Disclaimer: Harry Potter appartient à JK Rowling et cette traduction de l'histoire de Lord Silvere que j'effectue n'est pas utilisée à des fins commerciales
Chapitre 14 : Un risque de Serpentard
Le feu rugissait dans l'âtre, mais Harry n'arrivait pas à trouver du réconfort dans les flammes. Il était presque dix heures et il se demandait sérieusement quelle folie l'avait pris quand il répondu oui à l'invitation de Voldemort. Il s'apprêtait à aller volontairement dans la maison de l'un des plus puissants mages noirs de tous les temps. A quoi pensait-il ? Une pression sur son bras calma ses tremblements.
« Es-tu sûr de vouloir faire ça, Harry ? » demanda Bellatrix doucement.
« Trop tard pour faire marche arrière maintenant, » gloussa-t-il avec un sourire jaune. « Je suppose que je vais découvrir s'il m'a accepté, ou pas. »
« Et tu risques aussi d'être tué, » contra Bellatrix.
« C'est aussi possible. »
« Garde à l'esprit qu'il nous a chassés dans la forêt. Je continues à dire que tu devrais me laisser continuer à espionner, » continua-t-elle, « il t'a montré beaucoup d'intérêt mais il se peut qu'il ne m'ait pas suivi spécifiquement. La seule raison pour laquelle il l'a fait, je pense, c'est parce que j'étais avec toi. Je t'ai dit qu'il y a une autre réunion ce soir à minuit. Je pourrais y aller et découvrir ce qu'il se passe. »
Harry secoua la tête. « Non, c'est trop dangereux. Je te l'ai déjà dit. Ton père et ton oncle me trancheront la tête si quelque chose t'arrive par ma faute. »
« Et ce mage noir, ne va-t-il pas le faire déjà tout seul ? » Bellatrix serra son bras encore plus fort. « Ecoute, malgré le fait que mon oncle soit impliqué maintenant, j'ai le sentiment que qu'importe ce que feront les autres, tu es la clé dans cette histoire et je serais idiote de te laisser partir là-bas tout seul et te faire tuer ! »
« Ouais, dommage que nous ne puissions pas simplement jeter une bombe atomique dans la cheminée et en finir une bonne fois pour toute, » marmonna Harry.
« C'était quoi ça ? »
« Rien. » Harry lui fit un signe pour qu'elle le lâche.
Bellatrix laissa finalement son bras et se mit devant lui. Les poings sur les hanches, elle le fusilla du regard et lui bloqua l'accès à la cheminée. « Donc tu vas juste y aller et quoi ? Prendre le thé avec un Seigneur Noir ? »
« Un truc du genre. »
« Ecoute, » soupira-t-elle d'exaspération. « Pourquoi n'en parles-tu pas à mon oncle et nous pourrons trouver… »
« Non, » Harry secoua la tête avec véhémence. « Je ne peux pas impliquer ton oncle là-dedans. »
« Si c'est un truc de macho, Ashworth… »
« Ce n'est pas le cas. »
Bellatrix haussa ses sourcils, septique. « Vraiment, » dit-elle, impassible. « Donc tu as passé je ne sais combien de temps à ton époque à combattre ce type, à être chassé par lui et ensuite tu as été capturé et torturé et presque tué. Et maintenant tu me dis que ça te va d'accepter une invitation à boire un thé qui est probablement un piège ? Il a probablement déjà des doutes sur toi ! »
« Et si je n'y vais pas, il va être suspicieux, » soupira Harry. « Ecoute, je n'attends pas à ce que tu me comprennes, mais je le connais bien mieux que personne, même Dumbledore J'ai passé cinq ans de ma vie à me battre contre lui, à regarder des amis mourir à cause de lui. Je le connais. C'est pourquoi il faut que j'y aille maintenant. Si je peux intégrer son cercle intérieur, je pourrais le détruire lui et sa soif de pouvoir avant que tout ne commence. »
Elle le dévisagea, n'arrivant pas à le croire. « Quoi ? C'est ça ton plan ? » cria-t-elle.
« Une partie. Disons juste qu'il a un peu changé puisqu'il m'a invité. » Harry croisa les bras, belliqueux.
« Ton plan est stupide, » lui dit-elle d'emblée.
« Et tu as une meilleure idée ? »
« Bien sûr que oui, » répondit-elle hâtivement. « Une idée qui n'implique pas de te faire tuer sans raison.
