Disclaimer: Harry Potter appartient à JK Rowling et cette traduction de Lord Silvere que je fais n'est pas utilisée à des fins commerciales.
Chapitre 18 : Le chant mortel du coq
« J'ai bien peur que ton nouveau truc commence à se faire vieux, » dit Bellatrix à Harry. Elle était allongée sur un canapé, profitant de la chaleur du feu créé par la Salle sur Demande. L'image projetée par Harry déambulait dans la pièce depuis une demi heure alors qu'Harry testait ses capacités. Bellatrix avait passé le temps à feuilleter dans plusieurs livres que la Salle sur Demande lui avait procurée prêt de la cheminée.
Harry se figea – ou plutôt son image se figea. « Tu n'as pas idée à quel point ce sort pourrait être utile dans une duel ou pour espionner. »
« Oh, j'en ai une petite idée, » dit Bellatrix. « Ne peux-tu pas paraître différent ? Ta projection peut-elle se battre comme si c'était toi ? »
Harry soupira et l'image disparut. Promptement, le vrai Harry apparut près du canapé de Bellatrix. « Je regarderai, mais je préfère d'abord m'habituer aux capacités que j'ai déjà. »
« Très bien dans ce cas, » dit Bellatrix. « Maintenant que tu es devenu compétent avec ce sort que je t'ai donné à apprendre, j'en ai un nouveau. »
Harry soupira. « As-tu au moins travaillé le sort du patronus ? »
« J'ai fait quelques essais, » dit Bellatrix d'un air désinvolte, esquivant la question d'Harry. Elle changea rapidement de sujet. « Mais là n'est pas la question. Ton talent et ton pouvoir sont trop importants pour être gaspillés. Si tu en as marre de travailler sur ce sort de projection, il est temps de changer. Tu pourras y revenir plus tard. J'ai trouvé un sort très utile, bien que rare qui pourrait te convenir. N'as-tu pas dit que le cœur de ta baguette est une plume de phoénix ? »
«Si, pourquoi ? »
Bellatrix tendit un petit livre à Harry. « Essaie le sort page dix-sept. »
Il semblait que la couverture du livre avait été autrefois en cuir mais le temps l'avait tellement dégradée qu'il ne s'agissait plus aujourd'hui que d'un matériau brun et dur. Avec précaution, Harry ouvrit le livre et déchiffra l'ancien langage et les runes de la page dix-sept. « Le Feu du Phoénix ? » demanda-t-il.
« Oui, » dit Bellatrix. « Un mode de transport alternatif. Penses-y. Personne ne pense à se protéger du Feu de Phoénix et pour être honnête, je ne pense pas que ce soit possible. De plus, cela semble plus doux qu'un transplanage. C'est également un élément de style qui doit être considéré. Apparaître et disparaître dans un jet de flammes doit être impressionnant. »
« Bien, dit comme ça, » dit lentement Harry. « Mais cela semble trop beau pour être vrai. »
Bellatrix reprit le livre des mains d'Harry. « Le sort de projection semblait être aussi impossible. Même moi j'avais des doutes, » admit-elle.
Harry choisit de ne pas répondre à sa confession. A la place, il se consacra sur la faisabilité du sort. « Que dit le livre ? »
« Il est écrit que le créateur du sort était obsédé par les phoénix. Le pouvoir de leurs plumes, les propriétés guérisseuses de leurs larmes, leur capacité à transporter de lourds objets, etc. il était convaincu que les phoénix symbolisaient les plus nobles aspects de la Lumière – opposés à ceux des Ténèbres. Il découvrit le sort et l'utilisa souvent. Cependant, quand il essaya de l'apprendre à d'autres, il découvrit que peu de sorciers ou sorcières étaient capables de l'utiliser. »
« C'est à dire ? » soupira Harry.
« Un ou deux, de son vivant. Une poignée d'autres après qu'il soit mort, » dit Bellatrix. Chacun d'eux avait une affinité ou une connexion avec les phénix. Je suppose qu'une baguette avec une plume de phoénix pourrait faire l'affaire. »
Harry haussa des épaules, pensif. « En effet. » Il y a aussi le moment où j'ai été soigné par des larmes de phoénix et la sympathie qu'a Fumseck pour moi, ajouta-t-il en pensée. Il sortit sa baguette en if et plume de phoénix. « Très bien, je vais essayer. Quelle est l'incantation ? »
« Et bien, » dit Bellatrix, « il n'y en a pas vraiment. Le créateur du sort semblait penser qu'il s'agissait plus d'un exercice mental. Imagine le feu qui t'entoure. Tu es le feu. Tu voyages. Puis tu es le feu, et puis tu es de nouveau Harry. »
Harry grogna. « Donne moi le livre. » Bellatrix le lui tendit et Harry lut les détails du sort, son créateur et les instructions spécifiques pour le lancer. « Cela ressemble au sort de projection, » commenta-t-il. « il y a des similitudes. La différence, c'est qu'au lieu de juste projeter mon image, il faut que je me projette aussi. »
« Dans un feu de gloire, ni plus ni moins, » dit Bellatrix, en souriant. « Prêt à essayer ? »
« Ouais, » dit Harry, se sentant soudainement confiant. « Je peux me voir faire ça. » Il lui rendit le livre, tint sa baguette et ferma les yeux.
« Génial. Je vais regarder, » dit Bellatrix. Elle recula. « Essaie de viser un endroit dans cette pièce pour que je puisse voir. »
« Bien sûr, » dit Harry, essayant de se concentrer sur ce nouveau mode de transport magique. Son esprit reprit le chemin familier qu'il utilisait pour le sort de projection mais il résista au besoin de libérer sa magie dans ce sort. Se souvenant qu'il devait invoquer du feu, il s'imagina entouré de feu, puis il essaya de s'imaginer de l'autre côté de la pièce, toujours en feu. Il se tint droit, les yeux fermés, s'imaginant être enveloppé de feu de phoénix.
Il ne sentit rien et puis soudain…du froid et de l'humidité. Comme si une centaine de seaux d'eau glacée coulaient de lui et l'enfonçaient dans le sol. Haletant, Harry ouvrit les yeux et vit Bellatrix pointer sa baguette sur lui, ses yeux trahissant son choc.
