Disclaimer: Harry Potter appartient à JK Rowling et cette traduction de l'histoire de Lord Silvere que je fais n'est pas utilisée à des fins commerciales.

Chapitre 17 : De jeunes volontaires

« Merci beaucoup pour ton aide, Macy, » dit Lily quand elle et une gryffondor de cinquième année entrèrent dans la salle commune. « Les runes anciennes sont mon cours le plus difficile ce trimestre. »

« Je pense que tu exagères, » ria Macy. « Tu sembles avoir vite compris dès que je t'ai montré quelques astuces. Ils auraient vraiment dû garder l'ancien manuel au lieu de cette nouvelle édition. »

« Définitivement », confirma Lily. « Ca te dérange si je fais appel à toi si j'ai d'autres questions pendant mes révisions ? »

« Bien sûr que non, » dit Macy en agitant sa main quand elle se dirigea vers son groupe d'amis. « A plus tard. »

Se sentant assez satisfaite d'elle-même et rêvant d'une bonne nuit de sommeil, Lily se dirigea vers l'escalier des filles. Elle avait l'intention de s'effondrer sur son lit et de s'endormit immédiatement. Avant qu'elle ne puisse le faire, elle fut interceptée par James Potter.

« Hey Lily », dit James, ayant l'air un peu trop enthousiaste. « Comment vas-tu ? »

« Je vais bien James, » dit Lily en le regardant droit dans les yeux pour lui faire comprendre qu'elle voulait qu'il s'en aille et la laisse tranquille.

« Bonne journée ? »

« Oui. »

« Oh, génial, » dit James. « En fait, euh, nous, je veux dire, j'avais une faveur à te demander. »

Lily plissa les yeux et regarda derrière James, là où ses amis étaient assis. Sirius, Remus et Peter étaient autour d'une table. Il semblait qu'ils examinaient tous un vieux morceau de parchemin qui était au centre de la table. « Que veut votre bande de voyous ? »

« Voudrais-tu bien demander à Bellatrix de descendre pour nous voir ? Je ne peux pas vraiment monter moi-même, » dit James.

« Merci mon Dieu pour ces petites faveurs, » marmonna Lily.

« Alors, le feras-tu ? » s'informa James.

« Elle est probablement au lit. Je ne voudrais pas la réveiller, » dit Lily à James. Une part de sa réticence venait du manque d'envie de faire une faveur à James Potter. L'autre part était en lien avec son manque total d'envie de parler à la forte tête qu'était la fille Black. Depuis que son père était devenu ministre de la Magie, elle s'était conduite comme la reine de Poudlard – non pas que cette attitude soit nouvelle pour elle.

« Je te garantie qu'elle est réveillée, » dit James. « S'il te plait ? »

« Très bien Potter, » acquiesça Lily. « Si tu insistes. »

Lily se retourna et monta les marches. Dans le dortoir, elle trouva Bellatrix qui se regardait dans le miroir. La Serpentard de sixième année jouait avec une épingle noire à cheveux et ignorait complètement le fait que Lily venait d'entrer dans la pièce. Se sentant mal à l'aise, Lily s'éclaircit la gorge fortement. « Bonsoir Bellatrix. Comment vas-tu ? »

« Parfaitement, » dit Bellatrix, en se penchant vers le miroir pour étudier son visage.

Voyant qu'elle n'allait pas la saluer en retour, Lily décida de lâcher son message. « James Potter et ses amis m'ont dit qu'ils ont besoin de toi et veulent que tu descendes dans la salle commune. »

« Okay », dit Bellatrix en faisant un petit soupir. Avec dextérité, elle rassembla ses longs cheveux, les roula en chignon et les fixa avec son épingle à cheveux. Comme si elle était magique, les cheveux de Bellatrix gardèrent exactement la même position quand elle se leva et sortit de la pièce.

Commençant à se sentir mal à l'aise avec ses cheveux, Lily regarda Bellatrix sortir avec suspicions. Que veulent-ils d'elle ? se demanda Lily.

Bellatrix descendit dans la salle commune. Cela ne prit qu'un moment avant que Bellatrix ne remarque la table où s'étaient installés Sirius et ses idiots d'amis qui regardaient quelque chose intensément. En prenant son temps, elle se dirigea vers

Eux. « Qu'avez-vous pour moi ? » demanda-t-elle sur un ton impérieux, essayant de regarder par dessus leurs épaules pour voir ce qui avait attiré leur attention.

Son arrivée sembla les prendre par surprise. Avec un murmure, James mit ses mains sur le parchemin alors que Sirius se retourna vers elle avec un sourire absolument pas sincère.

« Cousine ! » s'exclama Sirius. « Tu es venue ! »

« Tu m'as fait chercher, » lui rappela Bellatrix sur un ton acide. « Que cachez vous ? »

« Rien, » dit Sirius. « Euh, peux-tu nous donner un moment ? »

« S'il le faut, » grogna Bellatrix, commença à taper de son pied sur le sol.

Sirius se retourna et Bellatrix écouta les quatre amis avoir un débat animé sur quelque chose. Finalement, ils parvinrent à une conclusion. Cette fois, James et Sirius se retournèrent vers elle.

James commença. « Nous avons découvert des activités suspicieuses, » déclara-t-il.

« Vous deviez avoir un débat pour décider de me le dire ? « dit Bellatrix, ayant l'air assez amusée. « Peut-être que vous auriez pu faire ça avec d'envoyer me chercher. »

« Ce n'était pas pour ça, » admit Sirius. « C'était à propos de ça. » Il attrapa le morceau de parchemin et le tendit à Bellatrix. « Voilà comment nous avons détecté des activités suspicieuses. »

Curieuse, Bellatrix examina le parchemin en question. Cela semblait être une carte du château… avec des étiquettes bougeant dessus. Bellatrix plissa les yeux et regarda les étiquettes, surprise de voir des noms. Rapidement elle trouva le dortoir de Gryffondor et la salle commune. La carte la montrait à côté de son cousin, de son ami James et de ses autres amis. Lily Evans était dans son dortoir et d'autres gryffondors étaient montrés comme étant dans la salle commune.

Bellatrix regarda James et Sirius. « J'ai besoin d'une carte de ce genre, » déclara-t-elle.

« Ah, oui. Et bien, elle n'est encore finie, » dit James.

« Elle m'a l'air suffisamment bien, » dit Bellatrix.

« Tu voudrais que nous t'aidions à espionner les serpentards ou tu voudrais que nous fassions des cartes de Poudlard ? » demanda Sirius.

