Disclaimer: Harry Potter appartient à JK Rowling et cette traduction que je fais de l'histoire de Lord Silvere n'est pas utilisée à des fins commerciales.

Reviews: Et oui, me revoilà pour de nouveaux chapitres! et de plus en plus longs en plus! Bonne lecture et laissez moi vos avis svp :)

Chapitre 29 : La chasse au fantôme.

Hermione tendit la main et prit le Rubik's cube portoloin que Bellatrix avait oublié de reprendre à Ginny Weasley après l'attaque du Manoir Malfoy. La brillante née de moldue haussa les épaules sur la défensive quand elle vit les professeurs Dumbledore et Flitwick grimacer devant son manque de prudence. « Si Ginny a réussi à le garder sur elle sans soucis, » dit Hermione en commençant à examiner le cube, « je doute qu'un maléfice se déclenche, surtout ici à Poudlard. »

« Oui, et bien, vous semblez aller bien », observa Flitwick, perché sur une des chaises du bureau du Professeur Dumbledore. « Ca semble être exactement le portoloin que vous proposiez de faire, n'est-ce pas ? »

Hermione hocha la tête et sortit sa baguette, jetant un charme informulé sur le portoloin. « Ca devrait l'empêcher de m'envoyer ailleurs si je dis accidentellement un mot de passe, » dit-elle calmement. Puis elle commença à retourner le cube sous différents angles en jetant des sorts de diagnostic, analysant un prototype de son projet de thèse qu'elle avait proposé à Flitwick quelques semaines plus tôt.

Puis, sous l'œil attentif de ses professeurs, Hermione posa sa baguette sur le bureau de Dumbledore et commença à changer les faces du cube de ses deux mains, résolvant méthodiquement le puzzle du Rubik's cube. Finalement, en faisant un sourire presque imperceptible, Hermione eut en main un cube dont les six faces étaient toutes d'une couleur différentes. Elle posa le cube sur le bureau de Dumbledore et reprit sa baguette. Après avoir jeté quelques autres charmes de diagnostic sur le cube, elle se permit un sourire.

« Quelque chose d'intéressant ? » demanda Dumbledore en se penchant en avant et en regardant Hermione et le cube.

« L'enchantement sur le cube est assez grossier, » déclara-t-elle.

« Nous l'avions remarqué, » dit Flitwick calmement.

Hermione hocha la tête. « Bien sûr que vous l'aviez vu, » reconnut-elle. « Cependant, vous pensiez probablement que l'enchantement est grossier parce qu'il s'agit d'un prototype fraichement réalisé et que le fabriquant essayait peut-être de l'améliorer. »

Elle enleva le portoloin du bureau de Dumbledore. « Je suggérais qu'il est grossier parce que quelqu'un voulait un portoloin avec plusieurs destinations possibles et qu'il l'a réalisé aussi simplement que possible ou parce qu'ayant déjà fait l'expérience de Rubik's cube portoloin, il aurait essayé d'en faire une pâle imitation. Puisque ce genre de portoloin n'est pas sur le marché, je suggèrerai que c'est la première hypothèse. »

« Je vois, » dit Dumbledore en jetant un coup d'œil au portoloin.

« Qu'est-ce qui vous assure qu'il s'agit soit d'une fabrication très simple ou d'une cruelle imitation ? » demanda Flitwick ?

Hermione reposa le cube et le montra aux deux professeurs. « D'abord, le cube ne contient que des charmes qui sont strictement nécessaires à son fonctionnement. Quand on songe aux avancées modernes en ce qui concerne l'arithmancie de portoloin, un voyage avec un tel portoloin serait certainement très inconfortable. La personne qui l'a fabriqué n'était pas un arithmancien, et certainement pas un professionnel. »

« De plus, » continua-t-elle, « dans mes recherches plus avancées sur ce portoloin, j'ai prévu que lorsqu'une personne résoudrait le puzzle du cube, elle pourrait déterminer les destinations prévues et avoir accès aux enchantements superposés ancrés dans le cube afin de pouvoir utiliser avec précision les fonctions du portoloin. Dans ce portoloin, les charmes ne sont pas superposés les uns sur les autres, mais plutôt empilés les uns sur les autres. Cela me suggère que la personne ayant réalisé le portoloin n'a aucun plaisir à résoudre le puzzle du cube. De plus, la personne n'a probablement pas un esprit analytique. Le sorcier ou la sorcière en question était visiblement hors de son élément. »

« Ainsi, alors que mon prototype de cube pourrait être complètement reprogrammé, les fonctions de ce cube sont assez limitées. Par exemple, j'ai détecté plus de douze destinations programmées. De même, les enchantements de sécurité prévus sur mon cube demandent beaucoup de déduction et de subtilité alors que ceux présents sur ce cube ne requièrent que des mots de passe et n'utilisent que de la force brute. Cette idée est originale, je le reconnais, mais elle est exécuté de façon trop simple, » conclut Hermione.

