Disclaimer: Harry Potter appartient à JK Rowling. Cette traduction de l'histoire de Lord Silvere que je fais n'est pas utilisée à des fins commerciales.
Chapitre 19 : Gérer les affaires de famille
L'ascenseur fit un bruit métallique quand il s'arrêta au plus illustre étage du Ministère de la Magie – qui abritait les bureaux du Ministre. Même si le cœur d'Harry continuait à battre à toute vitesse après le choc d'entendre la mort d'Orion, il ne pouvait s'empêcher de bailler et de frotter ses yeux quand il sortit de l'ascenseur et se lança dans les couloirs, essayant de se souvenir de la dernière fois qu'il était venu au Ministère de la Magie. Il était trop tôt pour se livrer à un tel exercice mental.
Harry ne savait pas exactement où se situaient les bureaux du Ministre, mais il savait que l'ostentation pour laquelle le Ministère était connu l'aiderait. Ainsi que les potentiels conseils des peintures des anciens Ministres de la Magie qui étaient accrochés chronologiquement au mur – tous endormis à l'heure actuelle.
Harry tourna à un virage et arriva à proximité d'une douzaine d'aurors, tous stationnés devant un bureau qui devait probablement appartenir à Cygnus Black. Quand Harry arriva à portée de voix, la porte s'ouvrit sur un homme de grande taille avec des cheveux auburn tachetés de gris. Quand Harry s'approcha, il se retrouva face à cet homme.
« Qui êtes-vous ? » demanda l'homme.
« Harry Ashworth, » répondit Harry. « Je crois être attendu. »
« Je suis Davian Prewett, Mr Ashworth. »
Harry hocha la tête, reconnaissant le nom et il regarda les traits durs et âgés de l'homme. Harry le compara distraitement avec les cowboys qu'il voyait dans les films de Dudley. Que ce soit Prewett ou les cowboys, ils semblaient faits de vieux cuir et d'acier. La seule différence c'était que Prewett était impeccablement habillé et avait un accent clairement britannique. Harry espérait de ne jamais avoir d'ennuis avec le directeur Prewett. « Enchanté de vous connaître, Directeur. »
« En effet, « dit Prewett. « Le ministre Black vous attend en fait. » Puis il le dépassa et Harry se retrouva seul devant un contingent d'aurors qui servaient de gardes du corps pour le Ministre en deuil.
Harry dépassa les aurors et entra dans le bureau de Cygnus. Il vit le Ministre assis derrière son bureau, très pâle. Romulus Malfoy faisait les cent pas d'un air agité devant le bureau, jetant par moment un coup d'œil vers les fenêtres et l'atrium.
« Il était temps que vous arriviez, » grogna Romulus, s'arrêtant assez longtemps pour assister à l'entrée d'Harry puis retourna à ses pensées.
Réalisant que Romulus, en plus d'avoir des ennuis avec sa famille, était très stressé, Harry opta de ne pas se sentir offensé par son tempérament grognon. Il préféra se tourner vers Cygnus. « Alors quels sont les détails exacts ? »
Cygnus soupira. « Walburga a découvert tôt ce matin qu'il était mort dans son sommeil. C'est tout ce que nous savons. »
« Et bien ce n'est pas tout ce qu'il s'est passé ! » tonna Romulus. « Orion était fort et en bonne santé. »
Harry repensa à ce que le Professeur Dumbledore lui avait raconté sur la première montée en puissance de Lord Voldemort. Il y avait eu plusieurs morts et disparitions avant l'annonce officielle de l'existence du mage noir. C'était possible qu'Orion soit décédé de mort naturelle – il n'était pas spécialement jeune – mais Harry ne croyait pas aux coïncidences.
« Je pense, » dit Harry, en prenant une chaise et attirant l'attention de Malfoy et du Ministre Black sur lui, « que nous ferions mieux de partir du principe que c'était un acte ignoble et agir selon cette idée. Cependant, cela ne sert à rien de chercher plus loin. Envoyez une équipe d'aurors au Manoir Black et qu'ils enquêtent. S'ils trouvent quelque chose, nous poursuivrons l'assassin. S'ils ne trouvent rien, nous continueront à penser qu'Orion a été assassiné. »
Voyant qu'il avait l'attention de Cygnus et Romulus et qu'ils hochaient la tête, Harry continua. « Nous nous lançons dans une guerre à grande échelle contre un Seigneur des Ténèbres. Malheureusement, l'un de nos amis est devenu une de ses victimes. Nous devons aller de l'avant dans cette guerre si nous ne voulons pas que son sacrifice ait été en vain. »
« C'est logique, » dit Cygnus, heureux d'accepter la simplification d'Harry sur ce problème. « N'êtes-vous pas d'accord, Romulus ? »
« Il parle bien, » confirma Romulus, ayant soudainement l'air très fatigué et distrait.
« Poursuivons, » dit Harry, voulant continuer la réunion, » il semblerait que nous devions prendre plusieurs actions. Je vois que vous avez déjà augmenté le nombre de vos gardes du corps. C'est bien. Je suggère que vous continuiez ainsi. Avez-vous informé le Directeur Prewett que vous craignez la possibilité d'un assassinat ? »
« Oui, oui, » répondit Romulus. « Davian a accepté d'augmenter le nombre de gardes autour de Cygnus. »
« Bien, » dit Harry. « Maintenant concernant toute cette guerre. Je pense que nous devons faire un autre pas pour mettre les affaires du Ministère en ordre. Je crains que le Seigneur des Ténèbres ne tente de corrompre le Ministère de l'intérieur. Il y a beaucoup de personnes, je suis sûr, qui aimeront vivre dans un environnement dans lequel le Seigneur des Ténèbres a de l'influence, même si eux-mêmes ne sont pas dans ses rangs. Vous devez vous assurer que ces gens n'obtiennent pas de position de pouvoir. »
Cygnus hocha la tête. « Oui, bien sûr. » Il prit un bout de parchemin et commença à prendre des notes.
