argentée pointait son cœur à elle.

« Tu ne peux pas l'utiliser », déclara-t-elle avec dédain, une fois qu'elle se remit de sa surprise.

« Nous verrons bien, » murmura-t-il espérant qu'elle se ferait avoir par son bluff. Il se souvenait parfaite de l'avertissement d'Ollivander sur le fait de ne jamais utiliser la baguette de quelqu'un d'autre.

« Incar » commença-t-elle

Harry ferma ses yeux, pria et espéra que pour une fois il aurait de la chance en utilisant la baguette de quelqu'un d'autre.

« Impedimenta ! »

Une soudaine chaleur le traversa quand il jeta le sort, c'était une sensation similaire à celle qu'il avait senti avec sa première baguette en bois de houx et plume de phénix et un jet de lumière rouge jaillit du bout de la baguette. Le sortilège d'entravement ne fonctionna pas comme prévu puisque Bellatrix annula son propre sort et produisit un bouclier mais cela lui donna le temps de rouler ailleurs et de se cacher derrière un autre meuble. Il murmura un rapide sort de métamorphose sur les chaines à ses poignets et chevilles, les transformant en papier. Il les déchira puis ramena son attention sur son adversaire.

« Maudit sois-tu. » l'entendit-il jurer. Cela le fit sourire. S'il y avait une leçon qu'il avait appris à la dure durant la guerre, c'était que se moquer de son adversaire dans une situation pareille était la pire chose à faire. Cela dévoilait généralement sa position et frustration – des choses que l'ennemi pouvait facilement exploiter. Il retint sa respiration, écoutant ses pas et attendit le meilleur moment.

pensa-t-il. Sortant de sa cachette, il leva sa baguette. « Expelliarmus ! Compescor ! »

Les deux sortilèges la touchèrent successivement, plus vite que sa faculté de réaction. Le sort de désarmement la repoussa contre le mur et sa baguette atterrit quelque part dans la voute. Le sortilège d'entravement la retint contre une colonne de marbre avec une force invisible, mais cela ne l'empêcha pas d'essayer de s'en défaire.

Murmurant un rapide merci à la puissance Supérieure qui l'avait écouté et avait fait fonctionner la baguette, il s'avança, en profita pour ramasser sa baguette et s'arrêta à un bras d'elle.

« Maintenant, pourrions-nous reprendre depuis le début ? » demanda-t-il avec lassitude. Il était fatigué, il était blessé, il avait faim et soif et il n'était d'humeur à s'occuper de quelqu'un.

« Tu te moques de moi ? » renifla-t-elle. « Tu es celui qui est apparu de nulle part et m'as attaqué ! »

« Je n'ai rien fait de tel ! » protesta-t-elle. « Si tu te souviens, j'ai dit 'je ne sais pas' et toi tu m'as envoyé un sort qui m'a propulsé sur ces livres là-bas ». Il montra la direction à Bellatrix. « Et au fait, ça fait mal ! »

« Bien » rétorqua-t-elle. « Cela t'apprendra à ne pas attaquer Bellatrix Black ! »

« Black… ? » s'étonna-t-il un instant, avant de réaliser qu'elle n'avait pas encore épousé Rodolphus Lestrange. « Ecoute, peut-on recommencer ? » demanda-t-il en soupirant.

« Non. »

« Quoi ! Par Merlin, pourquoi pas ?! »

« Parce que, espèce d'idiot, je suis attachée à un mur, désarmée, et sans défense ! Qu'est supposée faire une fille dans une telle situation ? »

Harry considéra un instant ses options. Il pouvait la libérer… mais il ne voulait pas lui laisser la chance de reprendre sa baguette et de recommencer la bataille précédente. S'il ne le faisait pas, il ne tirerait rien d'autre. Il soupira. Pourquoi les choses ne pourraient-elles pas être simples pour une fois. Il regarda autour de lui, espérant voir un signe divin qui lui dirait quoi faire. Bien sûr, il n'y avait rien.

Puis ses yeux trouvèrent un objet familier. Une épingle à cheveux en onyx noir d'une dizaine de centimètre qui luisait dans la voute. « Où as-tu eu ça. » demanda-t-il, le bougeant avec son pied. Après ce qu'il venait juste de se passer, - pour lui en tout cas – il n'allait pas le toucher.

« C'est pas tes affaires ! »

Ca ressemble bien à Bella, ça, pensa Harry avec résignation. Il décida d'utiliser une autre approche. Si elle ne répondait pas à ses questions polies, peut-être qu'elle réagirait mieux si il la menaçait. Non pas qu'il mettrait vraiment ses menaces à exécution, mais avait réalisé que parfois la menace pouvait être efficace, même si elle lui laissait un gout amer dans la bouche.

« Ecoute, ta situation n'est pas idéale pour l'instant, » commença-t-il.

« Ca alors, c'est Monsieur-j'ai-une-épaule-démise-et-j'ai-du-mal-à-marcher qui dit ça, » répliqua-t-elle avec défi.

