Disclaimer: Harry Potter appartient à JK Rowling et cette traduction que je fais de l'histoire de Lord Silvere n'est pas utilisée à des fins commerciales.

Chapitre 24 : Une victoire à la Pyrrhus – ou presque

Harry cilla quand il entra dans les appartements qu'il partageait maintenant avec Bellatrix. Comparé au ciel orageux et couvert à l'extérieur, l'intérieur de l'appartement était très lumineux. Au fil des jours, depuis qu'Harry et Bellatrix avaient acheté le bâtiment, Bellatrix s'était occupée à le meubler. Et une part de ces meubles comprenait beaucoup de lampes.

Pour la première fois, Harry réalisa que malgré le fait que Bellatrix avait fait ses achats dans des magasins magiques à une exception près, la salle de séjour passait pour une pièce complètement moldue un peu excentrique. L'exception était la télévision. Apparemment, elle avait beaucoup aimé regarder la télévision quand ils dormaient à l'hôtel.

Passant par la salle de séjour, la cuisine et la salle à manger, Harry se rendit vers le hall d'entrée. Sa chambre était sur le gauche et surplombait la rue. Il enleva son t-shirt et grimaça de douleur à cause de la coupure que Lestrange lui avait infligée.

Il retourna dans le couloir, puis dans la seule salle de bain de l'appartement. Heureusement Bellatrix ne s'y planquait pas autant qu'il le pensait. Il examinait toujours sa plaie sanguinolente dans le miroir quand des bruits de pas annoncèrent Bellatrix qui descendait de l'étage supérieur. Apparemment, elle l'avait entendu arriver et voulait savoir comment il s'en était sorti.

Elle arriva à la porte de la salle de bain, qu'Harry avait laissé ouverte et elle haussa un sourcil en voyant sa blessure. « Il semblerait que tu aurais pu avoir besoin d'aide pendant ta petite excursion. »

Harry haussa les épaules tout en fouilla dans l'armoire à pharmacie pour trouver quelque chose pour nettoyer et bander sa plaie. « J'ai rencontré Rodolphus Lestrange. »

« Tu l'as tué ? »

« C'est possible, je suppose, » dit Harry. « Je l'ai banni puis lui ai envoyé une vague de feudeymon. »

« C'est bien beau le feudeymon, Harry, mais un sort de mort aurait été plus efficace et définitif. »

« Ouais, qu'importe, » dit Harry, se préparant à nettoyer la plaie.

Bellatrix haussa à son tour les épaules quand Harry nettoya la coupure infligée par Rodolphus. Le nettoyage de la plaie la fit se rouvrir et il commença de nouveau à perdre du sang.

« C'est une guerre, Harry. Il va falloir que tu t'habitues à tuer des gens. » Ses yeux tombèrent sur le sang qui coulait de la plaie. « Ne la bande pas de suite, » dit-elle. « Je vais de toute façon avoir besoin d'un échantillon de sang. Autant le faire maintenant. » Elle disparut à l'étage supérieur, laissant Harry, seul devant le miroir, prêt à bander la plaie.

Quelques instants plus tard, elle revint avec une petite fiole. « Remplis-là, » ordonna-t-elle.

« Que vas-tu faire avec mon sang ? » demanda Harry d'un air suspicieux.

« Je vais enchanter les lieux, » expliqua Bellatrix. « A part le Fidelius, les enchantements de sang sont les plus efficaces. A moins que tu aies quelqu'un en qui tu aies suffisamment confiance pour être le gardien du secret, nous allons faire des protections de sang. »

A contrecoeur, Harry gratta la coupure de Lestrange afin qu'elle saigne davantage. Puis il remplit la fiole pour Bellatrix avant de refermer la plaie. « Je veux voir ce que tu vas faire avec ce sang, » dit Harry en faisant aussi vite que possible.

« Ouais, si tu veux, » dit fortement Bellatrix depuis les escaliers.

Cela ne prit que quelques instants à Harry pour fermer la plaie. Puis, il se précipita dans sa chambre, mit un t-shirt et monta rejoindre Bellatrix dans son loft. Il ne lui avait pas fallu longtemps pour transformer les lieux. Elle avait installé plusieurs tables de travail dans la pièce et des armoires en verre contre le mur. Malgré cela, la pièce semblait assez ouverte et aérée.

Elle était en train de remplir une autre fiole avec son propre sang alors qu'Harry s'approchait d'une des tables de travail. « Le fait que tu utilises aussi ton propre sang est rassurant, » observa Harry en sortant de sa poche les sacs remplis d'artefacts qu'il avait récupérés au Manoir Malfoy. Il les agrandit et les posa sur le sol à côté d'une autre table de travail.

Bellatrix ne répondit pas immédiatement, elle referma la plaie sur son bras. Puis elle prit les fioles de sang et les mélangea dans un récipient plus grand avant de vider le sang sur une large pierre gravée de runes. Harry se pencha et examina la pierre alors que le sang semblait s'y enfoncer.

« Cela devrait faire l'affaire, » annonça Bellatrix. « A moins, bien sûr… »

« A moins que quoi ? » demanda Harry.

« Tu n'es pas un descendant biologique de la famille Black n'est ce pas, » demanda Bellatrix.

« Non, » dit Harry. « Je suis presque sûr que ce n'est pas le cas – du moins je ne crois pas. »

« Et bien, tant que ce n'est pas un parent, un grand parent ou arrière grand parent, » dit Bellatrix, « je pense que ça va. »

« Okay, je pense qu'il n'y a pas de soucis. »

« Et je ne suis pas une des descendantes de tes parents, n'est-ce pas, » demanda Bellatrix.

« Absolument pas, » dit Harry.

« Bien, » dit Bellatrix en faisant un faible sourire. « Dans ce cas, l'enchantement devrait fonctionner. Afin de traverser les barrières, la personne doit être à la fois un Black et un « Ashworth » par le sang ou avoir la permission de l'un de nous. Ou des deux. Par exemple, si tu étais assez stupide pour inviter un des membres de ma famille, ils pourraient passer. Sinon, ce ne sera pas possible. »

« Et si nous avons une dispute ? L'un de nous peut-il expulser l'autre ? » demanda Harry.

Bellatrix eut un sourire suffisant. « Même si j'aimerais te faire ça, je ne voudrais pas que cela m'arrive. Ainsi, nous sommes tous les deux liés aux enchantements, que l'on soit en bons termes ou non. »

« Ca m'a l'air correct, » dit Harry. « Les barrières peuvent-elles survivre à des attaques ? »

« Plutôt bien, même, » dit Bellatrix. « Mais si quelqu'un insiste dessus pendant suffisamment longtemps, elles se briseront. La meilleure défense est de s'assurer que l'ennemi ne comprenne pas où faire pression. En d'autres termes, assure toi que personne ne te suive chez nous. J'ai incorporé d'autres mesures de camouflage et de défense, mais nos barrières ne sont pas invincibles. »

« Bien sûr, » répondit Harry. Il regarda ses mains qui tenaient encore la pierre enchantée. « As-tu besoin d'aide pour la mettre en place ? »

« Non, » dit Bellatrix, déclinant son offre. « Cela ne me prendra que quelques minutes. Une fois que j'aurais fini, il faut que je te parle de quelques petites choses. »

« Très bien, » accepta Harry. Il la suivit dans les escaliers et dans la salle de séjour. Elle partit par la porte d'entrée, laissant Harry tout seul.

Inquiet pour sa sécurité, Harry regarda par l'une des fenêtres, écartant un des rideaux. La lumière de la pièce rendait cela difficile de percer les ténèbres, mais il pouvait à peine voir Bellatrix qui brisa la pierre en plusieurs morceaux et les fit léviter dans les airs. Il se demanda pourquoi elle les faisait flotter, puis se souvint qu'elle louait le premier étage à d'ambitieux entrepreneurs. Il ne serait pas bon d'empêcher les locataires de passer.

