Disclaimer: Harry Potter appartient à JK Rowling et cette traduction que je fais de l'histoire de Lord Silvere n'est pas utilisées à des fins commerciales.

Reviews: Bonjour à tous! merci de votre soutien et comme d'habitude bonne lecture :)

Chapitre 22 : Se préparer pour une guerre froide

Harry visita Gringotts le lendemain et fit la connaissance de Silverknuckle, le gobelin qui gérait tous ses biens. Silverknuckle s'avéra être le gobelin le plus gentil jamais rencontré par Harry, bien que le plus ennuyant. Quand le gobelin se lança sur la finance, Harry commença à suspecter que même le professeur Binns n'était pas capable d'atteindre ce niveau d'ennui.

Puisqu'Harry venait tout juste d'entrer en possession de tous les biens Black, Silverknuckle voulait passer en revue tous les détails de la fortune Black avec lui et discuter des investissements que la banque devait faire. Il y avait aussi le fait qu'Harry avait reçu l'or des Malfoy. Même si Harry avait placé cet argent sous un faux nom, Silverknuckle le savait et pensait que ce capital pouvait être utilisé comme catalyseur pour augmenter les revenus annuels de la fortune Black.

Harry était d'accord avec cette stratégie, mais il exigea d'être capable de retirer de grandes quantités de liquide à tout moment. Silverknuckle assura à Harry que ce serait tout à fait possible.

Pendant le déjeuner, Harry fut invité à diner avec approximativement une douzaine de gobelins. Heureux de pouvoir échapper à Silverknuckle pendant une heure ou deux, Harry fut vite déçu quand il découvrit que l'invitation était intéressée. Les gobelins qui l'avaient invité étaient des traders et ils savaient qu'il venait du futur. Ils assurèrent Harry qu'ils pourraient faire un carnage en bourse avec son aide. L'avantage pour Harry serait ce qu'ils appelaient « des honoraires pour ses conseils. »

Entre deux bouchées, Harry les persuada que ces « honoraires » devraient en fait être des « pourcentages. » Eux, de leur côté, le convainquirent que son propre argent pourrait être utilisé dans un certain nombre d'investissements et qu'eux, les gobelins, recevraient à leur tour des honoraires pour leurs conseils. Harry donna son accord, et entre plusieurs questions rapides sur diverses compagnies et divers produits populaires dont Harry se souvenaient, il put terminer son repas.

Harry fut renvoyé à Silverknuckle qui réussit à terminer ce qu'il devait faire pour la banque en l'espace d'une heure. Puis ce fut au tour d'Harry et il commença avec plusieurs requêtes pour avoir accès à ses fonds. Il fit également d'autres requêtes. La demande était simple et Harry put partir une fois que ses requêtes, ainsi qu'un grand retrait d'argent furent accomplis. Il avait prévu de visiter la voute Black, mais était déjà resté trop longtemps à Gringotts pour la journée et il décida de reporter cette visite.

L'après-midi fut ensoleillé et magnifique et Harry en profita pour faire un tour vers le magasin de valises. Sur le chemin vers la boutique, Harry eut l'impression d'être suivi. Quand il entra dans le magasin, il observa le reflet de la rue dans la fenêtre et nota mentalement le visage de quelques suspects.

« Puis-je vous aider ? » demanda le gérant, un sorcier d'âge moyen.

« Oui, » dit vivement Harry. « J'ai besoin de dix-huit coffres forts agrandis. Ils doivent être résistants et allégés.

Le gérant fronça brièvement les sourcils mais se fendit rapidement d'un sourire. « Nous n'avons pas tout en stock mais nous pouvons faire une commande et vous livrer tout directement chez vous par hibou. »

« Excellent, » dit Harry, s'étant déjà attendu qu'un magasin aussi petit n'ait pas dix-huit coffres en stock.

Le sorcier d'âge moyen sortit un épais catalogue de sous le comptoir et avec expérience l'ouvrit à la section précise du catalogue sur les coffres forts. Il fit quelques suggestions pour garder l'apparence d'un vendeur prêt à aider, mais, réalisant qu'Harry savait déjà ce qu'il voulait, se retint de faire d'autres commentaires tandis qu'Harry regardait les options. Sans se faire remarquer par le gérant, Harry jetait également de furtifs coups d'œil par la fenêtre. Il y avait deux sorciers qui trainaient juste devant la boutique. L'un d'eux était moyennement bâti. L'autre était assez grand et fort. Harry les surnomma Gros et Gras.

« Cela fera l'affaire, » annonça Harry en montrant une section du catalogue.

Le gérant prit le catalogue et s'inclina devant Harry. C'était la plus grande vente de la semaine pour lui. N'ayant pas peur de révéler son identité, Harry signa un chèque de son compte à Gringotts et partit après que le gérant lui ait assuré à maintes reprises que sa commande serait transmise au fabriquant d'ici la fin de la journée.

Harry le remercia poliment et quitta la boutique, ses sens en alerte. La méthode de communication clandestine et assez inconvéniente de Maugrey et son rappel à une vigilance constante avaient vivement fait remonter des souvenirs de la guerre à Harry. Il se permit de faire appel à ses vieilles habitudes de protection et de à ses instincts.

Gros et Gras suivirent Harry quand il s'arrêta chez l'apothicaire pour acheter un certain nombre de potions. Puisqu'il avait déjà pris des arrangements pour que sa commande de coffres forts soient livrés chez lui, Harry demanda aussi que les potions lui soient envoyées par hibou. Il venait en effet de se rappeler que la chambre d'hôtel comprenait un grand balcon. Si les deux sorciers lui voulaient du mal, Harry ne voulait pas être encombré avec trop d'achats.

