Disclaimer : Harry Potter appartient à JK Rowling et cette traduction que je fais de l'histoire de Lord Silvere n'est pas utilisée à des fins commerciales. Bêta-Reader : Xeloss33
Reviews : Bonjour à tous ! Après une longue absence, me voilà de retour ! Désolé pour cette attente, mais je viens de déménager et je n'avais plus le temps de m'y remettre. Sur ce, bonne lecture, et laissez-moi vos avis svp ! Merci
Chapitre 5 : Des comportements suspicieux
La période entre le lendemain de Noël et le nouvel an fut assez chargée pour Harry. Sa réserve d'argent baissant à vue d'œil, ce fut là une bonne motivation pour trouver un job mais il prit rapidement conscience que très peu de magasins étaient prêts à engager quelqu'un de nouveau pendant les vacances. Il y avait eu une offre, faite par le manager d'Eyelops Au royaume des Hiboux, mais Harry avait décidé que nettoyer des cages n'était pas quelque chose qu'il voulait faire dans un futur proche. Cela lui fit comprendre, cependant, qu'il devait sous doute d'abord trouver le type de job qu'il voulait faire au lieu d'éplucher toutes les petites annonces de la Gazette.
Après y avoir pensé pendant plusieurs jours et repensant à ses qualifications, Harry en vint à la conclusion inévitable qu'il était bel et bien foutu. Son éducation avait été mouvementée, c'était vrai, mais il s'aperçut qu'hormis la DCFM, il n'avait pas aimé de matière en particulier au point de se spécialiser davantage. Il ne voulait pas non plus devenir professeur, pas à Poudlard en tout cas. Il était sûr que Dumbledore était déjà curieux et il était sur le radar de Maugrey. Il n'était pas nécessaire de se rendre au château et de demander une position en tant que nouveau professeur de DCFM. Le tutorat privé pouvait être une option, mais cette idée mourut presque aussitôt quand il se rappela que le semestre commencerait dans quelques jours et qu'il n'aurait donc pas de clientèle avant l'été.
Avant que la guerre n'ait été si terrible, il avait aspiré à devenir auror, mais c'était également hors de question. Il préférait ne pas avoir à tester ses faux papiers en les faisant scruter par le Ministère en détail. En plus, cela attirerait certainement l'attention de personnes qu'il ne voulait rencontrer pour l'instant. Donc, c'était soit attendre et voir, soit continuer à chercher dans l'espoir de trouver quelque chose à faire pendant quelques mois.
Il voulut presque ne pas se rendre chez le faussaire pour récupérer sa licence, sachant pleinement qu'il devrait donner des deux mille gallions restants pour la licence de transplanage mais après une semaine, il ne put pas le repousser. Il aurait besoin de sa licence à un moment où un autre, même si la pile d'or qu'il gardait en plus des deux mille gallions devenait de plus en plus petite avec chaque repas qu'il mangeait et chaque nuit qu'il passait au Chaudron Baveur.
Harry était devant la porte. La température était si basse que son souffle était visible dans l'air glacial et il était ravi pour le sort de réchauffement qui le maintenant, lui et ses vêtements à une température confortable. Cela expliquait certainement pourquoi les sorciers portaient toujours les mêmes robes, quelque soit le temps qu'il faisait. Il ouvrit la porte sans frapper et se dirigea à l'arrière du magasin. Il était vide mais Sabine surgit bientôt de l'arrière salle, elle avait été alertée par la présence de Harry par le carillon de la porte d'entrée.
« Harry ! », le salua-t-elle chaudement. « Je suis contente de vous voir. »
« Moi aussi, » répliqua Harry poliment, même s'il ne fut pas aussi chaleureux qu'elle l'aurait voulu. Harry avait d'abord trouvé que sa personnalité était assez attractive mais ces dernières semaines, il avait réalisé qu'encourager autre chose que de l'amitié avec la fille du faussaire n'était pas sage et peut-être injuste.
« Vous êtes venu juste au bon moment, » lui dit-elle. « Nous venons juste d'avoir la confirmation du ministère que votre licence a été enregistrée. Elle est aussi réelle que possible et vous n'avez même pas besoin de faire le test ! Quand vous devrez le renouveler, allez-y un jour de grande affluence, payez les frais et vous n'aurez pas de problèmes. »
« C'est génial, » répliqua Harry, sans grande excitation.
« Vous savez comment transplaner, non ? » lui demanda-t-elle en le taquinant.
« Bien sûr. » C'était la vérité. Il n'avait juste jamais eu le temps de passer sa licence à son époque et au final, personne ne s'était inquiété de savoir s'il en avait une ou non.
« Bien. A moins que tu vous ne vous désarticuliez et montriez ainsi que vous n'avez passé le test en vrai, personne ne pourra dire que la licence est illégale. »
« A moins que vous ne leur disiez, » commenta Harry, sa voix assez sèche pour transmettre de l'humour.
« Bien sûr que non ! Ce ne serait pas bon de vendre nos propres clients, c'est-ce-pas ? » répondit-elle sérieusement. Elle hésita légèrement puis reparla. « Regarde, pourquoi ne restez-vous pas ce soir pour dîner avec mon père et moi ? »
Harry y songea un instant, puis répondit à contrecoeur. « Les choses pourraient mal tourner » lui dit-il calmement, déformant un peu la vérité. « J'ai peur que ce serait mieux pour ton père et toi si nous nous voyons trop. » Il regretta aussitôt en voyant la brève expression de douleur qui traversa son beau visage,.
« Bien sûr, » lui dit-elle d'un ton neutre et attristé, même si Harry pensa avoir détecté une note de compréhension dans sa voix.
« Je suis désolé, vraiment, je suis… » Commença Harry, mais il fut interrompu par un geste nonchalant de la main.
« Il n'y a pas de soucis. Laissez-moi juste chercher votre licence. »
Harry soupira et hocha la tête quand elle disparut par la porte. Sabine revint une minute plus tard, lui tendant un parchemin enroulé. « Voilà. Est-ce assez réel pour vous ? »
« Bien sûr. » Harry y jeta un bref regard, ne vérifiant pas vraiment si ça avait l'air faux ou non et sortant un sac d'or.
La fille du faussaire le prit, et le rangea distraitement sous le comptoir. Ils restèrent à se regarder, Harry essayant de trouver quelque chose à dire pour apaiser la douleur qu'elle avait dû ressentir.
« Vos autres papiers ont-ils fait leurs preuves ? » demanda-t-elle après quelques minutes de silence gêné.