« Pourquoi as-tu fait ça ? » demanda Harry.
« Tu étais en feu ! » rétorqua Bellatrix.
« Je pense que je l'aurais su si j'était en feu ! » grommela Harry.
« Je pense savoir reconnaître du feu quand je le vois ! » déclara Bellatrix. « Apparemment, tu as oublié toute cette idée de transport et tu t'es presque immolé ! »
Harry regarda ses robes trempées et grinça des dents. « Je n'ai pas oublié le transport. J'attendais de sentir le feu. » Il utilisa sa baguette pour se sécher. « C'est impossible, je n'étais pas en feu. Je l'aurais senti. »
« Harry, » dit Bellatrix, « si le gars qui a inventé ce charme avait senti le feu, il n'aurait sans doute pas continué à le faire. Peut-être que si tu arrêtais de fermer les yeux à chaque fois que tu apprends à faire un nouveau sort, tu aurais remarqué le feu. »
« Peut-être as-tu raison, » concéda Harry à contrecoeur.
Bellatrix leva les yeux. « Bien sûr que j'ai raison. Essaie le encore. Cette fois, garde tes yeux ouverts et quand tu verras le feu, essaie de te concentrer davantage sur ta destination. »
Harry était sur le point de répondre mais fut interrompu par l'horloge qui sonna minuit. Il sourit triomphalement. « Bien, j'aimerais beaucoup rester et continuer à m'embraser, mais je crois qu'il es temps qu'on passe au véritable objectif de cette soirée. » Il remit sa baguette dans son étui et avança vers la porte. A côté d'elle se trouvait une petite cage contenant un coq inconscient. « J'espère que notre ami ici présent va vite récupérer de son sort, Bellatrix. » Harry prit la cage.
Bellatrix rejoignit Harry à la porte de la Salle sur Demande. « Bien sûr que oui. Vas-tu me dire ce que nous faisons, maintenant ? » Elle le regarda avec impatience.
« Il vaudrait mieux, » dit Harry en rassemblant ses pensées. « Il s'avère que le Seigneur des Ténèbres est l'héritier de Salazar Serpentard. Quand il était étudiant à Serpentard, il a ouvert la Chambre des Secrets. Sais-tu ce que c''est ? »
« Tout bon Serpentard sait ce qu'est la chambre des Secrets, » dit Bellatrix.
« Génial, » dit Harry. « Tom ouvrit la Chambre, tua une fille et après le chaos qui en a résulté, a été forcé d'abandonner ses plans pour débarrasser l'école de tous les nés-de-moldus, sans être attrapé et amené devant la justice. »
« Intéressant, » dit Bellatrix, invitant Harry à poursuivre.
« Le monstre placé dans la Chambre par Serpentard et plus tard utilisé par le Seigneur des Ténèbres est un basilic, » déclara Harry.
Bellatrix baissa les yeux vers le poulet inconscient. « Bien sûr. J'aurais dû le deviner. »
« Tu connais donc aussi les basilics, je suppose » commenta Harry.
« Je suis née dans une famille magique et il y a des avantages à être née dans une telle famille, » dit Bellatrix. « Mais la question est, comment comptes-tu entrer dans cette Chambre qui ne peut qu'être ouverte que par son héritier ? Et bien sûr, comment connais-tu tout cela à propos de la Chambre ? »
« Quand j'étais à Poudlard, la Chambre des Secrets a été ouverte, » dit Harry. « Le Seigneur des Ténèbres avait ouvert un journal qu'il avait laissé derrière lui. Le journal était assez vivant pour posséder une fille qui a eu l'infortune de croiser son chemin. Mon ami et moi sommes entrés dans la Chambre, avons sauvé la fille et TUÉ le journal. »
Bellatrix se figea. « Comment as-tu… tué le journal ? »
« Je l'ai poignardé avec un croc de basilic, » dit Harry.
« Intéressant, » murmura Bellatrix. « Je pense que nous devons en apprendre davantage sur ce journal. Il sera toujours entier dans ce passé, n'est-ce pas ? »
« Bien sûr, » dit Harry. « Mais si nous descendons et tuons maintenant ce basilic, cela n'aura plus d'importance. C'est pourquoi je veux tuer le basilic tant que je suis à Poudlard. »
« Je ne sais pas, » dit Bellatrix. « Ce journal me semble être un artefact assez sombre. Il pourrait avoir plusieurs utilisations. Mais passons. Comment es-tu capable d'ouvrir la Chambre des Secrets ? »
Ce n'était pas un secret qu'Harry avait réellement peur de révéler, mais quand il avait réfléchi à la possibilité de le lui révéler cette nuit, Harry avait réalisé que cela ne l'embêtait pas de partager ce secret avec elle. Elle avait démontré qu'elle était de ce côté. « Je suis un fourchelang, » dit Harry. « Seul un fourchelang peut ouvrit la Chambre. »
«Vraiment ? » dit Bellatrix, surprise et choquée.
« Euh, ouais, » dit Harry, essayant de juger sa réaction.
Bellatrix regarda dans le vide et hocha la tête, pensant calmement. « Cela pourra être utile lors de nos combats contre le Seigneur des Ténèbres. As-tu d'autres talents en commun avec lui ? »
« Euh, c'est possible, » dit Harry, ne voulant pas entrer dans une conversation sur sa connexion à Lord Voldemort.
« D'accord,» dit Bellatrix, ne semblant pas vouloir se lancer dans des spéculations. « Je suppose que nous pouvons y aller. Où est l'entrée de la Chambre des Secrets ? »
Harry sourit. « Tu ne veux pas essayer de deviner ? »
« J'ai entendu tant de théories que je n'arrive plus à les croire, » dit Bellatrix. « Dis le moi simplement pour que nous y allions. »
Harry tint la porte de la Salle sur Demande et suivit Bellatrix. « C'est dans les toilettes de Mimi Geignarde, » dit-il.