Alors qu'Harry marchait vers la boutique de Wanda et Wandel ou plutôt vers le magasin de leurs descendants, Harry songea à ses options pour s'occuper de Gros et Gras. Harry savait que ce n'étaient pas des membres de l'Ordre. Il savait aussi qu'ils ne venaient pas du Ministère – Maugrey semblait être en charge de l'enquête sur le meurtre de Cygnus et il savait comment contacter Harry. La seule option possible était qu'ils travaillaient pour Voldemort.

Il entra dans la boutique de baguettes bons marchés de Wanda et Wandel et sonna. La femme, Harry pensait qu'elle s'appelait Wendy arriva du fond de la boutique. Elle reconnut Harry et semblait se réjouir de faire une nouvelle affaire avec lui. « Bienvenue, » dit-elle. « Souhaitez-vous remplacer votre baguette ? »

« Pas exactement, » dit sèchement Harry. « Je souhaite acheter une boite de baguettes ? »

« Une boite ? » demanda Wendy, très surprise.

« Oui, » dit Harry. « Une boite entière. Combien de baguettes cela fait-il ? »

« Cent cinquante, » répondit Wendy. « A cinq gallions par baguette, cela fait… »

« Cent cinquante gallions, » dit Harry.

« Vous faites erreur, mon cher, » rétorqua Wendy. « Cela fait sept-cent cinquante. »

« Non, » dit Harry. « Je ne paierai pas plus d'un gallion par baguette. Je sais pertinemment où vous vous les procurez et quelle est leur véritable valeur. Avec un gallion par pièce, vous vous faites quand même un profit égal voire supérieur à celui que vous feriez pendant un mois assez lent. »

« Un gallion par pièce est assez bas, » dit Wendy en s'humidifiant les lèvres.

Harry savait très bien qu'il pouvait insister et ajouter quelques menaces bien placées, mais il ne voulait pas perdre de temps à marchander. « Deux cent gallions pour la boite de baguettes, » dit-il. « C'est ma dernière offre. »

Wendy accepta et il lui donna l'argent, récupérant au passage une boite de baguettes. Puis il partit, résistant à l'envie de fusiller du regard Gros et Gras qui l'attendaient encore devant le magasin. Harry avait prévu de s'arrêter à encore une boutique dans le Londres moldu, mais il commençait à en avoir marre de ces limaces et décida de retarder encore un peu la visite de peur qu'ils arrêtent maintenant de le suivre. Il voulait maintenant les coincer.

Sa prochaine destination fut le Chaudron Baveur et Harry posa sa nouvelles boite de baguettes sur une chaise, en prit une autre puis commanda son diner. Les deux sorciers furent forcés de le suivre et ils prirent aussi une table et commandèrent à boire.

Harry prolongea le repas délibérément pour jouer avec les deux sorciers qui avaient visiblement reçu l'ordre de le suivre. Dès qu'il semblait qu'il avait fini et qu'il était prêt à partir, Harry commandait une boisson ou un dessert tout en lisant le journal. Il était évident que les deux « espions » étaient frustrés, bien que déterminés à ne pas le lâcher.

Finalement, le soleil se coucha et Harry était prêt. Les sorciers ne l'avaient pas quitté des yeux et Harry était sûr qu'il n'aurait qu'à s'occuper que ces deux là. Il y avait peu de chances qu'ils puissent contacter d'autres amis. Laissant sa table, Harry attrapa la boite de baguettes et alla aux toilettes. Il la laissa ouverte et sortit une des baguettes de Wanda et Wandel.

Harry protégea la boite, quitta la salle de bain et la tendit au tenancier, demandant qu'il la garde jusqu'à ce qu'il repasse plus tard. Puis, déballant la baguette, Harry sortit lentement du bar et avança sur le chemin de Traverse.

Bien entendu, les deux espions abandonnèrent leur propre table et commencèrent à suivre Harry. Souriant, Harry jeta l'emballage de sa nouvelle baguette de mauvaise qualité et marcha d'un pas décidé vers l'Allée des Embrumes, tout en sortant sa baguette d'if et plume de phoénix et en la mettant dans sa main droite. Il garda sa baguette de bois inconnu dans sa main gauche.

Alors qu'il apercevait l'entrée de l'Allée des Embrumes, Gros et Gras sortirent du Chaudron Baveur et réalisèrent qu'Harry marchait plus vite. Ils commencèrent à leur tour à marcher plus vite afin de ne pas le perdre.

Délibérément, Harry regarda par dessus son épaule et croisa leur regard. Faisant de son mieux pour avoir l'air surpris et stressé, Harry tourna la tête et commença à courir. Réalisant que leur couverture était officiellement foutue, mais certains qu'ils pourraient réussir à attraper Harry, Gros et Gras commencèrent aussi à courir.

Harry tourna à l'angle de l'Allée des Embrumes et agrandit sa foulée, faisant maintenant attention à son environnement, cherchant l'endroit parfait où se cacher ou plutôt où préparer son embuscade. Gros et Gras étaient maintenant eux aussi dans l'Allée des Embrumes et gardaient Harry dans leur champ de vision même s'ils avaient du mal à réduire l'écart entre lui et eux.

Quelques boutiques ravivèrent des souvenirs à Harry sur ses précédentes excursions dans le coin et Harry sut soudainement où il voulait tendre une embuscade aux deux hommes. Jetant un regard paniqué derrière lui afin que ses assaillants accélèrent, Harry fonça dans une autre rue vers une intersection en forme de T.

