Disclaimer: Comme d'habitude, Harry Potter appartient à JK Rowling et cette traduction de l'histoire de Lord Silvere n'est pas utilisée à des fins commerciales!

Reviews: comme promis un chapitre en plus pour vous faire patienter! Bonne lecture

Chapitre 4 : Presque célèbre

Harry passa la grande partie de la journée à se cacher de Tom et du reste de ses clients. Il semblait que toutes les personnes qui fréquentaient le Chaudron Baveur avaient lu la Gazette de ce matin et étaient capables de le reconnaître. Il considéra brièvement l'utilisation d'un charme de glamour pour dissimuler ses traits mais finalement changea d'avis. Au moins, ce n'était pas pire que la médiatisation qu'il avait connue en tant que Survivant. Après avoir mangé un modeste petit-déjeuner au pub, Harry se demanda pendant quelques minutes s'il devait sortir du pub.

Ce fut que lorsqu'il vit un groupe de filles le pointer du doigt avec excitation en tenant une copie de la Gazette qu'il décida de braver la foule à l'extérieur. La dernière chose qu'il vit quand la porte du pub se ferma fut les filles qui se levaient de table pour essayer de le suivre. A la dernière minute, il tourna et passa par la porte qui menait au Londres moldu. Harry était content d'avoir décidé de porter une simple paire de jeans et un T-shirt avec une veste.

Il se tint droit dans l'air glacial pendant un moment, retenant son souffle et espérant que les filles ne l'avaient pas suivi. Ce n'était pas le cas et il soupira de soulagement. Il détestait les groupies. Refermant sa veste et murmurant rapidement un charme pour se réchauffer il prit une direction au hasard. Il passa une journée ordinaire à se promener dans les rues, appréciant la façon dont il pouvait se fondre dans l'environnement moldu. C'était le jour de Noël, et à part les passants qui achetaient leurs cadeaux de dernière minute, les rues étaient désertes. Il neigeait un peu, le sol était recouvert d'une fine pellicule de blanc qui craquait sous ses pieds.

Il ne vit pas le temps passer jusqu'à ce que la cloche du Big Ben annonce l'heure tardive. Avec un sursaut, Harry leva les yeux au ciel. Le soleil se couchait déjà ce qui n'était pas si surprenant à cette époque de l'année, même si l'horloge n'affichait que cinq heures de l'après-midi. Harry retrouva assez facilement son chemin vers le Chaudron Baveur. C'était ironique que bien que le monde sorcier n'aime pas avoir quelque chose à voir avec le monde moldu, celui-ci avait été leur salut vers la fin de sa guerre. Des maisons sûres dans le monde moldu avaient été utilisées par des hauts membres du gouvernement ou de l'Ordre pour éviter les tentatives d'assassinats. Les forces de Voldemort étaient au début ravies d'aller dans le monde moldu pour commettre leurs vils forfaits. Mais ils avaient vite découvert que les autorités moldues arrivaient bien plus vite que les aurors.

Cela était rapidement devenu un bain de sang, et même si un seul mage noir pouvait facilement tuer plusieurs policiers moldus, Voldemort avait vite réalisé qu'il ne le voulait pas. Ce n'était pas le temps d'attirer l'attention du monde moldu. Ils étaient bien trop nombreux et il ne pouvait pas mener deux guerres à la fois et gagner. Cela avait forcé les mangemorts à trouver d'autres solutions pour localiser et tuer leurs cibles principales ce qui avait donné le temps à l'Ordre de les replacer. Cependant à la fin, c'était tout ce qu'ils avaient gagné, du temps.

Il passa la porte du Chaudron Baveur une heure plus tard, enlevant rapidement la neige de sa veste. C'était pile l'heure entre le thé et rush du diner et Harry était content que le pub soit presque vide. Il lui fallut quelques minutes pour trouver les robes habillées que Bellatrix avait voulu acheter, même s'il lui fallut bien plus de temps pour se changer. Des fois, il se demandait si les robes habillées n'avaient pas été inventées pas un sadique pour torturer les sorciers. Ce fut que lorsqu'il fut devant la porte, tenant la poignée qu'il réalisa qu'il ne savait pas comment aller au 12 Square Grimmaud à la moldue. Cela n'avait jamais été un problème avant puisqu'il avait soit transplané soit utilisé la poudre de cheminette.

« Puis-je vous aider ? » demanda Tom depuis le bar.

Harry se tourna et sourit avec gêne. « Cela vous dérange si j'utilise votre cheminée ? »

« Allez-y jeune homme. La poudre est dans le pot à côté de la cheminée. »

« Merci », le remercia Harry et se dirigea vers le fond de la pièce. « Tempus, » murmura-t-il, s'attendant à ce que l'heure apparaisse au bout de sa baguette. Il glapit de surprise quand, en fait, la baguette cracha des étincelles et siffla. Quand il essaya de nouveau, la baguette décida de ne rien faire. « Génial », marmonna Harry. « Juste génial. » Il semblerait que je doive finalement aller voir Ollivander. Ce n'est pas comme s'il s'était attendu à ce que la baguette fonctionne pour lui indéfiniment, mais cela aurait été sympa.

Il fouilla dans ses robes et trouva sa montre. Il était surpris et ravi de découvrir qu'il avait encore une heure et se demanda rapidement si Ollivander était encore ouvert. Il ne voulait pas attirer l'attention sur lui en achetant une nouvelle baguette mais se rendant dans l'antre des Black avec des familles de sang pur et de potentiels mages noirs, il ne voulait pas se retrouver incapable de se défendre. C'était peut-être pour le mieux, se dit-il quand il tourna la baguette dysfonctionnelle dans ses mains. Quelqu'un là-bas aurait pu reconnaître la baguette s'il l'avait utilisée et il ne voulait pas expliquer comment il l'avait eu.

« Tom, » appela-t-il.

« Oui jeune homme ? »

« Ollivander est-il encore ouvert aujourd'hui ? »

Il y eut un bref silence. Puis, « Non je ne crois pas. Si c'est une urgence, vous pouvez essayer Wanda & Wandel's. »

Harry leva un sourcil curieux, n'en ayant jamais entendu parler avant. « Vous savez où je peux les trouver ? »

Tom s'arrêta et réfléchit un instant avant de donner des instructions à Harry. « Ils se seront certainement pas ouverts, c'est Noël après tout. Mais les propriétaires habitent au dessus du magasin, donc cela ne les dérangera certainement pas de vous aider. »

« Merci. »

Espérant que cela ne durerait pas trop longtemps et qu'il n'arriverait pas trop en retard, Harry sortit du pub dans le chemin de traverse et essaya de suivre les directions du barman du mieux qu'il pouvait. La rue sorcière était presque vide surtout en comparaison des dernières rues moldues de Londres qu'il avait traversées. La plupart des magasins étaient fermés et il y avait très peu de neige, Harry pensa que c'était à cause des régulateurs de temps magique. Après tout, cela ne rendrait pas bien d'avoir le gouvernement sorcier magique bloqué par un blizzard ou une inondation.

