Disclaimer: Harry Potter appartient à JK Rowling et cette traduction que je fais de Lord Silvere n'est pas utilisée à des fins commerciales
Chapitre 27 : Préparatifs de vacances
Un bruit de sanglots attira l'attention d'Harry et éclaircit légèrement son esprit avant de s'estomper. Enveloppé dans la douce étreinte de Morphée, Harry le repoussa immédiatement, puis le bruit revint. Harry devint de plus en plus conscient d'une voix étouffée, de bribes de mots. Cependant le timbre de voix était dangereusement familier. Il s'agissait de Tom Jedusor, celui qui se donnait le nom de Lord Voldemort, et à entendre son ton, il semblait ennuyé. Peut-être même en colère.
Une vieille habitude conduisit Harry à se concentrer sur Voldemort, se forçant à en entendre davantage pour connaître plus de détails. Peut-être pourrait-il obtenir plus d'informations et donner un avantage à l'Ordre pour le prochain combat. Lentement, et par réflexe, Harry commença à lever ses boucliers mentaux tout en se préparant à sonder l'esprit de Voldemort, mais soudainement, il se souvint du voyage dans le temps, celui vers le passé. Harry rompit la connexion aussi vite que possible.
Il se réveillant en haletant, et découvrit qu'il était dans une chambre et il sentit tout à coup une douleur dans son ventre mais aussi la chaleur douce et réconfortante de quelque chose à sa gauche. Bella, songea Harry tout en s'éclaircissant l'esprit. Que Merlin ait pitié de moi, j'ai épousé Bellatrix Black. Ralenti par la douleur qui lui brulait l'estomac, Harry s'assit. Il plissa les yeux, pour mieux voir dans le noir l'horloge sur la table de chevet. Il était trois heures du matin.
Le silence de la nuit n'étant rompu que par le son de leurs respirations, Harry jeta un coup d'œil à la femme qui était maintenant son épouse. Bellatrix avait repoussé les couvertures et était allongée sur son dos, ses belles courbes étant à peine cachées par son pyjama et ses longues tresses noires éparpillées sur l'oreiller qu'elle avait apparemment partagé avec Harry. Cette tenue aurait pu marcher cette nuit-là, songea-t-il avec un amusement sardonique en repensant à la tentative de séduction de Bellatrix le soir où Tom Jedusor avait tué son père. Elle aurait dû suivre ses instincts et ne rien porter du tout, songea-t-il en repensant à leur conversation d'il y a vingt ans maintenant. Ca aurait complètement marché. La fraicheur de la chambre le fit sortir de ses pensées et Harry trembla. Voyant à quel point Bella semblait être froide, Harry se demanda si elle avait enlevé les couvertures par accident. Ou peut-être que les femmes Serpentard sont juste glaciales.
Ressentant une urgente envie d'aller aux toilettes, Harry se déplaça pour sortir du lit mais la douleur dans son abdomen l'assaillit de nouveau ainsi qu'une nouvelle vague de vertiges. Il regarda autour de lui et trouva sa baguette sur la table de chevet à côté de ses lunettes. Grommelant en mettant ses lunettes, Harry prit ensuite sa baguette et conjura une fine canne. Il s'arrêta le temps de poser une couverture sur Bellatrix avant de se lancer dans une marche très lente et douloureuse vers la salle de bain.
Quand il eut fini, Harry se dirigea vers la salle de séjour, s'aidant des murs et des meubles pour avancer avant de s'écrouler sur une causeuse. Harry remarqua qu'un sapin de Noël richement décoré se tenait dans un angle de la pièce et illuminait les autres décorations de Noël accrochées aux murs. La lumière de sapin de Noël révéla aussi une pile d'exemples de la Gazette du Sorcier sur le sol, à côté du canapé.
Curieux, Harry se pencha vers la pile et en prit un. L'exemplaire datait de six mois avant leur arrivée dans le futur. Harry supposa que Bellatrix avait fait des recherches sur la situation du monde magique. Il reconnut que c'était une bonne idée et qu'il devrait probablement faire de même. Après tout, il était celui pouvant déterminer si le futur était vraiment différent du sien. Mais, quand une vague d'épuisement le submergea, Harry décida de fermer les yeux et de se reposer un peu avant de lire les journaux.
Finalement, la lumière du jour le réveilla, ça et la douleur dans son estomac ainsi que la raideur de ses muscles. Harry grogna et essaya de trouver une position pouvant alléger son inconfort.
« Ouais, tu aurais dû rester au lit, » commença Bellatrix.
Harry leva la tête et découvrit Bellatrix qui venait de la cuisine, portant un plateau avec plusieurs potions. « J'avais besoin d'aller à la salle de bain, » lui dit Harry.
« Il semblerait que tu te sois perdu, » ricana Bellatrix en posant le plateau sur la table à café. Elle en choisit une et la tendit à Harry. « Bois ça. »
« J'allais lire certains de ces journaux, » dit Harry en montrant le sol, là où il avait aperçu les journaux pendant la nuit. Mais il s'aperçut qu'ils n'étaient plus là, ni même dans la pièce. « Où les as-tu mis ? »
« Je pense que tu devrais me laisser m'occuper de ce genre de choses pour l'instant, » dit Bellatrix en regardant Harry boire la potion avant de lui en tendre une autre. « Tu n'es pas franchement en assez bonne condition pour faire quoi que ce soit pour l'instant. »
« Je vais bien, » protesta Harry.
Bellatrix leva les yeux au ciel. « Harry tu as été dans le coma pendant presque une semaine. Tu ne vas pas bien. »
Savant qu'il ne pourrait pas faire le poids contre la carte du coma, Harry resta silencieux pendant qu'il buvait le reste des potions. Il se sentait bien en pensant que pendant qu'il était inconscient, elle s'était occupée de lui. C'était comme si elle faisait parti de sa famille. En fait, c'était le cas, se souvint-il. Elle était maintenant son épouse. Je devais le faire, se rappela Harry quand un vague souvenir du contrat de mariage fit surface. J'étais à moitié mort. Puis il réalisa qu'il aurait été mort sans ses soins.
« Normalement, je t'interrogerai sur tes connaissances du futur, ou plutôt, du présent, » dit Bellatrix en reprenant le plateau de potions vides. « Cependant, » dit-elle depuis la cuisine, « c'est Noël aujourd'hui. » Elle retourna dans le salon et s'arrêta à côté du Sapin de Noël. « Je pense que nous pourrions s'échanger nos cadeaux. »
Harry grimaça. « Je n'ai rien acheté, » dit-il.
« Ce n'était pas nécessaire, » sourit Bellatrix. « Tu m'as donné un bon d'un million de gallions et j'ai fait les achats pour toi. »
« S'il te plait, dis moi que nous avons encore de l'argent à Gringotts, » grogna Harry.
« Je n'ai pas dépensé un million de gallions, » le rassura Bellatrix en prenant dans ses bras une pile de petits cadeaux. « Mais même si je l'avais fait, nous serions toujours très riches. »
« Et c'est ce qui est important, » dit Harry avec un visage sérieux.
« Exactement, » répondit Bellatrix avec le même sérieux tout en s'asseyant à côte d'Harry sur le canapé.
Espérant qu'elle blaguait aussi sur l'importance de la richesse, Harry accepta un des petits cadeaux de Bellatrix et regarda avec curiosité le reste des présents sur ses genoux.
« Les autres sont pour moi, » dit Bellatrix. « On pourra aller faire les boutiques pour toi un peu plus tard. »
« Okay, » dit Harry aimablement, » voyons-voir ce que je t'ai acheté pour Noël. »
La réponse était des joyaux, et beaucoup de joyaux en fait. Elle n'avait peut-être pas dépensé un million de gallions, mais Harry suspectait qu'elle n'en était pas loin. Parmi le butin se trouvaient un splendide collier de diamants et de nombreuses boucles d'oreilles assorties de pierres précieuses pour la plupart, des émeraudes. Harry supposa que c'était le côté Serpentard en elle, même si elle avait aussi une paire de boucles d'oreilles avec des rubis.
« Ton tour, » annonça Bellatrix, ayant l'air impatiente.
« Laisse-moi deviner, » dit Harry. » Des bijoux ? »
Bellatrix rayonna, son sourire accentué par le collier et les boucles d'oreilles d'émeraude qu'elle portait.
Harry déballa le présent et découvrit une petite boite avec à l'intérieur avec un anneau en or massif avec des joyaux noirs.
