Disclaimer: Harry Potter appartient à JK Rowling. Cette traduction de l'histoire de Lord Silvere n'est pas utilisée à des fins commerciales.
Bonjour à tous! Désolé encore une fois pour le retard, mais j'ai toujours autant de boulot dans la vie réelle. J'ai cependant réussi à m'avancer, donc logiquement il y aura maintenant un chapitre toutes les deux semaines! Bonne lecture et laissez vos impressions svp! A très vite
Chapitre 2 : Flirter avec les ennuis
« Bien dit, jeune homme. Vraiment bien dit », dit Dumbledore en arrêtant d'applaudir et en avançant. Il jeta un regard sévère sur le trio de Maraudeurs. « Quand à vous, Mr Potter, je m'attendais à mieux de votre part. Vous savez très bien que vous n'avez pas le droit d'utiliser la magie hors de l'école. Je croyais aussi que vous aviez plus de jugeote. »
« Désolé Professeur, » marmonna James, contrit.
Se souvenant des années scolaires de son père, Harry suspecta qu'il était plus désolé de s'être fait attrapé au lieu d'éprouver de vrais remords.
Dumbledore soupira. « Puisque vous n'êtes pas à l'école en ce moment, je ne peux pas vraiment vous punir, mais je vous préviens Mr Potter. Que cela ne se reproduise pas à l'école ou il y aura des conséquences. La dernière chose dont nous ayons besoin c'est des ennuis de ce type. »
« Oui Directeur. »
« Maintenant, Mr Black et Mr Lupin, que diriez-vous, d'emmener Mr Potter prendre une glace ? Je trouve que le froid calme souvent les tensions. »
Sirius et Remus sourirent tous deux et Dumbledore leur tendit un gallion. « Voilà jeunes hommes. S'il vous plait, prenez du plaisir. Vous êtes en vacances après tout et Noël arrive. »
« Merci Professeur Dumbledore ! » Dirent Sirius et Remus en chœur après s'être remis de leur surprise. « Et passez un bon noël Directeur ! »
Le directeur gloussa et fit un signe à Sirius et Remus qui emmenèrent James vers le marchand de glace. « Joyeux Noël à vous trois ! »
Dumbledore tourna ensuite son attention vers les deux jeunes restants. Il avait déjà identifié Bellatrix Black quand il avait observé la tentative de duel, mais la faible lumière du jour l'avait empêché de voir le jeune homme avec elle.
Maintenant qu'il était proche, Dumbledore remarqua que l'étranger ressemblait étrangement à James Potter. A l'exception de ses yeux verts flamboyants, son visage partageait les traits et même les cheveux noirs en bataille des Potter. Cependant l'étranger semblait plus pâle, plus fin et un peu plus petit.
« Miss Black, » salua-t-il en inclina la tête, peu surpris de ne recevoir qu'un petit hochement de tête en retour. « Et Monsieur… »
« Ashworth, » répondit Harry, peut-être trop vite. Il combattit la soudaine envie de paniquer quand il réalisa qu'il venait d'attirer l'attention sur la personne qu'il ne voulait pas surtout pas rencontrer pour l'instant.
Harry savait que Dumbledore était trop malin et expérimenté pour que Harry s'en sorte avec d'aussi vagues mensonges. Même s'il était conscient qu'il devrait travailler un jour avec le Professeur Dumbledore quand il agirait contre Voldemort, il n'était pas encore prêt. Et en plus cela lui semblait trop ridicule d'aller dans le bureau de Dumbledore pour lui annoncer qu'il venait du futur. Il serait immédiatement enfermé à Sainte Mangouste.
« Mr Ashworth », répéta Dumbledore amicalement, « Je suis ravi de faire votre connaissance. »
« C'est réciproque, » répondit Harry, essayant d'avoir un ton aussi neutre que possible.
Si Dumbledore remarqua qu'Harry n'était pas à l'aise, il ne le montra pas. Il sourit a Bellatrix avant de rediriger son attention sur Harry. « Je suis plutôt impressionné par la façon dont vous avez géré la situation et sur vos commentaires sur les maisons que nous avons à Poudlard. Vous semblez en savoir beaucoup sur mon école.
Harry haussa les épaules. « C'est une école célèbre. Nous en avons beaucoup entendu parler, même chez moi. »
« Il vient d'Australie », ajouta Bellatrix quand Dumbledore regarda Harry avec un air interrogateur.
« Ah, » répondit le Directeur joyeusement. « Aimeriez-vous vous joindre à moi pour le souper ? J'ai entendu que Tom avait une recette de tarte au fromage et on dit qu'elle est plutôt bonne.
« Ça semble bien Directeur, » répondit Bellatrix.
Dumbledore lui sourit avec bienveillance. « Vous n'êtes pas encore sorti d'affaire Miss Black, vous aussi avez failli perdre votre calme. Mais j'aimerai beaucoup que vous vous joigniez à nous. Et j'aimerai bien parler à Mr Ashworth un petit moment – juste pour mieux apprendre à le connaître. »
Bellatrix lui lança un regard lui faisant comprendre qu'elle ne voulait pas. Harry, lui, faillit sortir un pourquoi ? Il se calme puis pensa à décliner son offre. Il ne voulait pas lui parler si tôt, de peur de déraper et de lâcher quelque chose qu'il ne devrait pas. D'un autre côté, s'il refusait maintenant, Dumbledore serait de plus en plus intrigué, du moins s'il ressemblait au Dumbledore qu'il connaissait dans le futur.