Il passa devant quelques magasins qu'il connaissait mais il prit son temps pour traverser la rue, pour une fois qu'il n'avait personne autour de lui qui le pointait du doigt ou des reporters sur les talons. Il prit donc son temps pour regarder les petits détails qu'il n'avait pas vus avant. Il y avait peu de magasin qu'il reconnaissait – Eyelops Au royaume du Hibou était toujours là, même si les vitres et la porte semblaient un peu plus propres qu'à son époque et bien sûr il y avait le vendeur de glace Florian Fortarôme qui était, à sa grande surprise toujours ouvert et vendait des glaces.

Il y avait quelques autres magasins de son époque et il passa devant certains qu'il ne connaissait pas comme un magasin de tissu là où il y aurait Fleurish & Bott's, ce magasin se situait en fait quelques maisons plus loin. En regardant de plus près, il vit que ce magasin de tissu vendait des tapis volants. Harry secoua la tête en pensant à ces objets improbables mais réalisa que puisqu'il y avait des balais volants, ce n'était pas si bizarre pour les sorciers.

Sa grande surprise fut cependant quand il se trouva devant le lieu appelé « Wanda & Wandel, Fabricants de baguettes. » La surprise c'était que le magasin de baguettes était à l'endroit même du magasin de Quidditch de son époque, un magasin qu'il avait souvent fréquenté avec ses amis avant que la guerre n'ait forcé le gouvernement à fermer le chemin de traverse. Il n'y avait ni balais, ni de « Quidditch à Travers les âges », ni de vifs d'or ou de souaffles. A la place, il y avait sur des coussins en velours sombre une collection des plus belles baguettes qu'il ait jamais vues.

Alors que les baguettes d'Ollivander étaient simples, souvent un simple morceau de bois et un manche, celles-ci étaient élaborées et gravées de motifs allant des fleurs aux dragons mythiques. Harry cilla de surprise – ce magasin avait l'air plutôt classe et personne à son époque ne l'avait jamais mentionné.

Haussant les épaules, Harry s'avança et vit sur la porte un écriteau indiquant les heures d'ouverture. Comme Tom lui avait dit, c'était fermé le jour de Noël, mais se souvenant du conseil du barman, Harry frappa à tout hasard, espérant que les propriétaires étaient chez eux. N'obtenant pas de réponses, il mit sa tête contre la vitre du magasin pour essayer de voir de la lumière. Il ne pouvait rien voir et frappa encore, un peu plus fort cette fois.

Il soupira de soulagement quand une lumière s'alluma à l'arrière du magasin. Peu après toutes les lumières s'allumèrent dans le magasin et Harry vit un couple s'avancer vers la porte. L'homme était assez grand et mince alors que la femme était plus petite et plus costaude. Tous les deux semblaient avoir une bonne quarantaine d'année et Harry se souvint brièvement de la sœur de l'oncle Vernon – Tante Marge. A la différence de Tante Marge qui était toujours fardée de maquillage, le visage de la femme était naturel et amical même si l'homme semblait irrité. Non pas qu'Harry pouvait l'en blâmer, sachant que c'était Noël et qu'il frappait à leur porte à l'improviste.

La femme atteignit la porte la première et l'ouvrit un peu. «Puis-je vous aider ? » demanda-t-elle avec une voix chaleureuse.

« Je suis désolé de vous ennuyer à Noël, » dit Harry rapidement, « C'est juste que ma baguette vient de me lâcher il y a quelques minutes et il m'en faut vraiment une nouvelle. »

« Ah, une urgence ! » La femme fit un grand sourire et hocha de compréhension, même s'il y avait une lueur prédatrice dans ses yeux qui le mit mal à l'aise. « Rentrez, nous pouvons vous aider en quelques minutes. »

« Merci, » dit Harry en avançant dans le magasin.

La femme chercha dans la pièce quelque chose alors que l'homme derrière le comptoir semblait ennuyé.

« Donnez-moi un moment pour trouver mon mètre », dit la femme depuis l'arrière du magasin.

« Oubliez le mètre très chère, il semble être un vingt-sept centimètre et demi pour moi » dit l'homme.

Voyant qu'elle ne répondait pas, Harry regarda le magasin nerveusement, essayant de lancer la conversation. « Donc… vous êtes Wanda et Wandel ? »

« Non », dit l'homme. « C'étaient mes grands-parents. Ils sont morts maintenant. Je suis Wendell – voici ma femme Wendy. »

« Je vois. »

Apparemment le petit-fils du fabriquant de baguettes décida de continuer la discussion en attendant sa femme. « Donc que s'est-il passé avec votre baguette ? »

Harry sourit avec gêne. « Elle a crachoté des étincelles quand j'ai voulu lancer un sort de temps. Rien de sérieux. »

« Ah. » répondit Wendell d'un ton connaisseur. « Une baguette mal accordée ? »

« Quelque chose comme ça. » Harry n'eut pas à élaborer car Wendy revint. Elle avait le mètre et comme la première fois chez Ollivander, Harry tendit les bras pendant que l'objet le mesurait.

« 27,5 cm » dit-elle après un moment. Harry cilla. Ils avaient mis bien moins de temps qu'Ollivander. Peut-être que ces gens savaient vraiment ce qu'ils faisaient.

« Je te l'avais dit », dit Wendell avec un sourire.

« Très bien, » concéda Wendy. Elle se retourna vers Harry alors que son mari commença à sortir différentes baguettes. « De quoi était faite votre dernière baguette ? »

« Je ne l'ai jamais su » confessa Harry en inventant rapidement une histoire sur l'origine de la baguette. « C'était comme un emprunt. Elle appartenait à un de mes ancêtres. Je pensais que cela marcherait bien puisque j'ai pu l'utiliser plusieurs fois mais apparemment pas »

Wendy haussa des sourcils de surprise. « Vous avez utilisée une baguette empruntée pendant des années ? »

« Quelques jours en fait. Ma première baguette venait de se briser. »

Wendy secoua la tête de façon dramatique tout en prenant quelques boites que lui tendait son mari. « Les anciennes baguettes sont généralement inutiles. Nous croyons qu'une personne doit acheter une nouvelle baguette tous les quatre ans en général, nous avons même des clients qui changent tous les quelques mois. Après tout, si la baguette choisit le sorcier, que se passe-t-il quand le sorcier change qui il est après quelques années ? »

« Je me suis toujours posé la même question, » songea Harry.

« Très bien… 27,5 cm. Approchez mon cher. »

Harry la suivit derrière la table alors que son mari avait placé des baguettes dans plusieurs enveloppes de parchemin. Sur chaque enveloppe se trouvait un motif différent et après un bref instant, Harry reconnu les mêmes motifs gravés sur les baguettes dans la devanture du magasin.

« Choisissez juste un motif que vous aimez et essayez-là, » l'encouragea Wendy.

Regardant les motifs disponibles, Harry décida immédiatement ce qu'il ne choisirait pas. Se balader avec une baguette avec des petits lapins n'était pas ce qu'il voulait… et il ne voulait pas être retrouvé mort avec une baguette avec des motifs de rats. Certains motifs étaient différents, mais les roses n'étaient pas son truc, et il ne pensait pas imposer le respect avec une baguette avec de petits dragons ou de petites licornes, même s'il l'admettait, elles étaient plutôt jolies.