« C'est la chevalière de la famille Black, » annonça Bellatrix fièrement. « Il a été ajusté et amélioré. » Elle le sortit de la boite, prit la main gauche d'Harry et la lui glissa. « Il s'agit à la fois de ton anneau de mariage et de la bague de famille. »
« Elle est très belle, » dit Harry en la regardant. Il jeta un coup d'œil sur la chevalière Malfoy qu'il portait à la min droite. L'anneau Malfoy était plus ostentatoire mais la chevalière Black était clairement plus lourde et plus impressionnante. Il espérait que la chevalière Black pourrait être allégée par un sort, sinon, il aurait constamment le sentiment de se balader avec une brique dans la main.
Harry regarda de nouveau Bellatrix. Elle faisait un grand sourire et ses yeux violets étincelaient. Harry ne se souvenait pas avoir déjà vu Bellatrix aussi heureuse. Sous le charme, il continua à la regarder, et elle à le dévisager pendant de longues minutes.
« Donc, je suppose que c'est fini ? » dit Harry. « Nous avons déballé tous les présents. »
« Il y a encore… quelques gourmandises, » dit Bellatrix d'une voix rauque en souriant toujours de toutes ses dents. « Et peut-être le diner après. »
Harry la regarda pendant plusieurs secondes avant de réaliser ce qu'elle sous-entendait. Il se souvint de leur premier baiser, initié par Bellatrix sur le sol de la Salle sur Demande. Elle avait été en colère contre lui, l'avait jeté par terre avant de l'embrasser de force, avec ardeur et presque avec violence. Ses lèvres avaient eu le goût de la déception amère mais aussi de la passion et du désir. Et pourtant, derrière le masque d'occlumencie qu'il s'était forgé, Harry avait souvent repensé aux baisers qu'il avait échangés avec Bellatrix, souhaitant par moment s'abandonner à ses séductions.
Et maintenant, alors que Bellatrix se penchait vers lui avec douceur, avec ses yeux brillants, son magnifique sourire et ses belles courbes, Harry s'abandonna au plaisir d'embrasser sa femme et se pencha à son tour vers elle. Le baiser fut plus bref et plus doux que leur premier baiser, et pourtant bien plus étourdissant pour Harry et il était maintenant empli de désir et non plus de déception amère. Waouh, pensa-t-il, n'arrivant pas à le croire avant de se reprendre. J'ai dû perdre beaucoup de sang pour être aussi léger. Après quelques instants délicieux, Bellatrix releva Harry pour que son dos soit contre l'accoudoir. Très prudente, clairement consciente de ses blessures et ne voulant pas le faire souffrir, elle ajusta sa position et embrassa de nouveau son mari. Voilà comment se déroula le matin de Noël pour les jeunes mariés, jusqu'à ce qu'Harry soit fatigué et qu'il s'endorme en souriant.
Rose et Leo frissonnèrent alors qu'ils se tenaient dans la cour arrière de la maison Black à Godric's Hollow. Les familles Potter et Black avaient partagées le diner de Noël, une tradition qu'ils avaient toujours célébrées depuis que Rose et Leo pouvaient s'en souvenir. Leurs parents respectifs étaient de très proches amis et se réunissaient toujours pour les vacances.
Les deux familles étaient maintenant en train de nettoyer les restes du diner – une nécessité que les enfants avaient espéré éviter maintenant que les Black avaient un elfe de maison. Cependant, Kréature avait disparu après avoir servi le diner et n'était pas encore réapparu. Rose et Leo avaient réussi à s'échapper sur le porche pour faire une pause dans leurs activités ménagères.
« Es-tu sûr que c'est en sécurité ? » demanda Rose, serrant ses bras contre sa poitrine pour essayer de se réchauffer.
« A ce que je sache, » répondit Leo, souhaitant avoir emporté une veste pour pouvoir la passer à Rose. Il était courbé et avait mis ses mains dans ses poches afin d'essayer de se réchauffer. « Si je vais vérifier, ce sale petit elfe de maison va me voir et dire à Lady Black où se trouve le journal intime. Il m'espionne depuis que nous l'avons rencontrée sur le Chemin de Traverse. »
« Je doute qu'elle soit capable de rentrer dans ta maison et prendre elle-même le journal, » dit Rose. « Ton père a de très bons enchantements de protection. »
« Mais elle peut simplement ordonner à l'elfe de le voler, » rappela Leo à Rose.
Rose soupira. « C'est vrai, et je ne doute pas qu'elle le fasse. Après tout, elle nous a offert plusieurs dizaines de milliers de gallions pour le journal. »
« Je pense qu'il faut rapidement trouver une solution pour le journal, » dit Leo à Rose d'une voix sérieuse. « Nous retournons bientôt à Poudlard. Il sera difficile de négocier avec cette sorcière depuis l'école. Il y a aussi le fait que plus nous garderons le journal, plus dur il sera de le garder en sécurité. Je m'inquiète aussi de la somme qu'elle nous en a proposé et de l'avertissement qu'elle nous a donné pour Voldemort. Peut-être que nous devrions donner le journal au Professeur Dumbledore et tout lui expliquer. Nous en serons débarrassé. »
Rose ne répondit pas immédiatement à Leo, choisissant à la place de regarder les étoiles dans le ciel pour songer à leurs options. Elle connaissait Leo depuis suffisamment longtemps pour réaliser que derrière la proposition innocente de Leo, il croyait fermement qu'ils devaient donner le journal au Professeur Dumbledore. Rose devait reconnaître que ses inquiétudes étaient valides, mais l'opportunité de découvrir l'identité de Lord Black et de la révéler à l'Ordre était une grande tentation.
« Encore un autre entretien, » dit Rose. « Nous pouvons envoyer Kréature avec un message pour Lady Black, disant que nous voulons la rencontrer et parler du journal intime. Elle sait quelles sont nos conditions. Si elle accepte le rendez-vous, cela voudra dire qu'elle est au moins prête à parler. Si elle refuse le rendez-vous ou si nous n'arrivons pas à négocier avec elle, je te promets que nous donnerons le journal intime au directeur. »
A contrecoeur, Leo hocha la tête. « C'est acceptable, je suppose. « Il y a juste deux choses. Es-tu sûre que cette personne est vraiment Lady Black ? »
« Elle doit l'être, » répondit Rose. « Elle est la maitresse de Kréature. Il y a aussi le fait qu'elle semble facilement avoir accès à cinquante mille gallions. Quelle était ta seconde inquiétude ? »
« Allons-nous vraiment lui donner le journal intime ? »
« Je ne sais pas… » dit Rose. Avant qu'elle ne puisse finir, la porte de la maison s'ouvrit et ils furent interrompus.
« Ta mère veut que tu reviennes dans la cuisine, » annonça Sidra à Leo.
« Euh, okay, » dit Leo, évitant de regarder dans les yeux de l'aînée des Potter. Il passa devant Sidra et entra dans la maison.
Rose s'apprêta à le suivre, mais Sidra lui bloqua le passage en s'avançant sur le porche et en fermant la porte. Les deux sœurs s'engagèrent dans un duel de volonté, faisant de leur mieux pour intimider l'autre. Même si Rose était un peu plus petite, elle regarda avec témérité les yeux verts de Sidra, se demandant comment quelqu'un ressemblant autant à leur mère pouvait avoir une personnalité si différente.
« Tu flirtes avec le jeune héritier Black ? » cracha Sidra.
« Il n'est pas l'héritier Black, » rétorqua Rose.
« C'est toi qui le dis, » siffla Sidra. « Depuis le moment que tu es née, tu essaies d'attirer l'attention de tout le monde. Mais ensuite Voldemort est revenu en Grande Bretagne, a dévalisé Azkaban et s'est entouré de nouveaux partisans. Toute l'attention était alors sur moi et Leo. Tu ne pouvais pas le supporter, pas vrai ? C'est pourquoi tu as soudainement eu une vision et as déclaré que Léo n'était pas l'élu. Mais ce que tu voulais vraiment dire c'est que je ne suis pas la fille des Etoiles de la prophétie. »
« Et en quoi est-ce si spécial d'être la Fille des Etoiles ? » dit Rose, se forçant à garder le contact visuel avec sa sœur ainée. « Tu veux juste l'argent de la famille Black et son prestige. »
« Non, c'est toi qui le veux ! » hurla Sidra. « Tu t'es toujours accaparé Leo depuis que tu sais marcher. Tout ce qu'il voulait, tu le faisais pour lui, incluant une soi-disante vision qui dit qu'il n'a pas à s'inquiéter, qu'il n'aurait pas à affronter Voldemort en tant qu'Héros de la prophétie. Et bien, j'ai une nouvelle pour toi, Rose. Quand il aura dix-sept ans, il héritera des biens de la famille Black et il saura que tu moquais de lui. Puis il me remarquera comme il aurait dû le faire depuis longtemps et je l'aiderai à terminer cette guerre – la guerre que sa famille a commencé. »
« C'est donc ça que tu veux, » demanda Rose avec dédain. « Tu vois Leo devenir un grand héros – peut-être même Ministre de la Magie comme Cygnus Black ? Menant la Grande Bretagne à la victoire contre Voldemort ? Bien sûr, il aura besoin d'une femme fidèle à ses côtés – une Lady Black, » rigola Rose. « Tu ne seras jamais Lady Black. Si tu veux devenir la femme d'un Ministre de la Magie, je te suggère d'aller voir Ron Weasley et de l'épouser. Ou non, mieux, épouse son abruti de frère, Percy. » Cette pensée empêcha Rose de continuer sa tirade et elle éclata de rire. Elle rit jusqu'à ce qu'elle reçoive une claque en pleine figure.
