Disclaimer: Harry Potter appartient à JK Rowling et cette tradution que je fais de l'histoire de Lord Silvere avec son autorisation n'est pas utilisée à des fins commerciales. Bêta Reader: pour l'instant, moi-même, mon bêta étant un peu trop débordé ces derniers temps :)

Reviews: Bonjour à tous: Me voilà de retour avec un chapitre qui met un peu tout en place pour le reste de l'histoire. J'ai beaucoup avancé dans cette traduction (j'en suis à une dizaine de chapitres d'avance, du coup, les publications vont être plus régulières!). Bonne lecture à tous, et laissez moi vos commentaire!

Chapitre 7 : Positions défensives

« Même s'il serait très agréable de rester avec vous, » annonça Orion à Romulus et Harry, « Je dois y aller sinon ma femme va être très irritée contre moi. » Il se leva, hocha la tête formellement vers Romulus puis s'adressa directement à Harry.

« Nous nous verrons de temps en temps pour parler de vos observations. Si vous découvrez quoi que ce soit de … malveillant, contactez-nous immédiatement. Sinon, attendez et nous vous contacterons quand nous jugerons qu'il sera temps. »

Pour être poli, Harry se leva également. Puis il répondit avec une voix qu'il espérait être respectueuse. « Oui, bien sûr. »

Orion se retourna et quitta la pièce mais il hésita. « Si la vie de quelqu'un devait être en danger immédiat, vous devrez bien sûr informer le directeur et les autorités en question mais sinon, nous préfèrerions que vous ne parliez à personne de tout cela. Si vous découvrez quelque chose d'important nous aimerions avoir le luxe de choisir nos options avant que quelqu'un ne prenne… des mesures drastiques. »

« Je comprends, » dit lentement Harry, pensant à la requête d'Orion. Il se promit d'informer quand même le Professeur Dumbledore plus tard si Black et Malfoy ne s'occupaient pas de quelque chose de grave de la manière la plus appropriée.

Malfoy, toujours assis dans sa chaise et ne regardant ni Harry ni Orion parla quand Orion quitta la pièce. « Est-ce que Ashworth doit également traiter avec notre nièce ? »

Orion se retourna une dernière fois et regarda Romulus avec un visage fermé avant de répondre. « J'ose espérer qu'Harry est suffisamment compétent pour faire ce que nous lui avons demandé sans aide. »

Il y eut un silence quand Orion marcha jusqu'à la cheminée. Harry commença à se demander s'il devait aussi s'excuser et quitter le manoir Malfoy. Malheureusement le patriarche Malfoy ne semblait pas donner d'indices à Harry. Il était assis dans son fauteuil ignorant Harry et le départ d'Orion et préférait regarder son verre. Cependant dès que le bruit du feu retentit, annonçant le départ d'Orion, Malfoy commença à rire à gorge déployée.

« Y-a-t-il quelque chose de drôle ? » demanda Harry, ayant peur d'avoir été le dindon de la farce.

« Ne vous inquiétez pas Harry, » dit Malfoy d'une voix forte et il fit un geste pour qu'Harry se rassoie. « Je m'amusais juste un peu avec Orion. »

« Je vois… » dit Harry, même si ce n'était pas le cas. Il s'assit et essaya de penser à quelque chose à dire, mais ne trouva rien. Heureusement Romulus lui épargna la tâche de commencer la conversation.

« Il faut définitivement garder un œil sur ces idiots de Lestrange, » conseilla Romulus. « Ils sont suffisamment stupides et rebelles pour causer des ennuis. »

Harry hocha la tête. Après tout, il était familier avec les Lestrange. « Je sais que je pourrais gérer tous les ennuis qu'ils pourraient provoquer, » dit-il d'un ton confiant. Dans le futur il avait réussi à l'emporter contre ces mangemorts un peu au dessus de la moyenne. S'occuper d'eux alors qu'ils n'étaient que des étudiants était un jeu d'enfant.

« Peut-être que oui, peut-être que non, » dit Romulus. « Vous semblez être puissant mais vous êtes trop jeune pour être devenu un maitre duelliste. Si j'étais vous, j'affuterai mes compétences. Cela ne fait jamais mal de connaître un peu plus de sortilèges. L'une des meilleures bibliothèques magiques du monde se trouve à Poudlard. Vous devriez vous en servir. »

« Vous avez probablement raison, » dit Harry, se sentant bizarre de recevoir un tel conseil d'un Malfoy. Cela ressemblerait bien à un membre de l'Ordre de dire une telle chose, mais pas de quelqu'un venant d'une famille qu'il considérait noire. Harry s'engagea mentalement à visiter la bibliothèque dès que possible et à voir s'il pouvait apprendre plusieurs sortilèges toutes les semaines.

Romulus fit un effort supplémentaire pour afficher un large sourire afin de contrer la sombre humeur que ses dernières phrases avaient provoquée. « Assez parlé de choses sérieuses. Cela ne sert rien d'y penser tant que rien ne s'est passé. Maintenant dites moi Harry, avez-vous déjà entendu parler des Canons de Chudley ? »

Harry grogna silencieusement, mais se força à rester poli « Un de mes vieux amis les supportait, » admit-il prudemment. « J'ai bien peur de ne pas avoir gardé contact. »

« Avec votre ami ou l'équipe ? » demanda Romulus, avec un sourire connaisseur.

« Euh… avec les deux, » dit Harry, ressentant une pointe de chagrin à propos de sa séparation avec ses amis. Même si Harry n'avait jamais été enthousiaste quant à l'équipe de Ron, parler des Canons lui rappelait Ron. Mais Harry ne put s'en empêcher. « Comment sont les Canons cette saison ? Pensez-vous qu'ils ont des chances de gagner ? »

Heureusement pour Harry, la femme de Romulus finit par revenir chez eux et avait poliment excusé Harry – ou avait du moins fourni une excuse à Harry pour partir – mais pas avant que Romulus n'ait mentionné ses places pour la saison de Quiddich en cours. Harry partit, arriva à une heure tardive à Poudlard et alla se coucher, se demandant vaguement si quelqu'un avait remarqué son absence du château.

Le samedi et le dimanche, Harry s'occupa de noter le travail de ses étudiants et essaya de concocter un programme de cours pour la semaine à venir. Malheureusement pour les étudiants, Harry était forcé de conclure que la meilleure manière pour leur enseigner certaines propriétés sur les ingrédients de potions était de leur faire écrire des essais.

