Disclaimer: Harry Potter appartient à JK Rowling et cette traduction que j'effectue de l'histoire de Lord Silvere n'est pas utilisée à des fins commerciales.
Reviews: Et voilà le chapitre bonus de la semaine :) à bientôt
Chapitre 10 : Un mystérieux dîner
Tout en sirotant un gobelet de jus de citrouille, Harry surveillait du regard les étudiants assis autour de la table rectangulaire dans ses appartements privés. Bellatrix était assise à son opposé et parlait avec une des filles Parkinson. Harry ne se souvenait pas d'elle dans le futur mais il en reconnaissait bien d'autres autour de la table. Certains d'entre eux parlaient entre eux alors que d'autres semblaient trop anxieux pour se sociabiliser.
Harry ne connaissait pas assez de choses sur la façon de recevoir des hôtes pour savoir si Bellatrix avait bien placé les invités, mais il aurait aimé qu'elle n'ait pas mise Lucius Malfoy à sa gauche et Rodolphus Lestrange à sa droite. Rodolphus et Lucius ne semblaient pas non plus très contents de l'arrangement. Curieusement ils se jetaient des regards mal à l'aise entre eux et pas à Harry.
« Dites-moi Professeur, » dit Rodolphus d'une voix basse et onctueuse. « A quel point connaissez-vous la famille Malfoy ? »
« Je n'ai fait que récemment leur connaissance, » admit Harry sur un ton innocent. « J'ai bien peur de ne pas très bien connaître Lucius ou sa mère mais j'ai déjà partagé quelques verres avec Romulus. »
« Je vois, » dit Rodolphus, ses yeux regardant brièvement dans la direction de Lucius.
« Mais j'ai hâte de connaître davantage les Malfoy, » mentit Harry, essayant de prolonger la conversation. Afin d'appuyer sa déclaration, il tourna la tête vers Lucius. « Vous allez quitter Poudlard dans quelques mois Lucius ? Savez-vous déjà ce que vous allez faire quand vous n'aurez plus de devoirs à rendre ? »
« Je pense que Lucius a des aspirations politiques, » annonça Rabastan Lestrange qui était à côté de son frère, Rodolphus.
« Vraiment ? » demanda Harry, prétendant être surpris et intrigué. « Au ministère ou peut-être même au magenmagot ? »
« Le magenmagot, » grogna Malfoy, les dents serrées.
Harry supposa que Lucius devait se sentir insulté à l'idée que quelqu'un puisse penser qu'il allait s'associer avec de simples bureaucrates. Il cacha un petit sourire. « Pouvez-vous espérer y arriver alors que votre père occupe déjà le siège familial ? »
« Un siège familial est une affaire de famille, » répliqua Lucius.
« Je suppose que c'est le cas, en effet, » reconnut Harry, se demanda à quel point les idées de Lucius différaient avec celles de son père, Romulus. Lucius va-t-il devenir un problème même si son père est encore en vie ? se demanda Harry. Ou le vieil homme arrivera-t-il à contrôler Lucius ?
« Dites-moi, » dit Rodolphus, « la famille Ashworth est-elle satisfaite de son séjour en Australie ? »
« Plus ou moins, » répondit Harry sur un ton léger. « Certains d'entre nous ont eu plus de succès que d'autres. Chaque famille semble avoir des individus qui manquent… d'ambition alors que d'autre en ont plein. »
« À quelle catégorie appartenez-vous, » demanda Rodolphus, peut-être un peu trop audacieusement.
Les lèvres d'Harry se tordirent en un sourire filou. « Je ne manque pas d'ambition. Ce qu'il me manque, c'est quelque chose ou quelqu'un m'aidant à canaliser mon énergie. L'Australie n'est pas assez grande. La plupart des gens là-bas cherchent à se faire de l'argent. Ils ne respectent pas les vieilles traditions. J'espère trouver ici une culture plus riche – ainsi que de bonnes propositions de carrière. »
« C'est ce qui vous a amené en Grande-Bretagne ? » l'interrogea Rabastan.
« En effet, » dit Harry.
« Je ne pense pas que vous soyez au bon endroit, » annonça Rabastan alors que Rodolphus se figea. Apparemment il sentit que son frère devenait trop familier avec Harry.
« Oh ? » Dit Harry.
« A moins que Slughorn ne meurt avant l'an prochain, vous perdrez automatiquement votre job, n'est-ce pas ? » dit Rabastan.
« C'est assez bien résumé, » agréa Harry, essayant de trouver une manière de leur donner l'impression qu'il avait des talents que les futurs adeptes de Voldemort pourraient apprécier. « Je suis assez doué. C'est une honte que le poste de professeur de DCFM ne soit pas ouvert avant quelques années. Durant mes voyages, j'ai découvert de nombreuses choses très utiles. Je suis très doué dans ce domaine.
« Meilleur qu'en potions ? » demanda Rodolphus d'une voix légèrement ironique.
« Bien meilleur, » dit Harry. Il décida ensuite d'arrêter ce sujet. Il était suffisant que les frères Lestrange et Lucius sachent qu'il était intéressé par des opportunités ; il ne voulait pas leur donner l'impression qu'il était désespéré. « J'ai beaucoup entendu parler de vous deux, Rodolphus et Rabastan, mais je n'ai jamais entendu parler de vos parents. Que font-ils ? »
Les lèvres de Rodolphus se plissèrent et son visage se ferma. « Ils voyagent. »
« Je vois, » répondit Harry lentement. Apparemment, c'était un sujet sensible. Il était vraiment curieux mais il ne voulait pas énerver les frères Lestrange.
Le reste de la soirée se passa sans incidents. Harry avait réussi à parler à chacun de ses invités pendants plusieurs minutes, leur posant des questions sur leurs familles, leurs ambitions et leurs intérêts. Bellatrix avait suggéré qu'il le fasse et qu'il poursuive ensuite toute conversation convenant à ses plans. Malheureusement, Harry n'avait pas pu parler plus qu'avec les Lestrange et Malfoy. Crabbe et Goyle avait été des candidats potentiels pour discuter, mais après que Goyle ait eu du mal à se souvenir de ses ambitions, Harry décida qu'ils ne valaient pas l'effort.
Finalement, Bellatrix raccompagna leur dernière invitée, la sœur de Crabbe. Elle ferma la porte et soupira de soulagement. « C'est génial d'avoir des invités, mais c'est encore mieux de les voir finalement partir, » déclara-t-elle.
