Disclaimer: Harry Potter appartient à Jk Rowling et cette traduction que je fais de l'histoire de Lord Silvere n'est pas utilisée à des fins commerciales.
Reviews: merci à tous pour vos derniers messages! voilà un prochain chapitre, dites moi ce que vous en pensez! :)
Chapitre 11 : Les Forces du mal révèlent leurs plans
Consterné, Harry jeta sa baguette de bambou contre le mur de la Salle sur Demande. Elle rebondit sur le sol en marbre avec un faible bruit, montrant à Harry quelque chose qu'il aurait déjà dû savoir. Comparée à sa vieille baguette en houx avec sa plume de phénix, la baguette en bambou était bien trop légère. Il le sentait quand il l'avait dans la main. Quand il jetait des sorts avec, il avait l'impression de ne même pas utiliser de baguette. Il sortit sa baguette en pin, qui était à peine meilleure et respira calmement.
« Ce n'est pas si dur, » se dit-il, essayant de rassembler son attention sur le sort qu'il essayait de jeter. Fermant les yeux et comptant jusqu'à dix, il essaya de s'imaginer se tenant dix mètres plus loin. Souhaitant furieusement être à côté de ce mur, Harry essaya de ne pas transplaner par réflexe. Sentant qu'il avait une image mentale suffisamment forte, Harry ouvrit les yeux et agita sa baguette. « Ego Exertus ! » incanta-t-il.
Une vague de vertige le traversa et la pièce commença soudainement à tourner violemment. Harry ferma les yeux mais cela ne l'aidait pas à repousser la nausée qui l'envahissait. Il tomba sur le sol, arrivant à peine à se retenir avec un bras jusqu'à ce qu'il arrive finalement à arrêter de forcer le sortilège. Jetant la baguette de pin de fatigue, Harry roula sur le dos et ne bougea plus pendant plusieurs minutes jusqu'à ce qu'il soit sûr de pouvant se lever sans rendre son petit-déjeuner.
Quand il réussit enfin à se mettre debout, ce ne fut que pour s'avachir dans un fauteuil confortable que la pièce avait crée devant lui. Avec un soupir lourd, Harry se pencha et attrapa sa baguette afin de se reposer. Regardant le morceau de bois dans ses mains, il se sentit tenté de l'utiliser comme bois de cheminée car il n'était bon qu'à ça de toute façon. Peut-être que Bellatrix avait raison, peut-être était-il temps d'acheter une vraie baguette, même s'il ne voulait pas parler à Ollivander. S'il devait affronter Voldemort, il ne le ferait pas avec une telle baguette de pacotille. La baguette fonctionnait pour les choses simples comme les charmes et les stupéfix mais même eux ne venaient pas facilement à Harry, pas comme sa vieille baguette de houx et plume de phénix. Des incidents survenus ces dernière semaines avaient multiplié les commentaires de Bellatrix sur la nécessité d'acheter une nouvelle baguette : des charmes ratés, des maléfices accidentels, des sortilèges avec des effets complètement inattendus – et pas toujours de bons effets. Ces incidents mineurs étaient devenus de gros problèmes pour Harry.
Et essayer le sortilège que Bellatrix l'avait défié d'apprendre ? Impossible. Toutes ses tentatives avaient échoué jusqu'à maintenant et dans les semaines suivant son premier entrainement, Harry avait intimement fait connaissance avec le sol. La plupart des tentatives le rendaient nauséeux et malade, sauf les quelques fois où il était devenu têtu et avait essayé de forcer le sortilège à fonctionner – comme à ce moment. Ces fois-là, il se retrouvait à genoux, la gorge brûlante comme s'il était sur le point de cracher ses poumons et il avait un mal de crâne, comme s'il avait bu plusieurs bouteilles de whisky pur feu. Tout autre sorcier sain d'esprit aurait abandonné depuis longtemps – ou aurait du moins acheté une autre baguette avant de réessayer – mais Harry était resté têtu et continuait à essayer, rien que pour que Bellatrix se taise.
En pensant à Bellatrix, il regarda sa montre. Il n'avait maintenant plus confiance en sa baguette pour jeter un charme de temps. Quand il vit l'heure, il se figea. Elle était en retard pour sa leçon d'entrainement. Normalement Bellatrix arrivait toujours tôt. C'était étrange qu'elle soit … si peu énergique et impatiente de tester ses compétences contre lui. Pour une raison qui lui échappait, elle semblait apprécier leurs sessions de duel et même si Harry admettait que cela gardait ses compétences affutées, il ne s'amusait pas tellement durant leurs duels. Mais elle est bien meilleure que je le pensais, ajouta-t-il en silence. Cependant, elle n'était toujours pas assez bonne pour le battre… pour l'instant. Et même s'il haïssait l'admettre, Bellatrix était de loin la meilleure duelliste, du moins quand il s'agissait de technique et de variété. Elle connaît des sortilèges à la fois obscurs et basiques et était très intelligente, ce qui faisait qu'elle était une adversaire redoutable en combat. Harry, surtout parce qu'il n'avait pas pu terminer ses hautes études, n'arrivait pas à l'égaler.
La seule raison pour laquelle il avait l'avantage sur elle, c'était à cause de l'expérience qu'il avait gagnée durant des années de guerre et ses méthodes de combats non orthodoxes. Les sorciers n'étaient tristement pas préparés pour quelqu'un se battant à mains nues ou se battant à la déloyale et Harry avait beaucoup d'expérience dans ce domaine. Durant les derniers instants de la guerre, se battre à la déloyale était souvent le seul moyen pour les membres de l'Ordre de survivre. L'étiquette dans les combats était un luxe qu'ils ne pouvaient pas se permettre. Le résultat était qu'il l'avait terrassée durant chacune de leurs sessions et espaçait ainsi leurs sessions plus que Bellatrix l'aurait voulu. Il ne se faisait aucunes illusions cependant. C'était de plus en plus dur de la battre à chaque fois. Apparemment, elle ajustait ses tactiques à sa façon de combattre et avait appris encore plus de sortilèges que la myriade qu'elle connaissait déjà. Il suspectait qu'elle passait beaucoup de temps à essayer de trouver un moyen de le battre.
Quand plusieurs autres minutes passèrent sans que Bellatrix n'arrive, Harry retourna ses pensées vers le livre dans lequel Bellatrix avait trouvé le sortilège de projection. Il essaya de se souvenir s'il avait loupé un passage dans le texte. Une simple pensée suffit pour que le livre se matérialise dans ses mains. Harry ouvrit le livre et le feuilleta jusqu'à trouver la bonne page. La description du sort était brève et limitée, seulement quelques lignes sur les effets du sort et les bons mouvements de baguette. Harry vit qu'il n'avait rien manqué, il n'y avait qu'un bref paragraphe. Avec un soupir lourd, Harry se leva. Le livre disparut quand la chambre réalisa qu'il n'en avait plus besoin. Il se dirigea vers la porte, quand elle s'ouvrit sur Bellatrix.
« Je pensais tu avais oublié pour ce soir, » dit Harry.
« Ce n'est pas le cas, » répliqua sèchement la jeune sorcière, jetant son sac par terre. « Quelque chose est arrivé. »
« Quoi ? »
« Lestrange. »
Bellatrix eut instantanément toute l'attention d'Harry. Le regard intense d'Harry fit presque reculer l'héritière Black. Je ne sais pas ce qu'il attend, mais il pense que ce sera intéressant, pensa-t-elle. « J'ai pensé que ça pourrait t'intéresser, » continua-t-elle, essayant de paraître nonchalante.
« Qu'as tu trouvé ? »
« J'ai reçu une… invitation, en quelque sorte. Avec les frères Lestrange, Malfoy et quelques autres. Nous nous rencontrons dans la Forêt interdite cette nuit. C'est top secret. Du moins ça aurait été le cas si Rodolphus avait appris à fermer sa grande bouche, pensa Bellatrix en réprimant un sourire. En fait, elle n'avait presque pas été invitée, mais après que Lestrange ait dérapé, elle avait réussi à s'introduire dans le groupe. Elle voyait presque les rouages tourner dans la tête d'Harry. Je te tiens ! C'était exactement ce qu'il recherchait.
« Je vois, » dit Harry.
Son visage de poker était terrible, songea Bellatrix, même s'il essayait désespérément de cacher qu'il était intéressé. Elle décida de jouer un peu avec lui. « Tu crois que c'est ce que tu recherchais ? »
« Oui. » Harry retourna brusquement dans ses pensées, renforçant instinctivement ses boucliers d'occlumencie. C'était trop tôt pour dire à Bellatrix ce qu'il se passait et ce qu'il avait prévu. Bellatrix regarda avec intérêt son visage se vider de toute expression, comme si un mur invisible était soudainement apparu et que ses traits étaient maintenant illisibles. Elle remarqua avec intérêt que cela semblait être plus un réflexe qu'un geste conscient, car c'était souvent très facile de lire en lui alors que de temps en temps, elle n'avait pas la moindre idée de ce qu'il se passait dans sa tête.
« J'avais peur que tu dises ça. » Bellatrix secoua la tête et commença à faire les cent pas. « Tu n'as pas été invité. Je n'étais même pas invitée jusqu'à ce que je convainque Lucius que ce serait dans leurs intérêts d'inviter un membre de la famille Black. »
« Ne puis-je pas juste venir et prétendre avoir reçu une invitation ? »
« Sans paraître suspicieux ? Non. » Bellatrix secoua la tête, ses tresses noir volant. « Mais je pense être capable de t'amener comme ami. »
« Et tu penses que ce sera moins suspicieux ? » demanda Harry dubitatif.
« Ça le sera moins que si tu arrives sans être annoncé, » répliqua-t-elle.