« Il faut que vous vous assuriez que les personnes ayant des positions de pouvoir soient de bonnes personnes – le type de personne qui se moquent d'avoir de hauts postes, » conseilla Harry.
« Oui, » dit Cygnus, en trempant sa plume dans de l'encre et en continuant à écrire les conseils d'Harry.
« Même les innocents peuvent devenir des outils, » intervint Romulus, ayant l'air sombre et dépressif.
« Exactement, » dit Harry. « Le Sort de l'Impérium est l'un des moyens qu'utilisera le Seigneur des Ténèbres pour causer des ennuis. Vous devez prendre des mesures pour que cela ne devienne pas un problème. »
« Bonne idée, » déclara Cygnus, « mais comment faire ? »
Harry haussa des épaules. « Vous devez consulter plusieurs départements. Peut-être celui de la justice Magique et celui des Mystères. Dites leur que vous voulez rapidement trouver un moyen de vérifier si quelqu'un agit de sa propre volonté ou non. Ils comprendront ce que vous voulez. »
« Département des Mystères, » marmonna Cygnus, continuant à écrire.
Le directeur Prewett passa du couloir à l'entrée principale du Département de la Justice Magique. Il était vide et ainsi bien moins impressionnant. Il entra dans son bureau et y trouva Alastor Maugrey, l'attendant. L'auror se leva de sa chaise et lui tendit la main. Prewett la secoua et s'assit derrière son bureau.
« Vous avez demandé que je vienne ? » dit Alastor.
« En effet, » dit Prewett. « Orion Black est mort, ou plutôt, a été tué. »
Alastor haussa un sourcil de surprise. « Vous suspectez quelque chose ? »
« En effet, » murmura Prewett.
Maugrey hocha la tête. « Il y a deux solutions possibles. Que croyez-vous qu'il soit arrivé ? »
« Je ne sais pas, » admit Prewett. « Cela n'a pas d'importance d'ailleurs. Je m'inquiète plutôt des conséquences. »
« Des conséquences ? »
« Pendant que nous parlons, le Ministre Black est en réunion avec Romulus Malfoy et Harry Ashworth. Vous pouvez être sûr que ce sont eux deux qui prennent les décisions maintenant. J'imagine que le Ministre Black est heureux que d'autres personnes soient prêtes à remplir le vide qu'a laissé son frère, » dit Prewett.
« Que voulez-vous que je fasse ? » demanda Maugrey. Il n'était pas d'humeur pour entendre Prewett émettre des commentaires sur la connivence entre Malfoy et Ashworth. Prewett lui-même était dans la connivence. Il y avait aussi le fait que Dumbledore avait besoin d'être informé dès que possible des évènements de la nuit et cela ne serait pas possible si Maugrey passait toute la matinée à écouter Prewett.
Prewett jeta un regard à Maugrey. « Je veux que vous enquêtiez sur la mort d'Orion afin de voir s'il s'agit d'un crime. Merlin sait que le Ministre Black voudra savoir. Je veux aussi que vous fourriez le nez dans les affaires de Romulus Malfoy et Harry Ashworth. Je sais de source sûre qu'Harry Ashworth n'est pas un Ashworth. Il est en Grande-Bretagne pour de fausses raisons. J'ai averti Orion mais il a apparemment choisi de m'ignorer.
« Comme vous voulez, » dit Maugrey. « Si vous aviez l'amabilité de me transmettre toutes vos informations sur Ashworth, ce serait très utile. » Puis il se leva et quitta le bureau.
« Très bien, » dit Cygnus. « Je pense que je peux gérer les choses à partir de maintenant. Romulus, gardez s'il vous plait vos oreilles grandes ouvertes. Vous avez des relations avec des personnes qui sont susceptibles d'en savoir le plus sur le Seigneur des Ténèbres. Harry, je pense que vous devriez prévoir de quitter Poudlard pour de bon une fois que le semestre sera terminé. J'aurai besoin de vous au Ministère. Y a-t-il autre chose dont nous devons parler avons de nous quitter ? »
« Je pense que nous avons fait le tour du sujet pour l'instant, » dit Harry en sortant une montre de poche et en y jetant un coup d'œil. Il était bientôt l'heure de son premier cours. « Tant que vous vous assurez que les fonctionnaires de Ministères sont en règle, je pense que vous évitez de nombreux problèmes. »
Romulus se leva et plissa ses robes. « Il y a une dernière chose dont je voudrais parler. Après cette tragédie, je pense que nous avons besoin d'un meilleur moyen pour communiquer. Cela m'a pris beaucoup trop de temps pour vous contacter Harry, même si ce n'était pas de votre faute. »
« Que proposez-vous ? » demanda Cygnus.
Romulus sortit deux bagues en or de sa poche. Les anneaux étaient grands et avaient l'air lourds. Sur chacune des bagues se trouvait une pierre noire ou peut-être même un joyau. « Ce sont des héritages familiaux, » annonça-t-il. « Je les ai bien sûr purgés de toute magie noire. L'important, c'est qu'ils sont reliés à ma propre chevalière familiale. » Le patriarche Black tendit sa main droite et montra la bague qui le désignait en tant que Chef de la Maison Malfoy. Elle ressemblait beaucoup à celles qu'il venait de sortir de sa poche. Puis il tendit une bague à Cygnus et l'autre à Harry. « A travers ces bagues, nous pourrons communiquer, ou du moins, vous pourrez communiquer avec moi. Je n'ai pas encore eu assez de temps pour comprendre comment faire pour que vos bagues marchent l'une avec l'autre. »
Harry accepta l'anneau et l'examina, enlevant ses lunettes et le rapprochant de ses yeux. « Très joli, » commenta-t-il. Après avoir mieux examiné le joyau il remarqua qu'il n'était pas ce qu'il semblait être. Au lieu d'une couleur solide et cristalline, Harry remarqua qu'il semblait y avoir un nuage tourbillonnant à l'intérieur du joyau. Cela ressemblait plus à une boule de cristal. Soudainement un visage apparut dans le joyau – le visage de Romulus.
