Disclaimer: Harry Potter appartient à JK Rowling et cette traduction que je fais de l'histoire de Lord Silvere n'est pas utilisée à des fins commerciales.
Reviews: Et voici la seconde partie de cette pour vos précédents commentaires. Pour répondre à la question sur ma fréquence de parution, on va dire que c'est quand j'ai le temps. La traduction de cette histoire est déjà finie, je n'ai plus qu'à poster les chapitres une fois que je les ai relus. Amusez-vous bien et laissez vos commentaires ;)
Chapitre 25 : Presque mort à l'arrivée
Le monde tourna autour d'Harry et Bellatrix alors que des flammes de feudeymon dansaient autour d'eux et consumaient le manoir Jedusor. Désespérée, Bellatrix s'accrocha à Harry, une main sur l'épingle à cheveux qui sortait de son ventre et l'autre bras autour de ses épaules. Bellatrix essayait de lutter contre les vertiges qui l'assaillaient. Elle devait faire quelque chose pour aider Harry. Sa respiration devenait de plus en plus rauque. Les vertiges s'accentuèrent et elle ressentit bientôt des tremblements. Pendant un instant elle ferma les yeux et tout s'arrêta.
Surprise, Bellatrix ouvrit les yeux et regarda autour d'eux. Il n'y avait plus de trace du Manoir Jedusor. Le paysage était recouvert de neige et le soleil commençait à se coucher à l'horizon. Devant elle se trouvait le cimetière qu'Harry lui avait montré : là où se trouvait la tombe du père de Lord Voldemort. Il n'y avait plus une trace du manoir dans lequel s'étaient trouvés Bellatrix et Harry. Un cri involontaire d'Harry ramena l'attention de Bellatrix sur lui.
« Il faut qu'on t'emmène à Sainte Mangouste, » souffla Bellatrix, enlevant précipitamment sa main de l'épingle à cheveux qui s'était plantée dans l'estomac d'Harry à cause du sort de Voldemort. Elle enleva son bras de ses épaules et le posa doucement au sol.
« Non, » chuchota Harry, essayant clairement de garder les yeux ouverts.
« Tu as besoin de toute urgence de soins médicaux, » contra Bellatrix.
« Voyage dans le temps, » murmura Harry en ayant la nausée. « Le Manoir Jedusor n'est plus là. Nous devons être dans le futur. C'est dangereux. »
Bellatrix regarda de nouveau autour d'eux. La neige ne collait pas du tout avec l'été qu'ils étaient en train de passer. Elle prit sa baguette et jeta un sort pour faire fondre la neige. L'herbe et la végétation étaient mortes. Si Harry avait raison, ils avaient voyagé de plus de six mois ou un ans dans le futur. Si Bellatrix n'avait pas su qu'il y avait avant un manoir là où ils se tenaient avec Harry, elle ne l'aurait jamais cru.
« Tu penses que le Seigneur des Ténèbres est toujours en vie ? » demanda Bellatrix nerveusement, essayant de comprendre dans quelle situation ils se trouvaient.
« J'en suis sûr, » murmura Harry. « Maison, ramène moi à la maison. »
Suivant les souhaits d'Harry, mais ignorant ses instincts qui la poussaient à l'emmener à l'hôpital, Bellatrix prit Harry dans ses bras, faisant de son mieux pour être douce. Utilisant sa baguette, elle les fit tous deux transplaner directement dans leur appartement. Elle fut contente de découvrir que c'était toujours leur appartement. Leurs meubles étaient encore là, bien que recouverts d'une épaisse couche de poussière. Elle fit léviter Harry et l'emmena dans sa chambre.
Plusieurs sorts ménagers rendirent la pièce de nouveau habitable et Bellatrix déshabilla rapidement Harry et le mit au lit. Il luttait pour rester éveillé.
« Que proposes-tu maintenant Harry ? » demanda Bellatrix. Il avait résisté quand elle avait voulu retirer l'épingle et résisté aussi pour aller à l'hôpital. Elle voulait faire ce qu'il pensait être le mieux. S'il ne savait pas, elle improviserait.
« Le contrat, » chuchota Harry.
« Quoi ? » demanda Bellatrix.
« Contrat de mariage, » dit Harry à voix basse, essayant visiblement de toutes ses forces de rester conscient. Son visage était très pâle. « Je vais le signer. Tu hériteras de tout. »
Bellatrix fut saisie d'un violent mélange d'émotions. Elle voulait plus que tout au monde qu'Harry signe le contrat, mais pas comme ça. Non s'il pensait le signer afin de mourir en paix et la laisser résister, lutter ou fuir Voldemort toute seule. « Non Harry, » dit-elle. « Pas comme ça. »
« Si, » dit Harry. « S'il te plait. Juste au cas où. »
Bellatrix quitta la pièce. Il ne lui fallut qu'un instant pour trouver le contrat. Le parchemin était bien plus vieux et Bellatrix commença à se demander de combien d'années dans le futur ils avaient voyagé. Elle prit une plume et un pot d'encre et retourna bientôt au chevet d'Harry. « Il faut que tu signes à deux endroits, » dit-elle à Harry, les larmes aux yeux. « Mais souviens-toi, tu vas te rétablir après. »
« On n'en sait rien, » grogna Harry, en faisant deux gribouillis sur le parchemin. « Je suppose qu'on est marié maintenant. »
« Pas tant que je ne l'aurais pas envoyé à la banque, » répondit Bellatrix, se sentant bizarre. Elle mit dans sa poche le contrat de mariage. « Qu'allons-nous faire maintenant pour t'aider ? »
« J'ai caché des potions un peu partout, » chuchota Harry.
« Où sont-elles ? » demanda Bellatrix.
Harry commença à essayer de le lui expliquer, mais son état empira et ce qu'il disait n'avait aucun sens.
« As-tu écris leur localisation ? » le pressa Bellatrix.
Harry secoua la tête faiblement, se sentant frustré et pathétique.
