Disclaimer: Harry Potter appartient à JK Rowling et cette traduction de l'histoire de Lord Silvere n'est pas utilisée à des fins commerciales.
Chapitre 26 : Des informations pour un prix.
Albus Dumbledore caressa d'un air absent sa longue barbe blanche tout en écrivant sur un morceau de parchemin, attendant les différents membres de l'Ordre dans la cuisine du 12 Square Grimmaud. Les ayant prévenus si tard et aussi proche des vacances, il savait qu'une agitation n'était pas nécessaire. Albus n'avait pas besoin de tous les membres pour cette réunion particulière, puisqu'il pourrait parler plus tard des détails abordés pendant la conversation avec les membres ne pouvant pas être présents.
« Kréature ! » cria Sirius. « Kréature ! »
« Vas-tu arrêter ce bruit ? » demanda Lily en levant ses yeux émeraudes au ciel tout en enlevant la bouilloire du feu.
« Je veux parler à cette petite crapule, » grommela Sirius en fronçant les sourcils, puis en tendant sa tasse à Lily pour qu'elle la remplisse.
« Il semble évident qu'il ne va pas venir, » dit Remus Lupin à Sirius. Posant sa vieille cape usée sur une chaise, il continua. « Attends un peu avant de réessayer. »
Peu après, du bruit à l'extérieur de la cuisine indiqua que d'autres personnes étaient arrivées. Un instant plus tard, la moitié de Sirius, Cassie Black, entra dans la cuisine accompagnée de représentants du clan Weasley. Molly Weasley, le visage rond et rouge entra dans la cuisine, escortée par ses deux cadets aussi roux qu'elle, Ron et Ginny ainsi que par Hermione Granger. Arthur Weasley, sa fine silhouette et les cheveux plaqués sur le front les suivaient. Sidra Potter terminait la marche, des yeux verts, alertes et impatients, attirée par la voix de ses amis.
« Nous réalisons que nous arrivons un peu trop nombreux, » dit Mme Weasley à Lily. « Nous ne voulions juste pas laisser Ron, Ginny et Hermione seuls à la maison. »
« Tous mes enfants sont là, » dit Lily, en faisant un signe de tête à Mme Weasley qui se joignit à elle pour préparer quelques rafraichissements. « J'étais aussi un peu nerveuse à l'idée de les laisser seuls à la maison. »
« Je sais, » dit Mme Weasley.
« Excusez-moi Mme Potter, » dit Ginny. « Savez-vous où est Rose ? »
« En haut, je pense, » dit Lily à la fille Weasley. « Elle et Leo explorent la maison. »
« Merci, » dit Ginny en quittant la cuisine.
« Ne touchez à rien de suspicieux ! » s'exclama Mme Weasley. La matriarche Weasley se tourna vers Lily. « Certaines de ces maisons appartenant à des familles de mages noirs me donnent des frissons. »
« Je n'ai pas vraiment le temps de l'explorer, » répondit Lily, plaçant quelques tasses sur un plateau et les remplissant. Elle transporta le plateau sur la table et le posa en face de sièges maintenant occupés par Sid, Ron et Hermione.
« Apparemment, un mystérieux intrus est venu dans la maison cette nuit et a eu une confrontation avec Walburga Black, » dit Sidra à Ron et Hermione. « Au final, Mme Black s'est suicidée peu après le départ de l'intrus. »
« Vous êtes sûre que l'intrus ne l'a pas tuée ? » demanda Ron en fronçant les sourcils.
« Maugrey est sûr qu'elle était en vie quand l'intrus est parti, » déclara Sid.
« Elle était peut-être placée sous le sortilège de l'Imperium, » songea Hermione.
« Nous devrions nous pencher sur la question, » dit Sid d'un ton distrait.
Ron but d'un trait sa tasse, impatient de parler. « Nous devons en fait nous poser une ou deux questions. Pourquoi la visite d'un mystérieux visiteur a conduit Mme Black à se tuer ? Ou pourquoi quelqu'un voudrait-il tuer Mme Black ? »
Les discussions cessèrent quand Alastor Maugrey entra avec Kingsley Shacklebolt et James Potter. Même s'il était à la retraite, il semblait que Maugrey était toujours en contact avec les deux aurors en service et qu'il avait examiné avec eux le corps qui gisait dans une des pièces de la maison.
« Je crois que nous sommes suffisamment nombreux pour commencer, » annonça le Professeur Dumbledore, regardant toutes les personnes présentes. Il jeta un coup d'œil vers Sidra, Hermione et Ron. « Miss Potter, Miss Granger, Mr Weasley, je crains que cette réunion ne soit ouverte qu'aux membres les plus anciens de l'Ordre. »
Vu l'expression de son visage, il était clair que Sidra n'était pas ravie de la tournure des évènements. Cependant, ce fut Ron qui parla. « Nous assistons aux réunions de l'Ordre depuis Septembre ! »
« Oui », confirma le Professeur Dumbledore, « mais vous n'avez jamais été officiellement introduits dans l'Ordre. Les évènements à Poudlard concernant la Chambre des Secrets nécessitaient votre présence autant pour votre propre sécurité que pour le point de vue que vous pouviez apporter. »
« Je ne vois pas de raisons pour les exclure de cette réunion alors qu'ils ont déjà assisté à tellement d'entre elles, » intervint Mme Weasley. Elle regarda Lily à la recherche de soutien, mais la matriarche Potter avait l'air mal à l'aise.
Le professeur Dumbledore haussa les épaules. « Peut-être que nous pourrons envisager de répondre à cette question à la fin de la réunion. Pour l'instant, je vous demande d'honorer ma demande.
Assez froissée, Sidra se leva et quitta la pièce, suivie par un Ron outré et un Hermione insultée.
Dès que le trio fut parti, Maugrey commença à enchanter la pièce contre les oreilles indiscrètes tandis que Mme Weasley se tournait vers Dumbledore. « Est-ce à propos de l'incident de la Chambre des Secrets ? » demanda-t-elle.
« Non, Molly. Le fiasco de la Chambre des Secrets n'est qu'un symptôme d'un plus grand problème dont nous devons parler. Ce qu'il s'est passé dans cette maison en est aussi un symptôme, » déclara Dumbledore calmement en regardant Molly par dessus ses lunettes.
Molly s'apprêtait à rétorquer mais Mr Weasley intervint. « Cela a l'air sérieux. »
« Oui, » dit Dumbledore, en hochant à peine la tête vers Maugrey qui venait de terminer d'enchanter la pièce puis qui prit un siège. Dumbledore expliqua brièvement ce qu'il venait d'apprendre sur les incidents ayant mené à la mort de Walburga Black. Une fois qu'il eut exposé tous les faits, il commença à analyser l'information et invita l'Ordre à l'aider à en tirer des conclusions.
« Pendant des années, nous avons pensé que les sujets potentiels de la prophétie étaient assez restreints. Les conditions semblaient très simples – notre analyse suggérait que la personne ayant le pouvoir de vaincre Lord Voldemort devrait réclamer le titre de Lord Black et que cette personne serait liée à une « Fille des Etoiles. » Nous avons supposé qu'à l'époque de la prophétie, personne de vivant ne pouvait être déclaré Lord Black, et ce, pour plusieurs raisons. Une déduction logique nous a ensuite amené à croire que les deux seuls candidats pour ce titre étaient Leo Black et Draco Malfoy. Heureusement, l'anniversaire de Mr Malfoy ayant lieu en Juin, nos peurs ont été apaisées. »
« Oui, nous le savons Albus, » dit Maugrey en faisant les gros yeux. « Et nous pensions que Leo Black ne pourrait s'empêcher de tomber amoureux de Sidra Potter dont le nom signifie « issue des étoiles. » Au cas où vous ne l'aviez pas remarqué, ça ne se passe pas bien. Même si elle semble prête à embrasser sa destinée, elle n'a jamais fait preuve d'intérêt pour Leo Black. Leo, lui, se cache derrière les absurdités clairvoyantes de Rose Potter et fait de son mieux pour se complaire dans la médiocrité. »
« Ah… oui, » dit Dumbledore. « Ça résume tout. »
« Il n'y a rien de mal si Leo veut rester médiocre, » déclara Sirius.