Bellatrix disparut derrière le bâtiment après avoir caché la première pierre de protection avec un sortilège d'invisibilité. Après cinq minutes, elle apparut au quatrième angle. Elle posa la dernière pierre et Harry s'assit sur un fauteuil. Quelques instants plus tard, elle était de retour dans l'appartement.

« C'était plus facile que je ne pensais, » commenta Bellatrix. « Reste ici, je reviens vite. » Elle disparut dans le couloir, puis dans sa chambre. Elle revint rapidement, tenant une pile de parchemins. Elle s'assit dans un fauteuil en face d'Harry. « Puisque je sais déjà comment cette conversation va se passer, » annonça Bellatrix, « il vaut mieux s'en débarrasser en premier. »

« Oh ? » dit Harry en jetant un regard suspicieux sur le parchemin.

Bellatrix tendit le parchemin enroulé à Harry. « Comme tu peux le voir, c'est notre contrat de mariage. » Elle leva la main pour stopper la réaction d'Harry. « J'ai pris la liberté de le signer afin que dès que tu auras un moment de faiblesse, tout ce que nous aurons besoin, c'est de tes deux signatures – une parce que tu es le marié, l'autre parce que tu es Lord Black. »

Harry fronça les sourcils tout en déroulant le parchemin et en examinant le contrat. Comme Bellatrix l'avait dit, sa signature rouge se tenait en bas du contrat. Deux grosses croix noires montraient là où Harry devait signer.

« Il y a-t-il une chance que ce soit là un moment de faiblesse ? » demanda Bellatrix avec espoir.

Harry la regarda par dessus le haut du parchemin mais ne répondit pas. Il préféra examiner les conditions du contrat. Cela lui prit quelques minutes pour les lire. Quand il eut fini, il le roula et le posa sur le côté. « Tu en demandes beaucoup. »

« Oh ? »

« Oui. »

« Qu'est-ce qui te dérange ? » se renseigna Bellatrix.

« Et bien, pour commencer, je ne suis pas sûr de vouloir prendre le nom de famille des Black, » remarqua Harry, repensant à son propre nom, Potter.

« C'est mieux qu'Ashworth, » dit Bellatrix. « Ce n'est pas comme si tu pouvais reprendre ton vrai nom, quel qu'il soit, et garder ton secret de voyage temporel. »

Harry leva une main pour protester. « Ouais, et il y a cette histoire sur le fait d'être égaux en tout ce qui concerne les affaires de la famille Black. »

« Veux-tu t'occuper de ma misérable famille ? »

« Pas vraiment. »

« Alors, tu devrais me remercier de vouloir prendre cette responsabilité sur mes épaules, » dit Bellatrix.

« Et puis, tu as pris la liberté de déjà écrire mes dernières volontés et mon testament, » grommela Harry.

« Si tu me survis, tu pourras faire ce que tu veux avec nos possessions, » dit Bellatrix. « Cependant, je refuse de me retrouver sans un sou. »

« Comme si je te ferais une telle chose, » dit Harry.

« Ah, d'accord. Dans ce cas, mon souhait de récupérer tout ce qui t'appartient après ta mort ne devrait pas te déranger, » dit Bellatrix. « Il y a des conditions qui te protègent. Garder nos secrets respectifs, ne pas se blesser mutuellement et ne pas nous nuire. Il y a même une clause qui stipule que si c'est moi qui lance une procédure de divorce, je n'aurais rien. Harry, c'est logique maintenant que nous vivons ensembles. Nous sommes déjà quasiment mariés. »

« Nous dormons dans des chambres séparées, » remarqua Harry. « Nous sommes colocataires, au mieux. »

« Tu finiras par craquer, Harry, » lui dit Bellatrix. « Ton moment de faiblesse viendra. »

« Ouais, » dit Harry avec un ton sarcastique, « un jour, je me réveillerai et déciderai soudainement que je ne peux pas vivre un autre jour sans être marié avec toi. »

Bellatrix leva les yeux au ciel. « Je ne suis pas suffisamment stupide pour m'attendre à ça. Cependant, ton moment de faiblesse viendra quand tu sauras enfin ce que tu veux. Et ce ne sera pas le cas, tant que ce contrat ne sera pas signé. »

« Ce que je veux ? » demanda Harry.

« Tu le sais, » dit vaguement Bellatrix. Elle lui jeta un regard séducteur et déboutonna un bouton de sa blouse.

Harry comprit. « Je vois. Très bien, ce n'est pas comme si je te poursuivais de mes attentions. »

« Ce sera le cas, » promit Bellatrix. « Quand j'en aurais fini avec toi, tu me supplieras pour signer le contrat et pour qu'on soit marié. »

« Oh, s'il te plait, » renifla Harry, même si intérieurement, il sentait une vague de désir qu'il repoussa par pur entêtement. « Continuons. De quoi d'autre voulais-tu parler ? »

Bellatrix soupira, mais parce qu'elle s'était attendu à cette réponse, elle n'eut pas de mal à changer de sujet. « Je veux connaître tous les détails sur tes interactions avec la Chambre des Secrets, » dit Bellatrix. « Je pense que le journal intime pourrait être très important afin de comprendre le Seigneur des Ténèbres. »

« Euh, bien sûr, » dit Harry. « C'était le journal intime de Tom. »

« C'était plus qu'un journal intime, Harry. C'était un artefact d'une complexité magique telle, que je crois qu'il était d'une grande importance. J'ai besoin d'en savoir plus afin de le comparer avec ce que je sais des arts noirs. Si nous avons de la chance, nous pourrons peut-être trouver une information dans l'un de ces livres rares que nous avons en notre possession. »

« Très bien, » soupira Harry. « Tout a commencé la nuit où j'ai assisté à un anniversaire de mort. »

Le lendemain, Harry coupa l'eau de la douche, ouvrit les rideaux et découvrit soudainement que Bellatrix avait envahi la salle de bain quand il avait été occupé. Portant un pyjama très moulant, elle était penchée sur le lavabo et brossait ses dents. Dès qu'elle vit Harry la regarder, elle sourit. « Bonjour, Harry ! »

Harry lui jeta un regard noir en attrapant sa serviette. Puis il retourna dans sa chambre pour se sécher et s'habiller pour la journée. Si elle allait le jouer de cette manière, il était sûr qu'il pourrait résister. Grommelant tout seul, Harry finit de s'habiller et se dirigea vers la cuisine pour préparer un petit-déjeuner pour deux.

Il venait juste de s'asseoir dans la salle à manger quand elle apparut pour prendre un morceau.

« Tu as fini avec ça ? » demanda Bellatrix en prenant l'édition de la Gazette du Sorcier qu'il lisait entre deux bouchées d'œufs, de bacon et de pommes de terre.

Harry leva les yeux et fut choqué de voir qu'elle était encore à moitié nue. Il plissa les yeux. « Voudrais-tu bien mettre plus de vêtements, Bellatrix ? »

« Non, ça va, » dit-il en prenant le journal et en s'asseyant de l'autre côté de la table.

Harry engloutit le reste de son petit-déjeuner et retourna dans la cuisine. Il vérifia rapidement son apparence dans le miroir avant de rassembler quelques affaires. Puis il avança vers la porte d'entrée.

« Où vas-tu ? » demanda Bellatrix, toujours en train de prendre son petit-déjeuner et lisant le journal.

« Dehors, » annonça Harry. « Je te vois plus tard. »

Il ferma la porte avant d'entendre la réplique qu'elle ne manquerait pas de faire. Ca lui fera les pieds, pensa Harry. Il descendit les escaliers et sortit dans la rue. De là, il se rendit dans une petite allée et transplana à Londres.