Cependant Harry n'en savait pas assez sur les potions pour choisir le sujet des essais les plus efficaces pour chaque classe. Cela nécessitait des recherches à la bibliothèque et Harry l'ajouta à la liste de choses qu'il devait y faire. La première opportunité qu'eut Harry pour visiter la bibliothèque de Poudlard arriva le lundi soir.

Dès que Harry eut fini son diner, il se dirigea vers la bibliothèque se demandant s'il devait d'abord faire ses recherches sur les potions ou trouver quelques nouveaux sortilèges à apprendre. De façon pragmatique, il réalisa que les potions ne demanderaient que peu de temps et qu'ainsi il devait s'occuper des sorts en premier.

En entrant dans la bibliothèque, Harry se trouva face à face avec une version bien plus jeune de Madame Pince. Il ne put s'empêcher de s'arrêter et de la regarder. Elle était plus jeune mais sa retenue et sa posture n'étaient pas différentes de sa version future.

« Vous voulez quelque chose ? » demanda-t-elle, regardant Harry d'un air suspicieux.

« Euh… Je pensais juste venir ici et regarder quelques trucs, » répondit Harry, ayant beaucoup de mal à se rappeler qu'il était en fait un professeur. »

« D'accord. Vous êtes le nouveau professeur, n'est-ce pas ? » demanda la bibliothécaire avant de se lancer dans une explication détaillée sur l'endroit où il pouvait trouver tel sujet dans la bibliothèque.

Harry devina qu'elle essayait de se montrer utile, mais sa connaissance préalable de la bibliothèque rendait son discours monotone et affreusement long. En conséquence, il ne l'écouta que d'une oreille. Finalement Harry fut libre de faire son tour. Il le fit en essayant d'éviter de croiser le regard des étudiants présents. Il ne connaissait pas le protocole entre étudiants et professeurs dans la bibliothèque.

Peut-être que je devrais demander à Bellatrix, ricana Harry. Je suis sûr que c'est le genre de choses qu'elle saurait.

Trouver les renseignements sur les mouvements de baguette pour deux nouveaux charmes défensifs fut relativement simple. Harry écrivit les informations sur un petit morceau de parchemin et le fourra ensuite dans ses robes. Il s'entrainerait avant d'aller au lit. Avec un peu de chances il pourrait revenir à la bibliothèque deux autres fois avant le week-end.

Harry était en train de feuilleter un livre sur les ASPICS quand il vit deux filles s'approcher de Madame Pince. Elles sortirent un morceau de parchemin et la bibliothèque à l'air revêche quitta à contrecoeur son bureau et alla chercher un livre de la Réserve. C'est à ce moment qu'Harry réalisa qu'en tant que professeur il avait accès à la section limitée de la bibliothèque.

Harry décida qu'il pouvait encore attendre un jour ou deux voire une semaine avant de noter les essais de ses étudiants. Ce n'était pas comme s'ils allaient se plaindre si Harry était lent à leur donner des devoirs. Ils ne feraient les essais qu'à la dernière minute, qu'importe si Harry les leur donnait plus tôt. Il remit le livre à sa place et s'approcha de nouveau de la bibliothécaire. « Euh… excusez-moi. Je me demandai si je pouvais aller dans la Réserve. »

Madame Pince eut l'air agacée. « Oui vous pouvez. Je vous l'ai déjà dit. La magie de l'école vous reconnaît comme étant un professeur. En fait vous pouvez allez dans la Réserve quand vous voulez. »

« C'est ça, je voulais juste en avoir de nouveau la confirmation, » dit Harry, essayant de se sauver la face.

Il parcourut les étagères et chercha rapidement des livres sur le voyage dans le temps tout en essayant de faire comme s'il ne cherchait rien de particulier. Finalement il réalisa que personne ne prêtait attention à ce qu'il faisait. De plus, les livres étaient enchantés pour retourner immédiatement à leur place. Même si Harry laissait trainer des livres sur le voyage dans le temps un peu partout, personne ne s'en apercevrait puisque personne n'aurait à les ranger.

Retrouvant son courage, Harry regarda le registre à la recherche des voyages dans le temps et élabora rapidement une liste de livres sur le sujet. Peu après, il avait étalé sur la table tout un tas de livres sur les voyages temporels. Malheureusement, l'anonymat et l'intimité d'Harry furent de courte durée à cause de l'arrivée de quelqu'un qui s'intéressait à ses recherches et à sa présence dans la bibliothèque.

« Tu prends enfin une décision ? » dit Bellatrix pour le saluer. Elle choisit l'un des livres et le parcourut brièvement avant de le reposer sur la table. « Je ne perdrais pas mon temps avec cet auteur si j'étais toi. Même s'il connaissait quelque chose sur les voyages temporels je doute qu'il soit capable de l'expliquer en des phrases cohérentes. »

Harry attrapa le livre et le réouvrit pour vérifier la biographie de l'auteur. « Comment tu le connais ? »

« Il a écrit différents livres sur la magie noire, » répondit Bellatrix, en poussant les livres d'Harry sur un côté de la table pour poser sa sacoche. « Ils sont tous complètement inutiles. Ma mère et ma tante passent beaucoup de temps à lire et à critiquer de tels ouvrages. Je ne comprends pourquoi elles perdent leur temps ainsi. Pour apprendre la magie noire il faut avoir quelqu'un pour s'entrainer. »

« Qu'importe, » murmura Harry, se demandant s'il y avait quelqu'un de spécialisé dans les voyages dans le temps. Malheureusement il s'agissait sans doute d'une langue-de-plomb qu'il ne connaissait pas.

Bellatrix s'assit et commença à trier la sélection d'Harry. « Wow, tu as vraiment pillé la Réserve ! Je parie qu'on trouvera ce qu'on va faire en un rien de temps. »

« Non » déclara Harry. « Je vais trouver ce que jevais faire. »

Bellatrix fit la moue. « Je parie que tu ne sais même pas ce que tu dois rechercher. »

« Bien sûr que si, » se défendit Harry. « Ma plus grande inquiétude c'est d'éviter de créer une brèche dans le continuum espace-temps, » expliqua Harry.