Alors qu'Harry se dirigeait vers cul de sal, il pointa sa baguette sur le sol et chuchota le sort pour projeter son image. « Ego Exertus ! » Il n'avait aucun problème à jeter le sort mais déplacer son corps et son image en même temps lui donnait des nausées.

Le vrai corps d'Harry, maintenant invisible alla vers la gauche tandis que sa projection prenait le chemin à droite. Harry s'arrêta de courir mais fit avancer encore un peu son image.

Afin d'arrêter les nausées et mieux s'orienter, Harry s'assura rapidement que son vrai corps était environ à trois mètres de l'intersection et que son bras gauche était tendu, la baguette de Wanda pointée vers sa projection. Puis il se concentra sur sa projection.

Les bruits de pas de ses poursuivants se firent entendre. Harry fit en sorte que son image se penche, comme si elle était à bout de souffle. Gros et Gras arrivèrent à l'angle et aperçurent immédiatement le faux Harry. Ils pointèrent leurs baguettes sur lui.

« Je pense que tu peux t'arrêter maintenant, » grogna Gras.

« Stupefix ! » cria Gros, ne perdant pas de temps à parler. Il voyait que l'image d'Harry pointait sa baguette sur lui. Le jet de lumière rouge passa sans dommage à travers Harry. Confus, Gros et Gras regardèrent Harry.

Harry leur fit un sourire en coin. « Stupefix multiplicitus ! »

Plusieurs sorts de stupéfixion jaillirent de la baguette de mauvaise qualité que le corps invisible d'Harry tenait. Frappés par de multiples sorts, Gros et Gras tombèrent à terre, tous les deux inconscients. Harry annula son sort de projection et fut rapidement dans son vrai corps, agrippant ses deux baguettes.

Avec amusement et ennui, Harry remarqua que la baguette récemment achetée chez Wanda et Wandel fumait,ayant été poussée aux limites de ses capacités.

Décidant qu'elle pourrait toujours servir pour des sorts très basiques, Harry la mit dans sa poche, puis marcha vers les deux sorciers inconscients. Après un rapide coup d'œil, il vit que la rue était déserte.

Harry utilisa un sort pour restreindre les mouvements de Gros et Gras, puis les ranima. « Qui vous a envoyé ? » demanda Harry sèchement en les fusillant du regard.

« Ce ne sont pas tes affaires ! » répliqua Gras, luttant pour se libérer.

Harry leva les yeux et avec quelques mouvements de baguette, fit disparaître leurs manches. Avec surprise, Harry ne découvrit aucune marque sur les poignets. « Donc, » dit Harry calmement, « vous n'avez pas encore été marqués. »

« De quoi parles-tu ? » demanda Gros, sa voix trahissant un soupçon de peur.

« Dites moi ce que je veux savoir, » ordonna Harry, faisant de son mieux pour imiter le ton sifflant de Voldemort. « Qui vous a envoyé après moi ? »

« Tu ne le sauras jamais, » dit fortement Gras, regardant à droite et à gauche pour voir s'il n'y avait pas de passants pouvant intervenir et les sauver de Harry. Il n'y avait personne.

Harry les examina tous les deux, en prenant son visage le plus intimidant. Il essaya aussi de se connecter à son noyau magique afin de montrer un peu de sa puissance. Ses amis dans le futur lui avaient dit que ses yeux verts étincelaient davantage.

Gros commença vraiment à avoir peur mais Gras ne devint que plus méfiant, même si cette défiance n'était pas réellement de la bravoure mais plus de la stupidité. Harry réalisa qu'il ne tirerait rien de Gras, même si le sorcier pouvait encore s'avérer utile.

Souriant un peu, Harry agita la baguette et fit léviter Gras. Harry marcha rapidement vers le coin où il s'était caché, Gras flottant toujours derrière lui. Il fit descendre Gras, jetant un sort de distorsion autour d'eux puis jeta à Gras le plus puissant sort de chatouilles qu'il connaissait. Enfin Harry conjura plusieurs pétards et les alluma. Pendant cinq minutes, Gras hurla de rire, même si Gros, toujours assis à l'angle n'entendait que des hurlements et des grognements ainsi que certains bruits de détonation.

Finalement, Harry stupéfixia Gras avant de retourner auprès de Gros qui suait. Gros était prêt à tout révéler à Harry. Sans même qu'il n'ait à le lui demander, il raconta à Harry tout ce qu'il savait.

« Il y a un pub plus loin dans l'Allée des Embrumes, » glapit-il, comme si Harry l'avait torturé lui, au lieu de son compagnon. « Il s'appelle le Croc du Serpent. Un sorcier s'y rend de temps en temps. Il offre une récompense à toute personne te capturant. »

« Dis m'en plus, » dit Harry.

« C'est tout ce que je sais ! Par Merlin, je le jure ! »

« Donc tu as juste décidé de te lancer dans le kidnapping ? » demanda Harry sèchement.

« La récompense était bonne – cent gallions. Techniquement, tout ce que nous devions faire c'est te capturer, puis appeler l'autre gars, mais nous sommes devenus gourmands et avons pensé que nous pourrions en obtenir davantage si on te retenait, » déclara Gros d'un air piteux.