« Je ne sais pas si ça valait le coup, » dit Harry d'un ton épuisé en s'asseyant sur un fauteuil. « Je veux dire que j'ai pu faire plus connaissance avec les Lestrange et Lucius Malfoy mais je ne suis pas sûr d'avoir accompli autre chose. »
Bellatrix marcha jusqu'à la table où ils avaient mangé. Les restes avaient disparu mais un pichet de vin était encore là. Harry ne se souvenait pas que les elfes de maison avaient servi du vin, mais il supposa que Bellatrix devait l'avoir commandé spécialement. « Tu as fait beaucoup », contra Bellatrix en se servant un verre de vin. « Les étudiants parleront de cette soirée à leurs parents. Ces derniers seront flattés qu'un professeur prenne un intérêt particulier pour leurs enfants. Au minimum tu pourras dire que tu les connais puisque tu as choisi leurs enfants. »
« C'est vrai, » admit Harry, pensif.
« Tu as peut-être envie d'écrire quelques notes sur ce soir afin de pouvoir t'en rappeler, » dit Bellatrix. Elle plaça son gobelet sur la table et marcha jusqu'à un petit bureau. Dans l'un des tiroirs, elle trouva de quoi écrire. « Cela pourrait s'avérer utile pour plus tard. Tout le monde aime savoir que l'on se rappelle d'eux. »
Harry soupira. « Tu ressembles tellement à une mercenaire en disant ça. »
Bellatrix revint et s'assit sur le canapé à côté d'Harry. « C'est parce que c'est le cas, Harry. »
« Quel con ! » jura James Potter. « Quel con ! »
« Que se passe-t-il ? » demanda timidement Peter, comme s'il allait être rendu responsable pour ce qui allait mal.
« L'encre a encore disparu, » marmonna James. Il posa sa plume, reprit le bouchon du pot d'encre et referma le dit-pot.
Sirius reprit la jarre et la regarda d'un air suspicieux. « J'aime bien l'idée de l'encre invisible, mais si elle continue à disparaître même devant nous, ça ne s'annonce pas bien. » Il regarda dans la bouteille. L'encre était devenue si invisible qu'il ne semblait même pas y avoir de liquide ou d'encre noire. Il tapa la bouteille et la secoua. Sans effets.
« Cette encre va devoir apprendre qui commande ici, » grommela James. Il sortit sa baguette et attrapa la jarre des mains de Sirius.
« James, non ! » cria Remus depuis l'entrée de la salle commune.
James, Sirius et Peter se tournèrent et virent Remus s'approcher d'eux suivi de plusieurs autres membres du club de sortilèges qui se réunissait chaque semaine.
« Te voilà enfin, » dit Sirius. « Cette encre a encore disparu. »
Remus les rejoignit à la table et attrapa la bouteille d'encre. « Je n'arrête pas de vous dire qu'il suffit juste de connaître le truc. L'encre n'est pas si compliquée. » Rémus se lança ensuite dans une explication assez compliquée et une démonstration sur comment la rendre visible et éviter qu'elle soit invisible mais il avait déjà perdu l'attention de James. Lily Evans était arrivée en même temps que Rémus dans la salle commune.
« Je ne sais pas comment tu y arriveras un jour, » soupira Remus, reposant la bouteille d'encre maintenant visible sur la table. « Elle t'ignore tout autant qu'avant. »
« Qu'a-t-elle dans les mains ? » demanda James.
« Une lettre, » répondit Sirius en regardant vers Lily et ses amies. Elle tenait en effet un morceau de parchemin et le montrait à ses amies. Quoi que ce soit, cela faisait parler Lily et ses amies.
« Où ? » demanda Peter, se penchant en avant et en étirant son cou. Son coude tapa dans la bouteille d'encre qui tomba, se brisa et renversa de l'encre sur les livres et cours de James.
« Peter ! » aboya Sirius.
James et Remus se tournèrent et grognèrent – Remus se plaignant de la perte de cette encre si précieuse et James de l'état de ses affaires. Plusieurs autres Gryffondors ricanèrent doucement.
« Je suis désolé les gars, » murmura Peter, essayant de nettoyer.
« On n'a qu'à ensorceler l'encre pour qu'elle soit invisible, non, » dit Sirius. « Problème résolu. »
Rémus s'assit. « Ce n'est qu'une solution temporaire. Il faudrait essayer de trouver un moyen pour l'enlever complètement. »
James saisit son manuel d'histoire de la magie. « Nettoyer ça ? Je ne pense pas que ça en vaille l'effort. »
Ils rirent tous et Sirius prit un autre bien de James désormais ruiné. C'était un morceau de parchemin. « Hey, regarde, il semblerait que tu ais détruit cette invitation d'Ashworth. »
Il y eut plus de rires gras mais cette fois ils furent interrompus par une voix féminine. « Le professeur Ashworth t'a invité toi ? »
Les maraudeurs virent Lily Evans, debout à côté de la table et regardait l'invitation tâchée d'encre.
« Ouais, » admit James. « Il nous a invité Sirius, Remus, Peter et moi à un diner cette semaine. »
Le visage de Lily n'était que pure consternation. « Pourquoi le professeur Ashworth t'inviterait-il ? »
« Et bien, je ne sais pas, » dit James lentement. Est-ce que ca voulait dire quelque ? Le professeur Ashworth voulait-il lui faire un compliment ?
« C'est facile à expliquer, » dit Sirius. « J'ai été invité parce que c'est ma cousine Bellatrix qui fait les invitations. »
Lily se tourna brusquement vers Sirius. « Que veux-tu dire ? Comment le sais-tu ? »
« Et bien, » dit Sirius, « c'est son écriture sur les invitations. »
« Non ce n'est pas vrai, » dit Lily. Elle attrapa l'invitation ruinée des mains de Sirius et jeta un sort pour la nettoyer. Elle lui montra la signature. « C'est définitivement la signature du professeur Ashworth ! »
« Oui, c'est vrai, » dit Sirius, « Mais ce n'est pas son écriture sur le reste de la lettre. Ni sur les enveloppes. »
Lily regarda avec attention le papier et dit après un moment. « C'est vrai, ce n'est pas son écriture. »
« Exactement, » dit Sirius avec une voix triomphante. « C'est l'écriture de Bellatrix. Je le sais, je suis son cousin. »
La peau au niveau des oreilles de Lily commença à pâlir et ses yeux verts étincelèrent. Sirius commença à regretter de l'avoir mentionné à Lily, il ne comprenait pas pourquoi cela l'irritait tellement. Après un moment de silence durant lequel Peter et Remus feignirent l'indifférence, alors que James et Sirius regardaient Lily avec un regard inquisiteur, et elle parla finalement. « Alors ? Vous allez à ce diner ? »
« Je ne sais pas, » dit Sirius avec un bâillement. «Je ne suis pas fan de Bellatrix et quant à Ashworth… ce n'est pas un professeur formidable. »
« C'est un très bon professeur ! » rétorqua Lily.