« Les deux. »

« Et bien, tout ce que nous avons pour toi ce sont des Serpentards suspicieux, » dit James. Il se déplaça à côté de Bellatrix et montra la Forêt Interdite où se trouvaient deux étiquettes à l'orée de la forêt. « Severus Rogue et ta sœur Narcissa. »

Bellatrix regarda la carte avec consternation. « Que font-ils ? »

« Je ne sais pas, mais ils sont venus ici peu après le coucher du soleil et sont restés assis depuis, » dit James. « Dès que quelqu'un s'approche, ils se cachent. »

Remus Lupin, normalement très timide autour de Bellatrix, décida de s'immiscer. « Je leur ait dit à tous les deux qu'il y avait une possibilité pour que ne soit qu'une romance innocente. »

« Pendant presque cinq heures ? Je ne sais pas, » déclara James.

Confuse, Bellatrix regarda sa sœur et Rogue se tenir à côté de la forêt. « Cinq heures, c'est beaucoup de temps, » confirma-t-elle. « Sirius, que penses-tu ? »

« Rogue est une ordure, » déclara Sirius. « De plus, tout le monde sait que Narcissa ne s'intéresse qu'à Lucius Malfoy. Pas à quelqu'un comme Rogue. »

« Et bien, descendons découvrir ce qu'il se passe, » dit Bellatrix lentement, essayant de comprendre pourquoi Rogue se trouvait près de la Forêt interdite avec sa sœur.

« Très bien », approuva rapidement Sirius.

« Ouais, on peut attendre que quelques autres personnes aillent au lit, puis se faufiler hors de la salle commune, » dit James.

Bellatrix les regarda étrangement. « Pourquoi se faufiler ? Nous pouvons sortir maintenant. Si quelqu'un demande ce que nous faisons, nous leur dirons où aller et comment faire. »

Remus Lupin éclata de rires. « Ton audace est rafraichissante. »

« Génial », dit Bellatrix, peu flattée par le commentaire du quatrième année. « Je vais chercher quelques affaires et nous nous retrouverons près du portrait. »

Lily était en train de se déshabiller pour se coucher quand Bellatrix revint dans la chambre. Ne voulant pas commencer un autre monologue gênant avec elle, Lily fit de son mieux pour lui faire croire qu'elle était concentrée à déboutonner son chemisier quand Bellatrix commença à fouiller dans ses affaires, puis à enfiler une robe noire et lourde à la place de l'uniforme scolaire. La curiosité de Lily ne fut piquée que lorsque Bellatrix sortit un étui à baguette et le fixa à son bras. Figée de surprise, Lily regarda Bellatrix enfiler des bottes en peau de dragon.

Remarquant que les mains de Lily s'étaient arrêtées sur le dernier bouton de son chemisier, Bellatrix la regarda. « Tu as quelque chose à dire Evans ? »

« Non, » dit Lily – trop rapidement.

« Bien, » dit Bellatrix en quittant la chambre.

Rapidement, Lily remit ses boutons et courut vers l'escalier. Elle descendit juste assez pour jeter un coup d'œil dans la salle commune. Bellatrix, Sirius, James, Remus et Peter quittaient tous la Tour de Gryffondor.

Prise d'une impulsion, Lily se précipita vers sa chambre, jeta une fine cape sur ses épaules, mis des chaussures puis se dépêcha de redescendre dans la salle commune. Elle savait, au fond d'elle que Bellatrix préparait un mauvais coup.

« Ils sont toujours à l'orée de la forêt, » confirma Peter sur un ton excité alors que les Maraudeurs et Bellatrix sortaient du château.

« Parle à voix basse, » siffla James à Peter. « Nous ne voulons pas que quelqu'un découvre que nous sommes dehors. »

Bellatrix ignora les bavardages et leur dit où aller. « Nous y allons tous ensemble et nous faufilons vers eux en venant du lac. Il faudra faire quelques détours, mais il ne s'attendront pas à ce quelqu'un vienne de cette direction. »

« Ne devrions-nous pas nous séparer en deux groupes ? » demanda James, utilisant sa connaissance des tactiques de Quidditch.

« Normalement oui, » dit Bellatrix. « Cependant nous n'allons pas les attaquer. Nous voulons juste découvrir ce qu'ils font. De plus, je ne fais confiance à aucun d'entre vous pour mener la moitié de notre compagnie. »

« Nous ne sommes pas des enfants, » grogna Sirius.

« Comme si j'allais te croire, » chuchota Bellatrix en ricanant, marchant déjà dans la direction qu'elle avait annoncée.

Les quatre garçons se dépêchèrent de la suivre et rapidement ils s'approchaient de la position qu'occupaient Rogue et Narcissa près de la forêt. Ils entendaient Rogue et Narcissa discuter entre eux mais leurs paroles étaient inintelligibles.

« Il faut qu'on se rapproche, » dit Bellatrix. « Peut-être qu'en nous jetant des sorts de silence nous pourrons approcher davantage. »

« On pourrait aussi foncer et leur demander ce qu'ils font, » suggéra Sirius. « Elle est ta sœur et ma cousine. Ce qu'elle dit peut nous concerner. »

« Là n'est pas le point, » dit Bellatrix, en jetant quelques charmes sur elle pour éviter que Narcissa et Rogue ne la détectent. « Qui vient avec moi ? »

« Sirius et moi sommes partants, » dit rapidement James. « Remus, Peter, pouvez vous assurer nos arrières. Essayez de nous prévenir si vous voyez quelque chose. »

Peu après, Bellatrix, Sirius et James rampaient vers Narcissa et Rogue. Dès qu'ils furent à portée de voix, Bellatrix tapa James et Sirius et leur chuchota de s'arrêter.

Narcissa était assise sur un gros rocher à côté duquel se trouvait sa valise, alors que Rogue patrouillait autour du rocher, sa baguette tirée. « Severus, » dit Narcissa, « combien de temps encore ? »

« Juste moins d'une heure, » répondit Rogue rapidement.

Narcissa soupira. « Alors pourquoi avions nous besoin de venir si tôt ? »

« Je te l'ai déjà dit, » répondit Rogue. « Si quelqu'un nous avait vu quitter le château si tard, il y aurait eu des suspicions. Fais moi confiance, je sais ce que je fais. »

Bellatrix, Sirius et James échangèrent des regards confus avant de tourner leur attention avec Rogue et Narcissa.

Un peu de temps passa avant qu'ils ne reparlent. « Severus, » demanda Narcissa, « comment se fait-il que Lucius t'ait contacté, toi ? Cela me parait étrange. »

« Nous avons nos méthodes, » dit Rogue, ayant l'air assez pompeux.

