Disclaimer: Harry Potter appartient à Jk Rowling et cette traduction que je fais de l'histoire de Lord Silvere n'est pas utilisée à des fins commerciales.

Reviews: Et un chapitre bonus :) Et excusez-moi d'avance pour les fautes qui ont pu se glisser dans ce chapitre!

Chapitre 12 : Jeux politiques

« Je te le dis, quelque chose de pas net se passe avec Ashworth, » se plaignit James. « Et je vais te le prouver ! »

Sirius leva les yeux. « Oh arrête James, c'est juste un professeur. Juste parce qu'Evans a un faible pour lui ne signifie pas que c'est un mage noir. »

« Il est sorti en douce hier soir ! »

« Et comment peux-tu le prouver ? » sourit Sirius. « Car si je me souviens bien, tu étais dans ton lit, à côté du mien. »

James lui tendit un morceau de parchemin. « Grâce à ça. »

Prenant le papier, Sirius le tourna. « Il n'y a rien dessus, » dit-il.

« Ah oui ! » James l'attrapa, puis le tapa de sa baguette. « Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises, » dit-t-il soigneusement et Sirius regarda avec fascination des lignes se dessiner toutes seules sur le parchemin qui avant été vierge.

« Wow, cool. Hey, je reconnais ça. C'est notre salle de potions dans les donjons ! Et les dortoirs ! »

James confirma. « Souviens-toi, je te disais que j'allais faire une carte du château ? »

« C'est ça ? » Sirius sourit largement. « Mec, c'est génial. Mais en quoi ça t'a aidé pour découvrit qu'Ashworth est sorti en douce ? »

James sourit puis tourna le parchemin. Des étiquettes apparurent sur la carte avec des noms. « Cela traque tout le monde à Poudlard ! Et la nuit dernière, quand je travaillais dessus, j'ai vu Ashworth sortir du château avec ta cousine ! »

Sirius haussa un sourcil sceptique. « Bella, je la vois bien faire le mur, mais pas sans bonne raison. Et pour être honnête, Ashworth ne me semble pas être le type de gars à faire le mur avec une étudiante. Il n'a pas le cran pour ça. »

« Mais la carte l'a montré ! »

Sirius regarda la carte plus attentivement. « Hmm… et cette carte est tout à fait précise, tu dis ? »

« Bien sûr. »

« Alors pourquoi les toilettes des filles apparaissent dans la Grande Salle ? »

James sursauta. « Quoi ? »

« Hey, regarde. » Sirius lui montra l'endroit. « Tu vois ? » Il regarda encore. « Et apparemment, je ne suis pas à côté de toi mais Julia Vance oui »

« Donne-moi ça ! » James arrache le papier des mains de son ami. « Okay, » grommela-t-il, « il faut encore que je travaille encore dessus. « Mais je te jure qu'Ashworth prépare quelque chose et il entraine ta cousine dedans ! »

Sirius sourit. « Je la verrais l'entrainer dans quelque chose, si j'étais toi. » Il se leva. « Viens, allons trouver Remmy pour l'éloigner de son devoir de métamorphose. Tu as besoin de toute l'aide possible pour ta carte. Cela te distraira de tes théories de conspiration. » Il fit une grimace à James. « Et qui sait, peut-être croiserons-nous Evans dans la bibliothèque. »

S'il y avait une chose qu'Orion Black haïssait encore plus que les chamailleries incessantes des aristocrates sur la meilleure façon de gouverner le monde sorcier, c'étaient les chamailleries incessantes des politiciens qui les avaient remplacés. Même si Romulus Malfoy avait utilisé son influence considérable sur les anciennes familles de sang pur afin d'éradiquer tous les problèmes avant d'envoyer les invitations, les personnes qui étaient assises autour de la table étaient, bien que non hostiles ouvertement, toutes en train de se regarder avec suspicion et méfiance. C'étaient des familles ennemies, des familles qui en voulaient aux autres, qui avaient des avis politiques opposés, c'étaient des familles qui se croyaient supérieures aux autres. Mais elles avaient toutes une chose en commun : aucune d'elle ne voulait répéter le désastre de la montée au pouvoir de Grindelwald.

Quand le patriarche Black regarda autour de la table, il remarqua avec intérêt que certaines des familles les plus éminentes du monde sorcier étaient présentes alors qu'autres, tout aussi importantes étaient clairement absentes. Il se demanda si c'était parce qu'elles pas jugé l'invitation de Malfoy intéressante ou si cela signifiait qu'elles étaient alliées à ce nouveau Seigneur des Ténèbres en puissance. Il cacha soigneusement un sourire quand des regards noirs furent échangés entre Richard Potter et Emily Bones. Ces deux-là n'avaient jamais réussi à être sous le même toit depuis que la jeune Miss Bones avait refusé la cour de patriarche Potter. Emily Bones était relativement jeune pour quelqu'un de sa position, ayant hérité de la position de chef de sa maison après que son père ait été victime d'un assassinat politique et se soit suicidé. Cela avait exacerbé sa haine des politiciens et Richard Potter était un politicien de carrière.

Potter lui-même était quelqu'un qu'Orion trouvait assez désagréable. Les Potter étaient une ancienne famille, aussi vieille que les Black et prétendaient descendre de Godric Gryffondor. Aucun d'eux ne pouvait le prouver mais cela n'allait pas empêcher Richard Potter de s'en vanter. La fortune des Potter était aussi l'une des plus intactes, en raison du grand soin que leurs ancêtres en avaient pris, ce qu'Orion respectait. En fait, il avait été très amis avec le père de Richard Potter, l'ancien patriarche Potter, jusqu'à sa mort durant la campagne de Grindelwald. Mais contrairement à son père, Richard Potter vivait en grandes pompes et gaspillait sa fortune familiale à tout va pour des femmes et en achetant des choses ridiculement chères. Orion ne savait pas ce qu'il faisait là, mais au moins cela signifiait que ce qui restait de la considérable fortune des Potter ne tomberait pas dans les mains du mage noir.

Se trouvaient aussi autour de la table Carl Abbott, Vincent McNair et Davian Prewitt, tous tenant des sièges prestigieux au Magenmagot. Quelques familles mineures étaient aussi présentes, pour la plupart des politiciens qui siégeaient dans un des conseils ou comités du gouvernement sorcier. Dans les plans d'un Lord Noir pour prendre le contrôle, ils étaient sans conséquence, mais s'ils voulaient rallier le monde sorcier contre Voldemort, leur soutien serait inestimable. Dans l'ensemble, il y avait là une douzaine de personnes, assez pour remplir la salle à manger de la maison d'Orion. Orion jeta un coup d'œil à Romulus, le patriarche Malfoy était assis à sa droite et porta sa main à sa bouche.

Les conversations se turent rapidement et tout le monde se calma. Tous les yeux se tournèrent vers Orion. Le chef de la famille Black éclaircit sa voix et se leva de sa chaise, puisqu'il présidait la table. « Mesdames et Messieurs, » commença-t-il gravement. « Je suis ravi que vous ayez accepté notre invitation. »

« De quoi s'agit-il Orion ? » demanda Davian Prewett. Le patriarche Prewett était presque aussi vieux qu'Orion et ils se respectaient grandement mutuellement en raison de leur même dégoût de la façon dont était gouverné le monde.

« Nous vous avons demandé de venir ce soir pour discuter d'un grave problème avec vous, » continua Orion. « Je veux votre soutien pour une motion de censure contre la Ministre Thornton. »

« Quoi ? » s'écria Carl Abbot. « J'espère que vous avez une bonne raison pour faire une telle déclaration Black, car cela se rapproche beaucoup à de la trahison pour moi ! »

« C'est en effet le cas, Maître Abbot. » Orion jeta un coup d'œil à Romulus. « Nous avons des raisons de croire que la Ministre Thornton n'est plus capable de gouverner. »

« C'est une sérieuse accusation que tu fais, Orion, » commenta Prewett. « Sur quoi te bases-tu pour dire ça ? »

« J'ai récemment découvert que la Ministre Thornton a été impliquée dans des actes de corruption pour affaiblir le gouvernement, » répondit le patriarche Black froidement.