Bellatrix commença à rire silencieusement sans arriver à se contrôler. « Le continuum espace-temps ? Quelqu'un a trop regardé la télévision. »

Harry n'était pas amusé, surtout parce qu'il réalisa qu'elle avait sans doute raison. Il réfléchit pour trouver rapidement quelque chose d'intelligent à dire. « Il semblerait que quelqu'un ait également trop regardé la télé, » rétorqua-t-il.

Bellatrix arrêta immédiatement de rire. « Non, ce n'est pas vrai. »

« Tu ne peux pas me duper, » continua Harry.

« Tu sais quoi ? »

« Quoi ? »

« Ta gueule. »

« Okay » dit Harry, n'essayant même pas de cacher son triomphe.

Bellatrix le fixa et commença à sortir des livres et quelques parchemins de sa sacoche. Bientôt, elle fit ses devoirs tandis qu'Harry continuait à lire ses livres sur les voyages temporels. De manière frustrante la plupart d'entre eux semblaient ne parler que de la façon dont un voyage dans le temps pouvait se produire. Harry était plus intéressé dans la théorie et les conséquences d'un tel voyage. Il semblait que personne n'y ait vraiment pensé jusqu'à maintenant.

« Es-tu un né de moldu ? » demanda finalement Bellatrix.

« Non, » répondit Harry.

Ils continuèrent à travailler en silence. Finalement Bellatrix finit ses devoirs et Harry conclut qu'il y avait à peu près trois livres qui l'intéressaient vraiment et qu'il voulait emmener dans ses appartements.

« As-tu trouvé quelque chose ? » demanda Bellatrix.

« Peut-être. »

« Nous pourrions en parler, » demanda Bellatrix, l'implorant presque d'accepter. « Tu as besoin de quelqu'un pour exposer tes idées. Ce n'est pas comme si tu avais quelqu'un d'autre de disponible. »

Harry regarda autour de lui et sourit. « Même si je le voulais, crois-tu que ce soit une si grande idée d'en parler en plein milieu de la bibliothèque de Poudlard ? » Il rassembla ses livres et laissa Bellatrix assise à la table et il alla les remettre sur un chariot dans la Réserve. Il n'oublia pas de prendre les trois livres qui l'intéressaient et les tendit à Madame Pince pour qu'elle les enregistre.

Il allait sortir de la bibliothèque mais il vit que Bellatrix l'attendait devant la porte. Il semblait qu'elle avait l'intention de continuer à plaider sa cause. « Les couloirs ne sont pas vraiment mieux que la bibliothèque » lui dit Harry.

« Ecoute Harry, ce que tu fais est assez énorme. Je veux en être. Il y a sûrement quelque chose d'utile que je puisse faire » dit Harry.

« Je suis pas sûr que ce soit une bonne idée, » commenta Harry alors qu'ils s'élançaient dans le couloir.

« J'en sais assez sur toi pour te causer à toi et tes plans des problèmes, » rétorqua Bellatrix, commençant à s'énerver.

Harry s'arrêta net et la regarda froidement. Bellatrix fut tellement frappée par l'expression dans ses yeux qu'elle fit un pas en arrière. Cependant avant que Harry ne puisse dire quelque chose, le son de voix fortes retentit dans le couloir. Elles étaient inintelligibles mais Harry et Bellatrix purent bientôt entendre ce dont il était question.

« Laisse le tranquille, Potter ! » cria Lily Evans.

Des rires qu'Harry reconnut immédiatement comme étant ceux de James et Sirius retentirent. « Génial » murmura Harry avec dégout. « Viens, il faut que ça cesse, » dit-il à Bellatrix. Harry rangea ses livres et sortit discrètement sa baguette.

Quand ils arrivèrent au coin, ils découvrirent Lily, Severus, James et Sirius seuls dans le couloir. James et Sirius avaient sorti leur baguette et semblaient bien trop joyeux pour leur propre bien. Lily se tenait entre eux et Rogue, l'air absolument furieuse. L'expression de Rogue était comme souvent, illisible.

Harry n'avait pas besoin d'explication pour comprendre ce qu'il se passait. Il connaissait trop bien les problèmes entre ces quatre-là. D'un bref mouvement de baguette, il désarma James et Sirius et il attrapa les baguettes d'une main.

« Quelqu'un pourrait-il me dire ce que vous faisiez ce soir ? » demanda Harry à James et Sirius d'un ton froid.

James et Sirius n'eurent pas le temps de répondre. Lily prit sur elle pour répondre. « Professeur, ils se moquaient de Severus ! » Puis elle se lança dans une explication sur le fait qu'elle se rendait à la bibliothèque et qu'elle avait découvert James et Sirius en train d'harceler Severus. Quand Lily eut fini, Harry lui-même se sentait un peu coupable, même s'il n'avait rien fait.

« Je pense que tu devrais enlever cinquante points à Gryffondor ! » déclara Bellatrix avec un sourire.

James et Sirius regardèrent avec colère la cousine de Sirius. Puis Sirius rétorqua rapidement. « Quelle chance que tu ne sois pas le professeur dans ce cas! »

« Tu es juste jaloux, » répondit Bellatrix ce qui ne fit qu'énerver Sirius davantage.

Harry soupira de dégout. Maintenant que Bellatrix l'avait suggéré, il ne pouvait pas simplement leur enlever des points – et il y avait le fait que Lily, une Gryffondor soit intervenue pour essayer de protéger Rogue. « Vous savez quoi ? » dit Harry. « Retenue pour tous les deux ? »

« D'accord, » rétorqua James, regardant Sirius et essayant d'éviter les yeux de Lily. « A quelle heure ? »

Harry jura silencieusement. Le problème quand on donnait des retenues, c'est qu'on devait surveiller les punis. Cela demandait du temps. Il repensa brièvement à son emploi du temps et sur les jours où il avait prévu d'aller à la bibliothèque. « Jeudi soir, à huit heures, » décida-t-il. « Tous les deux. Dans mon bureau. »

Il y eut un court silence. Rogue jeta à James et Sirius un regard narquois alors que Lily avait l'air triomphante. Bellatrix avait l'air pensive. Harry brisa le silence le premier. « Vous m'excuserez maintenant, j'ai des choses à faire. » Il fit demi tour et retourna à son bureau et essayant de trouver comment il était supposé surveiller la retenue de son propre père et de son parrain.