Harry leva les yeux au ciel, ennuyé. « Pourrais-tu arrêter de parler de moi comme si j'étais déjà mort ? »
« Alors pourrais-tu me dire ce qui te fait penser qu'il ne va pas te tuer alors qu'il nous a chassé dans tout le pays la dernière fois qu'on l'a vu, parce que quelqu'un que l'on ne nommera pas a oublié qu'il partageait une sorte de lien psychique avec lui ?! »
« Je n'avais pas oublié, » corrigea Harry. « Il n'y avait pas d'autres moyens. Il allait être là et je ne pouvais pas l'éviter. Je compte sur le fait que certains évènements futurs ne se sont pas encore produits ce qui signifie qu'il ne saura pas ce que signifie vraiment ce lien. »
« Oh, et il va juste être curieux et te demander ce que c'est ? »
« Peut-être que je peux le convaincre que j'essayais de pénétrer à travers ses boucliers d'occlumencie. La sensation est presque la même. » En voyant le regard de Bellatrix, il continua. « Je le connais. Il est curieux, surtout puisque je ne suis pas un ennemi. Il est aussi arrogant, tant qu'il pensera avoir la situation bien en main, il ne me tuera pas. »
« Et s'il ne tombe pas dans le panneau ? Tu m'as dit toi-même qu'il est un puissant légilimentien et je suis sûr qu'il est capable de briser aussi tes boucliers. Surtout s'il est aussi curieux que tu le dis. Pourquoi prendre la peine de demander s'il peut obtenir ce qu'il veut de cette façon et sans avoir à se demander si tu lui mens ou pas ? »
Harry secoua la tête, toujours aussi belliqueux. « Il aime jouer avec les gens. Tant que je ne représenterai pas une menace pour lui, il préférera s'amuser avec moi avant de me tuer. »
« Et tu le connais à ce point là. » Ce n'était pas une question et Harry crissa presque des dents en entendant son ton accusateur.
« Oui. »
Bellatrix soupira. « Dis moi Ashworth, es-tu prêt à parier ta vie sur ça ? As-tu au cas où un plan de secours si les choses se passent mal ? »
« Je retournerai dans la cheminée et m'éclipserai. »
« Ashworth, tu es un idiot. »
« Miss Black… »
« Ne me dis pas 'Miss Black' ! Tu crois que je ne vois pas clair ? Et bien, écoute, je peux lire en toi comme dans un livre ouvert, Ashworth, » La voix de Bellatrix devenait de plus en plus forte et aigue et Harry se félicita mentalement d'avoir placé un charme de silence autour de ses quartiers – une habitude qu'il avait prise grâce aux conseils incessants de Maugrey sur une vigilance constante.
« Vraiment ? » répliqua Harry sur un ton acerbe, irrité par son soudain interrogatoire sur ses motifs et par son comportement arrogant en disant qu'elle savait ce qu'il pensait. Qui croit-elle être, pensa-t-il avec colère.
« Oui, vraiment, » dit Bellatrix faiblement. « Tu crois que je ne peux pas dire que tu haïs ce gars ? Tu penses que je ne peux pas dire à quel point tu as envie de te prouver toi-même et de te venger de tout ce qu'il t'a fait à ton époque ? »
« Oui, je le haïs, » siffla Harry, « oui, je le tuerai, si j'en ai la chance et je le ferai avec joie. C'est un homme dangereux et s'il reste en vie, il causera à tout le monde des souffrances inimaginables ! »
« Il te causera des souffrances inimaginables, » répliqua Bellatrix calmement.
Harry ouvrit la bouche pour répondre mais réalisa qu'il ne le pouvait pas. Elle avait raison et il le savait, même s'il voulait le nier. Il voulait se venger de Voldemort, il voulait qu'il soit mort, mais pas pour le but glorieux de sauver le monde magique ou d'éviter le bain de sang qu'il allait provoquer. C'était une partie de ses raisons, mais comme il l'avait dit à Orion, il voulait une vengeance. Il voulait que Voldemort meure pour ce qu'il lui avait fait.
Voyant dans ses yeux qu'il venait de le réaliser, le ton de Bellatrix s'adoucit considérablement. « Ecoute, je ne sais pas exactement ce qu'il t'est arrivé dans ton futur mais j'imagine que ce n'était pas joli. Je suis sûr que tu as perdu des amis, peut-être même ta famille. Et ton envie de vengeance est compréhensible. Mais je ne vais pas te laisser te faire tuer avec un plan stupide, juste parce que tu penses pouvoir te rapprocher assez de lui et le tuer, tu comprends ? »
« Malgré tout ce que tu penses, je ne suis pas suicidaire, » marmonna Harry avec agacement.