Les prochaines heures furent passées dans différents bâtiments gouvernementaux à parler avec des bureaucrates moldus. Leur incapacité à trouver des informations ou à le conseiller était frustrante. Même si Harry n'avait jamais utilisé d'ordinateur dans sa vie, il commençait à souhaiter que le gouvernement des années 1970 ait plus d'ordinateurs et d'archives numériques.

Finalement, il rencontra une jeune femme derrière un comptoir qui semblait savoir comment Harry pouvait trouver l'information qu'il recherchait. Le problème était qu'elle ne pensait pas que cet homme étrange sans papiers moldus ait le droit de poser des questions privées sur des orphelins, même si cet orphelin en question était sans aucun doute un adulte.

« Ecoutez, » dit Harry. « Je veux juste savoir dans quel orphelinat ce garçon a été envoyé. »

« Pourquoi ? » demanda la femme, en posant les mains sur le comptoir et en se penchant vers Harry avec un regard suspicieux.

« Il s'avère que c'est un cousin du troisième degré d'un homme qui vient de mourir. Selon mes supérieurs, Mr Jedusor est le parent le plus proche pouvant hériter. »

« Oh, vraiment ? Alors comme ça, un oncle lointain vient de lui laisser une fortune ? Que c'est original, » ricana la femme, commençant à taper avec ses doigts sur le comptoir, montant ostensiblement sa bague de mariage.

« En fait, il s'agit de mille livres environ, » dit faiblement Harry.

« Et bien, je suis désolé Mr Polkiss, mais je ne peux pas vous donner cette information. Ce ne serait pas correct. »

Harry grinça des dents et sortit sa baguette, vérifiant rapidement que personne ne les regardait. Murmurant un sortilège, il pointa sa baguette sur son front alors qu'elle regardait le bâton.

« Je suis désolée Monsieur, mais cette information est tout simplement indisponible, » dit l'employée de bureau. « Plusieurs archives de cette époque sont maintenant perdues ou mal organisées, en supposant que cette information ait déjà été enregistrée. La seule option serait d'écrire à chaque orphelinat de Londres et de demander s'ils connaissent la personne que vous recherchez. »

Amer, Harry se reteint de la claquer. Si elle n'avait pas accès à cette information, alors pourquoi lui avait-elle fait toute cette mascarade sur son identité ?

« Donnez moi une liste des adresses de chaque orphelinat qui était ouvert à cette époque, » grogna Harry.

« Tout de suite, Monsieur, » dit la femme.

Harry se sentit légèrement coupable d'utiliser un sort mineur de confusion mais vraiment, c'était pour une bonne cause. Il n'y aurait pas d'effets permanents. Finalement, Harry obtint la liste en question et partit. Il s'arrêta dans un magasin et il y acheta une feuille de papier. Dans un coin du magasin, il griffonna rapidement une lettre type pour demander des informations sur Tom Marvolo Jedusor.

Quand le gérant regarda ailleurs, Harry utilisa rapidement la magie pour dupliquer la lettre. Chaque copie de la lettre fut ensuite recouverte de sorts de confusion. Toute personne lisant la lettre serait très coopérative. Puis Harry se rendit dans un bureau de poste où il acheta les enveloppes nécessaires, puis il ouvrit une boite aux lettres pour recevoir les réponses. Ensuite, il envoya les lettres.

Cette nuit, après avoir avalé les restes d'un repas chinois acheté par Bellatrix, quand il était devenu évident qu'Harry ne rentrerait pas pour diner, il retourna dans le pub de l'Allée des Embrumes.

En entrant, Harry sentit aussitôt que l'atmosphère était différente de celle des nuits précédentes. Le barman faisait de son mieux pour éviter tout contact visuel. Ceux qui étaient généralement bruyants se taisaient. Fronçant les sourcils, Harry chercha du regard son compagnon de boisson, Thorpe.

Apercevant Thorpe dans un coin de la salle, Harry se dirigea vers lui et s'assit, faisant un geste au barman pour qu'il lui serve une bière. « Quelles les nouvelles ? » murmura Harry d'une voix rauque, utilisant son personnage de Big D.

« Pas grand chose, » grommela Thorpe. Il montra d'un signe de la tête deux sorciers en robes noires qui parlaient à voix basse à l'un des habitués les plus désagréables du pub. « Ils recrutent. »

Harry haussa un sourcil pour montrer une réponse au commentaire de Thorpe. Il sentit une flux d'adrénaline le traversa quand il réalisa qu'il s'agissait de sa chance de rencontrer les mangemorts qui cherchaient des gens pour le trouver.

« Quel type de recrutement ? » demanda à voix basse Harry.

Thorpe haussa les épaules. « J'sais pas, » dit-il. « Il est temps de rentrer, je pense. » Puis il se leva et posa une noise sur la table pour payer sa boisson avant de partir.

Le barman apporta la bière d'Harry puis retourna derrière le bar tout en l'ignorant.

Harry s'assit tout seul avec une expression amusée tout en songeant au départ anticipé de Thorpe. Il était sur le point de jeter la bière quand une ombre tomba sur la table. Harry leva les yeux et se retrouva face à face avec Rabastan Lestrange.

« Big D, c'est ça ? » dit Rabastan.

« Oui, » répondit froidement Harry, pour maintenir le personnage qu'il avait créé. Furtivement, il jeta un coup d'œil vers l'autre sorcier en robes noires qui parlait au patron de bar désagréable.

Rabastan s'assit, essayant de prouver qu'il était encore plus rude qu'Harry. Cependant, Harry sentait que le jeune mangemort était très nerveux. « J'ai entendu que vous avez passé un peu de temps à Azkaban. »

« C'est le cas, » dit Harry en prenant son verre et une gorgée.

« Ces détraqueurs sont des créatures plutôt vicieuses, » dit Rabastan.

« Hmm, » dit Harry, en jetant un regard impatient à Rabastan.

L'impatience d'Harry poussa Rabastan à agir. « Mes amis et moi cherchons un sorcier. Si tu as le temps et envie de te faire un peu d'or, j'aimerais que tu nous aides. »

« Je vois, » dit Harry. « Que ce passera-t-il quand ce sorcier sera trouvé ? »

« Rien. Le travail s'arrêtera là pour toi. Tu le trouves et tu nous appelles. »

« Ca me semble assez facile. »

« C'est le cas, » dit Rabastan, se sentant davantage confiant. Il sortit une carte de sa poche et la tendit à Harry. « Voilà le gars en question. »

Harry prit la carte et regarda la photo. Il s'agissait d'une reproduction de l'article de la Gazette du Sorcier détaillant ses exploits héroïques dans le Chemin du Traverse.

« Son nom est Harry Ashworth. Il évite d'apparaître en public dernièrement, mais sachant que c'est un sorcier, ce n'est pas facile pour lui d'éviter le Chemin de Traverse. Gardez les yeux ouverts. Si vous l'apercevez, suivez-le, mais ne l'affrontez pas. Vous pouvez toucher la carte du bout de votre baguette et nous viendrons et vous donnerons de l'or pour l'avoir localisé. C'est assez simple ? »

Harry hocha la tête. « C'est simple, mais ne devriez-vous pas chercher ailleurs qu'au Chemin de Traverse ? Vous pourrez avoir plus de succès. »

Rabastan haussa les épaules. « Si vous pensez pouvoir le traquer en dehors du Chemin de Traverse, allez-y. Tout ce que je peux dire, c'est que l'or ira à celui qui le trouvera le premier. »

« Très bien, » dit Harry en mettant la carte dans sa poche. « Je garderai l'œil ouvert à partir de maintenant. Il ne m'échappera pas. »

« Tu n'as pas dit que nous allions rencontrer un auror fou, » grogna Bellatrix alors qu'elle et Harry se tenaient dans la station de métro dans laquelle Harry et Maugrey s'étaient donnés rendez-vous après qu'il ait été renvoyé de Poudlard. Bellatrix était habillée dans une robe moldue de créateur et avait coiffé ses cheveux avec l'épingle à cheveux qui avait ramené Harry dans le passé.

