Disclaimer: Harry Potter appartient à JK Rowling et cette traduction que je fais de l'histoire de Lord Sivere n'est pas utilisée à des fins commerciales.

Chapitre 20 : La chute d'une grande Maison

« Les choses se sont légèrement détériorées depuis notre dernière réunion d'inauguration de l'Ordre, » déclara le Professeur Dumbledore en surveillant les membres rassemblés dans son bureau.

Elphia Doge, Caradoc Dearborn, Emmeline Vance, Dorcas Meadowes, Marlene McKinnon, Minerva McGonagall et Alastor Maugrey étaient tous assis dans les mêmes fauteuils qu'ils avaient occupés durant la dernière réunion. Cependant, il y avait maintenant deux autres chaises. Edgar Bones et Dedalus Diggle avaient été recrutés. Le premier point de l'ordre du jour avait été de les mettre au courant de la situation. Maintenant Dumbledore était en train de faire ce qu'il avait prévu de faire pour toutes les réunions que l'Ordre tiendrait.

« Il semblerait que les informations d'Ashworth aient été correctes, » songea Dorcas.

« Jusqu'à un certain degré, du moins, » corrigea Marlène. « D'après ce que j'ai entendu, aucun de ceux qui ont attaqué cette ville ne semble posséder le statut d'un Seigneur des Ténèbres. »

Elphias Doge secoua la tête. « Le Seigneur des Ténèbres n'a pas été vu, » dit-il, « mais ces voyous n'auraient pas pu s'organiser tout seuls. Leur émeute s'est dissipée aussi vite qu'elle a commencé. Il y a une poignée de témoins qui ont même attesté que plusieurs des attaquants étaient alcoolisés. Ils n'auraient pas s'organiser ainsi sans l'aide de quelqu'un d'autre. La question que nous devons nous poser ne concerne pas l'existence de ce Seigneur des Ténèbres mais ses objectifs. »

« Très bien, » dit Emmeline, « pourquoi ce Seigneur des Ténèbres a-t-il choisi de révéler son existence ? Et allons plus loin, pourquoi cette attaque ? Elle n'a servi à rien. »

Alastor se pencha en avant et entra dans la conversation. « Sur le champ de bataille, il peut y avoir plusieurs buts, certains n'ayant aucun rapport avec ce qu'il s'est passé à proximité du combat. »

« Il a raison, » dit Dedalus Diggle, rejoignant l'avis de Maugrey.

Emmeline leva les yeux au ciel. « Alors dites moi, qu'est-ce qui a pu ressortir de l'attaque de cette ville ? »

Dumbledore était sur le point d'intervenir pour apaiser les choses avant qu'un débat animé ne commence entre les membres de l'Ordre mais Edgar Bones se racla la gorge et parla de sa voix profonde. « Mes amis, nous devons nous rappeler qu'un véritable Seigneur des Ténèbres n'est pas un vulgaire criminel. Il est un terroriste, un général, un politicien et un pratiquant d'une magie terrible, quoi que formidable. »

« Vous avez bien parlé, Edgar, » remarqua Dumbledore. « Vous avez aussi raison. L'attaque du village a pu être un test pour évaluer la capacité du Ministère à répondre à de telles attaques. »

Caradoc mordilla ses lèvres avec dédain. « Le Seigneur des Ténèbres aurait mieux fait de garder l'élément de surprise pour lui. Maintenant, le Directeur Prewett sait que le Ministre Black n'est pas paranoïaque. Les aurors seront mieux préparés à cette menace. »

Cette fois ci, Alastor ne se pencha pas en avant. « Le Seigneur des Ténèbres a dû anticiper le fait que cette action lui ferait perdre l'élément de surprise, » remarqua-t-il. « Qu'est-ce qu'il y gagne à votre avis ? »

« Peut-être qu'il avait un plus grand objectif en tête, » observa Edgar lentement, « car savoir comment réagissent les forces du Ministère est plus important que l'élément de surprise. »

« Sauf que nous savons aussi maintenant comment sont les siennes, » dit Dorcas.

« Est-ce le cas ? » demanda Maugrey. « Ou avons-nous vu ce qu'il voulait que nous voyons ? »

Dumbledore leva l'une de ses mains. « A ce niveau, il est inutile de spéculer. Il peut y avoir différents objectifs. Si nous nous concentrons sur ceux que nous préférons, nous pourrions oublier le véritable but qu'il poursuivait. La seule chose que nous pouvons vraiment faire c'est prévoir quoi faire si un incident de ce type se reproduit. »

« Etes vous en train de suggérer que nous organisions la résistance, » se renseigna Marlène.

« Cela ne sera peut-être pas nécessaire, » dit Dumbledore. « Alastor, savez-vous ce que prépare le Ministère ? »

« Ils sont très bons, » répondit Maugrey. « Le directeur Prewett sait ce qu'il fait. Cependant, il semble avoir une personnalité très abrasive. D'un autre côté, on ne peut nier le fait qu'il ait pris le taureau par les cornes. Notre protocole de département a déjà été altéré de sorte que notre temps de travail a augmenté de manière drastique. Puis, bien sûr, il utilise complètement notre budget pour augmenter le nombre d'aurors. Je ne pense pas l'Ordre doive s'en faire quant à l'effectif de nos combattants. »

Chacun murmura ses commentaires approbateurs.

« Il y a-t-il autre chose d'intéressant au Ministère ? » demanda Dumbledore.

Maugrey hésita. « Il y a peut-être un problème interne. Le Directeur Prewett semble penser maintenant que le Ministre Black n'est plus capable de servir en tant que Ministre maintenant qu'Orion est mort. Son opinion est assez évidente dans certaines choses qu'il a dites et faites. »

« Je pensais que Prewett allait saisir l'opportunité de remplacer Orion en tant que conseiller, » commenta sèchement Emmeline.

« C'est là le problème, je pense, » répondit Maugrey. « Quelqu'un a déjà le poste, et ce n'est pas Prewett. »

« Alors qui ? » demanda Edgar.