Bellatrix réalisa qu'Harry était sur le point de perdre conscience. Soudainement, elle eut une idée. « Harry, » dit-elle, « regarde moi dans les yeux. Je vais essayer la légilimancie. Penses juste à tes cachettes. »
Le regard d'Harry était trouble mais il regarda dans les yeux violets de Bellatrix. Bellatrix leva sa baguette et jeta le sort pour lire son esprit. Cela ne marcha pas. « Il faut que tu m'ouvres ton esprit, » le pressa Bellatrix.
Elle essaya encore et elle sentit sa conscience se glisser derrière les yeux d'Harry. C'était comme si elle regarda à travers ses yeux mais des choses qui n'étaient pas là. Un peu choquée, Bellatrix le vit jeter une boite dans la tombe ouverte de son père. Elle sentit un vague embarras venir d'Harry. Il n'avait probablement pas anticipé qu'elle découvrirait cette cachette. La scène changea et Harry se trouva dans une maison en construction. Il sécurisa une autre boite dans la cheminée de la maison.
« Je dois savoir où se trouve cette maison Harry, » dit lentement Bellatrix essayant de maintenant sa faible connexion dans l'esprit d'Harry.
Lentement, la scène changea et il essaya de montrer une carte à Bellatrix pour trouver la maison de son oncle et de sa tante. Cela amena d'autres souvenirs de la maison. L'esprit d'Harry montra à Bellatrix la position de la maison dans le voisinage, puis la position du voisinage au sein d'un plus grand quartier et enfin la position du quartier à Londres. Puis l'esprit d'Harry lui montra aussi d'autres souvenirs.
Bellatrix fut surprise quand un homme obèse lui cria soudainement dessus. « Monstre ! ». Puis une femme presque osseuse ordonna à Harry de faire le petit-déjeuner et de passer la serpillère. Un garçon ridiculeusement gros était après en train de maltraiter Harry. Confuse, Bellatrix mit quelques secondes avant de réaliser qu'elle assistait à l'enfance d'Harry. Dès qu'elle le réalisa, elle comprit aussi qu'elle ressentait la honte d'Harry.
Bellatrix sortit vite de l'esprit d'Harry et regarda ses yeux verts. « D'accord, » dit-elle très lentement. « Je pense que ces deux cachettes suffiront pour l'instant. Accroche-toi, je reviens très vite. »
Harry ne dit rien mais ferma les yeux
La panique se saisit du cœur de Bellatrix et elle tendit la main pour sentir le pouls d'Harry. Il était là et Bellatrix soupira de soulagement. Il allait juste se reposer. Il en avait le temps maintenant.
Bellatrix se précipita hors de sa chambre et enfila rapidement une tenue plus pratique que celle qu'elle avait porté pour le diner avec Harry et leur tragique incident à Little Hangleton. Puis elle transplana au chemin de Traverse, juste sur les marches de Gringotts.
Les sentinelles gobelines furent surpris par la soudaine apparition de Bellatrix et commencèrent à se trémousser, mal à l'aise. Bellatrix leur montra le contrat de mariage. « Donnez ça à qui de droit. Je veux que cela soit validé immédiatement. Vous pourrez tous les deux retirer cinquante gallions de mon compte pour vous remercier de vos services. Le gobelin qui fera l'enregistrement pourra retiré cent gallions pour lui si le contrat est proprement enregistré d'ici une demi-heure. »
Puis Bellatrix se retourna et jeta un coup d'œil au chemin de Traverse tandis que l'un des gobelins se précipita dans la banque. Le soleil venait juste de se coucher mais les rues étaient complètement vides à part quelques boutiques. Les boutiques d'ailleurs n'avaient pas fière allure. Il était clair qu'elles n'étaient pas abandonnées mais certaines avaient subi plusieurs vandalismes. Secouant la tête pour s'éclaircir les idées, Bellatrix se promit de repenser plus tard au chemin de Traverse.
Avec un petit transplanage, Bellatrix apparut à Privet Drive. La rue ressemblait exactement à ce qu'Harry lui avait montré. Cette pensée lui ramena les souvenirs de son enfance. Alors qu'elle s'élançait dans la rue, ses yeux violets commencèrent à luire de colère.
Dudley Dursley était allongé sur le sol, ses yeux collés au poste de télévision tandis que sa mère commérait avec une voisine au téléphone et que son père lisait le journal, laissant parfois échapper un grognement de satisfaction quand il lisait les résultats sportifs.
« Mets les informations Dudley, » dit Vernon Dursley en regardant sa montre. « Il va y avoir les résultats sportifs. »
« Ca n'arrive pas avant la fin des infos, » pleurnicha Dudley. Ces pleurnicheries ne collaient pas du tout avec l'image de cette baleine échouée dans le salon.
Vernon secoua la tête fièrement en se levant. « Tu es un bon garçon, Dudly. Tu n'abandonnes pas. Cependant, je suis l'homme de la maison et c'est ma télévision. » Vernon appuya sur un bouton et la chaine changea. Pour empêcher Dudley de changer de chaine, il prit aussi la télécommande et la posa à côté de lui sur le canapé.
Les nouvelles commencèrent. « La semaine se termine avec une autre série d'incidents violents perpétrés par de mystérieux hommes cagoulés, » commença le journaliste. « Le premier Ministre a rappelé que la police a maintenant l'autorisation de porter des armes à feu spéciales et de ne pas hésiter à les utiliser pour tuer – surtout après le coucher du soleil. »
« Stupides monstres, » marmonna Vernon sous sa barbe.
Quelqu'un frappa à la porte d'entrée. Pétunia était trop occupée pour le remarquer mais Vernon et Dudley détournèrent leur attention de la télé et regardèrent vers la porte d'entrée.
« Ne réponds pas, papa, » couina Dudley.