« Je pourrais communiquer vocalement par le joyau, » dit Romulus à Harry, en mettant sa main sur l'épaule du jeune homme, « mais ce serait idiot de le faire maintenant alors que nous sommes tous dans la même pièce. »
Harry sourit. « Bien sûr. Maintenant, comment puis-je communiquer avec vous ? »
« C'est assez simple, » dit Romulus, reprenant temporairement l'anneau d'Harry et de Cygnus. « Prenez le joyau et tournez-le. » Il fit la démonstration, montrant que le joyau pouvait faire une rotation. « Cela enverra une vibration dans ma bague et j'ouvrirai la communication. »
« Nos bagues ne peuvent ouvrir une communication avec la votre ? » demanda Harry.
« J'ai bien peur que non. Le Malfoy à qui appartenaient les bagues à l'origine ne voulait pas que les autres bagues soient utilisées pour l'espionner. Peut-être que si ce système fonctionne, nous pourrons essayer de l'améliorer. Pour l'instant, je pense que ça fera l'affaire, » dit Romulus.
Cygnus hocha la tête. « J'aime bien ça. »
Harry montra son approbation en glissant l'anneau à son doigt. « Je suppose que je sentirais une vibration quand vous voudrez parler avec moi ? »
Romulus confirma et toucha sa bague. Immédiatement, Harry sentit une petite pression sur sa main.
« Excellent, » observa Harry. « Maintenant, je dois vraiment retourner à Poudlard. Je n'ai pas prévu de remplaçant pour assurer mes cours aujourd'hui. »
« Bien, » dit Malfoy. Il fit un signe de la tête à Cygnus. « Je dois aussi y aller. »
Harry et Romulus laissèrent Cygnus seul à son bureau et quittèrent le bureau et se dirigèrent vers l'ascenseur. Alors qu'ils attendaient l'ascenseur, Romulus reposa sa main sur l'épaule d'Harry et le regarda dans les yeux. « Je ne veux pas vous effrayer Harry, » dit Romulus, « mais ces anneaux sont très importants – pas une simple lubie. La vie de Cygnus pourrait être en danger. En fait, toutes nos vies sont en danger. »
« Je comprends, » répondit Harry, retournant le regard du patriarche Malfoy.
« Bien, » dit Romulus. « Maintenant, Harry, à partir d'aujourd'hui, je veux que vous passiez chacun de vos moments libres à vous entrainer à vous battre. Concentrez-vous sur les sorts les plus simples et efficaces. Développez quelques stratégies pour lancer plusieurs sorts intéressants à la suite afin de surprendre quelqu'un en duel. Poussez jusqu'à vos dernières limites. Compris ? »
« Bien sûr, » dit Harry, se rappelant qu'il faudrait vraiment qu'il se bouge.
« Bien, » dit Romulus. « Je vais également m'entrainer de mon côté. Je verrais si je peux aiguiser mes vieilles compétences de duel. »
Le dimanche suivant la mort d'Orion, Harry était à son bureau, devant noter plusieurs essais. Il était épuisé. Il avait suivi le conseil de Romulus et avait passé autant de temps que possible après chaque classe à s'entrainer dans la Salle sur Demande. Il avait demandé à la Salle de faire son maximum pour créer les pires scènes de batailles auxquelles il avait été présent dans le futur. La pièce avait créé des centaines de mannequins de combat ayant la capacité de jeter des stupéfix et faisait voltiger les mannequins autour d'Harry – certains essayant de le viser, d'autres luttant contre des cibles imaginaires.
En raison du volume brut de magie qu'Harry avait dû utiliser pour neutraliser les mannequins, de la concentration qu'il devait avoir pour viser des cibles spécifiques ou faire d'obscurs sortilèges et des nombreux sorts qu'il avait reçus des mannequins, il était complètement épuisé. Son seul confort, c'était qu'il s'améliorait. Pas tant grâce aux mannequins mais à cause de l'endurance qui elle était bien réelle et qui ne faisait qu'augmenter.
Bellatrix avait été étrangement absente la plus grande partie de la semaine. Elle avait accueilli les nouvelles de la mort d'Orion avec suspicion et quelques mots de tristesse mais sinon avait été trop occupée à rester assise et à déprimer. Harry pensait que la fin de l'année qui approchait à grands pas lui pesait beaucoup. Il ne restait qu'un mois ou presque avant les vacances d'été. Harry savait qu'Hermione aurait déjà été plongée dans ses révisions à cette époque de l'année.
Curieusement, Harry s'était senti assez seul sans sa présence constante dans son bureau ou sur son canapé. Il était même allé jusqu'à l'inviter pour un duel dans la Salle sur Demande. Elle avait semblé enchantée par son nouveau régime d'entrainement mais elle avait décliné son offre, disant qu'elle était trop occupée pour la semaine.
Ainsi, quand Bellatrix ouvrit la porte du bureau et entra avec un sac de taille moyenne, Harry se sentit assez content. « Prêt à partir ? » demanda-t-elle en fermant la porte derrière elle.
Harry la regarda, se sentant perplexe. Elle était vêtue de robes noires, mais pas celles de l'école. Elles étaient décorées de velours noir. « Aller où ? » demanda-t-il.