Maugrey haussa les épaules. « Selon les apparences, ce doit être Ashworth. Peut-être Romulus Malfoy mais cet homme semble trop distrait pour vraiment agir. Le matin de la mort d'Orion, le Ministre a eu une réunion privée avec Malfoy et Ashworth. Presque immédiatement après leur départ, le Ministre Black a commencé à donner de nouvelles directives. Le ministre semble inquiet que ce Seigneur des Ténèbres ne trouve un moyen d'infiltrer le Ministère. »

McGonagall jeta à Dumbledore un regard très parlant avant de parler à son tour. « Il semblerait que Mr Ashworth soit bien plus qu'un sous-fifre de la famille Black. »

« Ou peut-être que le Ministre cherche désespérément des conseils venant de personnes en qui il a confiance, » proposa Dorcas.

« Ouais, il semblerait que ce soit le cas, » dit Maugrey. « Vous devriez également vérifier si Slughorn est prêt à revenir de son congé maladie, Albus. »

« Pourquoi ça ? » demanda Dumbledore.

« Black a envoyé Ashworth pour qu'il inspecte personnellement les lieux de l'attaque, » informa Maugrey. « Prewett était très ennuyé que Black ait fait fi des protocoles habituels. Cependant, je suspecte que c'était un signe que les choses vont bouger. Nous verrons sans doute Ashworth occuper une bonne position dans l'administration du Ministre prochainement. »

« Comme c'est extraordinaire, » dit calmement Dumbledore. Il s'assit dans sa chaise et commença à réfléchir en silence. L'Ordre le regarda, ne sachant s'ils devaient parler ou partir. Finalement, Dumbledore parla. « Je ne peux m'empêcher de penser qu'il nous manque des informations vitales quant au fonctionnement de la Famille Black et leurs amis. La mort d'Orion me rend encore plus curieux. Le Ministère a-t-il été capable de découvrir des choses sur sa mort ? Etait-ce un meurtre ? »

Tout le monde regarda Maugrey pour avoir la réponse. Maugrey haussa des épaules. « Officiellement, nous n'avons rien pu découvrir. Il n'y a aucun indice sur le corps nous amenant à croire qu'il s'agit d'un meurtre mais la magie peut très bien avoir tout caché. Et sa veuve n'a pas été très coopérative. »

« Peut-être devriez-vous l'arrêter pour meurtre jusqu'à ce qu'elle coopère, » dit Emmeline.

« Malheureusement, elle s'est préparée à cette éventualité, » grommela Maugrey. « Elle a volontairement pris du véritaserum et a déclaré ne pas avoir tué son mari. »

« Et sa belle-sœur ? » demanda Minerva. « Tout le monde sait qu'elles font toujours tout ensemble. »

Maugrey hocha la tête. « Nous savons qu'elle était chez eux cette nuit là. Cependant, elle a aussi pris du sérum de vérité et a nié avoir tué Orion. Une fois qu'elles étaient au dessus de tout soupçon, leur coopération avec les enquêteurs s'est arrêtée. »

« Sa mort ne leur a pas servi à grand chose, » intervint Caradoc, prêt à défendre leur innocence. « Les rumeurs disent qu'après le testament, le contrôle de fortune Black n'est pas passé à Walburga ou l'un des fils d'Orion. »

« Cygnus alors, » demanda Minerva.

« Je ne sais pas, » répondit Caradoc.

Dumbledore s'éclaircit la voix. « Il semblera que nous n'ayons pas plus d'indices sur la mort d'Orion. Nous devrions continuer. Nous avons d'autres affaires sur lesquelles nous devons prendre des décisions. Peut-être que nous pouvons continuer à être à l'écoute d'autres informations. Je suis particulièrement intéressé de savoir qui contrôle la fortune Black aujourd'hui. »

« Je suis d'accord, » approuva Edgar. « Je me renseignerai discrètement. Les gobelins sont très secrets par nature et travaillent durs pour maintenant cette réputation, mais ils peuvent lâcher par inadvertance certaines informations. De quoi voulez-vous parler maintenant ? »

« Il faut parler de recrutement, » dit Dumbledore. « Notre nombre doit augmenter, je pense. Ce sera plus facile, maintenant que le Seigneur des Ténèbres a attaqué. Il faut également décider de là où nous tiendrons nos prochaines réunions. Je ne suis pas sûr que Poudlard soit l'endroit le plus pratique. »

Harry bailla et se pencha en arrière dans sa chaise, souhaitant ne pas avoir décliné l'offre de Romulus de prendre un verre de whisky pur feu. Il avait voulu ne pas endormir ses sens afin d'être au meilleur de sa forme s'il avait le temps de mettre en pratique ses stratégies de combat dans la Salle sur Demande plus tard dans la nuit. Il jeta un coup d'œil au dessus de la petite table de conférence vers Cygnus qui avait le nez dans un tas de parchemins.

Romulus était debout et faisait les cent pas tout en sirotant un verre de whisky pur feu. C'était une pièce rectangulaire à l'un des étages supérieurs du Manoir Malfoy. D'élégantes fenêtres agrandissaient la pièce et une cheminée illuminait les murs.

« Je suppose que nous pouvons passer à notre discussion sur l'augmentation des taxes, » dit Cygnus même s'il cela ressemblait plus à une proposition qu'à une décision.

Romulus fit un signe de la main. « Nous pourrons y revenir plus tard, » dit-il. « Que vos bureaucrates fassent quelques rapports sur les moyens de réduire le budget et de libérer quelques fonds. Nous avons besoin du support des masses et je ne pense pas qu'augmenter les impôts est un bon moyen de s'attirer leurs faveurs, même si c'est pour une bonne cause. »

Cygnus hocha la tête, exprimant son accord avec l'analyse de Romulus sur la situation. Il soupira et mis de côté d'autres dossier. Finalement il en pris un fin. « Peut-être que je devrais parler de ça avant de passer à un autre sujet. » Il le posa sur le haut de la pile. Cependant, au lieu de l'ouvrir, il jeta un coup d'œil à Harry. « Harry, j'ai décidé que votre travail à Poudlard ne convient plus. Nous avons besoin de vous maintenant au Ministère. Etes-vous prêt ? »

« Bien sûr, » dit Harry tout en passant en boucle la liste de choses qu'il avait à faire. Tuer le basilic avait vraiment été la seule chose qu'il n'aurait pas pu faire en dehors de Poudlard. Espionner les étudiants n'était plus pratique ou possible.

