Disclaimer: Harry Potter appartient à JK Rowling et cette traduction que je fais de l'histoire de Lord Silvere n'est pas utilisée à des fins commerciales.

Reviews: Et voilà le quatrième chapitre pour aujourd'hui. Demain, quatre autres chapitres vous attendront :)

Chapitre 28 : Ramifications et répercussions

Attendant impatiemment le feu d'artifices, Ginny Weasley se maudit silencieusement. Sa stupidité l'avait menée à être ensorcelée et immobilisée par Lady Black, regardant sans pouvoir intervenir pour empêcher Rose et Leo de perdre le journal intime du Seigneur des Ténèbres, puis sa mère de tomber entre les mains des mangemorts. Même après toutes ces années, sa mère était toujours choquée quand elle parlait en quelques rares occasions du destin des oncles de Ginny, Fabian et Gideon entre les mains du Seigneur des Ténèbres.

Molly n'avait jamais pardonné le grand-père de Ginny, le ministre Prewett pour son refus de négocier la vie de ses fils. En vérité, en raison de cette trahison, tout le monde dans le clan Weasley, à l'exception du frère ainé de Ginny, Percy, évitait de dire le nom de l'homme qu'ils appelaient « le Ministre. »

Ginny frissonna en réalisant qu'elle était responsable pour la mort possible de Molly, à cause de sa propre stupidité. Faisant pour la première fois de sa vie appel à d'éventuelles divinités, Ginny commença à implorer le ciel. Pas ma mère, s'il vous plait ! S'il vous plait, prenez moi à sa place, pria-t-elle. Epargnez ma mère, prenez-moi à sa place, s'il vous plait ! Finalement, alors que les explosions déclenchées par Rose et Leo survinrent et ébranlèrent le Manoir Malfoy, Ginny retint son souffle et continua on travail, jetant des coups d'œil vers le lit sur lequel se trouvait toujours la forme invisible d'Harry Ashworth.

Revenez, implora-t-elle Harry, les explosions ayant été le signe de la retraite. Revenez s'il vous plait et dites moi que le plan a marché ! Soudainement Ginny vit des mangemorts apparaître aux fenêtres du Manoir Malfoy, certains jetant des sorts de protection, d'autres des stupéfix dans les buissons. Dites moi que ca a fonctionné, implora-t-elle sans s'avoir à qui elle s'adressait, ramenez-nous à la maison. Protégez les Weasley et les Potter et les Black ! Finalement, respirant enfin, Ginny se tourna pour voir l'image d'Harry Ashworth réapparaitre.

« Tout s'est bien passé à l'intérieur ? » demanda Ginny à bout de souffle, sa voix rendue rauque par la peur. Remarquant l'arrivée de Lord Black, Neville se tourna vers Harry attendant avec impatience la réponse d'Harry.

« Oui, » dit Harry d'un ton triomphal, « tout s'est presque passé parfaitement. » Ginny déglutit malgré sa gorge sèche et plaça ses mains sur son cœur, soulagée. Harry ajouta. « Je suspecte que ta mère est déjà entre de bonnes mains. »

Ginny remarqua ensuite qu'Harry semblait pâle et en sueur, mais toujours enthousiaste et énergique. Ses yeux, en particulier semblaient étinceler et étaient écarquillés. Ecartant les couvertures posées sur lui, Harry se leva difficilement mais avec l'aide de Neville.

« Presque parfaitement ? » répéta Neville. « Qu'est-ce qui aurait pu mieux se passer ? »

Harry fronça les sourcils. « Nous voulions faire croire quelque chose à Voldemort, et je ne suis pas d'y être arrivé. Je ne veux pas que le Seigneur des Ténèbres accepte l'idée que je suis en vie, que j'aille bien et que je sois prêt à l'affronter, mais je ne veux pas non plus qu'il écarte cette idée. Je ne suis pas sûr de l'avoir suffisamment persuadé. Dans quelques jours, il va se convaincre qu'il ne s'agissait que d'une manœuvre astucieuse de l'Ordre. »

« Oh, » dit Ginny, se sentant soudainement épuisée, maintenant que l'adrénaline avait quitté son corps.

« Donc, nous rendons-nous au point de rendez-vous maintenant ? » demanda Neville avec impatience.

« Pas encore, » dit Harry devant les adolescents stupéfaits car ils voyaient les mangemorts arpenter le terrain de la propriété. « Je pense qu'il faut que je fasse juste une dernière chose. »

« Votre femme a donné des instructions très strictes, » rappela Ginny à Harry, appréhendant la réaction de Bellatrix.

« Dis lui que je lui ai désobéi, » ricana Harry en marchant lentement et délibérément vers l'orée de la forêt.

Ginny et Neville échangèrent un regard inquiet avant de se précipiter pour rattraper Harry qui s'était arrêté au bord de la forêt. Au lieu de regarder le sol, comme Neville et Ginny le pensaient, Harry étudiait la distance entre la forêt et le manoir.

« Cela fonctionnera parfaitement ! » déclara Harry, sa voix fragile à cause de sa faible énergie.

Soudainement, Harry leva sa baguette vers la droite et jeta une vague de feudeymon vers la forêt tandis que Ginny et Neville le regardaient avec stupéfaction. Harry se tourna ensuite à sa gauche et fit jaillir une autre gerbe de feudeymon dans les profondeurs de la forêt. Il sourit faiblement, remarquant que le feudeymon avait causé une grande réaction de la part des mangemorts dans le manoir, encore plus que les explosions.

Sa satisfaction ne fut par contre pas de courte durée. Ginny vit son visage perdre toutes couleurs. Les épaules voutée, Harry marmonna, « Je ne me sens pas bien. »

Ginny et Neville se concentrèrent rapidement vers Harry, alarmés quand il glissa rapidement sur le sol. Encore plus alarmés, les adolescents regardèrent autour d'eux alors que le feudeymon dévorait la forêt dans tous les sens, y compris vers eux.

« Partons d'ici, « dit Neville d'un ton décidé.

Ginny sortit un Rubik's cube de sa poche, vérifiant prudemment s'il était positionné comme Harry et Bellatrix lui avaient dit. Puis elle plaça le cube dans la main inerte d'Harry et les adolescents le touchèrent aussi du doigt avant que Ginny ne prononce le mot de passe. « Ennuis. »

Une seconde plus tard, les trois sorciers arrivèrent devant un arrêt de bus en Irlande. Il n'y avait personne.