James agit rapidement et apaisa Lily tout en essayant de ne pas contredire Sirius. « C'est un bon gars et tout, ne nous méprends pas, mais ce que nous voulions dire, c'est qu'il n'est pas brillant pour faire des potions. »
« Et bien… qu'importe, » marmonna Lily. « Je vais à ce diner et je crois que c'est un bon professeur. »
« Nous venons aussi, » annonça James.
Sirius leva les yeux au ciel et Remus ricana en silence.
« Je suis sûr que ce sera une merveilleuse expérience, » ajouta James.
«Ce sera le cas, « dit brusquement Lily, suffisamment intelligente pour comprendre que le désir de James d'assister à la soirée d'Ashworth n'avait aucun rapport avec le professeur. Elle retourna avec raideur vers ses amies.
Les maraudeurs retournèrent sur leurs sièges, James grommelant à voix basse.
« Je suppose que nous savons maintenant quelle était cette lettre qu'elle montrait à ses amies, » observa Peter.
Harry lâcha finalement sa dernière classe cinq minutes plus tôt et ils se précipitèrent dans la Grande Salle pour le diner. Après avoir mangé rapidement son diner, il attrapa sa cape d'hiver sans ses appartements et quitta le château. Il avait neigé toute la journée. Ainsi, le chemin de Poudlard jusqu'à Pré-au-Lard était difficile à emprunter. Il faisait sombre et la neige était épaisse. Harry marcha d'un pas lourd. La visite d'Orion avait attisé sa curiosité sur les actions des Lestrange à Pré-au-Lard. Qu'avait vu Orion que ni Harry ni Bellatrix n'avaient remarqué ?
Finalement, il atteint le village et ses rues éclairées par des réverbères. Il passa devant les Trois Balais. Il n'y avait aucun étudiant mais il y avait des gens faisant affaires. Les habitants de Pré-au-Lard, supposa Harry ou peut-être des voyageurs.
De là il ne mit pas beaucoup de temps pour trouver la rue et le petit restaurant que lui avaient montrés Bellatrix avant le feu. Juste en face de cette rue se trouvait le bâtiment brûlé qu'il cherchait. Harry regarda la rue et les bâtiments voisins pour voir s'il y avait du monde. Ne voyant personne, il s'approcha des ruines.
La lumière de la rue était suffisante pour montrer le peu du bâtiment qui avait survécu à l'incendie – il ne restaient que les endroits sur lesquels lui et Bellatrix avaient jeté les flammes bleues. Harry remarqua avec un peu d'amusement que tout l'escalier avait tenu au milieu des ruines. Le mur sur lequel il avait expérimenté les flammes bleues était tombé mais seulement parce que tout ce qui le supportait était tombé en cendres.
Malheureusement, il ne pouvait rien voir dans les cendres. C'était une peine perdue. Harry soupira. Fin de la partie, songea-t-il.
« Hey ! Que faites-vous là ? » cria une voix.
Harry fit volte-face et trouva l'origine de la voix, une vieille sorcière qui le regardait depuis un porche de l'autre côté de la rue, à côté du restaurant. « Je jette juste un coup d'œil, » dit-il en essayant d'avoir l'air sûr de lui.
« C'est interdit, » l'informa la femme. « Le Ministère enquête sur l'incendie. »
« Oh, je ne savais pas, » dit Harry, se demandant si la femme savait quelque chose sur l'incendie ou le magasin avant qu'il ne soit brûlé. Il se dirigea vers la maison. Il avait besoin d'une couverture. Rapidement, il essaya de trouver quelque chose. « L'anniversaire de ma femme arrive, » expliqua-t-il à la femme. Je viens juste de sortir du travail et espérais lui acheter quelque chose chez cet antiquaire. Je suppose qu'ils ont fermé, hein ? »
« Vous avez le don pour dire ce qui est évident, « dit la femme d'un ton sec. « Ouais, les mages noirs ont tout brûlé. »
« Des mages noirs ? » s'exclama Harry. « Vraiment ? »
« Qui d'autre aurait pu faire ça ? » dit la femme. « Cela a pris des heures au ministère de l'éteindre. »
« Ouais, nous savons tous à quel point le ministère est compétent, » remarqua Harry.
La femme rit. « Je vous aime bien, jeune homme. »
« Le propriétaire est-il toujours dans le coin ? » demanda Harry.
« Il vit avec son fils et sa famille. Il était temps. Il commençait à être sénile, » dit la femme.
« C'est dommage pour le reste, » dit Harry, tout en réfléchissant. Si le vieil homme était sénile, comme disait la femme, à quoi bon le traquer ?
« Je connais un autre bon antiquaire près de Londres, » proposa la femme. « Vous pourrez trouver quelque chose de bien pour votre femme. »
« Euh, okay, » dit Harry. « Où est-ce ? »
La femme réfléchit un instant. « C'est dans l'allée Smythe, pas loin du chemin de Traverse. Le nom c'est Treasured Trifles (Ndt : Précieuses broutilles). »
« Treasured Trifles, » répéta Harry. « Merci. »
La femme hocha la tête. « Pas de problèmes. »
Puis il y eut un moment gênant durant lequel Harry et la femme se dévisagèrent. Harry espérait qu'elle disparaisse afin qu'il puisse jeter un autre coup d'œil aux ruines, mais elle semblait attendre qu'il parte avant de retourner chez elle. Apparemment l'incident avait semé des graines de doute chez elle.
Avec un soupir inaudible, Harry leva sa baguette de pin et transplana. Il atterrit dans une allée près du chemin de Traverse. Il ne voulait pas vraiment acheter un vieil objet, mais s'il se rendait dans une boutique similaire, il aurait peut-être un indice sur ce qu'il y avait de spécial chez l'ancien antiquaire. Cela ne peut pas faire de mal de jeter un coup d'œil rapide, se dit Harry. Après tout, il n'était pas loin.