Bellatrix soupira. « C'est bien ce que je craignais. Tante Walburga ne t'a pas invité, n'est-ce pas ? »
Harry fronça les sourcils, essayant de comprendre ce dont parlait Bellatrix. « Tu veux parler des funérailles ? »
« Oui, » dit Bellatrix. « Les funérailles d'Orion ont lieu aujourd'hui. Je suspectais fortement que ma tante ne t'inviterait pas mais j'avais encore de l'espoir. »
Harry haussa des épaules. « Je n'aurais pas voulu m'immiscer de toute façon. »
Bellatrix ricana. « J'aurais aimé avoir une excuse. Sans vouloir manquer de respect à Oncle Orion mais il semblerait que Tante Walburga veuille en faire une affaire familiale. Je ne peux pas dire que j'ai hâte d'y être. Elle va vouloir s'autoproclamer Chef de la Famille Black – la matriarche si tu préfères. Le pauvre homme n'aura même pas le temps d'être enterré. »
Harry abandonna ses essais et se pencha en arrière dans son siège. « N'est-ce pas Sirius qui devrait hériter de tout ? »
« Normalement, oui, » dit Bellatrix. « Cependant, Tante Walburga était déjà une Black quand elle a épousé Orion. C'était intelligent de sa part. Par le mariage, elle est devenue la parente Black la plus proche d'Orion. Elle a tous les droits maintenant de croire qu'elle est la Chef de la Famille Black. »
Harry plissa les yeux d'un air suspicieux vers Bellatrix. « Théoriquement, je suis le Chef de la Famille Black ou le Lord Black, comme certains diraient. Tu es une Black et tu parles constamment d'un mariage entre nous deux. Il semblerait que tu sois aussi une sorcière sacrément intelligente. »
Bellatrix haussa les épaules, gardant un visage neutre. « Je ne le nie pas, mais j'aimerais dire que ce n'est vraiment la raison pour laquelle je veux t'épouser. Mais passons, il ne sert à rien de parler de mariage tant que nous ne saurons pas comment les choses se passeront avec les affaires de la famille Black. Il ne faut plus que tu t'inquiètes à propos de ce mariage pour l'instant. »
« Heureux de savoir qu'il n'y a pas de pression, » dit Harry. « Bonne chance avec les funérailles. »
« En fait, » dit Bellatrix, « j'espérais que tu m'escorterais aux funérailles. »
« Il me semble me souvenir que je n'étais pas invité, » remarqua Harry, en jetant un coup d'œil à sa pile d'essais et se souvenant de tout ce qu'il devait encore fait.
« Tu ne l'est pas, » confirma Bellatrix. « J'apprécierai que tu m'emmènes au moins jusqu'au cimetière. Après, j'espérais que pourrais faire quelques courses pour moi. Nous pourrons nous revoir après pour que tu me ramènes à la maison. »
Harry pesa ses options. Voulait-il noter de essais ou sortir du château et passer un peu de temps avec Bellatrix. Il y a quelques mois, la réponse aurait été de noter. Maintenant, il semblait qu'être avec Bellatrix était bien plus amusant. « Très bien, je viens, » dit Harry.
« Génial, » dit Bellatrix. « Allons-y. J'ai promis à Sirius que tu le prendrais avec nous. Il nous attend dans le hall. »
« Et tes sœurs ? Et Regulus ? » demanda Harry. Il repensa aux cours qu'il leur avait donnés. Il ne se sentait pas proches de ces membres de la famille Black mais il ne voulait pas les laisser tomber.
Bellatrix fit un geste distrait de la main. « Walburga a pris des arrangements. Sirius et moi n'étions pas anxieux de participer et partons donc plus tôt »
« Très bien, » dit Harry, ne voulant pas manquer une opportunité de passer plus de temps avec son jeune parrain.
Cela ne prit pas beaucoup de temps avec qu'Harry, Bellatrix et Sirius n'arrivent au portail de Poudlard. Bellatrix avait donné sa valise à Harry pour qu'il la porte et discutait de tout et de rien avec lui. Sirius était silencieux. Harry se demandait si Sirius s'était mieux entendu avec son père qu'avec sa mère. Harry ne semblait pas se souvenir avoir entendu Sirius parler de son père dans le futur.
Dès qu'ils franchirent le portail, ils se préparèrent à transplaner. Bellatrix donna à Harry des instructions pour qu'il transplane aussi avec Sirius. Elle transplanerait de son côté. Harry se demanda vaguement pourquoi elle sentait qu'il était nécessaire pour elle qu'il l'escorte aux funérailles alors qu'elle était parfaitement capable d'y aller maintenant.
Ils apparurent dans des bois, pas loin d'un cimetière. Le cimetière semblait assez terne. Même si certaines pierres tombales et caveaux étaient impressionnants, la vie végétale était inexistante. Instinctivement, Harry scanna les environs à la recherche d'un signe de vie. Il n'y en avait pas.
« Voilà, nous y sommes, » annonça Bellatrix, un peu trop enjouée. « Il nous reste assez de temps avant que les autres n'arrivent pour que tu trouves un endroit à peu à l'écart Sirius. Amuse toi bien. »
Sirius leva les yeux au ciel et disparut bientôt. Il semblait avoir compris que Bellatrix voulait être seule avec Harry. Harry se sentait assez coupable de ne pas prêter plus attention à Sirius alors qu'il assistait aux funérailles de son père, mais c'est Bellatrix qui menait le jeu.
« Voilà la dernière demeure de la famille Black, » dit Bellatrix à Harry, comme si elle lui faisait faire le tour des lieux puisque Sirius était toujours à portée de voix.
« Il semblerait que vous fassiez beaucoup d'effort pour entretenir les lieux… » commenta Harry. « Vous venez souvent ici ? »
Bellatrix fronça des sourcils. « Ce n'est plus le cas depuis quelques années, » admit-elle. Elle fit un geste vers le cimetière. « Si tu fais un peu plus attention, tu pourras voir quelques murs en pierre. Ou plutôt des ruines en fait. C'est ce qu'il reste de Ravenbourgh, le manoir ancestral des Black. »
« Je n'ai jamais entendu parler de Ravenbourgh, » dit Harry, surpris par cette nouvelle information.