Il opta finalement pour un motif abstrait qui lui semblait beau. Il tendit la main et choisit l'enveloppe correspondante.

« Excellent ! » s'exclama Wendy. « Ouvrez la et essayez-là. »

Harry fut ravi de découvrir que l'enveloppe contenait une baguette simple avec un petit motif gravé dessus. Elle était d'un bois sombre, surement du chêne. Il l'agita et fut content de voir des étincelles en jaillir. « Je suppose que cela fera l'affaire, » observa-t-il, même s'il remarqua qu'elles étaient bien moins lumineuses que celles qu'il avait jetées avec sa première baguette.

« Fantastique ! » s'exclama Wendy. « Vous prendrez donc celle-ci ? »

« Je suppose. »

« Ce sera cinq gallions. »

Harry donna l'argent, grimaçant intérieurement en voyant son stock d'or diminuer encore. « Merci pour votre temps, » dit-il avec gratitude, heureux ne pas avoir à faire face à un groupe de mages noirs potentiels sans être armé.

« Pas de problème. »

Harry partit et retourna au Chaudron Baveur, remerciant brièvement Tom quand il passa devant le bar et celui-ci lui demanda s'il avait eu de la chance. Il sortit sa nouvelle baguette et essaya le même sortilège que plus tôt, soulagé de voir l'heure apparaître et non pas des étincelles. S'il prenait la poudre de cheminette maintenant, il serait là-bas à sept heures précisément.

Harry prit une pincée de poudre de cheminette, la jeta dans le feu et avança dans les flammes vertes. Ce n'est qu'à ce moment qu'il se souvint qu'il détestait ce mode de transport car il fut prit de vertige quand il tourna sur lui-même apercevant brièvement différentes sorties et cheminées. Il pensa avoir vu le 12 Square Grimmaud et il essaya d'avancer.

Il trébucha de la cheminée dans un séjour très familier, même si les meubles étaient différents de ceux dont il se souvenait. Il lui fallut tout son self contrôle et sa volonté pour rester debout au lieu de s'écrouler sur le tapis.

« Qui êtes vous ? » l'accueillit une voix suspicieuse. Harry redressa la tête et fut face à face à avec la défunte Mme Walburga Black. Enfin, elle n'était pas morte à cette époque mais vivante. Son portrait, remarqua Harry, ne lui rendait pas justice car il avait sans doute été peint quelques années plus tard. En ce moment, elle était une femme d'une grande beauté, d'environ 50 ans pensa-t-il, même si elle ressemblait à une jeune femme de trente ans. Sa voix n'était pas aussi criarde que celle de son portrait mais son regard perçant et évaluateur était le même.

« Mr Harry Ashworth ». Il se redressa et enleva d'un air absent quelques cendres de sa robe, gardant une expression neutre. Il ne montrerait pas qu'il la reconnaissait.

Il résista à l'envie de se tortiller sous son regard intense et après une seconde il sembla qu'il avait réussi le test car elle hocha la tête et le salua. « Madame Walburga Black. » Elle montra une autre femme qui venait d'entrer dans la pièce. « Voici Druella Black, née Rosier, ma sœur. La salle à manger est par là. Bellatrix ! »

« Oui Tante Walburga ? » La voix venait des escaliers, là où selon les souvenirs d'Harry se trouvaient les chambres, dont celle de Sirius.

« Ton invité est là. »

« J'arrive tout de suite. »

La matriarche Black tristement célèbre hocha la tête puis se tourna vers Harry. « Asseyez-vous. Les autres invités arriveront d'ici peu. Mon mari et moi vous rejoindrons dans un instant. »

« Merci. »

Harry ne voulait pas vraiment attendre que Bellatrix arrive et puisqu'il connaissait cette maison, il trouva la salle à manger sans difficulté. Quelques personnes étaient déjà là, remarqua-t-il en entendant des voix et en voyant le nombre de sièges vides il était l'un des premiers à arriver. Il entra dans la pièce et se retrouva soudain attrapé par le bras.

« Hey, regarde ce que le chat a attrapé, » dit une voix à sa gauche.

« Ouais, le con du chemin de Traverse hier, » ajouta une autre voix.

Harry se figea en regardant les trois jeunes hommes devant lui. Il les reconnut vaguement, ils étaient présents la veille au chemin de Traverse et il n'y avait pas de doute possible, ils l'avaient aussi reconnu. Les trois hommes avaient, selon lui entre vingt et vingt cinq ans et étaient habillés de couleurs vives qui étaient peut-être sensées projeter une image de richesse mais qui en réalité montraient leur mauvais goût.

Cela marche dans les films, pensa Harry en haussant légèrement les épaules et en tendant sa main. « Je ne suis pas le sorcier que vous recherchez. »

« Quoi ? »

« Vous allez me laisser passer. » Il fit un nouveau geste de la main.

« Comme si nous allions le faire ! »

Bon, il fallait quand même essayer, pensa Harry.

Il fit le geste de prendre sa baguette en même temps que les trois autres hommes. Il n'avait pas assez de temps pour jeter un sort qui s'occuperait d'eux trois à la fois et ils étaient trop proches de toute façon pour qu'il tente un sort. Il attrapa sa baguette en utilisant un tour que lui avait appris un auror. Il tapa avec le dos de sa main sur le poignet d'un des hommes avançant en le faisant. En tournant son propre poignet autour du bras de l'autre homme, Harry réussit à pointer sa baguette sur la gorge de son assaillant ce qui stoppa immédiatement les trois voyous.

« Espèce de minable ! »

Harry s'interrompit et soupira. Il n'était vraiment pas d'humeur pour ça et s'il s'aliénait maintenant de jeunes sangs purs, cela ne l'aiderait sans doute pas dans ses relations avec leurs parents La meilleure chose qu'il pouvait faire pour l'instant, c'était éviter la confrontation. « Vous ne valez même pas que je perde mon temps avec vous » marmonna-t-il finalement et il poussa l'homme sur le côté et avança vers la table, sentant les regards brûlants sur son dos.

Avant qu'il ne puisse s'asseoir cependant, Harry réalisa que son comportement n'était pas passé inaperçu par les occupants de la pièce. L'attention de tout le monde était rivée sur lui. Les trois hommes l'avaient aussi remarqué et ne voulait pas que cette histoire s'arrête là, pas avant d'avoir sauvé leur honneur.

« Tu crois que tu peux venir ici et faire ton show ? Qui crois tu être ? »

« Quelqu'un doit t'apprendre à respecter tes supérieurs ! » lança un autre sur un ton sec.

Harry se tourna et les regarda tous trois dans les yeux, mettant toutes les difficultés qu'il avait accumulées dans sa vie dans son regard. L'intensité et la rudesse du regard figèrent les trois jeunes hommes mais avant d'avoir pu dire quoi que ce soit, ils furent interrompus par une toux forte qui vint du bout de la tête. Harry jeta un coup d'œil et vit un vieux sorcier au teint pâle. Ses cheveux gris étaient tirés en arrière et malgré quelques rides sur le visage il avait l'air incroyablement en bonne santé pour quelque qui avait, selon Harry au moins quatre-vingt ans. Il jeta un long regard aux trois assaillants d'Harry avant de regarder ailleurs. Quand Harry se tourna, il vit que les trois agresseurs étaient vite repartis de l'autre côté de la salle.