Abasourdie par la claque et sa douleur, Rose fusilla sa sœur du regard avant de lui retourner la faveur. Cependant, la jeune Potter ne se contenta pas d'une simple claque. Elle se pencha en avant et mis tout son poids dans le coup ce qui fit tomber Sidra par terre. Sans un autre regard pour sa sœur qui était maintenant allongée dans la neige, Rose ouvrit la porte, entra à l'intérieur et ferma le verrou avant de monter dans sa chambre.
Quelques jours plus tard, Sidra fulminait toujours, même si son humeur s'était améliorée avec la présence des membres de la famille Weasley pour un petit rassemblement au manoir Potter. Ron partageait son attention entre elle et la cuisine, pleine de pâtisseries et de gâteaux. Mr et Mme Weasley étaient dans la salle de séjour avec Mr et Mme Potter. Ginny Weasley était montée pour trainer avec Rose.
« Ron aimerait bien rejoindre les rangs des aurors, » dit Mme Weasley à James et Lily pendant que Mr Weasley regardait paisiblement l'échange. « Mon père pourra bien entendu parler en bien avec le directeur Croupton, mais Ron devra obtenir ses ASPICS de potion, entre autres choses. »
James hocha la tête avec encouragement et sourit à Ron. « Tu as un bon esprit de stratégie, Ron. Je pense que tu ferais un bon auror, même si je sais bien que les potions ne sont pas très plaisantes. »
« Ça vous pouvez le dire, » dit Ron en tenant un cookie à moitié mangé. « Le professeur Rogue est un vrai con. »
James avait l'air de vouloir l'approuver, mais la main de Lily sur son bras le stoppa. Le remarquant, Sidra sourit d'un air suffisant, sachant à quel point son père détestait Severus Rogue et à quel point sa mère soutenait le professeur. Personnellement, Sidra pensait que Rogue était simplement loufoque. Il passe son temps à renifler et à faire tourbillonner sa cape comme s'il était une chauve-souris, pensa Sidra. Comment quelqu'un peut-il prendre cet homme au sérieux ?
La conversation sur les ambitions de Mme Weasley pour Ron continua sans la participation de Ron malgré les efforts de Mr Potter pour inclure l'adolescent. Cependant, Sidra leur prêtait encore moins d'attention. Quelque chose d'autre avait attiré son regard – Leo Black venait juste de se faufiler d'en haut et venait de passer par la cuisine pour aller dans la cave, évitant de se faire remarquer par les occupants de la maison. Sa présence dans la maison des Potter n'était pas suspicieuse mais son comportement l'était. Sidra se leva, marmonna une excuse et quitta la salle de séjour.
« Tu viens ou pas ? » demanda Rose à Ginny Weasley. Attendant que la jeune Weasley réponde, elle fouilla dans ses tiroirs à la recherche de l'étui de baguette que son père lui avait offert pour Noël l'année où elle avait participé au club de duel de Poudlard.
« Ne t'est-il pas venu à l'esprit que ce rendez-vous avec une mystérieuse personne dans une maison vide au milieu de la nuit est dangereux ? » demanda Ginny.
« Elle n'est pas si mystérieuse, » se défendit Rose. « Nous l'avons déjà rencontrée. »
« Mais elle était déguisée – utilisant probablement du polynectar, » souligna Ginny.
Rose trouva finalement son étui et l'attacha à son bras. « Il n'était pas utile pour elle d'utiliser du polynectar alors qu'elle était une parfaite étrangère, » dit Rose.
Leo entra dans la chambre, portant une boite.
« Tu les a trouvés, » demanda Rose.
« Je pense, » dit Leo en posa la boite sur le lit de Rose et en l'ouvrant. Il en sortit plusieurs vieilles robes. « Ca devrait faire l'affaire, » dit-il. Il en prit deux et les posa sur le lit. « Alors, tu viens ou pas, » demanda Leo en regardant Ginny.
« Je ne suis pas sûre, » dit Ginny. « Ce que vous faites pourrait être très dangereux. »
Leo haussa les épaules. « Nous y avons déjà pensé. Cependant, quand tu y penses, si cette sorcière nous voulait du mal, elle l'aurait déjà fait. Kréature aurait pu faire de sérieux dégâts sans que personne ne le sache. Rose et moi y avons longuement réfléchi. »
« Et bien, dans ce cas, je crois que je vais venir, » décida Ginny, en cédant à sa curiosité sous la pression de ses amis.
« Bien, » sourit Leo, prenant une autre robe et la posant sur le lit.
« Je commence à ne plus avoir tellement foi en vous, » grommela Ginny alors qu'elle, Leo et Rose se cachaient devant le 12 Square Grimmaud. « Si vous aviez vraiment bien planifié cette excursion, vous auriez réalisé que Leo est le seul suffisamment âgé pour transplaner il ne peut que prendre une personne à la fois. »
« Ce n'est qu'un contretemps mineur, » chuchota Rose. « Tout le reste est parfait. »
« Sauf si nous avons à fuir et que Leo ne peut emmener que toi, » rétorqua Ginny.
« Nous y avons pensé, » répondit Rose en tendant une chaussette à Ginny. « C'est un portoloin. Le mot d'activation est le prénom de Gryffondor. »
Ginny regarda la chaussette puis la mit dans sa poche. « Comment avez-vous obtenu la permission de faire un portoloin ? »
« Papa en garde toujours en réserve pour quand on sort, » dit Rose. « Ils ne règlent pas tout car les mangemorts posent des enchantements anti-portoloin, mais c'est mieux que rien. Ce qui nous amène au plan. Nous ne voulons pas que Lady Black sache que nous avons emmené quelqu'un d'autre. Une fois que nous serons dans la maison, nous voulons que tu te caches dans une autre pièce ou que tu trouves un moyen de te séparer de nous. Essaie d'observer le rendez-vous mais ne te fais pas voir. Si tout se passe bien, rejoins nous ici et nous rentrerons à la maison ensembles. Si quelque chose ne va pas, sors d'ici aussi vite que possible et va chercher de l'aide. »
« Ce serait bien si je pouvais me rendre invisible, » dit Ginny.
« Je sais, » chuchota Leo alors que le trio regardait la devanture du 12 Square Grimmaud, « mais c'est le maximum que nous puissions faire. »
Ils montèrent les marches et posèrent la main sur la poignée. La porte n'était pas fermée et ils entrèrent dans la demeure familiale des Black, fermant la porte derrière eux. A l'intérieur, tout était sombre, excepté la lumière de la lune et de la rue qui rentrait par les fenêtres. Même si la maison était bien entretenue, elle semblait quand même abandonnée depuis longtemps.
Sans faire de bruit, Ginny se glissa dans le salon tandis que Leo utilisa sa baguette pour jeter un lumos. Prudemment, Rose regarda autour d'elle, jetant un coup d'œil dans les pièces qui donnaient sur le couloir et les escaliers. Une sensation d'effroi l'envahit pendant qu'elle regardait dans le noir. La Lady Black qu'ils allaient rencontrer avait possiblement tué la grand-mère de Leo dans cette maison. Peut-être que la rencontrer était en fait une mauvaise idée.
« Tu penses qu'elle est là ? » demanda Leo.
« Peut-être » chuchota Rose, « mais peut-être que nous devrions rentrer à la maison. Je n'aime plus cette idée finalement. »
Leo haussa les épaules. « Nous y avons déjà pensé et repensé. Il ne sert à rien de s'inquiéter maintenant. »
« Tu as raison, je suppose, » dit Rose en rassemblant son courage de Gryffondor. « Lady Black ! » cria Rose. « Etes-vous là ? »
« Pas la peine de crier, » fit une voix rauque depuis les escaliers.
Leo leva sa baguette et illumina une silhouette recouverte d'une cape en haut des escaliers. Malgré la robe, la capuche et les charmes qui empêchaient de voir le visage dans la capuche, il était clair que cette personne était une femme. « Lady Black ? » demanda Leo.