« C'est ridicule pourquoi Thornton ferait une telle chose ? » dit McNair, s'immisçant dans la conversation. L'homme était grand et musclé, pas vraiment le look d'un politicien. Dans l'assemblée présente, il était l'un des plus grands supporters de Thornton ayant fait campagne avec elle pendant ses deux derniers mandats.

Romulus y vit un signe pour intervenir. « Nous avons des preuves que la Ministre Thornton a été impliquée dans une évasion fiscale et qu'elle utilise le trésor de l'Etat pour s'enrichir personnellement. Nous avons d'autres évidences la reliant à des affaires de blanchissement d'argent. »

« Je vous le redemande, » dit McNair en fusillant Romulus du regard, « pourquoi ferait-elle une telle chose ? Je la connais depuis plus de quinze ans et elle a toujours fait passer le bien-être du pays en premier. »

« La gourmandise est une puissante motivation, Vincent, » répondit Orion, ignorant l'hostilité du ton de McNair. « Même les âmes les plus pures peuvent être corrompues car de l'argent est en jeu. Ce qui importe, c'est que ses preuves sont tombées entre nos mains et elles relient la Ministre Thornton dans de multiples activités illégales. Nous devons maintenant décider que faire. »

« J'aimerai bien entendre comment ces preuves sont tombées entre vos mains et de qui vous les tenez, » ajouta Potter. « Surtout que je n'ai rien entendu de tel et que je travail avec le trésorier. »

« Peut-être est-ce parce que vous l'aidez, » lui dit la jeune Emily Bones d'un ton acerbe.

« Oh, s'il vous plait, je n'ai pas besoin de prendre de l'argent de l'Etat, » répondit Potter sur un ton arrogant.

Orion leva les mains, anticipant la réponse de la matriarche Bones. « Nous avons des copies de ces documents. Des rapports sur les dépenses des voyages de la Ministre Thornton, des copies de ses relevés de banque, des échanges entre elle et son conseiller personnel concernant ces nombreuses dépenses. Nous avons aussi un registre des affaires que la Ministre Thornton utilisaient pour blanchir de l'argent. »

« De combien parlons-nous exactement ? » demanda Prewett avec appréhension.

Romulus attrapa les papiers et les tendit autour de la table. Les yeux de Prewett s'agrandirent de choc. « Sept millions de gallions ? Comment a-t-elle réussi à changer autant d'argent sans que personne ne remarque quoi que ce soit ? »

« Les affaires qu'elle utilisait comme couverture étaient impliquées dans plusieurs petits trafics d'argent, » répondit Romulus. « Ainsi, elle a réussi à en injecter beaucoup dans la circulation et à en effacer toutes les traces. Nous avons découvert plusieurs incohérences entre les archives de son conseiller et entre ce qui était inscrit dans les registres du trésorier. »

« Et nous sommes supposés vous croire ? » demanda McNair.

« Pas nous, » dit Romulus, « mais les preuves. » Il lui tendit la pile de papiers.

« Qui vous a donné ça ? » demanda McNair, pâlissant visiblement après avoir feuilleter les pages.

« Une source qui souhaite rester anonyme pour l'instant, » lui dit Orion. « Une précieuse précaution puisqu'il risque d'y avoir des rétributions quand nous aurons rendu publiques ces activités sur notre informateur. »

« C'est compréhensible, » approuva Prewett.

« Disons que nous croyons la véracité de ces preuves, » dit Abbot, « alors pourquoi nous demandez-vous ça ? Vous auriez pu déposer une plainte officielle devant le Magenmagot et vous auriez eu une audition. Pourquoi n'agissez-vous pas ouvertement ? »

Orion et Romulus se croisèrent des yeux. Ils n'étaient pas encore prêts à révéler l'existence d'un nouveau Seigneur des Ténèbres, pas encore. « Nous ne savons pas qui d'autre est impliqué. Jusqu'à maintenant, il semblerait que ce ne soit que la Ministre et son conseiller personnel. Cependant, elle a beaucoup d'amis et d'alliés dans la cour et le Magenmagot. Afin de résoudre ce problème rapidement, nous pensions qu'il serait mieux de lancer immédiatement une motion de censure dans le Magenmagot puis une enquête officielle au lieu de le faire dans l'autre sens, » répondit Orion.

« Je vois… » dit Emily Bones.

« Donc que proposez-vous Orion ? » demanda Abbot calmement après avoir lu les différents feuillets. « Si nous supportons une motion de censure devant le Magenmagot, il faut que nous ayons un successeur prêt à prendre la relève. Nous sommes en plein milieu de son terme.

« Il est évident qu'il serait mieux de ne pas remettre le gouvernement entre les mains d'une personne impliquée dans l'administration Thornton, » expliqua Orion en dirigeant son regard sur Potter. « Cependant, nous n'avons pas encore décidé qui sera notre candidat. Ce problème n'est arrivé que récemment à notre attention et l'une des raisons pour laquelle nous vous avons demandé de venir ici, c'était pour vous demander votre opinion à ce sujet, en plus de votre soutien pour le vote. »

« Il faut que j'y réfléchisse, » dit McNair.

« Bien sûr, » reconnut Orion. « Je vous pense que feriez bien de tous y réfléchir. C'est beaucoup à encaisser. »

« Puis-je avoir une copie de ces papiers ? J'aimerai y jeter un autre coup d'œil. »

« Bien sûr. Je vous ferais tous parvenir une copie. »

Un par un, les invités quittèrent la pièce, tous sauf Davian Prewett. « Je ne sais pas si ça a quelque chose à voir avec ce que tu viens de nous dire Orion, mais j'ai entendu certaines choses sur ce Ashworth avec qui te traite dernièrement. J'ai entendu que l'un des aurors s'y intéresse particulièrement. Son nom est Maugrey je crois. Alastor Maugrey. »

« Je sais, » répondit Orion calmement.

« Tu réalises aussi que je connais Jérôme Ashworth ? Il vit près de Brisbane maintenant, mais il a accès aux registres de la famille. Curieusement, quand je lui en ai parlé, il m'a dit qu'il n'existait aucun Harry Ashworth sur le registre familial. En fait, personne de son âge n'existe dans la famille. »

« Tu me dis qu'Ashworth est un faux nom ? »

Prewett haussa des épaules. « Je ne sais pas. Peut-être utilise-t-il un glamour pour paraître plus jeune. Peut-être ne veut-il pas être trouvé. Quoi qu'il en soit, surveille tes arrières quand tu es avec lui, Orion. »

« Je le ferais. Merci pour tes conseils, Davian. »

Avec un soupir fatigué, le patriarche Black regarda son ami quitter la pièce. Un bruit de verres annonça le retour de Romulus avec une carafe de whisky pur feu et deux shooters. « Bien, » commença-t-il, » ça c'est mieux passé que je le pensais. »

« En effet. » Orion prit un des verres et le remplit. « Personne n'a semblé questionner la validité de notre preuve. »

« Cela a demandé beaucoup d'efforts pour créer tout ça en aussi peu de temps. »

« Vous êtes sûr qu'on ne sera pas démasqué ? »

« Bien sûr. Les faussaires ont fait un excellent travail, même si le prix était complètement déraisonnable. »

Orion hocha la tête gravement. « En effet, mais le temps est primordial maintenant. Il faut encourager cette motion. Notre gouvernement actuel n'est en aucun cas capable de mener une guerre contre un seigneur des ténèbres. Pas après la dernière guerre. »

« Grindelwald était un désastre absolu. Je ne peux pas en vouloir au gouvernement pour ne pas vouloir reconnaître l'existence d'un nouveau mage noir. Ils ont peur de ce qu'il pourrait arriver et il est plus facile de prétendre que tout va bien. » Malfoy fit tourner son verre et regarda le liquide ambré en pensant. « Ils ont raison cependant. Qui devrait succéder à Thornton à votre avis, si les votes se passent bien ? »