« Bien que simple, » réfléchit Flitwick, « ça pourrait quand même être le travail d'un enchanteur professionnel. »

« Oui, » rétorqua, « s'il n'y avait pas ma dernière remarque. Celui qui a enchanté le cube aurait dû utiliser un sort se basant sur le Théorème des Variables alternatives afin de permettre au système des multiples destinations programmées de fonctionner comme un portoloin normal. »

Flitwick fronça les sourcils et plissa les yeux en regardant le cube. « Le cube ne fonctionne pas comme ça ? »

Hermione secoua la tête. « Il semblerait que pour qu'une destination programmée s'active, le charme majeur pour emmener le passager à destination doive court-circuiter les autres sorts qu'il touche. Le fabriquant a jeté les sorts pour les destinations programmées avec bien plus de puissance que les autre charmes du portoloin – apparemment à dessein. C'est malin mais maladroit. »

Dumbledore sembla impressionné par la prestation d'Hermione. « Bien joué Miss Granger, » dit-il, ses yeux pétillant à la fois pour la féliciter de son analyse mais aussi pour la rassurer sur l'importance de ses propres recherches. « Je suppose que vous n'avez pas besoin de craindre que votre propre projet soit devenu inutile. Je pense que vous pourrez créer un prototype bien plus avancé que celui-ci. »

Souriant largement, Hermione remercia ses professeurs pour leur invitation à ce conseil et elle s'excusa et se leva quand le bruit des escaliers gardant le bureau du directeur se déclencha, annonçant l'arrivée d'Alastor Maugrey et Lily Potter. Fol'œil prit un air renfrogné comme d'habitude mais Lily fit un signe de la tête à Flitwick qui s'était aussi levé pour partir, puis à la brillante sorcière née de moldue. Voyant le grand sourire sur le visage sa protégée, Lily haussa un sourcil et posa une question à Hermione. « Donc je suppose que cela signifie que tu pourras continuer ton projet de sortilèges ? » Rayonnante, Hermione hocha la tête avant de descendre l'escalier avec son professeur de sortilèges.

Enfin seul avec Alastor et Maugrey, Dumbledore réduisit l'éclat de ses yeux. Il se leva et salua les deux sorciers avant de se rendre vers le cabinet qui contenait sa pensive. La sortant du cabiner, il dit avec un ton ferme, « J'ai déjà revisionné tous mes souvenirs d'Harry Ashworth. »

« Vous avez trouvé quelque chose ? » demanda Lily avec espoir.

« Peu de choses, j'en ai peur, » soupira Dumbledore en retourna à son bureau sur lequel il posa la pensive. « La plupart des souvenirs que j'ai regardés et rafraichis ne contenaient que des informations dont j'étais déjà conscient. Ainsi, la seule chose qui m'a marquée, c'est quelque chose qu'il a dit en passant le jour où je lui ai demandé de partir de Poudlard. »

« Oh ? » demanda Maugrey avec surprise. Ayant été dans la confidence durant les années où Harry enseignait à Poudlard, il pensait connaître tout ce qu'Ashworth avait dit à Dumbledore.

« J'ai dit à Mr Ashworth qu'il pourrait peut-être revenir un jour à Poudlard pour enseigner, » dit Dumbledore à Lily et Maugrey. « Il a répondit que la Défense contre les Forces du Mal était son sujet de prédilection. »

Lily mordit ses lèvres, pensive. « Et bien, je ne peux pas dire honnêtement qu'il était un brillant professeur de potions. »

« En effet, » reconnut Dumbledore. « Avant que nous regardions les souvenirs que vous avez d'Ashworth, j'ai demandé à Severus de me fournir un de ses souvenirs. Je pense que vous le trouverez intéressant. »

Le professeur Dumbledore les invita à entrer dans la pensive et il les suivit. Ils regardèrent la conversation d'Ashworth avec Severus Rogue, la nuit où il avait essayé d'aider Narcissa Black à s'enfuir de Poudlard. Là, ils furent témoins d'Ashworth disant durement à Rogue qu'il ne ferait jamais parti des sangs purs et racontant les horribles choses que les mangemorts feraient aux innocents. Peu après, ils quittèrent le souvenir.

« C'est un côté d'Ashworth que je n'avais jamais vu, » dit faiblement Maugrey.

Lily expliqua brièvement ce qu'il s'était passé et résuma son propre entretien avec Ashworth cette nuit-là. « Il était assez mécontent, » conclut Lily.

Dumbledore s'assit dans son fauteuil. « C'est un souvenir précieux. Il révèle un peu de ce qui se cachait derrière le masque d'Ashworth. Dans mes souvenirs, je n'ai presque jamais vu Ashworth exprimer une vraie émotion. Il n'était pas forcément un fantastique acteur, mais il aurait fait un excellent joueur de poker. »

« Poker ? » demanda Maugrey, ayant l'air confus et suspicieux.