« Tu attires déjà les ennuis Ashworth ? » demanda une voix calme et rauque à côté de lui.

Harry sursauta et vit que Bellatrix était à côté de lui. Il grimaça. « Bonsoir à toi aussi. »

Bellatrix fit un geste de la tête au vieil homme au bout de la table en s'asseyant. « Voici mon oncle, Orion Black, » lui dit-elle.

Harry hocha la tête tout en s'installant dans sa chaise, regardant prudemment autour de lui. Tout le monde s'était de nouveau désintéressé de lui après l'ordre silencieux du patriarche Black.

« Qu'as-tu fait pour t'attirer des ennuis au fait ? » lui demanda-t-elle ensuite.

« Rien », siffla-t-il. « Ils étaient au chemin de traverse l'autre jour. »

Bellatrix réprima un sourire. Harry put le voir brièvement sur son visage. « Je vois. Bien, tu as de la chance, ce sont des idiots. Pas de cerveaux et pourtant ils croient être l'élite de ce monde. »

« Crabbe et Goyle, » marmonna-t-il dans sa barbe en se souvenant des deux gardes du corps sans cervelle de Draco.

Bellatrix haussa soudainement un sourcil. « Comme le sais tu ? »

« Quoi ? »

Elle montra les trois hommes qui étaient maintenant dans un groupe de sorciers du même âge. « Ce sont Crabbe et Goyle. »

Harry se maudit silencieusement pour avoir parlé à voix haute – il ne pensait pas qu'elle l'avait entendu, mais apparemment ses oreilles étaient plutôt bonnes. « Coup de chance » marmonna-t-il.

« Oh non, je ne vais pas gober ça. »

« Très bien, j'ai parlé à un auror quand ils sont arrivés. Il m'a raconté certaines des choses qui se tramaient. » Ce n'était pas un vrai mensonge.

Bellatrix lui jeta un coup d'œil suspicieux et il eut l'impression qu'elle ne le croyait pas vraiment. Elle semblait cependant prête à le laisser tranquille pour l'instant. Quand d'autres jeunes gens arrivèrent et s'installèrent autour de la table, elle parla de nouveau. « Viens avec moi. » Elle se leva de table et le conduisit dans un coin de la pièce, loin des oreilles des autres.

« Quoi ? » demanda Harry quand ils s'arrêtèrent, ayant compris qu'elle voulait lui parler à l'abri des autres.

« Ma mère pense qu'oncle Orion va bientôt mourir et elle espère hériter de quelque chose. Je ne crois pas cependant que nous serons mentionnés dans son testament. Tante Walburga a encore plusieurs années à vivre et elle ne va nous laisser toucher quoi que ce soit. » Elle lui jeta un regard, ses yeux violets rencontrant ses yeux verts à lui. « Puisque tu connais le futur, es-tu d'accord avec cette hypothèse ? »

Harry grogna quand il réalisa ce qu'elle était en train de faire. Elle voulait lui extorquer plus d'informations. Il jeta un coup d'œil au patriarche Black. « Il m'a l'air plutôt en forme. Je ne pense pas qu'il meure bientôt. » A moins qu'il ne soit assassiné, pensa-t-il silencieusement.

« Il se peut aussi que quelque chose lui arrive, » commenta Bellatrix d'un ton léger, mais il était sûr qu'elle comprenait entièrement la signification de ses mots.

Harry la regarda d'un air neutre. « Qu'est-il arrivé à la loyauté des sangs-purs ? »

Bellatrix le regarda un moment avant d'hausser les épaules. « Si on oublie mes hypothèses, es-tu d'accord avec moi, que s'il meurt, c'est ce qui se produira ? »

« Si on se base sur la connaissance de ta famille, tu as sans doute raison, » agréa Harry d'un ton prudent. Il n'était pas entièrement sûr de l'histoire de la famille Black mais si on prenait en compte le fait qu'Orion Black semblait être un homme très puissant et en bonne santé et qu'il y avait des sorciers bien plus vieux que lui, alors il devait sans doute lui arriver quelque chose dans les années à venir.

« Merde ! » marmonna Bellatrix, agacée. « Quel est intérêt de faire partie d'une des familles pures les plus anciennes et les plus puissantes si on ne peut même pas devenir riche ? »

Harry haussa des épaules, souriant mentalement. Il semblait que Bellatrix n'était finalement pas si différentes des autres jeunes sang-purs. L'argent et le pouvoir étaient toujours ses principales priorités ce qui signifiait qu'elle pouvait être manipulée. Elle était juste un peu plus intelligente sur le choix des batailles qu'elle voulait livrer. Cela lui laissait au moins un peu de marche de manœuvre s'il pouvait prédire où ses loyautés iraient dans le futur et quand il devrait commencer à se méfier d'elle. « Je n'ai jamais vu un quelconque avantage à être riche, » commenta-t-elle d'un ton absent.

« Comme c'est ironique, » soupira-t-elle se tournant distraitement vers les autres invités dans la pièce. « Tu te moques des noms anciens et nobles, de l'argent ou du pouvoir et pourtant tu deviens l'héritier de toute la fortune Black alors que mes sœurs et moi allons être mariés à la première personne venue – sûrement choisie par notre tante autoritaire. »

Tout ce que put faire Harry, fut de hausser une nouvelle fois des épaules. Elle avait raison – du moins en ce qui concernait Narcissa et elle. Andromeda en avait réchappé, mais elle avait été déshéritée, non pas que c'était une mauvaise chose en soi, sachant comment sa famille avait fini.

Bellatrix l'observa avec attention, cherchant un signe de confirmation. « Quoi ? J'ai raison ? Vais-je être mariée à un riche bâtard juste pour enfanter des enfants inutiles et devenir son trophée ? »

« Je pense qu'il vaut mieux pour tout le monde que je me taise sur le futur, » lui dit-il calmement, même s'il dû se retenir de faire un grand sourire. Même si Bellatrix n'avait jamais eu d'enfants, sa sœur Narcissa avait bien donné naissance à un enfant inutile. Et la pensée d'une Bellatrix-trophée était bien différente de la réalité. On peut toujours espérer, pensa-t-il. Le monde aurait été un bien meilleur endroit et la guerre avec Voldemort bien plus facile si elle avait été un simple trophée et rien de plus.

« Je ne crois pas, » désapprouva Bellatrix. « Tu n'as pas envie de retourner dans le futur – cela me dit une chose : tu n'aimes pas ce qu'il se passait là-bas et tu prévois de tout changer. Je ne sais pas ce que tu veux changer mais si cela a quelque chose à voir avec moi, alors j'ai le droit de savoir ! »

« Ce que je veux faire ne te regarde en rien, » répliqua Harry. Il avait essayé l'approche gentille et maintenant il lui parlerait avec brusquerie.