« Personne ne dit le contraire, » dit Remus en souriant.
« Oui, et bien, je voulais parler des « absurdités clairvoyantes » de Rose, » dit Dumbledore. « Même si elle maintient à dire qu'elle voit le passé, le présent et le futur, elle ne s'est pour l'instant limitée qu'à des choses mineures – des choses de tous les jours comme par exemple identifier qui a volé une boite de cookies. »
« Elle a un esprit très logique, » dit James en le coupant. « Il n'est pas très difficile pour elle de déduire la vérité sur des mystères de la vie de tous les jours. Je pense qu'elle continue cette fable pour énerver Sidra et attirer l'attention sur elle. »
Le professeur Dumbledore écarta la main et haussa les épaules. « Je pense aussi la même chose de Rose. Elle est très intelligente et très logique. Grandir dans l'ombre de Sidra a dû être très difficile, j'en suis sûr. Il serait compréhensible qu'elle désire se mettre en compétition avec elle et attirer l'attention sur elle. Cependant, elle a eu raison quand elle a dit que le Monstre de la Chambre des Secrets était bel et bien mort et ce, depuis des années. Si nous l'avions écouté plus tôt, nous aurions pu concentrer nos efforts ailleurs et découvrir plus tôt la trahison du Professeur Pettigrow. »
Il y eut un silence oppressif que Kingsley Shacklebolt brisa. « En quoi la prédiction exacte de Rose Potter concernant la Chambre des Secrets a-t-elle un rapport avec la situation actuelle ? »
Un petit soupir s'échappa des lèvres du Professeur Dumbledore. Il avait l'air soudainement très fatigué. « Durant la première année de Rose Potter à Poudlard, elle a déclaré que ni Leo Black, ni Sidra Potter n'étaient les sujets de la prophétie. Certains d'entre nous ont pris ça comme la tentative d'une sœur jalouse de voler la lumière à Sidra. D'autres ont cru que c'était une tentative pour consoler et conforter Leo Black qui ne voulait pas être l'Elu de la prophétie. Le fait est que nous avons écarté cette possibilité et que Rose a peut-être raison, Leo et Sidra ne sont peut-être pas les sujets de cette prophétie. »
Kingsley regarda autour de la pièce. Les Potter et les Black regardaient la table d'un air abattu alors que tout le monde évitait de les regarder. « Euh… donc, ce que vous vouliez dire, c'est que, en se basant sur les évènements de la nuit dernière, vous pensez que Rose Potter pourrait avoir raison à propos de Leo n'étant pas l'Elu ? »
« Oui, » dit Dumbledore. « Je ne dis pas que nous devrions complètement écarter la possibilité que Leo Black et Sidra Potter sont les élus, mais je pense que nous devrions sérieusement réexaminer notre interprétation de la prophétie et chercher d'autres candidats. »
« Et peut-être que quelqu'un devrait consulter Rose et voir ce qu'elle pense de la situation actuelle, » commenta Maugrey.
« Je m'occuperai de ça personnellement, » dit le professeur Dumbledore. « Je pense que nous avons tout couvert. Je voudrais juste vous rappeler certaines choses à faire. »
Bellatrix siffla de colère en examinant la plaie sur le ventre d'Harry. Au lieu de s'améliorer pendant la nuit, la plaie causée par l'épingle à cheveux avait empiré et s'était sérieusement infectée. Ses autres plaies n'avaient pas autant guéri qu'ils auraient dû. Ca, et combiné au fait qu'Harry ne répondait pas aux tentatives de Bellatrix pour communiquer la troublait. « Apporte-moi un bol d'eau chaude, » cria-t-elle en s'adressant à Kréature qui nettoyait la salle de séjour. L'elfe de maison ne s'était pas attendu à devoir travailler après s'être enfui du 12 Square Grimmaud.
Marmonnant sous sa barbe, Kréature conjura un bol, le remplit d'eau et le fit bouillir d'un claquement de doigts. Il entra ensuite dans la chambre et retrouva maitresse qui se tenait devant le lit du maitre.
« Tu as pris ton temps, » grogna Bellatrix, en prenant le bol d'eau chaude et en le posant sur la table de chevet en se préparant à nettoyer la plaie d'Harry.
Kréature regarda en silence Bellatrix s'occuper de la plaie du maitre. Même si la jeune sorcière connaissait visiblement les soins élémentaires, elle n'avait jamais dû traiter un patient autant blessé. Finalement, Bellatrix finit de le traiter et banda la plaie. Elle s'occupa ensuite des autres plaies d'Harry avant de le forcer à boire d'autres potions.
« Kréature, » dit Bellatrix, « quel est l'état des choses à Sainte Mangouste ? »
« Kréature ne comprend pas la question de sa maitresse, » répondit Kréature, prenant confiance en lui. La maitresse ne savait pas tout. Elle devait se reposer sur Kréature. Kréature était un elfe de maison important.
« Ce que je veux dire, c'est, puis-je emmener Harry à Sainte Mangouste et m'attendre à ce qu'il soit en sécurité pendant qu'ils le traiteront ? » dit Bellatrix.
« Kréature ne comprend toujours pas la question de sa maitresse, » répondit Kréature.
Inconsciemment, Bellatrix serra les poings. « Ce que je veux savoir, si je peux ou non emmener mon mari à l'hôpital sans qu'il y soit blessé. »
« Pourquoi quelqu'un ferait-il du mal à un patient, Maitresse ? » demanda l'elfe.
Les yeux violets de Bellatrix brillèrent dangereusement. « Oublie ça. »
« Maitresse Bella veut-elle que je retourne à Square Grimmaud ?» demanda Kréature.
Bellatrix se rendit dans la salle de bain, elle sortit sa baguette et commença à se jeter des sorts de glamour. Kréature la suivit et l'aida à changer sa couleur de cheveux en un châtain clair. « Non, Kréature va rester ici, » déclara Bellatrix, imitant l'elfe de maison qui parlait toujours de lui à la troisième personne. Puis elle changea aussi la couleur de ses yeux, optant pour un brun clair. « Maitresse Black va au Chemin de Traverse. Kréature va monitorer l'état de santé de Maitre Harry et viendra chercher Maitresse Bellatrix si Master Harry bouge un cil ou arrête de respirer. Kréature va aussi continuer à nettoyer l'appartement. »
« Comme maitresse le désire, » dit Kréature en regardant le visage de Bellatrix vieillir, comme si elle avait maintenant une quarantaine d'années.
Bellatrix apprécia sa visite à Gringotts bien plus que les gobelins. Même s'ils avaient compris qu'Harry et Bellatrix avaient encore voyagé dans le temps, les gobelins avaient espéré qu'ils ne verraient plus jamais ces deux sorciers – du moins pas avant plusieurs autres décennies. Harry et Bellatrix étaient maintenant billionnaires grâce aux bons investissements des gobelins et la banque avait apprécié de pouvoir profiter de l'or des Black, n'ayant pas à s'inquiéter qu'Harry ou Bellatrix ne fasse de retrait ou de transfert.
Après avoir promis aux gobelins qu'elle dépenserait maintenant la fortune Black selon son bon vouloir, Bellatrix sortit de la banque, son sac rempli d'or, de chéquiers, de cartes de crédit moldues et de plusieurs autres outils lui permettant de dépenser son argent sans avoir à remettre les pieds à Gringotts.
Les acheteurs de Noël marchaient calmement dans le Chemin de Traverse. Malgré la saison, l'ambiance était morose et sombre. Personne ne croisait le regard des autres et préféraient les regarder dans le dos avec suspicion. Bellatrix commença à se demander si elle n'avait pas perdu de temps à se déguiser. Personne ne l'aurait remarquée ou regardée dans la foule.