« Pardon ? »
« Quand tous ces aurors vous ont interrogé après que vous ayez battu ce groupe d'idiots, » lui rappela-t-elle. « Si le vieux Maugrey était là comme c'était écrit dans le journal, je parie que vous avez dû lui montrer tous les papiers que vous aviez sur vous pour éviter d'être arrêté. »
« Je m'en suis sorti en ne montrant que mon passeport, » répondit-il. « Pourquoi cette curiosité ? »
« C'est toujours bon de savoir que notre travail a passé le vrai test. »
« Le vrai test ? » demanda Harry.
Sabine sourit. « Ce n'est pas bon de se créer une identité alternative si tout le monde sait déjà qui vous êtes. En plus, nos produits ne sont vraiment testés car sinon ce serait évident qu'ils ne sont pas vrais. »
« En effet, » admit Harry lentement.
Sabine haussa un sourcil. « S'il y a des avis de recherches de vous partout, même les meilleurs faux ne pourront pas convaincre que vous êtes une autre personne. »
« C'est vrai. » Harry réprima un frisson. A la fin, il y avait eu des avis de recherches de lui dans toute la Grande Bretagne. Voldemort l'avait voulu, l'avait vraiment voulu. Même plus que Dumbledore, ce qui voulait bien dire quelque chose. L'ordre avait pensé à un moment à lui créer une autre identité, mais rien n'en était sorti. Harry se demanda s'ils se seraient tournés vers Sabine et son père pour les faux documents s'ils avaient décidé de continuer ce plan.
Elle remarqua sa brève hésitation. « Y-a-t-il des avis de recherches de vous quelque part ? » lui demanda-t-elle avec suspicion.
Son manque de réponse lui fit plisser les yeux. « Harry ? » demanda-t-elle un peu plus brusquement qu'avant.
« Oh », dit-il, faisant son mieux pour être étonné, se demandant un instant s'il devait lui dire pour l'effrayer et qu'elle le lâche. Il s'y refusa finalement, cela provoquerait sans doute plus de problèmes que d'avantages. « Non, je ne suis pas recherché ici ou quelque part. »
« Je vois, » dit-elle, ne le croyant pas tout à fait. Il en était sûr. Il pouvait presque voir le doute dans ses yeux et réalisa que la plupart de ses autres clients étaient certainement recherchés quelque part. Elle lui jeta un coup d'œil. Il ne ressemblait pas au genre de type diabolique qu'elle voyait de temps à autre, mais il y avait quelque chose chez lui qui lui disait de ne pas se mettre en travers de son chemin. « Alors pourquoi es-tu en cavale? » demanda-t-elle.
« Qui a dit que je suis en cavale ? » répliqua Harry avec un sourire. « Tout ce dont j'avais besoin, c'était d'une identité. »
« Qu'est-il arrivé à ta véritable identité ? »
« Je l'ai perdue. » Il n'y avait plus de trace d'humour dans sa voix. Cette question touchait une de ses cordes sensibles car sa réponse était la vérité. Il se passerait beaucoup de temps avant qu'il ne puisse enfin revendiquer son vrai nom. Il pourrait même ne plus pouvoir être Harry Potter, fils de James Potter et de Lily Evans Potter, filleul de Sirius Black et filleul adoptif de Rémus Lupin ainsi que l'épine dans la vie de Severus Rogue. Même s'il réussissait à survivre à sa rencontre avec Voldemort et qu'il réussissait à tuer ce Seigneur des Ténèbres et qu'il revenait à son époque, sa vie existerait-elle encore ? Il ne le savait pas. Et ce n'était qu'une supposition de toute façon. Il n'était pas complètement sûr s'il pouvait survivre à Voldemort.
Le silence gênant continua, jusqu'à ce qu'Harry décide qu'il en avait assez. « Je pense qu'il vaudrait mieux que j'y ailles. » Il se leva et s'avança vers la porte d'entrée. Une fois qu'y fut sur le perron, il s'arrêta, sa main sur la poignée. « Je ne sais pas si je te reverrais encore mais… merci pour tout. »
« Reviens si tu as encore besoin d'aide, » répondit-elle, ne sachant pas si elle voulait le revoir un jour.
Le lendemain commença de la même façon que les matins précédents depuis qu'il était là, à l'exception de son expérience horrifiante quand il avait été réveillé par Bellatrix Black. Il roula hors de son lit à neuf heures tapantes et se traina jusqu'à la salle de bain. Mais ce jour là il réalisa soudainement que ses habitudes personnelles avaient bien changé depuis sa capture et son voyage involontaire dans le passé. C'était peut-être à cause de ses rêveries qu'il avait en ce moment sur les dernières années de sa vie ou à cause de quelque chose d'autre, il ne le savait pas, mais il ne pouvait s'empêcher de réaliser que depuis qu'il était dans ce temps si paisible, il avait pris de mauvaises habitudes qui l'auraient fait tuer à sa propre époque. Se réveiller si tard n'était pas bon. Et pire encore, il dormait profondément, si bien qu'il était toujours désorienté pendant quelques secondes après le réveil. Maugrey aurait envie de le tuer s'il connaissait les négligences de Harry.
Décidant de mieux faire à l'avenir, Harry termina sa routine quotidienne et descendit pour prendre son petit déjeuner. Mais il réalisa rapidement qu'aujourd'hui serait différent des autres jours, car assise à une table et lisant une copie de la Gazette du Sorcier se trouvait l'objet de ses cauchemars : Bellatrix Black. Il ne l'avait pas vu depuis la sauterie au 12 Square Grimmaud et il espérait vraiment ne pas à avoir à la revoir avant au moins plusieurs semaines.
Quand il se dirigea vers sa table habituelle, il put voir des assiettes vides empilées devant elle, comme si elle avait déjà pris son petit-déjeuner en l'attendant. Il baissa la tête et commença à faire demi-tour mais elle lui jeta un coup d'œil depuis son journal et le héla avant qu'il ne puisse bouger. « Je parie que ta mère aimait te crier dessus pour te réveiller chaque matin pour que les choses soient faites, » lâcha-t-elle d'un ton acerbe.
« Je ne peux pas le savoir, » murmura Harry sur un ton agacé.
Bellatrix haussa des sourcils et allait lui poser une question au moment où Harry était en train de chercher une excuse pour quitter le Chaudron Baveur jusqu'à ce qu'elle s'en aille. Il pensa un instant à transplaner – c'était terriblement malpoli mais il s'en remettrait. Par contre, le pub n'était pas particulièrement vide en ce moment et cela attirerait sans doute trop d'attention sur lui. Ni l'un ni l'autre n'eurent le temps de faire ce qu'ils voulaient car ils furent interrompus par Tom, portant le petit-déjeuner habituel de Harry.