« Tu ne me berneras pas. »
« Ecoute, » Harry soupira, se préparant à se justifier devant sa partenaire, quelque chose qu'il faisait de plus en souvent. « Je ne prévois pas de me faire tuer, même si tu penses que c'est le cas. Oui, je veux me venger de lui pour ce qu'il a fait… fera. Oui je le déteste de tout mon être. Mais je ne me suis pas battu contre lui aussi longtemps et aussi durement pour mourir si bêtement. Tu m'as demandé de te faire confiance et c'est ce que je fais. Mais ça va dans les deux sens. Je sais des choses sur lui que personne d'autre à part lui ne connaît. Je connais ses secrets les plus noirs et les plus profonds, ses forces et ses faiblesses. Je connais son arrogance et ses pouvoirs, sa fourberie et ses tactiques. Je l'ai combattu suffisamment de fois en duel pour savoir comme il se bat et à quel point il est terriblement puissant. »
Bellatrix resta silencieuse pendant un long moment. « Tu l'as déjà combattu avant ? »
« Oui, » confirma Harry, sans fierté.
« J'espère que tu sais ce que tu fais Ashworth, parce que je ne serais pas là cette fois pour ramasser les morceaux. »
« C'est le cas. Fais moi confiance. » L'horloge sonna et Harry la contourna, remarquant qu'elle ne fit pas de mouvement pour l'intercepter. « Je te vois demain. »
« Assure-toi de tenir ta parole. »
« Ne t'inquiète pas, je serais là. » Il prit une poignée de poudre et la jeta dans la cheminée. « Manoir Gaunt. »
Tout en entrant dans les flammes, il tourna la tête par dessus son épaule. « Et Bellatrix… ne t'attire pas d'ennuis. »
Dans un flash de flammes vertes il disparut.
Harry sortit de la cheminée sans trébucher, pour une fois. La pièce dans laquelle il venait d'entrer était faiblement illuminée par un chandelier au plafond. La lumière était à peine suffisante pour éclairer le centre de la pièce, laissant les murs dans les ténèbres. Une petite table pour le café et un bar étaient installés dans les parties de la pièce qu'il pouvait voir ainsi que quelques fauteuils. Un homme était assis, dos à la cheminée, sa longue cape épousant ses formes depuis le comptoir où il était installé.
« Bonsoir Mr Ashworth, » dit la personne, surprenant Harry. Ce n'était pas la voix profonde et rauque de Voldemort mais plutôt celle plaisante, cultivée et arrogante du Tom Jedusor dont il se souvenait à cause du journal intime.
« Mr Jedusor, » Harry feignit la nonchalance. « Je dois admettre que j'ai été surpris par votre invitation. »
« Je dois admettre, » dit Voldemort en se retournant « qu'il est inhabituel que j'agisse ainsi. Je n'ai pas l'habitude de demander à des gens de venir parler en privé avec moi. Principalement parce que je ne fais pas confiance à beaucoup de personnes. »
« Je connais très bien ce sentiment, » répondit Harry d'un ton égal.
« Est-ce le cas ? Intéressant. » Voldemort fit un geste vers le siège à côté de lui. « S'il vous plait, asseyez-vous. »
« Je préfère rester debout, merci. »
Voldemort le dévisagea pour l'évaluer pendant un moment et Harry dressa ses boucliers mentaux en préparation à l'attaque de légilimancie qu'il s'attendait à recevoir… mais qui ne vint pas. Avec un petit haussement d'épaules, Voldemort ramena son attention sur son verre. « Comme vous voulez, » dit-il.
« Je suppose que vous ne m'avez pas invité ici pour bavarder ? »
« En effet. » Voldemort sembla prendre un moment pour rassembler ses pensées et Harry commença à se poser des questions sur ce sorcier, presque calme et détendu et qui contrastait à l'image flamboyante qu'il donnait devant ses mangemorts.