Il pesa ses options et décida qu'il ferait bien de prendre ce risque, de lui parler et ensuite de s'en débarrasser. Il devrait être très attentif pour ne pas éveiller davantage l'intérêt du directeur.
« Bien sûr, j'ai faim et je viens de faire un long voyage. »
Les yeux de Dumbledore pétillèrent. « Fabuleux ! Le Chaudron Baveur est de ce côté. J'aimerai beaucoup savoir comment vous vous êtes rencontrés. »
Et merde, grogna Harry mentalement. Bellatrix décida de le prendre en pitié et hocha sèchement la tête, lui indiquant qu'elle viendrait, même si ses yeux indiquaient clairement le contraire. Le directeur tapa dans ses mains de plaisir et le trio s'en alla pour le Chaudron Baveur. Pendant tout le chemin, une pensée occupa Harry et Bellatrix : Comment, par Merlin allons–nous expliquer notre rencontre ?
Le Chaudron Baveur était aussi plein que d'habitude, même si Tom réussit à leur trouver une table de libre. Dumbledore, Harry et Bellatrix s'assirent et remercièrent poliment Tom. Ils commandèrent rapidement et Harry prit bien soin de ne pas se montre trop familier avec le menu du pub.
« Ashworth… » commença Dumbledore lentement avant de glousser. « Ah ! J'avais entendu parler de votre famille… beaucoup d'influence dans le passé, non ? »
« Nous étions connus, mais c'était il y a très longtemps quand nous étions encore en Grande-Bretagne », commença Harry avec précaution.
Dumbledore hocha la tête avec sagesse. « Miss Black a mentionné que vous venez d'Australie – la plupart de votre famille y réside, non ? J'ai connu l'un de vos lointains parents, je crois. Un Lewfidius Ashworth. » le directeur gloussa quand il se souvint de l'homme. « C'était un sacré farceur, mais un homme bon. Un sens de l'humour diabolique. Vous ne le connaissez pas ? Probablement que non. Je crois qu'il y a beaucoup d'Ashworth là-bas. »
Harry et Bella se regardèrent. La conversation était légère et continua ainsi pendant quelques minutes jusqu'à ce que la nourriture arrive. Quand elle arriva, Harry lâcha un petit soupir de soulagement, content de cette pause pendant qu'ils mangeraient. Et il aurait le temps de réfléchir à d'éventuels mensonges qu'il pourrait sortir à Dumbledore au cas où. Il peut aussi reposer ses nerfs car il s'attendait à tout moment que le vieux sorcier ne lui pose une question qu'il ne pourrait pas répondre. A son épique, Dumbledore semblait toujours capable de lire à travers Harry et il était sûr que Dumbledore avec vingt ans de moins en était toujours capable.
« Donc, » demanda Dumbledore entre deux bouchées de tarte au fromage, « Comment vous-êtes vous rencontrées ? Je suppose que vous êtes nouveau en ville Mr Ashworth ? »
Bellatrix attrapa la perche que lui tendait Dumbledore. « Je lui montrais juste le chemin de Traverse. Il avait besoin d'acheter certaines choses pour s'installer. »
« Nous nous sommes rencontrés à la banque, » continua Harry. C'était suffisamment proche de la vérité pour fonctionner. « Finalement elle m'a proposé de me montrer quelques magasins. » Puis il décida de se moquer un peu de Bellatrix. « C'est adorable de sa part de me le proposer. »
Harry fut aussitôt remercié par un regard violet perçant.
« Ah, c'est bien de voir que Miss Black se fait quelques amis en dehors de l'école, » commenta le directeur. « J'ai bien peur qu'elle ne préfère étudier en solitaire et même son cousin ne peut pas y faire grand-chose. »
« Son cousin ? » se força Harry à demander.
« Le jeune Mr Black. Il était tout à l'heure avec Mr Potter. » Expliqua Dumbledore. « En parlant de Mr Potter… seriez-vous par hasard parent avec lui ? Je n'ai pu m'empêcher de remarquer que vous vous ressemblez beaucoup… »
Harry rougit un bref instant avant de se reprendre. Il remarqua le regard soudainement très attentif de la jeune femme à côté de lui et jura intérieurement. Elle ne l'avait pas encore remarqué mais maintenant si puisque Dumbledore l'avait souligné. Diable, pensa-t-il, ça va être difficile à l'expliquer. Je suppose qu'ils ne se feront pas avoir par le « c'est une coïncidence. »
« Je ne connais aucun Potter, » répondit Harry vaguement. C'était la vérité. « Même si, les choses étant ce que qu'elles sont, je ne serais pas surpris d'en trouver un dans mon arbre généalogique. »
Dumbledore sembla l'avaler, mais Harry surprit le regard toujours sceptique de Bellatrix.
Il y eut un blanc dans la conversation, mais la curiosité de Dumbledore reprit le dessus.