« Peu de personnes le savent, » dit Bellatrix. « Les Black ont toujours préféré être des citadins ou plutôt résider près du centre du pouvoir gouvernemental. Ravenbourgh a été négligé en faveur de Square Grimmaud. Finalement, tout a brûlé. Si la famille y avait résidé, on aurait pu le sauver des flammes. Etant des citadins, nous n'avons fait aucun effort pour le reconstruire. Puisque Ravenbourgh n'existe plus, il n'y a plus d'elfes de maison ici, sauf occasionnellement. En conséquence, plus personne n'entretient le cimetière. »
Harry haussa des épaules. « Qu'importe. »
« Je pensais que tu voulais savoir pourquoi nous avons négligé ces lieux. »
« Je suis plus intéressé de savoir ce que tu m'as apporté, » dit Harry.
« Quoi ? Tu penses que ce sont de mauvaises choses ou quelque chose du genre ? »
« Je ne sais pas, » dit Harry. « On parle de toi. »
« Ha, ha, » dit Bellatrix. Elle montra la valise qu'Harry avait dû porter pour elle. « Tu vas emmener le contenu de cette valise au Chemin des Embrumes et vendre le tout à l'apothicaire. »
Harry haussa des sourcils. « Tu as été dans la Chambre des Secrets, n'est-ce pas ? C'est pourquoi tu as été si occupée cette semaine. »
« Oui, » dit Bellatrix. « Ça n'a pas été trop dur de prélever le venin de ce monstre mais enlever la peau et les os est impossible. Cela va me prendre des mois pour le faire. Et puisque que je suis seule à avoir le malheur de devoir m'en charger, je pense que nous devrions partager l'argent, 70% pour moi, 30% pour toi. »
« Tu sembles oublier que sans moi, tu n'aurais jamais su que ce basilic existait, » grommela Harry.
« 60/40, » proposa Bellatrix.
« 50/50, » dit Harry. « C'est bien toi qui parles tout le temps d'être des partenaires égaux et n'oublions pas tes plans de mariage. Si nous nous marions, ce serait stupide de ne partager équitablement. »
« Et bien, je ne sais pas, » rétorqua Bellatrix. « Vas-tu m'épouser ? »
« On verra ça plus tard, » dit Harry, soulevant la valise et se préparant à transplaner au chemin de traverse.
« Très bien, » dit Bellatrix. « 50/50. »
« Bien, » dit Harry.
« Une dernière chose, » dit Bellatrix avant qu'Harry ne disparaisse.
« Quoi ? »
Elle lui tendit une clé de Gringotts. « Dépose ma part dans ma voute s'il te plait. Puisque tu y seras, pourquoi n'ouvrirais-tu pas un compte à ton nom ? C'est une procédure très simple. Tu ne peux pas continuer à cacher ton or dans ta valise. Au bout d'un moment, soit tu n'auras pas assez de place, soit quelqu'un le volera. »
« Comment sais-tu que je garde mon or dans ma valise ? » demanda Harry en prenant la clé des mains de Bellatrix.
Bellatrix sourit d'un air malicieux et lui fit un signe de la main. « Amuse toi bien. Attends moi près de la librairie moldue en face du Chaudron Baveur. Les funérailles et les formalités familiales devraient prendre deux heures, peut-être plus. »
L'apothicaire du Chemin des Embrumes essaya de s'emparer du venin de basilic et de la peau pour un prix bien inférieur à sa véritable valeur. Par chance Harry s'était d'abord arrêté au Chemin de Traverse et s'était renseigné sur le prix de ses ingrédients, comme s'il était lui-même un acquéreur potentiel. Le manager avait appris à Harry les prix en cours pour les morceaux de basilic. Puis, Harry s'était rendu au Chemin de Traverse et après avoir marchandé, il vendit le contenu de la valise de Bellatrix à un prix à peine inférieur au prix en cours sur le marché, laissant une petite marge bien méritée à l'apothicaire. Il n'avait, après tout, posé aucune question sur la provenance de ce qu'il achetait.
Puis il transporta le lourd sac d'or au chemin de Traverse vers Gringotts. Comme d'habitude, les gobelins qui gardaient la porte principale laissèrent passer Harry. Harry n'avait pas eu beaucoup d'opportunités pour visiter Gringotts, que ce soit dans le passé ou le futur. Il admira l'architecture intérieure tout en attendant qu'un gobelin soit prêt à le recevoir et il se demanda si les gobelins avaient eux-mêmes construit cet édifice ou s'ils avaient fait appel à d'autres créatures magiques. Harry ne les voyait pas engager des sorciers ou des sorcières s'ils pouvaient faire autrement.
Peu après, ce fut au tour d'Harry de voir un guichetier. Il s'avança vers la fenêtre. « Bonjour, » dit-il, se sentant un peu nerveux.
Le gobelin haussa ce qui devait être un sourcil. « Que voulez-vous ? »
Harry posa le sac d'or sur le comptoir et sortit la clé de la voute de Bellatrix. « J'ai besoin de déposer la moitié du contenu de ce sac sur ce compte. »
Le gobelin dévisagea Harry pendant un moment, puis, il prit finalement le sac et le posa sur une balance. Notant le poids exact du sac, le gobelin inscrit aussi le numéro de la clé et le montant sur un petit morceau de parchemin, puis le signa. « Et l'autre moitié ? » demanda le gobelin.
Harry gigota, se demanda ce que le gobelin ferait s'il demandait que l'or soit mis dans un autre sac pour qu'il quitte la banque avec. Finalement, il décida que le gobelin serait extrêmement agacé. Le conseil de Bellatrix était sage. « J'aimerai déposer l'autre moitié dans un nouveau compte, » déclara Harry.
Le gobelin ne dit rien mais écrivit sur un autre parchemin avant de le tendre à Harry. « Parlez avec le gobelin au bureau des nouveaux comptes, » dit-il.
Harry accepta le parchemin et salua aussi respectueusement que possible devant le gobelin. « Merci, monsieur. Vous m'avez été d'une grande aide. »
Le gobelin était trop occupé avec le sac qu'il déposa dans un coffre et ne répondit pas.