Bellatrix était furieuse. Elle fit un geste à James et Sirius pour qu'ils reculent là où Remus et Peter les attendaient. Ils le firent, évitant d'être détecté par Rogue et Narcissa et revinrent rapidement là où ils pouvaient parler normalement.

« Que se passe-t-il ? » demanda Remus.

« Je ne suis pas entièrement sûr, » admit James.

« Il semblerait que Lucius ait arrangé une rencontre avec ma sœur Narcissa pour l'emmener avec lui, » dit Bellatrix, ayant l'air très embêtée. « Apparemment, Rogue aide à organiser la rencontre. »

« Attends, » dit Sirius, « Lucius n'était-il pas l'un de ces Serpentards à avoir voulu te faire du mal ? »

« Oui, » dit Bellatrix entre ses dents. « Il semblerait qu'il essaye toujours de faire la cour à ma sœur. »

James ricana, « Peut-être que ton père ferait mieux d'annuler ce contrat de mariage. »

« Tu peux difficilement blâmer ta sœur, » intervint calmement Remus. « Sait-elle exactement pourquoi Lucius n'est plus à Poudlard ? »

Bellatrix soupira. « Je ne suis pas autant en colère contre cette petite idiote que contre cette ordure qui a eu l'audace de s'immiscer dans cette affaire. Bien sûr, je suis également en colère contre Lucius, mais il n'est pas ici. Je pense que le mieux serait de les capturer tous les deux pour les emmener au Professeur Ashworth. Nous pourrons nous arranger pour que mon père règle les choses avec Narcissa et Ashworth s'occupera de Rogue. Peut-être pourra-t-il convaincre Dumbledore d'expulser le petit con. »

« Si Lucius est sur son chemin, peut-être que tu pourrais prévoir un piège, » suggéra James.

Bellatrix pesa les pours et les contres de cette suggestion. Capturer Lucius et ses amis serait fantastique. Cependant, Bellatrix ne savait combien d'amis Lucius allait amener avec lui. Il y avait aussi le problème de sa sœur, de son cousin et des amis de son cousin. Aucun d'entre eux n'était assez doué pour s'engager dans un combat et s'en sortir sans blessure. « Je ne veux pas tenter ça. Il y a trop de choses qui pourraient mal se passer, » dit-elle aux Maraudeurs. « Il vaudrait mieux les attraper et les faire partir d'ici avant que quelqu'un n'arrive. Qui connaît les stupefix ? »

Les Maraudeurs confirmèrent à l'unanimité que James, un aspirant auror était le meilleur pour ce sort. Bellatrix, se demandant à quel point un élève de ce niveau était doué pour ce genre de sort, accepta à contrecoeur que James vise Narcissa. Rogue était le plus dangereux et Bellatrix ne voulait que James rate dès le premier coup.

« Faisons-le », dit Bellatrix.

« Peut-être que nous trois pourrions faire une distraction, » suggéra Sirius. « Ce n'est peut-être pas nécessaire, mais cela ne pourra pas faire de mal d'être un peu mieux préparé. Rogue est embêtant mais il n'est pas spécifiquement stupide ou autre. »

« Peux-tu faire quelque chose qui n'attirera pas l'attention de tous les habitants du château ? » demanda Bellatrix.

« Yep, » répondit Sirius en souriant. « Toi et James pouvaient retourner là où vous aurez la meilleure vue. Nous commencerons notre distraction d'ici trois ou quatre minutes. » Sirius fit un geste à Bellatrix et James puis conduisit un Remus pensif et un Peter hagard dans la forêt interdite.

Bellatrix et James s'approchèrent de Rogue et Narcissa, leurs baguettes sorties. Ils se séparèrent, James se positionnant dans l'ombre d'un arbre, Bellatrix accroupie derrière un buisson. Leur mouvement n'avait pris qu'une minute, ils devaient donc attendre deux ou trois autres minutes que les autres Maraudeurs interviennent. Entretemps, ils avaient eut l'opportunité d'entendre un peu plus de la discussion entre Rogue et Narcissa.

« Severus, les gens n'appellent plus les nobles chefs de maison des Lords, » dit Narcissa, visiblement épuisée. « Tout ça c'est du passé. Personne n'appelle mon oncle Lord Black. Et pourquoi devrais-je être jaloux de lui ou mes cousins ? Mon père vient juste de devenir Ministre de la Magie cette semaine. Tu ne peux pas me dire qu'être le noble Lord ou autre d'une Famille est mieux que ça. »

« Tu ne comprends pas, » dit Rogue, d'un ton maussade. « Être un sang pur signifie quelque chose. »

« Oui, ça veut dire que l'on est riche, » dit Narcissa. « Personne ne fait attention aux sangs purs pauvres. Ne l'as-tu pas remarqué ? »

Bellatrix pensa à la déclaration de sa sœur. Dans un sens, c'était vrai. Mais Bellatrix arrêta de se poser des questions existentielles sur le statut des sangs purs et en quoi leur argent était important quand elle entendit un bruit dans les feuillages. Cela venait de l'endroit où elle avait laissé Sirius, Remus et Peter.

« Qu'est-ce que c'était ? » demanda Narcissa rapidement.

« De quoi tu parles ? » demanda Rogue, sortant de sa rêverie maussade. Il regarda autour d'eux.

« Je pensais avoir entendu un bruit, » lui dit Narcissa. Elle montra un point du doigt. « Vers là-bas. »

Rogue pointa sa baguette vers l'endroit que Narcissa avait montré. Il y eut un autre bruit. « Qui va là ? » lança Rogue.

« Peut-être que c'est Lucius, » dit Narcissa avec espoir.

« C'est trop tôt, » rétorqua Rogue en avançant vers l'endroit où il avait entendu le bruit.

Bellatrix était aussi curieuse de savoir d'où venait ce bruit et elle pencha la tête pour essayer de mieux voir ce qu'il se passait. D'autres bruits de feuilles amenèrent la source du bruit à portée de vue, même si elle n'arrivait pas à l'identifier. Tout ce que Bellatrix voyait, c'était ce qui ressemblait à une créature lui arrivant à la taille. Mais cela semblait être assez sauvage. Peut-être un gnome ? pensa-t-elle.

« Je suis armé » dit Rogue, prenant une pose de duel.

La mystérieuse créature avança davantage, mais la façon dont elle se bougeait était étrange. Cela ne ressemblait pas à une personne qui marchait. Rogue était maintenant en train de suer. Malgré son air bravache, il ne semblait pas avoir prévu d'affronter un adversaire.

« Parle moi ! » commanda Rogue.

Croa !