« Donc, pourquoi suis-je ici ? »
Le verre fut reposé sans un bruit sur le bois poli. « Parce que, Mr Ashworth, vous m'intriguez beaucoup. »
« Vraiment ? Et qu'ai-je fait pour soulever cet… intérêt ? »
Voldemort se leva. « Vous êtes conscient de la situation actuelle dans le monde sorcier, n'est-ce pas ? »
« En effet. Il y a des rumeurs en Grande Bretagne sur le déclin de la suprématie des sorciers de sang pur. La plupart des gens sont mécontents de leur perte de richesse et de statut, comme j'ai cru le comprendre. »
« Vous avez raison. Je… dirige un mouvement pour changer cela. »
Harry commençait à en avoir marre de tous ces jeux de politiciens dans lesquels il était entrainé. Il semblait que tout le monde tournait autour du sujet comme s'ils se trouvaient dans un magasin de porcelaine et tout le monde savait de quoi il s'agissait vraiment. Harry, lui, n'était pas comme ça.
« Arrêtons là les plaisanteries. Vous et moi savons que vous êtes la personne qui se fait appeler Lord Voldemort et nous savons tous les deux ce que vous voulez. »
Une sorte de sourire se forma sur le visage du mage noir. « En effet. Je vous que vous êtes une personne qui n'aime pas tourner autour du pot, très bien, très bien. Alors permettez-moi de vous dire pourquoi vous êtes ici. J'avais espéré qu'en signant avec mon… nom commun, vous éviteriez d'avoir des ennuis si jamais vous aviez reçu la lettre en présence de personnes ne connaissant pas nos relations. »
« Continuez s'il vous plait. »
« Très bien, donc. » Voldemort fit un pas vers Harry, les flammes du chandelier et de la cheminée jetaient une lueur sur son visage ce qui permit à Harry de le voir correctement pour la première fois. La peau du visage de Voldemort et de son cou était pale, bien plus qu'il ne l'avait cru l'autre soir et il avait la peau sur les os. Il avait encore l'air humain mais était quand même très différent du souvenir de Tom Jedusor qu'il avait.
« Quand nous nous sommes rencontrés dans la Forêt Interdite, j'ai su qu'il y avait quelque chose de différent chez vous, » commença Voldemort. « Quelque chose… sur lequel je n'arrivais pas à mettre le doigt. Vous devez également l'avoir senti. Dites moi Mr Ashworth, essayiez-vous de me sonder ? »
« Non. »
« Je ne le pensais pas non plus. La sensation était proche, très proche mais ce n'était pas celle-là. Cela ne ressemblait pas à … ça. »
Harry sentit une vive douleur dans son front quand la sonde mentale de Voldemort le pénétra, comme un couteau chaud coupant dans du beurre, faisant son chemin à travers ses boucliers d'occlumencie. Désespéré, Harry érigea plus de barrières dans son esprit, mais vit avec horreur que celles-ci tombaient, les unes après les autres. Il pouvait sentir Voldemort plonger de plus en plus profond dans son esprit, cherchant les secrets qu'il avait enfouis dans un coin de sa tête : la connaissance du futur et ce que Voldemort deviendrait.
Une éternité sembla passer, même si cela ne dura quelques secondes jusqu'à ce qu'Harry trouve une dernière tactique, folle et désespérée. Rassemblant toutes ses connaissances de légilimancie, il envoya un éclair psychique par le biais de la connexion que Voldemort venait d'établir avec lui, espérant ralentir suffisamment l'avancée de Voldemort pour créer d'autres barrières. Cela fonctionna – il sentit la sonde mentale de Voldemort s'arrêter et le mage noir recula en arrière, sa tête entre les mains.
Harry se retrouva sur ses genoux, se tenant lui aussi la tête entre les mains et essayant de repousser la douleur qui le traversa quand Voldemort fut chassé de son esprit. « Ça… n'était pas gentil, » grogna-t-il entre ses dents.