« Je me demande ce qui peut motiver un jeune comme vous pour venir en Angleterre, » commenta Dumbledore. « Vous avez eu une offre d'emploi ? »
« Je recherche un travail, » répondit Harry d'un ton neutre. « Cependant, je n'ai rien de précis en tête, et je viens juste d'arriver en ville. Je vais prendre un peu de temps avant de commencer mes recherches. »
« Vraiment ? »
Harry supposa que Dumbledore voulait qu'il élabore, mais il n'avait rien à élaborer pour l'instant, pas sans une fausse identité. N'ayant pas d'autres choix, Harry feignit l'incompréhension. « Ouais. »
Dumbledore était étonné. Il ne comprenait vraiment pas pourquoi un jeune homme quitterait l'Australie pour l'Angleterre sans avoir la moindre idée de ce qu'il voulait faire. Il avait envie de poser plus de questions, mais le jeune homme semblait opposé à en dire davantage sur lui.
« Bien, c'était une rencontre plaisante, mais je dois y aller. J'ai encore quelques choses à faire avant de finir la journée. » Annonça Harry. Bellatrix soupira de soulagement.
« C'était une bonne soirée. Peut-être nous reverrons-nous, » répondit Dumbledore.
« Comme on dit, le monde est petit, » Termina Harry.
Les deux jeunes sorciers prirent leurs affaires et quittèrent le pub, laissant Dumbledore seul. Le directeur resta assis en silence pendant de longues minutes, essayant de percer le mystère d'Harry Ashworth. Il y avait certaines choses qui ne collaient pas, il réalisa maintenant que les deux sorciers avaient clairement évité le contexte exact de leur rencontre. Il y avait aussi le fait que malgré son jeune âge, Mr Ashworth semblait être un sorcier remarquable, son désarmement informulé de Bellatrix et James Potter en était la preuve. Tout en repensant à leur discussion, Dumbledore leva une main vers Tom. « Une Guinness s'il vous plait Tom. »
« J'arrive de suite Professeur, » lança le barman. « Mais pourquoi insistez-vous pour prendre cette boisson irlandaise alors que j'ai de la bière brassée main juste derrière moi. »
Gloussant des remarques du barman, Dumbledore réalisa soudainement quelque chose. « Il vient d'Australie », c'était ce que Miss Black avait dit. S'il vient d'Australie… pourquoi parle-t-il avec un accent britannique ? se demanda le directeur. Il y avait clairement plus de choses à dire sur Harry Ashworth que ce qu'il avait appris.
La façon dont il marchait et la confiance qu'il dégageait et la façon dont il avait dévié les questions sur lui, en donnant des réponses sans vraiment répondre, cela montrait à Dumbledore qu'il n'était pas qu'un jeune voyageur cherchant sa voie, comme Ashworth semblait vouloir lui faire croire. Non, il y avait des compétences et de l'expérience cachées derrière cette apparence de jeune homme ignorant.
Avec un soupir, le directeur but une bonne partie de la Guinness que Tom avait placée devant lui. Sans autres informations, il ne pouvait rien faire de plus. Il n'avait pas senti de malice dans le jeune homme et pour l'instant, le directeur avait des choses plus importantes en tête.
Il laissa de côté l'étrange Harry Ashworth, pour l'instant. Il faudrait enquêter davantage plus tard mais à moins que Mr Ashworth ne fasse quelque chose de répréhensible, Dumbledore le laisserait en paix. Bellatrix méritait d'avoir quelques amis.
« Y a-t-il une raison pour que tu m'ais trainé ici au lieu de me laisser monter dans ma chambre ? » demanda Harry à Bellatrix quand ils s'arrêtèrent devant le Chaudron Baveur du côté moldu de Londres.
« Il faut que l'on parle avant de te laisser seul pour le reste de la journée. Ce que je dois te dire, Dumbledore ne doit pas l'entendre et voulais-tu vraiment qu'il sache où tu vis ? Sans mentionner ce qu'il aurait dit s'il m'avait vu te suivre dans ta chambre ? » dit Bellatrix.
« Bon point, » concéda Harry.
« Je le sais, » dit Bellatrix avec un rictus. « Maintenant écoute, je n'ai pas le temps de te tenir par la main. J'ai quelques contacts dans l'Allée des Embrumes. Je ne te le dirai qu'une fois, alors écoute, et écoute bien. Va dans l'Allée des Embrumes, continue jusqu'aux Favorites Magiques de McNarth. Tourne à droite à la prochaine intersection et tourne encore à droite. Il y a une petite impasse avec un vieux magasin. La pancarte est presque impossible à lire mais si tu t'approches, tu verras une tête de sanglier. C'est là que tu dois aller. »
Harry cilla rapidement en essayant de retenir ses instructions. « Okay. Donc… tout droit jusqu'à McNarth, droite et droite vers la petite pancarte qui ressemble à une tête de sanglier. C'est bon. »
« Non, non, non ! » Bellatrix secoua dramatiquement la tête. « Tout droit vers McNarth, droite, droite, puis tu vas vers l'impasse avec le magasin. »
« En quoi est-ce différent de ce que je viens de dire ? » demanda Harry en se grattant la tête.
« Il y a un chemin à droite après McNarth et ensuite il y a une petite allée qui va à une autre droite ! » expliqua Bellatrix avec ennui.