« Je ne sais pas. Mais cela ne doit pas être l'un de ces politiciens. Ils seraient aussi mauvais que Thornton. »

Malfoy approuva. « Oui, c'est sûr. C'est dommage que nous devions terminer la carrière de Thornton de cette façon. Elle est peut-être une politicienne, mais McNair a raison. Elle a toujours agi pour le bien du pays, même si cela lui a couté des soutiens pour son parti. »

« Au moins les chances sont bonnes pour qu'elle évite la prison. Les preuves que nous avons fabriquées sont tout juste suffisantes pour demander une motion de censure mais un bon avocat pourrait argumenter qu'il ne s'agit que de spéculations. »

« Vous prenez un grand risque avec ça. Nous aurions pu avoir à la place de fausses preuves plus directes. »

Orion secoua la tête. « Je sais, mais envoyer Thornton à Azkaban pour des choses qu'elle n'a pas fait n'est pas quelque chose que j'aurais voulu accomplir. Toute cette affaire est déjà bien trop déplaisante à mon goût. »

« Vous n'avez jamais aimé les subterfuges, » gloussa Malfoy. « Cependant, que ferons nous si les votes ne sont pas suffisants à cause de l'inefficacité des preuves ? »

« Alors nous devrons considérer d'autres alternatives. Pour l'instant, espérons juste que ce que nous avons sera suffisant. »

Lily Evans était en colère. Des rumeurs avaient circulé depuis qu'un Harry Ashworth à l'air relativement débraillé était arrivé deux jours plus tôt, en retard dans la Grande salle pour le petit-déjeuner, suivi peu après par une Bellatrix Black tout aussi débraillée. En fait, son apparence à elle était impeccable, comme toujours, mais elle avait l'air fatiguée, comme si elle venait de passer toute la nuit éveiller à faire… Lily frissonna ne voulant même pas y songer. C'était suffisamment énervant qu'il passe autant de temps avec la fille Black, mais ça maintenant ? Elle reprit la route vers son prochain cours, complètement inattentive à son entourage, du moins jusqu'à ce qu'elle rentre dans quelqu'un et faillisse tomber par terre.

« Regarde où tu vas Evans, » dit froidement une voix féminine.

« Alors sors de mon chemin, Black, » répliqua Lily en reculant.

Bellatrix lui jeta un regard curieux. Elle savait que Lily ne l'aimait pas, mais l'hostilité ouverte dans la voix de la fille de Gryffondor. « Tu as un problème avec moi Evans ? » demanda Bellatrix en croisant les bras. « Si c'est le cas, crache le morceau ! »

« Ce ne sont pas tes affaires. »

« Très bien, » dit Bellatrix Elle ne s'intéressait pas tellement à Lily de toute façon et cela ne l'ennuyait pas tellement si la fille voulait bouder quand elle était là. « A plus tard, Evans. » Après un petit signe de la main, Bellatrix se rendit dans les couloirs. En direction des quartiers privés du Professeur Ashworth, remarqua Lily avec chagrin. Grondant de colère, elle continua vers sa classe de sortilèges.

Quand elle franchit la porte, quelques minutes plus tard que d'ordinaire, une poignée d'élèves était déjà là. A son grand déplaisir, cela incluait James Potter et son groupe de maraudeurs qui étaient penchés au dessus de l'un des bancs, essayant apparemment de jeter un sortilège sur ce sur quoi ils travaillaient. Sans doute une autre blague, se dit Lily en s'asseyant aussi loin que possible d'eux.

« Hum… Tu crois ? » demanda l'un d'eux timidement. Lily était presque sûre que c'était Peter. Elle ne les connaissait pas, sauf Remus, mais c'était le plus fréquentable des quatre.

« Allez, James, » dit Remus, « tu dis n'importe quoi. Il n'y a rien entre le professeur Ashworth et Bellatrix. Ils sont amis. D'après ce que je sais, elle était celle à lui avoir fait visiter le coin quand il est arrivé ici, il est donc normal qu'ils se voient de temps à autre. »

« Oui, mais un vendredi soir ? Après le couvre-feu ? » gloussa James. « Je pense que nous savons tous ce qu'il se passe, lui se faufilant derrière elle pendant la nuit. »

Sirius lui donna un coup sur la tête. « Oh chut ! Il y a une femme parmi nous, » dit-il en montrant Lily derrière l'épaule de James, qui écarquilla soudainement les yeux. Ouups, marmonna-t-il. « Et ne t'ai-je pas dit que je serais plus inquiet si c'était elle qui le séduisait ? Ashworth n'est pas ce genre de gars.

« Aha ! » s'exclama James de triomphe. « Donc tu admets qu'il se passe peut-être quelque chose après tout ! »

Sirius grogna, se maudissant d'avoir laissé cette ouverture à son ami. « Non, mais même si c'était le cas, cela n'est pas nos affaires. Et tu n'as pas de preuves de toute façon et Ashworth n'est qu'un remplaçant. Il sera parti à la fin de l'année. »

« Mais j'ai des preuves. »

« Cette carte ? » Sirius leva les yeux au ciel. « Remus ? »

Le troisième maraudeur haussa des épaules. « Elle marche… en quelque sorte. Je pense que certains sortilèges interfèrent entre eux. Mais je dirais qu'elle est presque correcte. Nous devrions être capable de l'arranger ces prochains jours. »

« Tu vois ? » sourit James.

« Mais comme je l'ai dit, il y a quelques irrégularités. Je ne sais pas comment tu as réussi à ensorceler la carte pour qu'elle fasse apparaître la salle de bain de filles dans la Grande Salle, » conclut Remus. Le sourire de James disparut.

« Réjouis-toi, » dit Sirius en lui donnant une tape sur l'épaule. « Tu te fais peut-être des films. Je ne pense vraiment pas qu'Ashworth prépare un mauvais coup. Ce gars est un incapable. »

« Le professeur Ashworth n'est pas un incapable ! » s'exclama Lily avec colère, son tempérament se réveillant après avoir entendu des bribes de la conversation des garçons.

Sirius lui jeta un coup d'œil et lui fit un sourire d'excuse. « Désolé Evans, je ne voulais pas être méchant. »

« Quand même, » insista-t-elle, « tu ne devrais pas parler comme ça d'un professeur. »

Sirius haussa les épaules. « Et bien, James pense cela parce qu'il pense l'avoir vu sortir du château vendredi soir pour faire quelque chose de mauvais et de malsain. »

« C'est un professeur, » dit Lily comme si ça expliquait tout.

« Hey, tout ce que je dit c'est qu'il n'a pas l'air d'être le type de préparer des mauvais coups en douce. Je suis d'accord avec toi sur ce point, je ne pense qu'il soit sur un mauvais bougre. Peut-être voulait-il juste prendre un peu l'air, » dit Sirius en levant les mains d'un air innocent.

« Et il aurait emmené ta cousine pour ça ? » lança-t-il.

« Oh, encore avec tes théories de conspiration, James, » grogna Sirius. La réponse de son ami fut interrompue par l'entrée de Flitwick et d'autres élèves dans la salle de classe. Le cours fut incroyablement long pour Lily, elle qui adorait normalement les Sortilèges. Elle n'arriva même pas à répondre à deux des questions de Flitwick, ce qui était hautement inhabituel pour elle. Sa distraction était telle qu'elle ne remarqua même pas que Flitwick était parti du cours et elle dû se dépêcher de rassembler ses livres pour arriver à temps à son prochain cours – les potions. Les donjons étaient vides à cette période de la journée il n'y avait qu'un cours dans cette partie du château et la plupart des élèves évitaient cette zone, si possible. Lily était un peu pareille – tous ces couloirs étroits, ces espaces clos, ces fenêtres inexistantes, ces torches qui éclairement faiblement le sol, tout ici la mettait mal à l'aise.