« Au moins, moi je tiens une baguette. Et si j'ai réussi à te battre dans cette situation, tu n'as pas envie de savoir ce que je serais capable de faire si j'étais guéri, » lâcha-t-il en approchant dangereusement sa baguette vers sa gorge. « J'ai eu une mauvaise, une très mauvaise journée, donc je te suggère de ne pas m'énerver. Maintenant, qu'as-tu fait avec cette épingle et où l'as-tu eu ? »

Une courte culpabilité traversa son regard avant qu'elle ne réaffiche une indifférence neutre. « Je l'ai trouvée dans la voute. »

« Et ? » l'encouragea-t-il.

« J'y ai jeté quelques sorts. Juste pour voir ce que ça faisait. »

« Et ? »

« Et rien ! » répliqua Bellatrix avec dédain, mais on sentait aussi de la frustration dans sa voix. « Cela n'a rien fait ! Rien du tout ! »

Harry soupira de frustration. « Et tu ne m'as jamais vu avant? »

« Si c'était le cas, je ne t'aurais pas demandé qui tu es, espèce d'idiot sans cervelle ! »

« Je déteste te parler. » C'était vraiment le cas. Sa langue était tout aussi rapide que sa baguette. Comme Flitwick lui avait dit.

« Le sentiment est réciproque, je te l'assure. »

« Réponds juste à la question. »

« Mais je viens de le faire espèce de troll! »

Harry fit une pause, réalisant qu'elle venait en fait de répondre à sa question. « Oh » dit-il avec embarras.

« Ecoute, » soupira Bellatrix, sa curiosité prenant le pas sur sa colère. « Je voulais juste savoir ce que faisait ce foutu truc, donc j'ai jeté quelques sorts de détection magique. Puis, un moment je le tenais, et boom, tu étais là. »

Harry se figea et recula, essayant de comprendre ce qu'il venait d'apprendre et ce qu'il savait déjà. Cela ne lui prit pas longtemps pour arriver à au moins une conclusion. Ici, devant lui, se tenait une jeune Bellatrix Black, vierge de cette folie qui la définirait plus tard. Elle était également toujours une Black ce qui signifiait que Lestrange n'était toujours pas entré dans la partie et même si elle avait montré quelques prouesses, elle n'était pas encore aussi bonne duelliste qu'elle l'avait été avec Voldemort. Non, ce n'est pas possible… pensa-t-il.

« Quelle est la date d'aujourd'hui ? » lui demanda-t-il finalement.

« Le vingt décembre. » lui dit-il, de plus en plus intriguée.

« Année ? »

L'expression irritée de Bellatrix revint, montrant qu'elle croyait qu'il n'était pas bien brillant, mais elle répondit quand-même. « 1975. »

La mâchoire d'Harry bougea pendant quelques secondes, il était incapable de produire un son cohérent. Il se sentait comme frappé par la foudre, les mots n'arrivaient à sortir. Il n'existe aucun mot pouvant décrire la merde dans laquelle je suis, pensa-t-il distraitement. Rogue avait raison, je me fourre toujours dans des situations compliquées.

« Bien… » Commença-t-il. « Cela explique là… ou plutôt, quand je suis arrivé et pourquoi tu étais là. »

« Peux-tu élaborer ? Il s'agit de toute façon de mon épingle et tu es dans ma voute. En fait, tu ferais bien de me laisser partir en premier avant que je décide que j'ai été suffisamment gentille et que je propulse tes fesses au siècle prochain ! »

Il sourit. Elle n'était pas en position de force mais il pouvait voir la lueur de curiosité dans ses yeux tellement si similaire à celle d'Hermione quand elle tombait sur une énigme qu'elle ne pouvait pas comprendre. Mais elle au moins ne tenterait pas d'approche agressive avant d'avoir eu une explication. Il annula son sort et l'aida à se relever. Elle attrapa l'épingle et la serra contre elle, puis, elle tendit une main pour sa baguette. Il se demanda un instant si c'était nécessaire avant de hausser les épaules et de la lui redonner.

« Cette…chose, » expliqua-t-il, « Je ne sais pas si son but était de faire ça ou si c'est la combinaison de sorts que tu y jetée, mais cela m'a renvoyé dans le temps. Je l'ai déjà vu… juste avant d'arriver ici. C'était dans vingt-cinq ans dans le futur. »

« Tu es fou. »

Il gloussa, c'était elle, la sorcière la plus folle du siècle qui disait qu'il était fou. Puis quand il continua à rire, l'expression sur son visage passa de l'amusement et de l'irritation à une grande surprise. »

« Tu ne plaisantes pas, » haleta-t-elle.

« Non », Harry secoua la tête. Il la regarda brièvement, vérifiant qu'elle n'allait pas lui jeter de sorts quand il aurait le dos tourné puis marcha vers le mur. Elle se déplaça avec précaution mais il ne lui prêta pas attention quand il reposa son épaule démise contre le mur. Ça va faire un mal de chien, pensa-t-il, avant de jeter son corps contre le mur, contre son épaule endommagée. Il avait dû le faire quelques fois dans le passé et jamais cela n'avait été plaisant ; il lâcha un bref cri de douleur quand son épaule se replaça correctement dans un bruit fort et sec.