« Euh, sommes nous en retard ou en avance ? » demanda Neville, ayant l'air incertain en regardant autour d'eux.

« Je ne sais pas, » répondit Ginny en regardant nerveusement le brouillard. Elle releva Harry afin qu'il puisse s'asseoir confortablement sur le banc, à peine conscient.

« Est-ce possible de déposer Harry chez lui ? » dit Neville en jetant des coups d'œil autour de lui, n'étant pas à l'aise d'être assis dehors, pouvant facilement devenir une cible.

Ginny haussa les épaules et repoussa les cheveux d'Harry de son front, remarquant pour la première la cicatrice en forme d'éclair. « Je ne sais pas exactement où il habite. »

« Mais tu y étais ! » s'exclama Neville avec frustration.

« Euh, ouais, » rétorqua aussitôt Ginny, « mais sa folle de femme s'est assurée que nous ne sachions pas où c'était. »

« Hey, » dit Neville d'une voix forte, essayant d'attirer l'attention d'Harry. « Nous voulons vous ramenez chez vous. Est-ce possible que ce portoloin nous fasse partir d'ici ? »

Fatigué, Harry leva la main et Ginny y déposa le Rubik's cube. Harry les regarda chacun leur tour et sourit. « Gin, Nev, vous êtes les meilleurs, » marmonna Harry, rendant confus les deux adolescents qui le regardèrent ensuite manipuler lentement le cube, faisant tourner ses faces. Harry regarda le cube aussi attentivement que sa fatigue le lui permettait, puis ferma les yeux et tendit le cube pour que tout le monde puisse le toucher.

« Ennuis, » chuchota Ginny.

Bellatrix fouillait dans les étagères d'une pharmacie moldue à la recherche de quelque chose pour nettoyer une plaie. « Que Merlin nous sauve de ces idiots capables de se faire exploser par leur propre C4, » grommela-t-elle avec irritation.

« Roussir, » s'écria Rose en s'asseyant sure un chaise et en prenant sa tête entre ses mains. « Je me suis fait roussir. Je ne me suis pas fait exploser. »

« Si tu ne t'étais que roussie, tu ne saignerais pas, » dit Bellatrix d'un ton acide en trouvant une bouteille de désinfectant. Puis elle marcha dans une autre aile du magasin et trouva de la gaze et des rubans adhésifs.

« Je suis toujours ici, n'est-ce pas ? Cela signifie que je ne me suis pas faite exploser en plusieurs morceaux, » répliqua Rose, ayant l'air misérable. « Comment étais-je supposée savoir que l'explosion serait aussi forte ? Et comment, par tous les saints, une sang pur peut en savoir autant sur le C4 de toute façon ? »

Harry a mentionné plein de choses sur les explosifs moldus, pensa Bellatrix, se rappelant les descriptions techniques que l'Ordre avait utilisées par désespoir de cause durant le conflit dans le futur d'Harry. Mais j'aurais bien aimé qu'il me dise tous ses secrets, ajouta-t-elle, frustrée par la réticence d'Harry de décrire le conflit en détails. Bellatrix leva ensuite les yeux au ciel, autant à cause d'Harry que de Rose tout en réprimandant la jeune Potter. « Ton petit-ami a réussi à ne pas être touché, » constata-t-elle sèchement. « Où est-il passé ? »

« Je suis là, » dit Leo en sortant de la salle de bain avec un saut d'eau chaude.

Leo amena ensuite le saut à Rose et fut rapidement rejoint par Bellatrix qui venait juste d'attraper d'autres choses sur une étagère. Leo regarda avec amusement Bellatrix enlever l'étiquette d'un gant de toilette avant de le plonger dans l'eau. Rose avait toujours le visage entre ses mains.

« Nous ne pourrons rien faire tant que tu n'auras pas enlevé tes mains de ton visage, » observa Bellatrix.

A contrecoeur, Rose enleva ses mains et révéla son visage couvert de poussière de sang et de bleus.

« Peut-être devrions-nous l'emmener à Sainte Mangouste, » s'inquiété Leo.

« Je ne pense pas que ce soit nécessaire, » répondit Bellatrix en commençant à nettoyer le visage de Rose.

« Ca fait mal ! » s'exclama Rose en la poussant.

Levant de nouveau les yeux au ciel, Bellatrix tendit le gant de toilette à Leo. « Lave-la, » ordonna-t-elle.

Leo, étant plus doux avec Rose, lui nettoya rapidement le visage. Puis Bellatrix utilisa un sort pour extraire les débris que l'explosion avait envoyés dans le visage de Rose, avant que Leo ne la lave, la désinfecte et traite ses plaies. Quand ils eurent fini, Bellatrix fourra tous les médicaments dans un sac. Puis elle sortit une boite de maquillage et la tendit à Rose. « Tu vas avoir besoin de tout le maquillage possible pour la semaine à venir, » conseilla-t-elle à Rose.

Après avoir laissé assez d'argent pour couvrir leurs achats, Bellatrix attrapa sa baguette dans sa main droite avant de tendre sa main gauche à Rose. Rose la regarda avec confusion pendant quelques secondes avant que Bellatrix ne hausse un sourcil et secoue la tête ce qui fit comprendre à Rose qu'elle devait sortir le rubik's cube. Etant capable de transplaner, Leo n'avait pas eu droit à un cube de Bellatrix.

« Et les baguettes de rechange qu'on vous a prêtés, même si elles ne sont pas très utiles, » ajouta Bellatrix. Rose et Leo fouillèrent aussitôt dans leurs robes les baguettes qu'Harry avait achetées en gros avant de les stocker dans des coffres forts avec les cubes.

Plaçant le cube coloré et les baguettes bon marché dans ses mains, Bellatrix leva sa propre baguette et se prépara à partir, ce qui fit réagir Rose. « Vous partez déjà ? »

« Oui, » dit brièvement Bellatrix. « Leo peut maintenant te raccompagner chez vous. »

« Comment sommes-nous sensés expliquer tout ça à nos parents ? » demanda Rose.

« C'est à vous d'y penser, » sourit Bellatrix. « Vous pouvez leur dire le peu que vous savez de moi, mais souvenez-vous que vous avez fait le serment de ne pas parler d'Harry. Ne dites même pas qu'Harry Ashworth est vivant. Est-ce clair ? »

« Oui, » dit Leo d'un ton résigné.