Bellatrix passa par l'apothicaire et acheta pour un millier de gallions des potions médicinales et des ingrédients de potion. Même si clairement surpris par l'achat exorbitant, l'employé garda un visage neutre en faisant la transaction. Cependant, il sembla qu'il comprit à quoi serviraient ces achats. Il recommanda à voix basse à Bellatrix d'aller voir une ancienne médicomage qui fréquentait le Chaudron Baveur et qui donnait des conseils médicaux en se basant sur des « situations hypothétiques. »
En allant voir l'ancienne médicomage, Bellatrix se rendit compte que Madame Madicus était clairement une alcoolique régulière. Cependant, Bellatrix n'avait guère le choix. Elle s'assit à la même table que Madame Madicus. Des chopes vides étaient posées sur la table collante.
« Je n'ai pas bu tout ça, » dit Madicus à Bellatrix, en faisant un rot quand elle montra les verres vides.
« Bien sûr que non, » dit Bellatrix en cachant son dégoût. Ce fut étonnamment facile. Le visage qu'arbora Bellatrix ne montrait plus aucune émotion.
« Que puis-je faire pour vous, très chère ? » demanda Madame Madicus en dévisageant Bellatrix.
Bellatrix jeta un coup d'œil autour pour vérifier que personne ne les regardait ou les écoutait. « On m'a dit que vous étiez une médicomage à la retraite et que vous pourriez avoir quelques conseils pratiques. »
« En effet, » dit Madame Madicus. « Parlez-moi d'une situation hypothétique, posez votre or sur la table et je vous dirais comment on traiterait en théorie une telle situation. »
Bellatrix lui parla brièvement du cas hypothétique où quelqu'un se ferait poignarder dans l'estomac par un artefact de magie noire. Puis elle continua en faisant l'hypothèse que cette personne serait maintenant dans un coma mais qu'il aurait reçu des soins élémentaires. Puis elle posa une poignée de gallions sur la table.
Madame Madicus les ramassa et les mit dans sa poche avant de se pencher vers Bellatrix. « Maintenant dites moi, hypothétiquement parlant, cet artefact de magie noir était-il sensé être une arme ? Je veux dire, devrait-on s'en servir pour poignarder quelqu'un et le tuer ? »
« Non, » dit Bellatrix, « mais il semble qu'il nécessite du sang pour remplir sa fonction. »
« Hypothétiquement parlant, très chère. Je dois pouvoir nier avoir entendu parler de cette histoire si quelqu'un venait me voir dans une situation similaire. »
Bellatrix leva les yeux au ciel. « Oui, hypothétiquement parlant, si cet artefact existait, ce ne serait pas une arme. En fait, si jamais il devait poignarder quelqu'un, ce ne pourrait être qu'un accident, » répéta Bellatrix.
« D'accord, » dit Madame Madicus. « Le truc dans ce type de blessures, c'est que l'artefact noir devrait puiser de l'énergie dans le sang de sa victime pour fonctionner. Cela ne serait pas très utile pour guérir, surtout si l'artefact est sensé faire de la magie requérant beaucoup d'énergie. »
Bellatrix grimaça intérieurement. C'était une bonne chose qu'Harry semblait être un sorcier très puissant.
« L'autre truc, c'est que les artefacts de magie noire peuvent infliger des infections de magie noire, » l'informa la médicomage alcoolique.
« Je n'ai jamais entendu parler de ça, » dit Bellatrix, dubitative.
Madame Madicus haussa les épaules et demanda d'un signe de la main au barman de lui apporter une bière. « C'est le cas. Une personne blessée comme vous l'avez hypothétiquement parlant décrite souffrirait d'épuisement magique car drainé afin de faire fonctionner la magie de l'artefact. Elle aurait probablement une infection due à la blessure physique. Elle aurait également une infection magique en raison de la magie noire incontrôlée. De plus, l'énergie à l'état brut nécessaire pour se remettre de la blessure serait incroyablement drainante. La personne irait sûrement très mal avant d'aller mieux. En toute honnêteté, même si cette personne était dans un hôpital, entourée de professionnels, elle aurait cinquante pourcent de chance de mourir. »
Bellatrix sentit son sang quitter son visage. « Je ne pense pas pouvoir l'emmener dans un hôpital, »
« S'il s'agit d'une créature, ça ne pourra pas faire de mal de l'emmener à l'hôpital », dit Madame Madicus d'un ton sympathique.
« Il n'est pas une créature, » répondit vaguement Bellatrix, voulant tout savoir sur le traitement à domicile tout en se demandant si elle ne ferait pas mieux de prendre le risque de l'emmener à l'hôpital. Mais c'était risqué. Les glamours seraient inutiles, et quelqu'un pourrait s'apercevoir qu'Harry ressemblait à l'ancien professeur de potions de Poudlard.
Madame Madicus hocha la tête. « Vous feriez donc mieux de le garder éloigné de Sainte Mangouste. Il serait trop facile de persuader certaines personnes pour y entrer et lui faire du mal. Voilà ce que vous devez faire. »
Puis Madame Madicus lista une liste de choses que Bellatrix devrait faire pour s'occuper de son patient hypothétique. Bellatrix sortit un petit parchemin de son sac et prit soigneusement des notes, reconnaissante des instructions de l'ancienne médicomage.
Madicus termina finalement ses explications. « Vous feriez mieux de vous rendre à la librairie et de vous acheter quelques livres, » conseilla-t-elle. « Si jamais vous deviez vous occuper d'un tel patient hypothétique, vous risqueriez de passer beaucoup de temps à son chevet. »
« Hypothétiquement parlant, » remarqua Bellatrix en rangeant ses notes.
Kréature était certain que sa maitresse serait contente de son nettoyage quand elle rentrerait chez elle, mais fut déçu quand Bellatrix franchit la porte, portant plusieurs sacs et les déposant tous, sauf un dans la salle de séjour. Plusieurs décorations de Noël sortaient des différents sacs, il y avait aussi des guirlandes lumineuses, et enfin un sapin de Noël magique, désespérément en besoin d'eau.
« Essaie de rendre les lieux un peu plus joyeux, » marmonna Bellatrix, se rendant dans la chambre d'Harry avec l'autre sac.
Kréature regarda la pile de décoration avec étonnement. Au loin, il entendit la porte de la chambre à coucher de Maitre Harry se fermer doucement. « Kréature va décorer la pièce, » jura Kréature, attrapant une guirlande lumineuse.
L'elfe de maison termina peu avant le coucher du soleil. Puis Kréature se rendit dans la cuisine pour préparer le diner pour sa maitresse, puis il transplana dans la chambre d'Harry avec le repas. Bellatrix était allongée sur la couverture du lit, un gros livre posé sur sa poitrine. L'odeur du diner la réveilla et elle regarda Kréature avec le regard trouble.
« Merci Kréature, » dit-elle.
« Maitresse Bella est trop bonne de remercier son elfe, » dit Kréature sans trop de sarcasme et en posant le diner sur une table, à côté de plusieurs potions de soin. « Maitresse a-t-elle besoin d'autre chose ? »
« Tu peux partir et rejoindre Sirius au Square Grimmaud ou là il réside pour l'instant, » bailla Bellatrix. « Fais tout ce qu'ils demandent mais ne leur donne pas d'informations sur moi. S'ils insistent, disparais et ignore les pendant un petit moment.
« Comme Maitresse le désire, » dit Kréature.