« Est-ce important ? » demanda Harry. « Un dîner reste un dîner. »

« Je pensais que c'était un rendez-vous. »

« Cela peut être un rendez-vous, » répondit Harry d'un air absent, cherchant dans la foule un signe de l'auror. Il voulait trouver Maugrey avant que Maugrey ne le voit, même si Maugrey avait clairement l'avantage.

« Non, c'est faux, pas s'il y a un auror nous regardant tout le temps ! » rétorqua Bellatrix.

« Pourquoi devons-nous avoir des rendez-vous galants ? » demanda Harry. « Si je veux t'épouser, tout ce que j'ai à faire c'est signer le contrat. Cela m'évitera une cour en bonne et due forme. Je ne sais pas pourquoi j'étais si mal à l'aise avec l'idée de ce contrat. Cela m'éviterait beaucoup d'efforts en fait. »

« Tu sais que je peux te gifler, » dit Bellatrix.

L'arrivée d'Alastor Maugrey empêcha Harry de rétorquer. « Je vois que vous avez amené Miss Black avec vous, » remarqua directement l'auror.

« Oui, » répondit Harry. « Je sais que vous pensiez que nous allions diner au même endroit que la dernière fois, mais Bella voulait aller à un endroit plus agréable. » D'un air conspirateur, il chuchota, « Elle croyait que c'était un rendez-vous. »

Maugrey sourit de connivence. « Je vous suis. »

Ils furent bientôt installés à une table dans un restaurant de Londres. La tenue de Maugrey attirait certains regards négatifs des clients tandis que Bellatrix, elle, attirait l'attention de tous les mâles de la pièce. Elle examinait minutieusement le menu tandis que Maugrey faisait de son mieux pour soutirer des informations à Harry.

« Qu'est-ce qui vous a motivé pour ce rendez-vous, » demanda Maugrey en prenant une gorgée d'eau. « Je suppose que vous n'avez toujours pas trouvé d'informations sur le passé du Seigneur des Ténèbres. »

« C'est en fait le cas, » dit Harry. « Son nom est Tom Jedusor. »

« Tom Jedusor, hein, » dit Maugrey. « Je n'ai pas le souvenir d'une famille magique portant le nom de Jedusor. Je pensais que nous avions à faire avec un sang pur. »

« Oui, c'est une ironie, » sourit Harry. « Je pense que c'est un sang-mêlé mais il faut que je vérifie encore certaines choses. Je fais des recherches sur son enfance, j'ai déjà quelques pistes. »

Harry n'en avait pas encore en fait. Il attendait toujours des réponses des orphelinats. Deux d'entre eux avaient répondu qu'ils ne savaient rien de Tom Jedusor, mais la majorité n'avait pas encore répondu. « Il serait utile que vous cherchiez dans son passé plus récent, » dit Harry. « Vous pourriez trouver des archives sur ce qu'il a fait depuis son arrivée ou départ de Poudlard. »

« Bien sûr, » dit Maugrey, sachant que Dumbledore savait tout ce qu'il y avait à savoir sur les étudiants qui étaient passés par Poudlard. Le ministère aurait aussi des archives utiles.

Le serveur arriva et prit les commandes. Motivé par la promesse d'Harry de payer l'addition, Maugrey se commanda une généreuse portion. Bellatrix fit de même, mais pour d'autres raisons. Harry commanda ensuite, mais intérieurement, ce n'était pas parce qu'il avait de l'argent qu'il avait à le dépenser de façon extravagante.

Puis la conversation continua pendant qu'ils attendaient que le serveur revienne avec leurs plats. « Il y a une autre raison pour laquelle je voulais vous voir, » annonça Harry.

« Vraiment ? » demanda Maugrey.

« Aimeriez-vous avoir l'opportunité de capturer certains des partisans de ce Seigneur des Ténèbres pour les interroger ? Je sais que vous pourriez en apprendre pas mal sur eux en leur administrant un sérum de vérité. »

« Il est évident que j'aimerai avoir cette opportunité, » dit Maugrey, « mais il faudrait qu'ils soient capturés en train ou après avoir commis un crime. Pour l'instant, leur simple allégeance à ce mage noir n'est pas une raison suffisante pour les arrêter. »

« Quoi, » s'exclama Bellatrix. « Tuer mon père n'est pas un motif suffisant ? »

Maugrey grommela. « Je ne dis pas que le meurtre de votre père n'est pas une raison suffisante, mais à l'exception du Seigneur des Ténèbres et de Lucius Malfoy, nous ne connaissons pas l'identité des autres personnes présentes cette nuit là.»

« Vous ménagez la chèvre et le fou… » marmonna Bellatrix.

« A quoi pensiez-vous Mr Ashworth ? » dit Maugrey, essayant de se reconcentrer sur la conversation.

Harry sortit la carte que lui avait donné Rabastan Lestrange et la montra suffisamment longtemps à Maugrey pour que l'auror voie sa photo. Puis il rangea la carte. « Les partisans du Seigneur des Ténèbres veulent me capturer. Ils distribuent ces cartes à toutes les vermines du monde magique. Si je suis aperçu, ils doivent activer cette carte. Cette carte fera venir quelques uns des partisans du Mage Noir. Puis ils essaieront de me capturer. »

« Et vous avez réussi à mettre la main sur l'une de ces cartes. Bien joué Mr Ashworth, » dit Maugrey.

« Je pense que pourrions trouver un bel endroit où poser une embuscade. Quelqu'un activera la carte pendant que je me baladerai, clairement vulnérable et vous et les aurors vous cacherez. Les minions du Seigneur des Ténèbres apparaitront et vous les ferez tomber avant qu'ils ne comprennent ce qu'il se passe. Vous aurez ainsi une poignée de sorciers ou de sorcières qui auront été pris sur le vif, en train de m'attaquer. »

« J'aime ça, » observa Maugrey. « J'aime beaucoup ça. Ils ne seront clairement que des laquais. Nous serions obligé d'enquêter qui les a engagé. Un peu de pression et ils pourraient admettre qu'ils voulaient vous kidnapper. La conspiration de kidnapping coute bien plus qu'une simple attaque. »

« Vous n'avez pas de besoin de faire pression pour qu'ils admettent qu'ils voulaient kidnapper Harry, » dit Bellatrix. « Je pense que avons déjà suffisamment de preuves pour ça. »

« C'est vrai, » dit Maugrey.

Leurs plats arrivèrent et ils arrêtèrent de discuter jusqu'à ce que le serveur finisse de placer les assiettes sur la table et soit parti. « Dès que nous aurons fini de manger, » dit Harry, « nous sortirons et chercherons un lieu et une date pour prévoir cette petite embuscade. »

Quelques jours plus tard, Harry finit de se doucher, se sécha et s'habilla. Puis il utilisa sa baguette pour défaire le charme avancé qu'il utilisait sur la porte de la salle de bain pour s'assurer de son intimité. Il ouvrit la porte pour trouver Bellatrix qui ne portait qu'un soutien-gorge et une culotte. Le fait qu'il avait fermé la porte l'avait visiblement ennuyé.