« Impressionnant. Je dois admettre que je ne m'y attendais pas. » Voldemort se ressaisit et se redressa complètement devant Harry. « Je trouve cela intéressant que vous ayez quelque chose dans votre esprit que vous soyez si déterminé à protéger. C'est peut-être lié à cette étrange sensation que j'ai quand je suis proche de vous ? »
Faisant une brève grimace, Harry réussit à se relever. « Je jure que si vous allez dire que vous êtes attiré par moi, je vais… »
« Votre humour est inapproprié Mr Ashworth. » Voldemort s'arrêta un instant, puis se dégagea. Il ne recula pas physiquement mais sa présence battit en retraite, laissant Harry respirer. « Je suis sûr que vous comprenez mon besoin pour le secret. Si je recrute des gens pour ma cause, je dois être certain qu'ils sont dignes de confiance. Il ne peut y avoir de secrets dans mon cercle intérieur. »
« Désolé, mais je n'aime pas généralement quand on rentre dans ma tête, » répliqua Harry. « Vous auriez dû voir le mal de tête que j'ai donné à Dumbledore lors de mon premier jour à Poudlard. »
« C'est curieux. Je peux comprendre votre besoin de garder certaines choses privées, cependant votre réponse à ma menace m'a montré que vous possédez un talent extraordinaire, comparé à la majorité des sorciers de votre âge. Je suis sûr que vous comprenez mon étonnement quant à votre venue ici. Votre famille appartient presque à la noblesse en Australie, donc pourquoi êtes-vous venu ici ? Pourquoi venir ici, seul, sans ami ou contact, si seul en fait, que vous devez vous reposer sur les familles Black et Malfoy pour votre carrière ? Et comment cela se fait-il que les patriarches Malfoy et Black montrent autant de générosité envers un parfait étranger ? »
Harry haussa les épaules, passivement. « Peut-être qu'ils veulent être charitables ? » Il fit en sorte d'éviter de mentionner le nom de Bellatrix essayant même de ne pas y penser.
Voldemort gloussa. « J'en doute fortement. Non, il y a quelque chose qui fait qu'ils pensent que vous valez quelque chose. »
« Si vous impliquez que je suis utilisé pour qu'ils réussissent leurs objectifs, j'en suis bien conscient. De même que je les utilise comme tremplins pour réussir ce que je veux faire. »
« Bien, c'est très bien. Les personnes intelligentes sont rares aujourd'hui. » Le mage noir sourit presque de toutes ses dents. « Quoi qu'il en soit, je suis intéressé par votre venue ici, alors que vous auriez pu vivre confortablement dans votre pays. »
Réfléchissant rapidement, Harry répondit ce qu'il pensait que Voldemort voulait entendre. « Les choses n'étaient pas non plus idéales là-bas. Ce… mouvement pour les droits des nés de moldus commençait à devenir populaire, même s'il a fallu plus de temps pour que cela prenne racine en Australie qu'ici puisque nous n'avons pas été touché aussi sévèrement qu'en Europe par la dernière guerre. Mais on parle de leurs accorder des droits équivalents aux nôtres et honnêtement, cela me dégoutait. J'ai entendu dire qu'il y avait une opposition qui se formait en Grande Bretagne, et c'est pourquoi je suis venu ici. Ensuite j'ai croisé le chemin des Black et des Malfoy par pure coïncidence, et par chance. »
« Je vois… » Harry sentait que Voldemort réfléchissait s'il devait le croire ou non. Décidant de le tenter davantage, il ajouta une autre chose.
« Surtout que je sais que je peux vous donner beaucoup de soutien pour votre position auprès de ces deux Familles. Comme vous l'avez dit, ils ont décidé de me faire confiance. Ma position pourrait… vous profiter. Grandement, » proposa Harry.
« Une offre tentante, si j'étais prêt à prendre le risque que vous me posez dans une telle situation. » Le mage noir inclina la tête en contemplation. Il leva la tête ensuite et son regard croisa celui d'Harry. « Mais j'ai bien peur de devoir la décliner. Vous voyez, Mr Ashworth, si j'ai appris une chose, c'est de ne jamais m'entourer de personnes intelligentes… car les personnes intelligentes trouvent toujours un moyen de me poignarder dans le dos. »
La main de Voldemort se glissa dans ses robes, et Harry était certain qu'il cherchait sa baguette. « De plus, » continua le mage noir, « je sais qu'Orion Black et Romulus Black ne sont pas si facilement dupés. Ils ne sont peut-être pas des nés-de-moldus mais leur croyance sur le fait qu'ils sont les sauveurs du monde sorcier sont inébranlables. Cette seule raison suffit à me rendre suspicieux sur votre offre, mais maintenant je remarque qu'il n'a suffi que d'une motion pour que la famille Black arrive au pouvoir. »