« Ça ne marche vraiment de cette façon, Directeur, » dit Rose Potter d'un ton diplomatique. Elle se pencha en avant et ses yeux noisette croisèrent le regard bleu pétillant du professeur Dumbledore. Inconsciemment, elle commença à recoiffer ses longs cheveux noirs. « J'ai besoin de faits. J'ai besoin d'être investie émotionnellement. Je dois être préparée. »
« Je vois, » dit le professeur Dumbledore en fronçant les sourcils et en détournant le regard des yeux de l'enfant des Potter. « Vous avez déclaré que Leo Black n'était pas le sujet de la prophétie. Ne savez-vous pas qui est le vrai sujet de la prophétie ? »
« Non, » dit Rose, en se penchant en arrière sur le fauteuil du bureau privé de James Potter. Le professeur Dumbledore lui avait demandé de le rejoindre dans la pièce durant une de ses visites à la résidence Potter.
« Cela vous dérangerait-il de me dire ce que vous avez vu exactement ? » demanda Dumbledore.
Rose haussa les épaules, pleine de regrets. « Je suis désolé, mais je ne crois pas que ce serait approprié. »
Dumbledore regarda Rose d'un air déçu par dessus ses lunettes en forme de croissant de lune. « Pourriez-vous m'expliquer pourquoi ? »
Rose croisa volontairement le regard du professeur Dumbledore. « Ce que j'ai vu, c'est grâce à Leo. »
« Peut-être que je pourrais vous expliquer la situation et ainsi vous pourrez m'offrir un aperçu ? » suggéra Dumbledore, commençant à être frustré.
« Bien sûr, » dit Rose, en écartant les mains afin de montrer au directeur qu'elle était prête à aider le vieil homme.
« Ma priorité est de comprendre qui sont les sujets de la prophétie. Mon deuxième objectif est de connaître la personne qui avait confronté Walburga Black. Je pense qu'il pourrait y avoir une connexion entre ces deux personnes, » expliqua Dumbledore. « Surtout si votre déclaration sur le fait que Leo n'est pas le sujet de la prophétie est vraie. »
« Vous réalisez que je n'ai jamais entendu la prophétie dans sa totalité, » rappela Rose au professeur Dumbledore. « Je pense que je dois l'entendre avant de pouvoir émettre une opinion. »
Dumbledore commençait à penser que cette rencontre avec Rose Potter était une mauvaise idée, mais il avait absolument besoin des avantages qu'elle pourrait lui donner. A contrecoeur, Dumbledore lui raconta la prophétie à la condition qu'elle ne la partage pas avec quelqu'un d'autre.
« Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche… il sera marqué par le Seigneur du Ténèbres comme son égal… il sera lié à la fille des étoiles et changera son destin dans le ciel… depuis le siège des Black il chassera le Seigneur des Ténèbres et aura un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore… et l'un devra mourir de la main de l'autre car aucun ne peut vivre tant que l'autre survit. Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche… »
Le professeur Dumbledore observa Rose avec attention. « Sentez-vous quelque chose ? »
Rose haussa les épaules. « Pourquoi avez-vous pensé que ça parlait de Leo ? »
Dumbledore lui expliqua brièvement les circonstances qui l'avaient conduit à penser que l'élu de la prophétie était un hériter Black qui n'existait pas encore quand la prophétie avait été faite.
« Quand est mort l'ancien Lord Black ? » demanda Rose.
« Orion Black est décédé il y a environ vingt ans, » expliqua Dumbledore.
« Et qui a hérité de son titre ? » demanda Rose.
« Apparemment personne. »
« Qui aurait dû hériter ? »
« Soit la femme d'Orion ou Sirius ou peut-être même Cygnus Black, » répondit Dumbledore, « mais ce ne fut pas le cas. Gringotts a prétendu avoir des difficultés à règles les affaires des Black et à nommer un nouveau Lord. Depuis ce jour, les gobelins sont réticents à en parler et ont réussi à éviter toutes les tentatives visant à obtenir cette information. »
« Je vois, » dit Rose.
« Vous réalisez que j'ai examiné tous les détails de cette situation. J'ai passé des années à l'examiner sous tous les angles, » dit Dumbledore à Rose. « Je veux tout simplement savoir si votre talent de voyance peut me donner un aperçu supplémentaire. »
« Très bien, » dit Rose, fermant les yeux. Elle était légèrement contrariée contre le directeur. Elle fit un gros effort pour avoir une vision de Lord Black, mais comme prévu, en vain. Rose avait besoin de plus de détails, de s'investir davantage dans la vision. Pour l'instant, la logique pourrait répondre à quelques unes des questions de Dumbledore. Rose ouvrit les yeux et regarda le directeur. « Avez-vous pris en considération que la prophétie n'excluait pas des personnes alors en vie quand elle a été faite ? Cela aurait pur être quelqu'un qui était en vacances ou pas impliqué dans la situation ou en dehors de l'Ordre. »
« Est-ce une vision ou êtes vous logique ? » demanda Dumbledore, intérieurement exaspéré.
« Y-a-t-il quelque chose de mal avec la logique ? » rétorqua Rose d'un ton théorique.
« Non, » admit Albus. « Cependant, j'ai déjà pensé à cette option. Je n'ai pas pu trouver de candidats vivant avant que la prophétie soit faite qui étaient compatibles ou alors, ils étaient soit morts, soit légitimement déshérités.
Rose soupira. « Et bien, j'ai peur que l'événement de cet été ait prouvé que Draco Malfoy n'est pas l'hériter Black. Je peux également vous certifier que Leo n'est pas l'héritier Black. La logique m'indique que vous devez à nouveau prendre en considération les possibles héritiers Black qui existaient avant que la prophétie ne soit faite. Le phrasé de la prophétie indique également que l'Elu a déjà été marqué comme son égal par le Seigneur des Ténèbres. »
« Mon examen des potentiels héritiers Black a été très minutieux, » dit le professeur Dumbledore. « De plus, mon étude du langage et de la signification des prophéties surpasse vos compétences. J'ai bien peur que la logique me dicte de ne pas tenir compte de votre déclaration sur Leo. »
Rose se leva avec raideur. « Dans ce cas, cet entretien touche à sa fin. » Elle traversa la pièce, ouvrit la porte du bureau et quitta la pièce en claquant la porte derrière elle.
Leo était allongé sur son lit et feuilletait avec nonchalance un magasine de Quidditch quand il entendit son père crier le nom de l'elfe de maison.
« Kréature ! »
Partant du principe que l'elfe de maison était revenu de son escapade, Leo posa le magasine sur le côté et se dirigea vers le rez-de-chaussée de la résidence Black de Godric's Hollow. Il y trouva son père en train de se disputer avec l'elfe de maison.
« Que veux-tu dire par, il n'y a pas de réponse ? » demanda Sirius. « As-tu au moins délivré la lettre ? »
« Kréature a délivré la lettre directement, » déclara Kréature en jetant un regard mauvais vers Sirius.
« Et la lettre a-t-elle été lue ? » demanda Sirius.
« Kréature ne le sait pas, » dit Kréature. Il leva la main en l'air.
« Stop ! » dit Sirius, en pointant un doigt menaçant vers l'elfe. « Je ne pose pas des questions sur ton mystérieux maitre. Je te pose des questions sur la lettre. Maintenant va aider Cassie en cuisine. »
Kréature se rendit aux cuisines, grognant à voix basse.
« Que se passe-t-il papa ? » demanda Leo.
Sirius leva les mains au ciel et marcha vers la salle de séjour. Leo suivit son père et s'assit sur le canapé alors que Sirius attrapait l'exemplaire de la Gazette du Sorcier.
« L'Ordre a essayé de communiquer avec le mystérieux intrus par le biais de lettres délivrées par Kréature, » expliqua Sirius d'un ton grincheux. « Nous avons envoyé plusieurs lettres mais n'avons toujours pas reçu de réponse. »
Leo se gratta le menton et fit un sourire malicieux tout en regardant son père s'avachir dans un fauteuil à bascule. « Que disais-tu dans les lettres ? Venez jouer avec nous sinon on ne jouera pas avec vous ? »
« Très drôle, » répondit Sirius.
« Dis moi, » dit Leo, « Pourquoi cet intrus mystérieux et également maitre de Kréature voudrait vous contacter ? »
« Si la personne est opposée à Voldemort, on pourrait penser qu'elle ou il aurait envie de faire équipe, » expliqua Sirius.