« En effet, » dit-elle. « Montez que l'on discute. Vous pouvez aussi venir avec votre amie qui se cache dans le salon. »
Même si elle savait que Rose, Leo et Ginny étaient partis, Sidra frappa à la porte de la chambre de Rose. Ne recevant pas de réponses, elle entra dans la pièce vide. Elle regarda rapidement les autres chambres de la maison avant de se rendre dans la cave. Ils n'y étaient pas non plus. Cela voulait dire qu'ils étaient vraiment partis. Souriant, Sidra monta les escaliers pour trouver leurs parents et les Weasley. Rose, Ginny et Leo allaient avoir tellement d'ennuis quand leurs parents découvriraient qu'ils étaient partis au Square Grimmaud si tard dans la nuit.
Bellatrix regarda les trois adolescents embarrassés monter les escaliers. Le fait qu'ils avaient essayé de cacher un membre de leur groupe montrait leur intelligence. Leur embrassement montrait leur immaturité et leur sens de l'honneur. Enfin, les robes spéciales qu'ils portaient montraient leur préparation mais leur manque de vigilance dans un milieu hostile signifiait qu'ils restaient inexpérimentés. Bellatrix ricana quand les trois adolescents arrivèrent en haut des marches.
« Avez-vous apporté le journal intime ? » demanda-t-elle, remarquant avec satisfaction que le charme de voix qu'elle s'était jeté fonctionnait bien.
« Oui, » dit Rose tandis que Leo le sortait de sa poche. « Cependant, si nous ne parvenons pas un accord satisfaisant, vous ne l'aurez pas. »
Bellatrix regarda attentivement le journal, gardant au coin des yeux les adolescents et remarquant avec amusement que la troisième adolescente s'était un peu détachée du groupe et était prête à dévaler les escaliers au moindre signe de danger. Le journal intime était simple et noir, comme Harry l'avait décrit, mais Bellatrix ne pouvait rien voir d'autre à cause du manque de lumière.
« Y a –t-il un nom inscrit quelque part ? » demanda Bellatrix.
« Tom Elvis Jedusor, » dit Rose d'une voix neutre.
« Excellent, » dit Bellatrix. « Quel est votre prix ? »
« Avant que nous parlions du prix, nous devons savoir qui est Tom Elvis Jedusor, » dit Rose.
« Vous ne le savez pas ? » demanda Bellatrix, un peu surprise, même si en réfléchissant bien, elle réalisa qu'Harry ne savait pas qui il était la première fois qu'il avait vu le journal.
« Euh, non, » dit Leo. « Qui est-il ? »
« Vous tenez dans les mains le journal intime du Seigneur des Ténèbres, » dit Bellatrix à contrecoeur, réalisant qu'elle aurait dû approcher cette transaction avec une autre stratégie.
« Planifiez-vous de devenir le prochain Seigneur des Ténèbres ? » demanda Leo, ayant soudainement envie de ne laisser que Dumbledore toucher le journal.
« Le terme est Maitresse des Ténèbres, » dit sèchement Bellatrix. « Et non, je n'ai aucunement l'intention de suivre les pas du Seigneur des Ténèbres. Le journal est essentiel pour sa chute. »
« Dans ce cas, nous devrions vraiment donner le journal au Professeur Dumbledore, » dit Rose, commençant à réaliser qu'elle n'avait pas faire preuve de beaucoup de sagesse. Elle aurait dû essayer d'en apprendre davantage sur le journal avant d'essayer un coup pareil.
« Je préfèrerai avoir le journal en ma possession, » dit Bellatrix, commençant à comprendre qu'il n'y aurait pas de négociations pacifiques pour le journal.
« Si vous voulez faire tomber le Seigneur des Ténèbres, alors vous n'aurez rien contre le fait que l'on donne le journal au Professeur Dumbledore, » dit Leo, sa voix trahissant sa nervosité.
« Si Dumbledore était capable de le vaincre, il l'aurait fait depuis longtemps maintenant, » leur dit Bellatrix. « Je suis en meilleure position que Dumbledore pour vaincre le Seigneur des Ténèbres. Mon offre de cinquante mille gallions dure toujours. »
« Je suis désolée », dit Rose d'une voix très condescendante, selon Bellatrix, « mais le journal intime n'est plus sur le marché. Si vous voulez vaincre le Seigneur des Ténèbres, vous devrez contacter le professeur Dumbledore et lui offrir vos services. » Elle tourna sa tête vers les escaliers.
Imperceptiblement, la baguette de Bellatrix apparut dans sa main. Elle leva le bras et d'un simple mouvement, fit jaillir un éclair de lumière qui frappa la personne qu'ils avaient essayé de cacher dans le salon ce qui la fit tomber sur le sol, paralysée et bloquant Rose et Leo. Rose n'avait pas sorti sa baguette et la baguette de Leo leur servait à faire de la lumière. Avant que Rose et Leo ne puissent crier, Bellatrix leur jeta un sort qui les paralysa du cou jusqu'aux pieds et les empêcha de parler.
« Vraiment, je ne voulais pas que cela se passe comme ça, » leur dit Bellatrix, remarquant avec amusement la surprise, l'outrage et la honte dans leurs yeux. Voilà une leçon qu'ils n'oublieraient pas de si tôt. « J'étais prête à vous payer cinquante mille gallions. » Elle gloussa devant l'ironie. « Mais ne vous inquiétez pas. Je vais vraiment utiliser le journal intime contre le Seigneur des Ténèbres ». Elle fit un pas en avant, se pencha et prit le journal du corps paralysé de Leo.
Bellatrix l'examina brièvement. Il était comme Harry l'avait décrit. Elle le jeta par terre à quelques mètres d'elle et des adolescents. Puis elle lui jeta un puissant sort d'incinération. Quand le feu s'éteignit, Bellatrix récupéra le journal et vit qu'il était toujours intact. Bellatrix vit que les adolescents lui jetaient des regards confus. « Je vérifiais juste qu'il s'agissait du vrai journal, » dit-elle en le mettant dans sa poche.
Bellatrix attrapa ensuite Leo Black, traina son corps inerte sur le sol et le fit asseoir contre un mur. « Le sort va bientôt s'estomper, » dit Bellatrix aux adolescents. « Je vais même envoyer Kréature afin de m'assurer que vous rentriez sains et saufs chez vous. » Elle bougea Rose, puis, elle avança vers Ginny. Alors qu'elle trainait Ginny loin des escaliers, du bruit venant du rez-de-chaussée annonça l'arrivée d'autres personnes.
« Rose ! Leo ! » fit la voix de Lily Potter.
« Ginny, tu es là ? » résonna la voix de Mme Weasley.
Levant ses sourcils de surprise, Bellatrix regarda les adolescents. Peut-être avaient-il été en fait plus intelligents qu'elle ne le pensait. Le triomphe éclata dans les yeux des deux filles et Leo semblait soulagé. Ils s'attendaient pleinement à ce que leurs mères soient plus fortes que Bellatrix et arrivent à l'appréhender.
Bellatrix avança vers la rampe d'escaliers, et faisant attention de ne pas être vue, jeta un coup d'œil en bas elle reconnut Molly Weasley et l'ancienne Lily Evans, maintenant Potter. Elle se tourna vers les adolescents et leur chuchota. « Si vous croyez que ces mauviettes peuvent me vaincre en duel, vous allez avoir une surprise. En fait, leur présence m'arrange, je vais partir et vous rentrerez plus vite que prévu chez vous. Merci pour le journal.
Souriant, Bellatrix leva sa baguette et s'apprêta à transplaner, mais elle découvrit qu'il y avait un enchantement qui la bloquait. Son sourire se figea et elle regarda les deux mères qui cherchaient leurs enfants. Etait-ce possible qu'elles aient pris de telles précautions ?
Plusieurs petites explosions sur la porte d'entrée mirent un terme aux spéculations de Bellatrix. Elle regarda en bas et vit une demi-douzaine de silhouettes masquées faire irruption dans la maison, stupéfixant Mme Potter et Mme Weasley. Elle frissonna quand elle entendit une voix familière.
« Ca doit être dans la cave, » dit Rodolphus Lestrange en faisant un signe à certains mangemorts.
Bellatrix regarda Rodolphus et trois mangemorts se diriger à la hâte vers la cave. Les autres mangemorts surveillèrent les formes inconscientes de Mme Potter et Mme Weasley. Lâchant un soupir inaudible, Bellatrix regarda les adolescents qui semblaient confus et effrayés. Elle regarda ensuite vers les mangemorts qui gardaient leurs prisonnières. Réfléchissant rapidement, Bellatrix essaya de trouver un moyen de sauver les deux mères sans risquer de perdre le journal. Avant qu'elle ne puisse former un plan, les autres mangemorts étaient revenus, l'un d'eux portant un petit coffre.