« Et si je peux les convaincre de vous soutenir, ils vous aideront grandement dans votre combat. »
Voldemort rit et sortit sa baguette. « Non, Mr Ashworth, je ne suis pas arrivé si loin en étant stupide. Ma vie, mon combat sont bâtis dans l'obscurité. Nous nous cachons dans les ombres, nous nous déplaçons dans la pénombre, nous agissons dans l'anonymat jusqu'à ce que le moment soit venu. Cet endroit que vous voyez n'a pas été vu par d'autres yeux que les miens – et les vôtres – depuis des décennies. Le Ministère l'avait oublié. Cette demeure appartenait à un sorcier médiocre qui croyait à sa propre supériorité en raison de sa lignée. Il a eu tort, au final, ce vieux fou est mort seul. Je le sais mieux que lui. Notre lignée est une chose, mais le pouvoir, le vrai pouvoir doit être mérité. Il doit être mérité en empruntant le chemin que tous les autres craignent d'emprunter. Il doit être mérité en plongeant dans les secrets les plus profonds. Mais je ne mettrais pas mon combat en danger en en parlant publiquement. »
Harry haussa des épaules, essayant d'attraper discrètement sa propre baguette. « C'est votre perte, je suppose. »
« Non, Mr Ashworth, c'est votre perte. Je sais que Black et Malfoy savent que quelque chose se prépare. Ils sont trop malins pour ne pas s'en rendre compte. Peut-être savent-ils même que ce mal se transmet chez leurs jeunes. Vous seriez une menace pour moi, vous qui êtes si proches d'eux. » La baguette de Voldemort était maintenant levée, et pointée sur Harry, qui haleta de surprise en voyant le morceau de bois que tenait sa Némésis. C'était une baguette familière en bois de houx.
« Alors pourquoi m'avoir amené ici ? » demanda Harry, essayant de gagner du temps et pensant que Bellatrix avait eu raison – venir ici avait une idée colossalement idiote. « Juste pour pouvoir me tuer ? Vous n'avez jamais eu l'intention de me recruter, pas vrai ? »
« Oh, mais si. Si, jusqu'à ce que je réalise à quel point vous étiez puissant pour avoir résister à ma sonde. Il n'est jamais bon d'avoir autour de soi quelqu'un capable de garder des secrets et prêt à les défendre si violemment. » Voldemort fit un geste de sa baguette, et le feu dans la cheminée s'éteignit presque. « Maintenant vous avez un choix. Vivez ou mourrez, c'est si facile que ça. Je vois la sagesse que ce serait de vous avoir en allié, Mr Ashworth, mais vous avoir en tant qu'allié avec votre libre arbitre serait un plus grand risque encore. Je ne suis pas cependant un barbare avide de sang. Vous êtes libre de partir, si vous acceptez d'être mis sous le sortilège de l'Imperium. »
« Et si je refuse ? »
« Alors vous mourrez. »
L'horloge du château sonna minuit, suffisamment fortement pour qu'elle soit entendue jusque dans les profondeurs de la Forêt Interdite. Quand rien ne se passa, les étudiants commencèrent lentement à chuchoter entre eux. Bellatrix resserra sa cape un peu plus autour d'elle et se redressa, essayant d'entendre les conversations autour d'elle. Sa solitude ne dura pas longtemps cependant, car une silhouette large d'épaules s'avança vers elle, elle reconnut facilement l'un des frères Lestrange.
« Bien, bien, bien… qui avons-nous là ? » La voix était celle de Rodolphus. « Je vois que tu n'es pas en compagnie de cet idiot de professeur aujourd'hui ? Que s'est-il passé, chère Bella ? Querelle d'amoureux ? »
Elle décida de ne pas lui faire la grâce de lui répondre et resta silencieuse, sachant que cela énerverait Lestrange. Cela fonctionna et il vit que ses épaules se contractèrent.
« Quel est le problème, Bella ? Pas de remarques pleines d'esprit ce soir ? »
« J'ai juste décidé que tu n'en valais pas la peine, Lestrange, » répliqua-t-elle calmement.
« Oh, c'est bas, » dit Rabastan en s'approchant. Le plus vieux des frères Lestrange grimaça sous sa capuche. « Son père a été désigné comme candidat potentiel pour être Ministre et ça lui monte déjà à la tête. N'est-ce pas Bella ? »
« Va te faire voir, Lestrange. »
« Tu aimerais bien ? » Rabastan sourit puis regarda son frère. « Dis, peut-être devrais-je demander à Mère et Père qu'ils arrangent un mariage entre vous deux. Ce serait bien pour la renommée de la famille ! »
Bellatrix décida de répondre de façon très mature, en donnant un coup de pied dans son tibia. Le cri de douleur de Lestrange fut étouffé par une brise qui souffla dans les feuilles. Un gloussement derrière eux attira l'attention de Bellatrix. Lucius Malfoy venait de sortir des ombres.