« Bien, » dit Cygnus, semblant avoir l'air de s'être attendu à ce qu'Harry décline sa demande. « Cela va être compliqué mais je ne pense pas perdre trop d'influence politique en faisant ça. Je veux vous deveniez l'un de mes sous-secrétaires. Vous aurez beaucoup de pouvoir mais pas de responsabilités spécifiques ou permanentes à part de me représenter. Je sens que qu'il est déjà bien connu que vous êtes l'un de mes principaux conseillers. Je pense qu'il y aura moins de ressentiment si cela devient officiel. »

Harry hocha la tête lentement en masquant sa surprise. « A moins que Romulus ait une meilleure idée, je suis partant. »

« Merci, » dit Cygnus en regardant brièvement Romulus qui semblait légèrement distrait. Ne voyant pas d'avis contraire, il continua. « Vous devrez soumettre votre démission au professeur Dumbledore. Le plus tôt sera le mieux pour que vous commenciez votre travail au Ministère. »

« Très bien, » dit Harry. « Je verrais ce que je peux faire. »

Cygnus hocha la tête et hésita un moment avant de s'adresser de nouveau à Harry. « Sur une note plus personnelle, cela ne me dérangerais pas si… vous continuiez votre relation avec ma fille Bella. » Il baissa les yeux et toucha son verre de whisky pur feu, comme s'il allait le prendre et le boire. « Vous avez eu une bonne influence sur elle. »

« J'essaie, » dit Harry, ses lèvres se retroussant en un demi sourire.

Cygnus sourit, abandonna son verre de whisky et s'adossa sur sa chaise, le poids de ses responsabilités s'évaporant pendant un moment. « J'aimerai penser que d'ici peu vous songerez au mariage. Une position de sous secrétaire est une place très avantageuse. Vous pourrez bien commencer. Je ne m'imagine pas rester Ministre pendant très longtemps et votre position de sous secrétaire ne sera pas permanente mais cela vous laissera l'occasion de vous faire des amis et des relations. Peut-être qu'un jour vous serez ministre. Vous en avez le talent, je pense. »

« On verra ce que nous réserve le futur, » dit Harry avec modestie. Il n'était pas sûr de vouloir une telle carrière mais il savait aussi que s'il épousait Bellatrix, elle serait déçue qu'il n'envisage pas un tel métier.

« Bien sûr, » dit Cygnus. Il regarda Romulus. « Il devient tard. Etres vous sûr que nous ne vous dérangeons pas ? »

Romulus secoua une main, ne semblant pas leur prêter grande attention. « Nous avons tout le temps que vous voulez. Ma femme est en visite chez sa famille à paris. Je n'ai rien de mieux à faire. »

Cygnus hocha la tête, semblant soulagé. Il sortit un autre dossier et était sur le point d'aborder le prochain sujet quand un auror entra dans la pièce et toussa pour attirer l'attention de tout le monde. « Monsieur le Ministre, » dit l'auror, Harry n'arrivait pas à se souvenir de son nom, « des mages noirs ont commencé un autre raid dans un village écossais. Le nombre d'attaquants est doublement supérieur à ce lui de la dernière fois. »

Cygnus soupira. « Je suppose que le Directeur Prewett est en train de dispatcher les forces appropriées ? »

« Bien sûr, » dit l'auror, hochant la tête pour confirmer.

« Peut-être que quelque uns de mes gardes du corps peuvent se rendre en Ecosse et leur prêter main forte, » ordonna Cygnus sur le ton d'une suggestion. « Je pense que nous serons en sécurité derrière les formidables défenses du Manoir Malfoy. »

L'auror hocha la tête. « Très bien, monsieur. » Il quitta la pièce.

Cygnus secoua sa tête tristement. « J'espère que nous pourrons entrainer d'autres aurors. Prewett prétend qu'il a tout sous contrôle mais je sens que si nous continuons à être forcé de répartir nos ressources sans compter dans tout le pays, nous allons en pâtir. Je pense que nous savons déjà que ces attaques ne vont que croitre en fréquence. » Il retourna le dossier qu'il avait été sur le point de traiter. «Le Magenmagot, » dit-il d'un ton fatigué. « Romulus nous avons besoin de votre aide sur ce point là. »

Romulus les rejoignit à la table, accepta plusieurs parchemins des mains de Cygnus et commença à expliquer les problèmes du Magenmagot et comment ils allaient affecter Cygnus. C'était épuisant et Harry se demanda comment Romulus pouvait possiblement en savoir autant sur un sujet si grand. Romulus continua son exposé et malgré lui, l'attention d'Harry se dissipa. Pourtant s'il devait devenir sous secrétaire, n'était-ce pas sa responsabilité de prêter attention à de telles choses ? »

Même Cygnus semblait être ennuyé et il se leva pour étirer ses jambes alors que Romulus faisait le point sur chacun des rapports du Magenmagot, analysant les problèmes et les expliquant les raisons d'agir de chaque faction.

Alors qu'Harry regardait Cygnus marcher dans la pièce, il se convainquit finalement qu'il ferait mieux d'écouter avec attention les commentaires de Romulus et se redressa dans son fauteuil. Il semblait que Cygnus était distrait. Il se tenait devant une fenêtre, regardant pensivement dans le vide.

Romulus continua à parler et Harry se concentra sur ses paroles jusqu'à ce qu'une nouvelle distraction ne survienne. Il ne put s'empêcher de regarder le père de Bellatrix. Son profil aida Harry à remarquer pour la première fois à quel point l'homme avait vieilli depuis la première fois qu'il l'avait rencontré. Ils auraient dû trouver quelqu'un d'autre pour être Ministre, remarqua Harry tristement.