« Bonjour, » dit joyeusement Harry. « Ne prends pas une douche trop longue, sinon je partirai sans toi. »

Bellatrix prit un air renfrogné mais ne dit rien. Harry s'était entêté à résister à ses tentatives pour les pousser à une relation plus intime. Il faisait tout pour éviter ses stratagèmes et cela rendait ses ruses plus difficiles pour continuer sa campagne sans perdre sa dignité.

Harry marcha vers la cuisine où il prépara un petit déjeuner, puis il se servit. Bellatrix, complètement habillée, même si ses cheveux étaient mouillés arriva peu après et mangea rapidement. Harry avait reçu une réponse de Mme Cole, la matrone d'un orphelinat et qui se souvenait que Tom Jedusor avait un jour été l'un de ses protégés. Harry l'avait contacté et pris rendez-vous. Bellatrix, bien sûr, avait insisté pour l'accompagner.

Le duo fut bientôt prêt et transplana depuis la salle de séjour vers une petite allée à Londres. Leur arrivée peu orthodoxe ne fut pas remarquée par les moldus et ils avancèrent dans la foule quotidienne pour se rendre vers l'orphelinat que Lord Voldemort appelait avant maison.

Après être arrivés à la réception de l'orphelinat, ils furent introduits dans le bureau privé de Mme Cole qui s'occupait de l'orphelinat. Elle les salua. « Mr Ashworth, » dit-elle, s'adressant à Harry, « je suis content de vous rencontrer. J'espère que je pourrais vous aider. »

Harry jeta un coup d'œil à son bureau et vit la lettre qu'il avait écrite et ensorcelée. Apparemment, sa lecture en anticipant leur rendez-vous l'avait rendu coopérative. « Oui, » répondit laconiquement Harry. « Je pense que vous pourrez nous aider. Ma… femme et moi cherchons des informations sur Tom Jedusor. »

Bellatrix haussa un sourcil quand il prononça le mot « femme ». Harry haussa les épaules mentalement. Il s'était préparé à dire partenaire d'affaires, mais elle n'était pas habillée comme telle. Le mot femme ferait l'affaire. Cela leur donnait plus de légitimité. Comment se pouvait-il en effet qu'un homme et sa femme se promènent d'orphelinats en orphelinats et aient de mauvaises raisons ?

Mme Cole hocha la tête et ils s'assirent. Sans perdre de temps, Mme Cole commença à leur dire tout ce qu'elle savait sur Tom Jedusor ainsi que les hypothèses et les conclusions auxquelles elle était parvenue au fil des ans. Elle commença avec les bases : son nom, ses parents, la façon dont il était arrivé à l'orphelinat, etc. Finalement, elle raconta comment il se comportait avec les autres enfants.

« En grandissant, de mauvaises choses sont arrivées aux enfants avec lesquels il ne s'entendait pas. C'était très difficile pour nous de comprendre comment ces choses s'étaient passées, » expliqua Mme Cole.

« Je vois, » dit Harry, n'étant pas étonné de ces mauvaises choses. Qui pouvaient facilement être expliquées par de la magie accidentelle.

« Y avait-il un motif récurrent dans ces comportements méchants ? » demanda Bellatrix.

« Je ne vois pas ce que vous voulez dire, » dit Mme Cole.

« Et bien, par exemple, était-il toujours cruel de la même façon, victimisait-il les autres enfants de la même manière ? »

Mme Cole secoua la tête, en essayant de repenser à l'enfance de Tom Jedusor. « Toutes les mauvaises choses qui se sont produites étaient différentes. On pouvait dire qu'il était créatif. »

« Okay, » dit Bellatrix, « mais y avait-il une stratégie sous-jacente ? Quelque chose qui pourrait relier les choses qu'il faisait, même si elles étaient différentes ? »

« Il ne se lançait dans une confrontation que quand il savait qu'il avait l'avantage, » dit Mme Cole en fronçant les sourcils et cherchant d'autres informations. « Il volait aussi. »

« Voler ? » demanda Harry.

« Des trophées, je pense, » dit Mme Cole. « Il semblerait qu'il volait souvent des objets aux autres enfants qu'il martyrisait. Dans un sens, ils étaient ses trophées. Ils avaient une étrange valeur sentimentale, dans un sens tordu vous pourriez dire. »

« Pouvez-vous nous en dire plus sur ces sentiments ? » demanda Bellatrix.

« Et bien, les objets et les lieux étaient d'une suprême importance pour lui. Il était également obsédé par ses origines. Il m'a demandé plus d'une fois de lui trouver des informations sur son père. J'ai toujours essayé mais c'était difficile, surtout à l'époque. »

« Je comprends son obsession avec les objets et je connaissais aussi son obsession pour son père, mais je ne suis pas sûr de vous comprendre sur les lieux, » songea Harry à voix haute.

Mme Cole haussa des épaules. « Nous emmenions les enfants visiter différents lieux pendant les petites vacances, vous savez. Beaucoup d'entre eux achetaient des cartes postales ou des souvenirs. Il achetait aussi des cartes postales, mais c'était différent. C'était comme si le lieu qu'il visitait lui appartenait. C'était la même chose avec les environs de l'orphelinat. On pourrait dire qu'il était très territorial. »

« Okay, » dit Harry, comprenant vaguement.

« Oui, » dit Mme Cole, « très territorial et possessif. Aussi très ambitieux. »

« En effet, » dit Bellatrix.

« Qu'est-il advenu de lui ? » demanda Mme Cole.

Harry et Bellatrix passèrent la soirée dans un autre restaurant branché de Londres. Bellatrix s'était de nouveau habillée dans une robe de soirée et avait coiffé ses cheveux avec son épingle à cheveux. Elle semblait déterminée à ce qu'Harry lui fasse la cour. Il avait confirmé que cette sortie était officiellement un rendez-vous. Il passait lui-même un peu de bon temps. La nourriture était bonne et la compagnie de Bellatrix était plaisante.

Ironiquement, Bellatrix n'arrivait pas à s'empêcher de penser à la situation de Voldemort. Ainsi, même si Harry était prêt à s'engager dans une conversation légère et de flirter, son esprit à elle ne pensait pas à la romance.

« Je pense, » déclara Bellatrix, « que le journal intime était un horcruxe. »

« Un horcruxe ? » demanda Harry. « De quoi s'agit-il ? »

Brièvement, Bellatrix expliqua comment un sorcier pouvait séparer son âme en deux et la placer dans un objet. Théoriquement tout objet pouvait faire l'affaire mais en pratique, personne ne plaçait un bout de son âme dans une boite d'œufs ou une canette. En fait, les objets étaient soit des êtres vivants ou des objets hautement magiques.

« Ce que tu m'as dit sur le journal intime et les incidents de ta deuxième année à Poudlard prouvent que le journal intime était un horcruxe, » dit Bellatrix. « J'y ai pensé il y a quelques jours et ai écarté cette possibilité afin de me concentrer sur autre chose, mais après avoir parlé à Mme Cole, je pense que la théorie de l'horcruxe convient mieux à la situation du Seigneur des Ténèbres. »

« Que veux-tu dire ? » demanda Harry, intrigué.

« Elle a dit qu'il prenait des trophées. Il est obsédé avec les objets et les lieux et avec l'immortalité. L'horcruxe est un objet qui peut être caché dans un lieu hautement personnel pour le protéger. Cela rendrait la personne quasiment immortelle. »

« Et quel rapport ça a avec le fait de prendre des trophées ? » dit Harry.