Quand il se retourna et vit Bellatrix le regardant, sa bouche grande ouverte, un air de choc et de dégoût sur le visage. « C'est…c'est dégoutant. «

« Ça fonctionne » contra-t-il en faisant rouler son épaule gauche et tandis que la douleur disparaissait.

« Donc… », Dit-elle lentement en essayant d'assimiler ce qu'elle allait dire. « Tu viens de vingt-cinq ans dans le futur ? »

« A quelques mois près, oui. »

« Tu n'avais pas prévu ce voyage ? »

Il sourit. « Qu'est-ce-qui m'a vendu ? Le fait que je ne savais pas où j'étais ? »

« Le fait que tu sois dans la voute de la famille Black, espèce d'idiot ! »

« Voudrais-tu bien arrêter de m'appeler comme ça ? » Marmonna-t-il. « C'est toujours idiot ceci, imbécile cela… »

Elle choisit d'ignorer ses bredouillements et continua avec un sourire de son cru. « Il semblerait que voyager dans le passé t'ait rendu service. Tu devrais me remercier. »

« Tu n'as rien fait, » rétorqua-t-il.

« Bien sûr que si ! J'ai fait plusieurs essais pour l'activer. L'un d'eux a dû fonctionner. » Elle était excitée, même si elle essayait de le cacher. « C'est incroyable, je me suis toujours demandée ce que ça faisait, les textes ne disaient rien de spécifique… »

Il cilla, elle lui rappelait de nouveau Hermione, puis il chassa ces pensées. « Tu as dit que tu n'y avais à peine touché ! »

« J'ai menti. » Bien sûr, pensa-t-il, il aurait dû s'y attendre de sa part. Cela l'embêta. « Que voulais-tu que je fasse? Tu m'avais désarmé quand j'étais à ta merci et tu étais en colère ! Tu aurais pu être un fou prêt à me tuer si je ne répondais pas ce que tu voulais entendre ! Tu peux toujours être un fou qui va me tuer de toute façon ! Je veux dire, regarde tout ce sang sur tes mains ! »

« Je ne suis pas… » Harry regarda ses mains, se souvenant soudainement ce qu'il s'était passé juste avant qu'il n'arrive. Il combattit le besoin urgent de vomir et secoua sa baguette pour nettoyer le sang de ses mains. Il avait déjà vu des cadavres avant, mais curieusement le suicide de Bella l'avait secoué plus qu'il ne voulait l'admettre… peut-être que c'était l'expression de supplication dans ses yeux, lui demandant de mettre un terme à sa souffrance ou peut-être que c'était le fait que sa mort, avec l'instrument de sa défaite dans ses mains à lui, était si … personnelle. Bien, bien plus personnelle qu'avec un sort.

« Et bien, si tu ne l'es pas, dis-moi enfin qui tu es, » demanda-t-elle, levant de nouveau sa baguette vers lui. « Surtout puisque tu sembles savoir qui je suis. »

« Pas encore » marmonna-t-il, levant sa propre baguette pour se défendre alors qu'il essayait de mettre de l'ordre dans ses pensées. Ce n'était pas le moment pour parler de son passé, futur, de sa mort. Vu qu'elle ne faisait rien, il cilla et la regarda. « Quoi ? »

« C'est… c'est une baguette de Black, » chuchota-t-elle.

« Oui, je m'en serais douté puisque je l'ai trouvée dans cette voute », dit-il avec sarcasme.

« Qui es-tu ? » Dit-elle presque avec révérence. « Les baguettes Black sont liées à notre famille ; Personne ne peut y toucher sans subir de graves dégâts. »

Harry soupira. « Ecoute, on est parti sur le mauvais pied. Pour ton information, des choses importantes se sont passées avec cette épingle dans le futur. Ce que tu as fait avec n'a sans doute peu de liens avec mon arrivée. Dans tous les cas, je ne suis pas là pour te faire de mal, donc pourquoi ne pourrions-nous pas recommencer depuis le début ? » Proposa-t-il en tendant sa main

Montrant un rare sang froid, elle s'avança et lui serra la main. « Très bien. Je suis Bellatrix Black. »

« Je suis… » il réalisa soudain qu'ayant vraiment voyagé dans le temps, ce serait une très, très mauvaise chose s'il révélait son vrai nom. Il venait déjà de violer la première règle du voyage dans le temps qu'il avait appris en troisième année. « Je suis… quelqu'un, » dit-il finalement. « Je ne crois pas que ce serait une bonne chose si je te disais à toi ou à quelqu'un d'autre mon vrai nom. Cela changerait complètement le futur. » Encore plus que maintenant, ajouta-t-il en silence.

« Si tu viens de vingt-cinq ans dans le futur alors tu n'est pas encore assez âgé pour être né ici, » lui répondit-elle après l'avoir regardé un moment. Son regard lui donnait l'impression d'être un morceau de viande chez un boucher. « Ce n'est pas comme si quelqu'un te voyait, entendait ton nom et en viendrait automatiquement à la conclusion que tu es leur fils qui naitra dans quelques années. »

Harry soupira. « C'est un peu plus compliqué que ça. Je préfèrerai ne pas dire mon nom. »

« Bien, je ne peux pas continuer à t'appeler sans cesse idiot. On finirait par confondre avec tous les imbéciles qui sont à l'école. »

« Tue moi maintenant, » murmura Harry, la tête ailleurs.