Harry soupira silencieusement et continua à regarder Cygnus tout en écoutant Romulus. Soudainement, Cygnus fronça les sourcils et se pencha en avant. Ses lèvres tressaillirent comme s'il allait dire quelque chose mais il ne fut pas assez rapide. La fenêtre explosa, le verre ricochant dans toute la pièce alors que Cygnus fut éjecté contre le mur, le frappant si fort qu'Harry sur qu'il n'avait pas pu survivre. Malgré ça, Harry sauta de sa chaise et se précipita aux côtés de Cygnus alors que Romulus sortit sa baguette.

« Il est mort, » haleta Harry, levant les yeux du corps ensanglanté de Cygnus vers Romulus.

Romulus grimaça et dirigea sa baguette vers les lumières qui émanaient de ses meubles. Les lumières s'en détachèrent, prenant la forme d'orbes. D'un coup de baguette, les orbes lumineux disparurent par la fenêtre brisée et explosèrent comme des fusées, l'une après l'autre. Toutes les personnes dehors furent momentanément aveuglées et très surprises. Cela leur ferait gagner du temps.

Réalisant que rester agenouillé devant le cadavre de Cygnus ne servirait à rien, Harry se leva, traversa la pièce et vérifia l'âtre, anticipant déjà que le réseau de cheminette serait bloqué. Il avait raison. D'autres tests montrèrent que des barrières anti-transplanage avaient aussi été érigées, ainsi que d'autres pour éviter les transports par portoloin.

Harry se tourna et regarda Romulus foncer vers une des fenêtres intactes à la vitesse de la lumière, une lueur sauvage dans les yeux. Il écarta délicatement le rideau pour ne pas attirer l'attention des attaquants à l'extérieur. Rejoignant Romulus à la fenêtre, Harry jeta un coup d'œil dans la propriété du Manoir Malfoy. Alors que les yeux d'Harry balayèrent les silhouettes des attaquants qui approchaient lentement du portail du manoir, sa cicatrice le picota. Voldemort était avec eux. Les autres étaient pour la plupart impossibles à distinguer, même si Harry était prêt à jurer qu'ils n'étaient sans doute pas des étudiants fraichement recrutés par Voldemort. Ils semblaient plus vieux et plus confiants.

Bien qu'Harry ne reconnaisse pas immédiatement les mangemorts, ce ne fut pas le cas de Romulus. « Lucius, » renifla-t-il en regardant le groupe d'attaquants.

Harry regarda le groupe avec plus d'attention et aperçut Lucius, marchant à côté de Voldemort. Il n'avait pas vu l'ancien étudiant car il était caché dans l'ombre de Voldemort.

Il y eut une brève pause durant laquelle Romulus continua à regarder son fils. L'instinct d'Harry lui disait de jeter des sorts explosifs sur les envahisseurs mais il voulait avant savoir si Romulus avait un meilleur plan. « Que voulez-vous faire ? » demanda Harry d'un ton pressé.

Romulus pesa ses options silencieusement mais rapidement. Même si cela parut être une éternité pour Harry. Romulus se tourna enfin vers Harry et le regarda dans les yeux avec une intensité proche de la violence. « Je vais les distraire pendant que vous vous échappez, » annonça Romulus. « Je veux que vous partiez. »

« Je pense que nous devrions soit rester tous les deux, soit partir, » protesta Harry, en regardant les mangemorts. Pour une raison ou une autre, ils s'étaient arrêtés devant l'entrée principale, hésitant à entrer le manoir. Le manque de réaction de Romulus et Harry, hormis leur attaque avec les boules de lumières les rendait nerveux et ils semblaient penser qu'un piège était sur le point de se refermer sur eux.

Romulus ignora le commentaire d'Harry. Il leva sa main, et sans lâcher sa baguette, il enleva l'anneau de la famille Malfoy. Il le donna à Harry. « J'ai essayé de déshériter Lucius mais il y a eu des complications. Heureusement, il y a une solution. Vous pouvez prendre cette bague et l'utiliser pour accéder à la voute des Malfoy. Il n'y a pas de temps à perdre. Dès que vous serez parti d'ici, allez à Gringotts et demandez à voir le superviseur de nuit. Que tout l'or des Malfoy soit déplacé de ma voute et transféré dans une autre voute sous votre contrôle. Chaque noise. »

Harry regarda Romulus, incertain de ce qu'il devait dire.

« Je suis désolé Harry, » dit calmement Romulus. « Nous, la vieille génération avons échoué. Notre temps est révolu depuis longtemps. Il est temps que vous et vos amis futurs preniez le relais. Vous avez déjà Bellatrix Black. Elle n'est pas une sorcière que vous pouvez laisser de côté. »

« Je pense que nous pouvons nous en sortir tous les deux, » dit Harry, recouvrant finalement de son choc alors qu'il tenait la bague des Malfoy. Lui et ses amis s'étaient échappés de situations encore plus graves dans le futur. D'un autre côté, toutes les chances étaient contre eux.

« C'est ma décision, » déclara Romulus. « A partir de maintenant, c'est vous qui prendrez les décisions. Faites ce qu'il faut pour vaincre ce bâtard. »

Ils regardèrent tous deux vers la fenêtre et virent quelques mangemorts rassembler leur courage et s'approcher de la demeure et lancer quelques charmes pour vérifier qu'une embuscade ne les attendait pas. Harry supposa que ceci étant leur premier vrai raid, les mangemorts devaient encore maitriser l'efficacité mortelle et la rapidité qu'ils déploieraient à l'avenir pour tuer un nombre incalculable d'autres personnes.

« Si vous sortez par derrière et êtes très prudent, je pense que vous pourrez vous échapper sans être vu, » dit Romulus à Harry. Courrez aussi vite que vous le pouvez jusqu'à ce que vous ayez traversé les barrières anti-transplanage. Elles seront assez loin je pense. A la fois pour nous garder à l'intérieur et pour empêcher les aurors de venir. Puis, souvenez-vous, allez droit à Gringotts. Vous devez prendre l'or immédiatement. »

Harry hocha la tête lentement, essayant d'assimiler ce qu'il se passait. Il commença à s'éloigner de Romulus et alla vers la sortie.