Harry ouvrit la bouche pour rétorquer quand il eut une idée. « Je peux prendre du polynectar pour te remplacer. »
« Non. Tu gâcherais tout. » Bellatrix leva la main pour stopper tous les commentaires possibles d'Harry. « Ecoute, tu ne connais pas ces gens, du moins tu ne sais pas comment ils sont. Tu ne me connais pas très bien et tu risquerais de cramer ta couverture en disant la mauvaise chose au mauvais moment. En plus, nous sommes partenaires, donc je viens. »
Harry la regarda pendant un long moment comme s'il hésitait à insister encore. Elle avait raison – il ne savait pas comment elle se comportait auprès de potentiels mangemorts et ses talents d'acteur n'avaient jamais été très bons. Et elle savait se servir de sa baguette pour se défendre. Ne pas l'emmener pourrait soulever plus de questions qu'il était prêt à répondre pour l'instant. « Très bien, » concéda-t-il, « tant que ta famille ne l'apprend jamais. »
« J'ai dix-sept ans, » objecta Bellatrix. « Je fais ce que je veux. »
Harry espérait qu'elle ne comptait pas dire à son père ce qu'elle allait faire, car si Cygnus ou Orion Black découvraient qu'il avait entrainé leur fille dans son enquête, en ignorant leurs ordres, il aurait des comptes à rendre. Mais si elle venait, il allait décider de certaines choses.
« Tant que tu suis mes ordres. J'ai plus d'expérience que toi avec la personne que nous allons rencontrer, » stipula-t-il. Levant une main pour l'empêcher de parler, il continua. « Si c'est ce que je crois que c'est, alors nous allons potentiellement nous retrouver dans une situation très dangereuse. Tu ne sais à qui nous avons à faire et ce qu'il est capable de faire. Tu n'as pas idée des conséquences à long-terme qu'un mauvais mot ou pas pourrait causer. »
« Tu as l'air effrayé. » C'était clairement une moquerie. Il ne savait si c'était pour défier l'autorité d'Harry ou lui faire divulguer plus d'informations. Il s'en moquait d'ailleurs. Il y avait trop de choses en jeu.
« Comme j'ai dit, tu ne sais avec qui nous avons à faire. »
« Et toi tu le sais ? »
Harry resta silencieux pendant un long moment. « Oui, » dit-il finalement. « Et j'aurais souhaité ne pas le savoir. »
« Avec qui avons-nous faire au juste ? » Bellatrix n'aimait pas le regard hanté qu'il avait eu pendant une seconde. Elle savait juste qu'il y avait une histoire derrière, une qu'elle connaitrait un jour. Elle se demandait juste si elle aimerait la façon dont se terminerait l'histoire quand elle la connaitrait. Quelque chose lui disait que ce ne serait pas le cas.
« Tu vas voir. » Harry ne voulait pas prononcer le nom de Voldemort, pas encore. « Comment nous rendons-nous au rassemblement ce soir ? »
Bellatrix ne put résister de le charrier une nouvelle fois. « Je ne sais pas, » répondit-elle joyeusement. « Je te suis. »
Harry la fusilla du regard.
« La cape ne va pas, » se plaignit Harry dans un murmure. Ils se tenaient à l'orée de la Forêt interdite, attendant que les autres invités n'arrivent. De là, quelqu'un les emmènerait au vrai lieu de rendez-vous, du moins selon les informations que Bellatrix avait obtenu des frères Lestrange.
« C'est la bonne taille, non ? » répliqua Bellatrix, jetant un coup d'œil vers le château. La capuche de sa cape cachait son visage. Elle se déplaça et Harry vit qu'elle était nerveuse.
« C'est la bonne taille mais elle est un peu courte, » il tira sur le haut de sa cape avec irritation, essayant de soulager le poids de sa cape.
Bellatrix ricana, et Harry la regarda sévèrement. Je sens que je vais regretter de poser cette question, pensa-t-il. « Qu'as tu encore fait Black ? »
« Oh, c'est Black maintenant ? » grimaça Black.
« Où as-tu eu cette cape ? Et réponds simplement à la question, » dit Harry d'un ton sec. Il savait qu'elle s'amusait beaucoup.
« J'ai cherché dans le dortoir des garçons jusqu'à en trouver une qui t'aille. » Harry n'avait pas besoin de voir son visage pour savoir qu'elle se moquait de lui. « C'est une de mes capes, d'accord ? »
« Une cape de fille ? » dit Harry, sa voix grimpant dramatiquement. « Tu m'as donné une cape de fille ? » Il ne pouvait qu'imaginer à quel point il avait l'air ridicule. Ce n'est pas une surprise qu'elle soit serrée au niveau des épaules et ne lui arrive qu'au bas du dos.
« Chut ! Ne crie pas ! » marmonna Bellatrix, montrant des figures sombres qui s'approchaient.
« Tu aurais pu m'en apporter une à ma taille, » se plaignit Harry.
« Et manquer de te voir avec ce look ? » Cette fois, Harry sut qu'elle l'insultait. Peut-être que c'était sa revanche pour avoir voulu ne pas l'emmener. Quoi que ce soit, elle s'amusait beaucoup. « Je ne sais peut-être pas qui a organisé ce rassemblement mais donne moi le bénéfice du doute. De ce que j'ai appris, seuls les sangs purs sont invités et seulement ceux de Serpentard. De riches enfants dont les parents jettent leur argent par les fenêtres. Ta cape aurait eu l'air déplacée. Et pour ton information, c'est une cape de femme. »
Harry réprima une réplique tout en regardant les silhouettes approcher. « Combien de personnes ont été invitées au total ? » Il compta silencieusement les silhouettes. Vingt-sept.
« Je ne sais pas. La seule raison pour laquelle nous n'avons pas eu de mal à sortir hors du château, c'est parce que tu es un professeur. Personne ne demande ce que vous faites. Tout le monde va être plus prudent que nous, mais ils nous ont dit d'être à l'heure, donc je suppose qu'ils sont tous là. »
Cela leur prit quelques autres minutes pour être plus proches. « Envoie le signal, » chuchota-t-il.
« Et si ce ne sont pas eux ? »
« Ca n'a pas d'importance. Ils ne savent pas ce que c'est et penseront qu'il se passe autre chose. »
Bellatrix fusilla Harry du regard pendant un instant, prête à rétorquer. Etait-il vraiment prêt à prendre le risque que quelques curieux enquêtent sur le signal qu'il allait envoyer si les personnes qui approchaient n'étaient pas les bonnes personnes. Avec un haussement d'épaule, elle ferma la bouche et sortit sa baguette. Quelques secondes plus tard, une pluie d'étincelles rouges jaillit de sa baguette. Le groupe venant du château s'arrêta un moment, puis une autre pluie d'étincelles rouges jaillit de la personne qui menait la procession. Le groupe changea de direction et se dirigea vers Harry et Bellatrix. Quand ils furent plus prêts, Harry put identifier les trois hommes de devant. Il reconnaissait les deux frères Lestrange. Il supposa que le troisième était Lucius Malfoy.
« Ce sont eux, » confirma Bellatrix. « Je reconnais la démarche de Lestrange. Laisse moi parler et reste silencieux. Essaie d'agir comme si tu n'en avais rien à faire. »
« Je sais. »
« Alors montre le ! » siffla-t-elle. « Je ne sais pas si quelqu'un te l'a déjà dit, mais tes talents d'acteur sont terribles. Je sais que tu es très intéressé par cette rencontre, mais si quelqu'un découvre à quel point tu es intéressé, cela pourrait tout faire foirer ! »
Puis, ils ne purent plus parler. « Bellatrix, » salua l'un du trio, confirmant avec sa voix de baryton que c'était en effet Rodolphus Lestrange. « Je ne me souviens pas t'avoir autorisé d'amener quelqu'un. »
Bellatrix leva sa tête avec défi. « Si tu peux amener tes amis, » dit-elle en montrant le groupe derrière lui, « alors moi aussi. De plus, qui es-tu pour contredire une héritière de la Maison Black, hein ? »
Lestrange éclata de rire. « Héritière de la Maison Black ? Je ne crois pas Bellatrix, pas avant longtemps. Ta noble maison des Black n'est plus si importante qu'avant. »
« Je ne me souviens pas que les Lestrange fassent mieux, » répliqua-t-elle d'un ton acerbe. « En fait, je ne sais pas comment tu as réussi à être invité ici, Lestrange, sachant que tout le monde ici sauf toi est issu des Anciennes Familles. »
Lestrange était sur le point de répondre avec colère quand l'un de ses compagnons l'arrêta en posant sa main sur son bras. « Laisse tomber, » gloussa Lucius Malfoy. « Elle a du cran. Bien plus que Narcissa. »
« Qui est ton ami ? » demanda le troisième, l'autre frère Lestrange.
« Tu es celui à avoir insisté sur tous ces secrets, » sourit Bellatrix. « Donc si tu arrêtais d'annoncer à tout le monde à deux kilomètres à la ronde qui je suis et commençais à nous dire pourquoi nous sommes là ? »
Lestrange tremblait et pendant un moment, Harry se demanda s'il allait essayer de la frapper. Harry chercha sa baguette dans sa poche mais il n'avait pas à s'inquiéter. L'arrivée d'un autre groupe l'empêcha d'agir.
« Je pense que nous sommes tous là, » annonça Malfoy, « Allons-y. » Sans attendre de réponse, il se tourna et se dirigea dans la forêt, le reste du groupe le suivant. Harry et Bellatrix attendirent un peu et fermèrent la marche. Marchant lentement pour qu'ils puissent parler un peu, Bellatrix se pencha vers lui.
« Tu as nous presque fait démasquer, » siffla-t-elle avec colère.
« De quoi tu parles ? »
« Tu as presque sorti ta baguette ! » C'est vrai, il n'avait pas été très subtil et si elle n'avait pas su que sa baguette se tenait dans sa poche, elle n'aurait jamais deviner qu'il s'apprêtait à la saisir, mais le fait est qu'elle avait été capable de le dire.
« Réflexe, » s'excusa Harry.
Bellatrix le dévisagea un instant. « Il vaut mieux que tu travailles ça. Ça devait être une période intéressante ton époque, si tu as de tels réflexes et un tel style de combat. »
« C'est une façon de dire les choses, » répondit Harry.
Ils couvrirent la distance restante en silence, regardant tous les deux le terrain autour d'eux et essayant de deviner où Malfoy et les Lestrange les emmenaient. Il semblait bizarre à Harry que ce soient les Lestrange qui étaient au courant de tout ça, car ils ne lui avaient jamais parus très brillant dans le futur. Malfoy, il arrivait à le croire, et seulement parce que Lucius Malfoy était un bâtard manipulateur dans le futur qui, malgré son complexe de supériorité et son rejet des moldus et des nés de moldus avait réellement un semblant d'intelligence. Harry réalisa soudainement qu'ils étaient déjà passés par là.