« Je peux le faire. »

« Je ne voulais pas dire ça littéralement ! »

Bellatrix se figea. « Ecoute, donne moi juste ton prénom. Si tu veux, nous t'inventerons un nom si ce qui t'inquiète tant. »

« D'accord, » soupira Harry de défaite. « C'est Harry. »

« Bien, donc… Harry Black ? » Ses yeux brillèrent de satisfaction avec sa déduction.

Il ria. « Non en fait. Comment, par Merlin, es tu arrivée à cette conclusion ? »

Elle montra sa baguette. « Comme je l'ai dit, ces baguettes de nos ancêtres sont accordées à notre famille. Si tu n'étais pas un Black, celle-ci t'aurait tué depuis longtemps. Sans mentionner que tu as traversé les défenses de notre voute. »

« C'est une remarque pertinente, » concéda Harry, se rappelant qu'il avait été désigné comme héritier de Sirius pour la fortune et le nom des Black après sa mort. Apparemment la magie qui le liait à la famille avait traversé le temps puisque la voute l'avait reconnu, ainsi que la baguette. Il espérait que ce serait aussi de bonne augure pour d'autres problèmes. « Mais tu as faux. Je ne suis pas un Black. » Il se demanda s'il devait lui dire ou non qu'il avait hérité du titre.

« Alors comment ? »

« J'ai hérité du nom quand le dernier Black est mort. »

Bellatrix cilla de surpris. « Wow. Tata a dû déshériter pas mal de personne dans ce cas. »

« Quelque chose comme ça » répondit Harry, se souvenant de l'affreux portrait de la mère de Sirius. « Ecoute, je dois décider quoi faire maintenant. Il n'y a aucun intérêt pour moi à essayer de retourner dans le futur mais je ne peux pas me pavaner ici avec ma véritable identité. »

« Je te l'ai dit, si tu veux on peut t'inventer un nom, » proposa-t-elle. « Et pourquoi ne veux-tu pas retourner dans le futur ? Je suis sûr que nous pouvons essayer de faire fonctionner l'épingle de nouveau. »

Nous, pensa-t-il avec amusement. C'est une tournure de phrase intéressante, comme si elle partait du principe qu'ils étaient des partenaires. Une part de lui était révulsée à l'idée de s'allier avec Bellatrix, considérant les horreurs qu'elle avait commises dans le futur. Ou commettrait. Il se frotta les tempes. Penser au voyage dans le temps lui donnait un mal de tête. « Ecoute, » dit-il, « Le futur n'est pas un bon endroit pour l'instant. Il y a des choses que je dois essayer de faire ici pour améliorer la vie des gens dans le futur. Et il n'y a pas de nous.

« C'est mon épingle, mon sortilège. »

« Et je ne pense que tu avais quoi que ce soit à voir avec mon arrivée ici. »

« Selon toi, c'est l'épingle qui l'a fait, donc mon futur moi a sans doute quelque chose à voir là-dedans. »

« Ecoute, laisse-moi tranquille, okay ! »

« Non! Sais tu ce que je pourrais faire avec ce type de magie à ma disposition ? »

Harry frissonna. « Finalement, donne moi cette foutu épingle. C'est trop dangereux. »

« Hors de question ! »

Harry ressentit une forte envie de la tuer…encore, mais décida de la repousser et commença à examiner ses options. Il était dans le passé, un passé dont il ne savait rien. Il n'avait pas de contacts, pas de parents, pas d'amis et pas d'argent. Dumbledore ne savait même pas qui il était et à moins qu'il ne révèle lui-même son identité au directeur, il ne pourrait rien faire. Et même s'il le faisait, il était certain que personne ne le croirait. Non, il avait besoin d'aide, au moins de quelqu'un. Mais Bellatrix ? pensa-t-il.

Elle pensait, elle aussi et trouva une solution avant lui. « Donc….Tu es l'héritier Black, n'est-ce pas ? »

« Oui. »

« Le seul héritier ? »

« Le seul et l'unique. »

« Très bien, » commença t-elle, « dans ce cas, pourquoi ne prends tu pas quelques uns de ces gallions et essaies de partir de la voute avec. En fait oublie. Prends cette baguette et essaie de quitter la voute avec. »

Harry réalisa ce qu'elle voulait. Elle voulait une preuve. Il serra la baguette dans sa main et la leva pour qu'elle puisse la voir et s'avança à l'entrée. Lorsqu'il la toucha, elle s'ouvrit vers un tunnel souterrain. Un gobelin dans un uniforme de Gringotts leva un sourcil inexistant sur lui. Il sourit, le salua et retourna dans la voute.

« Heureuse ? » demanda-t-il sèchement.