« Je l'espère, » dit Bellatrix. « Vous avez juré sur votre magie après tout. » Puis, Bellatrix transplana rapidement, apparaissant à Manchester devant l'appartement qu'elle partageait avec Harry. Elle espérait que Ginny, Neville et Harry avaient eu un peu de bon sens et qu'ils étaient partis du lieu de rendez-vous dont ils avaient convenu, Bellatrix et ses protégés n'ayant pas pu y arriver à temps.

Voyant Londubat près des escaliers qui menaient à l'appartement, tenant quelque chose avec la main droite, Bellatrix fut immédiatement rassurée.

Neville aperçut Bellatrix immédiatement. « Ginny et votre elfe de maison ont monté votre mari en haut, » dit-il en s'approchant d'elle lentement, la baguette toujours à la main, n'ayant visiblement pas confiance en Bellatrix.

« Bien, » répondit Bellatrix, en prenant un ton neutre devant le garçon qui était sur la défensive. « Tu tiens ta baguette, j'approuve. Il semblerait que tu en saches plus sur le duel que Leo, Rose et Ginny. »

« Euh, merci, » répondit Neville, mal à l'aise.

« J'ai besoin que tu me rendre les baguettes de rechange que nous t'avons laissés » ajouta Bellatrix.

Gardant toujours son bras droit sur le côté, Neville chercha dans sa robe et sortit les baguettes de rechange et les plaça dans la main gauche de Bellatrix qui sourit avec approbation. Moyennement impressionnée par Neville, Bellatrix considéra brièvement d'inviter le scion Londubat à monter mais rejeta l'idée quand elle réalisa qu'elle n'y gagnait rien. « Je vais envoyer Ginny en bas et tu pourras la ramener chez elle, d'accord ? »

« Oui, enfin, » dit Neville avec reconnaissance, ayant hâte d'en terminer avec cette histoire.

Après avoir grimpé les escaliers, Bellatrix trouva son mari endormi dans leur lit sous la garde de Ginny Weasley qui était assise sur un coin du lit, à côté d'Harry avec une tasse de chocolat chaud entre les mains. Ennuyée par la familiarité de l'adolescente avec son mari, Bellatrix s'arrêta pour observer la fille Weasley. Avec un dédain à peine plus grand que son envie, Bellatrix remarqua la belle poitrine de Ginny ainsi que son beau visage, encadré par de magnifiques cheveux roux. Puis Bellatrix entendit la voix d'Harry dans sa tête alors que la révélation la frappa. La petite sœur de mon meilleur ami, c'était ainsi qu'Harry l'avait appelée. Elle était morte durant la Guerre du futur par la main de Jedusor. Mais elle et Harry étaient sortis ensembles.

Bellatrix respira sèchement alors qu'une jalousie s'empara d'elle. Surprise par le son, Ginny se leva rapidement et se retourna vers Lady Black qui la fusillait du regard. Renversant presque le chocolat dans sa hâte, Ginny commença aussitôt à se justifier.

« Je l'ai mis au lit et il a dit qu'il aimerait bien une tasse de chocolat chaud et quand je suis revenue, il s'était endormi et je voulais m'assurer qu'il allait bien ». Puis Ginny posa la tasse sur la table de chevet. Baissant les yeux, Ginny passa à côté de Bellatrix, se dirigeant vers la porte de l'appartement. Puis elle ajouta. « Il faut que j'y aille. »

« Je n'aurais pas mieux dit, » répondit Bellatrix à voix basse.

Elle marcha jusqu'à la fenêtre de la salle de séjour et regarda Ginny sortir de la cage d'escalier et prendre la main de Neville. A sa grande surprise, elle l'embrassa ensuite passionnément et les deux adolescents disparurent dans un petit pop.

Bordel, réalisa Bellatrix, ennuyée de s'être laissée distraire. J'ai oublié de lui reprendre le cube ! Et la baguette de remplacement aussi ! Quelle brillante Serpentard je fais ! se réprimanda Bellatrix. Puis elle se résigna. Je ne peux rien y faire pour la baguette, elle ne valait rien. Qui par Merlin a eu l'idée de faire des baguettes en bambou ? Mais perdre ce cube pourrait être une épine dans mon pied. Repassant ses protections dans sa tête, elle se rassura cependant. C'est une bonne chose que l'amie d'Harry ait été suffisamment maline pour doter ces cubes de charmes de sécurité. Même s'ils ont quand même perdu la guerre contre Jedusor.

Avec un soupir, Bellatrix se détourna de la fenêtre et retourna dans la chambre. Voyant la tasse de café laissée par Ginny, Bellatrix la renifla prudemment. Ne détectant rien de mauvais, Bellatrix l'emmena quand même dans la cuisine et la vida dans l'évier. En repensant à la longue nuit qu'ils venaient de passer, Bellatrix ferma la porte de l'appartement et se glissa dans le lit en se serrant contre Harry.

Rose et Leo arrivèrent au Manoir Potter à Godric's Hollow, surpris de trouver la maison vide. Cependant, presque aussitôt, James Potter et Sirius Black arrivèrent, alertés par les enchantements que James avait mis en place pour l'avertir si quelqu'un venait chez lui.

« Rose ! » s'écria James, le soulagement, la colère et la peur se lisant sur son visage. « Que Merlin soit maudit ! Où étais-tu ? »

« C'est une longue histoire, » répondit Rose en soupirant, retenant son souffle avant de poser une question à voix basse. « Maman va bien ? »

« Ta mère et Mme Weasley vont bien, » répondit James, le soulagement et la gratitude étant présents dans sa voix « Toi et Leo, vous allez bien, » demanda-t-il, remarquant enfin les blessures de Rose.

« Oui, » répondit Rose en baissant la tête pour cacher ses blessures.

« Comment ton visage a-t-il été blessé ? » demanda James doucement.

Leo prit la main de Rose. « Nous étions au Manoir Malfoy pour déclencher des explosions et elle s'est trop approchée. »

« Vous étiez là-bas ? » s'exclama Sirius, abasourdi par l'étendue des actions de Rose et Leo.