« Ils tournent en rond, » remarqua Bellatrix.
« Non, il le fait volontairement. Mais il le fait très bien. Je n'avais presque pas remarqué. Harry jeta un coup d'œil. « Où qu'ils aillent, il ne veulent que quelqu'un puisse nous suivre. »
« Ou ils ne veulent pas qu'on puisse partir, » suggéra Bellatrix. Elle n'aima vraiment pas le regard qui passa dans les yeux d'Harry. « Tu ne crois pas que c'est un piège, si ? »
Harry secoua la tête. « Non, c'est trop prématuré pour que ce soit un piège. Je crois qu'ils veulent… recruter. »
« Alors pourquoi as-tu eu peur quand j'ai dit que nous n'allions peut-être pas partir d'ici ? Et ne me dis pas que c'est rien, parce que je connais ce regard, Ashworth. »
Harry retourna dans sa tête ce qu'il allait dire. « Disons juste que tu n'aimeras pas… l'initiation de ce groupe particulier. »
Bellatrix le regarda bizarrement. « Alors, espérons qu'il n'y en aura aucune ce soir. »
Ce fut que quelques instants plus tard qu'ils arrivèrent à destination. Harry se sentit franchir les barrières de Poudlard, ce qui indiqua qu'ils avaient fait pas mal de chemin. Il n'était pas sûr que c'était une bonne chose. Cela signifiait qu'il pourrait transplaner s'il devait fuir et qu'ils pourraient se défendre eux-mêmes. Cela signifiait aussi que tout le monde pourrait utiliser les sorts qu'ils voulaient et que personne ne le saurait. Ils s'arrêtèrent dans une clairière sombre.
La figure en robe se tenant en plein milieu était cependant tout à fait visible. Dès qu'Harry vit la silhouette, il n'eut pas besoin du pincement à sa cicatrice pour savoir que c'était Voldemort. La posture ne pouvait pas appartenir à quelqu'un d'autre et Harry renforça automatiquement tous ses boucliers mentaux. Une part de lui avait su qu'il rencontrerait Voldemort ce soir mais une part de lui espérait que ce ne serait pas le cas. Ce serait bien plus facile avec l'un de ses lieutenants que le Seigneur des Ténèbres lui-même, mais une nouvelle fois, Voldemort avait toujours fait lui-même les recrutements.
Harry espérait avec ferveur que Voldemort n'était soit pas aussi doué en légimentie qu'il ne le serait dans le futur, soit qu'il n'allait pas chercher trop loin. S'il apprenait qu'Harry venait du futur et qu'il prévoyait de l'arrêter… Pendant un bref instant, Harry attrapa sa baguette, se demandant s'il devait tuer Voldemort maintenant, cessant le combat avant même qu'il ne commence. Bellatrix lui donna un coup de coude dans les côtes qui l'arrêta et il regarda, reconnaissant pour une fois qu'elle lui ait remis les pieds sur terre. C'était impossible qu'il réussisse à battre Voldemort avec cette foutue baguette. De plus Harry ne savait même pas s'il était capable maintenant de battre Voldemort avec une bonne baguette. Même aujourd'hui, des décennies avant leur première rencontre, Voldemort avait des années d'expériences et de rituels noirs qui lui donnaient des capacités qu'Harry n'avait pas – surtout qu'il était encore humain. Dumbledore avait un jour émis l'hypothèse que sa résurrection avait affaibli Voldemort, son corps d'emprunt ne lui permettant pas de canaliser autant d'énergie que son corps originel.
Suivant les autres, le groupe s'arrangea pour faire face en ligne à la figure sombre qui les regardait attentivement mais silencieusement. Harry s'assura qu'il était au bout de la ligne, loin des Lestrange et de Malfoy, ainsi s'il devait s'échapper, il n'y aurait que quelques pas entre lui et la forêt. Bellatrix se positionna juste à côté de lui. Quand les autres arrêtèrent de chuchoter et que tout le monde fut installé, Voldemort avança de quelques pas, les regardant tous avec attention. Finalement il parla.
« Bienvenue, Scions de nos Nobles Maisons. »
Harry était surpris par sa voix, même si c'était indubitablement celle de Voldemort, elle n'avait pas cette dimension inhumaine, presque sifflante qu'il aurait dans le futur. Mais là encore, le Voldemort qu'il connaissait était revenu d'entre les morts et était plus mi serpent et démon qu'homme. En fait, il ressemblait beaucoup au souvenir de Tom Jedusor du journal intime qu'Harry avait rencontré durant sa deuxième année. Il semblait… humain.
Quand rien ne se passa après cette brève salutation, Harry leva la tête et vit Voldemort s'approcher de Rodolphus Lestrange. Regardant droit dans les yeux de l'étudiant de Serpentard, Voldemort inclina sa tête. « Regarde-moi, » dit-il, calmement mais avec suffisamment d'autorité pour que tout le monde se fige immédiatement. Lestrange coopéra et regarda directement dans les yeux de Voldemort. Le Seigneur des Ténèbres garda le contact un long moment, puis bougea, apparemment satisfait. Le frère Lestrange semblait un peu intimidé par toute l'affaire mais obéit également.
Malfoy, d'un autre côté, sourit et regarda fièrement dans les yeux de Voldemort, son dos droit et ses épaules carrées. Voldemort sembla presque sourire. Quand le Mage Noir avança, Harry essaya de combattre sa nervosité grandissante. Il savait que Bellatrix avait remarqué son agitation ce qui augmentait sa propre anxiété. Harry réalisa avec retard qu'il ne savait pas si Bellatrix connaissait l'occlumencie et si c'était le cas, si elle était suffisamment douée pour garder Voldemort hors de sa tête. Si ce n'était pas le cas et qu'il découvrait qu'elle préparait quelque chose et qu'il était impliqué…
Avant qu'il n'ait pu formuler un plan, une excuse, n'importe quoi pour faire diversion, Voldemort s'était arrêté devant la jeune sorcière. Elle aussi le regarda droit dans les yeux, comme pour le défier. Son visage était inexpressif mais sa posture était droite et elle s'était entièrement redressée, ayant l'air de l'aristocrate typique des Anciennes Familles. Si Voldemort découvrit quoi que ce soit, il ne dit rien et se plaça simplement devant Harry.
Et là Harry se retrouva face à une version bien plus jeune de Voldemort. La première chose qu'Harry remarqua c'était que les traits de serpent qui étaient la marque de fabrique du Lord noir dans le futur n'étaient pas là, pas encore. Harry se savait pas si c'était le résultat de futurs rituels ou de sa résurrection mais la personne devant lui aurait pu être une copie carbone de l'élégant étudiant de septième année qu'Harry avait rencontré en tant que Tom Marvolo Jedusor, quoi qu'un peu plus vieux. La seule chose de différent, c'étaient les yeux… ceux de Tom Jedusor avaient été bleu durant sa septième année, là ils étaient d'une nuance rouge si sombre qu'Harry pensa presque qu'ils étaient noirs. Leurs yeux se croisèrent et Harry ressentit soudainement une sensation qu'il avait presque oublié, sa cicatrice le picotait.
Voldemort dut sentir quelque chose car il regarda Harry bien plus longtemps que n'importe qui d'autre. Finalement il leva une main vers le front d'Harry et poussa ses cheveux. Ayant un bref aperçu de la main blanche, osseuse, presque sous-alimentée et de son poignet, et ce malgré son apparence normale, Harry comprit que Voldemort avait bel et bien déjà commencé sa transformation. « Intéressant, » murmura Voldemort en apercevant la cicatrice en forme d'éclair.
Harry était presque prêt à partir, ses boucliers d'occlumencie levés et renforcés attendant l'intrusion du mage noir, mais cela n'arriva pas. Il se tint tranquille et continua à croiser le regard de Voldemort, espérant que s'il se comportait normalement, Voldemort oublierait la sensation qu'ils avaient tous deux ressentis. Finalement Harry n'eut pas à agir selon ses instincts car Voldemort se retourna et retourna au centre de la clairière. Faisant face à la foule, il étendit les bras de façon dramatique.
« Vous êtes ici aujourd'hui à cause de qui vous êtes. Vous êtes les héritiers des familles sorcières les plus puissantes de Grande-Bretagne. Dans vos veines coulent le plus pur des sangs sorciers, et vous descendez des Anciennes Familles. La magie est votre droit de naissance. Ce monde est votre héritage. Vos ancêtres se sont battus pour avoir un meilleur monde, et se sont élevés dans le monde magique. Un jour, ils ont gouverné ce pays, comme c'était là leur droit. Aujourd'hui, le monde pour lequel ils se sont battus, le monde qu'ils ont créé pour leurs enfants, et ceux de leurs enfants a été corrompu. Lentement mais sûrement, les moldus se sont introduits dans notre monde et ont dilué notre sang pur et notre héritage. Notre culture commence à disparaître à cause de ceux qui ne pouvaient pas nous comprendre car ils n'étaient pas nés avec les mêmes pouvoirs que nous. »
Voldemort les regarda un par un. « Ils veulent vous retirer votre droit de naissance. Ils veulent vous retirer vos titres et votre richesse, les titres et la richesse que vos ancêtres ont mérités, les titres et la riches qui sont votre par la naissance. Nos leaders veulent que nous soyons tous égaux. Ils veulent que vous croyiez que vous êtes similaires aux nés de moldus et aux cracmols. En vérité ce n'est pas le cas. L'héritage des Vieilles Familles coule-t-il dans leurs veines ? Non ! Peuvent-ils prétendre aux mêmes richesses et aux mêmes titres que vous, vous qui descendez des Anciennes Familles ? Non ! Ils ne connaissent pas notre monde. Certains de vos parents ne font rien alors que ceux qui ne méritent rien, qui n'ont rien gagné, qui n'ont droit à rien, prennent tout. Vous avez vu les rues de notre monde magique. Les rues sont remplies de nés de moldus et même de ceux qui n'ont pas le don de magie. Elles sont remplies de personnes qui finiront par abandonner notre monde pour le leur. Nous ne pouvons pas laisser ça se produire, nous ne pouvons pas laisser le futur de notre monde magique aux mains que ceux prêts à l'abandonner si facilement quand cela les arrangera ! »
Voldemort avait commencé à faire les cent pas, sa cape virevoltant autour de lui. « Ce monde est le notre. Ce monde doit être protégé par vous. Nos leaders cherchent à vous refuser l'étude des vieilles magies, prétendant que ce serait trop dangereux, prétendant que cela détruirait notre monde. Mais ce qu'ils ont fait en réalité, c'est nous amputer de l'un de nos moyens de défense contre ces menaces à la fois intérieures et extérieures. Nous ne pouvons plus rester sans rien faire devant la profanation de notre monde, de nos droits en tant qu'héritiers des premières familles magiques. Nous ne pouvons plus permettre cette infestation qui détruit de part en part notre société et qui nous fait et fera pourrir de l'intérieur jusqu'à ce que nous soyons trop faibles pour nous en sortir. Si vous ne vous battez pas maintenant, et réclamez ce qui est votre, ce que vous méritez, alors il sera trop tard. Et tout ce que nous avons aura disparu. »
Harry s'aperçut avec surprise qu'il était captivé par Voldemort. Il entendait clairement la passion dans la voix de l'homme, ce n'était pas ce à quoi il s'était attendu. Ce n'était pas surprenant que Voldemort ait réussi à rassembler autant d'adeptes pendant la première guerre. Il était un orateur charismatique et s'il était déjà affecté par la folie, il ne le montrait pas. Sachant à quel public il s'adressait, Voldemort savait quels mots utiliser.