« Attendez, » dit Romulus. « Prenez la baguette et la bague de Romulus. La bague a de la valeur et Bellatrix appréciera d'avoir la baguette de son père. Vous pourrez aussi retourner ici quand les minions du Sombre Seigneur ne seront plus là. Il y a un coffre fort dans le sol. La bague vous y conduira et l'ouvrira. »

Réalisant qu'il n'avait plus le temps, Harry se déplaça rapidement et récupéra la bague et la baguette de Cygnus. Puis il marcha vers la porte. Alors qu'il la franchit, une pensée lui traversa l'esprit et il retourna vers Romulus qui regardait toujours les mangemorts par sa fenêtre.

« Si je prends votre argent, qu'adviendra-t-il de votre épouse ? »

Romulus secoua la tête, et quand il parla en faisant un signe d'adieu à Harry, il eut un petit sourire. « Elle a son propre compte en banque. Elle va certainement résider à Paris de façon permanente, maintenant. »

« Et votre fils ? Que dois-je faire si la guerre se termine et qu'il est toujours en vie ? »

Romulus se détourna d'Harry et songea à sa stratégie pour frapper les forces du Mage noir. « Je n'ai pas de fils. »

Lord Voldemort laissa passer un sifflement de frustration entre ses lèvres tout en surveillant ses mangemorts qui avançaient prudemment vers le Manoir Malfoy. Il leva sa baguette, la pointa vers les doubles portes qui gardaient l'entrée du manoir. Un maléfice flamboyant en jaillit et les réduisit immédiatement en cendres.

« Nous avons presque accompli notre but ! » lança-t-il. « Avançons ! »

Se sentant motivés, les mangemorts coururent en avant, même le jeune Lucius Malfoy qui était impatient et excité de satisfaire son maitre. Voldemort sourit de satisfaction. Le jeune héritier Malfoy serait inestimable. Son influence de sang pur et son or seraient très précieux dans les mois et années à venir. Son influence pourrait peut-être même lui permettre de faire élire un Ministre moins hostile envers Voldemort. La difficulté qu'avait Lucius à ravir la fille Black serait réglée. Cela ne serait pas bien dur. Un peu d'or dans les bonnes poches, et en plus, son père et son oncle décédés ne pourraient guère protester.

Les mangemorts s'approchèrent de l'entrée fumante du Manoir Malfoy. Cependant leur avancée fut soudainement interrompue quand l'une des fenêtres de la devanture du manoir explosa et une douzaine d'orbes explosèrent sur les attaquants. Par réflexe, ils couvrirent tous leurs yeux et esquivèrent en touchant le sol.

Voldemort grogna, à la fois en colère par la lâcheté de ses partisans et la résistance offerte par Romulus Malfoy et Harry Ashworth. C'était probablement Malfoy qui menait les opérations car Ashworth aurait sûrement déjà lancé du feudeymon. Quand Voldemort pensa à Ashworth, il tressaillit légèrement. Dès qu'il s'approchait un peu d'Ashworth… ses défenses mentales le piquaient toujours. A chaque fois qu'il pensait à lui, Voldemort ressentait d'étranges émotions qu'il n'aimait pas - surtout parce qu'il ne les comprenait pas.

Les orbes explosifs continuaient de jaillir de la fenêtre. En ayant assez, Voldemort fouetta l'air de la baguette et les pierres autour de la fenêtre explosèrent vers l'intérieur. Pour faire bonne mesure, Voldemort répéta l'opération sur chaque fenêtre, espérant pouvoir toucher quelqu'un par ricochet.

Le silence régna jusqu'à ce que Voldemort fasse signe à ses partisans d'avancer. Cependant, avant qu'ils n'aient pu récupérer, un autre barrage de sortilèges jaillit de l'une des anciennes fenêtres du Manoir Malfoy. Voldemort jeta plusieurs sortilèges dans le trou dans le mur, mais Malfoy les avait arrêtés avant qu'ils n'arrivent vers lui. En attendant, les partisans de Voldemort commencèrent à se rassembler dans l'entrée. C'était le seul lieu du manoir où les habitants du manoir ne pouvaient pas les voir.

Quand ils avancèrent vers l'entrée, Malfoy commença à jeter des sorts de mort vers eux. Voldemort répliqua, ne voulant pas perdre si tôt des partisans pour sa campagne. Curieusement, les sorts de Malfoy manquaient ses mangemorts. Voldemort fronça les sourcils, se demandant comment il était possible qu'un duelliste vétéran comme Romulus Malfoy puisse louper autant de cibles. Soudainement le Seigneur des Ténèbres réalisa ce qu'il se passait. Il ciblait une personne en particulier. Son propre fils, Lucius.

Voldemort agita sa baguette et attira Lucius Malfoy vers lui. « Reste-ici, » siffla Voldemort, cachant Lucius derrière une haie. « Ne sors pas. Je vais m'en occuper. »

Puis le Seigneur des Ténèbres ouvrit le chemin. « Reculez, » ordonna-t-il. Il jeta une multitude de sorts vers le manoir, distrayant ainsi ses mangemorts pour qu'ils reculent. Quand ils furent assez loin de Romulus Malfoy, Voldemort donna d'autres instructions. « Faites du boucan. Gardez le distrait. Faites beaucoup de bruit et de lumière mais n'essayez pas d'engager directement le combat avec lui. » La lueur rouge dans ses yeux ponctua ses mots et instilla en eux la motivation nécessaire pour qu'ils suivent ses ordres. Puis Voldemort se jeta un sort de désillusion et disparut de leur vue.

Haletant, Harry ralentit et se tourna assez longtemps pour regarder le Manoir Malfoy. Les explosions et les jets de lumière s'étaient intensifiés. Apparemment, Romulus leur livrait un dur combat. Il se retourna et continua à courir, content de son entrainement physique dans la Salle sur Demande. Il n'avait plus l'endurance physique qu'il avait dans le futur, mais il savait qu'il récupérerait bientôt son niveau d'avant.