Bellatrix mit sa main sur sa bouche pour étouffer son rire hystérique. « Les toilettes de Mimi Geignarde ? C'est hilarant. Mais attends. C'est elle l'étudiante qui est morte, n'est-ce pas ? »
« Oui, » confirma Harry, montrant d'un geste de la main le couloir qu'ils devaient emprunter pour attendre les toilettes aussi vite que possible. « Elle a accidentellement été tuée quand le Seigneur des Ténèbres a ouvert la Chambre un jour et libéré le monstre. »
« Et bien, je déteste le dire, » dit Bellatrix calmement, « mais elle aurait tout à fait pu être la cible voulue. Elle est assez agaçante. »
Harry grimaça, ressentant une vague de sympathie pour Mimi. « Ne lui dis pas ça. »
« Pourquoi pas, » demanda Bellatrix en montrant un escalier. « Peut-être qu'elle sera suffisamment en colère pour plonger dans le lac. Ce n'est pas comme si nous avions besoin qu'elle nous regarde travailler. »
« Elle ne le réalisera jamais, mais je lui dois quelques faveurs, » dit Harry, repensant à son aide pour trouver la Chambre et durant le Tournoi des Trois Sorciers.
« Oh, s'il te plait, » se moqua Bellatrix.
Ne voulant s'expliquer davantage, Harry resta silencieux. En peu de temps, le couple se retrouva dans la célèbre salle de bain hantée.
« Je comprends pourquoi tu as attendu que presque tout le monde soit endormi, » dit Bellatrix, en ouvrant la porte et en entrant dans la pièce sombre, Harry lui suivant de prêt. « Un gars entrant dans des toilettes pour fille… »
« Qui est là ? » fit une voix féminine.
Bellatrix leva les yeux au ciel et ouvrit la bouche pour ricaner mais Harry tendit la main et l'arrêta. « Il vaudrait mieux que Mimi soit incapable de nous identifier si quelqu'un lui pose une question. »
« Et si les fantômes pouvaient voir dans le noir ? » chuchota Bellatrix.
« Je ne pense pas que ce soit le cas, » dit Harry, tendant la cage à Bellatrix. « Reste dans l'ombre, je vais gérer ça. »
« J'ai dit, qui est-là ? » répéta Mimi Geignarde d'un ton acerbe. Elle flotta hors de sa cabine et plissa des yeux, essayant d'utiliser la lumière de la lune pour voir Harry.
Harry sortit sa baguette et jeta quelques informulés pour assombrir son visage et déguiser sa voix.
« Tu ne peux pas me blesser, je suis morte, » déclara Mimi.
« Je suis ton ami, » dit Harry, sa voix n'étant plus qu'un son rauque quand il se tourna vers les tuyaux. Il se baissa et regarda les lavabos, trouvant rapidement le petit serpent qui indiquait l'entrée de la Chambre. Faisant de son mieux pour s'imaginer que le serpent était vivant, Harry lui parla. Un sifflement sortit de sa bouche. « Ouvre-toi. »
Un son jaillit du mur et le lavabo descendit. Mimi glapit, abasourdie. « C'était toi ! »
« Non, » dit Harry. « Ce n'était pas moi. »
« Alors que fais-tu ? » demanda Mimi.
« Je suis là pour tuer le monstre. D'une certaine façon, je venge ta mort. Maintenant, si tu étais assez gentille pour me donner un peu d'intimité, j'aimerai bien y aller. » Détournant son attention de Mimi, comme si elle était déjà partie, Harry sortit un petit balai de sa poche et l'agrandit. Levant la tête, il vit que Mimi était retournée à sa cabine. Surpris par sa chance, il fit un geste à Bellatrix pour qu'elle sorte des ombres. Ils montèrent tous les deux sur le balai et Harry baissa légèrement le balai dans le tuyau alors que Bellatrix tenait contre elle la cage.
« Joli balai, » commenta Bellatrix.
« Je l'ai emprunté dans le placard de Quidditch.
« Y as-tu déjà joué, » demanda Bellatrix.
« Oui, » dit Harry. « Ça me manque. »
« Intéressant, » dit Bellatrix. « Je ne peux pas dire que j'y joue, mais j'ai déjà regardé quelques films. Quelle position joues-tu d'habitude ? »
« Attrapeur, » dit Harry et il sentit ses pieds toucher le sol. Comme dans son souvenir, la chambre était sale et recouverte de squelettes de petits animaux.
Bellatrix descendit du balai et surveilla les alentours. « Je m'étais attendue à ce que la Chambre soit un peu plus impressionnante, » dit-elle alors qu'Harry utilisa s baguette pour éclairer un peu le tunnel.
« Ce n'est pas encore la Chambre, » expliqua Harry. « C'est un peu plus loin. Je pense que nous sommes en sécurité mais il vaudrait mieux que l'on garde les yeux baissés et qu'on soit attentif au moindre bruit. Si tu entends quelque chose, ferme tes yeux. »
« Le basilic rampe-t-il dans les tuyaux en ce moment ? » demanda Bellatrix, semblant inquiète.
Harry secoua la tête. « Je ne crois pas. Du moins, il n'est pas sensé. D'après ce que j'ai compris, il a un lieu où vivre dans une grande statue de Serpentard. »
«Tu sembles croire que Serpentard serait suffisamment intelligent pour le garder là-bas, mais qu'en est-il du Seigneur des Ténèbres ? » demanda Bellatrix.
« Aucune idée, » dit Harry. « Quand j'ai parlé à l'ombre du journal, elle disait que le basilic ne venait que quand on l'appelait. Donc je pense que nous pouvons partir du principe que c'est toujours le cas. »
« Génial, » soupira Bellatrix. « Bougeons. Je ne veux vraiment pas passer toute la nuit ici. »
Harry ouvrit la marche vers la Chambre. Les joyaux étincelant des serpents permettaient à Harry d'avoir l'impression qu'ils étaient vivants. En réponse à son ordre, ils glissèrent sur le côté et ouvrirent la Chambre des Secrets. La Chambre était sombre et Harry dût utiliser sa baguette pour illuminer la pièce de plusieurs orbes lumineux. Ils flottèrent, jeta une vague lumière sur les statues de serpent et celle de Salazar Serpentard.