« Ces stupides monstres n'ont aucune raison de nous embêter, » rétorqua Vernon. « C'est probablement cet idiot de voisin qui veut encore m'emprunter ma perceuse. Il devrait embaucher quelqu'un pour refaire ses travaux, si tu veux mon avis. »
La curiosité envahit Dudley et il fit un effort considérable pour se tourner et se redresser afin d'avoir une meilleure vue sur la porte. Il regarda Vernon ouvrir la porte. Une jeune femme se tenait sur le pas de la porte. Une épaisse chevelure d'un noir corbeau encadrait son visage pale et ses yeux violets étincelaient. Dudley resta bouche bée, et fut immédiatement attiré par la jeune femme.
« Euh… puis je vous aider ? » demanda curieusement Vernon, la buvant aussi du regard.
« Oui, en effet, » répondit la jeune femme avec un petit sourire, portant une main à son visage comme pour retenir un gloussement. Cependant avant que sa main ne touche son visage, elle s'arrêta dans l'air et trembla légèrement. Un bâton noir était maintenant pointé entre les deux yeux de Vernon Dursley.
« Vous êtes l'une de ces monstres ! » s'exclama Vernon, attirant aussitôt l'attention de Pétunia qui venait de raccrocher et de remarquer qu'une étrange personne était dans sa maison.
« Oui, c'est vrai, » chuchota la fille, en faisant un pas en arrière, forçant Vernon à reculer alors que Dudley et Pétunia dévisageait la jeune femme avec frayeur. Le dos de Vernon percuta la rampe d'escalier et il fut forcé d'y rester alors que la femme ferma nonchalamment la porte derrière elle, ne le quittant jamais des yeux.
« Que voulez-vous ? » demanda Vernon, son visage rouge tomate alors qu'il essayait d'arborer un visage courageux devant l'intruse.
Les yeux de Bellatrix passèrent au dessus de l'épaule de Vernon et tombèrent sur le placard sous les escaliers. « Dites moi, Mr Dursley. Avez-vous déjà enfermé quelqu'un dans ce placard ? »
« Non, » dit Vernon en secouant sa tête de manière exagérée.
« Etes-vous sûr ? »
« Oui, » couina Vernon en fixant la baguette de Bellatrix.
Bellatrix tourna son attention vers la baleine échouée. « A-t-il déjà enfermé quelqu'un dans le placard ? »
Dudley secoua la tête, les yeux écarquillés.
Bellatrix ramena son regard sur Vernon. « C'est votre jour de chance. Ou plutôt, vous aurez plus de chance que prévu. » Elle enleva sa baguette du visage de Vernon et entra dans la salle de séjour, ses yeux fixant la cheminée. Elle secoua la baguette et dissipa toute la magique qu'Harry avait placée sur la cheminée pour protéger sa cachette.
« Qui êtes-vous ? »
« Mon identité ne vous concerne pas, » rétorqua Bellatrix, jetant un autre sort pour vérifier qu'Harry n'avait pas oublié de lui parler d'autres défenses sur sa cachette. Quand elle jeta le charme de détection, elle remarqua le journal que Vernon avait lu et le pris.
Vernon était outré. « Ne touchez pas à mon journal ! »
Bellatrix leva les yeux au ciel et feuilleta le journal. La date du jour était indiquée en gras. 19 décembre 1997. « Parfait », murmura Bellatrix.
« Je lisais les résultats sportifs, » rugit Vernon Dursley. « J'exige que vous quittiez ma maison ! Vous n'avez aucun droit de venir dans la maison de quelqu'un et de prendre son journal ! »
Bellatrix bougea sa baguette et jeta un sort de bloque-jambe sur Vernon. Il tomba par terre, incapable de se lever. « Vous souhaiterez que prendre votre journal est la seule chose qui vous arrivera quand j'en aurais fini, » déclara Bellatrix.
« Si c'est ma sœur qui vous a envoyé, je vais lui tordre le cou ! » cria Pétunia à Bellatrix.
Bellatrix se tourna vers elle et haussa un sourcil froidement. « Qu'est-ce que votre sœur a à voir avec tout ça ? »
« Elle est un montre, comme vous. »
« Vous êtes le monstre, » rétorqua Bellatrix, « mais pour le bien de cette conversation, peut-être pourriez-vous me dire qui est votre sœur. Peut-être que je la connais. »
« Lily Potter, » cracha Pétunia. « Elle est allée dans votre école de monstre et a épousé un monstre comme elle. »
« Lily Potter, » dit lentement Bellatrix, ayant un éclair de compréhension. « Comme dans Lily Evans ? »
« Oui. Vous la connaissez ? »
Bellatrix eut un sourire malicieux. « Oui. Si cela peut vous rassurer, je pensais aussi qu'elle était un monstre. »
« Oh. »
Bellatrix se retourna vers la cheminée et jeta un sort pour enlever les briques et révéler un des coffres forts d'Harry. Bellatrix prit la boite, la posa sur le canapé et l'ouvrit. Pétunia fit un pas et se pencha, sa nature curieuse reprenant le dessus sur sa peur et son outrage.
Bellatrix mit la main dans la boite et fit un sourire à Pétunia, sortant une poignée de gallions et les lâchant lentement dans la boite. « Je parie que vous ne saviez pas que vous aviez de l'or sorcier caché dans votre maison ! » Elle regarda ensuite les potions, les baguettes et le cube coloré avant de fermer la boite. « C'est tout ce dont j'avais besoin. Enfin, à part le journal. Je vais le prendre. »
« Comment osez-vous ! » cria Vernon, réussissant à avoir l'air viril malgré sa position sur le sol.
« Si vous n'avez toujours pas compris comme j'ai fait, vous ne saurez jamais, » répondit Bellatrix en tapant le coffre avec le journal. Puis elle le feuilleta, et retira la page des résultats sportifs. « Mais je vous laisse ça. » Puis elle marcha à côté de Vernon, s'agenouilla, sépara les pages, une par une, les roula en boule puis les fourra dans sa bouche avant d'éparpiller les autres pages dans la maison.