« Qu'allons-nous faire de ces deux-là ? » demanda l'un d'eux à Lestrange.
« Nous les emmenons au Manoir Malfoy, » annonçant Lestrange, se préparant à partir. En quelques secondes, ils étaient tous partis, emmenant les deux femmes avec eux.
Dès qu'ils eurent disparus, Bellatrix soupira de frustration. Elle était quasiment certaine que Mme Potter était la mère d'Harry. Il serait assez furieux quand il entendrait parler de ce fiasco – surtout que cela ne serait pas arrivé si Bellatrix n'avait pas organisé ce rendez-vous avec les trois adolescents. Bellatrix savait qu'Harry voudrait essayer de les sauver. Ce serait difficile, mais pas impossible. Les mangemorts avaient emmené les femmes au Manoir Malfoy et Harry possédait la chevalière Malfoy.
Grimaçant, Bellatrix se tourna et agita sa baguette pour enlever les sorts de silence sur les adolescents. Si elle et Harry devaient faire quelque chose, ils auraient besoin d'aide. Elle savait qu'il ne serait pas difficile de les convaincre.
Harry était en train de lire un manuel de sorts quand Bellatrix revint à l'appartement. Il l'entendit entrer par la porte principale et marcher jusqu'à sa chambre dans laquelle il était assis. Il se redressa quand elle entra dans la pièce, remarquant qu'elle était agitée. « As-tu eu le journal ? » demanda-t-il, se demandant si quelque chose n'allait pas.
« Je l'ai eu, » commença Bellatrix, « mais il y a eu un problème. » Elle expliqua rapidement l'histoire des mangemorts capturant Lily Potter et Molly Weasley et pourquoi elles avaient été présentes au 12 Square Grimmaud. « Je suppose que tu veux faire quelque chose pour les aider, » conclu Bellatrix.
Harry réprima un soupir, posa le livre et hocha la tête. « Oui, si c'est possible, alors nous devons le faire. »
« C'est parce que Lily Potter est ta mère, n'est-ce pas ? » dit Bellatrix.
Surpris par Bellatrix qui l'avait deviné, il ne savait pas comment, Harry hocha la tête. « Oui, James et Lily Potter sont mes parents. »
« Je suis vraiment désolée Harry, » dit Bellatrix avec douceur. « Je ne voulais pas que cela arrive. »
« Ce genre de chose arrive, » dit Harry, semblant déjà réfléchir à un moyen grâce auquel Bellatrix et lui pourraient sauver Lily Potter et Molly Weasley. De profondes émotions ressurgissaient mais il savait que s'il y attardait, il ne serait pas capable de penser rationnellement pour planifier un sauvetage. Se concentrant sur l'occlumencie, Harry posa une question à Bellatrix. « Je suppose que tu n'as pas d'idée pour l'instant. »
« Non, » admit Bellatrix, « mais j'ai amené de l'aide. »
« Vraiment ? » répondit Harry, visiblement étonné.
« Oui. Une Potter, un Black et une Weasley. Je les ai laissé dehors. Black et Weasley ont besoin de ta permission pour traverser les enchantements de sang, » dit Bellatrix.
« Euh… permission accordée ? » dit Harry.
« C'est suffisant, » dit Bellatrix en quittant la pièce.
Cinq minutes passèrent avant qu'elle ne revienne avec les trois adolescents. Réalisant avec regret qu'il avait été trop distrait pour se déguiser avec un glamour, Harry reconnut immédiatement Ginny Weasley mais ne reconnut pas les deux autres. Harry regarda curieusement leurs visages alors qu'ils le regardaient avec beaucoup de suspicion.
« Ils ont fait le serment de ne rien dire sur ton existence, » dit Bellatrix. Elle fit un signe vers le garçon. « Voilà Leo Black, le fils de Sirius Black. » Puis, elle montra la fille avec les cheveux bruns. « Voilà Rose Potter. » Finalement elle s'avança vers Ginny. « Et c'est Ginny Weasley. »
Harry était vaguement surpris par l'existence de Rose et Leo mais était ravi de voir de que ses parents avaient vécu assez longtemps pour avoir d'autres enfants et que Sirius n'était visiblement pas allé à Azkaban. Il était également heureux de voir que Ginny était en vie et allait bien.
« Donc, vous êtes Lord Black, » dit Rose Potter en regardant dans les yeux verts d'Harry, comme si elle reconnaissait.
« Je pense que le fait que je sois Lord Black n'est pas le plus important, » les réprimanda Harry.
« Alors quel est votre vrai nom ? » demanda Rose.
« Appelez-moi Harry, » dit-il.
« Harry comment ? »
« Harry Black, » intervint sèchement Bellatrix.
Rose se tourna vers Bellatrix. « Vous m'avez toujours pas donne votre nom. »
« C'est Lady Black, idiote, » grogna Bellatrix. « Voulez-vous sauver votre mère ou pas ? »
« Quelqu'un a-t-il informé l'Ordre du Phoénix à propos de Mme Weasley et Mme Potter ? » demanda Harry.
« Non, » dit Bellatrix. « Ils avaient peur que s'ils rentraient chez eux pour donner l'alarme, ils ne seraient pas capables de revenir et d'aider. Je leur ai dit que nous trouverions quelque chose. »
« Et bien, prévenons l'Ordre et donnons à vos mère une chance de plus, » dit Harry. « L'un de vous sait-il jeter le sort du patronus ? »
« Je suis désolé, mais non », dit Leo, se souvenant que l'Ordre utilisait souvent les patronus pour communiquer et il se maudit de ne pas avoir appris ce truc.
« Tu le peux, toi, » dit Bellatrix à Harry.
« Oui, » dit Harry, « mais je n'ai pas d'énergie magique à gâcher. Tu ne t'es pas entrainée quand je t'ai appris le sort ? »
« Un peu, » dit Bellatrix, embêtée de perdre la face devant les trois adolescents, même si elle en était une, elle aussi.
« As-tu fait des progrès ? » demanda Harry.
« Le plus souvent, je n'ai qu'un brouillard blanc. Une fois, ça avait l'air d'un oiseau, » admit Bellatrix.
« Essaie encore, » dit Harry. « Souviens-toi de ce que j'ai dit et concentre toi sur un vrai souvenir heureux. Quand le patronus apparaitra, dis lui de dire à Albus Dumbledore que Lily Potter et Molly Weasley ont été capturée par les mangemorts. »
Bellatrix agita sa baguette et prononça l'incantation. Un brouillard blanc jaillit de la baguette mais se dissipa rapidement. Tout le monde dans la pièce soupira de déception. Bellatrix regarda Harry. « Une autre brillante idée ? »
« Essaie encore, » insista Harry.
« Si cela ne fonctionne pas maintenant, ça n'ira pas mieux, » dit Bellatrix avec déception.
Harry croisa le regard violet de Bellatrix et fut à nouveau frappé par sa beauté. Concentrant son admiration dans sa voix, il lui parla directement. « Bellatrix, tu es singulièrement la sorcière la plus puissante, talentueuse et stupéfiante que j'ai jamais vu sur un champ de bataille et avoir eu la chance de te connaître est à la fois une bénédiction et un plaisir. Je sais que tu peux le faire, Bellatrix, parce que je sais que tu peux jeter tous les sorts possibles et imaginables. »
Bellatrix resta stupéfaite pendant quelques secondes, ses yeux écarquillés et brillants. Avec un petit sourire inconscient, elle jeta une nouvelle fois le sort. Cette fois, un corbeau brillant apparut et fit quelques tours de la pièce avant de se poser sur l'épaule d'Harry. Tout le monde – Rose, Leo et Ginny inclus – le regardèrent avec stupeur. Harry rappela à Bellatrix d'un signe de la tête qu'elle devait envoyer un message et peu après le corbeau disparut pour prévenir le professeur Dumbledore.
« Je viens de m'en souvenir, » dit lentement Leo. « Comment pouvons-nous être complètement certains que Mme Potter et Mme Weasley ont été emmenées au Manoir Malfoy et qu'elles y sont toujours ? »
« Les mangemorts ont dit qu'ils les emmenaient là-bas, » répondit Bellatrix, étonnamment placide, étant donné que Leo remettait en question son hypothèse.
Harry fronça les sourcils. « Peut-être Lily a-t-elle toujours la bague que je lui avais offerte, » dit-il.