« Très gluant, mais très impressionnant, » déclara Bellatrix. « C'est curieux qu'il fasse tant d'efforts pour créer une pièce que personne, sauf son héritier ne peut voir. A moins bien sûr, que Serpentard ait prévu que ce soit les quartiers directoriaux. Ou peut-être une pièce pour certains rituels. »
« C'est un signe qu'il était complètement fou, » répliqua Harry.
« Tu as raison, » reconnut Bellatrix, surveillant toujours les alentours avec curiosité. Ses yeux brillèrent en voyant la Statue de Serpentard. « Le serpent vit là-dedans ? Génial. Comment comptes-tu le tuer ? »
« Je suppose que je pourrais juste ouvrir la porte, faire sortir le coq et le faire crier, » expliqua Harry.
Bellatrix se figea. « Pensons stratégie, Harry. Si la porte vers le trou du serpent s'ouvre et qu'il entend instantanément le cri du coq, il mourra peut-être instantanément. »
« Oui, c'est l'intérêt, » dit Harry.
« Veux-tu grimper dans cette statue pour confirmer sa mort ? » demanda Bellatrix. « Et si nous voulons récupérer des ingrédients de potion plus tard ? Il serait très difficile d'atteindre le corps du serpent, » dit Bellatrix. « Et si tu ouvrais la porte, laissais le serpent sortir, puis faisais crier le coq ? »
« Oublies-tu la nature mortelle de ses yeux ? » demanda Harry.
« Il y a beaucoup de statues derrière lesquelles se cacher, » dit Bellatrix.
« Oh, très bien, » dit Harry, acceptant son plan.
Après un long moment de préparation, ils furent prêts. Bellatrix avait ranimé le coq et l'avait temporairement réduit au silence tandis qu'Harry s'était caché derrière l'une des statues, loin de Serpentard. Afin de s'assurer que la statue de serpent était suffisamment large, Harry l'avait élargie et avait métamorphosé un certain nombre de pierres en mur afin de former une sorte de bunker dans lequel Harry, Bellatrix et le coq pouvaient se cacher.
« Peux-tu ouvrir la statue depuis ce bunker ? » demanda Bellatrix alors qu'elle et Harry y entrèrent et s'assurèrent qu'il y avait assez de place pour eux et le coq.
Harry étira le cou pour jeter un coup d'œil au dessus des murs. « Je ne peux même pas voir la statue de là. Je pense qu'il faut que j'y aille, que je dise les mots et que je retourne ici en courant. »
« C'est risqué Harry. Que va-t-il se passer si il saute et t'attaque directement ? »
« Ne penses-tu pas qu'il va attendre pour vérifier qui je suis avant d'essayer de me tuer ? » demanda Harry.
Bellatrix secoua la tête. « C'est un serpent Harry et très intelligent en plus. Si ce Seigneur des Ténèbres est si intelligent, il aura pris des précautions pour qu'il ne se retourne pas contre lui. »
« Alors que suggères-tu ? « demanda Harry se sentant un peu contrarié.
« Essaie ton sort de projection, » lui dit Bellatrix. « Ça ne coûte rien d'essayer. »
Harry haussa des épaules et sortit sa baguette. Il la dirigea sur le sol et murmura l'incantation. La magie jaillit dans la pièce et Harry se sentit projeté dans la Chambre des Secrets, juste devant la statue. Sa forme se matérialisa devant elle. Comme s'il était vraiment devant la statue, Harry la regarda dans les yeux et parla en fourchelang. Parle-moi Serpentard, le plus Grand des Quatre ! »
La bouche de Serpentard s'ouvrit et Harry resta subjugué devant le trou noir. Soudainement, il sentit un coup dans son épaule. Par réflexe, il jeta un coup d'œil vers le côté avant de réaliser qu'il n'était pas vraiment là. Réalisant rapidement que cela devait être Bellatrix, il cessa le sort et se retrouva à regarder Bellatrix.
« Ne sois-pas stupide, » siffla-t-elle.
« Désolé, » dit Harry.
« Fais-toi des excuses à toi-même, » grommela Bellatrix, essayant visiblement d'entendre le basilic sortir de sa cachette. « Tu es celui qui aurait pu être tué. »
« Donc, tu étais capable de me sentir même si tu ne pouvais pas me coir ? » demanda Harry, curieux qu'elle ait pu le toucher alors qu'il utilisait le sortilège de projection.
« Oui, et maintenant tais toi, » dit Bellatrix alors qu'elle déplaçait le coq afin de pouvoir enlever le sortilège de silence.
Harry et Bellatrix restèrent calmes, essayant d'entendre le basilic. Certains bruits étranges étaient entendus mais ni Bellatrix ni Harry ne savaient si c'était le basilic.
« Fais un appât, » dit Bellatrix à voix basse. Elle montra à Harry un petit caillou qui pouvait être métamorphosé.
Harry hocha la tête, pointa sa baguette vers le caillou et le transfigura en un rat assez gros. Avant que le rat nouvellement conjuré ne puisse comprendre ce qu'il se passait, Harry agita la baguette et l'envoya hors du bunker. Un son bruyant leur indiqua qu'il avait heurté une colonne ou une statue.
Le rat commença à couine, puis ils entendirent le cri du basilic. Ils entendirent ensuite ce dernier ramper et continuer à rugir alors que le rat couinait.
« J'aurais pensé que le rat serait mort instantanément avec les yeux du basilic, » dit Bellatrix, son visage figé.
« Et bien, peut-être que le rat a été chanceux et a évité son regard, » supposé Harry, se souvenant clairement que le chat de Rusard avait été la première victime du basilic durant sa seconde année à Poudlard. Il n'y a pas la moindre chance que le rat soit immunisé au regard du basilic. « Vas-tu laisser le coq crier ou allons-nous complètement sacrifier ce rat ? » demanda Harry.
Bellatrix jeta un regard vide à Harry. « C'est un rat très moche, Harry. »
« Je ne peux pas vraiment dire que j'aime les rats, » admit Harry, alors qu'ils entendirent un autre cri, suivi d'un bruit de craquement qui marqua la fin de la vie du rat métamorphosé.