Harry n'avait pas à voir ses parents ou Bellatrix avant le mercredi. Il s'était attendu à ce que James et Sirius soient assez furieux contre lui et qu'ils lui causent donc des problèmes, mais quand le jour arriva, ils se comportèrent avec lui comme d'habitude. Harry réalisa qu'ils étaient sans doute habitués à avoir des retenues et qu'ils ne les prenaient pas personnellement. Cette attitude lui rappelait énormément les jumeaux Weasley. C'est avec surprise que les ennuis arrivèrent avec Bellatrix au lieu des Maraudeurs durant l'exposé d'un étudiant.

Un groupe d'étudiants motivés voulant avoir les crédits en plus promis par Harry était en train d'expliquer à la classe comment préparer une potion de niveau ASPIC. Harry s'était dit que c'était une bonne opportunité pour en apprendre davantage sur les potions mais peu après le début de la présentation il se sentit somnoler.

« Quand la préparation commence à bouillir, on peut ajouter la poudre de langue de scorpion et tourner dans le sens des aiguilles d'une montre, » expliqua Ned Willardby.

Bellatrix se pencha en avant et parla. « Personne n'ajoute de poudre de langue de scorpion dans une potion bouillante crétin ! » La classe haleta et Harry se redressa sur sa chaise, se demandant s'il l'avait correctement entendue.

La fille qui semblait être la copine et partenaire de travail de Ned répliqua immédiatement d'une voix haut perchée. « Que sais-tu de la poudre de langue de scorpion ? »

« Oh, le crétin a une amie crétine, » dit Bellatrix d'un ton narquois.

« Miss Black, » dit Harry. « Ce n'est pas approprié de dire à des personnes qu'elles sont crétines… du moins dans cette salle de classe. »

« Quoi ? Vous êtes un idiot vous aussi ? »

Harry la fusilla du regard. « Cinq point en moins pour Serpentard. »

Bellatrix lui sourit et Harry sentit son ire augmenter. « Très bien Ashworth. Prouvez que vous n'êtes pas un crétin. Dites nous ce qu'il se passe quand quelqu'un ajoute de la poudre de langue de scorpion dans une potion bouillante. Vous avez entendu parler de cette poudre, n'est-ce pas ? »

« Bien sûr que oui, » grogna Harry, se demandant pourquoi Bellatrix voulait l'humilier ainsi devant toute la classe. « Et si nous laissions maintenant Ned terminer sa présentation ? »

« Crétin ! »

« Retenue ! Jeudi soir. »

Quand Harry vit la lueur de triomphe dans les yeux de Bellatrix, il réalisa qu'elle avait voulu une retenue et il se maudit silencieusement, agacé qu'une étudiante l'ait manipulé ainsi. Il la fusilla du regard férocement avant de faire un signe à Ned pour qu'il continue. Quelque chose lui disait qu'elle ne les dérangerait plus, maintenant qu'elle avait eu ce qu'elle voulait.

Jeudi soir Harry était assis à son bureau, l'un de ses livres sur le voyage dans le temps ouvert. Jusqu'à maintenant il n'avait pas trouvé beaucoup d'informations à ce sujet mais il avait appris certaines choses – peut-être assez pour prendre des décisions sur ce qu'il devait faire dans le passé. Il réalisa qu'il aurait du faire ces recherches plus tôt au lieu de perdre tant de temps. Il n'eut pas le temps de continuer à y songer à cause de l'arrivée de James Potter et de Sirius Black.

« Bonsoir Professeur Ashworth, comment allez-vous ce soir ? » demanda Sirius sur un ton taquin.

« Je vais bien. Asseyez vous s'il vous plait, » dit Harry en leur montrant deux chaises devant son bureau.

« Donc qu'y a t-il au programme ce soir ? » demanda James, partageant un sourire avec Sirius et essayant de ne pas rire ouvertement.

Harry ferma lentement le livre qu'il étudiait et le posa sur le côté avant d'étudier James et Sirius pendant un long moment. Voir son père et son parrain et interagir avec eux personnellement allait être bien plus dur que prévu – pas seulement parce qu'il interagissait avec deux personnes qu'il avait perdues mais aussi parce qu'ils avaient un comportement honteux.

« Dites moi Mr Potter, Mr Black. Pourquoi embêtez-vous tant Mr Rogue ? Qu'a-t-il fait pour mériter ça ? » demanda Harry, essayant de paraître calme.

« Appelez-moi James, » marmonna le père d'Harry au lieu de répondre à la question.

« Bien. » répondit Harry. « James, quels sont vos griefs contre Severus. »

Il y eut un silence gênant, mais cela ne dérangea pas Harry. Il n'était pas celui à avoir des ennuis. Harry regarda James et Sirius attendant une réponse. Ni l'un ni l'autre ne semblait avoir quelque chose de remarquable à dire.

« Alors ? » demanda Harry.

« C'est un crétin ! » déclara Sirius avec fougue.

« Un crétin ? » répéta Harry froidement, sous entendant qu'il voulait une explication.

« Il croit qu'il est incroyable ! » déclara James en colère.

Harry leva les yeux au ciel. « Tout le monde pense être incroyable, surtout vous. Pourquoi les agissements de Severus vous ennuient tant ? »

« Et bien… » dit James vaguement. « C'est juste qu'il est particulièrement embêtant. »

Harry en connaissait assez sur le futur et de ses observations en classe pour connaître la réponse. « Il y aussi le fait qu'il apprécie Lily. »

Le regard sur le visage de James indiqua à Harry qu'il avait touché juste. James ne semblait pas avoir quelque chose à répondre et Harry en profita pour continuer. « Si vous aimez Lily Evans, vous allez devoir l'impressionner. Croyez vous que ça va fonctionner en tourmentant son ami d'enfance ? »

James marmonna quelque chose qu'Harry ne put pas entendre.

« Si vous voulez que Lily vous apprécie, vous feriez mieux de changer. Elle se moque de savoir qui sont vos parents ou si vous êtes riche, » déclara Harry, se demandant négligemment qui étaient les parents de James et s'ils étaient des personnages importants dans le monde magique. « Je ne vous dit pas ça parce que je suis votre ennemi, » continua Harry. « Je veux que vous deveniez une bonne personne décente. Je vous souhaite bonne chance pour vos ambitions futures. Cependant, je ne tolérerai pas votre fierté mal placée. Donc, acceptez-vous au moins de traiter Severus avec neutralité ? »

« Je suppose, » dit Harry, ne croisant pas le regard d'Harry.