« Mon oncle veut te parler, Ashworth. »

Lily s'arrêta net quand elle entendit cette voix. La salle de potions était normalement verrouillée en dehors des cours à cause de tous les ingrédients chers et dangereux qui s'y trouvaient. Normalement le professeur de potion arrivait un peu plus tôt et déverrouillait la pièce. Mais la salle était actuellement ouverte. Qui que soit la personne à l'intérieur de la pièce, elle ne l'avait pas fermée correctement. Elle s'entrouvrit un peu avec un simple léger grincement. Prudemment, Lily se pencha regardant par l'ouverture.

« De quoi ? » Elle repéra Harry facilement. Il était debout derrière son bureau et triait quelques livres.

« De ce qu'il s'est passé vendredi soir. » Lily était suffisamment près pour reconnaître la voix. En serrant les dents, elle résista à l'envie de débouler dans la pièce et de tordre le cou de Bellatrix. Les rumeurs étaient donc vraies, pensa-t-elle.

« Ce qu'il s'est passé vendredi soir ne se reproduira pas. Non, il n'y aura pas d'autres fois. » La voix d'Harry sembla s'endurcir.

« Arrête ton show, Ashworth, » renifla Bellatrix avec amusement. « Tu sais que tu ne serais même pas là sans moi. Je suis partante, que tu aimes ça ou non. »

De quoi parle-t-elle ? se demanda Lily.

« C'est dangereux. Si moi je peux quitter le château sans soucis, ce n'est pas ton cas. Tôt ou tard, quelqu'un deviendra suspicieux. »

« Ils le sont déjà. N'as-tu pas entendu les rumeurs ? » gloussa Bellatrix. « Jet'ai dit d'aller te rafraichir en arrivant, mais non, il fallait que tu viennes au petit-déjeuner comme si tu venais de forniquer avec un troll. »

« Tu n'avais guère l'air mieux. »

« Au moins, je n'avais pas l'air de quelqu'un venant de se rouler dans la poussière. »

Harry s'arrêta un instant. « Que disent-ils exactement ? »

Il y a une autre pause et Lily imagina Bellatrix levant les yeux au ciel. « Apparemment, toi et moi avons passé la nuit à nous amuser dans des buissons. Félicitations, Ashworth, tu as maintenant la réputation d'un coureur de jupons qui aime les prendre au berceau. »

« Je ne suis pas si vieux que ça, tu sais. »

Bellatrix haussa des épaules. « Et alors ? Tu es un professeur. Je suis une étudiante. C'est toujours interdit. Mais heureusement pour toi, il n'y a pas de preuves, qu'importe ce que dit Potter à propos de sa carte magique. »

« Carte magique ? » demanda Ashworth d'une voix délibérément neutre.

« Je l'ai entendu de mon bon-à-rien de cousin. Apparemment, Potter et ses compères travaillent sur une sorte de carte magique de Poudlard. » Bellatrix prit un des livres au hasard et commença à le feuilleter. « Heureusement Potter est nul en sortilèges et l'a donc plus ou moins ratée. »

Harry leva ses yeux du livre qu'il lisait. « Sais-tu vraiment tout ce qu'il se passe dans cette école ? »

« Non. » Bellatrix haussa des épaules. « Juste la plupart des choses. Si tu prenais la peine de garder les yeux et les oreilles ouvertes et d'écouter ce dont parlent les gens, tu le saurais aussi. »

Harry soupira longuement. « Je suppose qu'il est impossible que tu changes d'avis ? Ton père et oncle vont me tuer s'il t'arrive quelque chose. »

« Laisse-moi le bénéfice du doute, Ashworth. Je peux prendre soin de moi-même. » Bellatrix jeta ses cheveux en arrière en se retournant. « De plus, tu me dois toujours un duel. Et un sort. »

« Ouais, tu sais, ces derniers jours ont été un peu compliqués. » Harry posa ses livres. « Que prévoit ton oncle ? »

Bellatrix haussa des épaules et lui jeta un coup d'œil derrière son épaule. « Je ne sais pas. Je sais juste que mon oncle veut te parler. Ce soir, à dix-neuf heures. »

« Très bien. Et Bellatrix. Ne t'attire pas d'ennuis. »

« Ne me dis pas quoi faire, Ashworth, » répliqua-t-elle d'un ton amer.

« Je le pense vraiment. C'est dangereux. »

« Je l'ai compris dès que nous avons été poursuivi dans la forêt. Je peux prendre soin de moi-même. »

Lily quitta rapidement sa cachette et retourna à un angle dès qu'elle vit que Bellatrix s'apprêtait à quitter la pièce. Elle regarda en silence la jeune femme aux cheveux noirs disparaître dans les escaliers et se demanda ce qu'elle devait faire à présent. Il y a visiblement plus qu'une relation normale professeur-étudiant entre les deux, mais cela ne ressemblait pas à une liaison. Pendant un instant, elle considéra d'en parler au directeur, mais elle rejeta aussitôt cette idée. Elle ne voulait pas que quelqu'un ait des ennuis à propos d'une chose qu'elle n'aurait pas bien compris. Il valait sans doute mieux en parler d'abord à Harry.

Elle songea brièvement que ce n'était pas ses affaires et que puisqu'il ne s'agissait pas d'une liaison, elle n'avait pas le droit de s'en mêler, mais sa curiosité prit le dessus et elle ouvrit lentement la salle de classe. Elle grinça fortement ce qui la fit grimacer.

Harry leva la tête quand la porte s'ouvrit. « Miss Evans, qu'est-ce qui vous amène ici ? Votre cours n'a lieu que dans une demi-heure. » Harry aurait aimé dire qu'il profitait de cette opportunité pour parler à ses parents pour mieux les connaître, pour faire parti de leurs vie. Mais il ne le pouvait pas, pas vraiment. Au lieu de la réunion de famille, cet instant de bonheur qu'il avait imaginé quand il était plus jeune, tout ceci est plus étrange qu'il ne l'aurait pensé. Ses parents ne ressemblaient en rien à ce que Sirius – ou Dumbledore - lui avait racontés. C'était logique – il était arrivé pendant la guerre, avant qu'ils n'aient terminé les cours. Ils n'étaient guère plus que des enfants pour l'instant.

Et même s'il ne voulait pas l'admettre, ils étaient, au final, des étrangers. N'ayant pas de vrais souvenirs de ses parents, si ce n'était quelques images floues ou quelques voix, Harry ne savait pas à quoi s'attendre. Il ne savait comment réagir en voyant ses parents, bien plus jeunes que lui. Il gardait donc ses distances et se contenter de les regarder de loin et de trouver du réconfort et de l'amusement quand il observait leurs comportements. Les blagues, par exemple.

« Je voulais vous parler de quelque chose… » Lily se tortilla, mal à l'aise quand elle entra dans la pièce.

« Okay. » Harry remarqua son inconfort. « Entrez, asseyez-vous. » Il attendit qu'elle soit installée. « De quoi s'agit-il ? »

« Je ne voulais pas vous espionner, mais je n'ai pas pu m'empêcher d'entendre ce dont vous parliez avec Bellatrix. » Lily redressa la tête.

Harry la dévisagea pendant un long moment, serrant, puis ouvrant la mâchoire, incapable de produire un son. Merde, pensa-t-il. Il ne s'était pas attendu à ça. Il savait qu'il avait de la chance qu'elle soit venue lui parler en premier, au lieu d'aller directement chez Dumbledore. « Je vois, » arriva-t-il finalement à dire.

« Je veux dire, des gens ont commencé à parler de vous, » lâcha Lily. « Vous semblez passer beaucoup de temps ensembles, ils ont donc pensé… »

« Ils pensent qu'elle…et moi ? » gloussa Harry. Il avait voulu rire de façon hystérique quand Bellatrix lui avait rapportée la rumeur, mais il s'était dit qu'elle se serait vexée. La simple idée de lui et Bellatrix, ensembles, était trop absurde, surtout puisque dès qu'il la regardait, il ne pouvait s'empêcher de voir l'ombre de sa future version. Il savait qu'il avait tort d'associer les deux versions de Bellatrix qu'il avait connues, mais il n'arriva pas à oublier les souvenirs de combats et de tentatives de meurtre. A part Voldemort, Bellatrix était la seule et unique personne qu'il avait réellement haïe parce qu'elle lui avait pris Sirius.