Bellatrix fit une grimace et pointa sa baguette sur le coq et enleva le sort de silence. Malgré cela, le coq resta silencieux. « Je pense que tu as acheté un coq défectueux, Harry. »
« Ils sont supposés chanter quand il y a de la lumière, » se plaignit Harry.
Bellatrix jeta un regard aux orbes lumineux qu'Harry avait utilisés pour illuminer la chambre. « Essaie un feu normal, » suggéra Bellatrix, « ou quelque chose ayant l'air de la lumière du jour. Ça, ou transfigure un autre animal. Peut-être un cochon cette fois. » Le son des écailles du basilic ripant contre le sol en pierre de la Chambre devient de plus en plus fort. « Dépêche-toi ! » le pressa-t-elle.
Harry conjura une large boule de feu dans les airs. Le coq regarda la boule de feu et décida enfin de chanter faisant passer la Chambre pour la basse-cour qu'elle n'était pas. Le basilic cria et Harry et Bellatrix furent forcés de couvrir leurs oreilles. La mort du basilic continua pendant encore environ une minute avant qu'ils n'entendent son corps tomber sur le sol.
« Mission accomplie, » déclara Harry. « Allons y jeter un coup d'œil. »
Bellatrix mit une main sur l'épaule d'Harry et le retint. « Je pense qu'il serait mieux que nous restions encore ici pendant quelques minutes, » dit-elle. « Nous ne sommes pas encore sûrs qu'il soit complètement mort, tu sais. Il y a aussi la possibilité que ne soit qu'un spasme et peut-être que ses yeux sont toujours capables de tuer ou pétrifier. »
Harry grimaça. « Avec cette logique, nous ne saurons jamais s'il est sûr de sortir ou non. »
Bellatrix pointa un autre caillou. « Transforme le en cochon Harry. Nous le laisserons sortir. S'il peut se promener pendant un moment sans qu'il ne lui arrive rien, nous sortirons aussi. »
« Bon plan, » dit Harry. Il changea le caillou en cochon et le fit flotter hors du bunker. Le cochon fut réticent de bouger jusqu'à ce que Bellatrix ne lui lance quelques maléfices cuisants sur la croupe. Elle décida aussi de faire sortir le coq, même si lui était cependant heureux de s'éloigner de ceux qui l'avait emprisonné pendant ces derniers jours.
Harry jeta quelques sorts de ménage sur le sol gluant, puis s'assit. Bellatrix l'imita et s'adossa contre le bunker. « Combien de temps devons nous attendre à ton avis ? » demanda Harry.
Bellatrix haussa des épaules. « Je ne sais pas. Je suis sûr que nous pouvons trouver un sujet de discussion pour faire passer le temps. »
« Bien sûr, » dit Harry en haussant des épaules à son tour.
« Génial, » dit Bellatrix. « Parlons de notre mariage à venir. »
Harry ferma les yeux et résista à l'envie de se taper la tête contre le mur. Réalisant qu'il serait futile de se disputer à ce sujet, il opta de la forcer à en parler d'abord. « Oui, » dit Harry, « parle moi de notre mariage. »
« Ne sois pas sarcastique, Ashworth, » dit Bellatrix. Elle réfléchit au sujet pendant quelques instants puis commença à parler. « Le plus gros problème que nous devons garder à l'esprit, est le fait que tu es déjà reconnu par la magie comme l'actuel Lord Black. Ou du moins comme « un » Lord Black au lieu « du « Lord Black. »
« Je pensais que notre absence de relation amoureuse était le problème, » rappela Harry à Bellatrix.
Bellatrix regarda Harry en haussant un sourcil. « Veux-tu un autre baiser, Harry ? »
« C'est bon, » dit Harry en regardant ailleurs. Son offre était étrangement tentante et repoussante à la fois. La jeune Bellatrix avait bel et bien remplacé un bon nombre de souvenirs de la Bellatrix âgée et diabolique dans son esprit. Cependant, la vieille et maléfique Bellatrix n'était pas un souvenir difficilement effaçable, tout comme les sentiments qu'Harry éprouvait pour cette Bellatrix. Il y avait aussi le fait qu'une romance avec un étudiant était complètement interdite pour les professeurs de Poudlard.
« Quoi qu'il en soit, » dit Bellatrix. « La dernière chose dont nous ayons besoin, c'est que tu signes un contrat de mariage qui t'entraverait des privilèges que tu as déjà. D'un autre côté, le contrat de mariage te donnerait officiellement une identité officielle dans notre société et confirmerait que tu es un sujet anglais. Tu devras bien sûr prendre le nom des Black, à moins bien sûr que ton vrai nom soit meilleur. »
Harry haussa des épaules. « Je suis sûr que ça n'a pas d'importance. »
« Je vois, » dit Bellatrix en se figeant. « Et bien, quoi qu'il en soit, nous avons de la chance que mon père soit devenu le Ministre de la Magie… grâce à tes manipulations. »
« Les manipulations de ton oncle, en fait, » la corrigea Harry.
« Je pense que tu sous-estimes l'effet que tu as sur notre monde, » dit Bellatrix. « Tu es peut-être plus vieux que moi, mais j'ai l'avantage. Je sais plus de choses que toi. »
« Ouais, si tu veux, » dit Harry en détournant son attention d'elle et en vérifiant si le cochon et le coq étaient toujours en vie. Un faible 'groin groin' confirma que le cochon était toujours en vie.
« Comme je le disais, » continua Bellatrix, sa voix augmentant juste assez pour qu'Harry se retourne vers elle, « mon père, en tant que Ministre, pourra tirer quelques ficelles. Il faut juste le manipuler lui et mon oncle. Ils veulent déjà te donner une position dans le Ministère. Il ne sera pas difficile pour toi de les manipuler afin d'être rapidement promu. Tu as des connaissances sur le Seigneur des Ténèbres que personne d'autre n'a. Tu prouveras rapidement ta valeur. Mais je ne te recommanderai pas le Département de La Justice Magique. Je suis sûr que c'est un métier qui paye bien, mais il sera dur d'y faire carrière. Ne te méprends pas, tu finiras sans doute Ministre de la Magie, qu'importe le département dans lequel tu commences, mais j'aimerai que ça arrive avant tes cinquante ans. »
« Ouais, okay, » dit Harry, n'écoutant que d'une oreille.