« Tu parles de capture, » dit Harry d'un ton pensif. « Pourquoi ne pas me tuer ? »

« Non. Les instructions étaient claires. Tu dois être capturé vivant. »

« Génial, » dit Harry. Décidant qu'il n'obtiendrait pas d'autres informations de Gros ou Gras, Harry abattit sa baguette et effaça la mémoire de Gros. Puis il marcha à l'angle et jeta le même sort à Gras et quitta l'Allée des Embrumes par transplanage tout en se demandant comment cela se faisait qu'aucun passant n'était intervenu dans cette affaire.

Harry s'arrêta au Chaudron Baveur, récupéra ses baguettes, puis, sous déguisement retourna à l'hôtel. Harry décida qu'il devait commencer à changer d'hôtel plus fréquemment maintenant, même si une dernière nuit de luxe ne pourrait pas lui faire de mal. Il entra dans sa chambre, posa la boite sur une table et alla se rafraichir.

Alors qu'il commençait à se demander ce qu'il allait faire maintenant, la bague des Malfoy vibra. Cela le surprit légèrement mais il se calma, réalisant que c'était sans doute Bellatrix qui voulait parler. Il se concentra sur la bague et en eut la confirmation. Grâce à la bague, il sut qu'elle était dans la Chambre des Secrets, comme promis.

Harry sortit sa baguette, s'assura que la porte de sa chambre était fermée et magiquement bloquée puis il lança son sort de projection pour la seconde fois de la soirée. Il s'arrêta cependant, réalisant qu'il n'avait pas besoin de rester debout pour le lancer. Il allait sans doute passer au moins une demi-heure à parler avec elle. Rester debout, sans bouger pendant tout ce temps allait l'épuiser.

Se sentant d'humeur à essayer une nouvelle expérience, Harry grimpa sur son lit et s'allongea, gigotant jusqu'à trouver une position confortable. Puis il ajusta son bras d'arme afin que sa baguette ne soit pas piégée sous un coussin. « Ego Exertus ! » chuchota-t-il.

Il sentit aussitôt sa conscience sortir de son corps, puis de la chambre d'hôtel. Il avait la sensation de voler, même si tout était flou autour de lui. Sans effort, il traversa Londres. Soudainement, Harry se souvint du lampadaire de Maugrey et du fait qu'il ne l'avait pas vérifié aujourd'hui. Il se concentra dessus.

Alors qu'il s'en approchait, Harry ralentit. Ne perdant pas de temps, Harry y jeta un coup d'œil et vit que rien n'avait changé. Il n'y avait pas de signal de Maugrey. Sans s'arrêter, Harry reprit son voyage et sentit une accélération alors qu'il s'avançait vers Poudlard.

Il survola la campagne. Puis il trouva les rails du Poudlard Express et les suivit le reste du trajet. Au total, le trajet lui prit une demi-heure avant qu'il n'aperçoive Poudlard. Se fiant à une intuition qu'il avait déjà eu sur le fait que la Chambre des Secrets était au fond du Lac, Harry se concentra sur le bas, se sentant bizarre quand il traversa quelque chose de solide. Même s'il ne trouva pas la chambre immédiatement, il arriva en quelques minutes à un croisement.

Il descendit directement dans la Chambre des Secrets où il découvrit Bellatrix qui coupait la carcasse du basilic. C'était dégoutant. Bellatrix avait déjà découpé au moins la moitié du monstre, laissant la plupart de sa chair et des os intacts. Le devant du serpent ne ressemblait plus vraiment à un serpent.

Bellatrix elle-même était trop occupée pour remarquer l'arrivée d'Harry, et il opta donc pour l'effet de surprise. Se souvenant qu'il pouvait projeter une image et une voix qui n'étaient pas les siennes, Harry essaya d'imiter la voix du Professeur Dumbledore.

« Je ne m'attendais pas à vous voir ici, Miss Black, » dit Harry.

Bellatrix se figea avant de se tourner, tenant un grand couteau entre ses mains. Harry se délecta de l'expression de ses yeux violets qui s'étaient élargis de surprise. Dès qu'elle vit qu'il ne s'agissait que de l'image d'Harry, elle le fusilla du regard. « Hilarant, » dit-elle, retournant à sa tâche. « Ca t'a juste pris une éternité pour venir ici. Bravo. »

« Apparemment, je ne peux me déplacer qu'à une certaine vitesse, » dit Harry, reprenant sa voix normale. Calmement, Harry la regarda travailler un moment sur la carcasse. « Donc, que se passe-t-il ici ? »

« Rien d'inhabituel, » rétorqua Bellatrix.

« Vraiment ? » demanda Harry.

« Non, » répondit Bellatrix. « Je déteste Slughorn. »

« Pourquoi ? »

« Ce n'est pas toi, » marmonna Bellatrix, tout en enfonçant profondément son couteau dans la carcasse du basilic pour séparer un muscle et un morceau de graisse. « Même les autres étudiants sont tristes que tu sois parti. Ils pensent tous que Slughorn connaît mieux son métier que toi, mais ils réalisent que ta compagnie était bien plus… agréable. »

Harry renifla. « Je t'ai dit que Dumbledore a dit que je pourrais revenir un jour et enseigner, tout sauf les potions ? »

Bellatrix ricana. « Et bien, tu n'étais pas si bon pour enseigner les potions. Je suis quasiment sûre que j'en connais plus sur les potions que toi. »

« Je connais plus de choses sur la DCFM que toi, » dit Harry, ressentant le besoin de se défendre.