« Peut-être, » dit Leo. Il regarda son père en silence pendant plusieurs minutes. « Je vais chez Rose, » annonça-t-il finalement.
Sirius leva les yeux de son journal et regarda par la fenêtre. « Ne traine pas en route, » dit-il à Leo. « Et rentre à la maison par cheminette. »
« Pas besoin, » déclara Leo en sortant sa baguette. « Je viens d'avoir ma licence de transplanage. Tu te souviens ? »
Rose était allongée sur son lit et regardait le plafond quand elle entendit un pop venir de son armoire à vêtement. Surprise, elle releva la tête quand un cognement retenti sur la porte de son armoire. Elle fit un large sourire et reposa sa tête sur l'oreiller. « Je n'étais pas sérieuse quand je t'ai suggéré d'apparaître dans mon placard à vêtement, » dit-elle à voix forte.
La porte de l'armoire s'ouvrit sur Leo. « Ouais, j'en ai marre de devoir baisser les yeux devant ton père et d'éviter ta mère, » dit-il.
Rose sourit. « Que se passera-t-il s'ils découvrent que tu es ici mais ne se souviennent pas de t'avoir invité à entrer ? »
Leo sourit d'un air suffisant. « Nous leur dirons que John m'a laissé entrer. Il comprend rapidement et corrobora cette version des faits. De plus, je suis accordé à vos enchantements. »
« De toute façon, c'est une bonne chose que tu sois monté ici. Le directeur est en bas en train de parler avec mes parents, » dit Rose. Elle resta silencieuse pendant un instant tout en continuant à regarder le plafond. Leo ne dit rien et finalement, Rose décida de continuer. « Il voulait que j'ai une vision pour lui révéler le nom de l'héritier des Black. »
« Ouais, et ce n'est pas facile, je le sais, » dit Leo en tirant une chaise du petit bureau de Rose. Il s'assit à côté d'elle.
« Logiquement, la seule solution que je vois, c'est que la personne qui a hérité d'Orion doit avoir hérité juste après sa mort, » dit Rose à Leo. « Mais ça n'explique pas pourquoi elle ne s'est mise en avant ou a été remarquée depuis ce jour. »
« Qui que ce soit, il s'est débarrassé de ma grand-mère, » dit Leo.
« Ouais, mais nous ne pouvons pas savoir avec certitude que la personne qui a fait ça est l'élu de la prophétie, » contra Rose. « De plus, Dumbledore semble toujours penser que tu es l'Elu. Il ne croit pas à ma vision disant que tu n'es pas l'héritier Black et je doute qu'il pense que c'est toi qui a eu une confrontation avec ta mamie. »
« J'ai entendu que lui et mon père essaient d'envoyer des lettres au mystérieux maitre de Kréature, » dit Leo. « Il doit garder cette option ouverte. »
« Comment ça se passe pour l'Ordre ? »
« Quoi ? Envoyer les lettres ou garder les options ouvertes ? »
« Ne sois pas idiot, » soupira Rose en se redressant afin de pouvoir être assise en face de Leo.
Leo sourit. « Kréature délivre les lettres mais il n'y a pas eu de réponses pour l'instant. Cela rend mon père complètement dingue. Je lui ai demandé si cette mystérieuse personne avait des raisons de répondre mais il a fait comme si j'étais idiot. »
« Probablement parce qu'il sait que tu as raison, » songea Rose en se levant et en regardant par la fenêtre. « Ton père a une manière intéressante de gérer les échecs et les déceptions. »
« Euh, oui, » dit Leo en fronçant le nez. « Quoi qu'il en soit, nous pourrions envoyer une lettre nous aussi et lui proposer une récompense. »
Rose ricana. « Si vous répondez, vous aurez un bon pour Honeydukes. »
« Et une boite de bombabouses, » finit Leo, en riant à gorge déployée.
« Non, sérieusement, » dit Rose en devenant sérieuse.
« Très bien. »
« Si cette personne contrôle Kréature, alors elle doit être Lord Black, » réfléchir Rose.
« Exactement. »
« Cette personne a probablement hérité du titre de Lord Black juste après la mort de ton grand-père. »
« Exactement. »
« Si cette personne est opposée à Voldemort, elle pourrait bien être la personne qui a ouvert la Chambre des Secrets et tué le basilic. »
« Hein, » sursauta Leo.
Rose haussa un sourcil et marcha vers son bureau où elle attrapa un morceau de parchemin. « Si on prend on compte les déclarations de Dumbledore sur la Chambre, alors il est évident que c'est Lord Voldemort qui a ouvert la Chambre et tué Mimi Geignarde. »
« En effet, » hocha Leo, même s'il ne suivait pas vraiment le chemin de pensée de Rose.
« La personne ne devait pas seulement connaître la Chambre mais être également l'égal de Voldemort en terme de pouvoir afin d'ouvrir la Chambre, » déclara Rose, commençant à être excitée car elle commençait à émettre une solution.
« Euh, on a ouvert la chambre nous aussi, » rappela Leo à Rose. « Et pourquoi parles-tu d'un pouvoir égal à celui de Voldemort? »
« Tu as oublié ce que nous a dit Mimi, une fois qu'on lui a dit que nous savions déjà que le basilic était mort, » dit Rose. « Elle a dit que cette personne avait ouvert la chambre mais s'était ensuite arrangé pour qu'elle s'ouvre facilement sans avoir besoin des pouvoirs spéciaux de Salazar Serpentard. » Puis, se souvenant que Dumbledore avait partagé la prophétie sous la condition qu'elle la garde pour elle, elle ajouta, « Oublie ce que j'ai dit sur l'égal de Voldemort. »
« Très bien, » dit Leo. « Est-ce important ? »
« La personne pourrait connaître le journal intime, » dit Rose, ouvrant un tiroir de son bureau et prenant une plume et une bouteille d'encre. « Si cette personne connaissait la chambre des secrets, elle savait peut-être aussi pour le journal intime. »
Leo fronça les sourcils. « C'est un peu extrapolé Rose. Si tu penses à avertir cette personne que nous avons le journal intime juste pour vérifier si elle a bien ouvert la Chambre et tué le basilic, souviens-toi juste que si Pettigrow ou Voldemort réalise que nous avons le journal, nous aurons de gros ennuis. »
« C'est pourquoi nous devons être prudents, » dit Rose, réalisant soudainement que son plan avait un défaut.
« De plus, » réfléchit Leo, « il se peut que cette mystérieuse personne ne sache rien de la Chambre. En quoi lui écrire une lettre à ce propos pourrait donc l'appâter ? »
Rose secoua la tête et fit les cent pas dans la pièce, ayant l'air de mauvaise humeur. Soudainement, elle s'arrêta et son visage s'illumina.
« Tu as trouvé une solution, n'est-ce pas ? » dit Leo d'un ton résigné.
« Oui, » dit Rose. « Nous pouvons envoyer une lettre extrêmement cryptée. Si la ou les personnes savent pour le journal intime ou se posent des questions à son sujet, elles comprendront ce que nous voulons dire. »
« Et si elles ne savent rien du journal ou si la lettre est trop bien cryptée ? »
Rose eut un large sourire. « La nature cryptée de la lettre va attirer leur attention et les faire sortir de leur cachette ! »
« Peut-être, » dit Leo.
Le visage de Bellatrix commençait à suer alors qu'elle était penchée au dessus d'une table son atelier-laboratoire et qu'elle notait plusieurs choses sur un bout de parchemin. Elle prit sa baguette et se rendit au centre de la pièce. Elle ferma les yeux, prit une grande respiration avant de les rouvrir. Elle leva sa baguette à toute vitesse.
« Attaque, attaque, bouclier, pas à gauche, attaque, attaque, attaque, pas à droite, bouclier » dit-elle à la suite tout en faisant l'exercice, bougeant sa baguette comme si elle jetait réellement des sorts et combattait un adversaire.