Harry marcha rapidement dans l'air glacial jusqu'au chaudron baveur puis il se rendit dans le chemin de traverse. L'atmosphère était calme mais plaisante. La plupart des magasins étaient ouverts mais seuls les clients réguliers semblaient faire des achats. Il passa devant Ollivander. Une petite voix dans sa tête lui rappela qu'il devait vraiment acheter une baguette chez lui, mais il se promit de revenir plus tard et que ce n'était pas si urgent.
Finalement il arriva devant la vitrine de Treasured Trifles. Il y avait différents objets. Harry se souvint de la collection d'objets magiques du professeur Dumbledore, cependant ceux dans le bureau du vieux Directeur semblaient bien plus intéressants que ceux dans la vitrine.
Un carillon annonça l'entrée d'Harry dans le magasin. Le gérant, un homme chauve assez mince se leva derrière un comptoir en verre. Sur le comptoir se trouvait une vieille caisse enregistreuse – du moins, selon les standards moldus. L'homme leva la tête et sourit professionnellement à Harry. « Bonsoir monsieur, que puis-je faire pour vous ? »
« Je ne suis pas très sûr, » répondit Harry prudemment, essayant de trouver une bonne manière pour trouver des informations. Il ne pensait pas que déambuler dans le magasin serait utile. D'un autre côté, poser directement la question à l'homme ne semblait pas très pratique. « Ma femme s'intéresse aux vieux objets, » dit-il.
« Nous vendons de vieilles choses, » dit l'homme en souriant gentiment. « Quel genre de vieux objets ? »
Cela étonna Harry. Un vieil objet était… vieux non ? Paniqué, Harry réfléchit au genre d'objets anciens qu'un jeune homme comme Rodolphus Lestrange pourrait trouver intéressant. Tout en y songeant, il se maudit pour sa stupidité et eut envie de se donner une claque. Lestrange n'était pas le client – c'était Voldemort. Harry connaissait bien Voldemort. « De vieux objets, » répéta Harry, puis continua. « Des objets de valeur, des objets mystérieux… des objets puissants. »
« Je pense avoir ce que vous cherchez, » dit le gérant. Il ouvrit sa vitrine en verre et sortit un bracelet. Il le tendit à Harry pour qu'il l'inspecte. « On dit qu'il a appartenu à la famille Borgia et qu'il a été passé de mères en filles pendant des générations. Il contient de puissants maléfices. »
Harry soupira. « Je ne m'intéresse pas à ce genre de breloques. Je veux des objets bien plus intéressants. »
Au lieu de protester comme il l'aurait cru, le gérant soupira. « Bien, Mr… »
« Polkiss, » dit Harry, ennuyé que l'homme lui demande son nom.
« Et bien, Mr Polkiss, » dit l'homme, « les vrais objets intéressants » ne sont pas faciles à trouver.
« Pourriez-vous élaborer ? » demanda Harry.
L'homme replaça le soi-disant bracelet des Borgia dans la vitrine. « Ce genre de choses est presque toujours en possession des vieilles familles de sang pur. Elles les jalousent. Quand elles sont forcées de les vendre, elles ne les mettent pas aux enchères publiques – d'une part elles ont honte de devoir les vendre et bien sûr, plusieurs de ces héritages sont illégaux. »
Harry hocha la tête, pensif. « Où puis-je donc trouver ce marché noir ? »
L'homme haussa des épaules, mal à l'aise. « Il faut avoir des bons contacts. »
« Connaissez-vous certains objets en vente en ce moment ? Quelque chose qui pourrait intéresser plus d'un antiquaire ? »
L'homme soupira. « Je suis désolé Mr Polkiss. Mais je ne vous connais pas. Je ne suis pas prêt à parler de ce genre de choses avec vous. Si vous ouvrez grand les oreilles aux bons endroits, vous entendrez peut-être quelque d'utile. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser, il faut que je ferme la boutique. »
« Merci quand même, » marmonna Harry, essayant d'avoir l'air joyeux.
Harry quitta le magasin et commença à retourner dans le chemin de traverse. Il venait de faire cent mètres quand une voix familière l'interpela.
« Mr Ashworth. »
Harry se retourna et découvrit Alastor Maugrey juste derrière lui, le regardant avec un air suspicieux. « Auror Maugrey, » dit Harry. « Qu'est-ce qui vous amène par ici ? »
« Je pourrais vous poser la même question Ashworth, » grogna Maugrey. Il se rapprocha d'Harry. « Voulez-vous bien m'accompagner jusqu'au chaudron baveur pour un verre? »
Harry haussa des épaules. « Très bien, j'ai tout mon temps. »
Ils marchèrent côte à côte jusqu'au Chaudron Baveur. Maugrey ne dit rien jusqu'à ce qu'ils soient assis et aient commandé leurs verres. Harry était surpris de voir Maugrey commander une boisson. Il avait eu l'impression que Maugrey ne buvait que de sa flasque. Peut-être quelque chose qu'il a commencé à faire durant le premier règne de terreur de Voldemort, se dit Harry.
« Donc, Ashworth, j'ai eu un appel de cheminette d'une vieille dame de Pré-au-Lard, disant qu'elle avait vu un jeune homme chercher dans les ruines d'un magasin qui a brûlé récemment. Elle dit l'avoir envoyé sur le chemin de traverse. Je me suis dépêché de venir ici et je vous ai trouvé là où j'étais sensé trouver ce jeune homme qu'elle avait vu. »
« Quelle histoire intéressante, » observa Harry.
« Ne jouez pas avec moi, Ashworth, » aboya Maugrey. « C'était vous ! Que faisiez-vous ? »
Harry pesa ses options soigneusement. Il ne ferait qu'attiser la suspicion de Maugrey en niant. Mais l'admettre le fourrerait dans les ennuis. Harry décida de dire la stricte vérité – mais pas tout. « J'ai entendu certaines rumeurs. Certains sangs purs sont perturbés par l'incendie. Pas juste agités à cause d'un pyromane. Quelque chose les ennuie. J'étais curieux et je voulais voir ce qui les perturbait autant. »
« Et qu'avez-vous trouvé? » demanda Maugrey. Vu le ton de sa voix, il semblait avoir cru à l'explication d'Harry, même s'il était toujours aussi paranoïaque.
« Rien, » répondit Harry. « L'homme vous a sûrement vu rôder devant sa boutique. Il n'a rien voulu me dire. »
« Je ne rôdais pas ! » déclara Maugrey.
« Qu'importe, » dit Harry.