« Mr Black ? Qu'en est-il de vous ? » demanda Harry.

« Appelez-moi Sirius, » répondit-il avant de hocher la tête pour répondre à la demande d'Harry. Il ne semblait pas haïr Severus autant que James… pour l'instant. Peut-être que les efforts d'Harry empêcheraient que cela n'arrive.

« Très bien, » dit Harry, « maintenant en ce qui concerne la vraie partie de votre détention. Venez dans la salle de classe avec moi. » Harry les conduisit dans la salle de potions. « Les années n'ont pas été clémentes avec cette salle. Je pourrais utiliser la magie pour la nettoyer mais personne ne sait comment la magie pourrait réagir avec les substances ici présentes. Je suis sûr que Rusard a du matériel dans le placard à balais dans le hall, donc je vous suggère d'aller en chercher et de vous mettre au travail. »

James et Sirius ne semblaient pas enchantés mais Harry s'en moquait. Il avait eu des retenues bien pires avec le professeur de potions et principalement à cause de James et Sirius. En plus, Harry pensait que cela forgerait leur caractère. Et que cela leur ferait le plus grand bien.

Les deux garçons venaient de revenir avec du matériel et commençaient à nettoyer quand Bellatrix fit son apparition. « Je suis ici pour ma retenue Professeur Ashworth, » dit-elle d'une voix totalement innocente. Ce ton si peu naturel pour elle déstabilisa Harry un court instant mais il se reprit.

Harry la fusilla du regard avant de pointer son bureau. « Je serais là dans un instant. » Bellatrix entra dans le bureau et Harry donna à James et Sirius des instructions spécifiques pour le nettoyage. Il conclut ses instructions avec un avertissement. « Je ne garderai pas tout le temps un œil sur vous mais vous ne partirez pas tant que je ne serais pas satisfait avec votre travail. »

« Qu'est-ce-qu' elle va faire ? » demanda Sirius, outré que Bellatrix reçoive une punition moins dure que la leur.

« Ça reste à déterminer, » grogna Harry avant d'entrer dans son bureau et de fermer la porter.

Il vit Bellatrix assise sur son bureau et feuilletant un de ses livres empruntés à la bibliothèque. « Tu es insolente alors ? »

« Que voulez vous dire Professeur ? » demanda Bellatrix sur un ton innocent.

« Tu ne voulais pas dire Professeur Crétin ? » rétorqua Harry en s'asseyant dans son siège.

« Si tu préfères… » répondit Bellatrix d'un ton absent. « Tu as fait des découvertes intéressantes ? »

Harry l'étudia un instant avant de répondre. « Oui en effet. Mais pour l'instant, je préfèrerai savoir pourquoi tu as trouvé cela nécessaire de me piéger pour que je te donne une retenue ? »

« Tu disais que l'on ne peut pas parler de ta situation unique dans un lieu publique et je suis suffisamment maline pour réaliser que tu allais essayer de m'éviter. Maintenant tu n'as plus le choix, » dit Bellatrix d'un ton narquois.

« Et si je décidais de t'envoyer dans la Forêt Interdite pour récupérer de la poudre de corne de licorne ? » demanda Harry.

Bellatrix ne sembla pas très amusée. « Je suppose que je devrais écrire à mon père et me plaindre. »

« N'essaie même pas cette carte avec moi, » dit Harry sur un ton sec, se rappelant que tant que tant qu'Orion et Romulus se battaient pour lui, il n'aurait pas à s'inquiéter de Cygnus. Même si Cygnus le demandait à Orion, c'était Romulus qui pouvait influencer le conseil d'administration de Poudlard et il était sûr qu'il trouverait l'idée d'envoyer un étudiant dans la forêt pour récupérer de la poudre de licorne hilarante.

« Très bien, tu vas m'envoyer dans la forêt ? » se renseigna Bellatrix.

Harry sourit. Si seulement, pensa-t-il. « Non. Il s'avère que j'ai besoin de toi pour parler du voyage dans le temps. S'il reste du temps après, je t'enverrai aider Mr Potter et Mr Black. »

Bellatrix rayonna, enchantée d'en apprendre plus sur les secrets d'Harry même si elle n'était pas terriblement enthousiaste à l'idée d'aider James et Sirius à nettoyer le sol et les bancs. « Je peux rester ici et te parler de voyages dans le temps pendant des heures. »

« J'en suis sûr, » répondit Harry, « Mais je finirai par en avoir marre. » Il sortit l'un de ses livres d'un tiroir et l'ouvrit à la page qu'il avait marquée. « Ma principale inquiétude, ce sont les effets à long terme de ce que je vais faire dans le passé ou même de ma présence ici. Quand quelqu'un entend parler de voyage dans le temps, la principale inquiétude qui ressort, c'est de savoir si les voyageurs vont changer le cours de leurs existences. »

« Evidemment, » commenta Bellatrix, peu impressionnée par la logique d'Harry. « Est-ce risqué pour toi ? Tes parents sont-ils dans le coin ? »

« Tu aimerais le savoir, hein ? » dit Harry, amusé, cachant un sourire en pensant que son père se trouvait juste de l'autre côté de la porte en train de nettoyer la salle de potions. Harry réalisa soudainement qu'il devrait sans doute mettre un charme de silence sur la porte pour qu'il ne soit pas entendu. Il sortit sa baguette et murmura un mot en l'agitant.

« Parlons affaire maintenant. J'aimerai voir ton épingle à cheveux » annonça Harry.

« Pourquoi ? »

« J'ai besoin de lancer quelques sorts dessus pour déterminer comment elle fonctionne, » expliqua Harry en tenant son livre. « Une fois que je le saurais je pourrais savoir si j'ai altéré le futur. »

« Je ne l'ai pas sur moi, » répondit Bellatrix, regardant Harry dans les yeux et le défiant de la contredire.

Harry posa le livre et accepta son défi. « Si je me fie à mon expérience, je pense que c'est faux. Je crois que tu l'as cachée quelque part sur toi. »

« Prouve le, » répliqua Bellatrix, croisant ses bras et regardant ailleurs.

Harry soupira avant de décider à jouer le jeu. « Bon, je suppose que si tu le dis, c'est que tu ne l'as pas sur toi. Tu devrais te lever, aller chercher du matériel chez Rusard et donner un coup de main à James et Sirius qui seront sans doute reconnaissants pour ton aide. »

Bellatrix n'était pas ravie mais Harry avait l'avantage. « Retourne toi, » demanda-t-elle.