« En ce qui concerne mon père, » continua Bellatrix, passant outre le désintérêt évident d'Harry pour la conversation, « je suis sûr que nous pouvons négocier un contrat et l'officialiser avant ma septième année. L'été est toujours idéal pour les mariages et nous aurons assez de temps pour consulter les gobelins sur son statut unique au sein des Black – sans que ma famille ne sache ce que l'on fait. »
Harry sursauta. « Quoi ? Tu dis que nous devrions nous marier cet été ? Les étudiants de Poudlard ne peuvent pas épouser leurs anciens Professeurs. Et qu'en est-il de la relation amoureuse ? »
« Ma mère va causer des problèmes, c'est certain, » dit Bellatrix sombrement, ignorant le choc et la protestation d'Harry. « Tu n'es pas riche, tu n'es pas non plus un influent sang pur. Pas comme les Lestrange en tout cas. » Elle se tut, ruminant à propos de sa mère.
Harry ne voulait plus participer à cette conversation mais il voyait bien qu'elle ruminait de sombres pensées. « Des ennuis avec ta mère, donc ? »
« Elle sera difficile à convaincre, » dit Bellatrix. « Tout comme ma tante. »
« Je vois, » dit Harry, repensant au portrait de la mère de Sirius qu'il avait confronté à de nombreuses occasions. « J'ai toujours eu l'impression que tu ne t'entendais pas trop avec eux. » Il ne pouvait pas vraiment dire que c'était le cas, mais plus il y pensait, plus il voyait qu'il avait changé les choses.
« Tu n'as pas idée, » grommela Bellatrix.
« Qu'ont-elles fait ? » demanda Harry, presque en blaguant. « Elles t'ont battue ? »
Bellatrix lui jeta un regard agacé. « Le cochon et le coq ont l'air d'aller bien. Allons jeter un coup d'œil à notre victime. » Elle se leva et fit disparaître les murs qu'Harry avait conjurés.
« Je suis désolé, » lança Harry. « Je suppose que ce n'était pas drôle. Je n'essaie pas de les faire passer pour de mauvais parents ou autres. Tu sais, mon oncle et ma tante m'ont élevés et ils étaient de vrais cons. » Il dépassa une colonne et vit Bellatrix tapant dans la tête du basilic mort avec son pied.
« Ouais, il est mort, » dit Bellatrix. « Ses yeux sont même clos, donc on n'a plus à s'inquiéter. »
« Fantastique, » dit Harry en surveillant le corps.
Bellatrix soupira. « Nous avons là une petite fortune en ingrédients de potion, mais je n'ai pas envie de m'en occuper ce soir. »
« C'est une créature hautement magique, » dit Harry. « Elle restera préservée. »
« Tu as raison, » dit Bellatrix. Nous pouvons laisser la chambre ouverte et installer un mot de passe sur l'ouverture de la chambre dans la salle de bain pour que des non fourchelangs puissent venir. Je descendrai ici quand j'aurais le temps et la motivation pour faire cette tâche répugnante. »
« Génial, » dit Harry, commençant à se sentir mal en voyant le corps du basilic. Il n'avait aucune envie de le couper et le transformer en ingrédients.
« Ouais, » dit Bellatrix. « Attrape le cochon et le poulet et nous pourrons sortir d'ici. »
« Tu ne veux pas les laisser là ? »
Bellatrix secoua la tête. « Ils pourraient causer des ennuis si nous les laissons là. »
Cela requerra quelques manœuvres, mais Harry et Bellatrix furent bientôt de nouveau dans la salle de bain et dévisagés par Mimi Geignarde. « Vous l'avez tué ? » demanda-t-elle, regardant Harry et Bellatrix afin de déterminer leurs identités. Cependant, elle ne réussit pas. Ils s'étaient jeté des charmes de déguisement en remontant les tuyaux.
« Ouais, » dit Harry, « c'est mort, mais gardons ça secret pour l'instant. En fait, j'aimerai que tu sois la gardienne en chef du secret. Penses-tu pouvoir le faire ? »
Bellatrix, renifla, trouvant apparemment la conversation amusante. Elle n'y participait pas parce qu'elle était occupée à jeter plusieurs charmes sur l'entrée de la Chambre des Secrets afin de pouvoir l'ouvrir toute seule plus tard.
« Bien sûr, » dit Mimi, son excitation facilement visible.
« Génial, » dit Harry. « Maintenant, les seules personnes auxquelles tu peux dire ce qu'il s'est passé ce soir, sont celles qui savent déjà que le monstre a été tué. Ils ne peuvent pas supposer qu'il est mort, ils doivent en être certains. »
« Bien, » dit Mimi. « Tué. Je promets de garder le secret. »
« Je pense que cela conclu nos affaires ici, » dit Bellatrix alors que l'entrée se fermait sur un ordre de sa part. Elle donna un coup de pied dans le cochon qu'ils avaient fait flotter avec eux pour le diriger vers l'entrée, le poulet toujours sous le bras.
Harry fit un signe à Mimi et suivit Bellatrix quand elle quitta la salle de bain avec les animaux et s'engouffra dans les sombres couloirs du château. Bellatrix tendit à Harry le coq. « Je pense que c'est à toi de t'occuper de ça, » annonça Bellatrix. « Peut-être que tu peux le donner au Gardien des Clés… ou aux elfes de maison dans la cuisine. »
« Très bien, » dit Harry, acceptant le poulet. « Et le cochon, »
« Je vais m'en occuper, » dit-elle.
« Que prévois-tu ? » demanda Harry, curieux de savoir ce que Bellatrix voulait faire d'un cochon.
« Si tu garde tes oreilles ouvertes demain, tu pourras l'entendre demain, » dit Bellatrix.