« Excellent », sourit-t-elle ce qui le surprit. Il cilla quand il réalisa qu'elle avait en fait un beau sourire. Dans le futur, il y avait toujours une trace de cruauté, de désir d'infliger de la douleur et de la folie dans chacune de ses expressions, mais qui n'existait pas là. « Je vais te proposer un deal », offrit-elle. « Tu vas prendre plusieurs milliers de gallions dans des sacs et les prendre pour moi et je t'aiderai. »

« Pourquoi ne le fais-tu pas toi-même ? demanda-t-il avec perplexité. « Je veux dire que tu es là aussi. »

« Je ne suis là que pour ça, » dit-elle en montrant l'épingle. « Mon grand-père me l'a laissé. Et puis je n'ai 'pas l'âge' pour prendre de l'argent sans la supervision du chef de la famille Black. » Avec un rictus, elle ajouta, « qui est toi-même. »

« Donc laisse moi résumer, » grogna Harry, essayant de retenir un gloussement. « Tu veux mon aide pour voler la voute des Black et en retour tu m'aideras à faire quoi en fait ? »

Elle sembla hésitante à définir exactement ce qu'elle lui offrirait. « Je t'aiderai à te remettre sur tes pieds. Tu peux prendre une partie de cet argent et je t'aiderai à trouver un job. Je collaborerai avec toi sur ce que tu veux et je mettrai en contact avec ceux qui t'aideront pour une nouvelle identité – mais il te faudra de l'argent. Ces papiers ne sont pas donnés. Mais, » continua-t-elle, « Je veux aussi connaître ce que tu découvres sur la magie de cette chose. » Elle montra l'épingle dans sa main.

Harry la regarda un moment, vérifiant brièvement son esprit avec son peu de légilimancie. Il eut quelques secondes avant qu'elle réalise ce qu'il faisait, mais ce fut suffisant pour déterminer que son offre était honnête et qu'elle comptait tenir sa part du marché – pour l'instant du moins.

« Ce n'est pas très poli, » dit-elle avec colère.

« Je devais savoir si je pouvais te faire confiance, » répliqua-t-il.

Ils se fixèrent pendant un moment, avant qu'elle baisse le regard. « D'accord, » lui dit-elle. « Mais si tu le refais, je t'arrache les poumons, compris ? »

« Tu peux toujours essayer, Black. »

« Donc qu'en dis-tu ? » demanda-t-elle, ignorant délibérément sa pique.

Il soupira tout en vérifiant ses options. « Très bien »

« Excellent ! » intervint Bellatrix avec gaieté, attrapant un sac et le lui tendant. « Remplis-le. »

Se sentant un peu coupable, Harry remplit le sac de plusieurs milliers de gallions. Sans un mot, elle conjura un autre sac pour Harry, et il le remplit à nouveau d'une quantité considérable d'or. « Sortons d'ici, » dit Harry dès qu'il eut fini.

« Tu m'ôtes les mots de la bouche, » répliqua Bellatrix en réduisant son sac et en le mettant dans une des poches de sa robe. Elle prit ensuite l'épingle et arrangea ses cheveux pour pouvoir le porter, puis elle hocha la tête vers la nouvelle baguette d'Harry. « Tu peux la prendre aussi, mais les gobelins ne poseront pas de questions s'ils te voient la porter. »

Harry regarda la baguette qu'il avait utilisée pour se défendre. La baguette ressemblait à du frêne noir, avec un soupçon d'argent mais il ne savait pas quel était le cœur de la baguette. Il s'en moquait un peu, du moment qu'elle fonctionnait. « Tu as raison, » dit-il en la mettant dans sa poche.

Ils quittèrent la voute, bien plus riches qu'avant et montèrent dans le wagon. Heureusement le gobelin ne posa pas de questions quant à sa soudaine apparition, surtout pas après qu'il lui ait donné un gallion dans la main.

Ils furent bientôt devant Gringotts, Bellatrix se tourna vers lui avec un sourire suffisant et triomphant. « Ce fut une affaire rondement menée ! »

« Si tu le dis, » répondit-il en haussant les épaules.

« Bon, maintenant nous devons te trouver un nom, si tu ne veux vraiment pas révéler ton vrai nom. »

« Smith ? Peut-être Jones ? » proposa Harry.

Bellatrix renifla de dédain. « Oh s'il te plait. Où est ta créativité ? Si je dois être reliée à toi, tu vas avoir besoin d'un nom bien plus distingué. Un nom de sang-pur. » Elle le regarda d'un œil critique. « Tu es un sang-pur, non ? »

Harry se figea, se demandant comment il allait répondre. « Oui, autant que je saches, » répondit-il lentement. Techniquement c'était un mensonge. Les Potter étaient une vielle famille de sang pur et même si Lily Evans, sa mère avait été une née-de-moldue, il ne connaissait pas vraiment le reste de sa famille. Son mensonge était un peu bancal mais cela suffirait pour l'instant.

« Autant que tu saches ? » répéta Bellatrix.