« Tu te fous de moi ! » siffla Bellatrix. « Tu me connais, ou du moins, tu vas me connaître. J'en suis certaine. Ce qui signifie que quoi tu vas faire, cela aura un impact direct sur moi. » Elle le regarda. « Fais moi confiance, tu ne veux pas que je sois ton ennemie. »

Harry réprima un sourire. Comparée à la Bellatrix de son époque, cette version d'elle n'était pas une menace. Elle était douée et puissante, c'était un fait, mais elle était loin d'être ce qu'elle serait dans une décennie ou deux. Non, la plus grande partie de sa puissance reposait aujourd'hui dans ses connexions sociales. Non pas qu'Harry s'y intéressait beaucoup, il y avait bien d'autres solutions pour rencontrer Voldemort et le tuer avant qu'il ne commence sa folie meurtrière.

« Que tu aimes ça ou non, Black, ce que je changerais pour le futur me concerne moi et moi seul. » Et le vieux Tom, ajouta Harry mentalement.

Les yeux violets de Bellatrix étincelèrent de colère. « Tu es horriblement autoritaire, hein ? »

Harry claqua dans ses mains, décidant que la conversation était terminée. Se disputer avec elle n'avait pas d'intérêt et il refuser d'en révéler davantage. Il savait pourquoi elle était en colère. Il n'y avait pas d'altruisme derrière son raisonnement – elle n'essayait pas de forcer Harry à lui révéler ses connaissances du futur pour le rendre meilleur. En fait, elle voulait cette connaissance pour son propre gain personnel et voulait savoir si ce qu'il ferait lui profiterait. Elle se sentait menacée car tout ce qu'il ferait sans qu'elle le sache serait hors de son contrôle.

Une idée folle jaillit dans son esprit, lui donner assez d'informations pour qu'elle croie qu'il était de son côté, que quoi qu'il fasse, ce serait profitable pour Bellatrix Black dans le futur. En un seul mouvement, il pourrait la recruter et enlever à Voldemort l'une de ses fidèles la plus dangereuse. Cependant il jeta rapidement de côté cette idée. Il y avait bien trop d'inconnues sur la Bellatrix de ce temps. Il ne savait si elle honorerait les promesses qu'elle ferait et même s'il savait ce qui la motivait – le pouvoir, la richesse et l'ambition – il n'avait pas la garantie qu'elle ne trouverait pas la proposition du Seigneur des Ténèbres bien plus tentante. Ou qu'elle ferait bande à part.

Non, pour l'instant, il serait bien trop risqué de laisser quelqu'un connaître ses plans, même à la jeune fille de dix sept ans aux multiples contacts. « Oui, » admit-il, « je suis très autoritaire. Je prends des décisions pour toutes les personnes que j'ai connues dans le futur. Cependant, ce n'est pas comme si j'avais beaucoup d'options et tu peux être assurée que quelque soit le futur, tous les changements que je vais faire seront pour le plus grand bien. »

Elle le regarda avec suspicion. « Tu es un guerrier, » conclut-elle. « Tu as été entrainé pour la guerre. J'ai lu l'article dans le journal et écouté ce que ces idiots sans cervelle ont dit à leurs parents après que ceux-ci les aient fait sortir de prison. »

« J'ai utilisé des stupéfix et des charmes de bannissement, » se défendit Harry.

« Ce n'est pas des sorts que je parle. C'est de ça, » elle tapa sa tempe. « Ta tactique. Tes connaissances, ton expérience. Tu n'as même pas cillé quand je t'ai demandé si tu avais démoli un groupe de voyous ce qui me fait comprendre que les combats ne te sont pas étrangers. L'entrainement et l'expertise que tu as utilisés pour terrasser ces imbéciles ne sont pas des choses que l'on apprend à l'école ou même en école d'auror. »

Harry garda le silence. Il y a peu de choses qu'il pouvait dire ou faire qui ne révélerait pas davantage de choses que ses propres déductions.

« Cela signifie que tu étais probablement en guerre avec quelqu'un dans le futur, » dit-elle. « Et cela signifie qu'il y avait un autre camp. En jugeant le fait que tu veuilles changer les choses, je suppose que les choses ne se passaient pas très bien pour toi et maintenant tu veux rectifier le tir, comme diraient les moldus. » Ses yeux se durcirent soudainement. « Donc ne me sors pas cette idiotie comme quoi tu veux tout arranger pour le plus grand bien, car tu ne vas clairement pas arranger les choses pour ceux contre qui tu te battais et qui te bottaient les fesses ! »

Il la regarda, essayant de trouver une solution pour qu'elle n'en découvre pas plus. « Et, » commença-t-il lentement essayant de faire appel au sens de préservation de Bellatrix, « Ça te fais croire que tu n'étais pas de mon côté dans cette guerre hypothétique ? » Il s'interrompit pour laisser la question planer. « Partons du principe que ce que tu dis est correct. Tu crois que j'étais impliqué dans une guerre ? Tu sembles aussi croire que je connais ton futur toi. Tu as raison. »

Il pouvait presque voir les rouages tourner dans sa tête quand elle enregistra cette nouvelle information. Ses yeux se voilèrent quand elle se figea et elle secoua finalement la tête. « Donc si j'étais de ton côté, pourquoi ne me dis-tu pas ce qu'il se passe ? »

Harry fit un geste de la main avec dédain. « Tout ça c'est théorique. » Au moins, ça l'était pour elle. Il avait presque peur de sa capacité de déduction.

Elle le regarda intensément, puis soupira. « Je suppose. Pour l'instant du moins. Je suppose que je peux continuer à t'aider… à un prix bien sûr. »

Harry n'était pas sûr à quel point Bellatrix préférerait être un lieutenant de Voldemort mais en ce qui le concernait, il y avait de meilleurs destins possibles. « Disons juste que si tu restes dans le coin et fais les bons choix, alors tu auras pleins de choses à gagner. » Incluant une vraie vie pour toi, pensa-t-il.

« Combien ? »

« Beaucoup ? »

Elle réfléchit. « Si tu devais changer le futur… à quel point serait-il changé ? »

« De façon drastique », répondit Harry.

« Assez drastique pour devenir le ministre de la magie si des gens découvraient que tu es responsable ? »

« Bien sûr, » dit Harry en levant les yeux au ciel. « Mais je ne sais qui voudrait de cette misérable position. »

« Tu manques vraiment d'ambition, » conclut Bellatrix sèchement.

« Cela dépend de ta définition d'ambition, je suppose. »

« Je suppose que nous verrons où cela nous mènera. »

« C'est cela, » dit-il.

« Pour l'instant, je vais rester avec toi, tant que cela me sera profitable, » décida-t-elle finalement.

« Que c'est gentil de ta part, » nota Harry, sarcastique. « Je pensais que tu avais déjà décidé de m'aider quand je t'ai donné ces milliers de gallions. »

Bellatrix plissa des yeux. « J'ai l'intention de tenir ma promesse. Je dis juste que je rechercherai d'autres opportunités pour toi. Si quelque chose survient, je ferais en sorte que cela te soit profitable tant que c'est aussi le cas pour moi. Mais quand tu commenceras à changer le futur, tu ferais bien de m'inclure dans tes plans. »

« Je verrais au moment venu, » lui dit Harry sans s'engager.