« Je suppose à votre réaction que vous n'êtes donc pas ensembles ? » demanda Lily timidement, presque avec espoir.

Harry secoua la tête. « Mon dieu, non. « Nous sommes… amis, je crois. Même s'il est vrai que je la vois souvent. Elle a l'habitude de venir dans mes quartiers ou dans mon bureau dès qu'elle a envie de parler. Je la trouve en fait assez drôle je n'avais pas l'impression qu'elle aimait tant parler. » Il lui jeta un regard assez perçant. « Mais ce n'est pas ce dont vous vouliez me parler, n'est-ce pas ? »

« Non. Je sais que je n'ai pas à vous poser cette question, mais j'avais l'impression que vous faisiez tous les deux quelque chose d'assez dangereux et qu'elle essayait de vous pousser à continuer. »

« Et vous voulez savoir ce dont il s'agit ? » Harry se figea. S'il elle avait vraiment entendu sa conversation avec Bellatrix, alors elle ne savait rien d'important, si ce n'est que quelque chose se passait. Mais cela pouvait lui causer bien des ennuis. Il se promit de jeter la prochaine fois un sort de silence sur la pièce et de fermer la porte, ou les deux à la fois.

« Je ne sais pas. » Soudainement, Lily se sentit plutôt mal à l'aise. Il semblait qu'elle avait par inadvertance mis les pieds dans quelque chose d'important, quelque chose qu'elle n'était pas supposée connaître.

Harry envisagea brièvement de lui mentir et de lui dire qu'il travaillait sur une sorte de projet top secret pour Dumbledore mais y renonça rapidement. Cela lui apporterait bien trop d'ennuis si elle lâchait quelque chose accidentellement devant le directeur. Il ne pouvait pas non plus lui dire la vérité. Si cela se savait qu'un seigneur de ténèbres émergeait avant qu'ils ne soient prêts… De mauvaises choses se produiraient, pensa-t-il en grimaçant. Ou ils pourraient me traiter encore une fois de fou cherchant l'attention.

« Vous me mettez dans une position très difficile, Miss Evans, » dit-il finalement, en marchant derrière son bureau.

« Je suis désolée Professeur. »

« Je comprends votre curiosité, mais comme vous l'avez déjà réalisé, ce dont j'ai parlé avec Miss Black est une affaire assez… délicate. C'est en rapport avec la raison pour laquelle son oncle a décidé de me faire cette faveur et de me faire remplaçant, ici à Poudlard. Disons juste que c'est une affaire politique. Il ne veut pas non plus qu'elle soit impliquée car il la trouve bien trop jeune pour être impliquée dans le jeu et les intrigues des politiciens. » Harry grimaça. « Comme vous pouvez l'imaginer, il ne les aime pas beaucoup. »

« Je vois, » dit Lily en hochant la tête. Elle voyait bien que c'était plus que ça, mais elle était suffisamment intelligente pour réaliser qu'elle n'obtiendrait rien de plus. Même si la voix d'Harry était amicale, ses mouvements de mâchoire et le regard distant qu'il avait lui disaient qu'il n'en dirait pas plus. « Je comprends je ne vous dérangerai plus professeur. Je suis désolé de vous avoir posé une question privée. »

Harry sourit, presque de soulagement. « Ne vous inquiétez pas, Miss Evans. Je comprends votre curiosité. Maintenant, puis-je faire autre chose pour vous ? »

« Et bien… » Lily sortit sa sacoche et sortit son devoir « Je me posais des questions sur la potion sur laquelle nous devons faire des recherches…

« Ah, Mr Ashworth. S'il vous plait, entrez. » Orion Black invita d'un geste Harry à entrer, après que le jeune homme ait mis sa tête dans la cheminée. Un moment plus tard, Harry franchit la cheminée et atterrit assez rudement sur le tapis.

Harry se redressa et s'épousseta. La salle de séjour des Black était impeccable, comme toujours, mais cette fois, les meubles avaient été déplacés ce qui faisait que le milieu de la pièce était vide. A part lui et le patriarche Black, la pièce était déserte et la demeure était silencieuse, même si Harry était sûr qu'il y avait des elfes de maison dans le coin, attendant un ordre de leur maitre.

« Bellatrix dit que vous vouliez me parler. »

« En effet. » Orion se tourna vers Harry, un verre de whisky pur feu à la main. « Romulus et moi avons pris une décision. Nous allons demander une motion de censure contre le Ministre. Avec un peu de chance, nous y arriverons, nous permettant de placer quelqu'un au pouvoir et étant un peu plus capable de s'opposer à cette nouvelle menace. »

« C'est génial, » approuva Harry. « Comment avez-vous réussi à obtenir autant de soutien en aussi peu de temps ? »

« Nous avons nos méthodes, » dit-il vaguement. « Cependant cela nous ramène toujours la question principale, qui doit remplacer le Ministre Thornton ? » Orion posa son verre et sortit sa baguette. « Cependant, ce n'est pas la raison pour laquelle je vous ai demandé de venir ici. »

« Alors pourquoi ? » Harry cacha prudemment sa nervosité en voyant son mouvement. C'était clair qu'il s'agissait de défi.

« Ce conflit arrive, » commença Orion, « et je n'ai pas de raison de douter de votre mot et de celui de Bellatrix sur le fait qu'un danger est sur le point d'arriver et qu'il changera à jamais le monde sorcier. Il faudra choisir un côté, et des batailles seront menées. Des idéologies et des croyances seront remises en question. Je ne sais pas qui sera victorieux, mais le vainqueur décidera du futur de notre monde. Nous devons tous choisir quel camp nous devons soutenir. Certains se rallieront avec le camp qu'ils penseront victorieux. Ce sont des lâches. Mais d'autres se battront pour leurs idées. Ce sont là des outils précieux. Et d'autres choisiront de se battre pour ce qu'ils croient être le mieux pour ce monde, notre monde. Ce sont là de vieux hommes qui se font des illusions. »

Il fit tourner le verre sur la table, sa voix de plus en plus basse. « Afin de réussir, nous devons choisir nos alliés très prudemment. Nous devons trouver des personnes de confiance. Nous devons trouver ceux capables de se battre pour notre cause et de mourir pour notre cause. Maintenant dites-moi Ashworth, qui êtes-vous ? »

Harry resta silencieux, observant Orion avec son verre. « J'aimerai croire que je fais ce que je crois être le mieux pour notre monde, » répliqua-t-il fermement.

« Est-ce le cas ? »

« Oui, monsieur. »

Orion lui jeta un regard sévère. « Qui êtes-vous vraiment ? »

« Excusez-moi ? »

« Qui êtes-vous ? » Le patriarche Black fit un pas en avant. « Je sais que vous n'êtes pas Harry Ashworth. Personne de ce nom n'existe. A ce que je sache, vous pouvez m'avoir menti sur beaucoup d'autres choses. » Il fit un autre pas. « Je comprends qu'il y a certaines personnes dehors qui préfèreraient que l'on ne connaisse pas leur passé. Mais une tempête se prépare et je dois savoir si je peux vous faire confiance. Puis-je vous faire confiance, qui que vous soyez ? »

Harry avala difficilement. Ce n'était vraiment pas son jour. « Comment l'avez-vous découvert ? » demanda-t-il.