Bellatrix soupira. « Pour faire un horcruxe, il faut tuer quelqu'un de sang froid. Si ce Seigneur des Ténèbres est aussi diabolique que tu le dis, voler des gens, les tuer et tourner l'objet en horcruxe est tout à fait logique. »

« Je suppose qu'il a tué Mimi Geignarde, » remarqua Harry, « même si je doute qu'il lui ait volé le journal intime. »

« Je suppose, » dit Bellatrix, « mais ça colle toujours, n'est-ce pas ? »

« Je le pense aussi, » dit Harry. « Je suppose que nous devons trouver ce journal intime, n'est-ce pas ? »

Bellatrix haussa les épaules. « Il ne l'a sans doute pas encore donné à Lucius Malfoy. Nous devrions sans doute essayer de retracer son parcours et trouver où il aurait pu cacher ses horcruxes ou essayer d'identifier quels objets il aurait pu transformer en horcruxes. »

« Tu en parles comme s'il y avait plus d'un horcruxe, » dit Harry.

« Et bien, penses-y Harry. C'est un maniaque du contrôle. Tu as observé les tentatives de Rodolphus Lestrange pour essayer de localiser ou d'acheter de précieux objets ou des objets magiques chez des antiquaires. Tu penses sérieusement qu'il s'arrêterait à un seul horcruxe ? Moi pas. »

« Tu as raison, » songea Harry. « Il les cacherait probablement dans des lieux importants pour lui. »

« As-tu quelques idées ? »

Harry hocha la tête. « Il y a une ville appelée Little Hangleton. »

« Mme Cole a dit que sa mère venait de là, » se souvint Bellatrix. « Elle était une Gaunt. »

« Oui, » dit Harry, se souvenant que Voldemort avait fait référence à la maison à Harry quand il avait visité la propriété des Gaunt. « Les Gaunt ont-ils une propriété à Little Hangleton ? »

Bellatrix renifla. « Je ne crois pas. Ils sont une famille très pauvre, mais prétentieuse. »

« Peut-être la maison Jedusor, » dit Harry se souvenant de sa visite dans le cimetière et des commentaires de Voldemort. « Cela ressemblait à une ruine dans le futur. Si on voudrait y cacher quelque chose, ce serait idéal. »

« Nous devrions peut-être y faire une visite, » observa Bellatrix.

L'embuscade planifiée par Harry et Maugrey était prévue pour le soir même. Harry et Bellatrix sortirent directement après le diner dans une allée sombre que les trois complices avaient choisi quelques nuits avant. Harry avait proposé de s'arrêter à leur appartement afin que Bellatrix enfile quelque chose de plus approprié mais elle avait refusé, remarquant que Maugrey devait emmener plusieurs aurors afin que la capture ait lieu avec que les hostilités ne commencent.

« Vous êtes en retard, » grogna Maugrey.

« Non, c'est faux, » rétorqua Bellatrix. « De plus, ils ne viendront pas avant qu'Harry n'active pas la carte. Tout est en notre contrôle. »

« Ce n'est pas le seul facteur, » se plaignit Maugrey. Il se tourna vers Harry. « Très bien, mes hommes sont en position. » Il montra une allée. « Allez là-bas. Activez la carte à mon signal, puis commencez à marcher. Dès qu'ils apparaitront, nous activerons les enchantements anti transplanage et portoloin. Dès qu'ils seront là, ils ne pourront plus s'enfuir. »

Bellatrix bailla et regarda Harry suivre les instructions de Maugrey. Maugrey la fit marcher vers une allée et lui demanda de rester en place pendant l'attaque. Puis il retourna à l'entrée de l'allée où il signala à Harry d'activer la carte avant de se placer lui-même sous un sort de désillusion.

Après quelques moments, le bruit de plusieurs transplanages retentit dans la rue. Après une brève pause, le combat éclata alors que les aurors essayaient de capturer les mangemorts présents pour kidnapper Harry. Ce fut fini en quelques instants. Une fois que les sons du combat cessèrent, Bellatrix sortit de la rue pour voir que les aurors avaient capturé cinq des partisans de Lord Voldemort.

Harry se tenait à environs trois mètres de là où le combat avait commencé. Sa baguette était tirée et pointée vers le cinquième attaquant alors que les aurors menottaient les quatre autres et les préparaient pour les emmener dans les cellules du Ministère. C'était Rodolphus Lestrange. Se sentant légèrement embêtée qu'Harry ait eut l'occasion de participer au combat sans elle, Bellatrix marcha jusqu'à Harry et Rodolphus et prit un air renfrogné en voyant le sorcier auquel sa mère et sa tante avaient voulu la marier.

« Tu as tué Orion, n'est-ce pas, » dit Bellatrix.

Rodolphus ricane. « Il ne serait pas très sage de ma part d'admettre ça maintenant, n'est-ce pas ? De plus, ça n'a pas d'importance si c'est le cas. Quelqu'un l'aurait fait éventuellement. Il était dans le chemin du Seigneur des Ténèbres. Il y aussi le fait que ta tante est si… coopérative quand il s'agit des ambitions du Seigneur des Ténèbres. »

Bellatrix cilla et frappa Rodolphus au visage. Harry grimaça et sourit à la fois. Quand elle vit Maugrey approcher du coin de l'œil, Bellatrix profita de son dernier moment privé avec Lestrange et siffla un message. « Si tu revois un jour ma tante, tu peux lui dire que je vais venir pour elle. Dès qu'elle ira quelque part, elle devra s'inquiéter de savoir si je ne l'attends pas l'angle d'une rue pour l'éliminer. »

Malgré la douleur qu'il sentait, Rodolphus ricana quand Maugrey approcha, tenant une paire de menottes inhibitrices de magie. « Je suis sûr que ça va vous faire sentir mieux. »

Bellatrix se prépara à le frapper de nouveau mais Maugrey lui posa une main sur l'épaule et la retint. « J'aurais dû les lui mettre la dernière fois, ça aurait été plus simple, » dit-il en faisant un sourire tordu avant de mettre les menottes à Lestrange et de le stupéfixer.

Maugrey se tourna vers Harry. « Je suis surpris que nous en ayons eu autant que cinq. Je suis sûr qu'ils seront très utiles. Je pourrais les utiliser pour avoir plus d'informations sur le Seigneur des Ténèbres et je suis sûr que le Ministre Prewett s'en servira pour augmenter son pouvoir politique et son influence sur la population pour son combat contre ce Mage Noir. »

« Bien, » dit Harry. « Il vaudrait mieux que je me fasse discret pour l'instant. Le Seigneur des Ténèbres ne va pas être très content. »

Maugrey ricana. « Je le pense aussi. »

« Vous feriez mieux aussi de sécuriser Azkaban, » suggéra Harry. « Les détraqueurs ont les alliés naturels des mages noirs. Vous ne voudriez pas qu'il fasse évader ses partisans et qu'il recrute par la même occasion les détraqueurs. »

« Je ne pense pas que ces cinq-là soient si précieux, » souligna Maugrey.

Harry jeta un coup d'œil aux quatre autres prisonniers inconscients. « Je suppose que vous n'avez pas eu Malfoy. »

« Non, j'ai bien peur que non, » dit Maugrey.

Harry hocha la tête. Il semblait que les aurors étaient prêts à transporter leurs prisonniers. « Il faudra que je vous revoie plus tard cette semaine, Maugrey. Nous avons trouvé certains indices qui indiquent que le Seigneur des Ténèbres a pris certaines mesures pour se rendre immortel. Nous continuerons à enquêter d'ici là. Avec un peu de chance, j'aurais plus de détails concrets d'ici la prochaine fois. »

« Assurez-vous de ne pas attendre trop longtemps avant de me contacter, » grogna Maugrey. « Je veux des détails aussi vite que possible. »

« Pas de soucis, » dit Harry. « Ce n'est pas comme si j'avais d'autre choses à faire maintenant. »

Via transplanages et portoloins, les aurors partirent avec leurs prisonniers, laissant Harry et Bellatrix seuls.