Ne voulant pas gaspiller la nourriture qu'il avait déjà payé avec le peu de gallions qu'il lui restait, Harry choisit de s'asseoir et de manger, faisant de son mieux pour ignorer la jeune femme à sa table. Après plusieurs tentatives piètrement déguisées de lui soutirer des informations, tentatives qu'il ignora totalement préférant mettre plus de nourriture dans sa bouche, la jeune sorcière Black réalisa que lui soutirer des informations à cet instant serait complètement infructueux. Elle se résigna à arrêter pour l'instant car maintenant ils avaient à parler de plusieurs choses et c'était la raison pour laquelle était venue dans ce pub.
« Donc, » commença-t-elle après l'avoir regardé manger n'importe comment pendant un moment. « Tu manges comme un porc intentionnellement en espérant m'effrayer avec ton terrible manque de manières ou es-tu vraiment si pressé ? »
Harry grogna simplement une phrase inintelligible ce qui fit sourire Bellatrix. « Parce que je sais que tu n'es pas si inculte. Tu t'en es très bien sorti l'autre nuit. Donc tu peux arrêter ton jeu Ashworth. Tu ne trompes personne. »
Harry s'essuya enfin le visage. « Tu ne te tais jamais ? Tu aimes donc juste jacasser pour le plaisir ? Pourquoi, par Merlin es-tu là au fait ? » Il ne pouvait pas s'empêcher, malgré tous ses efforts de ne rien révéler, de faire des bourdes et cela commençait à l'agacer. Il savait que plus il lâcherait des informations, par accident ou délibérément, plus elle serait intriguée et plus elle serait sur son dos pour avoir plus d'informations. Cela pourrait être un outil utile… mais cela pourrait aussi signifier sa fin. Il ne savait pas quelle quantité d'informations sur le futur le changerait et comme pour Sabine, il ne voulait pas trop le changer. L'irritation dans sa voix devait être évidente puisque Bellatrix plissa les yeux dangereusement.
« Ecoute Ashworth. J'ai promis de t'aider, mais seulement si cela m'avantage, moi. Continue à me parler comme ça et j'irais voir si d'autres personnes peuvent m'aider. »
Harry renifla. Bien sûr, pensa-t-il, sarcastique, parce que ça t'a tellement aidé la dernière fois. Il garda soigneusement ce commentaire pour lui. Et ça l'aidait bien d'avoir la bouche pleine pour ne pas répondre.
Bellatrix semblait contente de ne pas être interrompue puisque son regard furieux disparut après un moment. « Pour ton information, j'ai jeté un coup d'œil sur les annonces de la Gazette pour d'éventuels jobs. »
« Je peux le faire moi-même, tu sais. Ce n'est pas vraiment un coup de main, » lui dit-il sèchement. Si c'était la raison pour laquelle elle était venue le voir aujourd'hui, elle perdait son temps. Il ne voulait pas passer plus de temps que nécessaire avec elle et cela incluait la recherche d'emplois. Jusqu'à maintenant, il semblait qu'elle n'avait rien d'important à lui dire ce qui signifiait que, malpoli ou non, il partirait dès qu'il aurait fini de manger.
La jeune sorcière semblait un peu irritée par son dénigrement nonchalant de son coup de main mais elle insista. « Ils ne semblent pas être respectables. Un voyageur du temps tout puissant comme toi ne devrait pas prendre un job de plongeur dans un pub. »
« Vu que nous sommes des sorciers, ce métier n'existe pas » grogna Harry entre deux bouchées, se souvenant avec nostalgie de ses visites au Terrier et de la mère de Ron qui faisait de la magie dans leur cuisine. Il lui jeta un coup d'œil quand il eut digéré ce qu'elle venait de dire. « Et tu veux pas être plus bruyante ? Je crois que le reste du chemin de Traverse ne t'a pas encore entendu. »
Elle lui rendit son regard sans sourciller, même s'il surprit brièvement de l'incertitude dans ses yeux mais qui disparut si rapidement qu'il cru l'avoir imaginée. « Ashworth, » dit-elle très lentement, presque dangereusement, « je pourrais être debout sur la table et crier à tue-tête toute la journée que tu viens du futur et pourtant, personne ne me croirait. »
« N'en sois pas si sûre, » grogna Harry, pensant à Dumbledore, et Maugrey et Voldemort et à toute l'attention dont il n'avait pas besoin en ce moment.
Bellatrix ignora son commentaire, remit une mèche de ses longs cheveux noirs derrière son oreille et ouvrit l'exemplaire de la Gazette du Sorcier qu'elle lisait. « Il n'y a rien là-dedans mais tu peux y jeter un coup d'œil si tu veux. » Elle regarda Harry prendre le journal et faire tout ce qu'il pouvait pour se cacher derrière, l'ignorant délibérément. Son irritation fut perceptible dans sa voix. « Mais je me suis renseignée un peu partout et il y a quelques places qui pourraient bien te proposer un emploi. Je pensais, »siffla-t-elle, finalement suffisamment agacée pour lui retirer le papier des mains, « je pensais que nous pourrions allez les voir aujourd'hui. Mais si tu continues à te comporter comme ça… »
Harry soupira, attrapa sa main et extirpa le journal de ses doigts. Il déplissa la page avec un soin exagéré puis lui présenta sa trouvaille. « Le Magicobus a besoin d'un conducteur, » lui dit-il. Ce n'était pas très reluisant mais c'était la première annonce qu'il se sentait capable d'accepter. Peut-être qu'il rencontrerait même Ernie. Il se rappelait avec plaisir du chauffeur la fois – et l'unique fois – où il avait pris le Magicobus. Il supposait que Stan Rocade était encore trop jeune ou peut-être même pas encore né pour avoir un tel travail.
« Tu te moques de moi ? » désapprouva Bellatrix en reniflant. « Ce job est pour les limaces. Un jeune idiot ambitieux comme toi devrait viser plus haut. »
Il haussa un sourcil en la regardant froidement. « Je pensais t'avoir demandé d'arrêter de m'appeler comme ça. » Après un court moment, il décida de ne plus réagir comme ça quand elle l'insulterait. Elle l'avait sans doute juste fait pour le faire sortir de ses gonds et cela avait fonctionné, la plupart du temps et l'avait conduit à révéler des choses dans ses réponses qu'il ne voulait pas qu'elle sache. Cela lui avait pris du temps de le réaliser, et une fois que fut le cas, il se sentit, en effet, comme un idiot pour n'avoir pas remarqué son manège.