« Les papiers que vous avez sont extrêmement bien faits. En fait, vous avez créé une identité presque parfaite. » Orion hocha la tête, presque avec approbation. « Je ne sais pas qui a forgé vos faux papiers, mais ils ont fait un excellent travail. Cependant, même s'ils vous ont créé un certificat de naissance, il y a une chose qu'ils ne pouvaient pas modifier. Le registre familial. Chaque membre d'une famille y ait magiquement relié et ce registre est donc toujours mis à jour avec les naissances, les morts et autres évènements importants. Imaginez donc ma surprise quand après les avoir contactés, la famille Ashworth en Australie s'est trouvée incapable de trouver trace d'une personne nommée Harry. Ou d'une personne ayant votre âge. »

« Je vois. » Harry soupira. Il n'avait pas encore pensé à ce qu'il devait faire avec sa fausse identité. Il savait qu'elle n'aurait pas duré éternellement, mais tout ceci était arrivé bien trop tôt et il n'avait pas encore fait de plans de secours. « Et vous voulez savoir qui je suis. »

« Non. »

« Non ? » Harry sembla surpris. Il ne s'y était pas attendu. Il s'était attendu à un interrogatoire, à avoir à donner des réponses sur des choses qu'il n'était pas prêt à parler.

« Comme je l'ai dit, certaines personnes préfèrent cacher leur passé. Je le respecte. Cependant, si nous allons vraiment combattre de seigneur des ténèbres ensembles, je dois savoir si je peux vous faire confiance. Je dois savoir si je peux vous faire confiance avec la vie de ma nièce. »

« Pourquoi ne lui posez-vous pas cette question ? » proposa Harry, se disant que cela ne pourrait pas faire de mal de lui dire que Bellatrix lui faisant volontairement confiance. Certes, c'était parce que cela lui serait bénéfique à long terme, mais quand même. « Elle sait qu'Ashworth n'est pas mon vrai nom. En fait, elle m'a aidé à fabriquer cette identité. »

Orion cacha bien sa surprise. « Je suppose que son histoire sur la façon dont vous vous êtes rencontrés est également fausse ? »

« Pas entièrement. Ce n'est qu'une version abrégée de la vérité. »

« Intéressant, » dit Orion en inclinant la tête. « J'aimerai beaucoup savoir pourquoi Bellatrix a décidé de vous faire confiance, vous, un parfait étranger, dès qu'elle vous a rencontré. Pourquoi elle a pensé que vous étiez suffisamment important pour vous présenter à moi. »

« Je ne sais pas, » répondit Harry honnêtement.

« Et dites-moi, jeune Mr Ashworth… vous saviez à propos de ce seigneur des ténèbres, bien avant que Bellatrix ne vous en parle, n'est-ce pas ? »

Harry hésita un long moment avant de répondre. « Oui, j'avais mes doutes. C'est l'une des raisons de ma présence ici. « C'était suffisamment proche de la vérité pour ne pas être un mensonge.

« Et quels étaient exactement vos plans quant à ce mage noir ? Le rejoindre ou vous battre contre lui ? »

« Le combattre. »

« Encore plus intéressant. » Orion regarda Harry de haut en bas. « Pourquoi ? »

« Pourquoi quoi ? »

« Pourquoi choisir de le combattre ? Il est évident que vous auriez pu partir ailleurs, loin d'ici. Pourquoi vous impliquer dans ce conflit ? Et ne me faites pas l'affront de me mentir. Je sais que faire ce qu'il y a de mieux pour le monde sorcier n'est pas votre vraie motivation. Quelle est-elle en fait ? Est-ce la gloire ? L'ambition ? »

« La vengeance. » Harry réussit à exprimer toute sa haine pour Voldemort dans ce simple mot. Et c'était vraiment ce qu'il voulait, plus que tout au monde. Il voulait se venger pour la mort de ses parents, pour Sirius, pour tous ceux que Voldemort avait tué et allait tuer. Pour tous ses amis disparus, pour l'enfance qu'il n'avait pas eu, pour une vie gâchée par le poids des espoirs et des peurs de toute une nation.

« A cause d'un être aimé ? » demanda Orion gentiment.

« Pas juste un seul, » réussit Harry à dire, ce qui lui valut un regard de pitié de la part de vieux sorcier.

« Je vois. »

« Je ne pense pas, » répondit Harry, sans réfléchir. « Il m'a tout pris. Ma famille, mes amis, mon enfance. Il a tout pris et en a ri. Il l'a apprécié. Il a causé la douleur et la misère de plus de personnes que je ne pourrais compter. Vous pouvez croire ce que vous voulez sur moi, mais je vais l'arrêter. Je vais le tuer. A mains nues s'il le faut. »

« Ah, au moins une réponse honnête. » gloussa Orion. « Bien, très bien. »

« Quoi ? » Harry avait l'air confus.

Orion rangea sa baguette et s'expliqua. « Nous nous lançons dans une affaire très risquée. Quand on se bat contre un mage noir, il y a forcément des pertes et de la souffrance. Il est vital pour notre succès de bien choisir nos alliés. Je devais m'assurer que vous étiez digne de confiance et que si nous travaillons ensembles, vous soyez prêt à vous battre jusqu'à la fin. »

« Je comprends… je pense, » dit Harry lentement.

« Bien, bien. » Orion reprit son verre. « Maintenant, j'ai entendu de Bellatrix que vous améliorez ensembles vos talents de duelliste ? »

« Un peu, » admit Harry.

« Si cette guerre devient ouverte, je voudrais que les membres les plus proches de ma famille soient capables de prendre soin d'eux-mêmes. » Orion fit disparaître les autres meubles d'un mouvement de baguette. « Pourquoi ne me montrez-vous donc pas ce dont vous êtes capable ? »

« Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée, » répondit Harry avec appréhension, perplexe devant la facilité du vieux sorcier à changer de sujet, ou par la facilité avec laquelle il s'était remis de la révélation de sa fausse identité. Peut-être que je traine autour de Dumbledore depuis trop longtemps, songea Harry.

« J'insiste, » affirma Orion. « Si vous comptez tenir votre promesse, alors il est dans notre intérêt commun de s'assurer que vous êtes prêt pour cette tâche. »

Harry toucha sa baguette dans ses robes. Depuis qu'il l'avait achetée chez Ollivander, il avait essayé d'éviter de la toucher autant que possible. Même quand il était forcé de l'utiliser, il avait essayé de limiter ses sorts. Harry savait que c'était complètement illogique. Voldemort n'avait pas corrompu cette baguette. En fait, la baguette était un simple outil, ne pouvait pas être bon ou mauvais, seul son utilisateur pouvait l'être. Mais quelque chose le retenait d'utiliser la baguette qu'avait utilisée Voldemort à son époque. Malgré ça, quand Harry jetait un sort, même mineur, il ne pouvait dénier le fait que cela semblait être juste, comme avec sa vieille baguette d'houx. Elle semblait être la sienne, comme si elle lui appartenait.

« Pourquoi hésitez-vous ? » demanda Orion curieusement. « Vous n'avez pas de mal à travailler avec Bellatrix. »

« Pour rien, » répondit finalement Harry et il prit une position formelle de duel que Bellatrix lui avait montrée. « Juste des pensées sans importance. »

« Vraiment ? Je trouve souvent que la plupart des pensées sont tout, sauf sans importance. Elles peuvent peut-être le paraître d'un premier abord, mais quand on les examine davantage, elles révèlent bien plus de choses, » répliqua Orion en levant sa baguette. « Voulez-vous en parler ? »

Harry se le demanda tout en parant avec réflexe un stupéfix de son adversaire. Cela ne pourrait pas faire de mal d'en parler avec quelqu'un, surtout quelqu'un d'aussi savant qu'Orion. Si cela avait été Dumbledore, Harry aurait été bien moins bavard il était certain que le patriarche Black se demanderait pourquoi Harry se posait ces questions en particulier, mais étant donné leur récente conversation, il se sentait bien plus en sécurité de savoir qu'Orion n'allait pas insister davantage.

« Protego, » lança Harry tout en faisant un pas de côté pour éviter plusieurs éclairs de magie. « Oui, je pense. »

« C'est un choix intéressant de sortilèges, » commenta l'ancien sorcier quand Harry lui jeta d'autres sorts qui touchèrent son propre bouclier.