Se souvenant que la Bellatrix de son temps avait fait la même demande dans les derniers instants de sa vie, Harry s'exécuta, sachant qu'il ne mettait pas sa vie en danger. Harry entendit un vêtement s'enlever alors qu'elle marmonnait de colère.

« Tu peux te retourner, » dit Bellatrix après un instant.

Harry se tourna et fut ravi de voir qu'elle tenait l'épingle à cheveux qui avait servi à la Bellatrix plus âgée de se suicider. Un frisson le traversa quand elle la lui tendit. Harry l'attrapa avec hésitation, comme s'il s'agissait d'une araignée qui pourrait le mordre s'il faisait un faux mouvement.

« Je t'interdis d'essayer de l'activer ici, » siffla Bellatrix, le regardant de nouveau dans les yeux mais cette fois, avec presque du… désespoir dans les yeux. « Je suis ta partenaire dans cette affaire et je ne veux pas que tu me roules. »

Harry roula des yeux. Sa partenaire ? Que voulait-elle en tirer ? « Je ne pense pas que toi ou moi soyons prêts à faire ce qu'il faut pour activer cette chose, » commenta Harry.

« Voudrais-tu bien m'éclairer s'il te plait ? » demanda Bellatrix. Le fait qu'Harry sache comment fonctionner son artefact magique et pas elle l'agaçait.

« Non, je ne veux pas, » dit Harry calmement, puis il feuilleta son livre. Il trouva finalement ce qu'il chercha et lança quelques sortilèges sur l'épingle à cheveux. Finalement il fut satisfait et rendit le bijou à Bellatrix.

« Alors ? » demanda Bellatrix.

Harry soupira et s'adossa dans sa chaise, étudiant le mur derrière Bellatrix.

« Ce sont de bonnes ou de mauvaises nouvelles ? » demanda Bellatrix avec impatience.

« Ce sont des nouvelles. C'est difficile à dire si elles sont bonnes ou mauvaises… »

Bellatrix vit qu'Harry avait du mal à digérer ce qu'il venait d'apprendre. Réalisant qu'ils venaient d'arriver à point crucial dans la destinée d'Harry elle décida qu'harceler Harry ne serait pas très gentil. Elle coiffa ses cheveux et y plaça le bijou. Puis elle s'assit en silence, attendant qu'Harry se reprenne.

Finalement Harry parla d'une voix monotone. « Quand l'artefact a été activé dans le futur… cela a tout changé. »

Bellatrix fut tentée de répondre, mais se souvint que son père lui avait dit un jour qu'il valait mieux parfois se taire et laisser la personne parler à son propre rythme.

« Mon futur a disparu, » annonça Harry, ayant du mal à accepter ce fait à voix haute. « Il a été effacé. Complètement. C'est comme si j'étais dans… une réalité alternative… sauf que je n'ai plus de réalité dans laquelle retourner. »

Bellatrix hocha la tête lentement, faisant de son mieux pour ne pas avoir l'air aussi froide que d'habitude. « Donc même si tes parents étaient tués maintenant, tu continuerais à exister, même si tu ne naitras jamais ? »

« Ouais, » dit Harry. « C'est ça. Moi et tout ce que j'ai amené avec moi ont été amené ici, que ce soit tangible ou non et ma présence ne provoquera pas de dégâts dans la structure de cette réalité. Je suis simplement quelqu'un ayant atterri au milieu de cette réalité. Je n'ai pas à m'inquiéter de me rencontrer moi-même ou quelque chose du genre. »

« Tout ce que tu as amené avec toi ? Est-ce important ? » demanda lentement Bellatrix, faisant de son mieux pour cacher ses pensées. Pourquoi l'a-t-il mentionné ?

Harry se retint de toucher la cicatrice sur son front. « C'est peut-être le cas… »

« Maintenant que tu sais ça, qu'allons-nous faire ? » demanda Bellatrix. « Je veux dire, tu sais toujours comment les choses vont se passer. Tu veux toujours faire quelque chose. »

Harry approuva. « En fait, je ferais tout ce que je peux pour assurer un meilleur futur à tout le monde. »

« Tout le monde ? » demanda prudemment Bellatrix. « Tu étais… en guerre avec quelqu'un. Cela veut dire deux côtés. Tu veux faire en sorte que ton côté gagne. »

« C'est vrai, » admit Harry, « mais plus la victoire sera proche de mon côté, moins il y aura de personnes mortes dans l'autre. »

Bellatrix fit de son mieux pour interpréter le commentaire mystérieux d'Harry mais renonça. « Quelle est ta prochaine étape dans ce cas ? »

Harry réfléchit soigneusement. « Je n'ai pas encore complètement décidé. »

« Tu dois bien avoir une idée, » rétorqua Bellatrix, l'acidité revenant dans son comportement, maintenant qu'Harry avait repris le contrôle de ses émotions.

Un mince sourire traversa le visage d'Harry quand il regarda Bellatrix. « Tes amis, les Lestrange connaissent peut-être des informations qui pourraient m'être… utiles. »

Bellatrix comprit de suite. « Et si j'obtiens cette information, qu'est-ce que j'obtiendrai ? »

« Ma reconnaissance éternelle ? » proposa Harry.

« Il faut que tu fasses mieux que ça, » répliqua Bellatrix, croisant les bras et se reculant dans la chaise.

Harry fronça les sourcils. Il n'était pas prêt à prendre l'habitude de récompenser Bellatrix dès qu'elle ferait quelque chose pour lui. Après y avoir vite songé, il choisit quelque chose qui la satisferait probablement et qui ne le dérangerait pas trop. « Je ferai officiellement de toi ma partenaire – mais à la condition que je te dise seulement le strict minimum. »

« Et en quoi ça m'aide ? »

« Dividendes, » dit Harry.

Bellatrix y réfléchit prudemment. Même si Harry échouait à manipuler les évènements afin qu'ils lui soient profitables, elle pouvait toujours en tirer avantager. Malgré cette pensée positive, il y avait toujours le problème que les dividendes n'étaient pas pour maintenant. « Et qu'en est-il des bénéfices ? »

« Que veux-tu dire ? »

« Je ne peux pas faire quelques trucs avec la vague promesse que cela me soit profitable dans le futur. Si je suis ta prétendue partenaire, je veux en avoir l'impression, » expliqua Bellatrix.