« Vous devez vous demander qui je suis, », continua Voldemort après un long silence. « Je suis celui qui a plongé dans les plus anciennes des magies. Je représente ce que nous étions avant. J'ai dédié ma vie à apprendre l'art de la magie, chacune de ses facettes, chaque sort, chaque incantation, même ceux considérés comme trop dangereux par le Ministère. Je pourrais être un exilé à cause de mes croyances, à cause de ce que je sais. Et pourtant, je suis ici, sachant que le pouvoir est dans les anciens textes. Ce pouvoir peut être à vous. Je suis celui qui vous redonnera ce qui est à vous. Je suis celui qui rendra toute sa puissance à notre monde. Je suis celui qui purifiera notre monde et lui redonnera son ancienne gloire. Je suis Lord Voldemort. »
Il y eut un long silence avant que quelqu'un ne crie. « Voldemort ! »
Cela ne prit pas de temps pour que tous les étudiants présents crient son nom à leur tour. Harry se joignit à eux autant que possible, ne voulant pas attirer l'attention sur lui, mais c'était dur pour lui de ressentir la même intensité. Ce que Voldemort venait de dire toucherait beaucoup de sorciers, il le réalisa, et lui ferait gagner beaucoup de sympathisants. Jetant un coup d'œil à Bellatrix, il vit qu'elle aussi ne se mêlait à la foule qu'à moitié.
« Merci, » dit Voldemort après avoir apprécié cet instant pendant plusieurs minutes. « Vous rendez votre monde fier de vous, » annonça-t-il noblement. « En rejoignant le combat et en affrontant nos leaders quand ils ont torts vous avez fait le premier pas pour réclamer notre monde. En temps utile vous apprendrez beaucoup de choses, des choses qui vous prépareront pour les épreuves à venir, quand nous aurons enfin étouffé l'oppression de nos leaders. Vous apprendrez des sortilèges que le monde n'a pas vus depuis des siècles. Vous verrez la magie que vos ancêtres ont créée, la magie que le ministère a trop peur de vous enseigner. Je vous montrerai. Et quand il sera temps… nous reprendrons notre monde ! »
Les applaudissements retentirent une nouvelle fois et Voldemort leva les mains pour apaiser la foule. « Maintenant, il est temps pour vous de rentrer. Je veux que vous vous sépariez. Prenez des chemins différents, assurez vous de ne pas être suivis. Vous devez garder les évènements de ce soir secrets, car nos ennemis sont partout. Quand le temps sera venu, je vous contacterai de nouveau. » Avec un dernier sourire satisfait, Voldemort fit un grand mouvement, montrant une direction. « Le château est par là. »
Harry s'assura de bouger lentement, malgré son envie d'être le plus loin possible de Voldemort. Essayer de se mélanger avec les autres s'avéra difficile car ils se séparèrent tous en des groupes de deux ou trois, prenant des chemins différents en direction du château. Il trouva finalement Bellatrix, l'apercevant en entrant dans la forêt et se dépêcha de la rejoindre. Ils restèrent silencieux pendant quelques minutes. Ce fut Bellatrix qui brisa le silence en premier, sa voix tremblant juste un peu. Elle cachait bien mais Harry remarqua que quelque chose n'allait pas.
« C'est un vrai Lord des Ténèbres ? » demanda-t-elle calmement.
« Pourquoi s'appellerait-il ainsi sinon ? » répondit Harry.
« Peut-être veut-il juste s'adapter ? Peut-être veut-il montrer à tout le monde qu'il vient d'une noble maison et que nous avons le droit de réclamer des titres qui n'intéressent plus personne ? »
Harry fut étonné. « Je ne savais pas que les maisons sorcières avaient des Lords. Ou même des titres. Je ne savais même pas qu'elles étaient considérées comme nobles. »
« Elles l'étaient, » répondit Bellatrix, presque d'un ton maussade. « Techniquement, les anciennes maisons font reposer leur fortune et leur influence sur le fait qu'ils sont des aristocrates. Le ministère ne les a pas reconnu comme tels depuis des décennies cependant. Mais techniquement, puisqu'aucune loi n'a aboli la noblesse, ils peuvent toujours demander le titre. Tu sais, je n'y avais jamais songé avant, mais tu… » Elle s'arrêta brutalement. « Tu as entendu ? » demanda Bellatrix.
« Non. » Harry jeta un coup d'œil autour d'eux. « Pourquoi ? Tu as entendu quelque chose ? »
« Je pensais avoir entendu une branche se casser. »
« Probablement un animal. » Harry espérait vraiment avoir raison. « Cette forêt contient beaucoup d'animaux. »
« Tu agis comme si cela n'avait pas d'importance. Certains de ces animaux sont dangereux, tu sais. »
Harry haussa des épaules. Selon mon expérience, ils ne t'embêtent pas tant qu'on les laisse tranquille. » La plupart du temps, ajouta-t-il mentalement, l'incident des araignées géantes lui revenant en tête. Il se remit à marcher et Bellatrix le suivit après quelques secondes d'écoute intensive.
« Donc, » continua-t-il, « Le ministère ne reconnaît plus aujourd'hui la noblesse des familles ? »
« Non. Ils ont décidé que faire parti d'une Ancienne Famille n'a plus d'importance. Bien sûr, nous avons toujours beaucoup d'influence et beaucoup d'entre nous finissent au Magenmagot ou dans d'autres lieux importants. Mais les autres ne sont que des élus du Ministère ou des délégués du peuple. »
« J'aime bien cette idée mais mon expérience m'a montré que les élus du Ministère ne sont pas bons. »
« Ça tu peux le dire, » marmonna Bellatrix. « Ce que Voldemort nous a promis, c'est restaurer l'ordre ancien avec seulement les membres des Anciennes Famille au Magenmagot. Leur droit de gouverner serait directement causé par leur sang. Des changements doivent être faits car il y a de plus en plus de nés de moldus. Ils veulent faire parti de notre gouvernement et il viendrait un jour où ils seront tellement nombreux… »
« Qu'il sera nécessaire de changer nos règles pour éviter une rébellion, » termina Harry.
Bellatrix hocha la tête. « Tu sais, tu n'as pas vraiment répondu à ma question. Est-ce vrai ? Est-il un vrai… »
Harry posa soudainement sa main sur sa boucher pour la faire taire. « Tu as entendu ? » chuchota-t-il. Ses yeux s'agrandirent et elle hocha la tête. Une autre branche s'était brisée et cette fois Harry l'avait entendu. Il était certain que ce n'était pas un animal cette fois. Ils regardèrent tous les deux autour d'eux mais il faisait trop sombre pour apercevoir quelque chose.
« Je te l'ai dit, » chuchota Bellatrix. « Quelque chose nous suit. »
« Peut-être un centaure ou une licorne, » dit Harry, essayant plus de se rassurer. Il avait été effrayé d'attirer l'attention de Voldemort mais il avait espéré que Voldemort l'avait oublié.
Bellatrix le regarda d'un air sceptique. « Cela pourrait toujours être dangereux. Nous sommes toujours en dehors des barrières, nous pouvons transplaner à Londres et revenir demain matin. On est samedi, personne ne remarquera rien. »
Harry regarda encore une nouvelle fois quand il entendit un autre bruit. Il ne voulait vraiment pas emmener un étudiant si loin de l'école sans bonne raison. Réalisant que passer la nuit loin de l'école avec une étudiante pourrait soulever plus de questions, Harry secoua la tête. « Non, continuons… »
Puis sa cicatrice commença à le brûler. Avec une vitesse née d'années de combats et de fuites, la baguette d'Harry apparut dans sa main et en murmurant un mot, il transplana avec Bellatrix hors de la forêt. Ils réapparurent à l'orée de la forêt, juste devant les barrières de Poudlard, proches du terrain de Quidditch.
« Ashworth ! » siffla Bellatrix.
« Voldemort nous suit. » Harry secoua la tête pour qu'elle ne pose pas de questions. « Je t'expliquerai plus tard. Transplane quelque part, cours sur cent mètres au moins puis transplane encore. Pas moins de dix kilomètres entre chaque transplanage. Refais ça au moins cinq fois. Rencontre moi à la station de métro la plus proche du 12 Square Grimmaud. Et enlève cette cape. »
Bellatrix allait lui demander s'il voulait aussi un glamour mais son ton très sérieux et ses yeux l'arrêtèrent net. Il avait peur, réalisa-t-elle. Et cela l'effrayait aussi. Avec un bref mouvement de baguette, elle disparut. Une fois qu'elle fut partie, Harry soupira brièvement. Espérant qu'elle allait bien, il transplana à son tour vers la côte de Wales. Puis ce fut à Glasgow où il enleva la cape qu'il portait. Courant loin de l'endroit où il était apparu, il descendit la colline et transplana à Dover. Puis ce fut Lancaster. Oxford. Dublin. Quelques villages sur la côte nord de la France. Finalement il revint à Londres.