« Ashworth ! » s'exclama Rose. « Vous êtes Harry Ashworth ! » Elle se tourna vers Bellatrix. « Ce qui veut dire que vous êtes Bellatrix Black. »
« Je suppose que Lily a toujours la bague, » dit sèchement Bellatrix.
« Pourquoi avez-vous disparu et pourquoi êtes-vous toujours là ? » demanda Rose. « Que s'est-il passé ? »
« Rose, nous devons nous concentrer sur le sauvetage, » dit Harry, brièvement exaspéré par l'image d'une Hermione levant la main dans une salle de classe pour répondre. Bloquant une nouvelle fois ses émotions, Harry regarda sa chevalière Malfoy et se concentra sur la bague pour essayer d'atteindre Lily. Il entendit rapidement quelques voix mais ne pouvait rien voir. Il écouta des mangemorts sans visages menacer vicieusement Mesdames Potter et Weasley afin de découvrir pourquoi elles avaient été au Square Grimmaud. Après quelques secondes, Harry put certifier grâce à la magie de l'anneau que les deux femmes se trouvaient au Manoir Malfoy.
« Elles sont au Manoir, » dit Harry. « Elles semblent bien se porter, malgré les circonstances. »
« Bien, » dit Bellatrix. « Nous avons besoin d'un plan. »
« Okay, » songea Harry. « Nous ne pouvons pas attaquer directement. Il faut trouver un moyen pour nous y faufiler et les sauver. »
« Cela ne devrait pas être trop dur, » dit Bellatrix. « Tu as la chevalière Malfoy qui peut nous faire traverser la plupart des enchantements, du moins, du moment qu'ils sont ancrés sur la propriété. En fait, nous devrions probablement faire irruption là-bas, les prendre par surprise et partir avant qu'ils ne comprennent ce qu'il se passe. »
« Ça aurait pu fonctionner, » dit Harry. « Mais pendant que j'écoutais, les mangemorts ont dit à Lily et Molly que le Seigneur des Ténèbres était en route pour les interroger. »
« C'est pas bon, » déglutit Leo Black.
« Je préfèrerai ne pas confronter Tom pour l'instant, » dit Harry. « Je récupère toujours de mes blessures et je n'ai que peu de réserves magiques pour l'instant. J'ai également espéré éviter de l'informer que je suis dans le coin, du moins pas tant que je n'aurais pas complètement récupéré. »
Ne comprenant pas pourquoi Harry voulait se cacher de Voldemort pour l'instant mais voulant être impliquée, Ginny intervint. « Vous pouvez probablement le faire sans qu'il ne réalise que vous êtes là. Peut-être que votre femme pourrait faire diversion avec Vous-savez-qui pendant que vous les sauvez. »
« Peut-être, » songea Harry, mais surpris par son hésitation à mettre Bellatrix en danger. Mais l'autre alternative, mettre les trois adolescents en danger semblait être une idée tout aussi mauvaise.
Soudainement, les yeux de Bellatrix s'éclairèrent. « J'ai une idée. Et si Harry était la distraction ? »
« Etes-vous en train de dire qu'Harry devrait être le leurre pour distraire Vous-savez-qui afin qu'il ne découvre pas qu'Harry existe ? » demanda Ginny.
« Oui, » dit Bellatrix.
« Mais ça n'a pas de sens ! » s'exclama Rose.
Levant les yeux au ciel, Bellatrix commença à expliquer son plan. Bien qu'imparfait, avec l'aide de tout le monde, Harry et Bellatrix purent monter leur plan correctement.
Ses membres étant en grande panique, l'Ordre se réunit dans une maison abandonnée à Pré-au-Lard. Le professeur Dumbledore avait acheté la maison uniquement pour les réunions de l'Ordre. La nature urgente de certaines réunions avait rendu impossible aux membres de l'Ordre de transplaner devant Poudlard et de marcher jusqu'à son bureau. Les maisons des membres de l'Ordre étaient également hors de question car aucun membre de l'Ordre ne faisait assez confiance aux autres membres pour les inviter chez eux. Cette suspicion était triste – mais elle sauvait des vies.
« Je ne comprends pas pourquoi Rose, Leo et Ginny se sont esquivés comme ça, » dit Frank Londubat, toujours sous le choc de la capture de Lily et Molly et il essayait de comprendre ce qu'il s'était passé.
« Je me pose des questions sur ce patronus en forme de corbeau qui a donné l'alarme, » grogna Maugrey, d'une voix assez forte pour se faire entendre dans le chaos général qui s'était emparé de l'ordre.
« S'il s'agit d'un patronus, alors la personne n'est probablement pas un mangemort, » dit Sirius Black en levant les yeux au ciel.
« Les corbeaux sont de sinistres créatures ! » rétorqua Maugrey. « Je pense qu'il s'agit d'un piège. »
« Nous sommes allés au Square Grimmaud et il n'y avait personne, » l'interrompit James Potter avec impatience. « Lily et Molly sont introuvables ! Les mangemorts ont dû les capturer. Nous aurions eu des nouvelles sinon. »
« Les enfants sont introuvables aussi ! » rétorqua Maugrey. « Où sont-ils et pourquoi le propriétaire de ce patronus n'en a-t-il pas parlé ? »
Personne ne le savait, mais ils étaient nombreux à vouloir en débattre. Finalement Dumbledore arriva et la réunion commença sérieusement.
Neville Londubat suivit Rose et Leo. « Attendez un peu, vous allez vraiment vous lancer dans une mission de sauvetage ? » demanda-t-il à ses deux amis.
« Oui, » dit Rose, alors que le trio marchait vers la résidence Londubat. « Il n'y a virtuellement pas de risque pour nous. Nous avons juste besoin d'une autre baguette. »
« S'il n'y a pas de risque, pourquoi avez-vous besoin d'une baguette ? » demanda Neville avec suspicion. Il savait que Rose et Leo avaient tendance à sous-estimer les risques – il savait aussi grâce à ses parents partis pour une réunion d'urgence de l'Ordre que Mme Weasley et Mme Potter étaient apparemment retenues au Manoir Malfoy. Tout le monde savait qu'il s'agissait des quartiers généraux du Seigneur des Ténèbres.
« Ecoute, toi et Ginny vous allez juste rester dans le coin avec un autre gars. Si un mangemort s'approche, tout ce que tu auras à faire c'est activer un portoloin pour l'envoyer ailleurs. C'est aussi simple que ça, » dit Rose. « Il n'y a quasiment aucune chance qu'il y ait un problème. Tes parents ne sauront probablement même pas que tu as quitté la maison. »
Le trio atteint le périmètre de la propriété et transplana après que Leo ait dit Neville là où il devait transplaner. Le trio arriva dans une petite clairière dans la forêt, pas loin du Manoir Malfoy. Ils voyaient la silhouette du Manoir à la lueur de la lune. Rose, Leo et Neville regardèrent autour d'eux et virent Ginny perché sur un tronc d'arbre.
« As-tu trouvé de la dynamite ? » demanda Leo à Ginny.
« Non, » dit Ginny à voix basse, « mais Bellatrix et moi avons réussi à euh… emprunter quelque chose appelé C4. »
« Qu'est-ce que du C4 et qui est Bellatrix ? » demanda Neville.
« Bellatrix est cette dame, qui, euh…. » essaya Leo d'expliquer.
Rose renifla. « Elle n'est pas une Dame – c'est une adolescente. Je parie qu'elle n'est pas plus vieille que moi. »
« Si elle était une camarade de cours de ta mère, et si cet Ashworth a donné une bague à ta mère, alors elle n'est sûrement pas une adolescente, » remarqua Ginny avait d'expliquer brièvement à Neville ce qu'il s'était passé et comment Harry et Bellatrix avaient été impliqués.
« Alors où sont ce Harry et cette Bellatrix ? » demanda Neville.
« Derrière toi, » dit une voix de femme.
Étonné, Neville fit volte face et se trouva dans une jeune femme magnifique aux cheveux couleur corbeau et qui pointait une baguette sur son visage. Rapidement, Neville réalisa que Rose avait raison. Bellatrix était définitivement une adolescente. « Ne sommes-nous pas du même côté ? » demanda-t-il.
« Si, » dit Bellatrix, « mais je vais devoir te demander de faire le serment de pas révéler quoi que ce soit à propos d'Harry. »
« Je ne suis pas sûr d'aimer ça, » dit Neville d'un ton résolu.
« Fais le, » le pria Ginny. « Il faut sauver ma mère et nous perdons du temps. »
Après que Neville ait fait à contrecoeur le serment magique, Bellatrix disparut dans la forêt, satisfaite et revint avec Harry, assis sur un lit volant. Harry semblait furieux. « Je peux marcher, tu sais, » grommela-t-il pour la millième fois, selon les comptes des adolescents.