Les deux hommes restèrent assis en silence, buvant leurs boissons. Maugrey finit son verre. « Bien Ashworth, je vous donne le bénéfice du doute pour avoir sauvé ce sorcier lors de l'incendie à Pré-au-Lard et même pour avoir fourré votre nez dans une enquête d'auror ce soir mais si je vous attrape encore en train de rôder je vous poserai bien plus de questions. »
« Oui, oui monsieur, » dit Harry avec un geste de la main. « Je vais garder ça en tête. »
« Petit batard, » grogna Maugrey en se levant puis en laissant Harry.
Harry resta avec son verre pendant un moment. Il se demanda s'il devait aller dans d'autres pubs moins respectables du chemin de traverse pour aller chercher de potentielles informations sur le marché noir d'objets anciens. Il rejeta l'idée cependant. Maugrey allait surement le suivre ou le faire suivre. Harry laissa sa boisson non terminée, vérifiant que l'addition avait bien été payée, puis il quitta le Chaudron Baveur et se promena dans les rues de Londres à la recherche d'une activité plus joyeuse.
« Es-tu perdu ? » demanda Bellatrix.
« Non, » dit Harry. « Je sais exactement où je vais. » Il passa devant un mur en particulier dans le château.
« Comme tous ceux se trouvant dans l'aile des Grands Blessés Magiques à Sainte Mangouste, » remarqua Bellatrix.
Une porte apparut dans le mur devant lequel Harry marchait. « Nous y voilà, » dit Harry. « C'est la Salle sur Demande. C'est exactement ce que je cherchais. »
« Okay, » dit Bellatrix. Elle ouvrit la porte et entra, suivie de près par Harry. Après un vite coup d'œil, elle changea d'avis. « Je suppose que tu avais raison. »
« Je te l'avais bien dit, » dit Harry, fermant la porte derrière eux et vérifiant que la pièce avait bien pris la forme qu'il voulait. On ne savait jamais quelle forme prendrait la salle mais quelquefois elle répondait à des besoins dont le demandeur n'avait même pas conscience.
La pièce lui semblait plus impressionnante que dans son souvenir. Le plafond était haut et les couleurs noires élégantes peintes sur les murs n'étaient pas grises comme le reste du château. Des torches sur le mur illuminaient suffisamment la pièce. Il y avait deux chaises près de l'entrée. Le reste de la pièce consistait en une arène formelle de duel.
« Cela semble parfait, » dit Bellatrix. « Commençons. » Elle sortit sa baguette et prit une pose formelle de duel.
« Nous devons établir plusieurs règles, » dit Harry. Il marcha jusqu'à une chaise et s'assit.
Bellatrix le suivit à contrecoeur et s'assit sur l'autre chaise, tenant toujours sa baguette, les yeux brillant d'avidité. « S'il le faut. »
« Il le faut, » dit Harry, se sentant légèrement stupide. « Nous pouvons faire des règles à tour de rôle si tu veux. »
« Très bien, » approuva Bellatrix. « Je commence. Je pense que nous devrions décider de ne pas nous retenir. Si notre nez est brisé après, ce sera notre faute. »
Harry soupira. Elle l'avait piégé. Il lui avait brisé le nez la dernière fois alors il ne pouvait prétendre qu'elle cherchait juste une excuse pour le blesser. Bellatrix avait beaucoup réfléchi à toutes ces règles. « Très bien, mais nous n'utiliserons aucun sortilège ne pouvant pas être rapidement contré ou soigné et… »
« Mon tour, » l'interrompit Bellatrix. « Le gagnant du duel décidera du jour où aura lieu le prochain duel. »
« Très bien, » marmonna Harry. « Maintenant, nous n'utiliserons aucun sort de mort. »
« Et nous enseignerons chacun un nouveau sort à l'autre avant de commencer le duel. »
« Nous avons l'option d'abandonner à n'importe quel moment pour n'importe quelle raison, » dit Harry.
Bellatrix jeta un regard narquois à Harry, « Tapette ! »
Harry haussa des épaules. « C'est à prendre ou à laisser. »
« Un cinquième du duel se passera uniquement avec les poings, » stipula Bellatrix. « Pas de baguette, ni d'armes. »
« Tu ne t'attends pas sérieusement à ce que je me battes avec toi, » dit Harry sur un ton cassant.
« Tu m'as bien prouvé la dernière fois qu'un coup bien placé peut changer tout un duel, je pense que nous ferions mieux de nous y mettre, » dit Bellatrix.
Harry soupira profondément, lui accordant cet argument. Elle avait probablement raison mais il n'avait pas hâte de faire ce genre de choses. Dudley avait établi il y a longtemps qu'Harry n'était pas doué dans ce domaine. « Très bien, nous enseignerons à l'autre un nouveau sort à chaque fois mais si l'un d'entre nous ne le maitrise pas, l'autre n'aura pas à préparer un autre sort pour le prochain duel. »
Bellatrix ouvrit la bouche pour annoncer la prochaine règle, mais Harry l'interrompit. « Arrête. Je pense que nous avons suffisamment de règles. »
« Très bien, Ashworth, » dit Bellatrix. « Commençons. Apprends moi quelque chose que je ne connais pas. »
« Stupéfix ? »
« Je suis une experte. »
« Maléfices cuisants ? »
« Honnêtement, Ashworth ?! »
Harry réfléchit à un sort intéressant qu'il pourrait lui apprendre. Il trouva finalement quelque chose qui lui prendrait beaucoup de temps avant de le maitriser. « Je vais t'enseigner le charme du patronus, » annonça Harry.
« Tu sais le faire ? » demanda Bellatrix.
« Je l'ai appris durant ma troisième année à Poudlard, » dit Harry, savourant la surprise sur son visage. « L'incantation est Expecto Patronum, et le mouvement de baguette est le suivant. » Harry lui montra l'incantation et le mouvement. Le cerf familier jaillit de sa baguette et trotta dans la pièce pendant un moment avant de disparaître.
« Impressionnant, » dit Bellatrix calmement. « Combien de détraqueurs as-tu déjà vaincu avec ce patronus ? »
« J'ai affronté plusieurs douzaines de détraqueurs pendant ma troisième année, » dit Harry. « Je n'ai jamais plus affronté autant de détraqueurs d'un coup ensuite. Cela dépend des gens pour réussir. Cela dépend de ton souvenir heureux. »
« Souvenir heureux ? » demanda Bellatrix.