« Cela devrait faire l'affaire, » annonça Bellatrix en utilisant la magie pour empêcher les mains de Vernon d'enlever les boulettes de papier de sa bouche. Elle se tourna vers Pétunia. « Bien que votre sœur soit un monstre, je suis sûre qu'elle aura la gentillesse de venir et tout résoudre avec sa magie. Si j'étais vous, je serais très gentille en le lui demandant et j'éviterai de donner à Lily une description de moi. Si jamais je la rencontre et qu'elle sait que j'étais ici ou si j'entends que vous n'avez pas été gentille avec elle, je peux vous garantir que je reviendrais. Je suis le genre de fille qui n'a besoin que de ce genre d'excuse. »
« Qui êtes-vous ? » demanda de nouveau Pétunia, ses yeux regardant avec peur Bellatrix, puis le trou dans la cheminée et enfin son mari qui était par terre en train de s'étouffer avec le journal.
Bellatrix croisa son regard et gloussa. « D'une manière très étrange et tordue, vous pourriez dire que je suis votre nièce. » Puis elle regarda par terre Dudley qui bavait en la regardant. « Ce qui veut dire, gros tas, que je ne suis pas libre pour toi. » Elle souffla un baiser vers Dudley, attrapa la boite et le journal, puis elle ouvrit la porte et sortit, ne la fermant pas derrière elle. Depuis l'intérieur de la maison, les Dudley l'entendirent crier. « On se voit à la réunion de famille ! »
Bellatrix grommela en déverrouillant la porte d'une pharmacie moldue. La pancarte au dessus de la boutique disait qu'elle était ouverte 7 jours sur 7 et 24h sur 24, mais Bellatrix découvrit qu'elle était quand même fermée. Un mot à la main indiquait que la pharmacie ouvrait une heure après le lever du soleil et fermait une heure avant son coucher. Cela intrigua Bellatrix mais elle se ressaisit. Harry était à la maison et avait de toute urgence besoin de soins médicaux.
Elle entra rapidement et ferma la porte derrière elle. Utilisant sa baguette pour éclairer le magasin, elle prit tout ce qui semblait utile à Harry. Bellatrix trouva quelques poches près de la caisse enregistreuse et elle y laissa plusieurs billets qu'elle avait trouvés dans la boite d'Harry pour couvrir ses achats.
Satisfaite, Bellatrix transplana vers l'appartement. Harry était inconscient et brûlait de fièvre. L'épingle à cheveux était toujours dans son estomac mais il semblait qu'il avait eu la chance de pas rouler dessus durant son sommeil.
Bellatrix se demanda brièvement si elle devait d'abord s'occuper de l'épingle ou donner des potions à Harry. Elle choisit cette dernière option et Bellatrix passa les vingt prochaines minutes à faire asseoir Harry et à verser différentes potions dans sa gorge.
Retirer l'épingle à cheveux s'avéra plus compliqué que prévu. Nerveuse à l'idée de toucher une nouvelle fois l'épingle, Bellatrix conjura des gants pour enlever l'épingle sans la toucher directement. Avec l'aide d'un peu de magie, l'épingle sortit rapidement du ventre d'Harry même si cela provoqua une grosse hémorragie.
Bellatrix utilisa les gants pour poser l'épingle dans le coffre-fort qu'elle avait vidé. Elle savait qu'il était suffisamment résistant pour garder le bijou en sécurité. Quand elle en aurait la chance, elle l'emmènerait dans la voute de Gringotts. Cela lui brisait le cœur de se séparer de ce bijou, mais il était bien trop dangereux.
Il fut difficile d'arrêter l'hémorragie, mais Bellatrix eut le sentiment de l'avoir fait juste à temps. De plus, les potions qu'elle avait déjà données à Harry permettraient à son sang de se régénérer et à le protéger d'éventuelles infections en plus de le guérir.
Une fois qu'elle eut fini, Bellatrix recoucha Harry et le nettoya. Elle bailla et regarda la silhouette inanimée d'Harry. « Tu réalises que je viens juste de passer la journée la plus longue de ma vie ? Elle a commencé il y a vingt ans. »
Soudainement, une vague de froid enveloppa la main de Bellatrix. Retenant un cri, Bellatrix regarda sa main et y découvrit un anneau délicatement forgé et couvert de diamants et de joyaux noirs. Elle sourit et regarda Harry. « C'est aussi le jour de notre mariage. » Elle se pencha et l'embrassa délicatement sur les lèvres. « Je reviens bientôt Harry. Je veux avoir une autre de tes boites sous la main. »
Retenant un autre bâillement, Bellatrix attira par magie la boite qui se trouvait sur le cercueil de son père. Se sentant assez morbide, elle regarda le cercueil pendant un long moment avant de poser la boite et de replacer par magie la terre dans la tombe. Puis elle fit de son mieux pour cacher le fait que la tombe avait été rouverte.
Involontairement, des pensées sur la mort de son père et de son oncle lui revinrent en tête. Cela ne remontait pas à loin pour elle, même s'ils étaient morts depuis maintenant plus de vingt ans. Sa fureur commença à croître quand elle repensa à sa confrontation avec sa mère et sa tante après les funérailles de son père et aux commentaires de Lestrange juste avant qu'elle et Harry ne rencontrent Voldemort.
Lentement, Bellatrix déambula dans le cimetière qui dans l'ombre des ruines de Ravenbourgh. Regulus Black avait rejoint les rangs des Black décédés. Et sa mère. Bellatrix se figea et regarda la tombe de sa mère – cela signifiait que Bellatrix était officiellement orpheline, même si elle était une orpheline majeure. Grâce au clair de lune elle lut les dates sur la tombe de sa mère. Druella était morte relativement jeune – du moins pour une sorcière. Bellatrix ne connaissait pas exactement l'espérance de vie des moldus.