Rose hocha la tête. « Nous avons aidé à mettre en place l'opération de sauvetage. »

James et Sirius se regardèrent puis soupirèrent et dirent simultanément : « Maraudeurs. » Après un moment, Sirius demanda. « Comment avez-vous réussi entrer et à donner un portoloin à Lily et Molly ? »

James leva la main pour stopper la conversation. « Retournons d'abord à l'Ordre avant de leur demander de nous révéler l'histoire. » Puis, James et Sirius firent transplaner leurs enfants respectifs dans la maison de Pré-au-Lard où se trouvaient plusieurs membres de l'Ordre, même si le retour sain et sauf de Molly et Lily avait annulé leur opération de sauvetage.

« Où le portoloin a-t-il emmené maman ? » demanda Rose pendant qu'ils se dirigeaient tous vers la maison.

« Sainte Mangouste, » dit immédiatement James. « L'hôpital leur a fourni les soins élémentaires mais ta mère voulait parler avec le professeur Dumbledore aussi vite que possible, donc elle et Molly sont revenues ici. »

« C'était une grande surprise, » intervint Sirius, sa voix trahissant son incrédulité. « Nous attendions d'autres informations sur la situation avant de lancer notre propre opération. »

« Qu'a dit maman ? » demanda Rose avec un air coupable.

James haussa les épaules. « Vous êtes tous les deux revenus à la maison et avez déclenché les enchantements avant que nous puissions entendre l'histoire. »

Le groupe entra dans la maison et interrompit une réunion de l'Ordre avec les membres principaux : les professeurs Dumbledore, McGonagall et Flitwick, Arthur et Molly Weasley, Lily Potter, Alastor Maugrey, Frank et Alice Londubat, Remus Lupin et quelques autres membres que Rose ne reconnaissait pas.

« C'était eux, tout va bien, » annonça James.

« Excellent, » dit le professeur Dumbledore d'un ton plaisant. « J'aimerai entendre leur histoire. »

Rose se recroquevilla puis serra sa mère dans ses bras avant de saluer les autres invités. Même si Sidra et John étaient présents, Rose ne s'approcha pas d'eux. Sidra ne semblait pas impatiente de se retrouver avec Rose en tout cas.

« Leur histoire est en fait bien plus intéressante que vous ne le pensez, » leur dit James. « Apparemment, ils faisaient parti du sauvetage. »

Cela créa de vives discussions et il fallut un peu de temps avant que tout le monde se calme assez pour que Dumbledore reprenne le contrôle de la réunion. « La tournure des évènements est assez intéressante, » dit-il. « Peut-être que nous devrions laisser Lily et Molly nous raconter d'abord leur histoire, puis nous entendrons la votre. »

Il y eut une autre interruption quand les jumeaux Weasley entrèrent dans la maison, suivis de Ginny Weasley. « Elle vient juste de rentrer à la maison, » annoncèrent Fred et George.

Cela causa une autre vague de réactions avant que Maugrey ne se lève. « Très bien tout le monde, calmez-vous ! Lily et Molly vont nous dire tout ce qu'elles savent, puis les enfants combleront les blancs, puis nous poserons toutes nos questions. C'est compris ? »

Intimidés par Maugrey, tout le monde se tut.

Brièvement, Molly Weasley raconta comment elles étaient parties à la recherche de Rose, Leo et Ginny avant de tomber dans une embuscade de mangemorts au 12 Square Grimmaud. Les larmes aux yeux, elle raconta leur interrogatoire avant que Lily ne continue l'histoire en parlant de l'apparition du fantôme d'Harry Ashworth et de la façon dont elles avaient été miraculeusement renvoyées par portoloin.

« Merci, Lily et Molly, » dit Dumbledore. « Raconter cette expérience a dû être très difficile. » Il se tourna ensuite vers les trois adolescents qui semblaient très chagrinés. Regardant les yeux verts de Rose, il dit, « Nous aimerions que vous nous éclairiez autant que possible. »

« D'accord, » dit nerveusement Rose. Prenant une grande respiration et faisant un signe de la tête à Ginny et Leo, Rose leur offrit une version modifiée de leurs messages et rendez-vous avec Lady Black tard dans la nuit au Square Grimmaud, sans mentionner le journal intime du Seigneur des Ténèbres. Elle savait que Leo serait mal à l'aise mais elle espérait qu'il ne la contredirait pas, puisqu'elle préférait parler du journal en privé avec Dumbledore plutôt que de révéler son existence devant l'Ordre.

« En fait, » résuma Rose, « nous espérions en savoir plus sur cette Lady Black qui était la maitresse de Kréature et nous pensions qu'elle nous parlerait de Lord Black. Malheureusement, pendant notre rendez-vous avec elle dans la maison, maman et Mme Weasley sont arrivées au même moment qu'une bande de mangemorts. Heureusement, nous étions cachés. Nous voulions agir mais les mangemorts avaient lancé des enchantements contre le transplanage et ils étaient trop nombreux. Lady Black a ensuite accepté de lancer une opération de sauvetage. Puisque nous savions que personne dans l'Ordre ne nous autoriserait à aider à sauver nos mères, nous avons demandé à Lady Black d'envoyer un patronus au Professeur Dumbledore. »

« Le corbeau, » dit le professeur Dumbledore en hochant la tête. « Maintenant, dites nous qui est cette Lady Black ? »

« C'est Bellatrix, » l'interrompit Lily, « n'est-ce pas ? »

Étonnée et prise de court, Rose l'admit simplement. « Oui. »

« Ainsi, » dit Maugrey, sa voix montrant sa surprise et son enthousiasme, « Harry Ashworth et Bellatrix Black sont finalement en vie. »

Dumbledore fronça les sourcils. « Il semblerait que Miss Black soit en vie, mais qu'en est-il de Mr Ashworth.

Rose soupira. « Bellatrix nous a demandé des serments magiques afin de ne pas parler sans sa permission d'Harry Ashworth ou de quelque chose que nous aurions vu ou appris sur Harry Ashworth avant, pendant et après le sauvetage. »

« Vous ne devriez jamais faire de tels serments magiques, » dit James sérieusement.

Rose haussa les épaules. « Elle avait l'avantage. De plus, sans la coopération de Bellatrix, je doute que l'un d'entre nous aurait pu briser à temps les enchantements autour du Manoir Malfoy pour les sauver. Bellatrix a pu les franchir facilement. »

Dumbledore haussa un sourcil. « Comment a-t-elle fait ça ? » demanda-t-il avec surprise.