Elle semblait avoir envie de débattre encore sur ce point, mais finalement, elle renonça. Son regard se posa sur un autre groupe d'enfants sangs-purs qui venaient d'entrer. « Je déteste d'avoir à te le dire Ashworth, mais tu vas être tout seul pendant la plus grande partie de la soirée, à moins que tu veuilles continuer à te disputer avec ces jeunes idiots avec lesquels mes parents et tatie veulent que je me lie d'amitié. Je te suggère de rester auprès des vieux sorciers et de paraître intelligent, si tu le peux. Si tu parais compétent et que tu montres que tu peux garder un secret ou deux, tu pourrais bien en choper quelques uns.»

« Quoi ? Choper des vieux sorciers ? » Harry fut surpris d'avoir réussi à le dire tout en gardant un visage sérieux.

« Des secrets, abruti. »

« Voudrais-tu bien arrêter de m'appeler comme ça ? »

« Alors arrête de te comporter comme tel ! »

Harry décida de ne pas lui faire la grâce de répliquer. « Y-a-t-il certains secrets intéressants ? » demanda-t-il en jetant un coup d'œil dans la pièce.

« Peut-être, » dit-elle en se retournant pour partir. Elle regarda derrière son épaule une dernière fois. « Et Ashworth, n'essaie surtout pas de t'excuser pour avoir terrasser ces enfants au Chemin de Traverse. Ce serait un signe de faiblesse. Reste réservé. »

« Réservé », marmonna Harry en la regardant rejoindre un groupe de jeune hommes et femmes qui discutaient près d'une fenêtre. Il supposa que c'était un bon conseil. Il allait rejoindre un groupe de vieux sorciers, debout près de la porte quand il se retrouva face à un grand sorcier avec une robe noire. Il leva la tête et réalisa qu'il regardait le visage bien plus jeune de Rodolphus Lestrange.

« Tu avais une bonne petite conversation avec Bella, hein ? » grogna-t-il.

« Qu'est-ce que ça peut te faire ? »

« C'était avec ma future femme que tu parlais. » Le jeune Lestrange craqua ses poings d'un air menaçant. « Et je n'apprécie pas les gens qui essaient de prendre ce qui est mien. »

Harry réfléchit à toute vitesse pour trouver une réplique qui ne sonnerait pas comme une piètre excuse ou une invitation à se battre, mais il n'en eut pas le temps car Walburga et Druella Black entrèrent dans la pièce. Toutes les conversations cessèrent et tout le monde se retourna pour regarder les deux femmes.

« Le diner va maintenant commencer, » annonça Walburga sur un ton formel. Tout le monde prit place, même Rodolphus, après avoir jeté un dernier regard venimeux vers Harry.

La nourriture apparut sur la table au moment où tout le monde fus assis et Harry se vit rejoindre par un homme qu'il pensait être Cygnus Black, le père de Bellatrix et quelqu'un qui ressemblait vaguement à un membre de la famille Flint, même s'il n'en était pas sûr. Le potentiel Flint marmonna un vague bonjour alors que Black commença à manger sans parler. Harry l'imita, heureux d'avoir un repas décent, même si la vaisselle en argent l'intriguait sur les standards de propreté dans les cuisines Black. Il essaya désespérément de ne pas penser à Kréature et aux têtes d'elfes de maison placardées sur le mur quand il était venu pour la première fois à Poudlard.

Harry fut silencieux pendant la plus grande partie du dîner jusqu'à ce qu'un homme ressemblant de manière frappante à Lucius Malfoy lui adresse la parole. Le jeune voyageur pouvait affirmer que le silence autour de lui n'avait rien à voir avec un manque d'intérêt des personnes présentes car dès qu'on lui parla, il eut toute l'attention des invités.

« Donc, » commença lentement Malfoy. « Vous devez être ce jeune homme dont nous avons tant entendu parler. Harry Ashworth, c'est ça ? »

« Ça doit être moi, » répondit Harry, gardant un visage neutre et gardant le contact visuel. « Vous devez être un Malfoy ? »

Son interlocuteur haussa un sourcil curieux. « En effet. »

« Votre adresse avec une baguette est assez impressionnante si on croit les journaux, » commenta Black à la gauche d'Harry.

Harry le regarda. Ne jamais montrer de faiblesse, pensa-t-il. « Contre quelques voyous sans expériences et trop occupés à se battre les uns contre les autres ? Je ne crois pas qu'ils diraient que c'est impressionnant. »

A sa surprise, l'homme rit mais Harry vit que ces trois assaillants du début de la soirée avaient tressailli avec quelques autres. « Une bonne réponse. C'est en effet une bonne réponse. Cygnus Black, » se présenta-t-il. « Je crois que vous connaissez ma fille, Bellatrix. »

« Nous nous sommes croisés à quelques reprises. »

« Oui, elle l'a mentionné. »

« J'espère que c'est une bonne chose. »

Un cri fort retentit à l'autre bout de la table ce qui força de nombreuses têtes à se retourner. Un jeune homme s'était levé de son fauteuil, sa baguette sortie et pointée sur Harry. Harry se tendit, prêt à se dégager de son siège et de sortir sa propre baguette quand la baguette s'envola de la main du jeune homme et se posa sur la main tendue d'Orion Black.

« Du calme ! » Le mot était presque un murmure mais il résonna dans la pièce avec assez de force et d'autorité pour que le jeune homme se rasseye immédiatement.

Cygnus Black se retourna de nouveau vers Harry. « Il semblerait que certains de nos enfants ne soient pas d'accord avec vos propos sur eux, » dit-il avec un sombre amusement.

Harry haussa des épaules. « Comment voulez-vous que je les appelle ? Ils savent à peine tenir une baguette et jeter un maléfice et étaient trop occupés à s'insulter les uns les autres qu'ils n'ont même pas remarqué la destruction qu'ils causaient ou que j'étais derrière eux. »

« Je suppose que vous n'approuvez pas leur comportement au chemin de Traverse, donc ? » demanda Malfoy.

Harry regarda l'homme dans les yeux. « Quel que soit leur conflit, ce que je n'approuve pas, c'est la manière dont ils l'ont réglé. Ils étaient indignes de leurs statuts. »

Il dut avoir dit quelque chose de correct car Malfoy approuva. « En effet. En fait, c'est ce que la plupart de nous pensons. » Il jeta un coup d'œil à l'autre bout de la table, regardant les jeunes sangs-purs qui étaient sur le point de se lever. « Mais mettons ces spéculations de côté, je serais très intéressé de savoir ce qu'un jeune homme tel que vous fait pour vivre, surtout puisque vous êtes étranger, non ? »

Harry en savait assez pour savoir que s'il disait ne rien faire, ce serait le meilleur moyen pour convaincre tout le monde qu'il préparait quelque chose de malsain. Il choisit une réponse neutre. « J'ai entendu qu'il y avaient des opportunités pour les … personnes ambitieuses ici. Et oui, je viens d'Australie même si j'ai déménagé récemment des Etats Unis. »

Malfoy sembla intéressé. « Il y a des opportunités – surtout si l'on s'associe avec les bonnes personnes et cela dépend aussi de votre point de vue sur… certains problèmes dans le monde. »

« De quels problèmes parlez-vous ? » demanda Harry en haussant un sourcil.