En bas de la pierre tombale avait été gravée une phrase en l'honneur de Druella. « Mère bien-aimée de Narcissa, Bellatrix et … Black. » Le troisième prénom avait été grossièrement effacé. Bellatrix ricana. Andromeda avait dû objecter d'être décrite comme la fille bien-aimée de Druella. Bellatrix sortit sa baguette et effaça aussi son nom de la tombe. Elle n'était en aucun cas la fille bien-aimée de sa mère. Se sentant soudainement en colère et déprimée, Bellatrix retourna à la tombe de son père et s'assit alors que les larmes commençaient à lui monter aux yeux.
En l'espace d'un mois, elle avait perdu son oncle et son père. Puis elle avait été attaquée par le Seigneur des Ténèbres. Sa tante et sa mère avait essayé de la marier avec le sorcier responsable de la mort de son père et son oncle. Voldemort avait presque tué Harry et allait peut-être même réussir si Harry ne se rétablissait pas. Tous leurs plans avaient pratiquement échoué.
Elle était maintenant Lady Black, mais à quel prix ? Sa colère et sa tristesse firent remonter d'autres souvenirs. Sa mère ne l'avait jamais bien traitée. Sa tante avait toujours été odieuse avec elle, la traitant comme un vulgaire pion. Les seules personnes qui l'avaient traité décemment étaient son oncle et son père – et Harry, même s'il avait été réticent au début. Sa mère et sa tante lui avaient presque tout pris.
Bellatrix commença lentement à sangloter. Puis ses sanglots se transformèrent en cris de colère. Finalement, elle se souvint de ce qu'elle avait promis à sa mère et sa tante. Quand elle deviendrait Lady Black, elle les brûlerait de la tapisserie familiale. Bellatrix regarda sa main gauche. Sur son doigt se trouvait l'anneau qui faisait d'elle la Lady Black. Elle se demanda vaguement si c'était le même anneau qui avait un jour orné le doigt de Walburga ou s'il était différent. Bellatrix écarta cette pensée. Cela n'avait pas d'importance. L'important pour l'instant était cette tapisserie. Si Square Grimmaud était vulnérable et que les circonstances étaient bonnes, elle changerait ce soir la tapisserie familiale.
Un simple charme alerta Walburga Black que quelqu'un venait d'entrer dans l'Ancienne Maison des Black. Supposant que c'était l'un des partisans du Seigneur des Ténèbres qui avait besoin d'aide, Walburga sortit de son lit, enfila une robe de chambre et descendit les escaliers, sa baguette illuminant le chemin. Le hall d'entrée était vide.
En fronçant les sourcils, Walburga se tourna lentement, scrutant les ténèbres du bout de sa baguette. « Quelqu'un est là ? » dit-elle en haussant légèrement la voix. Il devait y avoir quelqu'un. Le charme n'aurait pas été déclenché sir personne n'était entré dans la maison. Ce n'était pas non plus possible que Kréature ait déclenché l'alarme. Elle ne détectait que les sorciers.
« Hello ? » appela Walburga.
Personne ne répondit.
Songeant qu'un partisan du Seigneur des Ténèbres s'était simplement servi du Square Grimmaud pour se cacher avant de transplaner de nouveau, Walburga bailla et remonta les escaliers. Du haut des escaliers, elle commença à sentir de la fumée. Cela ne lui prit qu'un instant pour comprendre que la fumée venait de la salle des tapisseries.
« Kréature ! » cria Walburga, se précipitant dans la pièce et ouvrant la porte. Elle découvrit que toute la tapisserie était en feu. « Kréature ! » cria Walburga utilisant sa baguette pour commencer à jeter de l'eau sur les flammes. L'eau n'eut aucun effet.
Le feu doubla de volume et jeta des ombres sur le visage paniqué de Walburga alors qu'elle contemplait la tapisserie brûlée. Derrière elle, elle entendit un petit gloussement. Walburga vit volte face et fut abasourdie en voyant sa nièce Bellatrix qui jouait nonchalamment avec sa baguette.
« Tu es morte, » haleta Walburga.
« Qui t'a dit ça ? » demanda Bellatrix. « Le Seigneur des Ténèbres ? »
Walburga ne dit rien.
« Ton silence parle pour toi, » dit Bellatrix, en souriant étrangement. « Je parie que cela ne t'a jamais empêché de dormir. J'avais prévu d'épargner la tapisserie mais tu as brûlé tellement de noms que j'ai décidé qu'il valait mieux en faire une nouvelle. Je peux t'assurer que ton nom n'y figurera pas. Tu as trahi les Black en assassinant ton mari et mon père. »
« Tu ne sais rien, gamine, » renifla Walburga.
« Dit la femme qui ne savait même pas que j'étais en vie, » rétorqua Bellatrix.
Walburga était furieuse, mais elle avait toujours une arme que Bellatrix avait visiblement oubliée. Kréature était finalement arrivé et attendait dans les ombres de la pièce. « Défends-moi Kréature ! » cria Walburga.
Le fanatique elfe de maison utilisa sa baguette pour surgir au centre de la pièce. Il sourit comme un fou et leva sa main. Il claqua des doigts et un flash de lumière et de chaleur explosa vers Bellatrix.
Le nouvel anneau Black de Bellatrix vibra et la magie de l'elfe de maison s'évanouit. Bellatrix se jeta un coup d'œil et vit qu'elle n'avait rien. « Je suppose que tu as oublié qu'un elfe de maison de la famille Black ne peut blesser la maitresse des Black, » dit-elle. « Il est également obligé de suivre mes ordres. »
Walburga glapit. « Tu es Lady Black ? »
Bellatrix ne daigna pas répondre à sa tante. Elle s'adressa plutôt à l'elfe de maison. « Kréature, » dit Bellatrix, « tu peux continuer à servir Walburga. Cependant tu ne peux pas lui permettre de quitter cette maison ou de communiquer avec une autre personne que moi-même. Personne ne doit savoir que je suis ici ou que je suis en vie ou que je te donne des ordres. » Bellatrix continua à donner des instructions à Kréature. Elle savait que les elfes de maison étaient des créatures malines et fit ainsi de son mieux pour empêcher l'elfe de trouver une faille dans ses instructions. Walburga devait être prisonnière de sa propre maison du moins jusqu'à ce que cela n'ait plus d'importance que l'on sache qu'elle et Harry étaient vivants. Peut-être qu'à ce moment, Bellatrix la jetterait dans la rue, sans le sou.