« Donc je prends cette droite ? »
« Non ! Tu prends l'autre droite ! » souffla Bellatrix en se retenant de le claquer. « Tu vas à la droite principale, espèce d'idiot. Puis, tu tournes dans l'allée ! »
« Arrête de m'appeler comme ça ! » grogna Harry. « Pourquoi m'appelles tu toujours idiot ou imbécile ? »
« Que veux-tu dire par « toujours » ? Je viens à peine de te rencontrer ! »
Harry se tut lorsqu'il réalisa qu'il avait dérapé. S'insulter avec Bellatrix était devenu un rituel familier à son époque et elle semblait extraordinairement fan de l'appeler idiot ou imbécile… un peu comme Rogue, maintenant qu'il y repensait. Cette Bella ne l'avait pas encore insulté, si ce n'est quand il était arrivé soudainement dans la voute. « Rien, » marmonna-t-il.
Bellatrix le regarda avec attention. « Oh je ne crois pas Ashworth. Mais il faut que je rentre chez moi ou Tatie va commencer à se poser des questions. » Et je découvrirai ce que tu caches, pensa-t-elle. Tu es définitivement parent avec Potter ou tu le connais ou un truc du genre dans ton futur… et tu me connais. Et je veux savoir exactement ce qu'il se passe.
« Très bien. »
« Okay, » commença Bellatrix, « Fabriquer des documents magiques est difficile, mais fabriquer des documents magiques étrangers va être bien plus dur et couteux. Et plus important, cela demande du temps. Quelques semaines au moins. Donc pour l'instant, je te recommande d'acquérir d'abord des documents moldus – c'est assez facile à faire. Tu auras besoin d'un passeport et d'un certificat de naissance. »
« C'est pas facile à faire ça ? »
Bellatrix grogna de frustration et lui donna une petite tape sur la tête. « C'est là l'intérêt, imbécile ! »
Harry la regarda un instant le regard vide, avant de secouer la tête. Elle mit cette étrangeté de côté pour plus tard. Quand il bouda, elle leva la main comme si elle allait le claquer, ce qui le fit reculer.
« Arrête de faire ça ! »
« Alors arrête de te comporter comme un idiot ! »
« Je te hais… »
« Tu peux me haïr autant que tu veux, » répliqua Bellatrix, « mais tu répondras d'abord à mes questions. Tu n'as pas idée à quel point je peux être têtue ! »
« Je pense que j'en ai une grande idée, » murmura Harry.
Bellatrix le regarda bizarrement, puis sursauta quand elle regarda l'heure. « Très bien, maintenant, la chose la plus difficile à forger dont tu aurais besoin ASAP-«
« Je ne comprends pas ce que tu veux dire, un zap ? »
« ASAP, » siffla Bellatrix. « As soon as possible (Ndt : aussi vite que possible) ! C'est une expression moldue, imbécile ! Maintenant tais toi, arrête de me poser des questions et laisse moi finir par la barbe de Merlin ! Tu vas avoir besoin dès que possible d'une licence de transplanage. Cela va être couteux et difficile à obtenir. Tu as trois possibilités : une licence australienne, une licence britannique ou tu peux aller faire le test au Ministère. Une licence forgée va demander du temps mais pour faire le test, tu auras besoin de tes papiers d'identité. Quel que soit ton choix, c'est à toi de voir. »
« Très bien. »
« Okay et quand tu seras là-bas, demande un vieil homme nommé Falschmann. Dis lui que Bella t'envoie. Et pour l'amour de Merlin, assure toi que ces idiots datent le document un jour de travail. Je me souviens quand Siri avait voulu une carte d'identité moldue pour aller dans les bars et les idiots avaient daté le document un dimanche… » Elle souffla, puis haussa les épaules. « Mais bon, Siri l'avait bien mérité ! »
« Très bien… » Harry essaya de tout retenir, souriant quand elle mentionna Sirius. Cela lui ressemblait bien.
« Et une dernière chose – fais attention avec ces gens. Je crois que tu sais faire attention à toi, mais ce ne sont pas exactement les citoyens les plus recommandables. Garde ton argent près de toi et ta baguette encore plus proche. Je vais essayer de te faire rencontrer plus tard quelques familles de sang pur – je pense que tatie a prévu une soirée ce mois-ci. Je verrais ce que je peux faire. » Elle regarda autour d'elle, sorti sa baguette et lui fit un geste de la main. « On se voit plus tard Ashworth, » puis elle disparut avec un petit pop.
Harry fixa un instant l'endroit d'où elle avait disparu. A sa surprise, il avait été sur le point de dire, « Fais attention Black ». Ça c'est bizarre, pensa-t-il. Toute la journée, il avait était dans un tourbillon de confusion, d'émotions et de tensions et cela le rattrapa quand il poussa la porte du Chaudron Baveur, vérifiant si Dumbledore était toujours présent. Quand il fut sûr qu'il était parti, il y entra et monta droit dans sa chambre.
C'était étrange, la journée avait commencé avec sa captivité, attendant une mort certaine au retour de Voldemort. Il avait échangé des insultes avec Bella puis l'avait regardé se suicider dans ses bras puis s'était retrouvé deux décennies dans le passé et avait affronté une Bellatrix très différente de la sienne. Il se figea en repensant à la jeune version de la femme qu'il avait tant détestée pendant ces dernières années. A son époque, Bellatrix avait une meurtrière complètement folle qui torturait, tuait et infligeait des cruautés inimaginables à des personnes innocentes. Outre Voldemort, elle avait été la Némésis de Harry, la seule personne qu'il s'était promis de tuer lui-même. Il la haïssait, la méprisait elle et ce qu'elle faisait de toutes les fibres de son corps.