« Ceux politiques. Concernant le futur de notre monde, » répondit Orion Black sur un ton grave, s'adressant à Harry pour la première fois.

Harry se tourna vers le patriarche Black. « Je voix. Je suppose, donc que certains de ces problèmes sont en lien avec les tensions entre les vieilles familles et ceux qui supportent les nés de moldus ? »

Toute la pièce fut silencieuse et regarda Harry. Il commença à se demander s'il n'avait pas fait une erreur en en révélant trop, quand Orion Black hocha lentement la tête. « Notre mode de vie a duré pendant des siècles. Les dernières décennies ont apporté de grands changements. Il y en a certains qui croient que l'adaptation est la seule solution pour survivre. D'autres, » le patriarche regarda autour de la table, « croient que nous pouvons continuer comme nous sommes – que l'adaptation causera un jour notre chute. »

« Et qu'en pensez-vous ? » demanda Harry avec prudence.

« Ce qui m'intéresse davantage, jeune Ashworth, » dit le vieux Black, le regardant droit dans les yeux et droit dans l'âme, « c'est ce que vous, vous pensez. »

Harry joua distraitement avec son gobelet pendant un moment, le tenant entre ses doigts et regardant le vin tourner dans la coupe. Il savait que tout le monde le fixait et sentait que s'il disait un mot de travers, il aurait beaucoup de problèmes. S'il y avait bien un moment durant lequel il devait faire attention à ses mots, c'était celui-ci. Il est temps de paraître intelligent, pensa-t-il. Il ne pouvait en révéler trop – ou trop peu - mais ce serait aussi une mauvaise idée de sembler trop désireux d'approuver leurs idéaux pour se rapprocher de Voldemort.

« Je crois, » commença Harry très lentement et avec beaucoup, beaucoup de prudence, « que le monde sorcier, tel qu'il est aujourd'hui est incapable de survivre. Je crois qu'il a désespérément besoin de réformes, d'un leader fort et charismatique qui n'aura pas peur de prendre des décisions compliquées et que ceux au pouvoir ont besoin, plus que toute autre chose, d'intégrité, de capacité et volonté de se battre pour ce en quoi ils croient. C'est ce qu'il manque aujourd'hui au monde sorcier. » Il avait baissé la tête et venait de la redresser fièrement, retournant le regard du patriarche Black. Il avait dit la vérité – d'un certain point de vue. Le meilleur des mensonges étaient de l'enrouler dans la vérité après tout. Le monde magique de son époque avait failli car dirigé par un lâche sans bon sens comme Fudge, qui était tellement imbus de son statut qu'il refusait de reconnaître tout ce qui pouvait bousculer son petit monde fantaisiste. Il pensait que cela devait être un peu la même chose ici.

« Une réponse sage. » concéda finalement Orion Black après un moment de silence. « Nos jeunes semblent désireux de blâmer les nés de moldus pour leurs problèmes mais il y en a peu qui comprennent qu'il faut d'abord régler nos propres problèmes avant de s'intéresser aux autres. »

Cygnus Black sourit et leva son verre vers Harry. « C'est bon de voir que tous les jeunes ne sont pas des têtes brûlées prêts à utiliser leur baguette pour résoudre un problème. Même si vous semblez être apte à utiliser la votre. »

« Et je suis sûr que vous aurez bien d'autres opportunités qui s'ouvriront à un jeune homme avec autant de talent que vous, Mr Ashworth, » ajouta Malfoy.

Harry hocha la tête, rompant finalement le contact visuel avec le patriarche Black. « Alors peut-être qu'un jour je serais assez fortuné pour être invité au bon endroit au bon moment pour avoir de telles opportunités. »

« Je suis certain que ce sera le cas, » agréa Malfoy.

« Vous avez rencontré Bellatrix, et ma femme bien sûr, » dit Cygnus Black en s'invitant à la conversation après une brève pause. « Avez-vous rencontré mes autres filles ? »

« Je ne peux pas dire que j'ai eu ce plaisir, » répliqua Harry. Le père de Bellatrix sourit.

« J'en ai deux autres. Narcissa, ma cadette et Andromeda, » expliqua-t-elle.

Malfoy eut un rictus avec un air conspirateur. « Et j'ai eu la chance de me trouver au bon endroit, comme vous le disiez Mr Ashworth, car mon fils Lucius est fiancé à l'une des magnifiques filles de Cygnus. »

« Vraiment ? » dit Harry, feignant la surprise. Narcissa Black avait, bien sûr, épousé Lucius Malfoy. Cependant, Harry n'avait pas réalisé que les fiançailles avaient eu lieu si tôt dans la vie de Narcissa.

« Je crois que vous vous entendriez très bien, » continua Malfoy. « Lucius vous ressemble beaucoup – intelligent, ambitieux, oh oui, très ambitieux. »

« J'aimerais beaucoup le rencontrer un jour, » Harry essaya de ne pas rire à cette idée. Etre ami avec le père de Draco ? Cet homme avait été une ordure à son époque, quelqu'un qui utilisait son argent et son influence politique pour obtenir ce qu'il voulait. En fait, si Fudge avait eu de l'argent, Harry n'aurait pas été si surpris si Fudge aurait tourné de la même façon que Lucius Malfoy.

« Je suis sûr que cela pourrait s'arranger. Lucius pourrait même apprendre de vous, vu votre expérience dans des pays étrangers. »

« Un mariage arrangé ? » Harry se souvenait vaguement que les mariages des sœurs Black avaient été arrangés mais il ne se souvenait pas des détails.

« Oui, » répliqua Cygnus avec consternation. « Je crois que ma sœur a également quelqu'un en vue pour une autre de mes filles. » Harry suivit son regard à l'autre bout de la table et ne fut pas surpris de voir Rodolphus Lestrange, assis à côté de Bellatrix et lui parlant.

« Je ne sais pas si Bellatrix le voudra, mais au moins elle semble être en des termes cordiaux avec lui, » ajouta son père, « ce qui est une amélioration quand on pense à la première fois où ils se sont vus. »

Harry haussa un sourcil, pas vraiment surpris. « Ah bon ? » Il était en fait surpris de réaliser, maintenant qu'il y pensait, que Lestrange – que ce soit l'un ou l'autre – n'était pas vraiment le type de Bellatrix. Elle semblait plutôt intelligente, égocentrique et égoïste. Lestrange, de ce qu'il savait de lui dans le futur, était un peu pareil et Harry était prêt à parier qu'il avait demandé à sa future femme de vénérer le sol sur lequel il marchait. En ce moment même, cependant, il semblait être prêt à faire des compromis, juste pour avoir l'attention de Bellatrix. Harry réalisa, avec un rictus, que la fille avait l'air ennuyée et ne lui prêtait que peu d'attention alors qu'il essayait sans doute de l'impressionner avec une histoire ou autre.