« Oubliez ce que j'ai dit, » dit Dumbledore. « Le fait est que dans un moment où sa garde était baissée, Ashworth a montré d'une façon irrévocable qu'il était opposé à Lord Voldemort. C'est rassurant. »

« Mais seulement si Harry Ashworth est en vie, » remarqua Lily. « D'après ce que nous savons, nous n'avons à faire qu'avec Bellatrix. Si on fait abstraction de sa bienveillance – et je ne sais jusqu'où va cette bonté – elle reste une mercenaire. »

« Mais elle est aussi complètement dévouée à Harry Ashworth, » contra Dumbledore.

Ayant écouté l'échange en silence, Maugrey parla finalement. « Avez-vous déjà remarqué d'Ashworth ressemble de manière troublante à James ? »

Par réflexe, Lily ouvrit la bouche pour nier la ressemblance, puis elle s'arrêta et resongea à l'apparence d'Harry Ashworth. « Je suppose qu'ils se ressemblent un peu, » dit-elle, réalisant pour la première fois à quel point son ancien professeur ressemblait à son mari.

« Peut-être le résultat d'ancêtres de James s'étant mariés avec ceux d'Ashworth ? » réfléchit Dumbledore en sortant deux fioles d'un tiroir. « Il fait peut-être parti de la lignée Potter. Maintenant, pourriez-vous y déposer vos propres souvenirs d'Ashworth afin que nous puissions continuer. »

Bellatrix évita un stupéfix mais fut frappée par une onde de choc. Cela l'éjecta dans les airs et elle atterrit sur le sol. Elle sentit qu'elle saignait du nez.

Puisqu'éviter tous les sorts d'Harry n'était que rarement une option, Bellatrix était souvent obligée de choisir par quel sortilège elle préférait être touchée afin de continuer le combat. Ainsi elle avait choisi la douleur à l'inconscience et donc la fin du duel. Elle détestait les duels trop courts ainsi que ceux trop simples.

Cela dit, même si Bellatrix était soulagée des compétences d'Harry, et incroyablement convaincue de sa sagesse d'avoir décidé de l'épouser, Bellatrix était par moment agacée par les prouesses d'Harry, puisque cela voulait dire qu'elle ne gagnait que rarement leurs duels. En fait, ce n'est qu'une fois que Bellatrix avait forcé Harry à ne pas se retenir pendant leurs entrainements qu'elle avait réalisé à quel point il était formidable. Le répertoire de sorts d'Harry était légèrement plus restreint que le sien mais il apprenait les nouveaux sorts à toute vitesse. Même si le sort de projection et de feu de phénix qu'elle l'avait défié d'apprendre lui avait demandé un peu de temps et d'effort, elle Bellatrix n'avait toujours pas réussi à les effectuer. A contrario, la capacité d'Harry d'apprendre les sorts qu'elle connaissait était presque instantanée. De plus, la vitesse de ses reflexes rivalisait avec la vitesse à laquelle il apprenait les sortilèges. Sa capacité à changer brusquement de direction tout en tournant et en évitant ses maléfices, rappelait à Bellatrix les prouesses d'un attrapeur de Quidditch. Si on ajoutait sa puissance brute, Bellatrix affrontait donc le plus grand duelliste qu'elle ait jamais vu. Même si le forcer à arrêter de se retenir avait demandé pas mal d'effort.

Au début, quand Bellatrix et Harry avait repris leurs duels d'entrainement après la convalescence prolongée de son mari, chaque sort qu'Harry jetait semblait si faible que Bellatrix craignait que la blessure d'Harry n'ait endommagée de manière permanente son noyau magique. Cependant, après avoir vu Harry réussir des sorts difficiles et éprouvants, elle réalisa rapidement qu'Harry avait retrouvé toute sa puissance magique – en fait il semblait encore plus puissant qu'avant – ce qui avait agacé de plus en plus Bellatrix quand son mari ne se donnait pas à fond durant leurs duels.

D'abord, quand ses plaintes ne poussèrent pas Harry à réagir correctement, Bellatrix commença à conjurer leurs ustensiles de cuisine et à le viser. Harry dansait, esquivait, se protégeait et transplanait dans le hangar abandonné que Bellatrix avait acheté et protégé pour s'y entrainer avec son mari.

Et pourtant, Harry continuait à jeter de faibles sorts à sa femme, presque en s'excusant. Remarquant que la réticence d'Harry semblait augmenter après les soirées durant lesquels ils faisaient l'amour, Bellatrix considéré même de cesser leurs contacts physiques pour frustrer Harry et le rendre en colère, mais elle avait dû admettre qu'elle appréciait leur vie sexuelle autant qu'Harry.

Ainsi Bellatrix décida de changer de tactique. A la fin d'un autre simulacre de duel avec Harry, Bellatrix se mit volontairement dans le chemin d'un des sorts de bannissement d'Harry, même si celui-ci était ridiculement faible. Bellatrix cria et tomba sur le sol. Harry se précipita vers sa femme. Quand il s'accroupit à ses côtés pour vérifier si elle était encore consciente, Bellatrix gifla Harry aussi fort que possible. Harry était tellement choqué qu'il n'arriva pas à parler – ce n'était pas le cas de Bellatrix.