Alors pourquoi est-ce que je ne la haïs pas ? se demanda-t-il. Et c'était ça le problème, réalisa-t-il. Il ne haïssait pas vraiment cette jeune Bellatrix, pour des raisons qu'il ne comprenait pas. Il ne l'aimait pas, c'était vrai. Il ne lui faisait pas confiance, pas tant qu'il ne l'aurait pas testé avec de la légimentie. Il méprisait ce qu'elle était devenue à son époque. Mais il ne la haïssait pas car quand il la regardait, les quelques fois où elle s'était laissée aller – et il avait l'impression que c'étaient des incidents isolés, causés par la surprise de cette journée – elle lui avait rappelé ses anciens amis.
Sa curiosité, son désir d'apprendre la magie, elle ressemblait ainsi à Hermione. Sa jugeote et ses phrases pleines d'esprit lui rappelaient tellement Ginny et les jumeaux… son fort tempérament et sa vive baguette étaient la marque de fabrique de Ron. C'était très étrange de réaliser soudainement que tant de personnes familières étaient réunies dans une seule personne. Et il y avait aussi le fait que Bellatrix ne ressemblait en rien à ce qu'il s'était imaginé d'elle dans sa jeunesse. Les quelques conversations qu'il avait eues sur elle avec les professeurs de Poudlard s'étaient limitées à ses capacités et ses points forts et on avait peu parlé de sa personnalité.
Elle ne ressemblait en rien à Draco Malfoy ou à son père ou même à quelques autres mangemorts et futurs mangemorts qu'il avait rencontrés. Avec un grognement, il décida de taire toutes ces pensées. Il était fatigué et ces journées de captivité le rattrapaient. Il décida de penser à tout cela plus tard, quand il serait fatigué.
« Tourne à droite ici… » murmura Harry quand il arriva au magasin « McNarth Maîtresses Magiques –esprit, pixie, fée ou sirène pour votre plaisir ! ». Devant lui se trouvait une intersection à trois voies et il ne savait pas quelle droite il devait prendre. Regardant autour de lui, il vit des silhouettes sombres, leurs capuches sur la tête et d'autres grotesquement difformes et vêtus de haillons, une lueur carnassière dans les yeux – il pensa que ce serait pas raisonnable de sa part de s'approcher d'eux et de demander : « Excusez-moi, où puis-je trouver une boutique avec une pancarte sale qui ressemble à une tête de sanglier ? »
Finalement, il choisit un chemin et descendit la rue, espérant avoir pris la bonne direction. Quand il arriva à la prochaine intersection, il tourna de nouveau à droite et soupira de soulagement quand il vit la petite allée. À l'angle droit il y avait un petit magasin avec une pancarte sur la porte. S'approchant lentement de l'écriteau et l'examina, jusqu'à ce qu'il soit sûr qu'avec beaucoup d'imagination – et probablement plusieurs pintes d'alcool que cela ressemblait à une tête de sanglier.
Redressant les épaules et essayant d'ignorer la puanteur qu'il sentait à l'arrière de la boutique – il détestait penser à ce qui causait ce type d'odeur – il poussa la porte et entra. « Bonjour ? » appela-t-il en regardant autour de lui.
Des torches s'allumèrent dans la pièce, la faisant baigner dans une lumière orangée. Un feu s'alluma dans l'âtre et il vit un comptoir propre avec quelques chaises au fond de la pièce. Les murs étaient couverts d'étagères pleines de livres, de parchemins et d'ordinateurs ce qui figea Harry. Suis-je dans le mauvais magasin ? se demanda-t-il. Cela ne ressemblait pas vraiment à un repaire de faussaires. Cela ne ressemblait même pas à un magasin se trouvant dans l'allée des embrumes !
« Puis-je vous aider ? » demanda une voix féminine au fond de la pièce. Quelques secondes plus tard, une jeune femme ouvrit une porte et entra dans la pièce. Elle sourit et tendit poliment sa main.
Harry se rendit compte qu'il la fixait. Elle était, à sa surprise, bien habillée dans des vêtements moldus. Elle portait en haut une longue blouse de couleur crème par dessus un pantalon noir et large. Des chaussures à talons moldues complétaient l'ensemble, ce qui la grandissait de quelques centimètres. « Oh désolé », dit-il raclant sa gorge d'embarras.
Elle le regarda curieusement, avec un sourire montrant qu'elle était habituée à ce genre de réaction et remit une de ses mèches derrière l'oreille. « Donc, comment puis-je vous aider, Mr… », il remarqua son étrange accent, elle roulait les « R » et les voyelles étaient moins accentuées.
« Ashworth » répondit instinctivement Harry en tendant sa main.
Elle sa prit sans hésitation, son comportement étant chaud et accueillant. « Ce sera donc Mr Ashworth. »
« Je suis là pour parler à, euh, Falschmann. Bella m'envoie. »
« Oh, je vais donc chercher mon père. Un instant » dit-elle avant de se retourner et de disparaître par la porte. Quelques instants plus tard, elle revint avec un homme d'âge moyen également habillé d'un costume cravate moldu.