Regardant autour de lui, Harry se cacha dans une sombre allée, tremblant dans la nuit froide ayant abandonné la cape que Bellatrix lui avait donnée. Après cinq longues minutes d'attente, voyant que personne ne l'avait suivi, il continua dans les rues, s'assurant que son dos était toujours contre un mur. Réalisant qu'il était inutile de geler, il conjura un gilet et s'engouffra dans la station de métro. Bellatrix était déjà là, portant elle aussi une longue veste moldue. Il remarqua avec intérêt qu'elle était appuyée contre un pilier ce qui lui permettait de surveiller les deux entrées de la station et un petit miroir devant elle lui permettait de regarder derrière elle.
Quand elle l'aperçut, il pensa avoir vu un soupçon de peur mais elle le cacha vite derrière son masque habituel de froide indifférence. « Tu as pris ton temps, » dit-elle simplement pour le saluer.
« Je voulais juste être prudent. » Harry passa devant elle et s'assit sur un banc.
Bellatrix le regarda un instant puis s'assit à côté de lui. « Es-tu sûr que c'était Voldemort qui nous suivait et pas l'un des autres étudiants ? »
« Oui. »
« Comment le sais-tu ? Tu as dit que tu m'expliquerais et je viens juste de m'enfuir dans une chasse sauvage et de me cacher juste parce que tu m'as dit qu'un seigneur des ténèbres était après nous. Donc tu ferais mieux de m'expliquer Ashworth. »
Harry hésita, ne voulant pas lui expliquer toute l'histoire. « Il te suffit de savoir qu'en raison de certains évènements survenus à mon époque, je peux sentir plus ou moins sa présence. Et non, je ne donnerai pas plus de détails. »
« Bien. » Bellatrix croisa les bras et le regarda d'un air suspicieux. « Et… peut-il faire la même chose ? Peut-il te sentir quand tu es dans le coin ? »
Le silence d'Harry fut la réponse qu'elle voulait. « Par la barbe de Merlin, il peut, n'est-ce pas ? C'est pourquoi il t'a regardé pendant si longtemps ! »
« Oui. »
Bellatrix ouvrit la bouche pour lui dire à quel point il avait été stupide d'être présent ce soir, comment il aurait pu les faire tuer tous les deux mais rien ne lui vint. La seule chose à laquelle elle pouvait penser, c'était qu'un Seigneur des Ténèbres existait et qu'il l'avait remarquée. Ou du moins, qu'il avait remarqué Harry et elle par association. Finalement elle parla. « Ton plan est de saboter sa montée au pouvoir ? »
« Oui. » Harry s'attendait à un déluge de questions mais aucunes ne vint. Son silence l'effrayait plus que ses questions Bellatrix n'allait pas louper une occasion d'en savoir plus sur ses plans et de se mêler de cette histoire. Le fait qu'elle n'essayait même pas montrait à quel point elle était bouleversée.
« Regarde moi. » Elle se tourna vers lui. « Regarde moi, » répéta-t-elle quand il évita ses yeux. Des yeux verts croisèrent des yeux violets et Harry résista à l'envie d'élever ses boucliers mentaux Cela prit quelques secondes à Bellatrix pour formuler la question qu'elle voulait lui poser. « Comment la Bellatrix de ton époque réagirait à ton plan ? »
« Je ne sais pas, » répondit-il. Ce n'est pas un vrai mensonge. Harry ne savait vraiment pas comment une Bellatrix saine d'esprit aurait réagi face à toute cette situation. Tout ce qu'il savait, c'était que quelque chose lui était arrivé et l'avait transformé en cette sociopathe violente et meurtrière.
« Je pense que tu le sais, » dit Bellatrix. « Merde, Ashworth, tu n'es qu'un sale menteur. Quand arrêteras-tu ces demi-vérités et ces vagues réponses ? Nous sommes là-dedans tous les deux et à cause de toi, j'ai été chassé dans tout le pays par un Seigneur des Ténèbres. Que tu aimes ça ou non, je suis ta partenaire, donc tu as intérêt à me faire enfin confiance ! »
Harry grimaça. « Normalement, j'aurais pu te le dire facilement. Mais il y a des circonstances, des circonstances qui t'ont affectées… je ne sais vraiment pas ce à quoi tu pensais à la fin. »
« A la fin ? »
Harry jura mentalement quand il réalisa qu'il en avait encore trop dit. Regardant dans ses yeux violets accusateurs, il sut qu'elle méritait la vérité. Toute la vérité. Parce que d'une certaine manière, elle avait raison. L'ayant inclus dans ses plans, Voldemort était maintenant intéressé par tous les deux. Il lui devait au moins la vérité pour l'avoir entrainé là-dedans.
« Tu…, » il lécha ses lèvres sèches et arrêta de la regarder dans les yeux. « Tu t'es suicidée. »
« Je n'aurais jamais… »
« Tu l'as fait, » répéta Harry. « Je ne pensais pas non plus que tu étais le type de personne à le faire, mais… »
« Quel type de personne étais-je Ashworth ? De quel côté je me battais ? »
« Tu étais chez les vainqueurs. »
« Alors pourquoi ? Pourquoi me serais-je suicidée ? »
Harry soupira. Cela n'allait pas être simple. « Honnêtement, je ne suis pas sûr. » Même si j'ai quelques idées, ajouta-t-il mentalement, mais il n'allait pas lui dire ce qui lui était arrivée dans les donjons de Voldemort. « Tu t'es suicidée… parce que ton camp gagnait. »
Bellatrix le regarda, sans arriver à le croire. « Quoi ? » Cela ne lui avait échappé quad il avait parlé de son camp à elle.
« Ton camp a décidé que tu n'étais plus utile. » Harry croisa son regard. « Tu te souviens le jour où je suis apparu dans la voute de la famille Black ? Mes mains étaient couvertes de sang. Tu venais de te poignarder avec ton épingle à cheveux. »
Il vit ses yeux s'écarquiller de choc et son visage se drainer de sang. « Si je me suis suicidée, pourquoi mon sang était-il sur tes mains ? »
« Tu voulais que je te tue. Tu m'as tendu cette épingle et m'as demandé de te poignarder avec. J'ai refusé, donc tu l'as prise et tu l'as fait toute seule. » Harry se demanda s'il serait capable de lui jeter un sort de mémoire. Certaines choses devaient mieux rester secrètes.
« Je ne te crois pas. »
« Si nous pouvons trouver une pensive, je peux te montrer le souvenir. »
Bellatrix chercha son épingle à cheveux et la lui montra. « Je t'ai donné ça. »
« Oui. »
« Et j'ai voulu que tu me tues avec. »
« Oui. »
« Tu n'as toujours pas répondu à ma question. Pourquoi me suis-je suicidée ? »
Au moins, elle n'était plus dans le déni, pensa Harry. « Tu te battais pour Voldemort, » dit-il finalement. « A la fin, je suppose qu'il a décidé que tu n'étais plus nécessaire et il t'a… congédiée. »
« Je suppose donc que ce n'est pas ce qu'il t'est arrivé. »
« Non, », soupira Harry, la voyant s'effondrer avant de lever le visage vers lui. Son visage était caché derrière ses longues tresses mais il savait qu'elle était blessée. « Non, » répéta-t-il. « Je me battais contre lui et j'ai été capturé. Il prévoyait de me faire exécuter. »
Elle resta silencieuse pendant un long moment, avant de lever sa tête vers lui. Harry voyait bien qu'elle luttait pour ne pas pleurer mais sa voix tremblait. « Je n'ai pas l'impression que ce conflit se soit bien terminé, ni pour moi ni pour toi. »
« Pas vraiment, » admit Harry. « Mais au moins c'était un peu plus facile dans mon camp. Au moins, nous étions parfois heureux. Voldemort n'est pas très amical. »
« Je suppose que c'est ce qui compte, » dit Bellatrix. « Dis moi Harry, réponds moi honnêtement. Etais-je une mauvaise personne ? Je veux dire, vraiment mauvaise ? Diabolique ? Diabolique, comme tuer ou torturer des gens. »
Harry hésita, ne voulant pas dire à cette jeune fille ce qu'elle deviendrait. Parce qu'à la fin, c'était ce qu'elle était – une jeune femme impressionnable pas encore touchée par la corruption qui dominerait dans le futur. « Ça n'a pas d'importance. Je suis en train de changer le futur. »
« Merde Harry, c'est important pour moi ! » explosa Bellatrix, blessée et en colère. « C'est important pour moi. » La colère disparut aussi vite qu'elle était arrivée et elle mit sa tête dans ses mains et commença à sangloter.
Elle mérite de savoir, songea-t-il. Si j'étais à sa place, je voudrais savoir. Je voudrais savoir ce que je deviendrais si je pouvais voir mon futur moi en personne et me reconnaître. Et ce ne serait pas le cas pour elle. Il savait qu'elle ne se reconnaitrait pas, à cause de qui elle était maintenant, malgré ses défauts, malgré son arrogance et son égoïsme, elle n'était pas la personne qu'elle était dans le futur. Mettant un bras autour de ses épaules, il essaya de la réconforter. « Oui, » lui dit-il. « Oui, tu étais diabolique. Je ne sais pas comment ni pourquoi c'est arrivé mais tu as choisi de suivre Voldemort. Et quand tu l'as fait, tu as changé. Tu t'es perdue. Tu as fait des choses… de terribles choses. Mais ce n'était pas toi. Ce n'est pas qui tu deviendras. »
« Mais c'est ce que je pourrais devenir. C'est qui je pourrais être. » Elle le regarda. « Je ne veux pas être comme elle. »
« Tu n'as pas à l'être. »
« Bien. » Elle se redressa et se recoiffa, tout en séchant ses larmes. Quelques instants plus tard, son masque d'indifférence était de retour. « Et tu n'as besoin de me serrer si fort. Je ne vais pas t'abandonner. Mais j'insiste pour que tu fasses plus d'efforts. Honnêtement Ashworth, tu t'es un peu trop ménagé. Je ne sais ce à quoi mon futur moi pensait, mais elle ne t'a pas envoyé ici pour être fainéant. »
« Heureux de l'entendre, mais je doute que ton futur toi m'ai envoyé ici intentionnellement. »
« Tu penses que c'était de la lâcheté de me poignarder ? » dit Bellatrix.