« C'est un peu décevant, » remarqua Bellatrix. « On pourrait croire qu'après une embuscade si réussie, on se sentirait plus victorieux. »

Harry haussa des épaules. « Des petites batailles victorieuses peuvent faire remporter une guerre. »

Bellatrix hocha la tête. « Oui, bien sûr. » Elle garda le silence avant de reparler. « Allons jeter un œil au Manoir Jedusor à Little Hangleton. Tu as dit que maintenant que ces cinq là étaient capturés, tu pourrais la mettre en veilleuse. Peut-être que nous pourrions s'en sortir avec une petite fouille avant que Voldemort ne le découvre. »

« Je doute qu'il vienne me chasser juste après cette embuscade, » dit Harry. « Quand j'ai dit faire profil bas, je pensais éviter des lieux comme le Chemin de Traverse. Ils risquent de doubler leurs efforts. De plus, je suis sûr que Voldemort le sait maintenant. »

Bellatrix haussa des épaules. « Et bien, il sera peut-être assez distrait pour l'instant pour ne pas s'inquiéter de nos visites à ses cachettes potentielles. Je pense que cela vaut le coup de visiter Little Hangleton pour vérifier si notre théorie est correcte. »

Harry hocha la tête, repensant à son séjour à Little Hangleton durant la tâche finale du Tournoi des Trois Sorciers. Voldemort y avait trouvé refuge en attendant l'opportunité d'utiliser le sang d'Harry pour le rituel qui lui rendrait son vrai corps. « Allons-y. »

Harry et Bellatrix se trainèrent vers le Manoir Jedusor. Leur visite au repère Gaunt, indiqué par des ivrognes dans un pub n'avait mené à rien. Il semblait que c'était en effet le même endroit qu'Harry avait visité pour rencontrer Voldemort. C'était maintenant abandonné. Apparemment, le trou qu'Harry avait fait dans le mur ou le fait qu'Harry en connaissait la localisation ou peut-être ces deux faits avaient conduits Voldemort à abandonner les lieux. D'un autre côté, une brève inspection avait révélé que cette résidence n'était pas aussi confortable qu'Harry n'avait été mené à le croire. Voldemort avait utilisé des charmes pour remodeler superficiellement les lieux. De même, le Seigneur des Ténèbres ne l'avait utilisé que pour leur rendez-vous. Connaissant sa faible valeur et le fait qu'il était compromis, Voldemort ne se servait plus de ce taudis.

Malgré le fait qu'Harry doutait que Voldemort y cacherait quoi que ce soit, lui et Voldemort avaient cherché des objets magiquement cachés. Ils n'avaient rien trouvé et avaient opté de se rendre au Manoir Jedusor en passant par le cimetière. Harry n'expliqua pas la signification du cimetière, même s'il montra à Bellatrix où le père de Voldemort était enterré.

« Je pense quand même que nous aurions dû nous arrêter à l'appartement et changer de vêtements, » dit Harry en regardant Bellatrix dans sa robe. Elle avait depuis un moment retiré ses talons et les portait à la main. Ses cheveux, parfaits pendant le diner étaient maintenant en pagaille.

Voyant qu'Harry regardait ses cheveux, Bellatrix leva la main et essaya de les coiffer ? retirant l'épingle à cheveux et la remettant ensuite. « Nous allons juste y jeter un coup d'œil, » dit-elle. « Ce n'est pas comme si nous allions faire de grosses fouilles. De plus, si quelqu'un nous attrape ici, nous pourrons juste dire que nous nous sommes perdus. »

« Si tu veux, » dit Harry en tendant la main vers la porte du manoir. Même si la maison était vide et pratiquement condamnée, la porte résistait. Il la déverrouilla d'un sort. Harry et Bellatrix entrèrent dans le manoir abandonné, fermant la porte derrière eux.

« Lumos, » souffla Bellatrix, en sortant sa baguette.

Il y avait de la poussière partout. L'air était sec et sentait le mort. Il n'y avait pas eu de vie dans le manoir depuis longtemps. Harry chercha dans ses souvenirs et se souvint que Voldemort avait mentionné avoir tué son moldu de père. Quand cela s'était-il passé ? Surement longtemps avant, sinon il n'y aurait pas eu autant de poussières. D'un autre côté, les choses devenaient rapidement poussiéreuses. Harry réalisa qu'il aurait peut-être dû regarder la date sur la tombe quand ils étaient passés devant. Peut-être qu'il vérifierait avant de partir.

Harry et Bellatrix traversèrent la maison. Chaque porte qu'ils ouvrirent craqua lourdement. Harry grimaça à chaque fois, même s'il savait qu'il n'y avait sans doute pas une âme à deux kilomètres à la ronde. Finalement, ils montèrent les escaliers n'ayant rien trouvé de magique au rez-de-chaussée.

L'étage supérieur ne comprenait que des chambres et ils arrivèrent à une autre pièce au bout du couloir après avoir méthodiquement cherché les autres pièces. La pièce semblait être la chambre principale. Harry s'apprêta à entrer mais Bellatrix tendit le bras devant lui.

« Non, » dit-elle. « Il y a là de la magie noire. »

« Que veux-tu dire ? » dit Harry. « Comment arrives-tu à la détecter ? »

« Je m'en suis suffisamment servi pour avoir une certaine affinité avec, surtout quand du sang est impliqué. Et il y a eu beaucoup de sang versé. Je pense que quelqu'un y a été tué, » dit Bellatrix.

Harry hocha la tête. « Je suppose que j'aurais dû te le dire. Le père de Tom est parti et a épousé quelqu'un d'autre que la mère de Tom. Je suppose que Tom est venu et les as tous tué cette nuit là. »

Bellatrix hocha la tête, regardant intensément la pièce. « Je pense que nous avons la preuve que notre théorie est correcte. Il a pu faire un horcruxe là-dedans et l'y cacher aussi. Il a peut-être même utilisé un objet appartenant à la famille. »

« Peut-être, » concédé Harry, commençant à sentir une pointe d'excitation. Si Bellatrix avait raison, alors il avait déjà fait plus de progrès dans sa lutte contre Voldemort que l'Ordre en avait déjà fait dans le futur.

« Je ne sais pas si nous pouvons traverser cette pièce remplie de magie noire, » dit Bellatrix, « mais je peux jeter un sort de diagnostique pour voir contre quoi on joue. Si c'est trop mauvais, nous reviendrons plus tard, mieux préparés. »

« Très bien, » dit Harry.

Bellatrix sortit sa baguette, recula de quelques pas et bougea délicatement sa baguette vers la pièce. Une vague lumineuse jaillit de sa baguette et pénétra dans la pièce. Elle révéla une myriade de couleurs et de sorts ainsi que certaines runes sur le sol.

« Ca s'annonce mal, » remarqua Harry, n'ayant pas besoin de l'opinion professionnelle de Bellatrix pour certifier la sévérité de la magie noire qui protégeait ce que Voldemort cachait.

« Je pense que nous allons avoir besoin d'aide pour passer ça, » soupira Bellatrix.

« Je vois, » dit Harry en haussant ses sourcils. « Que faut-il pour détruire un horcruxe ? »

« Je ne suis pas sûre, » admit Bellatrix. « J'aurais probablement dû faire plus de recherches. Je pourrais le faire plus tard, avant que nous revenions. »

« J'étais en train de penser que le feudeymon était assez efficace, » observa Harry. « Je pourrais enflammer la maison et cela pourrait détruire l'horcruxe s'il se situe ici. Si ce n'est pas le cas, le feudeymon ne détruira-t-il pas tout ce qui ancre la magie noire pour protéger l'horcruxe ? Ainsi, nous pourrons récupérer l'horcruxe dans les cendres du manoir. »

« C'est une sacré bonne idée, » dit Bellatrix. « Mais si nous brûlons toute la maison et que l'horcruxe est sensible au feudeymon, nous ne saurons jamais s'il y avait là un horcruxe. »

« Je n'avais pas pensé à ça, » grommela Harry.