Harry marcha jusqu'à l'autre bureau en tenant le reçu de la banque. Un gobelin y était installé, lisant le journal. Apparemment peu de personnes ouvraient un nouveau compte. Soit ça, ou le dimanche était juste un jour peu productif pour la banque. Harry se racla la gorge. « J'aimerai ouvrir un nouveau compte, » dit-il.
Le gobelin soupira derrière son journal, s'assit correctement et adressa un faux sourire à Harry. « Que voudriez-vous y déposer ? »
Harry tendit le reçu au gobelin.
Le gobelin l'examina minutieusement, comme s'il s'attendait à ce que ce soit un faux, ce que Harry trouvait ridicule. S'il avait fait attention, il aurait vu son collège gobelin le remplir pour Harry, quelques instants plus tôt. « Très bien. Combien d'argent comptez-vous laisser dans votre voute normalement ? »
« Probablement ce montant là, » répondit Harry, prenant en compte le fait qu'il dépensait généralement le même montant que son salaire tous les mois. D'un autre côté, il allait bientôt travailler au ministère. « Peut-être un peu plus. »
« Et vos autres possessions ? »
« Non. »
« Très bien. J'aurais besoin d'un échantillon de sang, » annonça le gobelin.
Harry s'y attendait et il tendit le doigt. Le gobelin fut rapide et posa rapidement une goutte du sang d'Harry sur un parchemin spécial. Le sang fut absorbé et des lettres apparurent. Le gobelin lut ce qui y était écrit, puis regarda Harry, visiblement de mauvaise humeur. « Si vous voulez bien m'excuser, je dois aller voir le manager de notre banque. » Puis il se leva et marcha avec raideur vers un couloir, tenant toujours dans les mains le parchemin de sang et le reçu d'Harry.
Harry soupira, se demandant si ouvrir un compte était toujours aussi compliqué. Le gobelin revint rapidement avec deux autres gobelins. « Ces deux gobelins vont vous escorter dans le bureau de Goldspear, le manager de notre banque, » annonça-t-il.
« Okay, » dit Harry, se levant et suivant ses deux guides dans le même couloir qu'avait emprunté le gobelin quelques instants plus tôt.
Harry fut bientôt invité à entrer dans le bureau du manager de la banque. Le gobelin qui devait être Goldspear selon Harry était assis sur une chaise très large bien que basse. Harry aurait trouvé cette vision comique si le gobelin n'avait pas arboré une expression irritée sur le visage.
« Laissez-nous, » aboya-t-il aux gobelins qui avaient escorté Harry. Dès qu'ils eurent disparus en fermant la porte derrière eux, Goldspear, le gobelin, parla sèchement à Harry. « Asseyez-vous. » Devant lui se trouvaient deux morceaux de parchemin, même s'il ne les regardait pas.
Harry était confus et nerveux, mais il essaya d'apparaître impassible et s'assit. « Bonjour, » dit-il.
« Vous pensez être drôle, n'est-ce pas, » aboya Goldspear.
« Je suis désolé, » dit Harry, « mais vous allez devoir m'expliquer pourquoi vous m'en voulez. » Intérieurement, Harry commençait à avoir une suspicion. Le test sanguin avait dû en révéler bien plus qu'il ne le pensait.
Le gobelin serra les dents, puis ferma les yeux pendant quelques secondes. Quand il les réouvrit, il fusillait toujours Harry du regard mais sa voix était complètement calme. « Je suis en colère car vous êtes le Chef de la Maison Black, que vous venez du futur et que vous vous promenez ici depuis un certain temps sans être venu nous prévenir avant. Savez-vous quels ennuis vous nous avez causé ? »
« Je suis désolé, » dit Harry. « Le voyage dans le temps était accidentel et je ne savais qu'il était coutume de venir à Gringotts dans une telle situation. Comment savez-vous que je viens du futur ? »
Goldspear leva les yeux au ciel. « Si vous aviez été un Lord Black dans le passé, personne n'aurait pu hérité de votre titre après votre disparition à votre époque. Le seul moyen pour qu'il y ait, ou plutôt pour qu'il y ait eu deux Lord Black, c'est que l'un d'eux venait du futur. »
« Oh. Alors, que faisons-nous maintenant. »
« Et bien, je ne sais pas Lord Black. Si vous étiez venu plus tôt, nous aurions trouvé une solution facile pour régler les choses. Mais maintenant, l'entière famille Black s'apprête à venir entendre les dernières volontés et le testament d'Orion Black. Votre existence rend ces volontés nulles et non avenantes. »
« Okay, » dit Harry, pensant à la famille Black. « Y a-t-il un moyen pour que mon titre de chef de la Maison Black reste secret ? »
Le manager de la banque lui jeta un regard mauvais. « En aussi peu de temps, cela va être difficile. »
« Je suppose que nous pourrions leur faire la surprise, » dit Harry.
« Ouais ? Et leur révéler que vous venez du futur ? Vous semblez oublier que l'un des Black est le Ministre de la Magie. Si quelqu'un découvre comme vous êtes arrivé ici, vous aurez de gros ennuis. Il y a aussi le fait que beaucoup des Black sont des meurtriers. Comment bien comptez-vous tenir face à eux ? »
« Je suis surpris que vous soyez inquiet, » grommela Harry.
Le gobelin haussa des épaules. « Cela nous causerait aussi des ennuis. »
« Alors que suggérez-vous ? » dit Harry, ses pensées tourbillonnant à toute vitesse dans sa tête.
Le gobelin s'assit en arrière et fit craquer ses longs doigts. Puis il appuya soudainement sur un bouton sur un bureau. Les portes s'ouvrirent et un gobelin entra. « Amenez-moi le dossier des Black, » ordonna le manager.