« C'est vrai, » dit Bellatrix en faisant un sourire diabolique, « mais j'en sais plus sur la magie noire que tu en sauras jamais. Peut-être même assez pour te vaincre. »

« Félicitation, » dit Harry, imitant sa remarque sarcastique. « Pourquoi ne t'en sers-tu pas pendant nos duels ? »

Bellatrix fronça les sourcils. « Ce ne serait pas une bonne idée, Harry. » Elle s'éloigna du cadavre, posa le couteau et enleva la paire de gants qu'elle portait. « Parlons peu, parlons bien. Les funérailles de mon père ont lieu Samedi. »

« Seront-elles privées ? » demanda Harry, curieux des pratiques décalées de la famille Black.

« Ce serait difficile, » répondit Bellatrix, en prenant sa baguette et en métamorphosant un petit caillou en une chaise à bascule sur laquelle elle s'assit. « Ce sera une affaire d'Etat au cimetière près des ruines de Ravenbourgh. »

« Cela signifie-t-il que je suis invité ? » demanda Harry, se sentant toujours coupable de ne pas avoir assisté aux funérailles d'Orion et se demandant vaguement s'il y aurait des funérailles pour Malfoy.

Bellatrix hocha la tête. « Tu peux venir mais je te le déconseille. Si tu viens, essaie d'éviter d'être remarqué par les autorités ou ma famille. »

« Pourquoi cela ? » demanda Harry, en faisant asseoir sa projection pour ne pas déconcerter Bellatrix, même si son vrai corps à lui était allongé dans un lit dans sa chambre d'hôtel.

« Je m'inquiète sur le fait que tu deviennes une cible pour le seigneur des Ténèbres. Je pense qu'il vaudrait mieux que tu restes hors de leur radar. Nous n'avons besoin que des personnes se demandent si tu contrôles la fortune Black. Il y aussi le fait que pour des raisons politiques, nous devrions éviter que quelqu'un se souvienne que étais étroitement impliqué avec mon père. »

« Le Seigneur des Ténèbres en a déjà après moi, » dit Bellatrix. Brièvement, il lui expliqua l'incident du Chemin de Traverse et comment il allait devoir être prudent à son lieu de résidence et ses déplacements.

Bellatrix n'était pas enchantée. « Il va falloir que tu prennes des mesures pour protéger tes arrières, » dit-elle. « Prends des mesures offensives – et non tes tactiques de défense et de cachette. »

« J'ai quelques idées, » dit Harry.

« Oh vraiment ? » dit Bellatrix, ayant l'air de quelqu'un voulant en savoir davantage.

« Je t'en parlerai plus tard, » dit Harry, ne voulant révéler ce qu'il avait en réserve. Elle n'approuverait sans doute pas – du moins, c'est ce qu'auraient pensé ses amis du futur. Harry réfléchit un peu et réalisa qu'au lieu de désapprouver, Bellatrix aurait insisté pour participer. Il ne le voulait pas.

Bellatrix serra la mâchoire et regarda ailleurs que vers Harry, clairement en colère qu'il fasse des plans sans l'inclure. « Ouais, tu me le diras quand tu le sentiras, » dit-elle calmement.

« N'y penses pas pour l'instant, » dit Harry. « Tu es à l'école. Tu n'as pas besoin de t'en faire. »

« Bref, » dit-elle, se levant du rocking chair. « Je veux finir ce travail au plus vite. Je t'ai dit ce que je voulais que tu saches. Si veux, tu peux rester ici et regarder… ou tu peux partir. »

Pour une raison qu'il ne parvenait pas à comprendre, Harry choisit de rester. Peut-être que c'était parce qu'il se sentait seul dans sa chambre d'hôtel ou peut-être parce qu'il appréciait sa compagnie. Il ne savait pas vraiment mais l'acceptait. « Je vais rester un peu, » dit Harry.

« Génial, » dit Bellatrix, ayant l'air un peu plus joyeuse. « Peut-être que tu peux aider. »

« Ce sort a des limites, » lui rappela Harry. « Je ne sers pas à grand chose, à part pour voir et écouter. »

« Peut-être que tu peux faire ce sort du feu de phoénix, » insista Bellatrix. « S'il fonctionne comme le sort de projection, tu as déjà fait la moitié du chemin. »

Harry réalisa qu'il devrait au moins faire un essai. Il passa rapidement en revue les étapes du sortilège puis combina ces pensées avec les informations qu'il avait déjà sur le sort de projection. S'il avait raison, il ne lui manquait que quelques étapes.

« Très bien, » annonça Harry. « Je vais faire un essai. »

Bellatrix hocha la tête et recula un peu.

Harry ferma les yeux et essaya de se concentrer à la fois sur son image dans la Chambre des Secrets et sur son corps à l'hôtel. Il fit pression pour établir une plus grande connexion entre les deux. Lentement, Harry eut l'impression de sentir son vrai corps bouger mais il arrêta de faire pression quand il réalisa qu'il était plus sur le point de faire un sortilège d'attraction désastreux au lieu de feu de phoénix. Cette pensée sur le feu de phoénix rappela à Harry que le feu devait être un moyen de transport. Il se concentra sur le feu qui devait absorber son corps et son image.

Une chaleur envahit Harry et il sentit sa tête se vider, comme si son corps et son illusion n'étaient plus séparés. Cela lui fit réaliser qu'il devait avoir réussi. Avant qu'il n'ait ouvert les yeux, cependant, plusieurs litres d'eau froide lui atterrirent dessus. Extrêmement ennuyé, Harry ouvrit les yeux et fusilla Bellatrix du regard.

« Tu étais en feu, » dit-elle d'un ton pince-sans-rire.

« Hilarant, » grogna Harry.