Fronçant les sourcils, elle retourna à la table et examina ses notes sur le parchemin. Elle nota quelques remarques puis retourna au centre de la pièce.
« Attaque, attaque, pas à gauche, attaque, attaque puissante, pas à droite, attaque, attaque, attaque, pas à droite, attaque, » entonna-t-elle, en bougeant rapidement et agilement, comme si elle dansait. Elle répéta l'opération, inversant les pas. Puis, elle recommença du début, inversa de nouveau, et ce, une douzaine de fois avant de faire une pause.
Se sentant assez satisfaite de son enchainement, Bellatrix retourna au parchemin et utilisa une plume pour encercler les directions sur le parchemin. Elle plia le parchemin en deux et le glissa dans son manuel de duel, entre les pages qui détaillaient des exercices de duel. Les exercices étaient vraiment bons et Bellatrix les avait déjà maitrisés, mais elle en était arrivée à la conclusion qu'elle devait trouver ses propres enchainements, sinon quelqu'un pourrait finir par reconnaître les stratégies du célèbre manuel de duel – enfin, il l'était il y a vingt ans.
Elle venait d'arriver à la page des exercices pour forcer un adversaire à reculer et pour gagner du terrain quand le bruit d'un transplanage annonça l'arrivée de Kréature. Bellatrix jeta rapidement un coup d'œil à l'elfe de maison et vit qu'il tenait une enveloppe dans sa main.
« Pas deux fois dans la même journée, » grogna-t-elle.
« Kréature a reçu la lettre de quelqu'un d'autre, » annonça l'elfe de maison. « Ce n'était pas Maître Sirius. »
« Comme si ça faisait une différence, » dit Bellatrix sur un ton sarcastique, prenant l'enveloppe des mains de l'elfe de maison. Elle jeta quelques charmes pour vérifier qu'elle ne contenait rien de dangereux avant de l'ouvrir.
A l'intérieur, Bellatrix trouva plusieurs articles de la Gazette du Sorcier. Elle poussa de côté son manuel de duel et posa les articles sur la table, les rangeant chronologiquement tout en les lisant. Les articles relataient ostensiblement une série d'évènements malheureux qui s'étaient passés à Poudlard entre le début des cours et le début des vacances de Noël. Cependant, les articles étaient assez courts et ne détaillaient pas vraiment ce qu'il se passait, mais semblaient plutôt largement politisés, certainement une directive du Ministre Prewett. Le premier article ne décrivait même pas que le crime qui était censé s'être déroulé pour provoquer un tel outrage.
« Nous prendrons toutes les mesures pour aller au fond de cette affaire, » reprenait une citation du Ministre Prewett. « Le directeur Croupton et moi-même mènerons personnellement l'enquête. Des sérums de vérité seront distribués à tous les étudiants. Nous ne dévoilerons pas seulement le coupable, mais nous trouverons toutes les personnes soutenant le Seigneur des Ténèbres. »
Un autre article admettait que des étudiants avaient été attaqués par une personne ou créature inconnue, mais impliquait que le Ministre Prewett et ses fidèles aurors avaient découvert cette attaque au cours de leur recherches – presque comme si les étudiants et les professeurs n'auraient jamais découvert ces crimes sans l'aide du Ministère.
Grâce à la diligence des aurors, continuait l'article, aucun étudiant n'avait été tué, même si quelqu'un prétendant être l'Héritier de Serpentard avait terrorisé l'école, blessé des étudiants et commis des actes d'extrême vandalisme.
En lisant le quatrième article, Bellatrix réalisa que la Chambre des Secrets avait visiblement été ouverte. Elle sourit largement quand elle songea comment Voldemort avait dû se sentir quand il avait réalisé que le basilic était déjà mort.
Finalement, Bellatrix arriva au dernier article. Il était très bref et informait les lecteurs que le Professeur Dumbledore et ses collègues avaient résolu le problème. A la fin de l'article, quelqu'un avait écrit un petit mot.
Le statut de mangemort de Peter Pettigrow a été révélé. Il s'est enfui, mais il a perdu quelque chose sur le chemin.
Bellatrix fronça les sourcils, regardant la note. Et alors ? songea-t-elle.
Rose secoua la tête et replaça une mèche brune derrière ses oreilles alors qu'elle attendait avec ses frères et sœurs et Leo que son père et Sirius terminent de se préparer afin qu'ils les emmènent sur chemin de Traverse pour une petite virée de Noël. Rose, Leo, Sidra et John se tenaient à l'entrée de la demeure Black pendant que leurs pères respectifs disaient au revoir à leurs épouses et recevaient des demandes d'achats de dernière minute pour le repas.
« Disparais, elfe ! » s'exclama Sidra en s'adressant à Kréature.
Kréature avait dévisagé intensément Rose et Leo mais il tourna son attention vers Sidra. Au lieu de disparaître, il marmonna à voix basse.
« Peut-être que si tu lui disais de disparaître, il le ferait, » suggéra Rose calmement alors que John, se passant une main dans ses cheveux noirs ébouriffés éclata de rire en voyant l'échange entre sa sœur ainée et l'elfe de maison à moitié fou.
« Cela ne servirait rien, » chuchota Leo en regardant Rose, mais en regardant aussi du coin de l'œil l'elfe de maison. « Il fait ça depuis qu'il a livré notre lettre. Fais moi confiance, c'est pire quand tu sais qu'il te regarde mais que tu ne peux pas le voir. »
Rose regarda l'elfe d'un air appréciateur. « C'est une bonne chose que cette mystérieuse personne ne soit hostile envers nous, sinon nous serions tous morts. Crois-tu que Kréature a reçu la mission de nous surveiller ? »
« Ouais, j'en suis quasiment certain, » dit Leo.
« Très bien ! Allons-y ! » s'exclama Sirius. « Je pense que nous pouvons utiliser le transplanage d'escorte jusqu'au Chaudron Baveur. »
« Viens transplaner avec moi, John, » dit James
Rose attrapa le bras de Leo avant que son père ne lui demande de transplaner avec quelqu'un d'autre. Ils arrivèrent peu après au Chaudron Baveur. James leur ordonna de ne jamais aller quelque part sans une deuxième personne et sous aucun prétexte de mettre un pied dans l'Allée des Embrumes
Rose et Leo, ayant déjà anticipé ces instructions, s'éloignèrent du Chaudron Baveur et se séparèrent du reste du groupe, afin de ne pas être dérangés par les autres. Après quelques temps, ils retournèrent au Chaudron Baveur et s'y installèrent après que Rose ait commandé un cidre chaud et Leo une bièraubeurre.
« Un de ces jours, je te convertirai aux bièreaubeurres, » déclara Leo en regardant Rose avec ses yeux marrons.
« Je ne pense pas, » dit Rose en faisant un grand sourire. « Où veux-tu t'arrêter après ? »
« Le magasin de Quidditch bien sûr, » dit Leo. « Et toi ? »
« Au magasin de livres bon marché, » dit Rose. « J'ai entendu mon père dit à ma mère que certaines familles étant à court d'argent y vendaient leurs vieux livres. J'aimerai y jeter un coup d'œil et voir si on ne peut pas trouver quelque chose sur la Maison Black. »
« Ca a l'air génial, » commenta Leo.
«On pourra s'y arrêter à la fin, » précisa Rose. « Voulais-tu aller quelque part d'autre ? »
Avant que Leo ne puisse répondre, ils furent interrompus par une fille qui s'approcha de leur table, prit une chaise et s'y assit. « Rose ! » s'exclama la fille. « Je ne m'attendais pas à te voir ici. Comment se passent tes vacances ? »
« Qui est-tu, » demanda Leo alors que la mystérieuse fille commandait une bièraubeurre. »
« Je suis à Poudlard avec vous, » dit la fille sur un ton innocent.