Bellatrix se demanda vaguement si Harry aurait approuvé ce qu'elle avait fait ce soir. Probablement que non. Il était très prudent par nature – du moins quand il établissait des plans. Cependant le contrat de mariage avait donné à Bellatrix la latitude de s'occuper des membres de la famille Black.
Satisfaite de ses instructions à l'elfe de maison, Bellatrix se prépara à partir du Square Grimmaud.
« Qui as-tu épousé pour devenir Lady Black ? » dit Walburga d'une voix forte, voulant que Bellatrix fasse attention à elle.
Bellatrix eut un sourire joyeux. « Lord Black bien entendu ! Je te vois plus tard, tata. Je suis sûre que tu as plein d'informations sur le Seigneur des Ténèbres qui me seront d'une grande aide. »
Harry grogna. Il ne se sentait pas bien. Il entendit un vague bruit de transplanage. Etait-ce Bellatrix qui rentrait ou rêvait-il encore ?
« Tu es réveillée, » fit la voix de Bellatrix.
« Soif, » marmonna Harry.
« On va arranger ça, » dit Bellatrix, essayant visiblement d'avoir l'air joyeuse. Elle remplit un verre d'eau froide et l'amena aux lèvres d'Harry. Il eut du mal à avaler. Une fois qu'il lui fit un signe qu'il allait mieux, elle le retira et revint avec plusieurs potions. « Tu avais bien caché tes coffres, » commenta Bellatrix doucement. « Nous avons assez de potions pour tenir quelques jours. »
Avec du mal, Harry se força à avaler les potions qu'elle lui donnait parce qu'il savait qu'elles l'aideraient à aller mieux. Elle ne mit pas longtemps à lui faire boire toutes les potions et à l'aider à se coucher. Il sentit vaguement un sort de métamorphose qui élargit le lit.
Elle avait dû voir son expression confuse et elle se justifia. « Nous sommes maintenant mariés Harry. Ca ne sert à rien d'être timide, surtout que je vais devoir prendre soin de toi maintenant. »
En toute honnêteté, Harry était trop fatigué pour faire attention ou réfléchir sérieusement à la situation, mais il apprécia quand Bellatrix se glissa dans le lit et se blottit contre lui. C'était très confortable. En quelques secondes, il s'endormit paisiblement – aidé par les potions qu'elle lui avait administrées.
« Lady Black ! » couina une petite voix. « Lady Black ! »
Bellatrix lutta pour ouvrir les yeux et regarda d'un air absent Kréature qui se tenait devant leur lit. « Que se passe-t-il Kréature ? » marmonna-t-elle, encore trop fatiguée pour se lever.
« Maitresse Walburga est morte, » annonça Kréature.
Bellatrix arrêta de respirer pendant une seconde et elle ouvrit complètement les yeux. « Quoi ? »
« Maitresse m'a ordonné d'accrocher son portrait dans le hall, puis elle s'est suicidé, » proclama Kréature.
« Cette vieille bique, » soupira Bellatrix, refermant les yeux. Elle aurait dû anticiper que sa tante préfèrerait mourir plutôt que de subir l'humiliation de suivre les ordres de sa nièce. Elle aurait dû s'y attendre et ordonner à Kréature de lui interdire de se suicider.
« Que doit-faire Kréature ? » demanda l'elfe de maison.
Bellatrix grogna. Elle voulait vraiment se rendormir. Tout en considérant ses options, Bellatrix tendit le bras vers Harry pour vérifier s'il avait de la fièvre. Il aurait besoin de potions, tôt ou tard.
« Maitresse ? »
« Sirius est-il en vie ? »
« Oui, » affirma Kréature, ayant l'air assez scandalisé.
Bellatrix se souvint qu'elle n'avait pas vu le nom de Sirius sur la tapisserie. Walburga avait sans doute endoctriné son elfe de maison contre son fils. Mais le « testament d'Orion » faisait hériter Sirius de Square Grimmaud à la mort de sa mère.
« Tu recevras maintenant tes ordres de lui, puisque la maison lui appartient, » dit Bellatrix à Kréature. « Va le voir et informe le de la mort de sa mère. Souviens-toi que je n'étais pas là la nuit dernière et que tout ce que tu sais, c'est que Bellatrix Black est morte depuis vingt ans. »
« Et le portrait ? » demanda Kréature.
« Si tu l'aimes, tu peux le garder, » grommela Bellatrix, roulant sur le côté afin de trouver une meilleure position. « Maintenant sors de là. »
Un drap recouvrait le corps de Walburga. Elle avait choisi de s'empoisonner avec un verre de vin. Walburga avait laissé le gobelet sur une table et le professeur Dumbledore avait jeté un sort autour du gobelet afin qu'il ne soit pas touché avant que les autorités du Ministère ne viennent pour l'examiner. Sirius et sa femme Cassie se tenaient devant le canapé, regardant le corps couvert de Walburga. Ils se disputaient.
« Je me moque de savoir si ce canapé était cher, » dit Sirius. « Nous allons nous en débarrasser. »
« C'est un très bon canapé, » rétorqua Cassie. « Ils n'en font plus des comme ça aujourd'hui. »
« Ma mère abritait tout le temps des mangemorts dans cette maison ! » déclara Sirius. « Voldemort a très bien pu s'asseoir sur ce canapé. Veux-tu vraiment t'asseoir sur un canapé sur lequel s'est assis Voldemort et sur lequel ma mère s'est suicidée ? »
« Crois-tu vraiment que Voldemort pourrait s'asseoir sur un canapé à côté de quelqu'un ? » rétorqua Cassie. « Si on t'écouterait, on se débarrasserait de tous les autres meubles. On ne peut pas se le permettre. »
« Nous pourrions mettre le canapé aux enchères. Des tas de personnes voudront l'acheter, » se défendit Sirius. « On pourrait faire pas mal de profit avec cette chose. »
Cassie secoua la tête, mais ne put pas répondre car interrompue par son fils de seize ans qui déboula dans la pièce.