« Dis-moi, » commença Bellatrix d'une voix froide et furieuse, « que crois-tu que les hommes cruels appartement aux mangemorts de Jedusor me feraient s'ils arrivaient à m'immobiliser pendant un duel ? Que me ferait Rodolphus – un homme dont j'aurais dû partager le lit au lieu du tien ? Que ferait son frère Rabastan. Qu'auraient fait ces tordus de mangemorts à Lily Potter ou à Molly Weasley ? »

Bellatrix fit une brève pause forçant Harry à faire face au poids de ses mots.

« Ton refus malavisé de me traiter en égale pendant nos duels, » continua-t-elle en se levant et en montrant le hangar du bras, « pourrait un jour causer ma mort ou même m'exposer à des choses pire que la mort si je venais à tomber entre les mains de Jedusor. Si tu m'aimes, » dit-elle en faisant une petite pause pour embrasser Harry, « et je crois que c'est le cas, alors arrête de faire comme si j'étais en sucre. Comme tu l'as dit toi-même, je suis la sorcière la plus puissante que tu ais affronté sur le champ de bataille. Commence à me traiter telle quelle. »

Pendant le monologue de Bellatrix et même son baiser, le visage d'Harry était resté impassible, comme s'il était toujours sous le choc. Il regarda brièvement dans ses yeux violets éclatant, puis Harry se tourna et marcha lentement vers son côté du hangar. Faisant soudainement volte face vers Bellatrix après s'être placé à une dizaine de mètres d'elle, il lui jeta plusieurs sorts informulés remplissant le hangar d'une myriade d'éclairs lumineux.

Aveuglée, Bellatrix fit appel aux instincts qu'elle avait appris à la dure durant ses entrainements avec son oncle Orion, se penchant sur la gauche pour éviter le sort qu'Harry ne manquerait pas de lui lancer, mais Bellatrix fut quand même projetée au sol par un puissant sort de bannissement qui érafla à peine son épaule et explosa contre les portes du hangar derrière elle.

S'attendant à ce qu'Harry jette un sort là où elle avait atterrit, Bellatrix leva les yeux au ciel quand les sorts d'Harry percutèrent le sol derrière elle avant de faire jaillir une vague sonique assourdissante de sa baguette. Profitant du bruit pour masquer son transplanage, Bellatrix apparut derrière Harry toujours essayant de se remettre de son sortilège. Elle brandit aussitôt sa baguette pour lui jeter de dos une boule de feu. Elle avait presque terminé son incantation quand elle entendit son mari crier « Expelliarmus ! ». Sa baguette lui échappa des mains et Bellatrix fut propulsée en arrière et perdit connaissance dès qu'elle toucha le sol.

La riche et chaude flagrance de bouquets de violettes titilla le nez de Bellatrix quand elle revint lentement à elle. Elle battit des yeux et se retrouva face au visage de son mari bien aimé, qui semblait peiné, même s'il lui fit un grand sourire. Harry était assis en tailleur près de la tête de Bellatrix et caressait de sa main droite ses longues boucles noires tandis que sa main gauche se trouvait sur son front. Quand Harry aida Bellatrix à se lever, après l'avoir délicatement embrassée, Bellatrix remarqua que le sol du hangar était intégralement couvert de pétales de violettes.

« Tu avais raison Bellatrix, » dit doucement Harry. « Je me suis montré égoïste. Cela me fait mal de te blesser mais en t'épargnant, je t'ai mis en plus grand danger encore. » Il s'arrêta, souriant presque suffisance. « Je respecterai tes souhaits et essaierai de te botter les fesses à chaque fois que nous nous affronterons. » Puis Harry serra Bellatrix contre lui et pressa sa joue droite contre la sienne. Puis il ajouta quelque chose à son oreille. « Mais ce sera à moi de soigner les blessures que je pourrais t'infliger. »

Depuis ce jour, Harry s'était toujours battu de toutes ses forces contre Bellatrix, comme si elle était toujours la redoutable et puissance sorcière dont il se souvenait. Mais heureusement, malgré sa demande de ne pas se retenir, il n'avait jamais utilisé de sorts létaux contre elle. D'une manière perverse, Bellatrix aimait lui jeter les sorts les plus vicieux qu'elle connaissait car elle savait qu'il pouvait les bloquer – elle l'aiderait ainsi mieux les repousser. Et aussi cela lui donnait le plaisir doux-amer de faire quelque chose qu'Harry ne pouvait pas, même si c'était par choix.

Afin de mieux gérer sa frustration, Bellatrix rationnalisait ses constantes défaites en pensant que même si Harry était un bien meilleur duelliste, elle non plus n'était pas en reste. Après tout, d'après leurs conversations sur le futur, elle savait qu'elle avait la capacité potentielle de rivaliser avec lui. Il avait aussi dit qu'elle était la sorcière la plus puissante qu'il ait connue. Cela signifiait que si elle pouvait arriver au point où elle aurait une chance sur deux de battre Harry, elle pourrait facilement croire que son potentiel était plus accompli que toutes les autres sorcières. Mais qu'en est-il des sorciers ? réalisa-t-elle. Harry ne lui avait jamais dit comment elle se débrouillait face à des sorciers.