Rose étudia la fille en plissant des yeux. Ses cheveux raides et blonds lui arrivaient après les épaules et sa peau était bronzée. Des yeux topazes illuminaient son visage assez ordinaire. « En quelle année es-tu ? » demanda Rose une fois qu'elle fut certaine qu'elle ne reconnaissait pas la fille.
La fille eut un sourire en coin quand Tom, le barman posa une autre bièraubeurre sur la table. « En sixième année, » répondit-elle.
« Nous sommes des sixièmes années ! » rétorqua Rose. « Je pense que je me serais souvenue de toi. Dans quelle maison es-tu ? »
« Serpentard, » dit la fille, souriant de manière curieuse.
« Tu mens ! » déclara Leo.
« Seulement un peu, » admit la fille.
« Qui es-tu et que veux-tu ? » demanda Rose.
La fille sourit. « Appelez-moi… Jane. »
« Très bien, Jane, » dit Leo. « Que veux-tu ? »
« En fait, » répondit Jane, « la question, c'est ce que vous voulez. » Elle sortit une enveloppe de sa cape et la posa sur la table.
Rose tendit lentement la main et ouvrit l'enveloppe familière. Elle contenait les articles de la Gazette du Sorcier qu'elle avait envoyé au mystérieux intrus par le biais de Kréature. Elle leva les yeux vers Jane. « Avant que nous parlions, j'ai besoin que vous me confirmiez que vous êtes la personne étant entrée dans la Chambre des Secrets et ayant tué le monstre qui s'y trouvait, » dit Rose d'une voix très professionnelle. Léo était impressionné.
Jane dévisagea Rose, son visage impénétrable. « Très bien, » dit Jane. « On pourrait dire que je suis entrée dans la Chambre et ai tué le basilic. »
« Prouvez-le, » rétorqua Rose.
« Pourquoi est-ce que je prétendrais l'avoir fait si ce n'était pas le cas ? » demanda Jane en s'adossant à sa chaise.
« Parce que vous voulez ce qui a été volé à Pettigrow, » intervint Léo. « Nous ne ferons pas affaire tant que vous ne pourrez pas prouver que vous avez tué le montre en nous donna la méthode exacte avec laquelle vous l'avez tué. »
Jane prit un air suffisant. « Vous ne pouvez pas savoir comment le basilic a été tué puisque j'ai incinéré le corps. »
Rose et Leo se regardèrent puis hochèrent la tête.
« Maintenant, c'est votre tour, » dit Jane. « Dites moi ce que vous essayez de me vendre. »
Rose jeta un coup d'œil autour d'eux afin de s'assurer que personne ne s'intéressait à leur conversation. Elle se pencha en avant. « Nous avons le journal intime que Pettigrow a utilisé pour ouvrir la Chambre, » chuchota-t-elle. « Connaissez-vous son existence ? »
Jane eut l'air assez surprise. « J'en avais entendu parler, » admit-elle, en prenant sa bièraubeurre et en buvant une gorgée. « Etes-vous là pour me le vendre ? »
« Nous sommes ouverts à toute sorte d'arrangement, » dit Rose à Jane. « En fait, nous sommes à la recherche d'informations. Nous voulons en savoir plus sur la Maison Black et sur Lord Black en particulier. »
Le visage de Jane redevint impénétrable et elle posa son verre. « Je préfèrerai acheter le journal avec de l'or. Dix mille gallions. »
Les yeux de Leo lui sortirent du visage mais Rose n'allait pas échanger son moyen de pression sur la mystérieuse Maitresse d'elfe de maison Black pour de l'or. « Des informations, » dit-elle d'un ton ferme, « voilà notre prix. En quelque sorte. »
« Vingt-cinq mille gallions, » contra Jane.
Rose secoua la tête alors que Leo glapit, la bouche ouverte.
« Cinquante mille gallions, dernière offre, » dit Jane.
« L'identité de Lord Black, des informations et une rencontre avec lui. C'est notre prix, minimum, » répondit Rose.
Jane n'eut pas l'air ravie mais elle insista. « Qu'est-ce qui vous fait croire que je ne suis pas Lord Black ? »
Rose éclata de rire. « Vous n'êtes pas un sorcier. De plus, vous avez évité de nous dire précisément comment le basilic est mort. Vous étiez là quand le basilic est mort et vous avez incinéré le corps mais vous n'avez pas ouvert la Chambre et vous ne l'avez pas tué. Mimi Geignarde était affirmative, c'est un sorcier qui l'a fait. Je suppose que c'était Lord Black. »
Jane soupira, à la fois ennuyée et impressionnée par l'analyse de Rose, puis elle sortit une petite montre de sa poche et y jeta un coup d'œil. « J'ai bien peur qu'il me faille partir, » annonça-t-elle. « Peut-être nous verrons-nous une autre fois. » Elle se leva et quitta la table, mais elle s'arrêta ensuite et se retourna pour dire quelques mots à voix basse. « Gardez le journal intime en lieu sûr. Il n'y a rien que le Seigneur des Ténèbres ne ferait pas pour le récupérer. » Puis elle quitta le pub en empruntant la sortie de derrière.
Severus Rogue sentit Narcissa Malfoy lui serrer le bras alors que Lord Voldemort faisait les cent pas dans le Manoir Malfoy, reconstruit et hautement sécurisé. Une douzaine de mangemorts se tenaient en cercle dans la pièce. Chaque mangemort portait le masque coutumier et la capuche.
L'habitude des mangemorts de se déguiser était à la fois une idée de Voldemort pour inspirer une aura de mystère chez ses partisans, mais aussi pour protéger l'identité de ses mangemorts. Les méthodes du Ministre Prewett étaient extrêmes. La capture et l'interrogatoire de chaque mangemort pouvait et s'était fini en la violente décimation du mangemort et de sa famille.
Le fait que le Seigneur des Ténèbres gardait précieusement le secret sur l'identité de chacun de ses mangemorts minait les efforts de Rogue quand il espionnait pour l'Ordre. En fait, Rogue n'avait jamais pu prévenir le Professeur Dumbledore que Peter Pettigrow était un mangemort ou que Voldemort avait donné une tâche spéciale à Poudlard à Pettigrow depuis quelques mois.
Rogue savait que Pettigrow avait fait un sérieux faux pas et qu'il n'a pas rempli les objectifs de sa mission. Finalement, peut-être que l'Ordre avait bénéficié du fait que Rogue n'en savait rien. Si Rogue avait été informé, Pettigrow aurait pu réussir car Voldemort aurait, au minimum demandé à Rogue de transmettre les rapports de Pettigrow pour le Seigneur des Ténèbres. Miraculeusement, Voldemort n'avait pas réalisé, en se basant sur les articles de la Gazette du Sorcier que Pettigrow échouait misérablement. Maintenant que Pettigrow avait été exposé comme mangemort et qu'il était porté disparu, Voldemort essayait de limiter les dégâts.
« Je veux que Pettigrow soit capturé en vie, » dit Lord Voldemort à ses partisans, continuant à faire les cent pas et ressemblant à un prédateur attendant sa proie – comme si l'un d'entre eux savait peut-être où était caché Pettigrow mais ne l'avait pas encore dit. « Il n'y a pas de plus grande priorité que de le retrouver et de me l'amener. »
« Oui, mon Seigneur, » répondirent ses partisans, déguisant leurs voix et parlant suffisamment fort pour être entendu mais pas assez pour attirer son attention.
Voldemort sembla accepter leurs réponses et continua à marcher. Soudainement, il tourbillonna et se mit devant une silhouette masquée. « Que sait le ministère sur la mort de Walburga Black, » demanda Voldemort.
« Très peu, mon Seigneur, » glapit le mangemort. « Un intrus s'est disputé avec elle dans sa maison après avoir brûlé la célèbre tapisserie familiale des Black. Madame Black s'est suicidée peu après le départ de l'intrus, mon Seigneur. »
A la mention de la mort de Walburga Black, Rogue sentit Narcissa se raidir. Il était surpris parce qu'elle savait déjà que sa tante était morte et que le Ministère l'avait classée en suicide. Bien que curieux, Rogue ne pouvait pas se permettre de se déconcentrer. Peut-être pourrait-il sonder subtilement Narcissa un peu plus tard.