« Devine quoi ? » dit Leo d'une voix forte.
« Quoi ? » demanda Sirius, lui retournant son enthousiasme.
« Le professeur Dumbledore dit qu'une personne que l'elfe et la vieille bique était dans la maison la nuit dernière. Il pense même qu'elle a pu être assassinée ! »
« Leo ! Montre un peu de respect à ta défunte grand-mère, » le réprimanda Cassie.
« Leo, je t'interdis de croire que cette chose était ta grand-mère, » dit Sirius sérieusement.
Le professeur Dumbledore entra dans la pièce et fut aussitôt assailli par la femme de Sirius. « Est-ce vrai que vous croyez que la mère de Sirius a été tuée ? »
« Je ne suis pas complètement sûr, » dit Dumbledore. « Cependant, les circonstances sont des plus suspicieuses. Il faut noter que la tapisserie des Black a complétement été brûlée. Je ne pense pas que votre mère aurait fait ça. Je détecte aussi une autre signature magique récente, différente de celle de votre mère. Peut-être que l'elfe de maison pourrait nous éclairer. Sirius, voudriez-vous bien le sommer de venir ? »
« Kréature ! » glapit Sirius. « Viens ici ! »
En quelques secondes, Kréature apparut avec un petit pop. « Le Maître a appelé ? »
« Sois gentil et réponds aux questions du directeur, » ordonna Sirius.
« Kréature, » dit Dumbledore en regarda l'elfe de maison par dessus ses lunettes en forme de croissant de lune. « Y avait-il quelqu'un d'autre que toi et le défunte maitresse Black la nuit dernière ? »
L'elfe de maison avait l'air mal à l'aise.
« Réponds-lui, » insista Sirius.
« Il y avait une autre personne dans la maison la nuit dernière, » admit Kréature.
« Te souviens-tu de qui il s'agissait ? » demanda Dumbledore.
Kréature se trémoussa et tourna la tête pour éviter de regarder les sorciers dans les yeux.
« Arrête de résista, » ordonna Sirius. « Si tu peux répondre à la question, réponds maintenant. »
« C'était à l'aube, » dit Kréature à Dumbledore.
Dumbledore hocha la tête avec satisfaction. « Cette personne était-elle invitée ? »
Kréature secoua la tête.
« Cette personne a-t-elle mis le feu à la tapisserie ? »
Kréature hocha la tête.
« La défunte Maitresse Black a t-elle parlé avec cette personne ou ont-elles interagi ? »
Kréature hocha la tête.
« Walburga Black était-elle en vie quand cette personne a quitté la maison ? » demanda Dumbledore.
« Oui, » affirma Kréature à voix haute.
« Allons nous jouer à ce jeu encore longtemps ? » demanda Sirius en levant les yeux au ciel. « Kréature, dis nous simplement tout ce qu'il s'est passé la nuit dernière. »
« Je ne peux pas, » dit Kréature.
Sirius fit un pas menaçant vers Kréature. « Maintenant que ma mère est morte, je suis ton maitre ! Je t'ordonne de dire tout ce que tu sais sur cette personne qui est venu ici la nuit dernière. »
Kréature secoua la tête sans rien dire.
« Ecoute, elfe, je me moque de savoir si ma mère t'a donné des ordres t'interdisant de me parler ou de suivre mes ordres. Elle est morte, et j'ai hérité de toi. Je révoque ainsi tous les ordres donnés par ma mère, mon père ou toutes les personnes auxquelles tu as appartenu avant. »
Kréature secoua la tête.
« Vous n'êtes pas son maitre, » observa calmement Dumbledore. Il regarda avec un air implorant les yeux de l'elfe. « Qui est ton maitre ? »
« Je ne peux pas le dire, » dit l'elfe de maison.
« La personne qui est venue la nuit dernières est-elle ton maitre ? » demanda Dumbledore.
« Je ne peux pas le dire, » déclara Kréature. Il leva la main, claqua des doigts et disparut.
« Intéressant, » soupira Dumbledore. « Très intéressant. »
« Je peux le rappeler, » proposa Sirius.
Dumbledore secoua la tête, déclinant son offre. « Cela ne servirait à rien. Il est sans nul doute retourné auprès de son mystérieux maitre. Le mystérieux maitre va sans doute changer les instructions qu'il a données à l'elfe. »
« Que voulez-vous dire ? »
Les yeux de Dumbledore pétillèrent alors qu'il s'asseyait dans un fauteuil. « Je pense que nous pouvons raisonnablement supposer que le mystérieux visiteur de Walburga Black est le maitre de Kréature. Je ne pense pas que cette mystérieuse personne voulait que l'on découvre son existence. Ainsi, je suppose que l'elfe de maison a reçu l'ordre de suivre vos instructions, comme si vous étiez son maitre tant que ces ordres n'allaient pas à l'encontre de ses autres directives. »
« Ainsi l'elfe de maison n'avait pas d'autre choix que de répondre à certaines questions car son autre maitre ne lui avait pas spécifiquement interdit d'y répondre, » intervint Cassie.
« Oui, » dit Dumbledore. « L'autre maitre est sans nul doute en train de rectifier les instructions pendant que nous parlons. »
Trois pops retentirent dans le couloir d'entrée, annonçant l'arrivée de visiteurs. Il y eut le bruit de quelque chose qui tombait par terre et le portrait de la mère de Sirius commença à crier.
« Nous allons devoir faire quelque chose avec ce portrait, » déclara Cassie.
« Je trouve qu'il est cool, » dit Leo en souriant.