Minerva McGonagall montait les marches vers le bureau d'Albus Dumbledore, pensive. Quand elle se retrouva devant la porte du bureau du vieux directeur, elle frappa et entra, découvrant Dumbledore, assis derrière son bureau et Alastor Maugrey, sur une chaise dans l'angle.
« Professeur, » dit Alastor pour la saluer, tout en se levant et en hochant la tête.
« Minerva, » sourit Albus, lui proposant le bol de bonbons au citron. « Merci d'être venue. »
« J'étais intrigué par votre invitation, » dit McGonagall, acceptant un bonbon et s'asseyant sur l'un des nombreux sièges installés dans le bureau. « Avant que vos autres invités n'arrivent, je me demandais si je pouvais vous poser une question. »
« Bien sûr, » dit Albus en écartant les mains pour lui montrer son accord.
Minerva se pencha dans son fauteuil. « Connaissez-vous un moyen pour qu'un étudiant puisse entrer dans les dortoirs des filles à Gryffondor sans déclencher les protections ? »
« Je ne connais personnellement aucun moyen, » dit Dumbledore. « Pourquoi ? »
« Ce matin, » déclara Minerva, « Miss Evans s'est réveillée en train d'enlacer un cochon. »
« Un cochon ? » demanda Alastor, dubitatif.
« Oui, » dit Minerva sèchement, « un cochon adulte qui léchait son visage et faisait des bruis dégoutants ce qui l'a consterné et fait paniquer. »
Le Professeur Dumbledore gloussa. « Comme c'est incroyable. »
« Comme c'est répugnant ! » dit McGonagall, corrigeant le directeur. « Les suspects habituels ont tout nié, citant le fait qu'ils sont complètement incapables d'entrer dans les dortoirs des filles. A moins que l'on puisse prouver qu'il est possible pour les hommes d'y aller, ils ne seront pas punis. »
Dumbledore haussa des épaules et regarda vers la porte de son bureau dans l'expectative. Presque immédiatement, on entendit un coup sur la porte, annonçant l'arrivée d'une autre personne. « Entrez, » lança Dumbledore.
La porte s'ouvrit sur un homme qui semblait aussi âgé que Dumbledore. Le directeur sourit chaudement. « Elphias, c'est bon que vous ayez pu venir. Minerva, Alastor vous connaissez peut-être Elphias Doge. Elphias, voici Minerva McGonagall, ma directrice adjointe, et Alastor Maugrey, un auror que je tiens en très haute estime. »
Elphias sourit. « Leurs réputations les précèdent. »
Avant qu'il ne puisse s'asseoir, quelqu'un d'autre frappa à la porte, annonçant l'arrivée de Caradoc Dearborn. Les présentations se dirent et avant qu'ils n'aient terminés, ce fut au tour d'Emmeline Vance d'arriver. Puis, Dorcas Meadowes et Marlène McKinnon et chacun des invités commencèrent à se présenter.
Les conversations cessèrent quand Dumbledore se leva et tendit les bras pour indiquer qu'il souhaitait parler. Il sourit. « Mes amis, » dit-il, « Alastor et moi avons demandé à ce que vous veniez ce soir à cause de vos talents, vos réputations et vos personnalités. Plus important encore, Nous avons demandé à ce que vous veniez parce que nous savons que chacun d'entre vous fait toujours ce qui est bien. » Dumbledore regarda les visages autour de lui, essayant de jauger l'atmosphère. Certains des invités avaient l'air curieux, d'autres semblaient résignés et d'autres étaient pensifs.
Dumbledore prit une inspiration et continua. « Je pense être correct en disant que chacun d'entre vous a observé, ces derniers mois, même cette dernière année le taux incroyable de crimes dans notre pays. La jeune génération ne respecte plus les règles et s'engage sur la voie du désastre. Le Ministère et son administration sont en partie à blâmer. A cause de sa corruption, plusieurs problèmes n'ont pas été traités. A cause de la corruption dans notre précédente administration, le Noble et Ancienne Maison Black a été capable de saisir les rênes de notre gouvernement. »
Les yeux de Caradoc Dearborn s'écarquillèrent légèrement et il toussa de surprise. « Suggérez-vous que nous nous rebellions contre le Ministre Black, » demanda-til, l'outrage évident dans sa voix.
« Non, ce n'est pas ça, » dit vivement Dumbledore. « J'énonce juste des faits. »
« Alors continuez s'il vous plait, » dit Emmeline Vance.
« Depuis que le Ministre Black est entré en fonctions, il a été plutôt occupé, » continua Dumbledore. « Davian Prewett est le nouveau directeur de la Justice Magique et son budget a été substantiellement augmenté avec des fonds d'urgence. Le budget proposé par le Ministre Black pour l'année à venir montre que les fonds du directeur Prewett ne vont faire qu'augmenter. »
Marlène McKinnon secoua la tête tristement. « Que prépare-t-il ?' »
« La guerre, visiblement, » déclara Elphias Doge.
« Mais contre qui ? » demanda Dorcas Meadowes.
« C'est là le mystère, » grogna Alastor Maugrey. « C'est pourquoi nous sommes ici. »
Dumbledore soupira de résignation. « Ce n'est plus vraiment un mystère, » déclara-t-il.
Alastor regarda Dumbledore avec surprise. « Je n'avais pas réalisé que vous aviez déjà trouvé le fond du problème. »
« Je m'en excuse, Alastor, » dit Dumbledore sur un ton solennel. « Je n'ai eu cette information que très récemment. Je suis parti du principe que vous le dire ce soir avec les autres serait suffisant, dans la mesure où j'ai été très occupé depuis ma découverte. »
« Continuez, » dit Maugrey, montrant d'un signe de la main qu'il n'était pas offensé.