« Le ministère n'a-t-il pas de suspects ? » demanda Voldemort.
« Non, mon Seigneur. »
Voldemort se tourna vers Rogue. « Avez-vous des…informations supplémentaires ? »
Rogue savait que Voldemort lui demandait si l'Ordre avait fait des découvertes mais aussi s'il avait obtenu des informations du Ministère. Le Seigneur des Ténèbres utilisait cette stratégie pour encourager ses partisans à faire preuve de zèle dans leurs efforts. La stratégie permettait aussi que si le ministère capturait et interrogeait une personne ayant entendu le rapport, alors l'espion le mieux infiltré ne serait pas exposé ou identifié.
« Il y a beaucoup de confusion, mon Seigneur, » dit Rogue à Voldemort. « Ils supposent que Madame Black a peut-être été tuée par un de vos partisans. » Cette phrase était risquée. Même si Voldemort apprécierait de connaître la théorie de l'Ordre, les autres mangemorts n'apprécieraient pas Severus pour semer une graine de discorde en leur sein.
« C'est intéressant, » dit Voldemort, en se tournant vers son informateur original. « Serait-il possible qu'un mangemort ait tué Mme Black ? »
« Je ne sais pas, mon Seigneur, » répondit le mangemort, tout à coup très nerveux.
Rogue aurait été effrayé s'il avait été à sa place. Le Seigneur des Ténèbres avait beaucoup d'espions au Ministère. Le Seigneur des Ténèbres savait peut-être déjà que Severus allait impliquer qu'un mangemort avait tué Walburga Black. Le seigneur des Ténèbres pouvait penser que l'informateur lui-même avait tué Walburga Black.
Voldemort maintint le suspens pendant quelques instants. Finalement, il se déplaça ce qui fit soupirer le cercle de soulagement. « Il s'avère que la mort de Madame Black est très inconvéniente, » informa Voldemort. Il se concentra sur l'espion du Ministère. « Informez moi dès que le Ministère en aura terminé avec Square Grimmaud. »
« Je le ferai, » souffla l'informateur.
« Je n'ai rien d'autre à vous dire, » dit Voldemort au groupe. « Vous pouvez tous partir maintenant mais vous deux, vous restez, » dit-il en pointant Rogue et Narcissa.
La panique commença à s'emparer de Rogue mais il la repoussa tout en regardant les autres mangemorts quitter le Manoir Malfoy, les laissant seuls avec Lord Voldemort. A part le fait d'être un agent double, comme le savait déjà Voldemort, Rogue n'avait rien fait de susceptible de déclencher la colère du mage noir et il était peu probable que les véritables allégeances de Rogue aient été découvertes. Dumbledore était très prudent. Peut-être que le Seigneur des Ténèbres avait remarqué la réaction choquée de Narcissa quand elle avait appris les détails de la mort de sa tante. Finalement, à part les elfes de maison, il ne resta plus que le Seigneur des Ténèbres, Rogue et Narcissa dans le manoir.
« Enlevez vos masques, » ordonna Voldemort.
Rogue et Narcissa s'exécutèrent rapidement pendant que Voldemort s'asseyait sur son trône. La lumière dans la pièce augmenta et Rogue et Narcissa grimacèrent, s'étant habitués à la faible lumière qu'il y avait eu pendant la réunion.
Une fois que leurs yeux se furent ajustés à la lumière, Rogue et Narcissa furent confrontés à l'apparence de Voldemort. Le visage du Seigneur des Ténèbres était atrocement balafré – une conséquence d'un combat qu'il avait mené dans la même pièce dans laquelle ils étaient confortablement installés. Rogue supposait en privé que le Seigneur des Ténèbres avait voulu s'installer dans le Manoir Malfoy pour célébrer sa victoire. Voldemort avait certes été blessé, mais au final, Cygnus Black et Romulus Malfoy étaient morts. Finalement, même Ashworth avait été tué.
Même si le Ministre Prewett avait fait de gros efforts dans la lutte contre Voldemort, il n'avait pu que vaincre certains mangemorts. Voldemort n'avait pas de raisons d'être personnellement menacé, comme l'avaient fait pendant un temps les patriarches Black. Albus Dumbledore ne semblait pas incliné à chercher Voldemort et les années passant, le Seigneur des Ténèbres avait fini par ne plus croire en la validité de la prophétie qui suggérait qu'un autre Black se lèverait et reprendrait le combat d'Orion et Cygnus.
« Dis moi Narcissa, quelles nouvelles ton fils envoie-t-il ? A-t-il des nouvelles de Pettigrow ? »
« N-non, mon Seigneur, » répondit Narcissa, clairement en train de perdre son sang froid.
Rogue regarda l'échange avec une expression neutre même si ses émotions étaient sans dessus dessous à l'intérieur de lui. C'était en fait Lucius Malfoy, accompagné de son fils, Draco, que Voldemort avait envoyés pour traquer Pettigrow. Voldemort savait que Narcissa avait cessé d'aimer Lucius depuis longtemps et il s'était donc intéresser à Draco afin de rappeler à Narcissa qu'il tenait la vie de son fils entre ses mains. Cela rappelait également à Rogue que ses échecs couteraient cher au fils bien-aimé de Narcissa.
Voldemort les regarda en silence pendant plusieurs minutes avant de leur confier des instructions. Les instructions n'étaient pas nouvelles. Il ne répéta que de vieux ordres. Puis il partit.
Dès que le Seigneur des Ténèbres fut parti, Narcissa éclata en sanglot. Calmement, Rogue la fit asseoir sur une chaise – pas celle de Voldemort. Rogue la regarda, ne sachant pas quoi dire. Il marcha jusqu'à un canapé et s'y assit, se penchant en avant pour lui faire comprendre qu'il était prêt à l'écouter. Il savait que le professeur Dumbledore voudrait savoir pourquoi elle s'était raidie en entendant les détails de la mort de Madame Black. Cela pouvait être important.
« Tu es si gentil, Severus, » dit Narcissa une fois que ses sanglots se furent calmés. « Je suis désolé pour tout ça. »
Rogue hocha la tête. « Je serais toujours là pour t'aider, » dit-il.
« Je le sais, » dit Narcissa, « et je t'en suis reconnaissante. C'est si difficile de le savoir si près de mon fils et de savoir que sa vie dépend de lui. Je ne sais pas comment tu arrives à contrôler tes émotions quand il est dans les parages. J'aimerais être aussi forte que toi. »
Il se trouvait à un croisement. Rogue pouvait lui demander ce qui la troublait à propos de la mort de sa tante ou il pouvait continuer à la consoler. La loyauté qu'il portait à Dumbledore et l'envie que Dumbledore réussisse à construire un monde meilleur pour Narcissa le poussa à poser la question au lieu de la consoler.
« Qu'est-ce que… je veux dire, tu semblais particulièrement surprise quand ce sorcier a parlé de la mort de ta tante, » dit Rogue.
« Ce n'était rien, » dit Narcissa en commençant à sécher ses yeux avec un mouchoir.
« Je n'en suis pas si sûr, » insista Rogue.
Un petit sourire apparut sur le visage de Narcissa. « C'était juste un souvenir, Severus. Un fantôme de mon passé quand j'ai pensé à la tapisserie familiale qui avait brûlé. »
« Un fantôme venu te hanter ? »
« Pas vraiment, puisque ce n'était qu'un souvenir, » dit Narcissa d'un air absent. Elle y repensa quelques instants puis rit doucement. « Ce fantôme risquerait plus d'être malicieux à l'égard du Seigneur des Ténèbres plutôt qu'envers moi, je pense. Il ne faut pas s'inquiéter, Severus. Parlons d'autre chose. »