La seule chose qui convainquit Harry de sortir de son lit le lendemain fut l'abondance d'hiboux qui volaient dans sa chambre d'hôtel. Quand il était rentré la nuit dernière, il s'était rendu sur le balcon et avait ouvert la porte, espérant que les hiboux allaient simplement déposer les colis le lendemain matin puis partir. Mais il semblait que cela n'allait pas être le cas. Ils voulaient tous son attention.

En grognant, Harry sortit du lit et commença à détacher chaque colis de leurs chouettes respectives. Pensif, il se rappela le demi succès sort de feu de phénix. Il avait été capable de transplaner dans la Chambre des Secrets, passant à travers les fameuses barrières anti transplanage de Poudlard. Le côté négatif était qu'Harry avait été complètement exténué. Bellatrix avait supposé que c'était parce qu'il avait jeté le sort du Phénix en même temps que celui de projection. Elle semblait penser que cela prendrait bien moins d'énergie s'il jetait le sort du Phénix sans celui de projection.

A la fin, Harry avait été en effet si drainé qu'il n'avait été capable que de passer les barrières de Poudlard avec le sort de projection et de phoénix. A ce moment, il avait enfin pu transplaner dans sa chambre d'hôtel et s'écrouler dans son lit.

Une fois que les chouettes eurent déposé leurs colis et que ceux-ci eurent été déposés un peu partout dans la pièce, Harry commanda un petit-déjeuner et prit une douche. Après sa douche, il mangea son petit-déjeuner et commença à ouvrir les colis.

Harry déballa et ouvrit chacun des dix-huit coffres forts ainsi que les boites contenant les potions. Méthodiquement, il commença à répartir les potions dans les coffres. Une fois qu'il en eut fini avec les potions, il s'attela aux baguettes et déposa cinq baguettes dans chaque coffre. Une fois qu'il y eut un montant égal de potions et de baguettes dans chaque coffre, il sortit un sac d'argent et remplit chaque boite avec de l'or moldu et magique.

Puis, Harry rangea ses biens, rétrécit sa valise et sortit de l'hôtel. Sous un déguisement magique, il se rendit dans un grand magasin de jouets à Londres, ayant un objet bien particulier en tête.

« Puis-je vous aider ? » demanda une voix d'homme.

Harry se tourna et vit un jeune homme qui le regardait dans l'expectative. « Oui, » reconnut Harry, « je cherche un Rubik's cube. J'aimerai en acheter dix-huit. »

L'employé eut l'air confus. « Un Rubik's cube ? » demanda-t-il. « J'en ai jamais entendu parler. »

Intérieurement, Harry maudit l'inconvénient du voyage dans le temps. Le puzzle venait sans doute juste d'être inventé. D'un autre côté, il se pouvait que le vendeur soit juste très ignorant. « C'est un cube-puzzle, » expliqua Harry. « Il a plusieurs faces que l'on peut tourner et de différentes couleurs. »

« Oh, » dit le vendeur, « un cube magique ! »

« Bien sûr, » dit Harry, « c'est précisément ce que je veux. » Il se dit qu'il avait de la chance que les moldus ne puissent jamais suspecter qu'il venait du futur avec cette erreur.

Dix minutes plus tard, Harry était le propriétaire heureux de dix huit cubes magiques. Du magasin de jouets, il se rendit dans un nouvel hôtel dans lequel il sortit toutes ses affaires. Il aligna tous les coffres forts contre le mur. Puis il sortit tous les cubes magiques et les posa sur un bureau. Il se servit un verre d'eau et s'assit devant les cubes magiques. Il posa ensuite le verre d'eau sur la table, puis Harry sortit sa baguette et commença à essayer de répliquer l'une des créations les plus ingénieuses d'Hermione Granger – le portoloin multi-destinations.

Bellatrix décida que peu de choses étaient aussi ennuyantes et étouffantes que des funérailles officielles – même si c'étaient celles de son propre père. Malgré la crainte d'une après-midi pluvieuse, des tas de responsables du Ministère, d'employés et d'amis s'étaient rassemblés au cimetière près des ruines Ravenbourgh pour dire au revoir au défunt Ministre de la Magie.

Bellatrix était assise au premier rang, coincée entre ses deux sœurs, Narcissa et Andromeda. Toutes les trois étaient stoïques. Bellatrix s'était déjà remise de la mort de son père. Narcissa et Andromeda étaient stoïques car aucune d'entre elles n'avait été proche de leur père. D'un autre côté, Druella Black pleurait à chaudes larmes alors que sa belle-sœur, Walburga faisait une grande démonstration de réconfort.

Des larmes de crocodile, se dit Bellatrix. A moins bien sûr que mère soit inquiète à propos de l'argent. Dans ce cas, les larmes pouvaient être bien réelles.

Davian Prewett était l'orateur en chef des funérailles. Il avait résisté à ne pas se proclamer officiellement Ministre tant que Cygnus Black n'était pas enterré, mais tout le monde savait déjà qu'il était le nouveau Ministre de la Magie. Tandis qu'il parlait de Cygnus et de la tragédie de sa mort, Bellatrix regarda ceux présents aux funérailles. Les Mangemorts auraient-ils le cran de faire une apparition ? Probablement pas. Malgré cela, Bellatrix remarqua plusieurs aurors patrouiller le périmètre. Ils espéraient une attaque.

Harry n'était pas là. Finalement, il avait décidé de suivre son conseil. Bellatrix le regrettait légèrement. Cela aurait été sympa de voir un visage amical. Elle regarda la foule de devant, essayant d'être discrète. En plus de sa famille immédiate, sa tante et ses deux cousins étaient présents. Regulus Black semblait assez secoué par la mort de son oncle, aussi vite après la mort de son propre père. Sirius faisait de son mieux pour garder un visage impassible, mais Bellatrix savait qu'il avait mal lui aussi.