« Tu me l'as peut-être dit, mais cela ne signifie que je doives t'écouter Ashworth. » Harry avait l'étrange impression que sa réponse ne s'appliquait pas qu'au fait de ne plus l'insulter.
Il décida de ne pas lui faire la grâce d'une réponse et ramena la conversation sur le sujet principal. « Quel est ton problème avec ça ? Je pourrais juste conduire le bus toute la nuit et voir les allées et venues des gens qui m'intéressent. »
« Tu te battais dans une guerre ou tu étais dans l'aile des accidents magiques à Sainte Mangouste Ashworth ? Réfléchis. Qui utilise le magicobus ? »
« Je l'ai déjà utilisé, » répondit-il sur la défensive. Une fois, ajouta-t-il silencieusement.
« Ah oui ? Et l'as tu utilisé parce que tu préférais utiliser le transplanage, la cheminette ou un portoloin ? Je suppose que tu n'avais pas le choix. As-tu déjà rencontré quelqu'un d'important dans le bus ? » N'attendant pas sa réponse, elle continua, « Ashworth, les seules personnes qui utilisent le magicobus sont soit des cracmols, des gens qui se sont désarticulés trop de fois ou qui se sont écrasés avec leurs balais. En plus, ils passent la plupart de leur trajet à dormir. A quoi ça servirait de surveiller des gens en les regardant dormir ? Si tu veux garder un œil sur des personnes importantes, trouve-toi un meilleur job. »
« Il y a des personnes importantes et des personnes qui m'intéressent, » argumenta Harry. Mais au fond de lui, il devait approuver son raisonnement. La plupart des personnes qui étaient sur l'échiquier ou qui le seraient étaient des sorciers et des sorcières avec un certain pouvoir – pas le genre de personne susceptible à s'écraser en balai ou à se désarticuler.
« Et est-ce que les personnes qui t'intéressent prennent régulièrement le magicobus ? » demanda-t-elle avec un sourire narquois, connaissant déjà la réponse.
Harry serra des dents, détestant admettre ses torts devant elle. « Non. »
« Génial. Donc, maintenant que nous avons établi que tu as besoin d'un job grâce auquel tu pourras avoir accès aux gens qui t'intéressent, nous pouvons continuer et réduire la liste que j'ai pris la liberté de faire pour toi. Maintenant, où se trouve la majorité des personnes qui t'intéressent ? »
« Probablement à Poudlard, » admit Harry, essayant de se rappeler des personnes qu'il voulait garder à l'œil. Bizarrement, il semblait que toutes les personnes qu'il connaissait, ou voulait connaître étaient soit à Poudlard, ou étaient, d'une manière ou d'une autre, connectées à Poudlard, au Conseil d'administration ou aux étudiants. Certains, comme Orion et Cygnus Black n'étaient pas affiliés à l'école bien sûr mais il avait déjà un lien grâce à Bellatrix et ils le connaissaient maintenant. Les futures recrues de Voldemort étaient pour l'instant des étudiants à Poudlard. Toutes les personnes qui se battraient contre Voldemort étaient soit à Poudlard, soit enseignants à Poudlard soit liés à quelqu'un enseignant à Poudlard. En fait, maintenant qu'il y pensait, presque tout tournait autour de Poudlard. Cela le frappa – tout ce qui s'était passé en Grande Bretagne avait commencé à Poudlard… J'ai besoin d'avoir une vie sociale, conclut Harry. Il avait tant de temps à Poudlard, il était sûr que le monde entier tournait autour du vieux château.
« Et bien, tu n'as vraiment pas de chance, » lui dit Bellatrix. « C'est le milieu de l'année et il ne manque aucuns professeurs, employés, garde-chasse ou même elfes de maison. »
Harry hocha la tête calmement, ignorant sa remarque sur Harry travaillant comme elfe de maison et considéra l'option d'aller à Poudlard. A première vue, cela semblait être une idée incroyablement stupide. Il avait décidé de garder un profil bas, changeant aussi peu de choses que possible hormis la destruction de Voldemort, mais s'il trouvait un job à Poudlard, il serait catapulté sur les devants de la scène, surtout après sa rencontre avec Maugrey et Voldemort. Il ne savait pas s'il se trouvait déjà sur leur liste de gens à surveiller, mais il ne voulait pas prendre ce risque.
Bien sûr, cela pourrait être avantageux pour lui. S'il était à Poudlard, il pourrait garder un œil directement sur tout le monde, les dirigeant subtilement sous le déguisement d'un… d'un quoi au fait ? D'un professeur ? D'un garde-chasse comme Hagrid ? S'il pouvait convaincre Dumbledore de l'engager et qu'il n'y avait rien de suspicieux chez lui, Harry pourrait potentiellement orchestrer la guerre contre Voldemort avant même que le mage noir ne monte au pouvoir. En plus, pensa Harry, le meilleur endroit pour cacher quelque chose, c'est de le mettre aux yeux de tous, non ?
« Je suppose que tu ne sais pas à quelles libertés ont vraiment les professeur, » demanda Harry, essayant de ne pas montrer son intérêt. « Je veux, si je devais travailler à Poudlard, crois-tu que je serais capable de quitter le château le soir ou les week-ends ? »
« Je t'ai déjà dit qu'il n'y avait aucun poste disponible, » lui rappela-t-elle d'un ton acide.
« Réponds juste à la question. » Elle lui jeta un regard vexé et suspicieux qu'il ignora.
« Bien, » grogna-telle après une seconde. « Les professeurs, autant que je le sache, sont libres de partir et de faire ce qu'ils veulent tant qu'ils n'ont pas cour, mais si tu devais être absent pendant plusieurs heures, il vaudrait mieux être discret, sinon des personnes vont trouver ça étrange. » Elle haussa un sourcil. « Je suis curieuse. Tu connais beaucoup d'autres choses ainsi que sur le reste de l'école. Je croyais que tu y étais allé ? »
Harry lutta contre l'envie de lui répliquer la première chose qui lui vint à l'esprit. Bien sûr qu'il était allé à Poudlard, c'était ce qu'il avait voulu lui répliquer, mais il réalisa que c'était justement ce qu'elle voulait. Elle continuait à essayer de lui soutirer des informations. « Tu n'as pas parlé du concierge, » dit-il, en prenant soin à ignorer sa question. « Y-a-t-il un concierge à Poudlard ? » Peut-être que Rusard n'avait pas encore été engagé.