« Un, un autre client de ma petite Bella. Comment puis-je vous aider ? » Son accent était bien plus prononcé que celui de sa fille et Harry put enfin le situer. C'était un accent allemand.
« J'ai besoin de quelques… papiers, » répondit Harry avec hésitation, regardant nerveusement la jeune femme à côté du faussaire.
« Ah oui, oui. D'où ? » Falschmann remarqua le regard d'Harry et sourit. « Ne vous inquiétez pas pour elle elle connaît mon business. En fait, laissez-moi nous présenter. Je suis Heinrich Lehnsherr, maître faussaire et voici ma fille Sabine. Elle s'occupe des livres et apprends à travailler dans mon affaire. »
« Enchantée de vous rencontrer, » sourit Sabine.
« Merci, » balbutia Harry, surpris par l'endroit et ses occupants. « Harry Ashworth. Je pensais, euh, que votre nom était… »
Le faussaire et sa fille éclatèrent de rire. « Vous ne pensiez quand même pas que Falschmann était mon vrai nom, si ? Non, c'est juste l'un de mes surnoms. C'est plutôt approprié quand on sait ce que cela signifie dans ma langue natale. » (NDT = Faux nom)
« Je vais chercher un peu de thé père, » dit Sabine en partant. « Aimeriez-vous un peu de sucre et de la crème, Mr Ashworth ? »
« Juste un peu de sucre s'il vous plait, » répondit Harry. « Et s'il vous plait, appelez-moi simplement Harry. »
« Ce sera donc du sucre. Comme d'habitude, père ? » Elle attendit qu'il hoche la tête puis partit, surement dans la cuisine.
« Pourquoi ce regard surpris Harry ? » demanda Heinrich avec amusement en voyant l'expression toujours choquée de Harry.
« Je… ne m'attendais pas en fait à … ça, » dit le jeune sorcier en montrant le décor.
« Ah, » Heinrich hocha la tête sagement. « Vous ne vous attendiez pas à un endroit comme celui-ci dans l'Allée des Embrumes, c'est ça ? » Il sourit. « Et bien, j'ai une couverture à garder. Peu de personnes trouvent le chemin jusque ici, donc pas de soucis de la part du Ministère. Et je trouve l'ambiance des autres boutiques plutôt déprimantes et puisque Sabine et moi vivons ici, il n'y a pas de raison pour que ce ne soit pas agréable, n'est-ce pas ?
Harry cilla de surprise. « Oui, vous avez raison. »
Heinrich ria. « Donc, qu'est-ce qui vous amène ici ? Des papiers vous avez dit, Bella vous envoie… » Il remarqua le regard mal à l'aise de Harry et le rassura. « Ne vous inquiétez pas. Je ne pose pas de questions, juste ce dont j'ai besoin pour créer ce dont j'ai besoin. Donc, de quoi avez-vous besoin exactement ? »
« Des papiers australiens. Passeports moldus, certificats de naissance… les équivalents magiques également. Et une licence de transplanage. » Harry avait décidé qu'il ne valait mieux pas prendre le risque d'aller au Ministère pour la licence de transplanage. Cela soulèverait trop de questions sur son identité. Et puis, ce serait plus réaliste s'il avait une licence australienne puisqu'il clamait être de là-bas.
« Ah, vous voulez donc le kit complet. » Il regarda Harry. « Vous m'avez l'air un peu jeune pour être un fugitif ou pour recommencer une nouvelle vie. »
« Je croyais que vous ne posiez pas de questions ? » demanda Harry sèchement.
« Ce n'est pas le cas, non, non, » Heinrich eut un rictus et haussa les épaules. « Mais vous ne pouvez pas m'empêcher d'être curieux. Ce n'est pas tous les jours que j'ai un client aussi jeune que vous. » Il regarda Harry d'un œil suspicieux. « Vous pouvez payer, bien sûr ? »
« Quel est votre prix ? »
« Pour un kit complet ? Les papiers moldus et magiques ? » Heinrich lissa sa moustache. « Plus une licence de transplanage ? Quinze mille ? »
Harry se figea. C'était un prix ridiculement cher, même dans le monde magique. Il jeta un coup d'œil au vieil homme et se rendit compte que l'homme le savait aussi. « Je pourrais acheter l'identité de quelqu'un d'autre pour ce prix. Sept mille. »
Ce fut au tour d'Heinrich de se figer. « Je ne peux même pas payer les factures avec ça. Savez-vous ce que ça va vous coûter de vous obtenir une licence de transplanage ? Et l'Australie… c'est si loin. Je vais devoir faire appel à de nombreuses faveurs. Ce ne sera pas en dessous de douze mille. »
« Ce sont des mensonges, » contra Harry. « Bella m'a dit que vous étiez le meilleur, » bluffa-t-il, « mais elle m'a aussi averti de votre tendance à augmenter les prix outrageusement. Huit mille. »
Heinrich secoua la tête. « Je n'ai pas beaucoup de clients. Et, comme Bella vous a dit, je suis le meilleur. Vous pouvez aller voir quelqu'un d'autre et le Ministère détectera que c'est un faux dès le premier coup d'œil. » il regarda Harry sévèrement. « Douze mille et c'est mon dernier mot. »
Harry se hérissa mais pensa à l'offre. C'était toujours beaucoup d'argent mais pouvait-il se permettre d'aller voir quelqu'un d'autre ? Bellatrix lui avait recommandé cet homme mais bon, combien de faussaires pouvait connaître une jeune étudiante, même si elle avait de bons contacts grâce à sa famille. Il avait le sentiment d'être testé. Mais si je me trompe… il ne voulait pas y penser. Relevant les épaules, il le regarda et choisit son meilleur visage de poker. « Et qui me garantie que vous êtes effectivement le meilleur ? Pour tout ce que je sais, votre travail pourrait être bâclé. »
« Oh, mais je viens avec la recommandation de Bella, non ? » Heinrich leva son doigt de mécontentement.