Repoussant ses pensées dans un coin de son esprit et se forçant à se concentrer sur le moment présent, Bellatrix roula sur le côté afin d'éviter la collision et se releva aussi vite que possible en ignorant la douleur de son nez et le sang qui lui coulait sur le visage. Harry avait pris une posture de duel, se préparant déjà à jeter un autre sort, mais Bellatrix savait que le sang sur son visage le faisait maintenant hésiter. Réalisant qu'il pourrait choisir de stopper le duel maintenant qu'elle était blessée, Bellatrix fouetta l'air de sa baguette. S'il était trop occupé à se défendre, il aurait dû mal à cesser le duel. Une pluie de petits orbes pourpres d'où jaillissaient des étincelles noires sortit de sa baguette et convergea vers Harry en l'entourant comme une tornade le ferait.

Bellatrix savait qu'Harry connaissait ce sort mais elle aimait bien le voir l'annuler. Harry tourbillonna en pointant sa baguette sur lui. Une fois qu'il eut fait un tour complet en créant une bulle orange autour de lui, il baissa la baguette et l'enfonça dans le sol. Des étincelles jaunes précédèrent une vague de force qui explosa en repoussant la bulle orange. Le bouclier frappa les orbes pourpres et Harry fut englouti dans une explosion de lumière jaune, orange et pourpre.

Bellatrix jeta une demi-douzaine de sorts dans le nuage lumineux et les entendit rebondir contre un autre bouclier. Puis elle pointa le sol de sa baguette et cria « Reducto ! ». Le sol sur lequel Harry s'était tenu explosa.

Soudainement, Bellatrix sentit un bras s'enrouler autour d'elle, attrapant son bras et le tordant. Puis le bout de baguette se posa sur son cou et il l'entendit chuchoter « Stupefix. »

Quand Bellatrix se réveilla, elle était comme d'habitude, allongée sur le sol au milieu d'un océan de violettes. Touchant son visage, Bellatrix réalisa qu'Harry avait enlevé tout le sang et avait soigné son nez. Malgré cela, Harry regardait ses yeux, visiblement inquiet. « Je vais bien », dit Bellatrix, sa voix trahissant sa déception.

« Je le sais Bella, » dit Harry en lui souriant. « C'est juste qu'il est dur pour moi de t'affronter quand tu saignes activement. »

Bellatrix s'assit. « Nous pouvons continuer. »

« Nous pouvons, » admit Harry, « mais je pense qu'on a eu assez pour aujourd'hui. »

Bellatrix suspectait qu'il voulait dire qu'elle en avait eu assez. Elle avait petit à petit réalisé qu'Harry détestait la voir fatiguée ou blessée. « Peut-être que tu pourrais continuer à pratiquer le feu de phoénix, » suggéra Bellatrix avec espoir. « Il s'agit probablement du sort le plus utile que tu connaisses. »

« Oui, » admit Harry, « mais il est assez épuisant. »

« Tu as dit que maintenant que tu peux le faire sans avoir à jeter en même temps le sort de projection, ça allait mieux, » dit Bellatrix.

« C'est vrai, » dit Harry.

Au lieu d'essayer d'argumenter, Bellatrix lui jeta un regard plein d'espoir. Finalement il céda. Il prit sa baguette, ferma les yeux et disparut dans une gerbe de flammes. Bellatrix resta assise seule pendant de longues minutes dans le hangar. Finalement, une autre gerbe de flammes annonça le retour d'Harry, à quelques centimètres de Bellatrix.

Harry traina les pieds et retourna s'asseoir à ses côtés. « Voilà. Je suis épuisé. »

« Tu crois que ce serait possible que tu m'emmènes avec toi quand tu utilises le feu du phoénix ? » demanda Bellatrix après quelques minutes de silence.

« Je ne sais pas, » dit Harry. « On essaiera peut-être un jour. »

« Ce n'est pas dû un manque d'efforts, Directeur, » contra Rufus Scrimgeour d'un ton véhément. « Les attaques de Vous-savez-qui ont augmenté durant ces derniers mois. Avec la population éparpillée dans toute le Grande Bretagne, chaque appel que nous recevons nous demande de plus en plus de temps. En plus, à cause de la politique de garder un minimum d'aurors pour protéger en permanence le Ministère, cela signifie que nous n'avons pas les ressources de répondre à chaque attaque. »

« Des gens meurent, et pire, sont terrorisés, » glapit le Directeur Croupton en frappant du poing sur la table de conférence dans la pièce à côté de son bureau au Département de la Justice Magique. « Si nous ne pouvons pas les protéger, ils vont rejoindre Vous-Savez-Qui. »

Scrimgeour se leva d'un bond. « Que voulez-vous que nous fassions, » demanda-t-il avec colère.