Le clan Potter, comptant cinq personnes, entra dans la pièce dans laquelle se trouvaient le professeur Dumbledore et la famille Black.
« Nous sommes désolé du retard, » annonça Lily. « Une sorcière à moitié folle a fait irruption dans la maison de ma sœur la nuit dernière et a terrorisé ma famille. Nous nous sentions obligés d'y aller et de réparer les dommages. »
« Elle a fourré un journal dans la bouche de l'oncle Vernon ! » s'exclama John Potter du haut de ses treize ans.
« Parfait ! » sourit Sirius en marchant vers son filleul et en lui tapant dans le dos.
« Qu'a-t-elle fait à ta tante ? » demanda Leo.
« Malheureusement, rien, » dit Rose Potter avec un petit sourire alors qu'elle allait se mettre à côté de Leo.
« La situation est en fait assez sérieuse, » soupira James, en rejoignant avec Lily le professeur Dumbledore. « Nous pensions avant que les mangemorts ne connaissaient pas assez le passé de Lily pour savoir qu'elle avait de la famille à Surrey. »
Lily hocha la tête. « Si les mangemorts mettent leurs mains sur les Dursley, nous pourrions avoir des ennuis. »
« Oui, ce sont de troublantes nouvelles, » confirma Dumbledore. « Nous avons aussi de troublantes nouvelles. »
James jeta un coup d'œil vers le canapé sur lequel reposait le corps de Walburga. « Ce n'est donc pas un simple suicide ? »
« Je ne doute pas du fait qu'il s'agisse d'un véritable suicide, » dit Dumbledore, « mais nous avons découvert d'autres facteurs – en fait un intrus a fait irruption dans la maison la nuit dernière et a eu une confrontation avec la mère de Sirius. J'espère que vous pourrez faire appel à votre statut de chef adjoint des aurors pour prendre en charge cette enquête. »
« Sirius est aussi un auror, » dit James en levant les yeux au ciel.
« Conflit d'intérêt, » dit Sirius. « Le Ministère n'aime pas quand des gens enquêtent sur des crimes commis sur leurs familles. Ils seraient trop impliqués émotionnellement et feraient des choses qu'ils regretteraient plus tard. Je n'ai donc pas d'autre choix que de ne pas m'impliquer dans cette situation. »
L'ainée de filles Potter, Sidra, renifla depuis sa place près la fenêtre. « Dans ton cas, tu féliciterais le gars et le cacherais. »
« Tu as raison, Sid, » sourit Sirius, essayant de capter le regard de sa filleule.
Sid ignora Sirius et ouvrit un exemplaire de Sorcière Hebdo. Sirius perdit son sourire et jeta un coup d'œil à James et Lily qui haussèrent les épaules.
« Il faut qu'on discute de cette situation », dit Dumbledore. « Ce serait mieux de le faire en privé. D'autres membres de l'Ordre sont en chemin. Sirius, connaissez-vous une bonne pièce de cette maison où nous pourrions tous nous asseoir ? »
« Peut-être la cuisine, » suggéra Sirius. « Ca fait un bout de temps que je n'ai pas mis les pieds ici, je ne suis donc pas sûr. »
« La cuisine fera l'affaire je pense, » dit Dumbledore.
« Pourquoi Sid est-elle de si mauvaise humeur ? » demanda Leo à Rose alors qu'ils montaient afin que Leo montre à Rose les restes de la tapisserie.
« Elle est toujours en colère à cause de la Chambre des Secrets, » répondit Rose. « On l'a vraiment humiliée, elle et ses amies »
« Ca fait deux semaines, » dit Leo, « et elles l'ont demandé et on ne voulait même pas les embarrasser d'abord. Si elles nous avaient écoutés, peut-être que tout aurait été différent. »
« Elle devient meilleure pour nous faire la tête, » déclara Rose. « La gamine Weasley est vraiment bonne pour l'influencer. » Elle jeta un coup d'œil derrière eux pour vérifier que Sid et John n'étaient pas dans le coin. « Est que le… tu sais… est sûr ? »
« Ouais, » chuchota Leo.
Ils atteignirent l'étage supérieur et se tinrent dans la pièce qui abritait avant la tapisserie. Des cendres couvraient le sol et l'odeur de fumée était forte. « Le professeur Dumbledore et l'elfe de maison ont dit que quelqu'un est entré la nuit dernière et a mis le feu à la tapisserie, » expliqua Leo. « Ils pensent que cette personne est le maitre de Kreature. »
« Vraiment ? » dit Rose joyeusement. « Mais, ça veut dire que cette personne qui n'est ni toi ni Sirius, doit être Lord Black ! »
« Nous le savions déjà », lui rappela Leo.
« A peine, » dit Rose.
« Qu'importe. Nous devrions découvrir qui est vraiment ce Lord Black. Y-a-t-il une chance que tu puisses avoir…euh…un aperçu ? »
Rose soupira et regarda les yeux de Leo. Voyant sa volonté de savoir, elle prit sa main et ferma les yeux. Prenant de grandes inspirations, elle essaya d'imaginer la tapisserie qui brûlait. Elle imagina l'odeur de fumée qui se dégageait petit à petit dans la pièce.
Il faisait sombre et l'ombre d'une silhouette marchait vers la tapisserie. La personne leva l'une de ses mains et toucha la tapisserie. La personne recula et sortit soudainement sa baguette. Une boule de feu en jaillit et toucha la tapisserie qui explosa. Puis, ce fut fini.
Rose haleta et ouvrit les yeux.
« As-tu vu quelque chose ? » demanda Leo d'un ton excité.
Rose soupira. « Juste la personne qui mettait le feu à la tapisserie. »
« Tu n'as pas pu voir qui s'était ? »
Rose secoua la tête, la fatigue se reflétant dans ses yeux. « Ce n'est jamais facile, Leo, » dit-elle doucement.
« Allons te trouver un endroit où te reposer, » lui dit tendrement Leo en la prenant par le bras.