« Ce qui ne signifie rien pour moi, » rétorqua Harry. « Je ne lui fais pas confiance et honnêtement, je ne vous pas confiance. Dix mille. Ou j'essaierai ailleurs. »
Heinrich resta silencieux un long moment, un air sérieux sur le visage. Harry le fixait, mais intérieurement il était inquiet, espérant ne pas avoir tout gâché. Il avait besoin de ces documents et aussi vite que possible, sinon il aurait des problèmes. Il n'était pas naïf au point de croire qu'il pourrait s'en sortir sans montré un jour ou l'autre une carte d'identité.
« Père, » dit Sabine depuis la porte de la cuisine sur un ton de reproche. « Es-tu encore en train d'harceler les clients ? » Elle arriva avec un service à thé et trois tasses. En déposant le tout sur le comptoir entre son père et Harry, elle le regarda et secoua la tête. « Tu sais à quel point cela effraie les clients quand tu fais ça. Et surtout un client aussi jeune ! »
« Très bien, très bien, Sabine, Schatz. » Son père leva la tête et gloussa devant l'expression confuse de Harry.
« Je m'excuse pour le comportement de mon père, Harry, » dit Sabine en se penchant et en plaçant une tasse devant Harry. « Il aime jouer à ce genre de jeu de temps en temps, juste pour voir à quel point les clients sont sérieux. Il dit que cela lui montre le caractère des clients, mais je suppose qu'il aime juste taquiner les gens. »
« C'est…euh… » Harry vit les regards entre le maitre faussaire et sa fille, incapable de trouver les mots justes.
Heinrich rit enfin tout en buvant son thé, et contrairement aux anglais, le but rapidement en plusieurs goulées. « Ne vous inquiétez pas Harry. Dix mille c'est bien. Maintenant dites moi, pour quand avez-vous besoin de ces documents ? »
« En fait… aussi vite que possible je suppose. » Harry haussa les épaules. « Je ne sais pas exactement quand j'en aurais besoin, mais je préfèrerai que ce soit au plus vite. »
Heinrich haussa la tête, songeur. « Les documents moldus seront faciles à obtenir, mais ceux sorciers… Je dois envoyer un message à un de mes amis en Australie. Surtout pour celui de la licence. Le ministère est très minutieux quand il vérifie et enregistre ces documents. »
« Père, ne pourrions-nous pas utiliser celui que tu avais préparé pour le client qui n'est jamais venu ? Tu te souviens, l'an dernier, quand cet homme étrange a demandé une fausse licence de transplanage de Belgique mais qu'il n'est jamais venu. Le document est déjà créé, sauf pour le nom et il faut juste le sceau officiel.
« C'est vrai. Les détails sont un peu différents, mais cela peut marcher. Laisse moi le trouver. » Heinrich se leva et partit, laissa Harry en compagnie de sa fille. Sabine sourit et sortit un calepin et un stylo.
« Donc, nous allons avoir besoin de quelques détails pour vos papiers. Commençons avec le certificat de naissance… nom et date de naissance ? »
Harry réfléchit un moment. « Harry Evans Ashworth. Né le 15 décembre 1955. »
Sabine nota avec attention ce qu'il dit. « Vous avez donc vingt ans. » Elle se redressa. « Vous avez mon âge » ajouta-t-elle avec un petit sourire.
Harry haussa les épaules. C'était son vrai âge mais cela ne le dérangeait pas vraiment de le donner. « Né à… Port Augusta en Australie. » C'était la seule ville qui lui venait à l'esprit et il remercia Mme Graham, son professeur de géographie de l'école primaire.
« Très bien… continuons pour votre passeport. Marié ? Seul ? Divorcé ? »
« Célibataire. »
Sabina hocha la tête en écrivant. « Lieu de résidence ? »
Harry dut réfléchir un instant. Il ne voulait pas dire qu'il avait vécu toute sa vie en Australie et il devait expliquer son accent britannique. Finalement il trouva une explication. « Depuis 1972, 201 West Lakeside Road, Boston, Massachussetts, Etats Unis. »
Sabine leva un sourcil de curiosité. « Un jeune voyageur, je vois, » commenta-t-elle avec légèreté.