« Comme si Orion Black allait accepter qu'une fille de sa maison épouse quelqu'un d'aussi basse extraction qu'un Lestrange ? » commenta-t-il avec un sourire.
« Dis, tu sais ce qu'on fait ici, blondie ? » demanda Rodolphus, irrité et il fut récompensé par un regard sinistre du fils unique de Romulus Malfoy.
« D'après ce que j'ai appris, il y avait certains problèmes à résoudre quant à l'intégration de certains membres dans notre petit groupe, » répliqua-t-il de manière hautaine.
« Hey, écoutez les gars ! » La voix d'un étudiant s'éleva quand deux figures se déplacèrent au milieu de la clairière. Finalement toutes les conversations cessèrent.
« Okay, écoutez. Vous avez entendu ce que Lord Voldemort a dit la dernière fois et vous avez tous eu le temps d'y réfléchir, » commença l'une des silhouettes, et Bellatrix essaya de se souvenir de la voix. Gretchen Goyle, se souvint-elle, une brute de Serpentard pas très intelligente, mais qui avait quand même plus de neurones que la moitié de l'équipe de Quidditch réunie.
« Et nous avons décidé de le suivre et il nous a donc demander de tenir cette réunion, » annonça l'autre personne, selon les souvenirs de Bellatrix, c'était Cannabo Crabbe… un autre monsieur muscle de Serpentard et elle se demanda d'un air absent comment ces deux idiots avaient fini sur la liste de recrutement de Tom.
« Lâchez le morceau ! » cria Rodolphus avec impatience, ce qui la valu un regard méprisant de tout le monde. Mais Crabbe ne lui jeta qu'un regard légèrement stupide.
« Maintenant, la première chose sur la liste, » Bellatrix réprima à peine un grognement quand Crabbe, idiot qu'il était, sortit une vraie liste « concerne certains problèmes admonis… adminos… »
Goyle lui donna un coup dans les côtes. « Administratifs, idiot ! »
« Oui, ad-mi-nis-tra-tifs, » énonça Crabbe avec soin. « Avant d'obtenir l'approbation de notre boss et de mériter votre badge, vous devez lui prouver votre loyauté. »
« De quoi parlez-vous ? » demanda Malfoy.
Goyle brandit sa baguette et retroussa sa manche, révélant un tatouage noir sur son avant-bras. « Ça. Tous ceux qui travaillent avec le boss sont marqués ainsi, afin de savoir qui est loyal. »
Il y eut un murmure parmi les étudiants qui s'arrêta sur un signe de Goyle. « Ecoutez, la première chose que nous voulons, c'est nous assurer qui est vraiment prêt à s'engager. Car ce n'est pas un jeu, c'est très sérieux. Et nous allons donc utiliser ceci. »
La fiole luit à la lumière de la lune. « C'est du véritaserum, » annonça Crabbe.
Bellatrix vit du coin de l'œil un petit groupe d'étudiant quitter la clairière.
« Si vous ne voulez pas nous rejoindre sérieusement et faire ce que veut le boss, alors partez et vous n'aurez pas d'ennuis. » Goyle continua. « Mais si vous le prenez et que nous n'aimons pas vos réponses… vous n'aimerez pas les conséquences. »
Crabbe craqua ses poings, pour mieux leur faire comprendre et plusieurs autres étudiants partirent. Bellatrix se sentait partagée, une part d'elle la pressait de partir, sachant qu'il y avait de bonnes chances qu'elle soit démasquée quand ils lui donneraient le sérum. Une autre part voulait qu'elle reste, sachant que c'était important et espérant qu'elle pourrait déjouer le sérum ou d'une façon ou d'une autre, éviter les questions qui la compromettraient.
Les étudiants restants se mirent tous en ligne et elle retrouva soudainement entre Malfoy et les deux frères Lestrange. Elle continuait à réfléchir quand elle réalisa soudainement qu'il n'y avait plus que deux étudiants avant elle. Puis ce fut le tour de Malfoy.
« Nom ? » demanda Crabbe.
« Lucius Amadeus Carolinius Thaddeus Malfoy », répondit-il, ignorant les gloussements autour de lui.
« Es-tu un sang pur ? »
« Oui. »
« Quelles sont tes intentions en rejoignant ce groupe ? » lu Goyle sur son parchemin préparé à l'avance.