Son père remarqua la direction du regard d'Harry et le dévisagea d'un air curieux. « J'ai cru comprendre que vous connaissez ma fille depuis peu, » commenta-t-il finalement.

« Excusez-moi ? » sursauta Harry.

« La façon dont vous regardez ma fille. On dirait que vous la connaissez depuis bien plus longtemps que quelques jours. »

« Ce n'est pas ça, » répondit Harry avec nonchalance. « Je pensais juste qu'on dirait qu'elle ne l'aime pas beaucoup. »

Cygnus répondit d'un ton neutre. « Pour être parfaitement franc, je pense comme vous. « Il haussa des sourcils. « Ce jeune homme est bourrin, sans culture et il lui manque la finesse qui caractérise les Black. »

Oh, il manque définitivement de finesse, pensa Harry avec un gloussement à peine réprimé. Lestrange était aussi subtil qu'un char d'assaut sur le champ de bataille, il était du type à tirer d'abord, tirer encore et encore puis à oublier de poser les questions. « De ce qu'en j'en ai vu, je suis forcé d'être d'accord avec vous. »

« Ah oui, votre petite rencontre avec lui avant que ma sœur n'arrive. »

« Il m'a paru être tout le contraire d'un Serpentard. On pourrait presque comparer son comportement avec celui d'un Gryffondor », commenta Harry délibérément. Il prenait là un pari, essayant de deviner les opinions du vieil homme sur les maisons.

« Je ne crois pas que même un Gryffondor agirait comme il le fait, même si tendance à agir sans réfléchir correspond à la description. » Le père de Bellatrix plissa des yeux. « Mais ce n'est pas votre véritable opinion sur les maison, n'est-ce pas ? »

« Pardonnez-moi ? »

« Bellatrix m'a raconté votre petit speech il y a quelques jours. Quand vous l'avez empêchée de se battre avec le garçon Potter. »

« Je vois, » Harry se figea, réalisant qu'il aurait mieux fait de se taire. Même s'il détestait admettre que Rogue avait raison, il avait vraiment tendance à agir d'abord puis à réfléchir. « Vous avez raison, alors. »

« Vous semblez avoir un point de vue intéressant, Mr Ashworth, sans oublier le fait que vous semblez en savoir beaucoup sur le monde magique en Angleterre malgré le fait que vous n'êtes pas d'ici. On ne peut que le remarquer. »

« J'aime savoir ce qu'il se passe dans le monde. » Harry haussa des épaules. « Dans de telles périodes, je crois qu'il est important de savoir ce qu'il se passe, surtout là où je prévois d'aller. »

« C'est louable. » Cygnus examiner Harry d'un œil critique. « Je dois dire que je suis impressionné Mr Ashworth. Je n'avais pas grande opinion sur vous quand Bellatrix est d'abord venue me voir avec cette idée de vous inviter ce soir. Après l'incident du chemin de Traverse, certains d'entre nous avons commencé à suspecter que vous étiez en fait une sorte de mercenaire engagé par nos opposants politiques. »

« Et maintenant ? »

« Certains croient toujours que vous êtes un mercenaire, j'en suis sûr. »

« Et qu'en est-il de vous ? »

« Je crois que je vous approuverai bien plus que le garçon Lestrange. » Cygnus regarda soudainement là où se trouvait sa sœur. « Assurez-vous que Walburga ne sache jamais que j'ai dit un telle chose. »

« Mes lèvres sont scellées. » répliqua Harry, luttant pour se remettre de ce choc. La dernière qu'il voulait, c'était se retrouver engagé à Bellatrix Black ! Il haïssait cette femme, par tous les saints ! A son grand soulagement, son père changea de sujet et Harry passa le reste de la soirée à discuter, à sa grande surprise, de sujets plaisants avec lui et le vieux Malfoy.

Quand Malfoy et Black commencèrent à parler avec d'autres personnes quand le repas se conclut, Harry saisit l'opportunité de faire connaissance avec les autres. Il voulait avoir au moins fait connaissance avec toutes les personnes présentes ce soir avant de partir, mais surtout avec les plus intelligentes. Il réussit à le faire en rejoignant, une à une, les différentes cliques dispersées dans la pièce et en participant à chaque fois à leur discussion assez longtemps pour pouvoir sortir quelques commentaires intelligents et d'autres fois pour en dire un peu plus sur lui et sur la fausse histoire qu'il avait inventée.

Quand le temps arriva de partir, épuisé par l'énergie qu'il avait dû dépenser pour faire connaissance avec tout le monde, Harry se dirigea vers la cheminée après avoir fait un signe de gratitude à Walburga Black de la tête. Il était content qu'elle soit occupée – il avait le sentiment que ce serait presque impossible de parler avec elle sans se rappeler de son portrait détestable dans le futur.

Il trouva la cheminée dans la salle de séjour, mais il ne put pas trouver la poudre qui allait avec. Il découvrit une urne ornée qui pouvait correspondre mais il n'avait pas vraiment envie d'y mettre la main – il avait une grande expérience avec les artefacts de magie noire et de plus, deux générations de farceurs lui avaient appris que c'était généralement une mauvaise idée. Surtout dans la maison de Sirius.

« Oui c'est de la poudre de cheminée, et oui, tu peux mettre sans crainte ta main dans le pot. » La voix de Bellatrix vint de derrière lui.

Harry se tourna. Elle s'était séparée de Lestrange – un fait en soit, songea Harry, vu qu'il avait été collé à elle pendant toute la soirée. « Tu as lâché ton petit ami ? » demanda-t-il d'un ton malicieux.

« C'est un abruti fini, » l'informa-t-elle. « En fait, non. Il n'a même pas assez de cervelle pour être qualifié d'abruti. »

« C'est quoi alors ? »

Bellatrix haussa des épaules. « Une limace, ou un truc du genre. »

Harry réprima un rire, surtout vu ce qu'il savait sur Bellatrix et son futur mari. Il ne put s'empêcher de se demander comment ce mariage avait pu autant la changer ? Et combien elle avait changé, elle aussi, pour l'avoir accepté, comme elle avait dû le faire d'ici quelques années. « Tu veux un conseil grâce à ma connaissance secrète du futur ? »

« Toujours, » répliqua Harry, ses yeux trahissant l'espoir qu'Harry lui révèle quelque chose d'utile.

« Souviens-toi que Lestrange – que tous les Lestrange en fait – ont la cervelle d'une limace et si tu y arrives, alors tu iras plus loin dans la vie que tu ne l'as fait à mon époque. »

« Beurk ! » Bellatrix grimaça. « Ca veut dire que je l'ai vraiment épousé dans le futur ? »

Harry se figea, réalisant ce qu'il avait sorti. « Oublie ce que j'ai dit, » dit-il en se tournant et en prenant une bonne pincée de poudre de cheminette. Il la jeta dans l'âtre et regarda les flammes apparaître.

« Non attends ! » Bellatrix avança de plusieurs pas. « Dis moi ! S'il te plait ! »

Harry l'ignora et s'avança dans la cheminée avant qu'elle ne puisse le suivre, se maudissant pour avoir lâché quelque chose d'aussi gros.