« Oh, » dit Harry. « J'avais oublié. Il faut penser à un souvenir vraiment très heureux quand tu lances le sort pour qu'il réussisse. »
« C'est le plus dur, » dit Bellatrix.
« Oui, c'est le plus difficile, » admit Harry en se souvenant de ses déboires avec ce sortilège.
Ils se levèrent et Bellatrix se prépara, tenant sa baguette fermement. Finalement, elle fit le mouvement de baguette et cria littéralement l'incantation. Rien de se passa. Bellatrix resta figée sa baguette pointant toujours le mur.
« C'est aussi ce qu'il s'est passé lors de mon premier essai, » dit Harry, essayant de la rassurer.
Bellatrix l'ignora. Ses bras tombèrent le long de son corps et elle commença à marcher. Après plusieurs minutes, elle réessaya, criant plus fort. Une nouvelle fois, rien ne se passa. Bellatrix continua pendant encore une demi heure, essayant sans cesse le charme. Sa voix devenait plus rauque à chaque essai. Harry se demanda s'il devait chercher un épouvantard et la faire s'entrainer face à un faux détraqueur, mais changea d'avis. Il ne voulait pas qu'elle connaisse sa plus grande peur.
Finalement, elle cessa d'essayer et se tourna vers Harry qu'elle avait complètement ignoré. « Il faudra que je m'entraine seule. Maintenant je vais t'enseigner un sort. »
« Très bien, » dit Harry. « Quel sort ? »
« Attends, je réfléchis, » dit Bellatrix en se mordant la lèvre furieusement. Une table avec plusieurs livres dessus apparut soudainement à côté d'elle. Elle la regarda avec surprise. « Remarquable ! Cette pièce est un vrai trésor, Ashworth. Les copies de ces livres sont extrêmement rares. » Elle en choisit un et commença à feuilleter les pages. « Celui-ci, » déclara-t-elle en montrant une page.
Harry prit le livre et examina la page. « Un charme de projection personnelle ? » demanda Harry.
Bellatrix sourit largement et hocha la tête avec envie. « Tu peux l'utiliser pour faire croire aux gens que tu es dans la même pièce qu'eux alors qu'en fait tu te trouves très, très loin. »
« Très bien, » dit Harry. « Tu me fais la démonstration ? »
« Euh… », dit Bellatrix. « Je ne suis pas assez puissante pour faire le sort, mais je suis sûre que je pourrais le faire si j'en avais envie. »
« Ce n'est pas juste, » dit Harry. « Si tu ne sais même pas faire le sort, tu ne vas pas pouvoir m'enseigner à le faire. »
Bellatrix haussa des épaules. « Cela ne faisait pas parti des règles. »
« Tu es juste en colère parce que tu ne sais pas encore jeter de patronus. »
« Je veux juste que tu fasses de grande choses Harry. »
« Ouais, d'accord. »
« Tu vas rester ici et pleurer ? » demanda Bellatrix. « Ou craques-tu déjà ? »
Harry soupira et lut la description du sort, son incantation et le mouvement de baguette. Bellatrix en avait choisit un très difficile. Harry avait l'impression, d'après la description de l'auteur que le sort n'avait pas été performé par quelqu'un depuis longtemps. Il avait été créé dans les années 1500 mais avait fait un flop parce que l'inventeur du sort avait été le seul à le lancer correctement. Il reposa le livre et sortit sa baguette. Il ferma les yeux et essaya de s'imaginer se tenant de l'autre côté de la pièce. « Ego Exertus ! » cria-t-il.
Il sentit une étrange sensation mais quand il ouvrit les yeux, rien ne s'était passé.
« Je suppose qu'il faut que tu t'entraines de ton côté, » dit Bellatrix sur un ton innocent.
« Tu n'as rien vu se produire ? » demanda Harry.
Bellatrix haussa des épaules. « Je ne crois pas. On se bat maintenant ? »
« Oui, » dit Harry. Il eut soudainement le désir de battre Bellatrix à pleine couture et pas seulement afin de choisir la prochaine session d'entrainement.
« Et bien, ce n'est pas l'un des sangs pur que nous avons vu récemment, » dit Andrew Foxe en réfléchissant. Lui et Maugrey se tenaient devant les portes du Magenmagot toujours en pleine session. Les deux hommes avaient été présents à l'intérieur mais avaient reçu un appel d'urgence venant du sud de l'Angleterre. Il était maintenant trop tard pour les interrompre. Dans quelques instants, la session serait terminée.
Maugrey haussa ses sourcils d'un air sceptique devant le déni de Foxe. Andrew Foxe était le directeur de la Justice Magique. Ses compétences étaient hautement respectées mais les membres moins naïfs de la société étaient conscients du fait que Foxe pouvait être facilement manipulé dans sa vie politique et personnelle. « Dites vous qu'Ashworth mentait ? »
« Je n'irais pas si loin, » dit Foxe rapidement. « Je n'ai juste rien entendu. A quels sangs purs parlent ce Ashworth ? »
« Les Black, c'est sûr, » répondit Maugrey. « En fait, je ne pense pas qu'il parle à quelqu'un d'autre à part les Black. »
« Orion ? Je doute qu'il confie une telle chose à cet Ashworth. Et quant à Cygnus, il est difficilement le type d'homme à savoir ce genre de choses, » se moqua Foxe. « Ashworth n'a sans doute dit que des bêtises. »
« Délibérément ? » dit Maugrey.
Foxe haussa des épaules. « Pas nécessairement. Vous avez probablement mal interprété quelque chose qu'il a dit ou entendu. Peut-être qu'il est l'un de ces types très sûrs d'eux. Vous savez, ils exagèrent tout ce qu'ils apprennent et agissent comme s'il s'agissait de quelque chose d'important. »
Maugrey se figea quand les portes du Magenmagot s'ouvrirent et que les sorciers et sorcières commencèrent à sortir. « Je ne crois pas non plus Ashworth, mais il ne me semble pas être un tel bouffon. »
Foxe leva les yeux au ciel et fit un signe de tête vers son frère, Edward Foxe qui venait juste de quitter la chambre. « Posons la question à Edward. Ce ne peut pas faire de mal. »
Maugrey grimaça quand Andrew le conduisit dans la foule vers Edward Foxe. Le plus vieux des Foxe était le directeur du département des mystères. Maugrey n'avait pas peur de le rencontrer en personne mais peu de personnes étaient à l'aise en présence d'Edward Foxe.