Tout en courant, il sentit sa cicatrice le picoter encore. Harry pensa qu'il ressentait là la fureur meurtrière de Voldemort. Romulus était apparemment devenu une épine dans le pied du Mage Noir. Même si la connexion entre Harry et le Voldemort du passé était plus faible que dans le futur, Harry pouvait toujours ressentir certains des sentiments de Voldemort quand il était proche de lui. Heureusement, la force mentale qu'Harry avait été forcé de développer durant la guerre dans le futur atténuait en quelque sorte la connexion.

Toujours en courant, Harry ressentit un léger changement dans l'air via ses sens magiques et il réalisa qu'il avait finalement dépassé la barrière anti-transplanage des mangemorts. Avec un soupir de soulagement, il jeta un dernier regard au Manoir Malfoy puis transplana.

Le picotement furtif dans l'esprit de Voldemort disparut et le Mage Noir sut qu'Harry Ashworth s'était échappé. Il avait probablement quitter le manoir durant la distraction de Malfoy. Ce n'est qu'un problème mineur, se rassura Voldemort. Maintenant, je n'aurais plus à m'inquiéter qu'il ne me pose une embuscade. Cygnus black avait été l'objectif premier de cette excursion, Romulus Malfoy le second. Ashworth aurait été la cerise sur le gâteau. Sans les Black et les Malfoy, Ashworth n'était plus personne. Il pourrait s'en occuper plus tard. Se vidant l'esprit et se concentrant sur une tâche à la fois, Voldemort monta les escaliers vers le second étage d'où il pouvait encore entendre ses mangemorts échanger des sorts avec Romulus Malfoy.

Le bruit conduisit Voldemort vers la chambre dans laquelle Malfoy s'était réfugié. La porte de la chambre était ouverte et Voldemort s'y faufila. Il était surpris de voir que le patriarche Malfoy n'était pas directement près des fenêtres d'où avaient jailli ses sortilèges explosifs. En fait, Malfoy s'était réfugié à côté de la cheminée, à l'opposé de la fenêtre.

Voldemort maudit sa chance. Il aurait pu viser Malfoy depuis les ombres du couloir s'il avait été en face des fenêtres. Avec précaution, Voldemort observa les actions de Malfoy. Apparemment, Romulus était suffisamment confiant pour croire qu'aucun des sorts des mangemorts ne le toucheraient car il ne jetait aucun charme défensif. En fait il ne jetait que des sorts ayant pour objectif de faire le plus de dommage et de bruit par les fenêtres.

A contre cœur, Voldemort admit que la stratégie de Malfoy était efficace. Il n'y avait plus de sorts dont Malfoy devait s'inquiéter qui entraient dans la pièce même si cela n'avait pas été le cas durant de début du duel. Des débris, des livres, des restes de bouteille et d'autres meubles jonchaient le sol. L'air était empli d'odeurs de potions qui s'étaient déversées sur le tapis. En effet, la fumée était même si épaisse qu'il était difficile de voir l'autre bout de la pièce. Voldemort aurait aimé penser que c'étaient ces mangemorts qui étaient responsables de ces dégâts mais il suspectait que la plupart d'entre eux venaient de ses propres sorts.

En grimaçant, Voldemort utilisa un certain nombre de sortilèges pour se cacher et entra dans la pièce. Cela lui prit quelques minutes, mais Voldemort fut finalement capable de se mettre dans une bonne position pour avoir Romulus Malfoy dans sa ligne de mire.

Malfoy était dans un sale état mais il sourit quand il se pencha contre le mur et continua à jeter des sorts, même s'il s'appuyait sur une sorte de bâton de marche. Les lèvres fines de Voldemort se tordirent en un sourire de joie. C'était la fin. Il leva sa baguette et jeta le sortilège de mort, tout en se débarrassant simultanément de ses illusions. Il voulait que Malfoy voie le Seigneur des Ténèbres en mourant.

Les yeux de Malfoy s'écarquillèrent de surprise quand il vit Voldemort se matérialiser et lui jeter le sort vert de mort. Voldemort apprécia la surprise. Puis quelque chose d'inattendu se produisit. Au lieu de voir la peur dans les yeux de Romulus, Voldemort y vit du triomphe. Le sort de mort le frappa et Malfoy se figea et tomba sur le sol, lâchant son bâton de marche. Le bâton tomba à son tour et les yeux de Voldemort le suivirent dans sa chute. Le sol sur lequel s'était tenu Malfoy était recouvert de runes gravées. Le bâton allait tomber sur le sol, en dehors du cercle de runes.

Trop tard, Voldemort réalisa qu'il venait de tomber dans un piège. Le bâton avait été enchanté pour déclencher une réaction magique. Par réflexe, le Seigneur des Ténèbres se pencha pour attraper le bâton mais il réalisa au dernier moment qu'il ne serait pas assez rapide. Avec précipitation il couvrit son visage de ses mains au moment où le bâton toucha le sol, en travers du cercle de runes.

Une fantastique explosion fit trembler tout le manoir et un frisson dans l'air signala que les potions éparpillées dans toute la pièce s'étaient enflammées. Voldemort cria quand il sentit une partie de sa tête et de ses bras brûler.

Le superviseur de nuit de Gringotts ne fut pas particulièrement enchanté de recevoir la visite d'Harry. Les gardes devant la banque non plus d'ailleurs. Ce n'est qu'une fois qu'Harry leur prouva qu'il était un riche client qu'ils lui permirent d'entrer.

« Votre histoire est assez incroyable, » dit le superviseur gobelin après qu'Harry lui ait raconté les détails essentiels pour la troisième fois.

Harry montra la bague au gobelin. « Vous avez déjà admis que je n'aurai pas pu obtenir la chevalière Malfoy sans le consentement de Romulus Malfoy. »

Le gobelin se gratta le menton, plus par ennui que pour réfléchir. « Mettez le. »

« Quoi ? »

« Je veux que vous le mettiez, » dit le gobelin.