« Il s'avère que Bellatrix possède l'ancienne chevalière Malfoy, » intervint Leo. « Elle a pu l'utiliser pour nous faire entrer dans la propriété. Puis, elle s'est faufilée dans le manoir tandis que Rose et moi avons placé des explosifs autour de la maison, en attendant son signal. Je pense que pouvez deviner vous-même ce qu'il s'est passé après. »

« Pas complètement, » dit faiblement Lily. « Que faisait Bellatrix dans le manoir ? Se faisait-elle passer pour Ashworth ? »

« Nous n'avons pas réussi à ce qu'elle nous dise comment tout se passait, mais le plan originel était qu'elle immobilise sa sœur, qu'elle prenne du polynectar et qu'elle vous tende le portoloin quand tout le monde serait distrait, » dit Leo.

Lily hocha lentement la tête. « C'est donc ce qu'elle a fait. La Narcissa que j'ai vue m'a fait un sourire suffisant. Je pensais que ce n'était pas possible pour elle, et apparemment j'avais raison. »

« Ouais, elle fait souvent ce genre de sourires, » remarqua Rose. « Elle aime bien également appeler les gens d'imbéciles ou d'idiots. »

« C'est bien ma cousine, » intervint Sirius.

« D'autres questions ? » demanda Rose.

« Oui, » dit Maugrey, « que faisait Miss Weasley pendant que Bellatrix était dans le manoir et que vous deux prépariez les explosifs ? »

Ginny grimaça, sachant que l'explication de Leo avait trahi ce qu'elle faisait. Ses espoirs que personne ne demanderait s'envolèrent. « Je… euh, » commença-t-elle.

Rose, cependant, vint à sa rescousse. « Ginny avait la tâche d'aider… à conjurer le fantôme d'Harry Ashworth. Malheureusement, elle ne peut rien vous dire de plus à cause de notre serment magique. »

« Ne pouvez-vous vraiment rien nous dire de plus ? » demanda Dumbledore à Ginny en se penchant en avant. Lily dévisageait avidement la fille Weasley, espérant en savoir plus sur le statut d'Harry Ashworth.

« Pas vraiment, » dit Ginny avec déception. « Mais je peux vous donner ça, » ajouta-t-elle en se souvenant avec colère de l'humiliation qu'elle avait subie par Lady Black au Square Grimmaud et en tendant un petit cube coloré de ses poches.

« Un Rubik's Cube, » s'exclama le professeur Flitwick, à la surprise des autres occupants de la pièce.

« Oui, c'est comme ça que Bellatrix l'a appelé. Mais c'est plus qu'un cube, » dit Ginny. « Il s'agit d'un portoloin, dangereusement étonnant d'ailleurs. Bellatrix nous a brièvement expliqué comment l'utiliser et nous a prévenu qu'il possédait des enchantements de sécurité. Elle était sensée me le reprendre, » continua Ginny, se souvenant du regard jaloux de Bellatrix quand elle avait trouvé Ginny assise à côté d'Harry, « mais elle a oublié. »

« Si nous essayons de le décoder, » ajouta sombrement Leo, « elle a dit qu'on finirait dans les falaises d'Ecosse. Ou peut-être même dans l'océan Atlantique.

« Fascinant, » dit prudemment Dumbledore. « Miss Weasley, pourriez-vous le poser doucement sur la table devant moi. En fait, avant que je n'ai eu l'occasion d'en sonder les défenses, personne ne devrait le toucher. » Se tournant vers Rose et Leo, il posa une question. « En avez-vous un, vous aussi ? »

« J'ai bien peur que non, » dit Leo en haussant les épaules. « Puisque je peux transplaner, elle a dit que je n'en avais pas besoin. Et elle n'a pas oublié de réclamer celui qu'elle avait prêté à Rose. »

« Filius, » dit Dumbledore au professeur de sortilèges, « vous avez déjà vu quelque chose du genre ? »

Filius s'arrêta avant de répondre, son étonnement peint sur le visage. « J'ai discuté de cette idée –littéralement de cette même idée – il y a quelques semaines avec Miss Granger. Elle appelait ça un « portoloin polyvalent » qu'elle voulait réaliser et soumettre pour son apprentissage de sortilèges avancés. »

Le silence dans la pièce fut total tandis qu'ils digéraient les mots du Professeur Flitwick. « Alors peut-être que vous et moi devrions examiner cette chose ensembles, » dit Dumbledore à Filius. « Miss Granger pourra elle aussi être utile. » Dumbledore leva les yeux du cube et rencontra le regard vert brillant de Lily Potter.

Lily secoua la tête. « J'ai bien peur de ne pas avoir un de ces cubes, professeur, » dit-elle. « J'ai reconnu le portoloin utilisé. C'était une chaussette, une de celles de James qu'il a transformée en portoloin et rangé dans notre bureau en cas d'urgence familiale. Bellatrix l'a sans doute eu de Rose. » Lily se tourna vers sa jeune fille qui hocha la tête.

« Pour un homme mort, » dit sèchement Dumbledore, « Harry Ashworth semble être à l'origine de cette soirée animée. Pouvez-vous nous dire quelque chose d'autre d'utile ? » demanda Dumbledore, s'adressant maintenant à Rose et Leo. Tandis que Leo secouait la tête, Rose regarda simplement Dumbledore et haussa subtilement un sourcil tout en écarquillant les yeux. « Très bien, » finit Dumbledore en faisant un geste tout aussi subtil vers Rose, « il semblerait donc que cette réunion soit terminée. »

« Attendez une minute, Albus, » l'interrompit Maugrey en se tournant vers Leo et Rose. « Les apprentis aurors du dimanche que vous êtes peuvent-ils nous dire comment contacter Bellatrix ? Nous devons lui parler aussi vite que possible. Nous devons également confirmer son identité.

Rose et Leo se regardèrent avant d'hausser les épaules, presque misérables. « Envoyez Kréature avec un message je suppose ? » suggéra Leo.

« Ouais, on a déjà essayé ça, » grommela Sirius.

Maugrey sortit de la cheminée du bureau du Professeur Dumbledore. Il dépoussiéra sa cape d'hiver, l'enleva et s'assit devant le bureau. « Rogue est-il déjà arrivé ? » se renseigna-t-il.

« J'attends toujours son rapport, » dit Dumbledore en prenant un bonbon au citron et en tendant le bol vers Maugrey qui déclina par habitude plus que par choix conscient.

« Je ne peux qu'imaginer quels ennuis Miss Potter et Mr Black ont en ce moment, » songea Maugrey, un sourire menaçant se dessinant sur son visage.