La famille du Directeur Prewett était aussi aux premières loges – un mouvement rusé grâce auquel Prewett clamait être le successeur de Cygnus Black. Gideon et Fabian Prewett, deux jeunes hommes connus pour leurs nuisances publiques étaient assis à côté de Mme Prewett, elle-même assise à côté de sa fille, Molly Weasley, accompagnée de son mari et ses enfants.

Le clan Weasley était connu pour sa tendance à produire de nombreux enfants. Il semblait à Bellatrix que l'ancienne Miss Prewett, maintenant Weasley comptait continuer cette tradition. Si Bellatrix se souvenait correctement, Mr Weasley était un petit employé du Ministère. Cela changerait sans doute bientôt, puisque son beau-père devenait le Ministre de la Magie.

Bellatrix continua ses observations et cela l'aida à passer le temps. Finalement, ce fut la fin du service. Plusieurs amis du défunt virent présenter leurs condoléances à la mère et belle-mère de Bellatrix. Respectant les coutumes, Bellatrix et ses deux sœurs se tenaient en ligne derrière leur mère qui avait l'air endeuillée dans ses robes noires. Sirius et Regulus avaient été assez chanceux de retourner à Poudlard avec quelqu'un habitant à Pré-au-Lard.

Alors que la nuit tombait, les invités commencèrent à partir. Bellatrix ne voyait plus que trois personnes qui attendaient de parler à Druella. C'est à ce moment que Narcissa choisit de parler à Bellatrix. Les deux sœurs ne s'étaient plus parlées depuis la nuit où Bellatrix avait dit à Narcissa que sa romance avec Lucius Malfoy était inacceptable.

« Tu ne veux pas épouser Rodolphus Lestrange, n'est-ce pas ? » dit Narcissa.

« Bien sûr que non, » dit calmement Bellatrix.

« Pourquoi pas ? » demanda Narcissa.

« C'est un idiot, » rétorqua Bellatrix, « entre autres choses. »

« Mais c'est un sang pur. »

« Quel soulagement, » chuchota Bellatrix d'un air sournois. « Cela règle tout. »

« Harry Ashworth est-il un sang pur ? » demanda Narcissa.

« Je n'en suis pas complètement certain, » répondit Bellatrix, jetant un coup d'œil vers sa mère et sa tante. Il n'y avait plus que deux autres personnes qui voulaient leur parler. « Mais il est très puissant. »

« La puissance c'est une bonne chose, » admit Narcissa. « Et sa richesse ? »

Bellatrix fit un petit sourire. « Il est très riche. En fait, tu serais choquée de savoir à quel point il est riche. »

« Alors pourquoi avait-il besoin d'un job à Poudlard ? » demanda Narcissa.

« La politique, » répondit doucement Bellatrix. « C'était un coup politique. »

« Je vois, » dit Narcissa, même si ce n'était pas le cas. En fait, elle était complètement confuse. « Je suppose que tu prévois de l'épouser dans ce cas. »

« Tu as raison, » dit Bellatrix, regardant la dernière personne qui attendait de parler à sa mère.

« Si c'est ton plan, » chuchota Narcissa, « je te déconseille de revenir à la maison ou au Square Grimmaud ce soir, pas pour le repas familial. Retourne à Poudlard. »

Bellatrix eut soudain très peur. « Que prévoient mère et Tante Walburga ? » demanda-t-elle.

« Maintenant que notre père et notre oncle sont morts et que la fortune Black est bloquée à Poudlard, mère et Tante Walburga veulent nous trouver de bons partis, » dit calmement Narcissa. « Elles pensent que les dix mille gallions qu'Oncle Orion t'a laissé sont une dot convenable. Rodolphus Lestrange est invité à diner ce soir. Mère et Tante Walburga veulent signer un contrat de mariage entre vous. Tu sais à quel point elles peuvent être persuasives. »

« Oui, » souffla Bellatrix.

Le dernier visiteur était parti. La mère et la tante de Bellatrix tournaient maintenant leur attention sur les trois filles. Bellatrix prit racine immédiatement, regardant sa mère et sa tante approcher, leurs visages endeuillés ayant l'air assez impérieux. Le Ministre Black était mort mais la famille Black survivrait – toujours pur.

« Venez, » dit Druella, « le diner nous attend. »

« J'ai une retenue, » déclara Andromeda d'un ton froid. « Je ne pourrais pas y assister. »

Druella était ennuyée mais elle sortit un portoloin de sa poche. De toute façon, elle n'avait jamais beaucoup aimé Andromeda. « Alors vas y. »

« Je vais avec elle, » annonça Bellatrix.

« Je ne crois pas, » dit Walburga avec nonchalance, en retenant un bâillement. « C'est un diner très important pour toi. »

Andromeda haussa des épaules en regardant Bellatrix, puis activa le portoloin, laissant Narcissa et Bellatrix avec les deux autres femmes. Bellatrix se sentait trahie mais elle insista. « Pourquoi ce diner est-il si important pour moi, Tante Walburga ? » demanda Bellatrix avec une fausse douceur.

« Tu le sauras quand nous serons à la maison, » dit Druella en sortant un autre portoloin de sa poche et se préparant à l'activer.

« Si tu ne m'en parles pas, c'est que ce ne doit pas être très important, » dit Bellatrix. Elle tira sa baguette. « Je vais y aller. »

« Il est temps pour toi de te marier, » intervint Walburga.