« Je t'ai déjà vu, tu le sais, » répondit sèchement Bellatrix en posant le lit d'un geste de baguette.
« Regardez le bon côté des choses, » ricana Leo. « Quand ce sera fini, vous pourrez vous vanter d'avoir remporter une bataille tout en étant allongé dans un lit. »
« Je ne pense pas qu'il faille s'en vanter, » se plaignit Harry en se redressant.
« Concentrons nous sur le sauvetage, » dit Bellatrix avec impatience. « D'abord, il faut confirmer qu'Harry puisse projeter son image à travers les enchantements sans la chevalière Malfoy – ou plutôt, avec moi, portant l'anneau et lui donnant l'autorisation de projeter son image à travers tous les enchantements de la propriété. »
Après avoir enlevé la chevalière et l'avoir passée à Bellatrix, Harry sortit sa baguette. Bellatrix donna la bague de son père à Harry. Harry jeta alors le sort de projection. Les adolescents furent impressionnés quand ils virent Harry disparaître du lit, même s'ils voyaient toujours la forme de ses jambes sous les couettes. En un instant, « l'image » d'Harry réapparut dans le lit. « La voie est libre, » dit-il. « Je suis même apparu dans une pièce abandonnée dans la cave. »
« Excellent, » dit Bellatrix.
Elle chercha dans un sa sacoche et sortit plusieurs fioles de potions qu'elle tendit à Harry. « Bois ça et essaie de te reposer. » Puis elle pointa Neville et Ginny du doigt. « Vous le garderez maintenant. Quand nous serons prêts à commencer, j'enverrai un signa à Harry grâces à nos bagues. Si quelque chose arrive, vous sortez immédiatement Harry de là. » Elle s'arrêta et croisa le regard des deux adolescents. « Si quelque chose lui arrive, je vous écorcherai vivant. »
« Vous deux, » dit Bellatrix en pointant Rose et Leo, « vous êtes avec moi pour l'instant. »
Bellatrix et ses deux assistants réduisirent les explosifs puis partirent avec eux dans l'obscurité. Neville et Ginny sortirent leurs baguettes et prirent positions à chaque côté du lit, regardant dans le noir, comme si une créature attendait qu'ils baissent leur garde. Harry songea à leur dire que Bellatrix n'allait pas les écorcher vivant s'il lui arrivait quelque chose, mais il ne le fit pas car il savait que ce serait un mensonge. D'une certaine façon, cela le rendit heureux.
L'image calme et arrogante de Narcissa Malfoy en train de se brosser les cheveux se refléta dans le miroir. Même quand elle n'était pas en présence de son mari ou des mangemorts, elle conservait ce masque d'indifférence. Au début, cela avait été pour se convaincre que tout allait bien. Aujourd'hui, c'était pour s'empêcher de s'écrouler en repensant à sa misérable vie.
Elle pensait à son fils et à sa situation désespérée alors qu'il voyageait avec son père pour une mission pour le Seigneur des Ténèbres. Le pauvre garçon ne réalisait sans doute pas à quel point sa situation était précaire. Il n'était pas une personne importante dans l'armée du Seigneur des Ténèbres – il n'était qu'un pion. Cependant Severus l'aidait pour que cela change. Si le Seigneur des Ténèbres donnait son accord, Draco deviendrait apprenti sous la tutelle de Rogue. Le Seigneur des Ténèbres avait toujours besoin de potions.
Narcissa continua à brosser ses cheveux. Elle était sur le point de poser sa brosse quand elle vit dans le miroir l'air frissonner alors qu'un charme de désillusion s'estompait. Derrière elle se tenait sa sœur, Bellatrix.
La baguette de Narcissa était sur la commode, juste en face d'elle mais Bellatrix tenait déjà sa baguette. D'un geste de baguette, Narcissa fut emprisonnée par des liens invisibles, et elle fut ainsi figée, se regardant dans le miroir, la main tendue vers sa baguette.
Bellatrix s'avança et mit sa tête à côté de celle de Narcissa. Les sœurs se regardèrent dans le miroir. « Tante Walburga était elle aussi surprise de me voir, » dit calmement Bellatrix. Elle vit la peur dans les yeux de Narcissa et essaya de la soulager. « Je ne l'ai pas tuée, même si elle l'aurait mérité. J'aimerai penser qu'elle avait vu la justice arriver pour avoir aidé le Seigneur des Ténèbres, mais je pense qu'elle n'arrivait pas à supporter le fait de vivre alors que je prenais la tête de la Famille Black. » Narcissa la regarda avec fascination alors que Bellatrix leva une de ses mains pour montrer la chevalière Black, réservée à la femme du Lord Black.
Bellatrix regarda le visage de Narcissa et pour la première fois, elle sentit à quel point le temps avait passé à cause de leur voyage dans le temps. Elle regarda les petites rides qui apparaissaient au coin des yeux de Narcissa. « Le temps a été plus clément avec moi, » dit doucement Bellatrix, souriant de ses propres propos et de la confusion dans les yeux de Narcissa. Sa sœur normalement plus jeune, Narcissa, venait juste de réaliser à quel point sa sœur ainée avait l'air jeune.
« Je reviendrais te voir, » dit joyeusement Bellatrix en se redressant et en prenant un cheveux sur la tête de Narcissa. Elle sortit une flasque que sa cape, l'ouvrit et mit le cheveu dans la potion de polynectar. Elle la but et une minute plus tard, une autre version de Narcissa Malfoy quitta la pièce, se dirigeant vers les étages inférieurs du Manoir Malfoy.
Lily Potter trembla quand les mangemorts se détournèrent d'elle et Molly Weasley. Le fait qu'ils aient arrêtés de les interroger était une bonne chose, mais cela ne pouvait que signifier que Lord Voldemort était arrivé pour les interroger lui-même. Pour l'instant, les mangemorts leur avaient jeté plusieurs endoloris. Cela avait été horrible mais elle savait que cela allait empirer. En tant que membres de l'Ordre, Lily et Molly connaissaient de nombreuses informations utiles pour le Seigneur des Ténèbres.
En d'autres temps, Molly aurait pu être épargnée et conservée comme otage pour faire pression sur son père, le ministre Prewett. Cependant, le Seigneur des Ténèbres avait déjà essayé cette tactique avec les fils jumeaux du Ministre. Les menaces de Voldemort contre Gideon et Fabian Prewett avaient échoué et les jumeaux avaient été tués. Voldemort ne subirait pas un autre fiasco similaire.
« Il faut qu'on fasse quelque chose, » murmura Molly à travers ses larmes à Lily. « Ils vont nous tuer et nous ne reverrons plus jamais nos familles. Nous n'avons plus rien à perdre. »
« Je sais, » haleta Lily à travers sa douleur. « Je le sais. J'essaie juste de réfléchir. »
Les deux sorcières écoutèrent les mangemorts parler entre eux de l'autre côté de la pièce. Ils entendaient la voix familière du Seigneur des Ténèbres, même si elles n'arrivaient pas à comprendre ce qu'il disait.
« Si seulement nous avions un portoloin ou quelque chose du genre, » dit Molly.
« Je sais, » dit Lily, « mais ils nous les ont enlevés. » Elle réfléchit encore, essayant de trouver un moyen pour se libérer des liens autour de ses poignets et de ses chevilles. Avait-elle encore quelque chose sur elle que les mangemorts avaient oublié ?
Soudainement, elle se souvint que pendant qu'elle était interrogée par les mangemorts, elle avait senti une petite vibration sur sa main. Elle baissa les yeux et vit l'anneau qu'Harry Ashworth lui avait donné il y a si longtemps, en lui promettant que si elle avait des ennuis, elle n'aurait qu'à tourner le joyau et il viendrait. Mais Harry Ashworth était mort. Dumbledore leur avait dit que lui et Bellatrix Black étaient apparemment morts dans un incendie dans la maison du père de Lord Voldemort.
« Molly », dit Lily très calmement en regardant vers son amie prisonnière.
« As-tu trouvé quelque chose ? » demanda Molly.
« Pas vraiment, » dit Lily, « mais ça vaut le coup. L'anneau à ma main droite peut envoyer un signal de détresse. »
« A qui ? » demanda Molly en se rapprochant de Lily.
« Probablement personne, » soupira Lily, « mais on ne sait jamais qui pourrait écouter. Essaie de tourner le joyau. »
Cela demanda un peu d'efforts mais finalement, Molly réussit à positionner ses doigts pour agripper la bague. Le joyau fit un claquement, tourna et retourna à sa place. Le silence envahit soudainement la pièce. Lily et Molly étaient horrifiées de voir un groupe de mangemorts s'approcher d'eux.