« Oui, » dit Dumbledore d'un air absent, « ils ont été assez imprudents.» Même si un bon avocat pourrait facilement réussir à m'en blâmer, pensa Dumbledore avec consternation, à cause de mon obstination à contredire Miss Potter. « Cependant, ils nous ont fourni une importante information. Bellatrix Black est en vie. Harry Ashworth est sans doute aussi en vie et ils sont de toute évidence les sujets de la prophétie. Bellatrix, après tout, est la fille de Cygnus et la nièce d'Orion. Le terme « fille des étoiles » leur convient bien mieux qu'à Sidra Potter. Quant à Harry Ashworth, il est raisonnable de supposer qu'Orion et Cygnus ont pris des précautions pour que leur place lui revienne s'ils venaient à mourir. Romulus Malfoy a visiblement pris une mesure similaire quand il a donné à Mr Ashworth sa chevalière familiale. »

Maugrey hocha la tête, étant déjà parvenu à ces mêmes conclusions mais il était satisfait de voir que Dumbledore pensait de même. « Mais où ont-il été pendant toutes ces années ? »

Dumbledore sourit et ses yeux pétillèrent. « Majorque, peut-être ? »

« Cette explication est trop simple, » se moqua Maugrey. « Peut-être devrions nous réexaminer ce que nous savons. Il n'y a rien de mieux qu'un petit voyage dans le temps dans la pensine pour s'éclaircir l'esprit.

Avant que Dumbledore ne puisse répondre, les flammes de sa cheminée virèrent au vert et Severus Rogue arriva, certainement depuis l'endroit où il se trouvait pour espionner le Seigneur des Ténèbres. « Lily va bien ? » demanda immédiatement Rogue.

« Oui, » répondit Dumbledore en expliquant brièvement ce que l'Ordre avait appris de Rose, Leo et Ginny avant de demander à Rogue ce qu'il avait appris après le sauvetage.

« Narcissa est presque sûre que c'est Bellatrix qui l'a attaquée, » informa Rogue.

« Presque sûre ? » demanda Maugrey. « Soit c'était sa sœur, soit c'était quelqu'un d'autre. »

Rogue haussa les épaules en s'asseyant à côté de Maugrey et en ignorant le geste de Dumbledore pour se servir dans les bonbons au citron. « Je n'ai pas pu obtenir une meilleure information de la part de Narcissa. Tout ce que je sais, c'est qu'elle refuse de confirmer avec certitude que c'était Bellatrix. Elle a quelques doutes. »

« Intéressant, » réfléchit Dumbledore. « Comment se sent Voldemort à propos de cet incident ? »

« C'était très troublant pour lui, » dit Rogue.

« Je pense aussi que voir le fantôme d'une ancienne victime réapparaitre quelques décennies plus tard doit être déconcertant, » dit Maugrey en riant amèrement.

« Oui, » confirma Rogue. « Cependant, c'est le fait qu'il s'agisse du défunt Professeur Ashworth qui trouble particulièrement le Seigneur des Ténèbres. »

Dumbledore se pencha en avant. « A-t-il dit pourquoi ? »

« Non, » dit Rogue. « Après quelques minutes, le Seigneur des Ténèbres s'est calmé, mais après il y a eu le feu. »

« Le feu, » demanda aussitôt Maugrey.

« Oui, » répondit Rogue sèchement. « Quelqu'un a eu la bonne idée de brûler l'entière forêt entourant le Manoir Malfoy. La personne ayant fait ça a utilisé le feudeymon. Le Seigneur des Ténèbres croit que le feudeymon était, ou plutôt, est la marque de fabrique du Professeur Ashworth – il s'agit du sort qu'il a toujours utilisé lors de leurs confrontations. La « touche personnelle » du Professeur Ashworth lui fait penser qu'il est encore en vie. Il a ordonné à tous les mangemorts disponibles de rechercher Harry Ashworth. Toutes nos autres priorités sont en suspens. »

Se tournant vers Maugrey, Dumbledore réfléchit à voix haute. « Alors il semblerait, mes amis, que notre besoin de trouver Miss Black et de clarifier le statut de Mr Ashworth soit d'une extrême urgence. Alastor ? »

« Je m'en occupe, » déclara Maugrey.

Pour Rose, l'arrivée du Professeur Dumbledore et d'Alastor Maugrey dans la résidence Potter et demandant à la voir, fut un soulagement. Ses parents l'avaient consignée dans sa chambre pour avoir fait le mur pendant la nuit – non pas que Rose voulait de toute façon quitter sa chambre. Elle se sentait coupable dès qu'elle voyait sa mère qui souffrait encore des endoloris qu'elle avait reçus, et son père et ses frères et sœurs ne lui parlaient pas.

L'humeur du Professeur Dumbledore était joyeuse, comme toujours, quand il s'assit sur son bureau tandis que Fol'œil, lui, faisait le tour de la pièce, son œil magique vérifiant tout entre la porte et la fenêtre.

« La nuit dernière, vous m'avez laissé l'impression que vous aviez d'autres choses à dire, » dit Dumbledore en commençant le sujet dès qu'ils se furent échangés les politesses d'usage.

« Oui, » dit lentement Rose. « Vous vous demandez peut-être pourquoi Bellatrix voulait nous rencontrer après nos messages via Kréature, même si vous aviez fait de même. »

« La question m'a traversé l'esprit, » admit Dumbledore.

« Il y a une explication rationnelle et j'aimerai vraiment que mes parents ne l'apprennent jamais, » dit Rose à Dumbledore.

Dumbledore hocha la tête. « Du moment que leurs vies ne sont pas mises en danger s'ils ne le savent pas, je suis prêt à garder cela pour nous. »

« C'est à cause d'un journal intime, » commença Rose.

Harry se réveilla tout doucement, en regardant l'horloge sur sa table de nuit. Dix heures, pensa-t-il, ai-je dormi toute la nuit ? Harry remarqua ensuite Bellatrix, assise devant sa coiffeuse, portant une nuisette en soie et brossant ses longues boucles noires et brillantes. Jetant un coup d'œil par la fenêtre, Harry vit que le ciel était presque aussi noir que les cheveux de sa femme et il réalisa qu'il devait avoir dormi pendant vingt-quatre heures.