« Ah bon ? » demanda Bellatrix, feignant la surprise, même si elle était déjà arrivée à cette même conclusion. Elle fusilla du regard Narcissa. Sa jeune sœur s'était éloignée du groupe et essayait de prétendre qu'elle n'entendait pas la conversation.

« En effet, » dit Walburga. « Je me suis occupée de négocier un mariage pour toi. L'état de la situation financière des Black est en question, mais j'ai réussi à trouver un arrangement avec un jeune sorcier convenable – un sang pur. Nous t'avons laissé faire ce que tu veux, mais il est temps que tu redescendes sur terre et que tu assumes tes responsabilités familiales. Il faut que tu épouses un sang pur. »

« Je choisirai moi-même un sorcier très convenable, merci beaucoup, » répondit bien sagement Bellatrix.

« Comment oses-tu ? » demanda Druella. « Ta tante s'est donnée beaucoup de mal pour toi. C'est ta responsabilité d'épouser un sang pur convenable. »

« Je suis toujours scolarisée, » leur rappela Bellatrix.

Druella soupira. « Je le sais bien, Bellatrix. Cependant, les évènements requièrent certains sacrifices. Notre société est arrivée à un croisement. Tu ne peux pas te permettre de rester à l'école en ces temps. Il est temps pour toi de quitter l'école et d'aider à changer la destinée de notre monde. »

Bellatrix haussa un sourcil. « Dis m'en plus. »

« Viens diner et nous te dirons plus, » dit Walburga. « Rodolphus Lestrange doit nous attendre. Tu te souviens de lui. C'est un jeune homme respectable. »

« Rodolphus ? » demanda Bellatrix, faisant comme si elle ne s'en était pas doutée avant la révélation de sa tante. « Tu fais affaires avec lui ? Tu ne réalises pas qu'il a pratiquement été renvoyé de Poudlard ? »

« Pas renvoyé, » dit sèchement Walburga. « Il est parti, incapable de supporter la présence de ce directeur amoureux des moldus. »

« Est-ce bien vrai ? » demanda Bellatrix. Elle envisagea un instant de révéler ce qu'il s'était passé la nuit où les Lestrange avaient quitté Poudlard, mais renonça. Cela n'allait pas convaincre les matriarches et Rodolphus avait certainement déjà trouvé une explication à ce qu'elle pourrait dire. « Aves-vous souvent vu les frères Lestrange ? »

« Ils trainent dans le coin, » admit la mère de Bellatrix. « Rodolphus tient beaucoup à toi. »

Ses yeux violets se glaçant, Bellatrix croisa le regard sa tante. « Tu réalises qu'ils ont probablement tué Orion. Cela te rend complice de son meurtre. »

Les oreilles de Bellatrix la brûlèrent quand sa tante la gifla violemment. Ses réflexes aiguisés par l'entrainement avec Harry, Bellatrix sortit sa baguette et envoya sa mère et sa tante plus loin, puis jeta une autre série de maléfices en tout genre, les ratant délibérément pour les intimider.

« Je vois que j'ai découvert la vérité, » leur cria Bellatrix, incapable de retenir ses larmes après cette baffe.

« Tu ne sais rien espèce de petite ingrate ! », siffla Walburga en se relevant lentement. « Maintenant que tu ne peux plus te cacher derrière ton père, tu vas apprendre ce qu'est la réalité. »

Bellatrix jeta quelques sorts d'explosion sur une tombe derrière Walburga pour la décourager de bouger. Druella, sa mère, était toujours à terre en train de grogner.

« Tu es une idiote, » cria Bellatrix, incapable de trouver quelque chose de plus poignant à dire dans cette situation. « J'épouserai qui je veux et en temps voulu, et tu devras admettre que je choisis bien mieux que toi. » Elle jeta un coup d'œil à Narcissa et essaya d'arborer une expression plus douce. « Tu es libre de venir avec moi. »

Narcissa recula et secoua la tête en regardant sa mère qui attendaient encore, figées devant la baguette de Bellatrix.

Bellatrix prit un air renfrogné. « Petite idiote. »

Bellatrix se tourna et commença à s'éloigner du cimetière, laissant sa mère et sa tante cachées derrière une tombe, sa jeune sœur essayant de rester hors de la conversation.

« Penses-tu vraiment qu'Harry Ashworth est meilleur que Rodolphus Lestrange ? » cria Walburga. « Il n'est personne ! »

Bellatrix ignora sa tante et continua à remonter les tombes.

« Si tu pars ce soir, je te rayerai de la famille Black, » cria Walburga. « Tu seras déshéritée. Tu n'auras plus d'héritage ! »

Bellatrix, était maintenant dans des herbes hautes et se retourna et pointa sa baguette vers sa tante, prête à lui jeter un maléfice à la première provocation. « Tu n'as pas ce pouvoir, » cria Bellatrix d'air air défiant. « Cependant, un jour, je serais Lady Black. Je serais à la tête de cette famille. Ce jour là, je brûlerai ton nom sur la tapisserie familiale. »

Puis, Bellatrix secoua sa baguette et transplana juste devant le portail de Poudlard avec un grand bruit. Alors qu'elle franchissait le portail du château, l'enragée qu'était Bellatrix conclu qu'elle était d'accord avec au moins une des choses que les matriarches avaient dit. Il était temps pour elle de quitter Poudlard et d'aider à changer la destinée du monde magique. La Maison Black reviendra au pouvoir et je serais Lady Black, se promit-elle.