Les mangemorts formèrent un cercle autour des deux prisonnières, Voldemort se tenant à l'intérieur et les regardant. Les yeux de Lily glissèrent sur Voldemort puis sur le groupe de mangemorts. Ils portaient tous leurs masques afin de protéger leurs identités respectives des autres mangemorts et des prisonnières. Rogue leur avait raconté ça.
La seule exception était bien sûr, Narcissa Malfoy. Tout le monde, le ministère inclus, savait qu'elle était impliquée avec les mangemorts. Le ministère aurait arrêté et emprisonné la famille Malfoy depuis longtemps si Lucius et Draco n'étaient pas si bons pour se cacher et Narcissa si bien protégée derrière les enchantements du Manoir Malfoy.
Le ministère n'était pas suffisamment stupide pour lancer une attaque sur les défenses du Manoir, simplement pour arrêter une pathétique sang pur qui ne pouvait pas être directement reliée aux atrocités commises par les mangemorts. Cela dit, les fonctionnaires du Ministère et la plupart des citoyens de la Grande Bretagne magique étaient d'accord pour dire qu'elle était coupable de nombreuses rétentions d'informations qui auraient pu sauver des dizaines de vies. Cependant, au lieu de risquer la vie de ses aurors en lançant des raids sur les lieux où vivaient les femmes et les enfants de mangemorts, le ministère mettait la priorité sur la défense de pauvres innocents.
Lily regarda cette pathétique femme au cœur de pierre et se demanda comme Narcissa Malfoy pouvait rester stoïque et regarder les mangemorts faire d'horribles choses à tous ces gens. Cette femme avait un fils. Ne comprenait-elle pas à quel point c'était horrible de torturer et tuer des gens ?
Narcissa sentit apparemment le regard de Lily et elle inclina la tête pour regarder Lily, semblant lire dans ses pensées. En réponse, elle sourit d'un air suffisant. Cela surprit grandement Lily – ce n'était pas dans le caractère de Narcissa Malfoy, en tout cas, pas selon les souvenirs que Lily en avait. Puis Narcissa détourna les yeux et recula dans le groupe de mangemorts, jouant d'un air absent avec sa bague.
Lily n'eut pas le temps de se poser d'autres questions sur le comportement de Narcissa car Voldemort s'adressa à elles.
« Qu'avez-vous fait ? »
« Que voulez-dire ? » répliqua Lily.
Voldemort lui jeta un endoloris et la regarda se tordre de douleur. Il s'arrêta puis la regarda convulser sur le sol. « Je vous suggère de me dire ce que vous avez fait. Je sais que vous avez fait quelque chose nécessitant une certaine quantité de magie. J'ai pu le sentir. Pouvez-vous peut-être utiliser la magie sans baguette ? »
Lily ne répondit pas et Voldemort leva sa baguette mais Molly parla afin que son amie ne soit pas torturée. « La bague – elle peut envoyer un signal de détresse. »
« A qui est destiné ce signal ? » demanda Voldemort.
Lily refusa de répondre et reçut un autre sort de torture. Finalement, elle réalisa qu'il était inutile de garder ce secret. C'était stupide. Elle n'avait qu'à le dire pour éviter de souffrir davantage. « Harry Ashworth, » sanglota-elle. « Le professeur Ashworth m'a donné cette bague quand il était professeur de potions à Poudlard. Il a dit qu'il viendrait m'aider si j'avais des ennuis. »
Lord Voldemort éclata de rire. « Harry Ashworth ? Croyiez-vous vraiment qu'Harry Ashworth allait venir et vous sauver ? »
Les mangemorts éclatèrent de rire à leur tour, même s'ils ne comprenaient pas ce qu'il y avait de si drôle à ce que cette pauvre femme Potter espère que son ancien professeur de potions vienne la sauver.
Voldemort n'attendit pas une réponse de Lily. « Harry Ashworth est mort. Je l'ai tué, lui, et la fille arrogante du Ministre Black il y a vingt ans. Ils ont brûlé avec un feudeymon. »
Une voix surgit depuis le haut des escaliers qui menaient à cette pièce. « Je ne me souviens pas… être mort. »
Le silence dans la pièce était assourdissant alors que tout le monde se tourna pour voir Harry Ashworth. Il se tenait dans la pièce, comme s'il venait de descendre les escaliers. Il avait la même apparence que vingt ans auparavant, même s'il semblait assez gris et presque translucide. De la fumée semblait émaner de ses vêtements, comme si ses robes étaient sur le point de s'enflammer.
Voldemort dévisagea Harry avec choc. « Ce n'est pas possible, » chuchota-t-il.
« Tom Jedusor, » dit Harry avec nonchalance, « nous nous rencontrons de nouveau. Cela te dérange-t-il si je t'appelle Tom ? C'est comme ça que je parle de toi avec mes amis. »
Le choc et l'espoir envahirent Lily. Elle connaissait cette voix. Elle essaya désespérément de bouger afin de voir son ancien professeur, mais le nombre de mangemorts en cercle autour d'elle et Molly l'empêchait de voir la confrontation.
« Non, » dit Voldemort en levant lentement la voix, et en trahissant son doute. « Non. Tu es mort. Je t'ai tué ! »
« Non Tom, » dit Harry en secouant la tête. « Tu ne m'as pas tué. Je suis toujours ici, n'est-ce pas ? J'ai senti le signal de détresse de Lily. Je suis là pour la sauver ! »
« Tu es mort ! » cria Voldemort. « Mort, mort, mort ! » Il fouetta l'air de sa baguette et jeta un sort explosif sur Harry mais qui traversa la forme spectrale d'Harry. Voldemort sourit puis éclata de rire en parlant. « Tu vois ? » dit-il avec dédain et une pointe de soulagement. « Si tu étais en vie, cela t'aurais blessé ! Disparais fantôme ! »
Les mangemorts avaient sentis qu'être trop prêts de leur maitre agité ne serait pas une bonne idée, et ils avaient donc brisé leur cercle autour de Lily et Molly. Lily pouvait maintenant clairement voir le fantôme de son ancien professeur de potions. En un sens, elle était heureuse qu'il soit venu, mais d'un autre côté, elle était déçue qu'il ne soit pas capable de l'aider car il était un fantôme. Même s'il pouvait sûrement prévenir l'Ordre, mais ce serait sans doute trop tard.
Harry entretemps, regarda sa forme spectrale comme s'il venait de le découvrir. « Mais je ne me souviens pas être mort, » dit-il lentement, comme s'il réfléchissait à un problème. Puis il fit un grand sourire. « Je ne suis pas mort, Tom. J'en suis sûr. » Il fit un pas vers Voldemort qui fit un pas en arrière.
« Harry Ashworth, tu es mort ! » cria Voldemort d'une voix aigue. « Laisse moi tranquille ou je ferais venir un nécromancien. »
« Je ne suis pas mort, » contra calmement Harry. « Je peux toujours sentir des choses. Je peux te sentir. »
« Que veux-tu dire ? » demanda Voldemort, sa peur de plus de plus apparente.
« Je peux sentir ton esprit, » dit Harry en marchant lentement vers Voldemort qui était maintenant allé de l'autre côté de la pièce, loin de Lily et Molly. Pendant que Lily regardait, Harry tendit sa main vers Voldemort dont les yeux s'agrandirent comme si son esprit était touché. Avec une vitesse létale, le Seigneur des Ténèbres envoya une série de maléfices vers Harry qui sourit presque béatement quand les maléfices passèrent à travers son corps gris et fumant.
Harry sortit sa baguette et sourit quand il la pointa sur Voldemort. « Prépare-toi à mourir. » Puis Harry abattit sa baguette d'un geste dramatique, levant sa main libre comme pour garder l'équilibre. Cependant, en se faisant, la forme d'Harry commença à s'estomper et au moment où le sort aurait du sortir, il disparut complètement.
Avant que Voldemort ou quelqu'un d'autre ne puisse réagir, une explosion ébranla le manoir Malfoy, puis une autre et encore une autre. Voldemort commença à crier à ses partisans d'attaquer les intrus alors que les explosions continuaient. Il les mit en garde de ne pas négliger les côtés du manoir, d'où ne venaient aucune explosion car il craignait que l'ennemi en profite pour s'y faufiler.
Amusée, Lily regarda le chaos qui s'en suivit alors que les mangemorts couraient partout tandis que Voldemort essayait de retracer les pas du fantôme d'Harry Ashworth. Soudainement, elle sentit que quelqu'un l'attrapa par derrière, la poussa sur Molly et plaça quelque chose dans sa main. Une seconde plus tard, elle sentit la traction familière d'un portoloin.