Entendant son mari, Bellatrix se leva et avança vers le lit et Harry découvrit à ce moment que la nuisette presque translucide que portait Bellatrix était le seul vêtement sur elle. Ebloui par sa beauté, Harry resta seulement bouche bée devant les formes sensuelles de son épouse. Finalement, il cilla et secoua la tête et demanda d'une voix troublée : « Tout s'est bien passé ? »

« Le sauvetage s'est déroulé sans anicroche, » lui dit simplement Bellatrix. « Cependant le plan ne s'est pas exactement passé comme prévu. »

« Comme quoi ? » demanda Harry.

« Comme allumer une foutue forêt ! » répondit sèchement Bellatrix en se redressant et en mettant les poings sur les hanches.

Bien plus alerte à cause de la brusquerie dans sa voix, Harry répondit sur la défensive. « Je pensais que ça ferait un bel effet sur Tom. »

Bellatrix tira d'un coup sec sur sa nuisette et Harry ferma les yeux de peur de perdre la faculté de penser. Harry sentit Bellatrix tirer les couvertures et s'installer sur le côté gauche du lit. « Ca a fait un bel effet, j'en suis sûre, » siffla Bellatrix. « Mais ça t'a complètement assommé ! Tu étais sans défenses. Et si tu avais été attaqué ? Que ce serait-il passé si cette Weasley ou ce Londubat avaient décidé de te trancher la gorge, profitant de ta faiblesse ? »

« Bella, » dit lentement Harry en ouvrant les yeux pour croiser le regard de sa femme, se forçant à ignorer la réaction que sa presque nudité provoquait. « Neville Londubat est d'une bonté absolue et j'ai une entière confiance en Ginny Weasley. »

« Pourquoi ça ? » demanda Bellatrix en se rapprochant de lui. « T'apportait-elle des chocolats chauds au lit quand vous sortiez ensembles ? »

Harry se tourna par réflexe sur son côté gauche pour la prendre dans ses bras avant que Bellatrix ne l'entoure de ses bras et ne monte complètement à califourchon sur son mari, en le serrant fort dans ses bras. Comprenant maintenant la raison pour laquelle elle avait été si sèche, Harry tendit doucement la main vers le visage de Bellatrix, et ressentit une bouffée d'affection en dévisageant ses yeux violets.

Bellatrix portait de nouveau son masque, avec cette expression placide mais chargée d'espoir et presque hautaine ce qui fit sourire Harry car il réalisa à quel point il pouvait lire en sa jeune femme. Malgré son expression impérieuse, Harry voyait clairement son insécurité et son désir, trahis par ses yeux légèrement dilatés, ses sourcils froncés et sa bouche à peine entrouverte. L'expression de Bellatrix aurait probablement effrayé Ginny et Neville mais ce masque glacial cachait sa vulnérabilité et son désir. Harry savait exactement ce que sa femme avait besoin d'entendre.

« La Ginny Weasley que je connaissais, » dit délibérément Harry, « était une sorcière intelligente, forte et douée qui pouvait être terrifiante et courageuse quand elle devait défendre ceux qu'elle aimait. » Il attira doucement son visage contre le sien, pouvant maintenant sentir la chaleur de son souffle sur ses lèvres. « Mais la sorcière la plus talentueuse, puissante et belle que j'ai jamais vue est déjà mariée avec moi. Je n'ai aucune envie de partager un jour mon lit avec quelqu'un d'autre. »

Bellatrix rougit et ferma les yeux, la bouche maintenant complètement entrouverte et son souffle s'accéléra quand ses doigts glissèrent dans les cheveux d'Harry et qu'elle l'embrassa passionnellement. Avec urgence, Bellatrix enleva le pyjama d'Harry en jetant en l'air son haut et bas de pyjama. Harry quant à lui, se sentait presque ivre, étourdi et grisé par les baisers de sa femme, pensant furtivement qu'il ne pouvait plus prétendre que c'était à cause de sa perte de sang. Leurs mains impatientes dansèrent sur leurs corps, compensant leur inexpérience par leur dextérité instinctive. Et Bellatrix et Harry s'abandonnèrent l'un à l'autre, enivrés par leur nudité.

Prudemment, Alastor Maugrey avança dans la rue londonienne où se trouvait le réverbère qu'il utilisait avant comme moyen de communication avec Harry Ashworth. Il l'aperçut bientôt et serra sa baguette dans sa main en avançant plus près, ses yeux se dirigeant pendant une seconde en arrière pour vérifier que James Potter et Sirius Black le couvraient.

Bellatrix avait décidé de répondre au message de l'Ordre envoyé par Kréature et avait informé Maugrey qu'il trouverait le lieu de leur rendez-vous sur le réverbère à exactement trois heures de l'après-midi. De là, il recevrait des directives pour se rendre au lieu de rendez-vous. Il devrait se rendre immédiatement sur place et elle l'y rencontrerait. S'il n'apparaissait pas en moins de cinq minutes, elle partirait. Maugrey approuvait à contrecoeur sa prudence. L'Ordre ne serait pas capable ainsi de se cacher ou d'inspecter le lieu de rendez-vous avant la réunion.

Maugrey arriva devant le lampadaire et l'examina. Les chiffres n'avaient pas changé depuis vingt ans. Se renfrognant, il jeta un coup d'œil à sa montre et vit qu'il avait quelques minutes d'avance. Se sentant mal à l'aise, Maugrey resta devant le lampadaire jusqu'à trois heures heure à laquelle l'écriture changea soudainement, donnant le nom et l'adresse d'un petit salon de thé à Glasgow.

« Intelligent, » grogna-t-il en réalisant que transplaner à Glasgow lui demanderait du temps et de l'énergie. Conscient qu'il n'avait que cinq minutes, Maugrey utilisa sa baguette pour copier l'information sur le trottoir à côté du lampadaire afin que James et Sirius puissent le suivre avant de transplaner au nord de l'Ecosse.

Bellatrix était assise dans le salon de thé, dos au mur dans un coin reculé du salon. Elle ricana en observant Alastor Maugrey entrer prudemment dans la boutique, jetant un regard hostile vers les femmes qui fixaient son œil magique. Il traversa la pièce et s'assit à la table de Bellatrix, pas en face d'elle mais à côté d'elle pour pouvoir avoir une meilleure vision de la pièce.