Narcissa éclata de rire. Elle s'avança, sortit sa baguette et jeta un faible sort de lumière. « C'est une grenouille géante ! »

Croa !

Bellatrix regardait aussi la grenouille avec surprise. Un des amis de son cousin l'avait-il vraiment métamorphosée ? Puis, elle se rappela que c'était supposé être une distraction pour qu'elle et James stupéfixent les deux. Elle regarda vers James et lui fit un geste pour qu'il commence l'attaque.

« Il y a quelque chose de suspicieux à propos de cette grenouille ! » déclara Rogue.

« Ne sois pas ridicule ! » rigola Narcissa. « Elle est probablement sortie de la Forêt Interdite. »

« Il n'y a aucune grenouille géante ! » insista Rogue.

« Stupéfix ! » crièrent Bellatrix et James en même temps après s'être glissés derrière eux. Bellatrix regarda avec grande satisfaction les deux stupéfix toucher leurs victimes dans le dos, les rendant inconscientes.

Sirius, Remus et Peter rejoignirent Bellatrix et James, riant déjà joyeusement.

« C'était brillant ! » leur dit James. « Absolument brillant ! »

« Nous devrions emmener la grenouille avec nous au château, » couina Peter. « Nous pourrions la lâcher dans la Grande Salle pendant le petit-déjeuner. »

« Non Peter, il faudrait l'envoyer anonymement par courrier ou faire quelque chose de plus intelligent, » dit James, regardant la grenouille d'un air appréciateur. « Tu sais, faire comme si c'était la faute de quelqu'un d'autre. »

Bellatrix leva les yeux au ciel. « Nous ne ramènerons pas la grenouille avec nous au château, » déclara-t-elle. « Lévitez ces deux idiots pour que nous puissions retourner au château avant que Lucius ne vienne avec ses acolytes. »

En peu de temps, le groupe se dirigeait vers le château, les corps inconscients de Rogue et Narcissa flottant avec eux. Ils étaient presque arrivés à l'entrée principale quand Remus parla. « Nous avons un problème, » annonça-t-il.

« Quoi ? » demanda Bellatrix rapidement. « Lucius est là ? »

Remus lui montra la carte du maraudeur. « Non. Lily Evans est juste devant la Grande Porte. »

« Nous pouvons attendre qu'elle bouge, » dit Sirius.

« Il semblerait qu'elle reste sur place, » contra Remus. « Je pense qu'elle attend pour nous attraper. »

James grogna. « De toutes les nuits il fallait que ce soit celle-là ! »

Bellatrix regarda la carte, maudissant silencieusement sa nouvelle colocatrice. » « Il n'y a pas moyen de la contourner, n'est-ce pas ? »

« Non, » dit Remus. « Mais nous ne devrions pas avoir de problème si le Professeur Ashworth est de notre côté. Je propose qu'on entre, qu'on lui dise qu'on règle le problème d'un professeur et qu'on y aille. Puisque nous allons de toute façon voir le Professeur Ashworth, il ne devrait pas y avoir de problème, même si elle croit qu'on bluffe. »

« Génial, » marmonna Bellatrix. « Le professeur Ashworth est-il dans son bureau ? »

« Pourquoi nous le demandes-tu ? » ricana James. « C'est toi l'experte sur Ashworth, non ? »

« Il a quitté le château après son dernier cours de la journée, » souffla Bellatrix. « Je ne sais pas s'il est déjà rentré. »

« Ne t'inquiète pas, » dit Sirius, jetant un coup d'œil par dessus l'épaule de Remus. « Il est dans son bureau. »

Bellatrix regarda vers la carte, là où se situait le bureau d'Harry. Une petite étiquette sans nom bougeait dans tous les sens dans le bureau. « Comment sais-tu que c'est lui ? »

« C'est le seul sans nom, » dit James, regardant aussi la carte. « Notre charme standard de détection de nom ne semble pas fonctionner sur lui. Est-il en train de danser ? »

« On dirait bien, » songea Remus.

« Allons-y, » dit Bellatrix.

« Attends, » dit Remus. « James, laisse moi prendre Rogue. Tu ne gagneras pas de points avec Lily si elle voit son corps inconscient flotter au dessus de toi. »

Ils firent l'échange. Remus faisait léviter Rogue et James menait le petit groupe vers le château. Ils y entrèrent. Après quelques pas, ils furent accostés par Lily.

« Que faites-vous à Severus, » demanda-t-elle d'un ton énervé.

« Nous l'emmenons chez le professeur Ashworth, » dit Bellatrix froidement. Le fait que Lily les avait suivis et interférait maintenant irritait particulièrement Bellatrix. « Et si tu allais au lit et que tu nous laissais ? »

« Pourquoi l'emmenez-vous chez le professeur Ashworth ? » demanda Lily, suivant le groupe.

« Parce qu'il a été pris la main dans le sac, » dit Sirius avec grand plaisir. Il essaya d'échanger un regard avec James mais son ami regardait ostensiblement ailleurs.

« Et bien ? » demanda Lily. « Qu'en est-il de ta sœur Bellatrix ? Qu'a-t-elle fait ? »

« Lily, » dit Remus d'une voix calme et douce, « certaines mauvaises choses se sont passées. Malheureusement, Severus a été impliqué. Nous l'emmenons voir le professeur Ashworth. Tu sais très bien que le professeur Ashworth est quelqu'un de juste. »

« Qu'a-t-il fait ? » demanda Lily.

« Il a essayé de kidnapper ma sœur, espèce d'idiote, » répliqua Bellatrix. « Si nous avons de la chance, Ashworth convaincra le directeur de l'expulser ! »

Lily haleta. « Il ne ferait jamais ça ! »

Bellatrix soupira et accéléra. Plus vite ils seraient au bureau d'Harry, mieux ce serait. Peut-être pourrait-il aussi mettre un peu de plomb dans la tête d'Evans.

La dispute avec Lily continua jusqu'à ce que le groupe arrive près du bureau du professeur Ashworth. Là, ils furent étonnés du bruit qu'ils entendaient dans son bureau. Ils s'arrêtèrent tous et écoutèrent à la porte la cacophonie de bruit qui s'en échappait.

« Est-ce un coq ? » demanda Lily avec hésitation.

« On dirait bien, » dit Remus.

Bellatrix soupira et conduisit le reste du groupe dans le bureau, se demandant pourquoi Harry était avec un coq. Elle ouvrit la porte et le groupe entra, trouvant Harry se tenant sur une chaise et essayant d'attraper un coq qui était perché en haut d'une étagère.