Quand Harry ne répondit pas, elle continua. « Il est évident que je voulais que tu le tiennes quand ça rentrerait en contact avec mon sang. Il s'active par le sang, non ? »
« Tu es et étais folle, » rétorqua Harry.
Bellatrix se leva et le fusilla du regard, les mains sur les hanches. « A quel point me connaissais-tu dans le futur ? »
« Suffisamment pour savoir comment tu te battais, intérieurement et extérieurement. » Harry haussa un sourcil. Bien sûr, se morigéna-t-il, c'était son futur elle qui se battait ainsi, pas aujourd'hui.
« Je pense que je serais juge de mes actions, folle ou non, Ashworth. » Au moins, maintenant qu'il lui avait dit qu'elle était folle dans le futur, elle espérait que son destin serait changé. « Du moment que je suis de ton côté, qu'est-ce que ça change de toute façon ? »
« Qu'importe. »
« Ne me dis pas ça ! » Bellatrix se pencha et l'attrapa par le col. « Nous sommes là-dedans ensembles Ashworth. Et je n'ai aucune envie de mourir pour l'instant. Donc tu ferais mieux de te bouger le cul et d'avancer dans tes plans ! »
« D'accord. » Même si Harry ne le montra pas, il souriait intérieurement. C'était la Bellatrix qu'il avait appris à connaître durant son séjour dans le passé, la jeune femme agressive et réactive qui obtenait ce qu'elle voulait et qui se vengeait. Il se leva et croisa les bras, lui souriant.
« Alors ? » demanda-t-elle.
« Alors quoi ? »
« Que faisons-nous maintenant ? »
Harry haussa des épaules. « Je pensais que ton plan était de rester à Londres jusqu'au matin et ensuite de se faufiler dans le château. Je prends ce banc. Tu peux dormir sur l'autre de l'autre côté. »
« C'est pas étonnant que tu ais été capturé, » soupira Bellatrix, exaspérée. « Dis moi, tu es né aussi incompétent ou tu t'es entrainé ? »
« Du calme, » l'apaisa Harry. « Ton oncle et ton père m'ont engagés pour surveiller Poudlard et essayer de découvrir ce qu'ils se passait avec tous les récents actes anti-moldus. Ils avaient le sentiment que quelque chose se préparait chez les sangs purs et que des étudiants étaient impliqués. Il est évident que je savais précisément ce qu'il se passait, mais j'avais besoin de preuves avant de pouvoir leur fournir des réponses. Je suppose qu'il faut que j'aille les voir maintenant. Ils voulaient savoir aussi vite que possible. »
« Es-tu sûr que ce soit la meilleure des options ? » demanda Bellatrix, soudainement inquiète. « Je veux dire, il faut que tu sois prudent. Mon oncle ne s'implique jamais lui-même sans raison. »
« Je suis sûr que qu'il voudrait être impliqué dans une chose aussi grave que la montée en puissance d'un mage noir. Ne t'inquiète pas, c'est une partie de mon plan. Si tout se passe bien, ils réagiront comme je le veux. »
Bellatrix lui jeta un regard sceptique. « Tu es sûr de ça ? »
« Tu serais surprise. Comme tu l'as dit, à quel point me connais-tu ? » sourit Harry. « Il y a des choses que tu ne sais pas sur moi, Black. » Il sourit de satisfaction en voyant que ça la rassurait un peu. « Maintenant, y-a-t-il un moyen pour sortir ton oncle du lit sans que les autres habitants de la maison le sachent ? »
« Pas de problème, » répondit-elle en claquant des doigts. « Kreature ! »
L'elfe de maison apparut. « Maîtresse Bella, » croassa-t-il.
« Réveille mon oncle Orion. Dis lui juste qu'Ashworth doit le voir de toute urgence. Dis lui où nous sommes. Vas-y », lui ordonna-t-elle. Avec un pop silencieux, l'elfe de maison avait de nouveau disparu.
Harry regardait autour de lui, essayant de voir si un moldu avait vu l'elfe de maison. « Tu es folle ou quoi ? » siffla-t-il. « Nous n'avons pas besoin que le Ministère rapplique pour usage abusif de magie ! »
« Ne t'inquiète pas de ça, » répondit-elle en roulant des yeux. « Il sait que les moldus ne sont pas supposés le voir. »
Cela ne prit pas longtemps pour qu'ils entendent des bruits de pas résonner dans la station de métro déserte. Harry tenait sa baguette mais se relaxa quand il vit Orion Black. Malgré l'heure tardive et l'urgence avec laquelle il avait été réveillé, il était dressé impeccablement, bien qu'en vêtements sorciers. Quand il aperçut sa nièce, son regard se durcit un peu. « Bella, Mr Ashworth, » les salua-t-il sèchement.
« J'ai trouvé ce que nous cherchions, avec l'aide de Bellatrix, » expliqua-t-il, choisissant ses mots soigneusement. « Nous avons à faire à un seigneur des ténèbres en puissance. »
Quand il ne dit rien, Bellatrix décida de se joindre à la conversation. « C'est vraiment un seigneur des ténèbres. »
« Je ne doute pas de lui, » dit Orion lentement. Il se retourna et commença à faire les cent pas. « Ce n'est pas bon. Bellatrix, emmène Mr Ashworth chez toi et sors ton père du lit. Attendez- moi là-bas. »
La jeune sorcière grimaça. « Je ne pense pas que mère apprécie la compagnie, surtout pas à cette heure. »
« Il est donc heureux qu'elle soit à Londres et passe la nuit au Square Grimmaud, » répondit son oncle. »
« Très bien. » Elle s'approcha d'Harry, visiblement soulagée. Vérifiant rapidement que personne ne regardait, Bellatrix sortit sa baguette et transplana avec Harry. Ils apparurent devant un manoir de style victorien qui devait avoir, selon Harry, au moins cent ans. « C'est donc là que tu vis, » commenta-t-il. « C'est pas mal. »
« Oui », répondit-elle en lâchant son bras. « Père l'adore mais mère non. »
« Qu'en est-il de toi ? »
« C'est une maison, » dit-elle en haussant des épaules.
Harry n'était pas sûr de ce qu'elle voulait dire par là mais il se souvint de la maison de son enfance. La maison des Dursley à Privet Drive était aussi juste ça pour lui, une maison. Un bâtiment, un lieu où il avait résidé pendant dix ans jusqu'à ce qu'il parte pour Poudlard. Il ne tenait pas à cette maison, contrairement à la façon dont les Weasley étaient attachés au Terrier ou Sirius au 12 Square Grimmaud.
Quand ils atteignirent la porte, Bellatrix sortit une clé de sa poche et ouvrit la porte d'entrée. Elle s'ouvrit en silence, quelque chose qu'Harry n'aurait pas cru. Les vieilles portes en bois de cet âge faisaient toujours un son, mais elle était visiblement enchantée pour ne pas grincer. Elle le fit entrer et lui dit de s'asseoir sur le canapé dans le salon pendant qu'elle allait chercher son père.
« Père, » cria-t-elle quelques instants plus tard depuis le bas des escaliers. « Père ! » appela-t-elle encore. En haussant les épaules elle monta. « Je reviens tout de suite. »
« Okay. » Harry se demanda pourquoi il était assis dans le noir quand le large chandelier s'alluma au plafond avec un feu magique, jetant une lueur chaude dans la pièce. Maintenant qu'il pouvait voir, il jeta un coup d'œil au salon. La décoration était élégante mais simple. Apparemment, la personne qui avait choisi les meubles avait bon coup mais si tendance à aimer les couleurs sombres. Bellatrix revint peu après avec son père. Contrairement à Orion Black qui était arrivé habillé, Cygnus ne portait qu'une robe de chambre blanche et avait l'air endormi.
En voyant Harry, le père de Bellatrix sourit. « Mr Ashworth, comment allez-vous ? »
Harry se leva et tendit sa main. « Aussi bien que possible. Nous sommes désolés de vous déranger à cette heure, mais c'était une urgence. »
Cygnus écarte son excuse d'un signe de main. « Si mon frère pense que c'est important, alors cela ne me dérange pas. De plus, je ne vois pas souvent ma fille. » Il sourit à Bellatrix avec tendresse, ce qui la fit rougir quand elle s'assit sur le canapé qu'Harry venait de quitter. Avant qu'ils ne puissent continuer, quelqu'un frappa à la porte.
« Orion, je pense, » dit Cygnus en étouffant un bâillement et en quittant la pièce pour ouvrir la porte. Quand il revint, c'était avec Orion Black et Romulus Malfoy. Le plus vieux des Black semblait sombre et maussade ce qui contrastait fortement avec l'attitude relaxée, presque endormie de Malfoy. Une fois qu'ils furent installés, il se tourna vers son hôte. « Tu n'aurais pas une bouteille de whisky pur feu dans le coin ? »
Cygnus gloussa. « Bien sûr. » Il se pencha et sortit d'un placard une bouteille et plusieurs verres. Il en rempli trois, en tendit deux à Orion et Malfoy puis se tourna vers Harry. « Et vous Mr Ashworth ? »
« Non merci, » dit Harry.
« Oh, très bien dans ce cas. « Cygnus prit son verre et s'assit.
Une fois qu'il fut installé, Orion parla. « Mr Ashworth, avez-vous répété à mon frère ce que vous venez de me dire ? »
« Non, » répondit Harry. « Je me suis dit qu'il valait mieux vous attendre pour ne pas avoir à me répéter. »
« Très bien, » concédant l'ancien Black. « Messieurs, » il s'adressa à Romulus et à son frère. « Comme vous vous souvenez, Mr Ashworth avait accepté de nous informer de toute activité suspecte en relation avec les récentes émulations de violence chez nos jeunes. » il jeta un regard en biais à Bellatrix, mais vu sa réaction, elle semblait l'avoir déjà deviné – ça ou Ashworth lui avait déjà dit.
« Oui, je suppose que nous sommes là parce qu'il a réussi, » commenta Malfoy.
« En quelque sorte, même si les nouvelles ne sont pas bonnes, j'en ai bien peur, » répondit Orion. « Nous avons un seigneur des ténèbres faisant une montée en puissance. »
Malfoy pâlit sensiblement.
« Quoi ? » Cygnus s'étouffa presque dans son verre. « Pourquoi avez-vous impliqué ma fille là-dedans ? »
« Peut-être qu'il serait temps maintenant de nous raconter toute l'histoire, Mr Ashworth, » remarqué Orion.