« Miss Black », grogna-t-il, « ou est-ce Mme Ashworth ? »

Bellatrix sourit. « C'est Mme Black en fait. Harry était, ou est peut-être même encore, Mr Black. »

« Donc vous avez épousé Mr Ashworth, n'est-ce pas ? » dit Maugrey en fixant un serveur qui venait d'arriver pour prendre leur commande.

Bellatrix sourit au serveur et commanda un assortiment de thé et de sandwichs. Quand le serveur partit, elle continua la réponse. «Je l'ai épousé, » dit-elle. « Comme vous l'avez peut-être deviné, nous avons ensuite eu tout le contrôle de la fortune Black. Vous pouvez même dire que c'était là l'intérêt principal du mariage. Le contrat de mariage spécifiait que j'obtiendrais tout le contrôle de la Maison Black si Harry devait mourir. »

« Harry est-il mort ? » demanda Maugrey.

« Définissez mort, » dit Bellatrix en souriant car elle savait que Maugrey serait irrité.

Maugrey tapa sur la table. « Et si vous coopériez avec moi ? »

« Je coopère, » rétorqua Bellatrix. « Je subis bien vos questions, n'est-ce pas ? »

« Avez-vous tué Walburga Black, » demanda soudainement Maugrey.

« Non, » dit Bellatrix. « Je l'ai confronté et ai ordonné à Kréature de ne pas lui permettre de quitter la maison. Je comptais m'en servir pour obtenir autant d'informations que possible sur le Seigneur des Ténèbres. Même cette vieille bique s'est suicidée. »

« Où avez-vous été pendant toutes ces années, » demanda Maugrey.

Bellatrix haussa les épaules. « Les années sont passées en un éclair. Pour être honnête, je ne saurais pas par où commencer. »

« Qu'avez-vous fait ? Une overdose de potions ? Vous étiez enfermée dans l'aile des maladies magiques de Sainte Mangouste ? »

Bellatrix n'était pas amusée. « Pourquoi vouliez-vous me rencontrer ? »

« Je suis là pour vous dire que Dumbledore veut vous rencontrer et parler de choses et d'autres, » dit Maugrey.

« Vous auriez pu me le demander via Kréature, » dit sèchement Bellatrix.

« Vous êtes perspicace, » dit Maugrey en la complimentant à contrecoeur. « Si je suis là, c'est pour confirmer votre identité avant d'arranger un rendez-vous entre le professeur Dumbledore et vous. »

« Et bien, me voilà, » dit Bellatrix. « De quelle autre preuve avez-vous besoin ? »

« Peut-être pourriez vous m'expliquer pourquoi vous semblez n'avoir que dix sept ans ou dix huit ans tout au plus, » suggéra Maugrey. « Si vous étiez vraiment Bellatrix Black, vous auriez quarante ans aujourd'hui. »

Bellatrix fit un petit sourire. « Les potions dont j'ai abusées servaient à rajeunir. J'étais obsédée par ma jeunesse. »

« Ne me sortez pas de conneries ! » rugit Maugrey. « Je vois que votre corps n'est pas complètement développé, comme si vous étiez encore à la fin de votre puberté. Les potions de rajeunissement ne sont pas si bonnes. »

« L'aile des maladies magiques avait un fantastique soin spécial pour la peau, » continua Bellatrix, en voyant la colère de Maugrey.

« Combien de fois avez-vous frappé Lucius Malfoy avant que je ne vous arrête, la dernière fois que je vous ai vu, Ashworth et vous ? » demanda Maugrey.

« C'était Rodolphus Lestrange, idiot, » rétorqua Bellatrix. « Et la réponse est une fois. »

« Très bien, » dit Maugrey en essayant désespérément de trouver une obscure question que seuls lui et Bellatrix pourraient répondre. Cependant il ne l'avait pas assez fréquentée pour trouver autre chose.

« Peut-être pourriez-vous me dire pourquoi il est toujours en liberté ? » dit Bellatrix.

« Les bureaucrates, » grommela Maugrey d'un air absent. « J'ai besoin de plus de preuves de votre identité, » lui dit-il.

« Faites vous confiance aux méthodes de vérifications de Gringotts ? » demanda Bellatrix.

Maugrey se frotta le menton. « Oui, du moins en ce qui concerne les échanges d'argent. »

« Bien, » dit Bellatrix en prenant son sac et en sortant une pochette. Elle écrivit sur un chèque à l'attention de Maugrey, puis le lui tendit. « Encaissez ça et achetez vous un truc sympa. Cela vous confirmera que je suis Bellatrix Black et que je contrôle les biens Black. » Puis elle sortit un peu d'argent moldu de son sac, le posa sur la table quand le serveur revint avec le thé et les sandwichs.

« Vous n'allez rien manger ? » demanda Maugrey.

« Ce sera bien plus marrant de vous imaginer en train de manger seul dans un salon de thé pour femmes, répondit Bellatrix. « Nous conviendrons d'un rendez-vous avec le professeur Dumbledore via Kréature, » lui dit-elle avant de quitter le restaurant.

Maugrey resta assis seul devant le thé et les sandwichs. Il ne resta pas longtemps seul cependant. James Potter et Sirius Black le rejoignirent quelques minutes après le départ de Bellatrix. Sirius prit un sandwich et commença à le manger.

« Elle ressemblait à Bella pour moi, » commenta-t-il. « Elle est l'image même de la Bella que je connaissais. »

« Ouais, c'est bien le problème, » grogna Maugrey en prenant un sandwich et en le coupant en deux. Incapable de dépasser ses suspicions, il le laissa sur l'assiette, ayant décidé de ne pas le manger. « Cette femme pourrait être un imposteur ayant trouvé une photo de Bellatrix datant de sa scolarité. »

Il prit le chèque de Bellatrix et l'examina. Il était fait d'un parchemin gris et rigide. Au dessus de l'insigne de la famille se trouvait une phrase, « L'Ancienne et Noble famille Black. » En dessous du montant de vingt gallions que Bellatrix avait indiqués se trouvait la signature de Bellatrix. On voyait qu'elle avait l'habitude de signer. En effet, à part les deux B pour Bellatrix Black, elle était peu lisible, à part peut-être pour le « x ». Cependant, sous la ligne de signature, les protections magiques du chéquier avaient reconnu la signature et proclamaient qu'il s'agissait celle de Bellatrix Black.

« Allons à Gringotts l'encaisser, » déclara Maugrey.

« Oui, » dit Sirius pendant que lui et James rassemblaient les sandwichs. Puis ils quittèrent le salon de thé.