« Professeur Ashworth, » annonça Lily à haute voix. « Potter et ses amis s'en sont encore pris à Severus ! »

Harry tourna la tête et regarda vers le groupe. Voyant de qui il s'agissait, il grimaça. « Que s'est-il passé ? »

Tout le monde commença en même temps à raconter sa propre version des évènements, faisant des grands gestes vers les corps flottant de Narcissa et Rogue. Le groupe était si bruyant que le coq s'arrêta de crier d'indignation et se figea.

Le voyant, Harry en profita pour attraper le coq par ses jambes et sauta de la chaise. Le silence se fit quand le groupe regarda Harry ouvrir l'un de ses tiroirs et y mettre le coq la tête la première. Avec un soupir satisfait, il ferma le tiroir et vérifia qu'il était bien fermé alors que le coq recommençait à crier d'indignation.

« Tout le monde dehors, » déclara Harry, « sauf Bellatrix. Une fois que j'aurais sa version des évènements, je déciderai avec qui je parlerai en premier. » Il fit sortir tout le monde, demanda à Sirius et Remus de laisser Narcissa et Rogue dans le bureau puis ferma la porte.

Harry se tourna vers Bellatrix et haussa un sourcil. « Qu'as-tu fait ? Tu as engagé Potter et ses amis ? »

Bellatrix jeta à Harry un regard à la fois irrité et coupable. « J'ai empêché Lucius Malfoy de kidnapper ma sœur. » Puis elle lui narra les évènements.

Le temps qu'elle ait fini, Harry était revenu près la chaise derrière son bureau et s'y était avachi avec lassitude. « Génial, » dit-il.

« Et bien, que vas-tu faire ? » demanda Bellatrix.

« Peut-être que je devrais te laisser t'en occuper, » grommela Harry.

« Il est évident que cette option n'est pas possible, » dit Bellatrix.

« Je vais avoir une conversation avec Rogue, » décida Harry. « Nous verrons à ce moment. »

« Très bien, » dit Bellatrix. « Puis-je prendre ma sœur ? Je pense qu'il vaudrait mieux que mon père ou moi nous occupions d'elle. »

« Génial, » dit Harry. « Prends la et règle le problème. Dis à ton petit groupe d'adjoints qu'ils peuvent retourner se coucher. »

Bellatrix fit lévita Narcissa avec sa baguette et ouvrit ensuite la porte. Avant qu'elle ne puisse la fermer, Lily Evans s'était avancée.

« S'il vous plait, professeur, il faut que je vous parle, » dit Lily d'un ton urgent regardant entre lui et le corps flottant et toujours inconscient de Rogue. « Je suis sûre qu'il s'agit d'un malentendu. »

Harry soupira. « Très bien Miss Evans. Fermez la porte derrière vous. »

Lily ferma la porte et s'assit, essayant de croiser le regard d'Harry, ce qui s'avéra difficile. « Je suis sûre que Severus n'a rien fait de mal, » déclara-t-elle.

« Savez-vous au moins de quoi il est accusé ? » soupira-t-il.

« Bellatrix dit qu'il a essayé de kidnapper Narcissa, » dit Lily. « Je sais qu'il ne ferait jamais un truc pareil. »

Harry commença à taper son bureau du bout des doigts, ignorant les cris du coq venant de son bureau. « Je suppose que vous avez raison, Miss Evans, » admit Harry. « Severus n'essayait pas de kidnapper Narcissa, mais il aidait quelqu'un à le faire. »

« Lucius Malfoy, » dit Lily en se penchant en avant. « Et selon mes informations, il semblait que Narcissa était parfaitement consentante. »

« Qui vous a dit ça ? » dit Harry.

« James m'a rapidement résumé la situation, » répondit Lily.

Harry sourit. « Ah oui ? C'est gentil de sa part. »

Lily sembla un peu surprise mais elle se ressaisit. « Il n'a pas eu le choix, » dit Lily. « Mais comme je disais, Narcissa était volontaire pour partir. »

« Je suis désolé Miss Evans, mais Narcissa n'est pas assez âgée pour prendre une telle décision. Lucius Malfoy essayait de la faire sortir de l'école qui en a la charge. Cette responsabilité nous a été confiée par son père Cygnus Black. »

« Ils ont un contrat de mariage, » contra Lily.

« Pas pour très longtemps, » rétorqua Harry en faisant un rictus. En raison de ses relations avec la famille Black, Draco Malfoy ne naitrait sans doute jamais. C'était une heureuse pensée, mais aussi inquiétante. Harry avait-il aussi empêché la naissance d'autres personnes qui auraient été sympathiques à sa cause ?

Lily regarda Harry d'un air implorant. « Peut-être que Severus n'a pas compris ce qu'il faisait. »

« Auriez-vous fait la même chose si un bon ami vous l'avez demandé ? » demanda Harry, commençant à être irrité. Si sa mère avait toujours été vivante dans le futur, aurait-elle persisté à prendre la défense de Rogue contre les plaintes d'Harry sur son attitude envers lui ? Harry avait toujours rêvé qu'elle aurait rendu les choses plus faciles et meilleures mais il commençait maintenant à en douter.

« Non, » admit Lily lentement. « Je suppose que non, mais peut-être que Severus était sous l'influence d'un maléfice ou d'une potion qui permettait à Lucius Malfoy de l'influencer. »

Harry perdit son calme et tapa du poing sur la table. « Pourquoi persistez-vous à le défendre ? » demanda-t-il d'une voix presque violente. « Il est clair comme de l'eau de roche qu'il a mal agi Miss Evans ! Il a été attrapé ! Les faits sont indiscutables ! Pourquoi continuez-vous à insister qu'il n'a rien fait ? »

Lily était intimidée mais personne ne pouvait l'accuser de ne pas avoir de répondant. « Il est mon ami, Professeur, » rétorqua-t-elle d'une voix forte. « Il a toujours été mon ami et on s'est toujours moqué de lui. J'en ai marre de le voir se faire maltraiter ! »

Harry se leva et jeta un regard sinistre sur Lily. Ses yeux verts pulsaient intensément et ses émotions exacerbaient sa magie. Sentant qu'il était sur le point de perdre totalement le contrôle de soi, Harry fit attention de ne pas crier. « Etre son amie ne vous donne pas le droit de le protéger des conséquences de ses actes, « dit Harry d'une voix presque neutre. « Il vous a peut-être montré de la gentillesse dans le passé mais il traite toutes les personnes présentes à Poudlard avec mépris – les professeurs inclus. Voilà Lily, la raison pour laquelle il a des problèmes avec les autres. Severus a des problèmes. Il est temps que vous le laissiez quitter le nid. Gardez vos sentiments d'amitié envers lui mais arrêtez de lui trouver des excuses et de le défendre des conséquences. Une fois qu'il commencera à voir qu'il est responsable de ses actions, peut-être qu'il commencera à être une meilleure personne. »

Lily éclata en sanglots. Se sentant soudainement vidé, Harry s'effondra sur sa chaise, sortit sa baguette et l'utilisa pour conjurer une boite de mouchoirs. Il fut forcé de la regarder les utiliser pour chasser ses larmes.