« Rusard, » cracha-t-elle. « Je suppose que tu pourrais l'entraver et le garder dans un donjon quelque part et prendre du polynectar si tu étais désespéré – mais cela impliquerait avaler ses cheveux. Et tu n'as pas répondu à ma question. »
Harry grimaça. « Je crois que je viens de vomir dans ma bouche, » dit-il, essayant de chasser l'idée de boire du polynectar avec un bout de Rusard et continuant à ignorer sa tentative.
Bellatrix se figea, mais décida de laisser couler. « Quelqu'un devrait essayer d'en glisser à Potter et à mon cousin, » lui dit-elle, changeant de sujet. « Ils ne verraient plus jamais le polynectar de la même façon. »
Elle le regarda curieusement. Depuis les quelques jours où elle l'avait vu, il s'était fermé comme une huitre – que ce soit parce quelque chose d'important s'était produit ou parce qu'il déprimait, cela n'avait pas d'importance mais elle réalisa que si elle continuait à le pousser pour avoir plus d'informations alors qu'il n'était prêt, alors elle se l'aliénerait totalement. Non, si elle voulait extraire des informations de ce jeune homme énigmatique, il faudrait qu'elle use de subterfuges et qu'elle lise entre les lignes. Elle continuerait à le questionner même si elle serait bien plus subtile qu'avant, au cas où. C'était une opportunité bien trop bonne pour être gâchée par une organisation ou une exécution bâclée, et cela n'arrivait jamais aux Black.
« Bon, s'il n'y a rien de disponible à Poudlard, qu'en est-il des alentours ? Des boutiques intéressantes à Pré-au-Lard ? »
Bellatrix le regarda avec curiosité. Il avait semblait hésitant jusqu'à maintenant d'attirer l'attention sur lui et son soudain changement l'avait prise par surprise. « Il y a quelques endroits potentiels. Dès que tu auras fini nous pourrons partir. »
Harry grimaça, il ne pouvait que remarquer le ton impatient qu'elle essayait de cacher – en vain. Malgré ses véhémentes déclarations affirmant le contraire et ses menaces de partir, il savait qu'elle était accro, du moins pour un moment. Elle était intéressée et son éducation de toujours chercher ce qu'il y avait de mieux pour elle continuerait à l'intéresser jusqu'à ce qu'il n'ait plus d'informations à lui offrir. Elle ne partirait pas ou ne mettrait pas en danger ses chances avec lui jusqu'à ce qu'elle sache ce qu'elle perdait. Bien sûr elle essaierait sans doute de le doubler plus tard ou peut-être de jouer sur les deux fronts mais pour l'instant il ne s'en inquièterait pas. Avec un peu de chance, il n'y aurait pas de deuxième front dans ce conflit.
Même s'il ne voulait pas vraiment d'elle à ses côtés pour l'instant, ce serait sans doute une bonne opportunité pour en apprendre davantage sur la façon dont se comportaient les familles de sang-pur avant que la xénophobie de Voldemort ne les transforme en un groupe de riches bâtards égocentriques. Il regarda sa nourriture désormais froide.
« Je crois que j'ai fini. »
Romulus Malfoy était le patriarche de la famille Malfoy, père de Lucius Malfoy et héritier de l'une des plus anciennes familles sorcières de Grande Bretagne. La famille Malfoy avait été l'une de celle ayant remarqué le déclin radical de leur richesse et de leur pouvoir après les deux guerres mondiales qui avaient laissé leur monde sorcier en ruines. Après avoir dilapidé leur fortune familiale pendant des années, ils avaient été mal préparés pour le coût que la reconstruction du monde sorcier exigeait d'eux – mais Romulus Malfoy était fier d'avoir à lui seul reconstruit les Malfoy, financièrement et politiquement et de leur avoir rendus leur gloire d'antan. C'était en partie à cause de ses relations personnelles mais aussi à cause de son talent naturel à utiliser de telles relations. Il était un homme qui savait saisir une opportunité quand elle arrivait. Il savait que faire et quand afin de maximiser ses bénéfices et comment nettoyer derrière lui.
La finesse et le talent étaient ce qui lui avait valu l'attention d'une famille encore plus ancienne, noble et riche que la sienne – les Black. Contrairement aux Malfoy, les Black n'avaient pas été autant affectés par le coût de la reconstruction, si bien qu'il y avait eu des rumeurs disant qu'ils étaient en possession d'une version de la pierre philosophale – l'ancienne pierre mythique des alchimistes qui tournerait le plomb en or. Leurs coffres apparemment sans fond avaient aidé à appuyer cette rumeur.
Ironiquement, l'homme qui était destiné à être le grand-père de Draco Malfoy était un grand admirateur de moldus. Ce n'était pas à cause d'une quelconque tolérance envers eux ou parce qu'il les aimait, ce n'était pas non plus à cause des sympathies qu'il avait envers les sorcières et sorciers nés-de-moldus. Comme la plupart des sangs-purs, Romulus Malfoy croyait être supérieur au sorcier moyen et à un simple moldu – il était simplement meilleur pour cacher ses sentiments parce qu'il avait maitrisé ce que l'on appelait simplement le « tact ». Non, son admiration pour les moldus avait une toute autre raison, une qu'il n'avait pas peur d'admettre : leur capacité à inventer des objets de destruction malgré l'absence de magie.
Alors qu'il marchait dans les couloirs de Gringotts, retournant avec absence les salutations de plusieurs connaissances et de gobelins, il prit un peu de temps pour admirer l'architecture et les sculptures dans la banque gobeline. Tout était neuf, comme cela l'avait été il y a des centaines d'années et c'était difficile d'imaginer que seulement trente ans avant, l'endroit n'avait été que ruines, des débris et des cadavres de gobelins et de sorciers jonchant le sol – un effet collatéral involontaire d'une bombe allemande qui avait explosé dans le cœur de Londres. Même si le chemin de traverse était invisible, tout avait été détruit.
Malfoy aimait l'argent et le pouvoir. La banque et la fortune des Malfoy représentaient toute la richesse qu'il voulait pour lui, mais le pouvoir… il devait le reconnaître aux moldus, même à contre cœur. Malgré tous ses sentiments de supériorité, les effets de la Seconde Guerre Mondiale dont il avait été témoin quand il était jeune lui avaient fait réaliser que le moldus étaient tout à fait capables de détruire le monde, même si le monde moldu n'était qu'un dommage collatéral.