« Quoi, tu as quelque chose contre les nés-de-moldus ? »

« Pas vraiment, » dit-elle en haussant des épaules, « mais beaucoup de personnes oui. »

« Je vois. Je ne pourrais pas dire que je suis un lointain parent des Black ? »

Bellatrix secoua la tête. « Tu ne t'en sortiras jamais. Tata a cette tapisserie à Square Grimmaud. Tu serais démasqué dès que tu ouvrirais la bouche. »

« Oh, » dit Harry, passant en revue tous les noms de sang-pur qu'il connaissait.

« Je l'ai : Harry Ashworth, » annonça Bellatrix. « Je peux réussir à travailler avec ça. »

« Ashworth ? » demanda Harry. « Tu es sûre ? »

« Ouais, on peut y arriver, » lui dit Bellatrix. « Il était fréquent d'en trouver en Angleterre, mais ils ont émigré en Australie et en Nouvelle Zélande. Il y a suffisamment là-bas, ce qui signifie que personne te pourrait dire que tu n'es pas un Ashworth si tu avais le malheur d'en rencontrer un ou deux. »

Harry y réfléchit rapidement. Il n'avait jamais entendu parler des Ashworth donc en rencontrer un semblait improbable. « Très bien, » agréa-t-il. « Je serais Harry Ashworth. »

« Parfait, » dit Bellatrix. « Allons-y Ashworth. Je n'ai pas toute la journée. »

« Où allons-nous ? » demanda Harry.

« Et bien, Ashworth tu sens et ressembles à une limace. D'abord nous allons te trouver une chambre au Chaudron Baveur pour s'occuper de cette odeur. Puis nous verrons si nous pouvons faire quelque chose pour ton look. »

Harry commença à protester et à lui dire qu'il avait été prisonnier pendant un moment mais décida finalement qu'il valait mieux garder les détails du futur secrets. Pas besoin pour elle de savoir contre qui il se battait ou pour quelle cause dans le futur.

Le barman Tom, bien plus jeune à cette époque put trouver une chambre pour Harry et il prit une douche pendant une bonne demi-heure pendant que Bellatrix attendait avec impatience. Il bredouilla de protestation quand, fatigué d'attendre, elle mit sa tête dans la salle de bain et jeta un coup d'œil à plusieurs reprises dans la douche pour voir s'il avait fini.

Après qu'il eut fini de se doucher et qu'il se soit remis de sa mortification – et là elle se moqua de lui – il fut trainé dans le magasin qui s'appellerait Chez Madame Malkin dans le futur. Mais maintenant cependant, il s'appelait chez Chez Mr & Mme Malkin-Malkin – Maîtres Tailleurs. « Cela doit être une affaire de famille, » murmura Harry.

« Quoi ? » demanda Bellatrix.

« Rien, » lui dit Harry brusquement.

Bellatrix passa la prochaine heure à donner sans pitié des instructions au tailleur qui s'occupait de Harry tout en vérifiant les différents motifs et tissus. Harry n'eut pas la possibilité de choisir ce qu'il acheta ; mais heureusement, Bellatrix semblait avoir bon goût, même si c'était parfois un peu dramatique. Au moins elle a meilleur goût aujourd'hui que dans le futur, pensa t-il avec soulagement. Il ne voulait pas sortir en plein jour avec des robes noires en lambeaux.

Ils s'arrêtèrent dans différents petits magasins, dans lesquels Bellatrix insista pour qu'Harry achète plusieurs babioles que les Sang-purs semblaient affectionner, même s'il ne comprit pas quel était l'intérêt d'avoir une plume à encre intégrée alors qu'il devait utiliser une bouteille d'encre à part. Et un porte-plume dans lequel sa plume ne rentrait pas. Dans l'un des magasins ils achetèrent une valise et Harry fut heureux d'avoir un endroit où mettre ses achats. Il fut également ravi d'avoir acheté une très, très grande valise, car dès qu'ils s'arrêtaient dans un magasin, ils continuaient d'acheter encore et encore. Tellement en fait, qu'il put presque sentir le sac de gallions devenir de plus en plus léger.

Harry et Bellatrix ne s'attardaient dans chacun des magasins qu'ils visitaient. Harry avait entendu que les filles pouvaient passer des heures à faire les boutiques et l'avait même constaté avec Ginny avant que tout ne commence à dérailler, mais Bellatrix semblait très impatiente. Cependant, ils finirent par réussir à faire une halte dans chacun des magasins du chemin de traverse, même si Bella rentrait la plupart du temps en coup de vent pour seulement passer une commande pour agrandit la collection d'Harry.

« Je ne sais pas en tant que quoi on va te faire passer, » expliqua Harry quand il essaya de faire rentrer d'autres articles dans sa valise. « Il faut que puisses avoir tout ce dont tu pourrais avoir besoin. Avais-tu un travail avant ton accident ? »

Voyant où Harry avait rangé le dernier bon de commande, Bellatrix marmonna à voix basse, l'attrapa et défroissant les pages, les rangea dans une poche sur le côté où ils seraient en sûreté.

« C'était plus ou moins un travail d'auror, » répondit Harry vaguement.

« Bonne chance pour que ça se reproduise, » Dit Bellatrix. « Il ne faudrait beaucoup plus que des papiers d'identité pour que ça se produise. »

Pas si je vide la voute des Black, pensa Harry, mais il ne l'exprima pas à voix haute.