« Je suis désolé Miss Evans, » s'excusa Harry, commençant à se sentir très coupable. « C'est juste que… ce que Severus a fait ce soir est très grave. Lucius Malfoy a fait de très mauvais choix dans sa vie. Il a causé de la douleur à d'autres personnes et son père en est très déçu. Si vous aviez une fille de l'âge de Narcissa, comment vous sentiriez-vous si un adolescent l'aidait à s'enfuir avec lui ? Que ressentiriez-vous envers la personne ayant aidé l'autre adolescent ? »

« Je crois que je comprends, » dit calmement Lily.

« Bien, » dit Harry. « Je vais agir dans les meilleurs intérêts de Mr Rogue, » promit-il.

« Allez-vous le faire expulser ? » demanda Lily, ayant peur de la réponse.

« Si ma conversation avec Mr Rogue se passe bien, je n'en parlerai peut-être même pas au professeur Dumbledore, » dit Harry.

« Je vais y aller dans ce cas, » dit Lily se sentent légèrement soulagée. Elle se leva et se prépara à quitter le bureau d'Harry.

« Il y a une dernière chose que je voudrais que vous compreniez, » dit Harry calmement en regardant sa mère d'un air grave. « James Potter n'a pas participé aux évènements de ce soir dans l'intention spécifique de piéger ou d'harceler Mr Rogue. »

Lily secoua la tête, continuant à essuyer ses yeux avec un mouchoir humide. « Je suis désolée professeur, mais j'ai du mal à le croire. »

« Lily, le père de Sirius a demandé à Sirius de garder un œil sur Bellatrix pour s'assurer qu'elle ne soit pas blessée par certains serpentards, » expliqua Harry. « James Potter a été suffisamment gentil pour proposer de l'aider. Il ne s'agissait pas là de rire ou de s'amuser. Aujourd'hui, James s'est placé dans une situation dangereuse pour protéger la sœur de Bellatrix. Donnez à James la moitié des chances que vous donnez à Severus et je pense que vous découvrirez que James est une personne tout à fait admirable. »

« J'y penserai, » renifla Lily avant de partir et de fermer la porte derrière elle.

Harry soupira, plein de remords et agita sa baguette afin de verrouiller la porte. Puis il se mit à faire les cent pas derrière son bureau, considérant ses options, avant d'approcher finalement la silhouette toujours inconsciente de Severus Rogue. Il dirigea sa baguette sur Rogue et lança un sort pour le réveiller. « Enervate ! »

Rogue se réveilla en sursaut et regarda urgemment autour de lui, afin de comprendre où il était et ce qu'il s'était passé.

« Ouais, vous avez été attrapé, » dit Harry en se mettant devant Rogue. « Félicitations. » D'un mouvement rapide, Harry attrapa le bras de Rogue et remonta sa manche. Ne voyant rien d'autre qu'une peau pâle, Harry vérifia l'autre bras. Ne disant rien, Harry prit sa baguette et annula le sort qui faisait léviter Rogue. L'adolescent chuta sur le sol alors qu'Harry marcha vers son bureau et s'assit.

Comme c'est ironique, pensa Harry, regardant depuis le bureau qui pourrait tout à fait être celui de Rogue dans un futur pas-si-lointain. L'élève a pris la place du maitre.

Severus se reprit et se leva. « J'aimerai que vous me disiez ce qu'il se passe, Professeur. »

Harry leva lentement un sourcil, se sentant d'humeur dramatique. Se rappelant soudainement du coq dans le tiroir et ne voulant pas interrompre ce moment, Harry utilisa discrètement sa baguette pour jeter un sort de silence sur le tiroir tout en posant son regard sur Rogue. Une fois qu'Harry estima que suffisamment de temps avait passé, il parla. « Peut-être pourrez-vous me dire ce que vous faisiez dans la forêt cette nuit – avec Narcissa Black. »

« Cela ne vous concerne en rien, Professeur, » rétorqua Rogue.

« Ceux qui vous ont attrapé ont entendu votre conversation avec Narcissa, » dit Harry. « Je sais que Lucius Malfoy s'était arrangé avec vous pour s'assurer que Narcissa Black le rencontre et quitte le château avec vous ce soir. »

« Je n'ai rien à dire, » répondit Rogue avec mépris.

Harry résista à l'envie de contourner le bureau et de lui mettre une baffe. Harry réfléchit à ce qu'il pouvait dire pour l'aider dans cette conversation. Il passa en revue tout ce que Bellatrix lui avait dit sur sa conversation avec Narcissa et tout ce qu'il savait de Rogue dans le futur. Il devait bien y avoir quelque chose pour se glisser dans la tête de Rogue.

« Ils ne vous accepterons jamais, vous savez, » dit Harry sur le ton de la conversation, en détournant son attention de Rogue et en se concentrant sur le mur derrière Rogue. « Vous n'êtes qu'un sang mêlé. »

Les yeux de Rogue trahirent sa fureur, mais il resta silencieux.

« Vos potions vous seront peut-être utiles un jour ou peut-être que vous occuperez une position de confiance pour fournir des informations de valeur. Ou peut-être serez vous un bon duelliste, bien versé dans les arts sombres. Mais cela n'a pas d'importance. Une fois que vous aurez donné au Seigneur des Ténèbres ce qu'il veut, il vous rejettera. Vous serez tué ou pourrirez à Azkaban – même si je pense que vous serez plus probablement mort. » Harry jeta un long regard à Rogue. Rogue n'avait pas réagit à tout ce qu'avait dit Harry.

Harry sourit. « Vous n'êtes pas surpris par le fait que j'ai mentionné un Seigneur des Ténèbres. Ce qui signifie que vous savez déjà qu'il existe. L'information, combinée à ce que vous avez essayé de faire ce soir pourrait déjà vous envoyer à Azkaban pour le reste de votre vie, Mr Rogue. Le père de Narcissa est après tout, le Ministre de la Magie. »

Rogue fusilla Harry du regard mais resta silencieux.