« Et bien… tu peux venir… dans mon bureau pour me parler sans ayant besoin d'une retenue dès que tu auras besoin, » dit Harry. « Je te propose même de partir d'ici sans faire ta retenue. »

Bellatrix plissa ses yeux. Harry ne proposait pas grand chose, mais Bellatrix n'était pas sûre des limites d'Harry et si elle pouvait les franchir. Finalement, elle donna son accord sans poursuivre les négociations. « Je suppose que c'est suffisant pour l'instant mais je me réserve le droit de poursuivre cette discussion plus tard. »

« Si tu veux, » dit Harry. Même s'il ne promettait pas de l'autoriser à changer ces termes plus tard, elle aurait fait de sa vie un enfer jusqu'à ce qu'il le fasse.

« Très bien dans ce cas. »

Harry se leva. « Tu peux partir et retourner faire ce que tu voulais. »

Bellatrix se leva et tendit sa main, ses yeux violets transperçant ceux d'Harry. Elle voulait aussi parler d'autre chose mais elle se dit qu'il valait mieux attendre jusqu'à ce que Harry ait digéré les dernières nouvelles et soit un peu moins émotif. Elle ne voulait pas avoir à changer son comportement à cause de ses sentiments.

Harry regarda sa main comme s'il s'agissait d'un serpent vénéneux. Finalement il la saisit et la secoua. Il avait du mal à croire qu'il venait de conclure un accord de partenariat avec la version adolescente de Bellatrix Black.

Elle ouvrit la porte et quitta le bureau d'Harry, laissant Harry faire le deuil de sa réalité. Il ne devint qu'un peu plus dépressif quand il réalisa que Bellatrix était vraiment la seule personne au monde qu'il pouvait considérer comme son amie – et ce, seulement parce qu'il partageait plus de secrets avec elle qu'avec n'importe qui d'autre.

La semaine qui suivit fut sans grand intérêt pour Harry. Il avait maintenant résolu la question de son voyage dans le temps et savait désormais que ses actions n'endommageraient pas sa propre existence. Cela lui avait laissé plein de temps pour faire des recherches sur des sujets potentiels qu'il pourrait donner à ses classes. Quand il avait du temps libre, il faisait de son mieux pour sortir et il trainait autour du château afin de détecter des signes de l'influence de Voldemort auprès des étudiants plus âgés. Jusqu'à maintenant il n'avait pas découvert quoi que ce soit qu'il puisse rapporter à Orion ou même qu'il puisse utiliser pour sa propre quête contre le futur Seigneur des Ténèbres.

La fin de ses journées était consacrée à la pratique de nouveaux sorts. Il avait été surpris de découvrir que la plupart des sorts ne demandaient rien de plus que de lire le mouvement de baguette et un peu de théorie afin de les lancer correctement et avec puissance. Le souci venait quand il devait les utiliser pour ses combats car ils ne lui venaient pas directement à l'esprit. Malgré ça, Harry était confiant quant à ses améliorations et ses compétences en duel.

Il essayait de corriger des essais quand un soir, quelqu'un frappa à la porte de son bureau. « Entrez, » dit Harry, se sentant déjà content de cette distraction après avoir lu essais sur essais.

Lily Evans ouvrit la porte et entra. « Professeur Ashworth, comment allez-vous ? »

« Oh, très bien, » répondit Harry, se redressant un peu et essayant de penser à ce qui pouvait bien la pousser à venir le voir. Il espérait sincèrement qu'elle n'était pas revenue pour l'interroger encore sur son passé.

Lily posa sa sacoche par terre, s'assit sur une chaise et croisa ses jambes. « Professeur, je suis là pour faire une proposition. »

« Une quoi ? » demanda Harry, la regarda avec incompréhension.

« J'ai une idée, » continua Lily avec excitation, mais avec une voix à moitié sérieuse.

Harry jeta un coup d'œil à sa pile d'essais. Peut-être que corriger les devoirs de ses étudiants était finalement une meilleure activité. « Quelle est-elle ? »

« Vous avez vu vous-même que Severus a un problèmes avec des brutes, » dit Lily.

« Est-ce que Potter et Black l'ennuient toujours ? » demanda Harry, déjà exaspéré.

« Non », répliqua Lily, « pas depuis votre dernière retenue, mais ils ne sont pas les seuls à ne pas aimer Severus. »

« Ça c'est le cas de le dire, » marmonna Harry.

« Pardon ? »

« Hum, je suis juste heureux que Potter et Black ne l'importunent plus, » dit Harry pour cacher sa bourde.

« Oui, » continua Lily. « Je pensais que si Severus apprenait à mieux se défendre, il ne se serait plus autant brutalisé. »

Harry haussa les épaules. Il n'avait jamais semblé à Harry que Rogue n'était pas compétent pour se défendre, mais comment était-il supposé le dire à Lily. Ainsi il répondit de la seule manière qu'il pouvait adopter dans de telles circonstances. « Je suppose que vous avez raison. »

« Donc peut-être que vous pourriez prendre un peu de temps pour le lui enseigner un peu, » suggéra Lily.

Harry la fixa un moment. Apprendre à Rogue à se défendre ? Jamais pensa Harry. Le Rogue qu'Harry avait connu était plus qu'efficace en magie. Peut-être trop même. « Je suis un professeur de potions, Lily, » dit Harry prudemment, essayant de ne pas se la mettre à dos.

« Vous êtes aussi un puissant combattant, » répliqua aussitôt Lily, se sentant outrée qu'Harry essaye de se désister. « J'aimerais bien le demander à notre professeur de DCFM, mais elle est pratiquement sénile. »

« Toujours est-il que je ne pense pas être le meilleur choix, » continua Harry.

« Est-ce que des gens vous harcèlent ? » demanda Lily.

« Et bien… oui. Tout le temps, » dit Harry, pensant à Draco Malfoy et même, techniquement à Voldemort.

« Dites moi la dernière fois où c'est arrivé. »

« Euh…et bien, pas récemment, » admit Harry. Il ne pouvait pas vraiment parler de son passé. A ce rythme là, même s'il n'en parlait qu'en de vagues termes, elle allait lui demander des noms et des détails.

« Apparemment vous avez les qualités nécessaires pour aider Severus, » dit Lily passant de sa voix tranchante à une voix presque plaintive.