Puis il regarda Harry alors que l'autre gobelin prenait congé. « Je suggère que vous fassiez un nouveau testament pour Orion Black. Nous l'écrirons dans un langage formel et le lirons aux héritiers Black quand ils seront là. Quand le sujet sur le contrôle de la Maison Black viendra, nous annoncerons que nous ne pourrons pas le faire avant un petit moment. Quand la veuve d'Orion posera d'autres questions plus tard, nous l'informerons que le contrôle de la Maison Black a été confié à quelqu'un d'autre. Fin de l'histoire. Après, vous aurez sans doute envie d'embaucher des gardes du corps, même si nous essaierons de les empêcher de découvrir votre identité. »
« Vous êtes trop gentil, » dit Harry.
« En effet, » dit le gobelin. Il sortit un parchemin vierge, une plume et de l'encre d'un tiroir de son bureau puis poussa le tout vers Harry. « Commencez. »
« Je ne sais même pas quels sont les biens de la famille Black, » se plaignit Harry.
La porte s'ouvrit sur le gobelin qui devait aller chercher le dossier. Le manager de la banque l'accepta et le feuilleta rapidement afin de montrer le statut financier de la famille Black à Harry. Les liquidités, les propriétés et les investissements y étaient reportés. Harry était surpris par la richesse des Black. Ce qu'il avait hérité de Sirius n'avait pas été aussi élevé.
Harry prit la plume et écrivit quelques brèves instructions sur le parchemin, puis il le tendit vers le gobelin. Goldspear le prit et l'examina d'un œil critique. « Je suis désolé Mr Potter mais vous devez laisser quelque chose à la veuve, sinon elle aura le droit de contester le testament – non pas que ce soit un testament, mais je suppose que vous ne voulez pas que quelqu'un commence à mettre son nez dans cette affaire. »
« Oups, » dit Harry en reprenant le parchemin. Il le regarda pendant un long moment, réticent à l'idée de donner quelque chose à Walburga Black. « Combien dois-je lui donner ? »
« Je vous suggère quelque chose au dessus de seuil officiel de pauvreté. »
« Quel est ce seuil ? » demanda Harry.
Le banquier le lui indiqua.
« Ce n'est pas grand chose, » soupira Harry. « Donnez-lui le double du montant du seuil de pauvreté.
« Très bien, » dit Goldspear.
« Ce sera tout ? » demanda Harry.
« Oui, » dit Goldspear. « Je ne veux pas m'occuper plus que nécessaire de vos comptes. Revenez une autre fois. Votre gestionnaire de compte vous aidera à passer en revue tous vos biens et vous donnera des conseils pour vos investissements. »
« Bien, » dit Harry, essayant d'avoir l'air reconnaissant. « Une dernière question. Va-t-il y avoir un problème avec les biens des Potter ? »
Le gobelin secoua la tête. « Non. Ils ne sont pas assez stupides pour gérer leur argent de la même façon que les anciennes Maisons. Vous ne pouvez pas toucher à leurs sous. »
Harry haussa des épaules. « Okay, j'étais juste curieux. »
Harry était en train de feuilleter un livre quand la sonnette de la librairie moldue retentit, signalent l'entrée d'un autre client. Il jeta un coup d'œil et aperçut Bellatrix qui avançait vers lui, un grand sourire sur les lèvres. La robe noire de deuil avait disparu, remplacée par des vêtements moldus.
« Tu as l'air terriblement joyeuse pour quelqu'un qui sort de funérailles, » dit Harry sèchement.
« Nous avons fait un arrêt à la banque, » dit Bellatrix, toujours souriant de toutes ses dents. « Mon très cher Oncle Orion, qu'il repose en paix, m'a laissé dix mille gallions. »
« Que c'est gentil de sa part, » dit Harry, reposant le livre qu'il avait lu sur l'étagère.
Bellatrix éclata de rire. « Tu aurais dû voir à quel point Tante Walburga était outrée, Harry. Tu as bien fait, vraiment. »
« Que veux-tu dire ? »
« C'était toi, Harry. Tu contrôles la fortune Black, n'est-ce pas ? »
Harry fronça les sourcils et lui fit signe de sortir avec lui du magasin. Peu après, ils furent sur la rue de Londres, juste devant le Chaudron Baveur. « Tu m'as envoyé à la banque pour cette raison, n'est-ce pas ? » l'accusa-t-il.
« Tu ne peux pas te plaindre, » dit Bellatrix, semblant toujours aussi contente d'elle. « Nous sommes riches, Harry ! »
Harry leva les yeux au ciel. « Ouais, je suppose. Comme le reste de la famille a-t-il réagit ? Va-t-il y avoir des ennuis ? Les gobelins n'étaient pas très ravis par la situation. »
Bellatrix fit un sourire en coin. « Et bien, Tante Walburga n'est pas aussi riche qu'elle le pensait. En fait, pour la première fois, ma mère aura plus d'argent qu'elle à dépenser. Cela va sans doute changer la dynamique de la famille. D'un autre côté, tu as laissé une pension mensuelle à Sirius et Regulus. Elle va peut-être essayer de s'en emparer. »
« C'est pas bon, ça, » dit Harry. « Je suppose que je vais devoir aller en parler avec les gobelins. »
« Sirius peut prendre soin de lui, » dit Bellatrix. « Quant à Regulus, s'il est assez stupide pour laisser sa pension à Walburga, il mérite alors d'être pauvre. »
Harry secoua la tête, souriant.
« La famille était très suspicieuse quand elle a entendu qu'Orion me laissait dix mille gallions, puis une somme ridicule à mes sœurs et ma mère réunies, » commenta Bellatrix. Elle devint ensuite plus sérieuse. « Mais je suis curieuse à propos d'une chose Harry. »
« De quoi s'agit-il ? » demanda Harry.
« Tu as laissé à Walburga le droit de résider à Square Grimmaud, puis tu as spécifié qu'à sa mort, Sirius en hériterait. C'est la maison familiale. Pourquoi n'as-tu pas fait en sorte qu'on la garde ? » demanda Bellatrix.