Frank Londubat, capitaine des aurors prit une grande respiration, se demandant s'il devait intervenir dans la discussion. En fait il avait peu de choses à dire mais la situation devait clairement être apaisée. Le corps des aurors ne pouvait pas se permettre des tensions internes. A ce même moment, cependant, un fonctionnaire ministériel l'interrompit et entra dans la pièce, attirant l'attention de ses occupants en se raclant la gorge.

« Oui, Weatherby ? » glapit le directeur Croupton en fusillant du regard Percy Weasley.

« Le Ministre souhaite parler au Capitaine Londubat, » annonça Percy avec raideur.

« Très bien, » grogna Croupton en faisant un signe presque insultant vers le petit-fils chéri du Ministre.

Cachant un sourire, Frank se leva. Faisant un signe de la tête à ses supérieurs, il quitta la salle de conférence et suivit Percy Weasley tandis que Croupton continuait sa réunion. Croupton traitait tout le monde de la même façon, mais il était bizarrement satisfaisant de voir le garçon Weasley se faire traiter ainsi.

Frank était reconnaissant de pouvoir échapper à ce briefing quotidien mais suspectait qu'il était appelé à cause d'un plus gros problème. Le Ministre Prewett appelait rarement ses subordonnés pour les féliciter et d'après l'expérience de Frank, il n'avait jamais appelé de subordonnés dans son bureau privé pour de simples banalités. Se préparant mentalement à son entrevue avec Prewett, Frank traversa les couloirs de marbre noir qui abritaient le bureau du Ministre et il ne remarqua presque pas que son escorte, Percy, avait disparu. Pour des questions de sécurité, les seules personnes maintenant autorisées à venir à cet étage – en plus du Ministre Prewett – étaient ses plus proches conseillers ainsi que les gardes du corps d'élite du Ministre.

Ainsi Frank dû subir deux fouilles magiques avant de pouvoir accéder à la réception où il dû faire un serment magique qu'il était bien Frank Londubat, qu'il avait toujours été Frank Londubat et qu'il ne souhaitait pas faire de mal à Davian Prewett. Finalement, après avoir posé sa baguette personnelle et sa seconde baguette de duel, sur une table, il entra dans le bureau du Ministre.

Le Ministre Prewett était assis à son bureau, visiblement préoccupé alors qu'il gribouillait sur plusieurs parchemins tandis que deux aurors se tenaient à ses côtés, la baguette tirée. Kingsley Shacklebolt se tenait à la gauche de Prewett et Amélia Bones à sa droite. Après un geste vague du Ministre, Frank s'assit en face du bureau et croisa les jambes, prenant soin de ne pas faire de mouvements brusques. Ni Bones ni Shacklebolt n'étaient connus pour être des aurors neveux mais des visiteurs du Ministre avaient déjà été accidentellement blessés par des gardes du corps un peu trop zélés.

Assis en silence, attendant le bon vouloir du Ministre, Frank regarda sobrement la panoplie de portraits qui ornaient les murs du bureau de Prewett. Certains portraits étaient assez grands, tandis que certains n'étaient que des miniaturisations. Un certain nombre de portraits représentaient des personnages historiques. Mais la plupart des portraits représentaient des sorciers et sorcières tués par Voldemort et ses mangemorts. Beaucoup de portraits étaient silencieux, immobiles les visages inanimés de sorciers dans la fleur de l'âge, soudainement assassinés et qui n'avaient pas pris de mesures pour créer de vrais portraits magiques.

Etant donné la popularité morbide des photographies magiques, Frank soupçonna que la plupart de ces clichés venaient d'albums de famille ou d'amis. En fait, par accord silencieux, les membres de l'Ordre amis entre eux prenaient souvent des photos les uns des autres, reconnaissant tacitement le péril mortel dans lequel ils se mettaient. (Frank avait remarqué que son amie née de moldue, Lily Potter soupirait tristement et sombrement dès qu'un nouveau membre de l'Ordre arrivait avec une caméra flambant neuve en chuchotant pour elle quelque chose comme « souvenirs Kodak », quoi cela puisse dire.)

Frank était sûr que le Ministre Prewett avait fait des copies des photos magiques de la plupart des personnes mortes accrochées sur ses murs et respectait le fait que Prewett avait choisi de s'entourer avec des témoins silencieux et immobiles de la guerre qu'il menait depuis deux décennies contre les forces de Voldemort. Davantage habitué aux portraits animés du Monde magique, Frank trouvait ces portraits figés presque terrifiants, notamment celui du défunt Ministre Black. Le portrait de Black était le plus grand des portraits figés et se tenait juste derrière le bureau de Prewett. Jour après jour, songea Frank, le ministre Black regardait tristement le Ministre Prewett. Frank se demanda si le Ministre Prewett avait pitié d'eux ou si c'étaient eux qui avaient pitié du Ministre Prewett. Peut-être qu'ils poussaient le ministre – dont les traits avaient vieilli bien avant l'âge – en avant.

Le son du Ministre se raclant la gorge avec impatience fit sortir Frank de ses pensées.