Avant qu'Harry ne puisse parler et s'expliquer, Bellatrix le prit de vitesse. « J'ai choisi toute seule de m'impliquer, » annonça-t-elle. « Il n'aurait rien trouvé sans mon aide. »
« Bella, » commença son père mais elle l'interrompit.
« Père, il essayait de me recruter, » lui dit-elle d'un ton acerbe. « Que tu aimes ça ou non je suis déjà impliquée, et pour sa défense, » elle jeta un regard à Harry, « ce n'était pas la faute d'Ashworth. Je suis venu le voir après avoir été invitée. »
« Invitée à quoi, au juste ? » demanda Orion, anticipant les questions que Cygnus aurait pu poser.
Harry décida qu'il était temps qu'il continue l'explication. « Comme vous l'avez demandé, j'ai gardé mes oreilles ouvertes sur certains… récents évènements. J'ai entendu certaines rumeurs sur des étudiants, essentiellement des étudiants de sang pur qui étaient apparemment invités dans un certain club. J'ai décidé que ce serait utile de mieux les connaître et les ai inviter à diner pour se faire. »
« Continuez. » Orion hocha la tête en comprenant.
« Bellatrix a compris que je cherchais quelque chose de très spécifique. Elle est venue me voir pour m'informer qu'elle avait reçu une invitation pour un rendez-vous très spécifique – un rendez-vous très exclusif – entre des héritiers de familles pures dans la forêt interdite, cette nuit. » Harry la regarda. Si elle était surprise qu'il mente pour elle, elle ne le montra pas.
« Et ce… rendez-vous ? Que s'est-il passé pendant que vous y étiez ? » demanda le chef de la famille Malfoy.
« Nous avons été présentés à un homme qui dit être Lord Voldemort. Il a étudié la magie noire et l'ancienne magie et il a fait un très bon speech pour recruter les personnes présentes. Son plan est de débarrasser le monde des nés de moldus et des cracmols et de restaurer la suprématie des sangs purs dans le monde sorcier, » expliqua Harry. Il omit délibérément la partie où Voldemort les avait suivis après leur départ. Voyant le regard sceptique de Cygnus, il ajouta, « Je sais avec certitude qu'il est un très puissant légimentien. »
Les yeux de Bellatrix se portèrent instantanément sur lui. « Quoi ? » demanda-t-elle fortement.
« Je l'ai senti me tester. Mes boucliers étaient levés donc je ne pense pas qu'il ait suspecté quoi que ce soit, mais le seul fait qu'il prétende connaître la magie noire… »
Romulus hocha la tête, inquiet. « Il semble que nous ayons vraiment un mage noir sur les bras. Nous venons à peine de nous remettre de la guerre contre Grindelwald… » Il regarda Harry. « Et vous êtes absolument certain qu'il n'a pas pénétré vos boucliers ? »
« Oui. »
Cygnus avait l'air inquiet. « S'il est vraiment aussi puissant que vous le dites, n'est-il pas possible qu'il l'ait fait et que vous ne l'ayez pas remarqué ? »
Harry secoua la tête. « Il n'avait pas de raison de le faire. Je me suis assuré que mes intentions soient claires. »
Orion hocha la tête sagement. « Nous devons décider de la prochaine étape, messieurs. »
« Je suggère que nous le disions au Ministre Thornton, » proposa Cygnus.
« Oui, disons-le au ministre Thornton, elle se débarrassera vite de ce mage noir, » rit faiblement Malfoy.
Avant que Cygnus ne puisse exprimer son irritation devant le ton de l'autre homme, Orion l'interrompit. « Même si prévenir la Ministre Thornton pourrait avoir ses avantages, je ne crois pas qu'elle soit une alliée de valeur. »
« Pourquoi pas ? » demanda Harry.
« La ministre Thornton perd du pouvoir. Elle a de moins de moins de soutien. La dernière chose dont elle est besoin c'est d'une crise en plus de ces problèmes politiques. Je doute qu'à ce point de sa carrière, elle ait la force nécessaire pour s'opposer à un tel mage noir, » expliqua Orion. « Non, nous avons besoin d'un fort leader, pas d'un politicien. Nous avons besoin d'un leader capable d'unifier le pays, d'unifier le monde sorcier pour combattre cette nouvelle menace. Même si la ministre Thornton n'est pas mauvaise, elle n'est pas la bonne personne. »
« Qu'en est-il de Dumbledore ? » demanda Bellatrix.
Orion soupira profondément. « Dumbledore a avec certitude le pouvoir nécessaire pour s'opposer à ce mage noir, mais il devient vieux. Il y a aussi le problème que si nous le désignons leader, nous devrons être derrière lui. Dès que ce sera le cas, ce ne sera pas plus possible de faire machine arrière. Même si j'admire les capacités de Dumbledore, je ne crois pas qu'il fasse un très bon leader. Non, ce serait mieux si notre société pouvait s'unifier et combattre ce mage noir d'une façon bien plus large et organisée. Dumbledore sera un atout vital, mais je préfère qu'il ne soit pas le leader du combat. »
Cygnus se figea. « Et les Foxes ? » suggéra-t-il. « Sûrement, ils… »
Romulus secoua la tête. « Andrew préfèrerait s'exiler en France que se battre contre un vrai mage noir. Je ne l'en blâme pas- il ne mord pas. Edward pourrait être capable de se battre contre un mage noir, mais comment savons-nous qu'il n'est pas lui-même le mage noir ? »
Harry allait l'interrompre pour lui dire qu'Edward Foxe n'était pas le mage noir en question, mais décida de laisser l'homme continuer.
« De plus, » ajouta Malfoy, « il pourrait aussi penser qu'avoir un mage noir en liberté pourrait lui être bénéfique. Le ministère donne toujours plus de pouvoirs aux langues de plomb en tant de crise. Il pourrait décider que cela servirait ses intérêts de le laisser tranquille. Nous ne pouvons pas vraiment faire confiance aux Foxes. »
Harry baissa la tête. Il n'avait jamais considéré ne pas suivre le commandement de Dumbledore, même s'il voyait bien qu'ils disaient vrai. Les choses auraient été différentes si Fudge avait été plus fort et mené publiquement le combat contre Voldemort à son époque. Cela aurait fait perdre beaucoup de disciples à Voldemort et un fort leadership unifiant le pays aurait limité les dommages qu'avait fait la campagne de terreur de Voldemort. Le proverbe « l'unité fait la force, la division non, » lui vint à l'esprit.
« Alors, » demanda Bellatrix après un long silence, « qu'allons-nous faire à propos de ce Lord Vol… »
Orion leva la main et l'arrêta soudainement. « Ne dis pas son nom. »
Harry se figea, se demandant pourquoi quelqu'un était déjà effrayé de son nom, malgré le fait que Voldemort n'avait rien fait pour l'instant. « Y-a-t-il une raison pour laquelle nous devrions avoir peur d'utiliser son nom, » demanda Harry.
« Cela a à voir avec la sagesse et l'expérience pas avec la peur, » expliqua Orion. « Les mages noirs ont toujours leurs moyens pour détecter ce genre de chose. Si nous parlons de cette personne, nous allons avoir besoin de quelque chose pour se référer à lui.
« Dire le Seigneur des Ténèbres dans chacune de nos phrases risque d'être vite ridicule, » remarqua Bellatrix.
« Je suis d'accord, mais à moins que tu aies une autre suggestion… » dit Orion.
Harry eut une idée qui le fit sourire malicieusement. « Pourquoi ne pas utiliser un nom commun, » suggéra-t-il. « Pourquoi pas Tom ? »
Romulus sourit. « J'aime votre style, Ashworth. Non seulement cela gardera nos conversations sur lui secrètes, mais cela montrera aussi aux gens qu'il est mortel, tout comme eux, qu'il peut-être tué. Personnellement, j'aurais choisi Bob, mais Tom fera aussi l'affaire. »
Si seulement les gens à mon époque avaient pensé pareil, songea Harry d'un air absent. Il se demanda brièvement ce qui était arrivé à ces trois hommes à son époque. En se basant sur leur comportement maintenant, ils n'auraient pas pris à la légère la montée au pouvoir de Voldemort, qu'il soit présent ou non.
« Ce sera donc Tom, » dit Orion lentement. Il jeta un coup d'œil à son frère et à Malfoy. Même si Romulus avait l'air un peu plus à l'aise avec la situation, Cygnus n'avait définitivement pas l'air heureux. Décidant qu'ils devaient prendre le temps d'y réfléchir, Orion se leva et regarda Harry. « Je pense qu'un peu de temps serait bien pour choisir soigneusement nos prochaines actions. Nous nous rencontrerons de nouveau très prochainement pour en parler. »
« Très bien, » accepta Harry. « Vous savez où me trouver. »
« En effet. Assurez-vous que ma nièce retourne à Poudlard saine et sauve. Ce serait mieux de ne pas attirer l'attention. »
« Bien sûr. » Harry se leva et offrit sa main à Bellatrix. Elle la prit et se leva aussi.
« Je dois faire quelques petites choses pendant que je suis là, » dit-elle.
« Vas-y Bella. Je dois encore discuter de certaines choses avec Mr Ashworth. » Dès qu'elle fut montée, il croisa le regard d'Harry. « Mr Ashworth… même si je sais que vous ne pouviez pas faire autrement que d'impliquer Bellatrix, je ne tolérerai pas que vous la mettiez inutilement en danger. Vous avez maintenant une autre mission. Vous vous assurerez qu'elle reste en sécurité, est-ce clair ? »
« Oui monsieur, » répondit Harry automatiquement.
« Bien. Je vous souhaite donc une bonne nuit. La chambre de Bella est en haut des escaliers, la seconde sur la gauche. » Puis Orion se leva et quitta la pièce, Romulus le suivant. Cygnus resta encore un peu, avant d'accompagner Harry vers les escaliers. Afin de rejoindre sa proche chambre il arrêta Harry.
« Prenez soin de ma fille, Ashworth. »
« Je le ferai. »
« Bien. » Il se retourna et entra dans sa chambre.