Harry ne voulait toujours pas le faire. « Je ne sais même pas ce que je pourrai lui apprendre d'utile. »

« Juste quelques sorts de désarmement ou de bouclier, » minauda Lily « Cela ne vous prendrait pas trop de temps. Juste une heure ou deux pendant quelques semaines. »

« Je ne sais pas, » dit Harry, sentant qu'il allait bientôt perdre pied.

Lily fit la moue et le regarda avec ses grands yeux verts. « Vous ne pouvez pas me faire cette faveur ? »

Harry commença à jurer silencieusement. Il ne voulait pas être le tuteur de Rogue en défense. Il ne voulait pas apprendre à ce bâtard graisseux à être un bon duelliste – mais sa mère ne lui avait jamais demandé une seule faveur. « Je le ferais, » sortit-il finalement, essayant d'avoir une voix normale. « Mais seulement quelques sorts défensifs. »

Lily se pencha vers lui. « Merci ! Il y a juste une autre chose… »

« Quoi ? » demanda Harry avec un ton résigné.

« Est-ce que ça vous dérange terriblement si je participe ? »

« Très bien. » En fait, cela arrangeait bien Harry. Peut-être qu'il pourrait faire en sorte que Lily et James ne meurent pas. Cette idée réjouit un peu Harry.

« Merci, professeur ! Quand Severus et moi pouvons-nous venir pour notre première leçon ? »

« Peut-être dimanche, » dit Harry, « mais redemandez-moi en classe cette semaine pour le confirmer. »

Une Lily extatique quitta le bureau d'Harry après avoir récupéré sa sacoche. Elle fut vite remplacée par Bellatrix Black qui entra dans le bureau et claqua la porte avant de s'asseoir et de s'installer confortablement.

« Que faisait-elle ici ? » demanda Bellatrix.

Harry regarda Bellatrix avec un léger sourire. « Jalouse ? »

« De quoi ? » demanda Bellatrix, légèrement embarrassée.

« Rien, » dit Harry retournant à sa pile d'essais. « Elle semble penser que Mr Rogue a besoin que je l'aide à apprendre des sorts défensifs. »

Bellatrix leva les yeux au ciel. « Il aurait aussi besoin d'une bouteille de shampoing. Ce petit arrogant est déjà suffisamment compétent en magie. »

« Je pense plus à ajuster son attitude, » dit Harry sèchement. Rogue avait en effet des cheveux graisseux, mais c'était seulement parce qu'il était agaçant que tout le monde le critiquait.

Il y eut un silence durant lequel on n'entendit que le bruit de la plume d'Harry grattant les parchemins. Bellatrix croisa les bras et le regarda. Elle se sentait idiote d'être venue le voir sans raison spécifique, mais il avait finalement admis qu'ils étaient officiellement partenaires et elle avait besoin de renforcer l'idée. Finalement elle fit une tentative pour continuer la conversation. « Est-ce que tu vas l'aider ? »

« Un peu, » l'informa-t-il.

« Pourquoi est-ce que tu ne m'aides pas ? » demanda Bellatrix, irritée.

Harry la regarda, son visage inexpressif quand il parla. « Quelque chose me dit que tu n'as vraiment besoin d'aide. »

« Et bien, peut-être que nous le découvrirons un de ces jours, » proposa-t-elle indirectement.

« C'est une idée, » commenta Harry pensif.

« Très bien, quand ? »

Harry n'était pas d'humeur à se battra avec Bellatrix et il changea donc de sujet. « As-tu déjà trouvé quelque chose sur les Lestrange ? »

« C'est difficile de les faire parler alors que tu m'as dit lors de la fête que je devais éviter Rodolphus, » dit Bellatrix sur la défensive. « Pourquoi as-tu besoin de savoir ce qu'il sait ? Tu viens du futur. Tu devrais en savoir plus que lui. »

Harry posa sa plume en soupirant. « Mais je ne connais tous les détails. Je dois aussi savoir qui possède les informations afin de mettre en place quelques uns de mes plans les plus importants. Il faut que je sois capable de savoir qui est impliqué. Et ce, avec exactitude. »

Bellatrix n'était pas contente, mais elle savait où Harry voulait en revenir. « Je vais essayer davantage. »

« Bien, » dit Harry, reprenant sa plume et se remettant à travail.

« Tu as vraiment déjà des plans ? »

« Oui. »

« Tu voudrais bien partager ? » demanda Bellatrix, essayant de cacher son ardente curiosité et d'avoir l'air normale. Si elle n'agissait pas comme une personne désespérée, peut-être qu'il serait plus enclin à partager.

« Non, » dit Harry avec un rictus, sachant complètement qu'il allait irriter Bellatrix. Le regard sur son visage à ce moment fut très satisfaisant.

« Je pensais que nous étions partenaires. »

« Nous le sommes. Mais je ne te dirais que ce que tu as besoin de savoir. »

« Et que se passera-t-il si je ne te dis que ce que j'estimerai d'utile pour toi ? » demanda Bellatrix.

« Alors je ne te dirais plus rien et il n'y aura ni bénéfices, ni dividendes. »

Bellatrix n'était pas contente. « Ce n'est pas juste. »

« Depuis quand te préoccupes-tu de ce qui est juste ? » demanda Harry sèchement, reposant sa plume. Il commençait vraiment à en avoir marre de noter ces essais. Puisqu'ils étaient tous sur le même sujet, ils disaient presque tous la même chose – encore et encore et encore. Bellatrix avait ouvert la bouche pour rétorquer, mais Harry fut plus rapide, l'ignorant. « Puisque tu sembles d'être d'humeur à partager des informations, je veux que tu en partages quelques unes avec moi. »

« Je n'ai encore rien sur Lestrange. »

« Dans ce cas, travaille davantage et obtiens ces informations. Entre temps, tu peux commencer à me parler du poids des sangs-purs au sein le Magenmagot et me détailler les factions qui influencent les décisions. Qui est allié à qui ? Qui est loyal ? Qui est corrompu ou corruptible ? Qui suit qui ? »

Bellatrix était contente de voir qu'Harry préparait des plans importants mais était aussi très nerveuse. Ce qu'il choisirait de faire avec ces informations pourrait avoir de très larges effets. Elle mordilla ses lèvres nerveusement et commença à parler. « La première personne que tu dois connaître est… »