« Londubat ? » croassa Prewett.

« Quoi ? Désolé. Je pensais à autre chose, » dit rapidement Frank, jetant un coup d'œil à Bones et Shacklebolt qui avaient l'air de se demander si un mangemort avait pu soumettre Frank au Maléfice de l'Impérium. S'assurant que ses bras étaient détendus et que ses mains étaient visibles, Frank se racla à son tour la gorge. « Que puis-je faire pour vous, Monsieur le Ministre ? » demanda-t-il.

« Dites moi ce que vous faisiez dans les archives du Département de la Justice Magique hier après-midi, » demanda le ministre Prewett en perçant du regard Frank.

« Les archives, » demanda Frank, faisant comme s'il était un peu confus.

« Oui, » dit Prewett avec impatience. « Vous étiez dans la salle des archives hier. »

« Et bien, oui, » dit Frank en gardant le regard baissé sur le bureau du Ministre. Il y vit un dossier familier. « Je visite régulièrement la salle des archives. C'est une procédure normale quand il s'agit d'un criminel récidiviste. »

« Un criminel récidiviste comme Harry Ashworth ? » glapit Prewett.

« Et bien, non, » dit Harry en regardant le dossier d'Ashworth qui se trouvait au milieu du bureau. « Le fait est que plus on regarde ces dossiers, plus on devient familier avec les noms y figurant. J'ai vu le nom d'Ashworth, ne l'ai pas reconnu et ait jeté un bref coup d'œil pour voir qui il était. Maintenant je le sais. »

« Dans quel dossier avez-vous le nom d'Harry Ashworth ? » demanda Prewett.

C'était sur ce point que Maugrey, Potter et Black avaient été en désaccord sur l'approche à adopter si Londubat venait à être interrogé. S'il s'agissait d'une visite de routine de Frank, il ne devrait pas se souvenir de quoi que ce soit. Etre capable de produire le nom d'un dossier dans lequel il n'avait jeté qu'un bref coup d'œil serait suspicieux. D'un autre côté, essayer de prétendre qu'il ne se souvenait de rien serait une approche peu prudente. Et pourtant, moins il se souvenait des détails, moins il se ferait remarquer par le Ministre.

« Je ne me souviens pas », dit Londubat en haussant des épaules. « De plus, qu'est-ce que cela a à voir avec un australien mort il y a vingt ans ? » demanda-t-il, se référant délibérément à Ashworth comme à un australien afin de faire croire qu'il n'avait pas assez regardé dans le dossier pour remarquer qu'Harry Ashworth avait eu des faux papiers et que pourtant, le Ministre de l'époque lui en avait fourni de vrais.

« Il n'était pas australien, » grogna Prewett. « Il n'avait même pas d'accent australien par la barbe de Merlin ! »

« Euh, okay, » dit Frank. Il se savait aussi. Le professeur Dumbledore et les autres membres de l'Ordre avaient placé tous leurs souvenirs d'Harry Ashworth dans une pensive. Durant ces derniers jours, ils avaient examiné chaque souvenir avec attention, enregistrant chaque détail sur le sorcier.

Il y eut un silence pendant un long moment avant que la porte du bureau ne s'ouvre sur l'auror venu relever Amélia Bones. Regardant d'un air pensif son bureau, Prewett montra la porte d'un air absent en grommelant à Bones et Londubat de partir. Frank et Amélia quittèrent rapidement le bureau en silence avant d'entrer dans l'ascenseur.

« Alors Frank, » demanda Amélia, dès que les portes furent fermées, « Harry Ashworth est-il en vie ? »

« Est-ce donc ce que le Ministre se demandait ? » rétorqua Frank.

« Oui, » répondit Amélia. « Je me posais aussi la même question. »

Frank haussa les épaules. « C'est juste un nom qui a attiré mon attention, » protesta-t-il.

Son sourcil droit haussé de manière dubitative, Amélia jeta à Frank son célèbre regard d'interrogatoire. « Londubat. »

« Le Ministre veut-il qu'Ashworth soit vivant ou mort ? » demanda Frank.

« Frank. Londubat. »

Frank soupira. « Je ne sais pas si Harry Ashworth est mort ou vivant. C'est la vérité. Et je ne connais personne pouvant répondre à cette question. »

Amélia plissa les yeux. « Quelqu'un dans ton petit Ordre doit penser qu'il est en vie. »

Frank haussa les épaules. « Le ministre veut-il qu'Ashworth soit vivant ou mort ? » répéta-t-il avec curiosité. L'Ordre ne lui pas demandé de découvrir cette information, même quand ils avaient pris en considération qu'ouvrir le dossier d'Ashworth pourrait déclencher une alarme.

L'ascenseur s'arrêta et la porte s'ouvrit. Amélia soutint le regard de Frank, même si son expression perdit tout soupçon. « Les deux, » dit-elle avant de sortir dans le couloir.