Marchant dans un couloir rempli de banquiers gobelins et de sorciers et sorcières concluant leurs affaires, il entra dans une petite pièce dans une aile séparée de la banque pour les plus importants clients. Malfoy n'était pas étranger à ces salles de conférence mais aujourd'hui, c'était la première fois qu'il avait été convoqué dans l'une de ces pièces pour une réunion privée avec le patriarche Black.
Quand il entra dans la loge, elle était plus bondée qu'il ne le pensait. Un homme était assis et caché derrière un journal dans un coin de la salle, tandis qu'une mère – il suspectait qu'il s'agissait de l'une de ces bruyantes Parkinson – distribuait des petites bouteilles de jus de citrouille fournies par la banque à ses enfants. Malfoy grinça des dents. C'était peu idéal pour la rencontre privée qu'Orion Black devait avoir à l'esprit. Essayant de ne pas avoir l'air suspicieux, il marcha calmement jusqu'à une pile de magasine, attrapa le premier qu'il put trouver et s'assit, espérant que les indésirables partent rapidement.
Cela ne prit pas longtemps mais cela lui sembla être une éternité jusqu'à ce que la mère ne s'en aille, emmenant sa ribambelle d'enfants avec elle. Jetant un coup d'œil discret depuis son magasine, Malfoy regarda l'homme dans le coin qui refusait toujours de partir. Quand la pièce fut silencieuse, les laissant seuls, la porte claqua et Malfoy entendit les verrous s'enclencher. Puis l'homme dans le coin baissa le journal qu'il lisait.
C'était Orion Black.
« Le prix de la discrétion est parfois élevé, » commenta le vieil homme, avec un sourire tordu sur le coin des lèvres.
Malfoy se contenta de hocher la tête et de lui retourner un sourire similaire. Le patriarche Black lui avait toujours paru presque impossible à lire, probablement à cause des décennies d'expériences qu'il avait dans le jeu de la politique, des intrigues et de la guerre. Mais il aimait penser que son amitié avec le vieil homme était suffisamment profonde et qu'il savait ainsi qu'Orion Black pensait à ses affaires en cours mais qu'il se retenait. Il ne fallait pas prendre à la légère le jeu avec les vieilles familles mais au moins il savait avec certitude que contrairement à beaucoup dans sa position, Orion Black était avant tout un homme honnête. Il était un homme honorable et Malfoy respectait ça.
« Il semblerait, une nouvelle fois, qu'un groupe de nos jeunes ait été impliqué dans une autre situation ennuyeuse, » commença le chef de la vieille famille Black avec une voix résignée. Il lui tendit le journal qu'il lisait. « Je ne suis pas content, mais surtout, je m'inquiète sur la façon dont ils se sont défendus de leurs actions. »
Malfoy hocha la tête et jeta un coup d'œil à la copie de la Gazette datant de deux jours. Il y avait à la une un bref article sur un combat qui avait éclaté dans un pub sorcier à Cardiff. Apparemment, un groupe de jeunes sorcier sang pur, pour la plupart fraichement sortis de Poudlard s'était battu contre un groupe de nés-de-moldus et il y avait eu des conséquences relativement sérieuses – quelques combattants avaient fini à l'hôpital. Cela semblait être selon Malfoy une rixe entre jeunes gens stupides et bourrés, et il exprima cette idée à haute voix.
« En surface, » approuva Orion demandant son journal. « Et pourtant ce n'est pas la première fois et certainement pas la dernière fois que cela arrive. Quelque chose se prépare et je n'aime pas ça. Cela ne sent pas bon pour nous. »
Malfoy savait que le vieux sorcier ne prenait pas cette affaire à la légère. Seulement il n'arrivait pas à mettre le doigt sur ce qui inquiétait tant le chef de l'une des familles les plus puissantes du monde sorcier britannique il essaya de deviner. « Vous avez mentionnez que vous n'aimez pas leurs excuses. Blâment-ils de nouveau les nés-de-moldus ? »
Orion Black hocha la tête d'un air grave. « En effet, » confirma-t-il.
« Mais ce n'est pas la seule chose qui vous inquiète, » remarqua Malfoy. « Ce ne sont que de petites bagarres. Rien de bien dramatique. »
« Excepté que tous les jeunes qui ont été appréhendés ont dit exactement la même chose pour se défendre. »
C'était donc ça le problème. Malfoy comprit ce qu'il se passait dès que les mots d'Orion quittèrent ses lèvres. « Vous pensez que quelqu'un les dirige ? Quel serait l'intérêt ? »
Le vieux sorcier tordit ses lèvres. « Les problèmes s'aggravent. C'était bon tant qu'ils craignaient les nés-de-moldus. Cette peur s'est transformée en colère et quelqu'un a réussi à tourner cette colère en haine. »
« Donc… que se passe-t-il selon vous ? Je n'arrive pas à imaginer quelqu'un incitant un tollé contre les moldus et les nés-de-moldus en ce moment, pas si tôt après ce qu'il s'est passé il y a trente ans. » Malfoy se rappelait. A l'époque, la majorité de la population sorcière ne savait pas ce qu'étaient les avions, les bombes, les missiles et les pistolets, donc quand du ciel avaient jailli les armes aériennes moldues et que d'énormes explosions s'étaient produites, ils n'avaient pas su quoi faire. Et ils avaient payé leur ignorance au prix fort.
« Les plus jeunes oublient… surtout ces choses qu'ils n'ont jamais connus, » dit Black d'un ton grave. « Il y a eu d'autres incidents qui n'ont pas été reportés dans le journal. Des actes de violence contre les moldus. »
Malfoy savait que la famille Black avait ses sources et maintenant il savait qu'il pouvait faire confiance à ces sources. « Le Ministère les a couvert ? »
Black hocha la tête lentement. « Il y a eu quelques morts que l'on attribue à un groupe de sorciers encore anonymes. Personne n'a été attrapé. »
« Vous avez peur d'une guerre entre les moldus et le monde sorcier, » déduisit Malfoy, honteux de ne pas avoir fait cette déduction plus tôt. Le silence de l'autre sorcier confirma ses suspicions. « Quel serait l'intérêt ? »
« Quel est l'intérêt à part haïr ? » demanda Orion Black. « Les jeunes qui n'ont pas vu les horreurs de la guerre et qui ne connaissent leurs problèmes mineurs quotidiens ont toujours été prompts à rejeter la faute sur quelqu'un. Quelqu'un joue avec leurs émotions. »
« Je vois. Et s'ils continuent, si les tensions entre nous, les nés-de-moldus et les moldus continuent… »
« Cela mènera à la destruction de notre monde, » finit Black.