« En effet, » Harry haussa des épaules. « De quoi d'autre avez-vous besoin ? »
« Une liste des pays dans lesquels vous êtes allé et les dates aussi. Pour remplir correctement le passeport. »
« Très bien… Napier, Nouvelle Zélande du trois septembre au 19 décembre 1956 », commença Harry à inventer, se notant qu'il faudrait étudier son passeport plus tard et inventer un lieu de résidence pour chacun de ses séjours à l'étranger. « Puis Osaka, Japon du 4 février 1961 jusqu'au 22 juin 1962. Hambourg, Allemagne, du 6 août 1962 jusqu'au 3 octobre 1963. »
Et la liste continua alors que l'imagination de Harry inventait des voyages avec ses faux parents. Croatie, Grèce, Italie, même Russie et pour finir les USA, mais il évita à chaque fois les destinations proches des îles britanniques. Quand ce fut fini, Sabine regarda la demi douzaine de noms qu'elle avait écrit et sourit. « C'est une histoire sacrément élaborée que vous avez là Harry. »
« Oui… je m'étonne moi-même parfois, » gloussa-t-il. Ce serait dur à tout mémoriser, mais au moins il pourrait dire comme excuse qu'il avait beaucoup voyagé. « De quoi d'autres avez-vous besoin ? »
« Et bien… Il y a vos bulletins officiels et l'équivalent des BUSES et autres choses du même genre. Vos notes annuelles aussi. »
Harry grogna. « Ça va être une longue journée, n'est-ce pas ? »
« Voulez-vous plus de thé ? » Sabine sourit.
« Dites-moi s'il vous plait que ce sera tout ? »
Elle secoua la tête, ses longs cheveux rouges volant autour d'elle. « Non. Puis, ce sera votre historique médical. Vos lieux de résidence et… »
Il sourit ironiquement. « Vous être très consciencieuse, n'est-ce pas ? »
« Nous sommes les meilleurs, » répondit-elle avec fierté. « Mais si vous avez besoin d'aide pour votre histoire, on dit que j'ai une très bonne imagination, » lui dit-elle avec un sourire taquin.
Harry y pensa un instant puis haussa les épaules. « Pourquoi pas, ça ne peut pas faire de mal. Donc, que proposez-vous pour les registres scolaires ? Vous êtes l'experte après-tout. »
"Et bien… Vous ne voulez pas être un premier de la classe, cela alerte souvent, » commença-t-elle.
Quatre heures plus tard, Harry finit sa tasse de thé. Entre lui et Sabine, ils réussirent à créer une histoire basique qui répondrait à toutes les questions éventuelles. Son père était revenu brièvement pour prendre ses notes et commencer à travailler sur les documents.
Il était maintenant un étudiant moyen – en raison de ses fréquents déplacements quand il était enfant – avec différents établissements dans lesquels il était allé, un bref historique médical dans lequel il avait noté ses blessures, sans oublier ses allergies et ses lunettes. Sabine lui avait conseillé de se faire opérer des yeux ou du moins de faire l'équivalent magique s'il voulait se débarrasser de ses lunettes. Il le prit en considération et le nota au cas où.
« C'est tout, je pense, » annonça Sabine en posant son stylo. Devant elle se trouvait maintenant près de quarante pages remplies de toute sa fausse histoire.
« Bien » murmura Harry. « Je crois que je commence moi-même à confondre. »
« En tout cas, nous avons tout ce dont nous avons besoin. » Sabine se leva et commença à nettoyer les tasses à thé.
« Bien, il commence à être tard. » Harry regarda par la fenêtre et réalisa qu'il faisait toujours sombre dans l'Allée des Embrumes. « Je devrais y aller. Quand pensez-vous avoir les papiers ? »
Sabine eut l'air pensive. « Les papiers moldus, sûrement dans deux jours. Les papiers sorciers, à l'exception de la licence de transplanage, une semaine, peut-être neuf jours. La licence sera sans doute prête dans deux semaines au plus tôt. » Elle sourit honteusement. « Désolé, mais comme père le dit, celles-ci sont vraiment dures à faire et il faut qu'elles soient enregistrées au Ministère. Cela demande du temps et du travail. »
« Très bien », il pouvait tout à fait le comprendre. « Donc, euh, comment je paie ? »
« Vous payez quand vous récupérez les documents. » Sabine gloussa en voyant son expression embarrassée. « Ne vous inquiétez pas trop. »
« Très bien. » Harry se leva, en lissant ses robes. « Au fait, je suis curieux… pourquoi vous et votre père vous habillez-vous en moldus ? »
Sabine rit. « Nous travaillons aussi dans le monde moldu. Et honnêtement, c'est plutôt confortable. Vous aimez ? »
Harry la regarda un moment, puis haussa les épaules et rougit. « Cela vous va bien. »
« Merci. »
« Bon, il vaut mieux que j'y aille. Cela vous va si je reviens dans une semaine ? »
Sabine secoua la tête. « Si vous êtes sans aucun papiers, il vaut mieux que vous reveniez dans deux jours. Juste au cas où. »
« Bien. » Harry était sur le point de partir quand elle se pencha et l'embrassa brièvement sur la joue. « C'était agréable de vous rencontrer Harry Ashworth ou qui que vous soyez. » Elle lui sourit timidement. « Et c'était un plaisir de faire affaire avec vous. »
« Merci, pareillement » dit-il et s'en alla rapidement avant qu'elle ne l'embarrasse plus longtemps. Quelques secondes plus tard, il était devant le bâtiment avec l'étrange odeur toujours venant de l'arrière boutique. Il remonta les rues sombres de l'allée des embrumes.
« Il est temps de retourner dans ma chambre je crois, » murmura-t-il en s'engouffrant dans la nuit.