Ils passèrent devant Ollivander. Harry pensa brièvement à acheter son ancienne baguette, mais il décida finalement de ne pas le faire. Soit Dumbledore, soit le ministère serait informé de l'achat de la baguette et en plus il était improbable qu'une autre personne qu'Harry achète cette baguette dans les années à venir. Cela pouvait attendre. Sans compter le fait qu'il aurait de nouveau le problème des baguettes jumelles, ce qu'il n'avait pas hâte de connaître de nouveau. Non, pour l'instant il serait peut-être mieux de garder la baguette Black qu'il avait prise dans la voute. Elle semblait fonctionner raisonnablement, mais il faudrait qu'il l'examine complètement avant de l'utiliser pour une vraie bataille.

Ils finirent bientôt leur shopping et marchaient vers le chaudron baveur – ou du moins Bella marchait et encourageait occasionnellement Harry de son long doigt manucuré alors qu'Harry luttait pour porter sa valise. Celle-ci comprenait des enchantements pour l'agrandir et l'alléger mais il semblait qu'elle avait une limite qu'ils venaient de dépasser. Il devait donc la trainer derrière lui. Au bout de quinze minutes, Harry en eut assez et réduisit la valise – se souvenant de mettre aussi un charme de plume dessus, et la mit dans sa poche tandis que Bella le regardait avec un rictus amusé qui lui montrait clairement qu'elle le prenait pour un idiot pour ne pas y avoir pensé plus tôt.

« Ne dis rien ! » l'avertit-il. Elle garda sagement le silence.

Ils avaient presque atteints le pub quand ils eurent des ennuis, ce qui fit grogner la compagne d'Harry. Elle se mit devant lui et le regarda.

« Qui a-t-il ? » demanda-t-il, essayant de voir ce qui avait causé sa réaction.

« Ce sont les Trois Compères, » marmonna-t-elle sombrement, alors qu'Harry aperçut trois silhouettes très familières au coin de la rue : Remus Lupin, Sirius Black… et James Potter.

Harry se figea en voyant ces personnes si familières, si jeunes. Remus Lupin avait disparu lors d'une mission top secrète pour l'Ordre et plus personne n'avait entendu parler de lui. Le loup-garou avait été présumé mort, mais personne ne savait vraiment. Même Voldemort n'aurait pas eu de réponses si on lui avait posé la question. Sirius, bien sûr, avait été tué lors de son duel avec sa propre cousine, Bella, durant la cinquième année d'Harry au Ministère. Et puis il y avait James Potter – son père, l'homme dont Harry avait tant entendu parler, mais qu'il n'avait jamais rencontré.

Curieusement, ce fut James Potter qui ouvrit les hostilités dès qu'il vit Bellatrix. « Tu es venue acheter plus de manuels sur la façon de torturer des moldus, Bella ? » demanda-t-il avec dédain. « Si c'est le cas, tu a manqué la sortie. L'Allée des Embrumes c'est dans cette direction. »

« Dégage Potter, » Bellatrix secoua la tête. « Tu ne vaux pas la peine que je perde mon temps avec toi. Et pour ton information, je ne torture pas de moldus pendant mon temps libre. Je n'harcèle pas non plus d'autres étudiants, ni les humilie ou je ne me moque pas d'eux pour amuser mes amis. »

James se plaça devant elle quand elle essaya de passer. « Vous les Serpentards ne méritaient pas mieux de toute façon. Vous n'êtes que des serpents qui n'hésitaient à vous trahir les uns les autres. »

Bellatrix leva un sourcil. « Oh, vraiment ? Et je suppose que les Gryffondors sont mieux ? »

« Au moins nous connaissons la signification du mot loyauté ! »

« Tout le monde appelle ça de l'idiotie, » contra Bellatrix. Cela prit Harry de court. Les mots étaient les mêmes que ceux que Bellatrix lui avait lancé dans leur cellule.

« Je ne m'attends pas à ce qu'un Serpentard puisse comprendre. »

« Tu ne le comprends pas toi-même Potter, » répliqua-t-elle hautainement. « Tu parles sans cesse d'honneur, de loyauté et d'intégrité mais tu n'as pas la moindre idée de ce que ça signifie. »

James renifla. « Et vous les Serpentards vous le savez ? Vous ne connaissez même pas le concept de loyauté. »

« Au moins nous avons un cerveau pour comprendre ce mot ! »

« Nous n'avons jamais terminé notre duel de DCFM du dernier semestre, » grogna James en avançant, sortant sa baguette de sa ceinture. « Que dirais-tu de le finir maintenant ? Ou peut-être as tu peur Black ? »

« Dans tes rêves Potter, » répliqua Bellatrix en tournant le poignet pour faire jaillir sa baguette.

Harry arrêta de regarder son père et réalisa ce qu'il se passait. Jetant un coup d'œil à Sirius et Remus, il sut qu'il ne servait à rien d'attendre une réaction de leur part, Remus était figé de choc alors que Sirius essayait de rappeler à James qu'ils n'avaient pas encore l'âge légal pour faire de la magie. James ne l'écoutait pas et leva sa baguette malgré les conseils de Sirius. En réponse Bellatrix s'avança et prit elle aussi position.