Et cela pouvait tout à fait être le cas, Malfoy savait que le patriarche Black n'exagérait pas. Après la guerre, le monde sorcier avait commencer à s'intéresser davantage à ce qu'il se passait dans le monde moldu et ils étaient arrivés à une seule conclusion : les armes moldues étaient potentiellement plus dangereuses qu'ils ne l'imaginaient possible, si puissantes certaines de leurs armes ne pouvaient pas être stoppées par leurs sortilèges. Quand le Ministère avait découvert les pistolets après la guerre en raison de leur liaison avec le gouvernement Britannique, les aurors avaient ri, ne croyant pas qu'un objet si petit et léger soit une menace pour eux.
Cela n'avait guère duré, car ils avaient vite découvert que personne n'était suffisamment rapide pour lancer un sort défensif pour se protéger du projectile. Et même s'ils le pouvaient, la vitesse de la balle était telle que l'énergie qu'elle déployait dépassait tout ce qu'ils avaient pu prévoir. L'énergie à fournir pour absorber et protéger un sorcier était trop importante.
Cela devint pire encore quand des bombes furent larguées sur le monde magique, même si les allemands l'ignoraient. Une simple bombe pouvait, selon les études qui avaient été réalisées, délivrer un million de fois l'énergie d'un protego. S'ils voulaient protéger une zone de 20 mètres de diamètre, ils devaient utiliser un sort de protection 94 millions fois plus puissant que le sort du bouclier enseigné à Poudlard – quelque chose d'impossible pour les sorciers, même pour Merlin lui-même.
Et le pire ? Cela ne s'arrêta pas là. Les moldus continuaient à développer davantage ce qu'ils appelaient la technologie ce qui leur permit de construire des bombes bien plus grandes et qui causaient bien plus de destruction. Des missiles qu'ils pouvaient lancer bien au chaud à des centaines de kilomètres d'eux à une vitesse telle que même les sorciers ne pouvaient les éviter. Mais ce qui les avait le plus terrifié, c'est quand les moldus avaient maîtrisé le pouvoir de l'atome, créant ainsi des radiations que personne au monde ne pouvait bloquer.
A l'heure actuelle, les moldus possédaient l'arme ultime. Et même si Romulus Malfoy ne les aimait pas particulièrement, il était suffisamment intelligent pour réaliser qu'ils avaient l'avantage et c'est pour cette raison qu'il respectait tant les moldus.
« Nous sommes aveugles, » dit soudainement Black. « Nous pouvons voir les symptômes mais nous n'arrivons pas à trouver et comprendre la source de ces nuisances. Nous avons besoin de quelqu'un qui pourra sauter à l'eau et suivre les différents canaux pour nous. Nous avons besoin de quelqu'un qui surveillera nos jeunes et pourra nous dire ce qui va mal.
« Je vois, » répondit Malfoy en y pensant. « Quelqu'un de jeune… quelqu'un qui pourrait parler librement avec nos jeunes. Peut-être même quelqu'un que cette… autre force essaierait d'approcher et de recruter. »
« Il faudrait que nous soyons absolument sûr de sa loyauté, de son intelligence et de ses prouesses, » ajouta Black.
Malfoy haussa un sourcil. « Vous semblez déjà avoir quelqu'un à l'esprit. Quelqu'un que nous pourrions rapidement approcher. »
Orion Black haussa simplement un sourcil, faisant un geste à son ami pour qu'il continue à parler.
« Etes vous sûr qu'Ashworth est un bon choix ? » demanda Malfoy. « Personne ne le connaît. Pensez-vous que l'on puisse avoir confiance en lui ? »
« Que pensez-vous de lui ? »
« C'est un jeune homme intriguant et il a été clair en disant qu'il cherchait une opportunité, » admit Malfoy, « Mais tout ça me semble un peu trop parfait. Il apparaît dès que des tensions commencent à apparaître et il semble avoir une grande connaissance sur les évènements actuels et un avis bien plus mature que ceux des jeunes gens de son âge. »
Le patriarche Black hocha la tête lentement. « C'est surprenant, mais pas inhabituel. Tous les jeunes ne sont pas des brutes sans éducation toujours promptes à recourir à la violence. »
« Pensez-vous qu'il puisse être le cerveau derrière tous ces problèmes ? Il semble être suffisamment intelligent pour que ce soit le cas. Il est également inhabituellement doué pour quelqu'un de son jeune, si ce qu'ont dit nos enfants est vrai. »
« Non. » La confiance dans la voix d'Orion Black prit Malfoy par surprise. Il savait que le chef de la famille Black avait ses sources et que ce qu'il disait était généralement vrai, mais comment pouvait-il être tant certain des intentions d'Ashworth alors qu'il le connaissait à peine.
« Je l'ai fait suivre, » continua Black. « Il vient juste d'arriver dans ce pays et semble réellement chercher un emploi. Il ne connaît personne. En fait, à part ma nièce, il est seul au monde. Il a besoin de ce que nous pourrions lui apporter, il en en fait bien plus besoin de nous que nous de lui. »
« S'il n'est l'homme de personne, alors il pourrait potentiellement être l'homme de tout le monde, » observa Malfoy prudemment.