« Dis moi Edward, » commença Andrew calmement après que lui, Maugrey et Edward soient allés dans un coin isolé, « as-tu lu cet article de la gazette sur l'incendie de cet antiquaire ? »
Edward hocha la tête en se concentrant sur Maugrey.
« Maugrey a entendu des rumeurs comme quoi certains sangs purs sont dérangés par ce qu'il s'est passé. As-tu entendu parler de quelque chose ? »
« Quels sangs purs ? » demanda Edward Foxe.
« Peut-être les Black, » dit Andrew.
Edward se figea. « Je n'ai rien entendu. Maintenant si vous voulez bien m'excuser. »
« J'ai essayé, » dit Andrew à Maugrey quand son frère partit. « Vous pouvez continuer à chercher si vous voulez, mais je ne sais si ce sera utile. »
« Qu'importe, » dit Maugrey. « Je vous verrai plus tard. »
Maugrey laissa Andrew Foxe et se dirigea vers l'atrium du ministère pour partir. Il y trouva Albus Dumbledore qui l'attendait.
« Les Foxe avaient-ils quelque chose d'intéressant à dire ? » demanda Albus, ses yeux bleu pétillant.
« Ont-ils déjà eu quelque chose d'intéressant à dire? » grogna Maugrey.
« Pas vraiment, » approuva Dumbledore. « Cependant, ils ont maintenant été prévenus. Les alerter d'une possible menace est plus efficace que d'en parler à la Ministre Thornton. »
« Au moins, cette idiote est honnête. »
« Les Foxe sont des personnes terriblement malhonnêtes, » approuva Dumbledore. « Ils ont cependant quelque chose que n'a pas Cecilia Thornton – les pieds sur terre. »
« Nous ne savons même pas si cet Ashworth sait ce dont il parle, » remarqua Maugrey ?
« Espérons que ce soit le cas, » dit Dumbledore. « Nous allons continuer à le surveiller et voir ce qu'il se passera. »
Les maraudeurs se dirigèrent ensembles vers les appartements du professeur Ashworth. Ils avaient été brièvement tentés de piéger le professeur, mais les manières que leur avaient inculqués leurs parents avaient finalement pris le dessus. Ashworth avait été suffisamment sympa pour les inviter et il n'avait jamais été désagréable avec eux. Cependant au lieu de lui faire une farce, ils avaient établi une autre stratégie pour semer un peu de pagaille.
Juste avant d'arriver, James frappa à la porte d'Ashworth. Après un bref moment, la porte s'ouvrit sur Harry Ashworth. Il semblait légèrement surpris. « Messieurs Potter, Black, Lupin et Pettigrew… vous avez quarante minutes d'avance. »
« Nos parents nous ont toujours appris à être ponctuels, » annonça Sirius d'un ton pompeux.
« Comme si tu avais retenu ce que tes parents t'ont enseigné, » dit Bellatrix depuis l'appartement.
« Je t'aime aussi, » dit Sirius d'une voix forte.
Harry éclata de rire et ouvrit la porte en grand, les invitant à entrer. « Si vos parents vous ont appris à être ponctuels, alors ils vous ont aussi appris à toujours aider vos hôtes. Je suis sûr que Bellatrix aura besoin d'aide pour installer la table. »
« Ils ne toucheront pas à la table ! »
« Peut-être que la table n'a pas besoin d'être mise finalement, » dit Harry, fermant la porte et se tournant pour examiner les quatre jeunes gens avec un grand sourire.
Remus retourna son sourire avec un hochement de la tête mal à l'aise et regarda ses compagnons pour voir ce qu'ils pensaient de l'accueil étrangement chaleureux d'Ashworth. Il découvrit qu'ils étaient trop occupés à examiner les appartements du professeur pour vraiment remarquer le professeur. Plus exactement, ils étudiaient Bellatrix qui était en train de terminer l'inspection de la table.
Bellatrix les regarda en se figeant puis Harry. « Tout est prêt, Ashworth. Je vais retourner dans ma chambre pour aller chercher quelque chose. Ne laisse personne toucher la table »
« Très bien, » dit Harry.
Puis, elle partit et laissa Harry seul avec les maraudeurs.
« Professeur, » dit James, « pourquoi Bellatrix passe-t-elle autant de temps avec vous ? »
« Que voulez-vous dire ? » demanda Harry d'une voix normale.
« Elle est toujours dans votre bureau, » remarqua Lupin, « et il est évident que c'est elle qui organise cette fête. »
Harry haussa des épaules. « Bellatrix est la première personne de la communauté magique de Grande Bretagne que j'ai rencontrée quand je suis arrivé. Elle m'a proposé de me faire visiter et nous avons fait connaissance. Je suppose que nous sommes amis. »
« C'est dommage que vous ayez rencontré si vite un Black, » dit Sirius. « Il y a de bien meilleures familles dehors. »
« Vous êtes un Black, » dit Harry.
« Ouais, mais je suis le mouton noir de la famille, » déclara Sirius.
Peter pouffa de rire.
Harry secoua la tête avec un petit sourire et montra la table de réception. « Voyons voir où Bellatrix nous a installés. Je suis curieux de voir ce qu'elle a fait avec notre liste d'invités. »
« Probablement quelque chose de malicieux, » marmonna Sirius.
« Je suis là, » s'exclama Peter, montrant une petite carte devant une assiette. « Elle m'a mis à côté de… Severus Rogue. »
Harry haussa les sourcils de surprise. « Comme c'est intéressant, » murmura-t-il.
« Sirius et moi sommes à côté d'Amos Diggory, » annonça James. « Il est assis juste à votre droite. »
« Bellatrix s'est mise à votre gauche, » dit Sirius à Harry. « Comme c'est présomptueux. »
« Comment ça ? » demanda Harry.
Sirius sourit. « Cela signifie qu'elle pense être la numéro deux ici. »
« Ce n'est pas là qu'elle s'est installée la dernière fois, » dit Harry.
« Peut-être que c'est juste un hasard, » suggéra Peter.
« Peut-être, » dit Harry.
« Pas de chance, James, » annonça Remus. « Elle a installé Lily loin de toi. » Remus se tenait près de l'endroit où étaient installés Rogue et Peter. « Je suis assis avec elle et Frank Londubat. »
Le groupe se rendit là où Remus avait trouvé le nom de Lily. Harry regarda la carte. « Lily Evans, » lut-il. Il sourit à James. « Peut-être devrions nous faire un petit changement. » Audacieux, Harry prit la carte de Lily et la posa à la place d'Amos Diggory. Il changea les deux cartes de place.