Harry serra les dents mais acquiesça, glissant l'anneau à l'un de ses doigts. Lui et le gobelin se levèrent ensuite dans le couloir de la banque et se regardèrent. Apparemment, le superviseur de nuit de Gringotts pensait que quelque chose de mauvais allait arriver à Harry s'il était entré en possession de cet anneau de façon illicite.

Finalement, le gobelin admit sa défaite. « Déplacer tous les biens monétaires de la famille Malfoy n'est pas une tâche aisée, » dit-il. « Même si ne faisons que les déplacer dans une nouvelle voute dans la banque. »

« Alors, servez-vous généreusement, » dit Harry. « Pour la banque et pour les poches des gobelins qui y travailleront. »

Une lueur d'envie brilla dans les yeux du gobelin et Harry comprit qu'il avait réussi. Le gobelin marcha rapidement vers l'un des comptoirs et attrapa une pile de parchemins. « Remplissez ces formulaires, » ordonna-t-il avant de disparaître dans l'un des couloirs.

Harry prit les documents et les remplit aussi rapidement que possible. L'or Malfoy serait déplacé une voute de retrait. Le propriétaire de la voute souhaitait être connu comme… James Evans. Mr James Evans aurait des accès à l'argent par les moyens standard mais aussi par les moyens moldus.

Après une demi heure, le gobelin revint et prit les papiers qu'Harry avait remplis. « James Evans ? » demanda-t-il. « Combien de noms avez-vous, Mr Potter ? »

« Est-ce un problème ? » demanda Harry.

« Je suppose que non, » marmonna le gobelin en laissant de nouveau Harry seul pendant une demi heure. Finalement, le gobelin grommelant revint et tendit à Harry une clé pour la voute. « Avez-vous besoin d'autre chose ? » demanda-t-il.

Même si cela avait été le cas, Harry ne pensait pas qu'il aurait insisté. Pas auprès de ce gobelin en tout cas. Mais il avait quand mêmes quelques questions informatives à poser. « Vous ne parlerez pas de moi si quelqu'un vient vous poser des questions sur l'or qui se trouvait avant la voute Malfoy, n'est-ce pas ?

« Nous protégerons votre faux nom autant que possible, dans le cadre légal, » dit le gobelin, ses lèvres se retroussant en un rictus quand il pensa au pseudonyme d'Harry. « Vous aviez le droit de vous emparer de l'or. Si les héritiers Malfoy expriment leur insatisfaction d'être privés de leur or, nous pourrons, cependant conseiller les héritiers Malfoy que leurs futures acquisitions devraient être placées dans une voute qui ne s'ouvre pas grâce à l'ancienne bague Malfoy. »

« Je suppose que la meilleure solution possible, » dit Harry.

Il quitta la banque et se rendit sur le Chemin de Traverse. Les magasins étaient fermés. Le seul signe de vie venait du Chaudron Baveur. Harry soupira. Il était très tentant de prendre une bièraubeurre dans le pub, mais il ne voulait pas être à portée de vue dès que les nouvelles de la mort de Cygnus seraient rendues publiques. Je suppose qu'il faut que j'en informe Bellatrix, se dit-il alors qu'il cherchait un endroit où transplaner.

Alastor Maugrey regardait la marque de serpent qui se mangeait qui flottait dans le ciel au dessus de ce qu'il restait du Manoir Malfoy. Apparemment le mystérieux Seigneur des Ténèbres s'était créé une carte de visite qu'il utilisait pour les attaques – les vraies attaques. Pas comme cette farce en Ecosse. Maugrey scanna les environs, ses yeux se posant sur les corps des anciens gardes du corps du Ministre Black. Il maudit celui qui avait permis à la moitié d'entre eux de se rendre en Ecosse pour aider lors de l'attaque. Non pas que cela aurait aidé si tout le contingent avait été présent. En se basant sur la dévastation en dehors du manoir, ils n'auraient pas eu la moindre chance. Mais ils auraient peut-être pu tenir un peu plus longtemps.

Il se préparait à retourner à l'intérieur du manoir quand le Directeur Prewett arriva. Malgré l'heure tardive, les vêtements de Prewett étaient impeccables, même si l'homme semblait troublé et complètement abasourdi. « Avez-vous vérifié si le corps du Ministre Black était présent ? »

« Oui, » dit Maugrey. « Sa mort a été confirmée avec son corps, ou du moins ce qu'il en reste. »

« Ce qu'il en reste ? » demanda Prewett.

« Il semblerait que Malfoy ait offert aux attaquants un véritable enfer, » dit Maugrey, citant ce que l'un des jeunes aurors avait dit après avoir inspecté le manoir en détails. Il aimait bien l'idée que le vieux sorcier avait tenu face à cette bande de criminels. « Nous pensons qu'il a fait exploser le manoir de l'intérieur. Il a peut-être tué quelques uns des attaquants. Nous ne pouvons pas en être sûr. Ils n'ont rien laissé derrière. »

Le directeur Prewett mordit sa lèvre d'un air absent. « Vous pensez que Malfoy s'est peut-être délibérément suicidé avant de les emporter avec eux. »

« Non, » dit Maugrey. « Nous avons trouvé le corps. C'était le sort de la mort. Il a dû installer une sorte de piège pour tuer ceux qui l'ont fait. »

Prewett hocha la tête et arrêta de poser des questions. Le site du manoir ruiné, certaines parties fumant toujours, le fascinait. Maugrey aussi trouvait la propriété fascinante. Ce qu'avait fait Malfoy avait dû être spectaculaire à voir. Les murs et l'infrastructure du Manoir Malfoy tenaient toujours, mais tout le reste avait été rasé. Il faudrait une grande quantité d'or et beaucoup de temps afin de redonner au manoir sa grandeur d'antan.

« Ashworth était là ce soir, » dit Prewett. « Certains des gardes du corps du Ministre qui se trouvaient en Ecosse me l'ont dit. »

« Je n'ai pas trouvé le corps, » dit Maugrey. « Soit il a eu la bonne fortune de partir avant l'attaque, soit il a réussi à s'enfuir. »

« S'il s'est enfui, pourquoi ne nous a-t-il pas informé de l'attaque ? » songea Prewett.