« C'est dans cette ambiance, » dit Dumbledore, « que je voudrais que l'on se concentre à nouveau sur la nomination du Directeur Prewett. On pourrait supposer que si un Black voudrait financer une guerre questionnable, lui ou elle choisirait quelqu'un d'autre pour cette position clé. Et pourtant, le Ministre Black a choisi Prewett. Cela m'amène à me demander pourquoi. Ma conclusion est que la famille Black sait quelque chose sur nos problèmes actuels que je ne sais pas. »
Caradoc secoua la tête lentement. « C'est peut-être le cas, mais découvrir leurs motivations ne sera pas aisé. »
« Mais un peu plus facile que vous ne le pensez, » dit Dumbledore au groupe. « Afin d'essayer de gérer cette situation, Orion Black s'est arrangé pour qu'un jeune homme du nom d'Harry Ashworth enseigne temporairement à Poudlard. Mr Ashworth est d'une certaine façon conscient de ce qu'il se passe au sein de la famille Black. »
« Je vois où vous voulez en venir, » dit Marlène McKinnon en hochant la tête.
Dumbledore fit un signe de la tête. « Vous êtes aussi perspicace qu'avant Marlène. » Il partagea un petit sourire avec Alastor. « J'ai récemment eu l'opportunité de confronter Mr Ashworth et de lui poser quelques questions. »
Dorcas leva la main pour interrompre Dumbledore. « S'agit-il du même Ashworth qui a fait la une pendant les vacances de Noël en faisant cesser une émeute publique ? »
« Oui, » dit Dumbledore, confirmant les pensées de Dorcas. « Après avoir insisté assez fermement auprès de Mr Ashworth, il a finalement admis pour quelle raison la famille Black était si agitée – et si je peux me le permettre, suffisamment agitée pour aller contre leurs habitudes et s'immiscer directement dans la politique du Ministère. »
« Et bien, de quoi s'agit-il ? » demanda Emmeline.
« Il est venu à l'attention de la famille Black qu'un nouveau Seigneur des Ténèbres prépare sa montée en puissance, » annonça Dumbledore avec une voix délibérément calme. « Même maintenant, ils préparent les défenses du Ministère pour se lancer dans une guerre contre un Seigneur des Ténèbres encore inconnu. »
La déclaration du Professeur Dumbledore fut accueillie avec des exclamations de surprise, de choc et de doute.
« Ce n'est pas possible, » souffla Minerva, visiblement horrifiée.
Une fois que le bruit dans la pièce baissa suffisamment pour que Dumbledore parle, il répondit aux commentaires de doute. « Les informations d'Ashworth n'ont fait que confirmer ce que j'avais déjà suspecté, » dit Dumbledore. « Cela est logique. Cela explique toutes ces choses étranges qui se sont passées récemment. » Puis il donna tous les indices menant à l'existence de ce Seigneur des Ténèbres.
« Alors ? » dit Dumbledore une fois que Dumbledore eut fini de prouver l'existence du mage noir. « Que sommes-nous supposés faire ? »
« Agir prudemment, » dit Dumbledore, « mais sûrement. Je soutiens les efforts du Ministre Black pour se défendre de ce mage noir et pour l'éliminer, mais je crains que ces efforts ne soient pas suffisants. Je me juge là sur la précédente expérience inexistante du Ministre Black contre d'anciens Seigneurs des Ténèbres. Je propose que nous commencions une association privée, dont le but sera de s'opposer au Seigneur des Ténèbres et d'aider ceux qui voudront l'affronter. Je pense que nous devrions nous appeler l'Ordre du Phoénix. »
Maugrey regarda le dernier des invités de Dumbledore quitter le bureau du directeur. Ce fut à ce moment qu'il parla au vieux directeur qui était en train du suçoter un bonbon au citron. « Je pense que cette réunion était un succès, » déclara-t-il.
Dumbledore hocha la tête, croquant et terminant sa sucrerie préférée. « En effet. J'espère seulement que l'Ordre pourra être utile. Ce ne sera pas assez pour ceux employés par le Ministère de se lancer dans une carrière pour lutter contre le Seigneur des Ténèbres. Cela doit devenir le passetemps d'autant de personnes possibles. »
« Allez-vous recruter Ashworth ? » demanda Maugrey, à moitié en plaisantant. « Il en sait certainement plus sur la situation que quiconque, à part les patriarches Black. »
« Non, » dit Dumbledore, « pas le recruter, mais peut-être l'exploiter comme une source d'information et une connexion avec le Ministre Black. »
« Vous étiez pourtant celui à penser en bien à lui, » dit Maugrey en soulignant l'ironie de la situation. « Ne voudriez-vous pas le faire entrer dans l'Ordre et lui donner une chance de prouver sa valeur ? Il pourrait être un atout pour l'Ordre. Il est sournois, mais cela pourrait nous être utile. »
Dumbledore fronça les sourcils. « Quand j'ai extirpé cette information sur le Mage noir à Ashworth, il a fait de son mieux pour me faire croire qu'il n'était qu'un pion pour la famille Black, toute sa fortune misée sur leur politique et qu'il essayait juste de faire ce qui était le plus raisonnable pour tout le monde et pour lui. »
« Qu'est-ce qui ne va pas avec ça ? » demanda Maugrey.
« Sur l'échiquier, je pense qu'il tient un rang bien plus élevé qu'il ne voudrait me le faire penser, » observa Dumbledore, prenant un autre bonbon au citron.
« Ashworth ! Ashworth ! »
Harry ouvrit les yeux, encore groggy après avoir été réveillé de ce sommeil si profond. Plissant des yeux, il regarda sa montre sur la table basse et vérifia l'heure. Il était quatre heures du matin.
« Ashworth ! »
La voix forte semblait venir de sa salle de séjour. Roulant hors du lit et enfilant un peignoir, Harry courut vers le salon et vit la tête de Romulus Malfoy flotter dans les flammes vertes. Dès que Romulus aperçut Harry, il souffla de soulagement. « Ashworth, » dit-il d'un ton pressé, son regard croisant celui de Harry. « Vous devez venir immédiatement au bureau de Cygnus au Ministère ! »
« Pourquoi ? » demanda Harry, son cœur commençant à battre à toute vitesse. « Que s'est-il passé ? »
Romulus soupira et détourna le regard, comme s'il ne voulait pas croire ce qu'il allait dire. « Orion est mort. Il semblerait qu'il soit mort dans son sommeil mais Harry, je ne suis pas convaincu.