James regarda Harry comme s'il venait de lui donner un million de gallions. « Merci, professeur. »
« Ne me remerciez pas encore, » dit Harry. « Vous allez devoir affronter le regard noir de Bellatrix. Je vais lui faire croire que c'est votre coup à vous. »
Sirius éclata de rire. « J'aime ça ! »
Harry rigola doucement. « Asseyons-nous. Nous avons encore une demi-heure avant que tout le monde n'arrive. Jouez-vous au Quidditch ? »
Lily s'arrêta devant un miroir et regarda son reflet. Son amie Alice arriva juste derrière elle. « Vas-tu te regarder dans tous les miroirs que tu croiseras, Lily ? »
« Je suis si excitée, » dit Lily. « Les professeurs n'organisent pas ce genre de fête normalement, tu sais. »
« Surtout pas les professeurs pour qui tu craques, » la titilla Alice.
Lily rougit. « Je ne craque pas pour le professeur Ashworth. C'est juste qu'il est si… »
« Hot, » finit Alice.
« Non ! » protesta Lily. « C'est juste que dès que je l'ai vu, j'ai su qu'il était… »
« Ton âme sœur, » ricana Alice.
« Arrête ça, » dit Alice. « Le plus important, c'est que nous fassions une bonne impression. Je ne veux pas qu'il croie que je suis une sorte de femme des cavernes. »
« Oh, » dit Alice, « C'est pour ça qu'on a quinze minutes d'avance ? »
« Les gens détestent quand leurs invités arrivent trop tard, » l'informa Lily. « En arrivant légèrement en avance, nous aurons peut-être la chance de visiter les appartements avec le professeur Ashworth et peut-être de lui proposer de l'aider avec les derniers préparatifs. »
« Tu veux juste rester seule avec lui pendant dix minutes, » dit Alice.
« C'est peu probable, » grommela Lily. « Cette gourgandine de Bellatrix lui a mis les griffes dessus ! Je t'ai dit ce qu'a dit Sirius ? Les invitations ont été écrites par elle ! »
« Lily, tu es un vrai trésor, » dit Alice. « Je vais distraire Bellatrix en lui proposant de l'aider et tu pourras coincer Ashworth et commencer à l'impressionner : ' Bonjour professeur ! Avez-vous entendu que j'ai eu un Optimal pour mon dernier essai en DCFM ?' »
« Arrête de te moquer de moi, » dit Lily. « Nous y sommes. » Elles étaient en effet arrivées devant la porte du professeur Ashworth. Lily frappa très fermement. Sa grand-mère n'aurait pas fait mieux.
A l'horreur de Lily, ce fut nul autre que James Potter qui ouvrit la porte. « Bienvenue Lily, Alice, » dit-il sur un ton pompeux. « C'est gentil à vous d'être venues. »
« Je ne suis pas en retard, si ? » demanda Lily sur un ton désespéré. Dans sa panique de voir James, le type de personne à toujours arriver en retard, elle avait oublié qu'elle ne l'aimait pas beaucoup.
« Pas du tout, » dit Harry depuis l'appartement. « Entrez. »
Lily et Alice avancèrent dans les appartements du professeur Ashworth. Ce fut très difficile pour Lily de résister à l'envie de claquer James pour effacer son sourire arrogant quand il s'inclina et ferma la porte. Ashworth et les amis de James étaient assis autour d'une petite table.
« Je sais que c'est un petit faux pas, » dit Harry à Lily et Alice, « mais j'ai décidé de commencer l'apéritif, » il montra un plateau avec plusieurs hors d'œuvres. « Servez-vous. »
Ses plans tombés en miette, Lily ne put que s'asseoir sur un petit canapé avec Alice et se servir. James s'assit à côté de Sirius et lui sourit. Elle lui jeta un regard froid qui disparut dès qu'Ashworth se tourna vers elle.
« Je viens juste de parler à James et Sirius qui envisagent d'être aurors quand ils auront terminé leur carrière professionnelle de Quidditch. Que voulez-vous faire, Lily, Alice ? »
« J'envisage en fait de travailler quelques années en tant qu'auror, » dit Alice. « J'ai un oncle qui fait ce travail et il dit que c'est sympa. »
« Vraiment ? » dit Harry. « Connaissez-vous les matières que vous devez prendre pour devenir auror ? »
Alice commença à énumérer les matières obligatoires pour l'académie britannique d'auror tandis que Lily regardait James Potter d'un ton maussade. Il avait ruiné sa soirée. Délibérément ! Maintenant, Alice qui l'avait titillée pour son intérêt pour le professeur Ashworth discutait avec lui alors qu'elle ressemblait à une idiote. Elle resta perdue dans ses pensées jusqu'à ce que quelqu'un l'interpelle.
« Lily ? Lily ? » fit la voix du professeur Ashworth.
Lily sursauta alors qu'Alice s'apprêtait à l'appeler une troisième fois. « Je suis désolée, quoi ? »
« Je me demandais ce que vous vouliez faire après avoir quitté Poudlard, » demanda Ashworth.
Lily rougit. « Euh, je suis assez bonne en potions et en sortilèges. Je pensais travailler en tant que médicomage – comme Madame Pompfresh. »
« Vraiment ? » dit Harry. Son visage semblait surpris. « Je ne le savais pas. »
« Euh, oui, » dit Lily. « Je pense que c'est une assez bonne carrière. Il y a beaucoup de demandes dans le domaine médical. »
« C'est certain, » approuva Harry.
Un coup sur la porte annonça l'arrivée de plusieurs autres invités. Il semblait que les poufsouffles avaient décidé de venir en masse. Rapidement, l'appartement fut rempli avec les invités d'Harry qui discutaient tous entre eux ou avec lui. Après l'arrivée de Bellatrix, Harry annonça le début du diner.
Lily et Alice marchèrent jusqu'à la table avec le reste des invités et commencèrent à chercher leur place. Quand Lily découvrit qu'elle était assise directement à la droite du professeur Ashworth, elle échangea un sourire triomphant avec Alice et jeta à Rogue un regard arrogant. Cela devrait le remettre à sa place, pensa-t-elle. Elle semblait ainsi être l'étudiante préférée d'Ashworth. Elle essaya de jeter le même regard arrogant à Sirius mais il était bien trop occupé à ricaner auprès de Bellatrix qui semblait curieusement agacée pour une raison ou une autre.