« Vous partez du principe qu'il n'est pas parti avec que l'attaque n'ait lieu, » dit Maugrey. « Mais cela n'a pas d'importance. Il n'est pas possible qu'il soit responsable. Il est évident que les attaquants sont venus de l'extérieur et qu'ils ont pris cette résidence en siège. De plus, cela n'apporterait rien à Ashworth de tuer Malfoy et Black. Il vient de perdre l'influence qu'il pouvait avoir au sein du Ministère. »

« Oui, vous avez raison, » dit Prewett. « Mais vous feriez bien de vous y intéresser durant votre enquête. »

Maugrey hocha la tête. Il en avait bien l'intention. Ashworth n'avait plus la moindre influence, mais il savait des choses utiles à l'Ordre. Il serait peut-être même capable d'identifier les attaquants.

« Je vous laisse vous en occuper, » dit Prewett à Maugrey. « Le Magenmagot se rassemble et je dois leur faire un rapport sur la situation. Je pense qu'il vaudrait mieux que nous soyons sur notre garde jusqu'à ce que nous comprenions complètement ce qu'il s'est passé ici et quelles en sont les implications. Je veux que vous alliez au fond de cette histoire rapidement, puis que vous preniez des mesures pour éviter que d'autres attaques de ce type n'aient lieu. »

Maugrey regarda son supérieur s'en aller et imagina ce qu'il allait dire au Magenmagot. Même si Prewett n'avait pas vu le corps de Cygnus Black, il raconterait quand même une histoire poignante sur l'horrible mort de l'homme. Puis il les avertirait sur les dangers auxquels les sorciers et sorcières de Grande Bretagne étaient confrontés. Il était un politicien jusqu'au bout des ongles, mais Maugrey se réconfortait en pensait que le sorcier qui deviendrait Ministre de la Magie serait indubitablement un guerrier.

L'ambiance à Poudlard était sombre. Le couvre-feu n'était pas encore là et pourtant un silence oppressant régnait dans le château. Cela indiqua à Harry que les nouvelles l'avaient précédé quand il était attendait le bon vouloir des gobelins de Gringotts. Bellatrix devait déjà être au courant. Harry se dirigea vers les dortoirs des Gryffondors. Il espérait pouvoir y trouver Bellatrix. Cela rendrait sa tâche plus aisée. Il pourrait lui donner les nouvelles, et selon la situation, pourrait se retirer pour lui laisser le temps de faire deuil de son père.

Il n'était pas venu à l'esprit d'Harry qu'il pourrait avoir du mal à entrer dans le dortoir, car il ne connaissait pas le mot de passe et n'était pas le directeur de la maison, mais quand il arriva devant le portrait de la Grosse Dame, il s'ouvrit sur Sirius Black. Il semblait que Sirius avait attendu Harry, sûrement en utilisant la Carte du Maraudeur.

« Professeur, » dit Sirius, ayant l'ait assez déprimé, « vous y étiez ? »

Harry hocha la tête alors que Sirius lui faisait signe de le suivre dans la tour Gryffondor. Il entra dans le trou et le portrait se referma derrière lui. La salle commune était presque vide. Quelques étudiants travaillaient silencieusement, Lily Evans était parmi eux. Quand elle aperçut Harry, elle monta dans son dortoir. Harry supposa qu'elle allait informer Bellatrix qu'il était arrivé.

Sirius continua à regarder Harry, s'attendant de toute évidence à des détails ou des mots de réconfort. Incapable de refuser quelque chose à son futur parrain, Harry essaya de lui expliquer brièvement la situation. « Nous étions au Manoir Malfoy. Cygnus est mort avant que nous réalisions ce qu'il se passait. »

« Le Seigneur des Ténèbres était-il présent ? » chuchota Sirius.

« Oui, » dit Harry.

« Comment vous êtes-vous échappé ? »

« Le vieux Malfoy s'est sacrifié, » dit Harry faiblement quand une silhouette dans les escaliers attira son attention. Bellatrix descendait. « Tu vas devoir m'excuser, » dit Harry à Sirius en faisant un signe de tête vers Bellatrix qui s'approchait.

Bellatrix marcha jusqu'à Harry et Sirius alla s'asseoir à côté de James qui étudiait. Pour la première fois depuis qu'il la connaissait, Bellatrix était sans voix, même si ses yeux violets, qui semblaient plus grand que d'habitude, transpercèrent les yeux d'Harry avec désespoir. Harry s'aperçut rapidement qu'elle était toujours choquée.

« Je... Je l'aurai défendu, » lui dit calmement Harry. « Mais c'était une attaque surprise. La mort a été instantanée. Il n'a pas eu la moindre chance. »

Elle hocha la tête puis la baissa. Il semblait qu'elle ne tenait pas Harry pour responsable – du moins pas avec les évènements récents de la nuit. Harry lui, se maudissait. Ses manipulations du temps avaient jeté Cygnus sur le chemin de Voldemort. D'un autre côté, Harry ne savait pas combien de temps Cygnus aurait survécu si Harry ne s'en était pas mêlé.

Commençant à se sentir gêné, Harry posa sa main sur son épaule et essaya de la réconforter. « Je suis désolé. »

Elle hocha la tête et le couple resta debout en silence, alors que les étudiants de Gryffondor regardaient volontairement ailleurs, donnant à Bellatrix et Harry un peu d'intimité. Décidant qu'il était temps, Harry retira sa main de l'épaule de Bellatrix et sortit la baguette de Cygnus ainsi que la chevalière que Malfoy avait donnée à Cygnus récemment. Harry les lui tendit. « J'ai récupéré ça sur lui, » dit Harry. Il n'arrivait pas à dire les mots corps ou cadavre.

Bellatrix accepta la baguette et la bague, les serrant dans son poing. « Merci, » chuchota-t-elle. « Je pense qu'il faut que je me repose. »

Harry hocha la tête. « Bien sûr. »