Pourquoi moi ? se plaignit intérieurement Harry tout en sortant sa propre baguette, il l'agita sans prononcer un mot. Bellatrix et James se retrouvèrent à fixer avec surprise leurs mains vides et virent leurs baguettes voler jusque dans la main de Harry. Il les fixa tous les deux, se sentant bizarre d'être celui qui réprimandait son propre père.

« Assez, tous les deux, » dit-il lentement, laissant une pointe d'ennui transparaitre dans son ton. Il avait vu assez de combats dans son époque – des combats qui avaient couté des vies, qui avaient été mortellement sérieux. Il s'agissait là simplement d'une dispute entre deux étudiants qui ne savaient rien et qui pensaient que se battre allait tout résoudre. Il en avait marre des gens qui se blessaient inutilement. Il marcha intentionnellement entre les deux et les força à lui faire face pour qu'il puisse les regarder tous deux dans les yeux. « Vous avez fini de vous comporter comme des enfants ? »

« Qu… » Bellatrix ouvrit la bouche pour protester mais s'arrêta quand Harry la fusilla du regard.

« Tu te dis Serpentard ! » rit-il. « Laisse moi te dire ce que j'ai appris sur les Serpentards dans le passé, les bons et les mauvais : ils ont tous une chose en commun. Ils sont fiers de leur fourberie, de leurs ruses. De leurs subterfuges, de leurs coups en douce, de leur intelligence, » dit-il en tapant ses tempes, « voilà ce qui les caractérise. Il est improbable qu'un vrai Serpentard fonce dans une bagarre suite à une simple insulte. »

Bellatrix ferma la bouche, ses yeux écarquillés de surprise et elle le regarda sous un nouveau jour et réalisa quelque chose que lui avait compris malgré son jeune âge – il ne semblait pas plus vieux qu'un élève ayant terminé Poudlard depuis quelques années, il devait avoir vingt ans ou vingt-deux au plus. Il avait compris, pas juste les horribles histoires que tout le monde racontait sur les Serpentards, les dérisions, et les piques, pas la façon dont les sorciers noirs avaient changé les valeurs des Serpentards en y ajoutant les coups dans le dos, les trahisons et leur égoïsme. Il comprenait la vraie signification de cette maison.

« Et toi ! » cracha Harry en baissant les yeux sur son père qui était maintenant retenu par Sirius et Remus. « Tu te dis être un Gryffondor ! Elle a raison, tu sais – honneur, loyauté, intégrité, bravoure – tu ne comprends aucunes de ces choses. Tu parles d'honneur… l'honneur ce n'est pas ces petits duels entre étudiants – quand tu te bats pour ta vie, quand on te demande de protéger quelque chose avec ta vie, quand on te confie quelque chose qui pourrait causer plusieurs morts… ça c'est montrer de l'honneur ! Faire ce qui est bien, même quand c'est dur, voilà ce qu'est la bravoure, c'est là que l'on montre son intégrité, mais pas en lançant des stéréotypes auxquels on ne comprend rien ! » Cela prit quelques instants pour qu'Harry réalise qu'il avait haussé la voix et qu'un cercle d'auditeurs captivés l'écoutait en silence.

Sirius fut le premier à briser ce silence, réussissant à fermer la bouche qu'il avait gardée ouverte de surprise pendant le discours d'Harry. « Wow ! » Il se tourna vers son meilleur ami. « Il t'a eu mon pote. Je t'ai déjà dit que chercher le combat avec Serpentard n'était pas une bonne idée. Ils ne sont pas si mal que ça tu sais. »

« Qui es-tu de toute façon ? » Demanda James en essayant de se libérer de la prise de Sirius.

« Cela n'a pas d'importance, » répondit Harry calmement, presque doucement, en réalisant qu'il avait attiré l'attention sur lui, même si la foule commençait déjà à se disperser. « Mais il faut que tu comprennes une chose : ce que tu fais en ce moment… c'est puéril et dangereux. Tu étais prêt à commencer un combat dans une zone avec du monde et vous êtes tous les deux mineurs. Plusieurs personnes auraient pu être blessées et pourquoi ? Parce que tu as croisé une élève de ton école qui est juste dans une autre maison ? Dis moi, te bats-tu comme ça avec chaque Serpentard que tu croises ? »

Quand James haussa les épaules avec défi, Harry soupira. « Cela n'a pas d'importance pour l'instant. Mais je te suggère d'essayer de comprendre ce que signifient vraiment les maisons avant d'initier d'autres combats similaires. » Il se tourna et rendit sa baguette à Bellatrix. Puis il passa celle de James à Sirius qui la rangea avec un petit sourire.

Le son d'applaudissements les fit tous se retourner. A l'ombre d'un arbre à côté du vendeur de glace Florian Fortarôme se trouvait Albus Dumbledore. Il regardait Harry avec un regard curieux dans ses yeux bleus.

« Bien dit, jeune homme. Bien dit. » dit le directeur en s'avançant