« J'ai une idée, » dit Bellatrix. « Sais tu contrôler le feudeymon ? »

« Oui, plutôt bien même, si je ne suis pas magiquement épuisé, » répondit Harry.

« Pourquoi ne lances-tu pas une langue de feudeymon dans la pièce ? » suggéra Bellatrix. « Juste assez pour brûler chaque surface d'au moins un centimètre. Cela devrait détruire les enchantements. Puis nous vérifierons si cela a servi à quelque chose. »

« Bon plan, » dit Harry. Il sortit sa baguette et Bellatrix recula de plusieurs pas.

Harry visa et une flamme de feudeymon jaillit de sa baguette. Presque aussitôt, Harry tendit sa baguette, fit une rotation du poignet et tenta de contrôler le feudeymon. Cela s'avéra difficile et Harry suait à profusion quant il réussit à l'éteindre.

Bellatrix examina les dommages tandis que Harry récupérait son souffle. « Il semblerait que tu aies brûlé deux ou trois centimètres. Mais c'était à prévoir. Le feudeymon n'est pas exactement un outil de précision. »

« Et ce que cela a marché ? » demanda Harry.

Bellatrix était en train de jeter un charme de diagnostique quand la cicatrice d'Harry commença à le brûler intensément. Sans perdre un instant, Harry attrapa Bellatrix et essaya de les faire transplaner. Malheureusement, des charmes anti transplanages étaient en place.

« Qu'est-ce qui ne va ? » glapit Bellatrix, sachant seulement qu'Harry avait essayé de les faire transplaner.

« Voldemort est là, » dit Harry.

Le picotement devint plus fort. Sachant que Voldemort devait être dans la maison, Harry regarda vers les escaliers et jeta un reducto qui se dirigea vers le mur des escaliers mais qui fut soudainement bloqué par un bouclier. Un sort d'explosion jaillit vers Harry au moment même où Harry et Bellatrix se baissaient par terre.

Dès qu'il passa au dessus d'eux, Harry roula sur le côté et visa les ténèbres vers la position supposée de Voldemort.

« Expelliarmus ! » cria Harry, reprenant ses vieilles habitudes. Dans les airs, le sort de désarmement d'Harry percuta un sort de mort de Voldemort. Les baguettes étant sœurs, le Priori Incantatem survint. Les baguettes d'Harry et Voldemort se connectèrent. Un jet rouge jaillit de la baguette d'Harry tandis qu'un jet vert sortit de celle de Voldemort.

Les sorts illuminèrent le couloir, révélant clairement la position de Voldemort, près des escaliers et celle d'Harry qui était par terre. La détermination se montra sur le visage d'Harry tandis qu'une expression de consternation et de peur apparut sur celle de Voldemort.

« Qui est-tu Harry Ashworth ? » cria Voldemort par dessus le grondement des sorts et l'écho du chant du phoénix. « Comment connaissais-tu cet endroit ? »

Sachant que la concentration était essentielle pour remporter la bataille du Priori Incantatem, Harry ne répondit pas mais se concentra pour diriger son sort sur la baguette de Voldemort.

Mais ce n'était pas seulement un duel entre Harry et Voldemort. Bellatrix était là elle aussi. « Avada Kedavra ! » cria-t-elle. Un éclair vert jaillit vers Voldemort. Il l'évita de justesse, grimaçant quand il explosa dans le mur envoyant des débris derrière lui.

La connexion entre les deux baguettes se rompit – partiellement parce que Voldemort venait d'éviter le sort mortel de Bellatrix mais aussi volontairement car Voldemort venait de réaliser qu'il perdait la bataille du Priori Incantatem face à Harry.

« Avada Kedavra ! » cria Bellatrix encore et encore.

Harry regarda Voldemort éviter de justesse tous les sorts mortels de Bellatrix. « Garde le rythme, » lui dit Harry, espérant qu'elle avait entendu. »

S'en remettant une nouvelle fois au feudeymon, Harry le jeta à Voldemort. Si la maison s'enflammait, cela deviendrait difficile pour Voldemort d'éviter les sorts de mort et de feu. Peut-être que si l'un des sorts mortels de Bellatrix touchait sa cible, Voldemort finirait dans une condition similaire à celle qu'il avait eu après avoir échoué à tuer Harry. Cela leur donnerait à Bellatrix et lui suffisamment de temps pour chercher les autres horcruxes. Puis ils se rendraient en Albanie, là où Harry savait que Voldemort se cacherait.

Entre les sorts de Bellatrix qu'il évitait et le feudeymon d'Harry, il était difficile pour Voldemort de contrattaquer et il ne voulait pas abandonner. Il y avait trop de choses en jeu. Il commença à reculer vers les escaliers. Harry et Bellatrix avancèrent afin que Bellatrix continue à jeter ses impardonnables au Mage noir.

Voyant que Voldemort battait en retraite et que le feudeymon lui fournissait une grande distraction, Harry réalisa que s'il pouvait distraire Voldemort davantage, alors peut-être qu'il finirait touché par un des sorts de Bellatrix. Avec un petit sourire d'espoir, Harry jeta soudainement plusieurs sorts de reducto sur le mur et sur Voldemort. Des débris commencèrent à s'accumuler. Avec un grand mouvement de baguette, Harry bannit tout ce qui n'était pas humain ou tenu sur Voldemort. Voyons voir si le Seigneur des Ténèbres peut éviter ça, le feudeymon et quelques sorts de mort, ricana mentalement Harry.

Un soudain cri de surprise de Bellatrix alerta Harry que quelque chose n'allait pas. Il lui jeta un coup d'œil et la vit fouiller ses cheveux. Sa coiffure était tombée parce que son épingle à cheveux n'y était plus. Harry glapit et se tourna vers Voldemort. Il vit parmi les débris l'épingle magique qui volait vers Voldemort.

Avant qu'Harry ne puisse réaliser la gravité de la situation, Voldemort, n'étant plus obligé d'esquiver les sorts de mort de Bellatrix brandit sa propre baguette et jeta une vague de force suivie d'un charme de bannissement. Le propre sort d'Harry s'annula facilement et les débris qu'Harry avait créés fusèrent vers Harry et Bellatrix à toute vitesse.

Le bois et la pierre éclatèrent sur Harry et Bellatrix, les entaillant tandis que Bellatrix essayait fébrilement de jeter un sort du bouclier. Puis, soudainement, Harry cria quand il sentit l'épingle à cheveux rentrer dans son estomac. Se sentant tout à coup très faible, il tomba à terre. Au loin il entendit Bellatrix crier de manière hystérique tandis que Voldemort riait et jetait à son tour du feudeymon.

Bellatrix jeta plusieurs autres sorts de mort sur le Seigneur des Ténèbres mais ce n'était plus nécessaire. Voldemort partait déjà, sachant qu'Harry et Bellatrix allaient mourir. En sanglotant, Bellatrix tomba sur ses genoux à côté d'Harry et attrapa l'épingle.

«Non, » haleta Harry faiblement, sachant instinctivement que l'arracher ferait plus de dommages.

Avant que l'un d'eux ne puisse faire quoi que ce soit d'autre, ils furent pris de vertige. Puis, plus rien.

FIN DE LA PARTIE UNE

Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche… il sera marqué par le Seigneur du Ténèbres comme son égal… il sera lié à la fille des étoiles et changera son destin dans le ciel… depuis le siège des Black il chassera le Seigneur des Ténèbres et aura un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore… et l'un devra mourir de la main de l'autre car aucun ne peut vivre tant que l'autre survit. Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche… Sybille Trelawney