Harry résista à l'envie de se lever et de commencer à crier sur Rogue, peut-être aussi de le frapper une ou deux fois. Mais cela ne l'amènerait nulle part – pas avec Rogue. Une pensée traversa Harry, une pensée qui pouvait marcher, même s'il se sentait coupable rien qu'à l'idée de l'utiliser.

« Vous réalisez, Severus, ce pour quoi se bat un Mage Noir, n'est-ce pas ? Ils ont tendance à être très violents et brutaux. Ce Mage des Ténèbres en particulier a une haine contre ceux qui ne sont pas des sangs purs. Il voudra probablement tuer ou emprisonner toute personne n'étant pas de sang pur. Vous, savez, ironiquement, il se moque un peu de toute cette idiotie de sang pur – c'est juste la raison qu'il utilise pour rassembler des partisans, même s'il hait les moldus. Je l'admets. Mais quoi qu'il en soit, Lily Evans n'est pas une sang pur. Je suis sûr qu'elle deviendra un jour l'une de ses cibles. Il voudra probablement la tuer… après l'avoir violée plusieurs fois. Qu'en pensez-vous ? »

« Elle est sous ma protection, » dit Rogue d'un ton sec.

« Votre protection ? » dit Harry. Il rit. « Ne vous ai-je pas déjà dit que vous étiez remplaçable ? Non, vous auriez à la sacrifier pour votre cause. Il vous ordonnera peut-être même de le faire – du moins en ce qui concerne son meurtre. »

« Je ne vous crois pas, » siffla Rogue.

« Que penserait Lily ? » demanda Harry, sans faire attention au ton de défi qu'avait utilisé Rogue. « Elle était là, vous savez, m'implorant d'avoir pitié de vous. Elle est convaincue que vous êtes un martyr – maltraité et moqué. J'admets que vous avez eu des moments difficiles, mais soyons honnêtes, ce n'est pas une excuse. Peut-être devrais-je lui demander de revenir. Je peux tout lui expliquer sur Lucius Malfoy et le Seigneur des Ténèbres. Je lui dirais ce que ce mage noir pense des sangs de bourbe comme elle. Je lui expliquerai que vous allez rejoindre ce mage noir et parcourir le monde en tuant des familles moldues. Je lui dirais même… »

« Laissez la en dehors de ça ! » gronda Rogue. Il sortit sa baguette pour jeter un sort à Harry.

Etant parti du principe que Bellatrix et les maraudeurs n'auraient pas laissé sa baguette à Rogue, Harry ne s'était pas attendu que Rogue l'attaque. Cependant, Harry était devenu très rapide avec sa baguette – surtout ces derniers mois qu'il avait passés dans le passé. Il sortit lui même sa baguette et lança un sort de bannissement qui percuta Rogue, lui faisant lâcher sa baguette et atterrir contre le mur du fond. « Je vais vous dire, » dit Harry, se levant et sentant qu'il avait obtenu l'effet désiré. « Si vous restez loin du Seigneur des Ténèbres et de ses partisans, je ne dirais pas à Lily ce que vous pensiez faire. Je ne dirais également rien au Professeur Dumbledore sur vos actions, celle d'avoir aidé à kidnapper Narcissa Black et celle de m'avoir attaqué. » Harry se tenait maintenant au dessus de Rogue et le regardait. « Avons-nous un deal ? »

« Je suppose, » dit Rogue.

« Oui, vous n'avez pas vraiment le choix, n'est-ce pas ? » dit Harry, en ouvrant la porte de son bureau. « Maintenant sortez de mon bureau. Je vous observerai avec beaucoup d'attention. Si je découvre que vous êtes hors du château pour une raison qui n'a aucun rapport avec vos cours, vous pourrez tout aussi bien faire vos valises pour Azkaban. »

Bellatrix revint dans le couloir devant le bureau d'Harry aussi vite que possible après qu'elle, Sirius et James aient ramené Narcissa devant l'entrée des Serpentards. Avec amusement, elle entendit menacer Rogue d'Azkaban quand il ouvrit la porte du bureau. A la demande d'Harry, Rogue partit. Puis Bellatrix se glissa dans le bureau d'Harry et ferma la porte.

« Je vais écrire à mon père et à mon oncle à propos de cet incident, » dit Bellatrix à Harry. « Que dois-je dire ? »

Harry retourna sur sa chaise. « Dis leur que Lucius a essayé de rencontrer Narcissa. Dis que la situation a été gérée mais qu'il serait bon qu'ils s'assurent que Narcissa n'ait plus la brillante idée de s'enfuir avec Lucius. Ils devraient aussi probablement détruire le contrat de mariage entre ces deux-là. »

« Etaient-ils mariés dans le futur ? » demanda Bellatrix, ne s'asseyant pas et faisant les cent pas.

« Ouais, » dit Harry. « Ils avaient un foutu gamin appelé Draco. Peut-être pouvons nous éviter que cette atrocité ne soit perpétrée. »

« Draco a-t-il tué beaucoup de personnes ? » demanda Bellatrix.

Harry haussa des épaules. « Pas vraiment. Il était plus pathétique qu'autre chose. En fait, Tom aurait pu l'avoir tué ou avoir donné l'autorisation de le tuer avant que je sois capturé. »

« Je vois, » dit Bellatrix, enregistrant cette information. Ce n'était pas souvent qu'Harry lui parlait volontairement du futur de quelqu'un. « Mon oncle et mon père ne pourront peut-être pas faire grand chose. Le contrat de mariage a été encouragé et négocié par ma mère et ma tante. Elles sont de fortes têtes et sont rarement d'accord avec leurs maris. »

« Fais de ton mieux, » dit Harry.

« Pourquoi as-tu un coq dans ton bureau ? » demanda Bellatrix à Harry.

« J'ai, euh, un petit projet personnel, » dit Harry. « Ton oncle m'a rappelé que mon temps ici à Poudlard était compté. Il y a certaines choses dont je dois m'occuper ici avant que Tom n'ait l'idée de s'en servir pour son avantage. »

« Tu voudrais bien m'éclairer ? » demanda Bellatrix avec une voix bien trop nonchalante.

« Plus tard, » dit Harry. « Je n'ai pas l'énergie d'en parler maintenant que j'ai passé la nuit à argumenter avec Rogue et ma… euh, Miss Evans. »

Bellatrix fusilla Harry du regard et croisa ses bras sur sa poitrine.

Voyant le regard, Harry grimaça. « Je te promets que nous le ferons ensemble. Je te dirais tout, » dit-il. « Tu vois ? Je te traite comme ma partenaire. »

Bellatrix retroussa ses lèvres. « Tu m'évites depuis notre… combat dans la Salle sur Demande. » Elle sentit ses joues rougir en repensant à leur baiser. Il avait choisit de ne pas le mentionner et elle était en quelque sorte contente car elle ne voulait parler de cette situation avant que le moment ne soit le bon.