La porte à côté s'ouvrit sur Bellatrix. Elle lui fit signe d'entrer. « Te voilà enfin Ashworth ! » s'exclama Bellatrix. « Je croyais que tu t'étais perdu ! »
« Non, je devais juste parler de deux, trois trucs avec ton oncle, » répliqua Harry, regardant la valise ouverte avec plein…d'objets. Il regarda Bellatrix aller dans son placard et en sortir une fine paire de gants en peau de dragon et la mettre dans la valise. « Tu n'avais pas déjà pris tout ce dont tu avais besoin quand tu es partie pour l'école ? »
Bellatrix continuait de fouiller dans sa penderie. « Je ne m'attendais pas à nos activités extra-scolaires, » répliqua-t-elle. « Peux-tu m'attraper cette valise là-bas ? »
Harry suivit du regard son doigt et vit une grosse valise au dessus d'une armoire. Il pinça son nez d'exaspération et la lévita.
Harry regardait son assiette vide de petit-déjeuner. « Peux-tu me rappeler à quelle heure ouvre déjà le magasin que tu voulais voir ? » demanda-t-il à Bellatrix. Ils étaient assis à une table au Chaudron Baveur et venaient finir un médiocre petit-déjeuner. Harry n'avait pas eu envie de se lever si tôt, ayant dormi la nuit par terre. Tout ce qu'il voulait pour l'instant, c'était retourner au lit. Bellatrix, d'un autre côté, semblait bien reposée, ce qui n'était surprenant puisqu'il l'avait laissée prendre le lit.
« Dans peu de temps, » lui dit-elle. « En fait, je suis sûre que si nous partons maintenant, ce sera ouvert d'ici là. »
« Est-ce vraiment nécessaire ? » demanda-t-il en soupirant profondément. Sa tête oscilla sur le côté et il dû se forcer à rester éveillé.
Bellatrix leva les yeux au ciel. « Comment as-tu jamais pu faire quelque chose, Ashworth ? C'est pas étonnant que tu te sois retrouvé chez les perdants personne ne gagne jamais une guerre en dormant toute la journée.
« Pour ton information, » grommela Harry, « tu ronfles très fort. »
Bellatrix croisa les bras et le fusilla du regard. « Je ne ronfle pas. »
« Si c'est vrai. »
« Non, c'est faux ! »
Harry ferma immédiatement la bouche, se sentant soudainement trop fatigué pour se lancer dans leur habituelle joute verbale. « Et tu ne m'as toujours pas dit pourquoi nous allons dans cette mystérieuse boutique et pourquoi tu ne peux pas me dire ce que c'est. Ce n'est quand même pas dans l'Allée des Embrumes, si ? »
« Calme toi, Ashworth. Ce n'est rien d'illégal. Pour ton information, l'endroit est un des lieux les plus réputés du chemin de traverse. Et tu verras bien quand on y sera. Allons-y maintenant. »
Taisant sa plainte, Harry se leva et la suivit sur le chemin de traverse. Ils discutèrent d'un air absent sur des sujets sans importance en passant devant les différents magasins de l'allée commerciale. Bellatrix sembla surprise d'apprendre que les bombabouses resteraient aussi célèbres dans le futur. Cependant, elle fut déçue quand il ne reconnut pas son magasin favori de potions et d'encre. Quand ils passèrent devant Madame Malkin's et la boutique de Quidditch, la suspicion d'Harry commença à grandir.
« Vas-tu enfin me dire où nous allons ? » demanda-t-il sur un ton qui indiquait clairement qu'il devinait très clairement leur destination.
« Nous allons rendre une petite visite à Mr Ollivander. »
Harry s'arrêta net. « Je n'avais pas réalisé que tu avais besoin d'une nouvelle baguette, » lui dit-il calmement, sachant tout à fait qu'elle n'allait pas mordre l'hameçon.
« Je n'en ai pas besoin, mais toi si. »
« Et tu viens de décider ça… parce que ? »
Bellatrix le regarda en mettant ses poings sur sa taille. « Ecoute bien Ashworth. La nuit dernière, je ne pensais plus qu'au fait que nous avons rencontré un Lord noir et que tu n'avais que cette baguette de pacotille. » Sa voix monta. « Je veux dire, as-tu pensé à ce qui aurait pu se produire quand tu transplané dans tout le pays avec cette camelote ? Tu aurais pu te désarticuler ou transplaner dans un mur ou dans la mer ou… »
« J'ai compris l'idée, » grimaça Harry. « Pour être honnête, cette même pensée m'a traversé l'idée. »
« Alors pourquoi as-tu toujours cette maudite chose avec toi ? »
Harry ouvrit la bouche pour répondre, mais n'y arriva. L'excuse, c'était qu'il avait peur qu'Ollivander découvre ce qu'il se passait, ne marchait plus, pas avec la nouvelle menace qu'ils affrontaient. Avec Voldemort de nouveau là, se rendre dans l'antre du serpent avec une baguette de pacotille était de la pure folie, et Harry avait presque envie de se baffer maintenant qu'il y pensait.
« Ecoute Ashworth, je ne sais pas pourquoi tu veux aller voir Ollivander. Je suis sûre que tu penses avoir une bonne raison. » Bellatrix reprit ses explications un peu plus calmement. « Peut-être que tu as peur qu'il sache que quelque chose se prépare, Merlin sait que cet homme est parfois étrange, avec la façon qu'il a de lire dans les gens. Mais si tu vas te mettre en danger, alors je veux être assurée que tu puisses te défendre. Surtout si je t'accompagne. Je prévois de vivre au moins jusqu'à mes cent ans, tu as compris, Ashworth ? »
« Oui. » Il ne pouvait rien dire d'autre. Il semblait bien qu'il allait avoir une nouvelle baguette aujourd'hui. Bien sûr, il avait toujours le problème des baguettes jumelles. Peut-être aurait-il de la chance et que Fumseck n'avait pas donné sa seconde plume et que la baguette n'existait pas encore. Ou peut-être obtiendrait-il une autre baguette cette fois. S'il avait une autre baguette, cela serait encore plus facile de se battre contre Voldemort, pensa Harry d'un air absent quand ils entrèrent dans le magasin.
La cloche sonna et Ollivander apparut instantanément depuis la pièce du fond. « Bellatrix Black ! » déclara-t-il joyeusement. « Du noyer, 31,8 cm et du ventricule de dragon !
« C'est moi, » sourit Bellatrix, contente qu'il se souvienne d'elle.
« Et je ne crois pas vous avoir déjà rencontré, Monsieur… »
« Ashworth, » Répondit Bellatrix pour l'aider. « Harry Ashworth est son nom. »
« Merci Bellatrix, je sais parler, » répliqua Harry sèchement.
« Je sais, tu es si doué à ça. »
« Ashworth, hmmm ? » Ollivander regarda Harry. L'homme était comme dans le souvenir d'Harry et ses yeux argentés intemporels donnaient l'impression à Harry qu'Ollivander pouvait tout savoir de lui d'un seul regard. « Cela fait longtemps que je n'ai pas vendu une baguette à un Ashworth. Ils vivent en Australie aujourd'hui, si je me souviens bien ? »
« C'est ça, » confirma Bellatrix. « Il vient d'arriver ici mais apparemment il a du mal à trouver une baguette digne de ce nom. J'espérais que vous puissiez l'aider. »
« Naturellement. » Ollivander transperça du regard Harry par dessus ses lunettes. « Quelle baguette utilisez vous en ce moment Mr Ashworth ? »
L'hésitation d'Harry lui valut un coup de coude dans les côtes de sa compagne. A contrecoeur, il sortit ses baguettes de sa poche. « Euh… j'utilise celles-ci depuis que ma vieille baguette a… explosé. »
« Explosé ? » les yeux d'Ollivander s'agrandirent de surprise.
« Oui, dans mes mains. »
« Mon avis, je pense que la personne qui vous a vendu votre dernière baguette a fait un très mauvais travail. Ce sont vos baguettes de remplacement, alors ? » Ollivander prit les deux morceaux de bois.
« Oui… pour le moment du moins. Je n'ai pas eu le temps jusqu'à maintenant pour en trouver une meilleure. »
Bellatrix soupira dramatiquement. « Il utilise ces baguettes de pacotille depuis des semaines maintenant. Vous arrivez à le croire ? En fait il donne des cours avec ça ! »
Le fabriquant de baguette toussa en les tournant entre ses doigts. « Ce ne sont pas des baguettes, » conclut-il avec un sourire narquois. « Je ne peux même pas deviner ce qu'elles contiennent mais mon hypothèse, c'est qu'elles utilisent un catalyseur bas de gamme au lieu d'un vrai noyau. Le bois est trop léger pour contenir un vrai cœur magique. » Il en tapa une avec son mètre ce qui la brisa en deux. « Ah, nous y voilà. Oui, j'ai déjà vu ça avant. C'est une production de masse bas de gamme qui semble très populaire dans l'Est. »
Harry cilla de surprise. « Okay, » dit-il.
Ollivander leva la tête, se souvenant qu'il avait des clients. « Oh, excusez-moi. Commençons voulez-vous ? » Quand Harry hocha la tête, le fabriquant de baguette lâcha son mètre qui tourna autour d'Harry comme la première fois qu'il était venu dans le magasin. Tandis que le mètre s'activait, l'homme disparut dans le fond de sa boutique, cherchant parmi les étagères.
Cela dura bien moins de temps cette fois et Ollivander arriva avec quelques boites. Une fois encore, Harry toucha baguette après baguette cette fois cependant, il avait plus d'expériences avec les baguettes étrangères et il sentait les subtiles différences entre elles. Peu après il toucha la bonne. Les étincelles rouges et dorées qui jaillirent lui confirmèrent que c'était la bonne.
Harry y jeta un petit coup d'œil et lâcha un petit soupir de soulagement en remarquant que ce n'était pas sa baguette de houx. Peut-être pourrait-il battre Voldemort après tout. La chaleur qui le traversa apaisa sa tension. Peut-être que j'aurais dû venir plus tôt, en fait, songea-t-il
« Excellent ! » s'exclama Ollivander, son enthousiasme apparemment intact après avoir aidé des millions de sorciers et sorcières à trouver leur baguette. « Une combinaison parfaite ! De l'if, 33,75 cm et une plume de phénix. »
Le sang d'Harry se glaça instantanément. Il n'avait pas reconnu la baguette de vue mais il connaissait très bien sa description. Harry regarda la baguette, puis le fabriquant de baguette d'un air désespéré. « Ce doit être une erreur… »