« Supposons que deux baguettes partagent le même noyau mais vont à deux sorciers différents – » Harry s'arrêta net quand il conjura sans parler une barrière de sortilèges, puis pointa sa baguette sur le sol. « Effumidus, » murmura-t-il ce qui fit jaillir un nuage de fumée du bout de sa baguette. La fumée envahit bientôt tout son côté de la pièce. L'utilisant pour se couvrir, il se faufila sur le côté. D'un mouvement de baguette, il envoya divers objets de l'autre côté de la pièce sur son adversaire.

Orion haussa un sourcil curieux en voyant l'écran de fumée, puis lança une contre-attaque contre les objets qui volaient sur lui, ses yeux perçants observant tous les mouvements d'Harry. « Ventulus, » répliqua-t-il, et l'enchantement fit disparaître facilement toute la fumée et exposa Harry. « Continuez, » dit-il.

« Qu'est-ce que ça signifie quand une baguette choisit un autre sorcier, » finit Harry, se jetant à terre pour éviter une pluie de javelots de glace qui disparurent sans faire de dommages avant de toucher le mur derrière lui. Il pointa l'autre côté de la pièce avec sa baguette et lança un sortilège d'attraction. Comme il s'y attendait, ce fut lui qui fut déplacé à la place. « La même baguette, je veux dire, » expliqua-t-il en se levant rapidement et en créant une faille d'un mouvement de baguette.

La barrière improvisée fendit tout le sol de la sal de séjour et s'éleva juste à temps pour intercepter une maléfice massif que le patriarche Black venait de lui lancer. Le pierre, le marbre et la poussière qu'Harry avait modelés tremblèrent puis s'écroulèrent, mais avant d'avoir repoussé l'explosion. Harry soupira de soulagement, ayant vu les gestes de baguette de son adversaire à temps pour créer une défense de fortune. Orion voulait clairement intensifier le combat, le forçant à utiliser davantage ses instincts et des sort bien plus dévastateurs.

Orion plissa ses yeux avec intérêt. « Une baguette, deux propriétaires, c'est ce que voulez dire ? » Il déploya avec nonchalance ses propres boucliers autour de la pièce, regardant, derrière ses barrières translucides les sorts d'Harry rebondir contre ses défenses. « C'est curieux. Vous trouvez-vous dans cette situation ? Je croyais que Bellatrix vous avait fait acheter une nouvelle baguette chez Ollivander. »

« C'est le cas. » S'il vous plait, n'insistez pas, s'il vous plait n'insistez pas, pensa Harry tout en bannissant des débris vers son adversaire. « C'était juste une question hypothétique. » Il envoya après ses missiles de fortune un vrai missile magique, avant de transplaner dans la pièce.

« Ce sont d'intéressantes hypothèses dans ce cas, » répondit Orion en souriant et en évitant avec aise le nouvel assaut. Il était relativement impressionné par les talents d'Harry. Même s'il lui manquait visiblement une diversité de sortilèges, et qu'il n'avait jamais été officiellement instruit dans l'art du duel, il compensait largement avec le pouvoir à l'état brut qu'il injectait, même dans ses sortilèges offensifs les plus basiques. Sans mentionner son emploi créatif de sortilèges habituellement inutiles en combat. Même si les attaques ne causaient pas de dommages à ses boucliers, ses assauts étaient suffisamment intenses pour le forcer à être sur la défensive. Le patriarche Black ne savait pas si c'était intentionnel car la plupart des tactiques de combat de son adversaire semblaient être instinctives. En gardant ça en tête, le vieux sorcier décida de mettre la barrière encore plus haut.

Harry ouvrit sa bouche pour lancer l'incantation quand une lumière blanche éclatante jaillit dans la pièce. Instinctivement, il se jeta par terre quand un son ultrasonique perça les airs, ses yeux fermés pour lutter contre l'éclair de lumière incroyablement brillant. Il ne pouvait ni voir, ni entendre mais il eut la présence d'esprit de quitter sa position actuelle. Ses oreilles sonnaient encore et Harry fut forcé d'ouvrir les yeux, mais la seule chose qu'il pouvait voir, c'était un blanc immaculé. Il sentit la chaleur d'un sort de feu passer au dessus de lui et jeta avec hâte le plus puissant sortilège défensif qu'il connaissait. Il le sentait se craqueler sous la puissance d'Orion et il sut qu'il allait être dans le pétrin à moins qu'il fasse quelque chose…maintenant.

En désespoir de cause, quand il sentit l'intensification magique du sorcier, Harry fit appel à son œil interne et s'imagina de l'autre côté de la pièce. Quand la force explosive jaillit de la baguette de son adversaire, Harry transplana silencieusement. Le temps semblait s'être figé pour lui et il sentit la pièce devenir floue et il apparut là où il se l'était imaginé, et il savait, même s'il ne pouvait pas le voir, qu'il était juste dans le dos du patriarche Black.

« Tenerio Dextera ! » Le sortilège d'entravement jaillit vers le sorcier. Orion se tourna, le sort le ralentissant au lieu de le lier complètement. Les sourcils de l'ancien sorcier étaient froncés de concentration alors qu'il essayait de lutter contre la magie du sortilège. Le temps qu'il se soit repris cependant, Harry pouvait de nouveau voir, même si vision était encore un peu floue et tachetée de points noirs. Profitant de l'immobilisation temporaire de son adversaire, le jeune sorcier agita sa baguette, lançant une paire de stupéfix retentissants. Par réflexe, il envoya aussi une autre pluie de débris vers Orion.

Son nouvel assaut cependant, s'écrasa, sans faire de dommages sur une barrière chatoyante et Harry en resta bouche bée. Il n'avait pas vu l'autre sorcier lever sa baguette pour jeter le sort. En plissant des yeux, Harry fit un arc de cercle avec sa baguette et les meubles et objets de la pièce s'envolèrent et se mirent à tourner avec chaos autour d'eux. Les débris volants dégringolaient parfois sur son adversaire ce qui empêchait Orion de faire autre chose que d'hausser un sourcil curieux derrière son bouclier.

Orion s'apprêtait à lever sa baguette et de bannir le charme qu'Harry avait dû placer sur ses missiles de fortune, quand trois d'entre eux convergèrent sur lui en même temps. Changeant de plan, Orion agita rapidement sa baguette, faisant exploser les projectiles avec des éclairs de magie.

« Orbus Solis ! » Le rugissement de magie alerta Orion sur le fait qu'il venait de tomber dans l'un des pièges d'Harry car la sphère de feu s'agrandit rapidement, incluant la moitié de la pièce. La seule chose qu'il pouvait faire, c'était de renforcer ses boucliers car des langues de feu jaillissaient vers lui, bloquant sa vision. C'était un sort impressionnant pour quelqu'un de si jeune, songea-t-il. Mais il faut arrêter cela avant d'endommager la pièce. Davantage.

Avec un grand mouvement de baguette, Orion jeta une vague de magie qui éteignit instantanément les flammes magiques. « Assez, » dit-il. « J'en ai assez vu ce soir Mr Ashworth. Je dois admettre que c'était assez impressionnant. » Même si c'était un peu brut, ajouta-t-il silencieusement. Harry se détendit aussitôt. Le garçon a du talent et il est évident qu'il s'est déjà battu avant, mais personne ne semble avoir pris le temps de lui enseigner correctement. Mais son style de combat est assez intriguant. Il utilise beaucoup de sorts communs… très créatifs, très uniques. Très efficaces… Je comprends pourquoi Bella a du mal à le battre.

« Merci, » répondit Harry, en jetant un coup d'œil à la pièce qu'ils venaient de dévaster. « Désolé pour la pièce, » ajouta-t-il rapidement.

« Ne vous inquiétez pas. » D'un coup de baguette, la pièce retrouva sa gloire d'antan. Les trous et les rayures disparurent aussitôt. Le tapis se régénéra et peu après, la pièce ne ressemblait plus à un champ de bataille. « L'un des avantages à vivre dans une ancienne demeure magique, » expliqua Orion. Il sourit et rangea sa baguette dans sa robe, puis il s'assit.