« J'ai été occupé, » dit Harry, un peu trop sur la défensive.

« Oui-oui. »

« Je ne pouvais pas voler ce coq à Hagrid, n'est-ce pas ? Trouver et acheter un coq est bien plus difficile que tu ne pourrais le croire, » dit Harry. « Cela m'a pris de la fin de mes cours jusqu'à ce que toi et tes petits camarades n'arrivent pour en dénicher un. »

« Bien, » dit Bellatrix. « Quand allons-nous utiliser ton coq pour ton projet ? »

« Demain soir, peut-être, » songea Harry. « Tard dans la nuit. »

« Très bien, » dit Bellatrix. « Si je dois être debout demain soir, je ferais bien d'aller me coucher maintenant. » Elle arrêta de marcher et se dirigea vers la porte.

« Il y a une autre chose, Bellatrix, » dit Harry.

Bellatrix se retourna. « Oui ? »

« Si tu commences à trainer avec Black, Potter, Lupin et Pettigrow, assures-toi s'il te plait qu'il ne leur arrive rien, » dit Harry. »

« Ouais, si tu veux, » dit Bellatrix. « Bonne nuit. »

Harry sifflota d'un air discret quand il quitta la salle de potions et se dirigea vers son bureau. Il souhaitait toujours avoir pu enseigner un autre sujet que les potions, mais ce n'était pas si mal. Il avait réussi à ne pas faire d'erreurs durant tous ses cours du jour et il était maintenant prêt à faire une pause. Il ouvrit la porte et fut surpris d'y trouver le professeur Dumbledore.

« Albus, » dit Harry, clairement surpris. « Je ne vous attendais pas. »

« Bien sûr que non, » dit Dumbledore, ses yeux bleu, pétillant. « Excusez-moi pour cette intrusion. Je voulais vous parler d'un problème et pensais qu'il serait plus simple de venir dans votre bureau pour vous trouver. »

« Il n'y a pas de problèmes, » dit Harry. « Je disais juste que j'étais surpris. » Il ferma la porte derrière lui et sourit au directeur. « Que puis-je faire pour vous ? »

Dumbledore montra le siège derrière le bureau d'Harry et s'assit sur celui d'en face. « Je voulais juste parler. Cependant, avant que nous ne commencions à parler sérieusement, je me demandais si vous pourriez m'éclairer et me dire pourquoi vous avez un coq dans le tiroir de votre bureau ? »

Harry grimaça tout en s'asseyant. Il pouvait vaguement entendre les bruits de l'animal. Le charme de silence de la nuit dernière semblait s'atténuer. Harry chercha rapidement une explication pour le coq dans son tiroir. Finalement il regarda Dumbledore et prit son meilleur visage de poker. « C'est une expérience scientifique. »

Dumbledore pencha la tête et sourit. « Que c'est extraordinaire, » dit-il. « Surtout… »

« Surtout quoi ? » demanda Harry.

« Qu'importe, » dit Dumbledore en faisant un geste de la main. « Harry, nous devons parler de choses qui se passent dans notre monde. »

« Oh ? » dit Harry.

D'un air innocent, Dumbledore expliqua les observations qu'il avait faites sur le taux croissant de crimes en Grande Bretagne, les récents changements politiques au sein du Ministère et l'expérience de Bellatrix avec certains étudiants de Serpentard. « Je suis certain que vous êtes conscients de toutes ces choses, Harry, » conclut Dumbledore. « De plus, je n'ai pas pu m'empêcher de remarquer que vous semblez assez proche de la famille Black. Vous protégez… leurs intérêts à Poudlard, n'est-ce pas ? »

Harry haussa des épaules, faisant de son mieux pour ne pas paraître perturbé par le sujet qu'abordait Dumbledore. Il était préparé à révéler certaines informations au Professeur Dumbledore mais il voulait que les choses soient claires. « J'essaie d'empêcher leurs enfants d'avoir des ennuis ou d'être blessés. Ils ont été très bons avec moi depuis mon arrivée. »

« Et par conséquent, vous avez une relation assez proche avec les Black, Harry, » dit Dumbledore. « S'il y a bien une famille qui sait ce qu'il se passe en Grande Bretagne, il s'agit des Black, surtout puisque Cygnus est maintenant le Ministre de la Magie. Je suis sûr qu'ils font de leur mieux pour le bien collectif. Je veux également m'assurer que tout va bien dans le monde. »

«Bien sûr, » dit Harry, en mettant ses mains dans une posture pacifique.

« Je vais être direct, Harry. Savez-vous quelque chose que je devrais aussi savoir ? » demanda Dumbledore.

« Et bien, je ne suis pas sûr, » dit Harry lentement, feignant la nervosité.

« Harry, si quelque chose de mauvais se prépare, je dois le savoir, » dit calmement Dumbledore en s'avançant. « Je suis un membre de haut rang au sein du Magenmagot et un personnage influent dans notre société. S'il y a un problème, c'est ma responsabilité d'aider. »

Même si Harry était convaincu de la nécessité d'aiguiller Dumbledore sur le bon chemin, il décida qu'il devait paraître davantage indécis. « Je ne sais pas, » dit-il lentement. « Je n'aime pas parler de confidences qu'on m'a faites. »

« Ce serait bien pire de garder un secret qui pourrait blesser des gens, » le pressa Dumbledore.

Harry fit un petit soupir. « Très bien. Les Black sont convaincus qu'il y a un Seigneur des Ténèbres dehors qui prépare sa montée en puissance et qui recrute dans la jeune génération. Mon travail est de superviser leurs enfants et de reporter tout ce qui sortirait de l'ordinaire parmi les étudiants de Poudlard. »

« Quelque chose comme le petit incident de Bellatrix dans la forêt ? » dit gravement Dumbledore.

« Ouais, » dit Harry. « Des choses du genre. Vous ne pouvez pas me blâmer, n'est-ce pas ? Je ne fais rien de malhonnête. »

« Bien sûr que non, » le rassura Dumbledore, même s'il était évident que ses pensées étaient ailleurs. « On ne peut vous reprocher de vouloir aider des amis. Vous n'avez rien fait de mal. »

« Savez-vous ce que font les Black dans leur… opposition à ce Seigneur des Ténèbres ? » se renseigna Dumbledore.

Harry haussa astucieusement des épaules. « Je ne sais. Je suppose que le Ministre Black fait de son mieux pour préparer les défenses du Ministère ».

« Espérons-le, » souffla Dumbledore.