« C'est une raison de plus pour que nous l'approchions le premier, non ? »
« Je suppose. Mais… » Malfoy était surpris que son collège soit si impatient de recruter ce nouvel arrivant. « Vous semblez pensez qu'on peut lui faire confiance. Etes vous sûr qu'un homme aussi peu connu soit aussi proche de nous… et de votre nièce ? »
Orion Black renifla. « Je n'ai pas peur d'Harry Ashworth et Bellatrix est tout à fait capable de faire attention à elle » déclara Black. « Même si je ne sais pas pourquoi elle est tant déterminée à s'associer avec un jeune homme qu'elle a rencontré par hasard au chemin de Traverse. »
« Peut-être qu'elle sait quelque chose qu'elle ne nous a pas dit. »
Le vieux sorcier se gratta le menton. Il savait que ce que son ami avait dit était pertinent. Vu la façon dont les Black étaient éduqués, à savoir faire tout ce qui pouvait les avantager, eux et leurs familles, parfois en sacrifiant d'autres personnes, c'était une possibilité. « Peut-être, mais je n'ai pas encore vu de signe indiquant qu'il pourrait s'intéresser à elle. »
« Elle ne l'intéresse peut-être pas, » commenta Malfoy avec un sourire à peine réprimé, « mais il peut peut-être l'intéresser, elle. »
Le patriarche Black ricana. « Bellatrix ? », demanda-t-il, presque incrédule. « Tomber amoureuse ? J'en doute fort. Il y a très peu de choses qui peuvent toucher son cœur. »
« Vous voulez dire qu'il n'est pas son type ? »
Les lèvres de Black se courbèrent en un étrange sourire. « On pourrait dire que personne n'est son type. Cependant, si elle montre un quelconque intérêt pour le jeune Ashworth, que ce soit calculé, ou non, alors ses amis pourraient aussi s'intéresser à lui. »
« Et c'est pour cela que vous voulez l'utiliser. Il y a déjà une personne qui le suit là où il va et donc d'autres personnes pourraient aussi le vouloir ? » Malfoy se pencha en arrière pour réfléchir. « Mais cela ne peut pas être l'unique raison. Il n'a donné aucune raison pour qu'on lui fasse confiance. C'est un grand pari que vous faites là, lui confier nos intérêts et nos attentes. Surtout quand nous ne savons pas s'il n'est pas déjà loyal à quelqu'un d'autre. »
« Je vous ai déjà certifié que ce n'était pas le cas, » affirma Orion fermement. « Mais si vous avez raison,, il vaut mieux avoir un ennemi inconnu proche de ma nièce qu'un ennemi inconnu travaillant seul. »
« Vous utilisez votre nièce comme appât ? » demanda Malfoy Il aurait dû s'attendre à quelque chose de similaire de la part de son vieux collègue. Garde tes amis proches de toi et tes ennemis encore plus, pensa-t-il. Vu l'intérêt de la fille pour le jeune sorcier, songea Malfoy, elle serait sans doute rapide à relever un quelconque changement dans sa routine qui pourrait indiquer que quelque chose avait changé et quand il préparait quelque chose. Et en même temps ils pourraient utiliser les services d'Ashworth pour les tenir informés de ce qu'il se passait dans le mouvement sang pur. Un sourire commença à apparaître sur le visage de Malfoy.
« Ashworth recherche des opportunités, » commença Black. « Nous devrions lui en proposer. »
« Oui, » agréa Malfoy. « S'il veut un job, alors faisons en sorte qu'il en obtienne un. »
Un sourire satisfait naquit sur le visage de Black quand il roula le journal et le glissa dans ses poches. « Pouvez-vous vous arranger pour que ce soit une place avantageuse ? »
Malfoy passa rapidement en revue toutes les possibilités qu'il avait et celles qu'il pouvait créer en utilisant tous ses contacts bien placés et ses ressources. Après un moment, une idée lui vint. Ce ne serait pas évident mais il était certain de pouvoir arranger quelque chose sans qu'il y ait trop de suspicions envers lui ou Ashworth. Ou du moins, personne ne pourrait prouver quoi que ce soit.
Malfoy fit un sourire carnassier. « Laissez moi m'en occuper. Ashworth aura du travail dans la semaine et il saura qui remercier. »
« C'est la première étape, » commenta Orion, se levant et se préparant à partir. « Prévenez moi dès que l'affaire sera réglée. Nous pourrons ainsi nous organiser pour la suite. »
Le Poudlard Express arriva sur la plateforme 9 ¾ et lâcha un énorme nuage de fumée blanche alors que les étudiants et leurs parents qui étaient arrivés de bonne heure à la gare s'échangeaient leurs adieux. Bellatrix était en train de se retourner et de prendre son bagage quand son père l'appela depuis l'entrée de la plateforme.
« Bellatrix. »
Elle s'arrêta et tourna la tête. « Oui ? »
Cygnus Black s'avança vers elle et se pencha vers elle et plaça sa main sur son épaule avec affection. « Ne t'attire pas d'ennuis. »
« Bien sûr Père. »
Il sourit faiblement en voyant son air impatient. Il savait qu'il ne l'avait pas dupé en accompagnant sa fille jusqu'à la plateforme pour lui dire au revoir et une part de lui était fière d'avoir une fille qui était si perceptive et intelligente. « Ton oncle est inquiet – tout ne se passe bien dans le monde. Fais attention à toi. »
« Toujours. »
Pensant que son père avait délivré son message, Bellatrix remit ses longs cheveux noirs derrière ses épaules et s'apprêta à faire demi tour mais elle fut une nouvelle fois arrêtée par sa main sur son épaule.
Cygnus parla calmement. En effet, sa voix était si basse qu'elle pouvait à peine l'entendre. « Nous aimerions aussi que… tu gardes un œil sur ce Ashworth. »
« Père ? »
Elle était surprise qu'il parle d'Harry. Elle était toujours un peu déçue de ne pas avoir réussi à lui trouver un job à Pré-au-Lard ou proche de Poudlard – en fait il était toujours sans emploi – et elle avait passer les derniers jours à comploter pour l'introduire dans le château, même s'il avait protesté en disant qu'il n'avait pas l'intention d'y mettre les pieds sans bonne raison. Elle était irrémédiablement intriguée par lui et il était hors de question qu'elle le lâche de vue, mais elle devait retourner à l'école et il était maintenant hors de portée et seul dans la nature.
« Nous voulons être sûr qu'il ne s'approche pas des mauvaises personnes, » expliqua Cygnus restant énigmatique. « J'apprécierai que tu me tiennes informé de ce qu'il fait. »
Bellatrix soupira de frustration. « Je serai à l'école, père, j'aimerai aider, mais je ne sais pas ce qu'il va faire puisqu'il n'a pas été pris à Zonko. » Elle plissa ses yeux, alors que le puzzle se mettait en place dans sa tête. L'entretien avec le magasin de farces et attrapes avait été prometteur mais deux plus tard il avait reçu une lettre lui annonçant qu'il ne pouvait pas l'engager en raison de son manque de qualification. En quoi consistaient ces qualifications, n'était pas écrit.
« Ne t'inquiète pas, nous nous en sommes occupés, » lui dit son père, ce qui ne fit que doubler ses soupçons. C'était une chose que son père et son oncle lui demandent d'obtenir des informations sur Harry. C'en était une autre d'apprendre qu'ils s'en étaient occupés.
« Père, qu'êtes vous en train de dire ? »
« Rien, » il tourna la tête un instant, et elle sut qu'il cachait quelque chose, même si elle ne savait pas ce que c'était. Oncle Orion a dû trouver une place pour Harry à Pré-au-Lard ou à Poudlard, réalisa-t-elle mais pourquoi ? Et pourquoi veut-il que je garde un œil sur lui ?
Son père revint au présent quelques instants plus tard, la serrant brièvement dans ses bras avant qu'elle ne puisse répondre. « Sois prudente Bellatrix. »
Puis il franchit la barrière avant qu'elle ne puisse lui poser une question.