« Je suis désolé, » dit Harry. Il soupira, se demandant ce qu'il pouvait lui révéler. « Il suffit de dire que je n'ai pas de bons souvenirs au Square Grimmaud. Je préfère l'éviter. Je suis sûr que nous pourrons trouver un meilleur endroit où vivre plus tard. »
Bellatrix haussa des épaules. « Très bien. »
« Devons-nous revenir à Poudlard ? » demanda Harry. « Où est Sirius ? »
« Je l'ai déjà déposé au château, » dit Bellatrix.
« Tu aurais pu t'épargner un trajet et me récupérer d'abord ici, » remarqua Harry.
Bellatrix sourit et prit Harry dans ses bras. Puis elle l'embrassa fermement avant de le repousser. « Je ne veux pas déjà retourner au château, Harry. Je veux manger dans le meilleur restaurant de Londres, » déclara-t-elle. « Puis, je veux faire du shopping. »
Harry ria faiblement. « Très bien. »
Harry se leva de sa chaise dans la Grande salle et laissa le reste de son diner, faisant des signes de la tête aux différents étudiants avec lesquels il était le plus proche. Cela faisait une semaine et demie depuis qu'Harry avait pris possession de la fortune Black et qu'il avait passé le reste de sa journée à manger dans un grand restaurant londonien, à faire du shopping et à s'amuser à Londres avec Bellatrix, grâce à la carte de crédit donnée par Gringotts et qui disait appartenir à la Banque centrale de Londres.
Il était prêt à retourner à son bureau et à finir de noter les essais des étudiants quand il sentit son anneau vibrer. Harry marcha rapidement vers une sombre alcôve et rapprocha la bague de son œil. Il y avait le visage de Romulus. « Romulus ? » dit-il rapidement.
« Le Seigneur des Ténèbres a lancé un raid dans une ville écossaise, » dit Romulus sur un ton résigné. « Des sorcières et sorciers masqués et habillés de noir ont commencé à terroriser les habitants moldus et magiques dans la ville pendant une vingtaine de minutes. Cygnus y a envoyé les aurors du Ministère. Nous pensons que ce serait une bonne idée que vous y alliez et que vous enquêtiez. La bataille devrait être finie à l'heure qu'il est. »
Harry hocha la tête d'un air triste. Il semblait que Voldemort avait commencé sa campagne de terreur. « J'irais, » dit-il.
« Bien, » dit Romulus. « Essayez d'apprendre un maximum de choses. Vous êtes un bon observateur. L'auror en charge de l'affaire est Alastor Maugrey. Vous devriez aller le voir en premier avant de déambuler dans la ville. La dernière chose dont nous ayons besoin, c'est que vous soyez touché par un des aurors. » Puis Romulus lui donna les coordonnées du village.
Cela prit à Harry plusieurs minutes avant d'atteindre le portail de l'école. De là, il transplana vers la ville. Quand il y arriva, il y avait plein de personnes qui s'affairaient : des aurors, des cadres du Ministère, des médicomages et des habitants. Il semblait que la bataille était en effet finie.
« Mr Ashworth, qu'est-ce qui vous amène ici ? »
Harry se retourna et aperçut Alastor Maugrey qui le regardait avec suspicion.
« Le Ministre a pensé que c'était une bonne idée que je jette un coup d'œil, Mr Maugrey, » dit Harry.
Maugrey secoua la tête lentement, montrant qu'il ne l'empêcherait pas mais son sourire sur le côté lui fit comprendre qu'il allait continuer à être suspicieux. « Laissez-moi vous montrer le coin, dans ce cas. Vous pourrez faire un rapport au Ministre quant à la situation. »
« Merci, » dit Harry d'une voix sarcastique, même s'il était reconnaissant à Maugrey de s'être porté volontaire pour lui faire le tour de la ville.
Maugrey fit passer Harry dans la foule, montrant de temps à autre certaines personnes gravement blessées et expliquant à Harry quelles blessures avaient été infligées. L'œil entrainé d'Harry comprit que les tactiques employées par les Mangemorts avaient été sporadiques, au mieux.
Maugrey semblait s'être fait la même observation. « Les mages noirs se sont dissipés dès que les renforts du Ministère sont arrivés, » dit-il à Harry. « Je ne sais pas vraiment ce que le Seigneur des Ténèbres comptait accomplir. »
Harry fronça les sourcils, se demandant si Maugrey était officiellement supposé savoir pour le mage noir. « Seigneur des Ténèbres ? » demanda Harry.
Réalisant son erreur, Maugrey ne put que fusiller Harry du regard. Il avait bien trop de dignité pour essayer de rattraper son erreur, il continua donc. « N'essayez-pas de me mentir Ashworth. Je sais que vous savez et que vous pouvez le voir, j'en sais plus que vous ne le pensez. Vous pourrez dire au Ministre Black que ce Seigneur des Ténèbres est sacrément retors. Si Black veut réussir, il ferait mieux d'entrer au plus tôt dans la tête du Mage noir. Ce n'est pas une mauvaise chose que d'entrainer davantage les aurors, mais je ne pense pas que c'est ce qui va nous aider beaucoup. »
Harry haussa des épaules. « Je vais bien entendu transmettre votre message au Ministre. »
« Faites donc ça, » grogna Maugrey.
« Mr Ashworth, » intervint une autre voix.
Harry tourna la tête et vit le Directeur Prewett approcher. « Bonsoir Directeur. »
« Ce n'est pas le cas, » rétorqua Prewett, ayant l'air très irrité.
« Bien sûr, » dit Harry. « Je voulais juste vous saluer. »
« En effet, » dit Prewett. « Avez-vous des raisons officielles pour être là ? »
Harry mordit ses lèvres. Il pouvait dire qu'il était là pour observer pour Cygnus, mais il pensait pas que cela l'aiderait. Il avait déjà vu tout ce qu'il y avait à voir, grâce à Maugrey et ne voulait pas créer plus de friction que nécessaire. « Mes affaires sont finies, » dit Harry.
« Alors quittez les lieux, » ordonna Prewett.
« Comme vous le voulez, » dit Harry, en faisant un signe poli de la tête.