« Obtenir du pouvoir et du prestige par tous les moyens possibles et restaurer le nom de la famille Malfoy dans le monde sorcier. »
C'était apparemment une réponse satisfaisante puisque Crabbe et Goyle hochèrent la tête après s'être brièvement concertés. Puis vint une autre question et Bellatrix sentit son sang se glacer.
« Es-tu au courant de quelque chose sur Lord Voldemort qui pourrait le menacer ou l'espionnes-tu pour le compte d'une autre organisation ? »
« Non. »
« Okay, tu as passé le test. » Goyle étant le plus 'intelligent' des deux, fit signe à Malfoy d'avancer alors que Crabbe se tournait vers Bellatrix.
Paniquant légèrement, Bellatrix se força à se calmer alors qu'elle avançait en avant. Okay, réfléchis, Bella, réfléchis… comment vais-je me sortir de là ? Elle regarda la bouteille de véritaserum avec appréhension, forçant ses jambes à bouger et espérant que personne ne remarquerait à quel point elle tremblait maintenant qu'elle avait vu que les questions étaient standardisées, visiblement écrites par Voldemort pour s'assurer de l'entière loyauté de ceux qui choisissaient de le servir.
Merde, Ashworth avait raison, pensa-t-elle quand elle réalisa qu'elle aurait dû partir quand elle en avait encore la chance. Puis il fut trop tard et Crabbe tint la bouteille au-dessus de sa bouche ouverte. La goutte de sérum de vérité toucha sa langue et elle sentit une sensation d'engourdissement traverser instantanément son corps. Ses pensées se brouillèrent et un nuage envahit son esprit.
« Nom ? »
« Bellatrix Estella Black. »
« Es-tu une sang pur ? »
« Oui. »
« Quelles sont tes intentions en rejoignant ce groupe ? »
« Je… » Bellatrix combattit l'envie de répondre de tout son être et réussit à empêcher sa langue avant de répondre. L'envie de répondre et dire J'infiltre ce groupe afin de le faire tomber était de plus en plus puissante. La pression s'accentua, ainsi que sa douleur. Cela avait dû se voir sur son visage car Crabbe recula et la regarda étrangement.
« Lâche le morceau Bella, » dit Lestrange – elle ne savait pas lequel – en avançant vers elle.
« Elle n'a pas l'air bien, » commenta quelqu'un sur le côté, et il y eu des murmures allant dans ce sens.
« Je pense qu'elle le combat… » Malfoy avait maintenant récupéré de la petite dose de sérum de vérité.
Bellatrix ne voulait rien d'autre que de relâcher la pression et de dire ce qu'elle avait à dire mais elle savait que si elle faisait ça, elle serait morte. Elle devait tenir jusqu'à ce que les effets du sérum s'estompent, toutes les illusions qu'elle avait de croire qu'elle pouvait répondre un mensonge s'étaient envolées en fumée.
« Pourqu… » Rabastan se tut soudainement. « Bien sûr, son papa va peut-être être ministre. Il veut absolument gagner et donc la petite fille à son papa espionne pour lui ! »
Merde, Bellatrix ne put penser qu'à ce mot. La prochaine chose qui attira son attention ce fut le bruit des plusieurs personnes, cherchant leurs baguettes. Elle réussit à faire un pas sur le côté, loin de Crabbe, Goyle et des autres élèves mais son corps refusait de bouger plus vite.
« Oh non, pas question, » Rodolphus attrapa son bras. « Donc, que faisons-nous avec elle ? » demanda-t-il à Goyle qui vérifia sa liste d'instructions et parla rapidement avec Crabbe.
Avant que quelqu'un n'ait eu le temps de répondre, l'esprit de Bellatrix se libéra suffisamment pour qu'elle agisse et elle remercia toutes les déités possibles pour que Voldemort ait choisit des personnes aussi stupides pour le représenter parce qu'ils n'arrivaient pas à décider rapidement que faire d'elle. Elle souleva sa jambe et la lança fortement contre Lestrange.
Le cri de douleur de Rodolphus résonna dans toute la clairière et il préféra la lâcher pour tomber sur le sol, tenant dans ses mains, là où elle venait de frapper. Le reste de groupe avait regardé dans un silence stupéfait Bellatrix frapper le jeune Lestrange là où cela faisait le plus mal chez un homme puis tourbillonner et disparaître rapidement dans la forêt.
« Rattrapez-là ! » cria Goyle en colère et les étudiants commencèrent à lui courir après.