« Maintenant, pour répondre à votre question sur les baguettes… c'est n'est pas du jamais vu d'avoir une baguette pour deux propriétaires. En fait, cela arrive généralement quand le précédent propriétaire meurt et que quelqu'un d'autre hérite de la baguette. Celle-ci est généralement revenue car les chances pour que celui qui en hérite soit compatible avec elle sont assez minces. » Orion regarda Harry intensément et celui-ci bougeait, mal à l'aise et il sut que sa réponse approcherait beaucoup ce qu'il se passait vraiment. « Mais vous me posiez une question sur des baguettes jumelles et le problème est un peu plus compliqué. Vous voyez, les baguettes sont plus que la somme de leurs composants. Elles sont plus une fusion du bois, du noyau et de catalyseur qui les connecte. Chaque baguette est unique. Même dans le cas où deux baguettes partagent le même noyau, elles seront différents et choisiront donc des propriétaires différents. Elles ne sont généralement pas compatibles avec le propriétaire de l'autre baguette, non plus. »

« Je vois, » commença Harry.

« Non, je ne crois pas, » répondit Orion. « Vous savez, personne ne sait vraiment pourquoi une baguette choisit telle ou telle personne. Il y a eu des spéculations depuis que les premières baguettes ont été créées. Cependant, si une baguette est compatible, parfaitement compatible avec deux propriétaires différents, cela signifie qu'ils sont connectés, d'une manière ou d'une autre. Non pas le sang ou leurs actions, mais par quelque chose de plus. Quelque chose de plus profond. Certaines personnes appellent cela le destin. Je préfère penser que c'est juste la manière dont fonctionne la magie. Quoi qu'il en soit, cela signifie normalement qu'ils sont destinés à quelque chose. » Il n'avait pas besoin de poser la question, il savait déjà que la situation hypothétique d'Harry était bien plus que ça, mais il se dit qu'il en avait assez fait avec ce jeune homme ce soir. Il ne connaissait pas l'agenda d'Harry Ashworth – ou qui qu'il soit – mais Orion était convaincu qu'il coïncidait suffisamment avec le sien.

« Tu ne ressembles à rien. »

Harry fusilla du regard la jeune femme assise dans son fauteuil quand il sortit de la cheminée dans ses appartements de Poudlard. Il était tard, probablement peu avant vingt-deux heures. Le couvre-feu allait bientôt commencer ce qui lui faisait se demander ce que Bellatrix faisait dans ses quartiers privés. Puis il se demanda immédiatement comment elle avait pu entrer dans ses quartiers privés sans qu'il ne la fasse rentrer.

« Pour ton information, » lui dit-il, « ton oncle est un sacré duelliste. »

« Je sais. Il était l'un des meilleurs dans sa jeunesse, » sourit Bellatrix. « Il m'a entrainée. »

« Ça explique certaines choses, » marmonna Harry.

« Alors combien de fois t'a-t-il écrasé ? » demanda-t-elle joyeusement. Harry se demanda si elle lui avait tendu ce piège pour se venger de ses échecs répétitifs avec lui.

« C'était un match nul, » dit-il.

« Quoi ? » Bellatrix bondit de sa chaise. « Impossible ! »

« C'est pourtant la vérité. Nous nous sommes arrêtés parce que nous ne voulions pas détruire davantage le reste de la maison. » Harry décida de ne pas mentionner le fait que s'ils avaient continué le combat, il aurait certainement perdu. Même s'il était plus jeune, Orion avait le talent et l'expérience – et plus important la diversité – pour mener le combat du début à la fin.

« Donc, que faisons-nous maintenant ? Quel est le plan de mon oncle ? »

Harry remarqua que Bellatrix semblait avoir héritée de la capacité de son oncle à changer de sujet sans ciller. Il enleva sa robe et la posa soigneusement sur le dos de sa chaise. « Ton oncle va proposer un vote de non confidence devant le Magenmagot. Il prévoit de remplacer Thornton avec quelqu'un de plus doué. »

Bellatrix restant silencieuse, il se retourna vers elle. « Quoi ? »

« Et quel est exactement ton plan ? »

« A part m'allonger et dormir un peu ? » Harry évita le coup qu'elle allait lui donner dans le tibia. « C'était pour quoi ? »

« Je t'ai dit d'arrêter de faire l'imbécile, Ashworth ! » cracha Bellatrix avec colère. « Dois-je te rappeler que c'est toi qui m'as dit que c'était sérieux et dangereux ? J'espérais vraiment que tu aurais un plan pour s'occuper de ce mage noir parce que je suis maintenant menacée aussi par lui ! »

« Relax, j'ai un plan, » lui assura Harry. « Et oui, c'est toujours en cours. Et tu devrais te montrer contente car si je ne l'adaptais pas à ce que prépare Tom, ce ne serait un très bon plan, n'est-ce pas ? »

« Bien, mais tu n'oublieras pas de me tenir au courant, Ashworth ? » Harry gloussa en voyant la position de Bellatrix. Le dos droit, les poings serrés et sur les hanches avec un regard de défi, elle était l'antithèse de sa future version.

« Cela dépend du nombre de gens que ton oncle peut rallier à lui. Si le vote est positif, alors je pourrais agir plus librement dans un gouvernement qui approuvera toutes les actions contre Tom. Si ce n'est pas le cas, alors… » Harry haussa des épaules. « Ce ne serait pas la première fois que j'aurais à agir secrètement. »

« Retournons à ma question. Que faire maintenant ? »

« Maintenant, nous allons garder nos oreilles ouvertes. Notre priorité principale est de faire en sorte que les familles de sang pur ne soutiennent pas Tom. Il est peut-être capable d'attirer de jeunes gens à lui, mais je suis prêt à parier que leurs parents ne seront pas aussi rapides à le rejoindre. Si nous pouvons le priver de leurs fortunes, la moitié de la bataille sera gagnée. »

Bellatrix secoua la tête. « Peu probable. Je déteste briser tes espoirs mais s'il leur sort le même discours que celui pour les jeunes de la semaine dernière, il y aura quelques familles prêtes à le rejoindre. Beaucoup d'entre elles en veulent au gouvernement actuel pour leur avoir enlevé leurs titres et ils le blâment pour la perte de leur richesse et de leur influence. »

Harry haussa des épaules, comme si cela ne le concernait pas, sachant que ça embêterait Bellatrix. « Plan B dans ce cas. »

Quand il se tourna et vit que Bellatrix était toujours là, le dévisageant avec impatience, il cacha soigneusement son sourire. « Quoi ? » répéta-t-il.

« Et bien, quel est ce plan ? » demanda-t-elle d'une voix presque plaintive. Impatiente. Harry savoura ce moment.

« Il est clair que Tom opère en secret parce qu'il n'est pas prêt pour une opération à grande échelle pour l'instant. Il n'est pas encore prêt à se révéler au reste du monde. Peut-être parce qu'il n'a pas les ressources ou le soutien nécessaire. Peut-être n'a-t-il pas encore fini d'étudier la magie noire qu'il apprend en ce moment. Quelle que soit cette raison, il a une raison pour rester en retrait. Tout ce que nous devons faire, c'est lui donner une meilleure raison pour sortir. » Harry sourit en voyant le regard incrédule de Bellatrix.

« Tu veux attirer un mage noir dans un piège, intentionnellement ? » cria-t-elle presque. « Es-tu complètement cinglé ? »

« Je suis parfaitement sain d'esprit, merci, » répondit Harry, amusé. « Penses-y. Si nous le faisons sortir avant qu'il ne soit prêt, la balance penchera en notre faveur. Il n'aura pas tout le soutien qu'il voulait. Il ne sera pas assez fort pour mener correctement les plans qu'il avait préparés. »

« Et comment comptes-tu y arriver ? » demanda Bellatrix, la voix lourde de sarcasme. « En allant le voir et en lui demandant gentiment de montrer son visage ? »

« J'ai quelques idées, » répondit vaguement Harry.