Bellatrix se força à retenir un sourire quand Minerva McGonagall la mena dans le Château de Poudlard vers le bureau du Professeur Dumbledore. Occasionnellement, Bellatrix entendait les voix des étudiants restés à Poudlard pour les vacances, même si elle ne les voyait pas. Il semblait que McGonagall faisait volontairement emprunter un chemin détourné à Bellatrix afin qu'elle ne rencontre pas d'étudiants. Bellatrix reconnaissait la sagesse de McGonagall. Je ne pensais pas que cette vieille fille avait une once de Serpentard en elle, songea Bellatrix avec amusement.

Elles arrivèrent bientôt devant l'entrée du bureau du directeur, et McGonagall murmura le mot de passe de la semaine, « Suçacides. »

Bellatrix haussa un sourcil avant de monter l'escalier. Remarquant avec surprise que la directrice adjointe ne l'accompagnait pas, Bellatrix arrêta son sourire suffisant et prit une expression neutre. Elle et Harry s'étaient mis d'accord pour ne rien demander à Dumbledore – ou presque. Après un bref examen du journal intime de Tom Jedusor, ils comprirent qu'ils devaient aller de l'avant. Mais avec de la chance, elle pourrait sortir de son entretien avec Dumbledore en lui laissant l'impression qu'elle lui avait fait une faveur plutôt que de le laisser croire qu'elle était venue pour demander de l'aide. Dans tous les cas, Harry et Bellatrix joueraient les inaccessibles.

En arrivant en haut des escaliers, elle ouvrit la porte et trouva le directeur assis derrière son bureau, l'observant par dessus ses lunettes en forme de croissant de lune. « Mme Black, » dit-il poliment en lui faisant un geste pour qu'elle s'asseye devant son bureau.

« Directeur Dumbledore, » répondit Bellatrix placidement en s'asseyant et en regardant le bol de bonbons au citron avant de relever le regard. A part le bol de bonbons, il n'y avait rien sur le bureau de Dumbledore à part un Rubik's cube. Celui que j'ai oublié de reprendre à cette garce.

Dumbledore et Bellatrix restèrent assis en silence pendant de longues minutes, chacun attendant que l'autre commence la conversation. Bellatrix fit un sourire coquet et se pencha en arrière dans son fauteuil. Elle ne craquerait pas. Après tout, il avait plus de questions à lui poser qu'elle.

« Ca fait longtemps depuis notre dernière rencontre, » dit Dumbledore tactiquement, autorisant à Bellatrix à sourire de sa victoire.

Bellatrix haussa les épaules. « Je suppose que c'est le cas. »

« J'imagine que vous ne m'expliquerez pas où vous avez été, » dit Dumbledore, lui posant une question indirecte.

Un petit sourit apparut au coin des lèvres de Bellatrix en se souvenant de sa conversation avec Maugrey. « Je n'ai pas vu les années passer, » dit-elle.

Dumbledore soupira intérieurement puis, fit un petit son audible en essayant de changer de tactique. « Je suis sûr que si vous vous concentriez un peu plus, » dit sérieusement Dumbledore en abandonnant son pétillement, « vous pourriez me donner une meilleure réponse. »

Bellatrix regarda dans le vide. « Je vois des tasses… de grandes tasses de thé… qui tournent… continuent à tourner. Et j'entends quelque chose sur un…euh… un autre monde. »

Dumbledore soupira une nouvelle fois, troublé par sa référence absurde et obscure. « Vous voyez, Mme Black, je n'arrive pas à vous imaginer vivant dans le monde moldu. »

« C'était un lieu magique, » dit Bellatrix d'une voix rêveuse, ses yeux violets brillant d'humour.

Frustré de se heurter un autre cul-de-sac, le directeur humidifia ses lèvres et prit le Rubik's cube. « Puisque vous ne voulez pas en parler, peut-être pourriez-vous m'éclairer sur ce petit artefact. »

Bellatrix le regarda et haussa des épaules. « C'est un portoloin. Que voulez-vous savoir de plus ? »

« Un portoloin pouvant être réutilisé pour se rendre à différents endroits, » clarifia Dumbledore.

« Je suppose que c'est le cas, » admit Bellatrix, touchant penchée dans son fauteuil.

« Si je peux me permettre, » demanda Dumbledore en faisant preuve de la plus grande politesse, « où l'avez-vous eu ? »

« Harry en acheté plusieurs dans un magasin moldu – probablement après que vous l'ayez viré. Il les a ensorcelés et ils sont restés dans le coin depuis, » expliqua Bellatrix. « Vous pouvez bien sûr garder celui-ci, » ajouta-t-elle d'un ton sceptique, n'étant pas pressée de rependre un objet sur lequel l'Ordre avait pu placer quelques petits charmes.

« Merci, » répondit Dumbledore avec une fausse gratitude.

« Je vous en prie, » dit Bellatrix avec une égale magnanimité. « Si c'est tout ce que vous vouliez, je ferai mieux de partir. »

« Je préfèrerai que vous restiez, » demanda Dumbledore. « J'aimerai parler de trois choses avec vous, le journal intime de Tom Jedusor, la Chambre des Secrets de Serpentard et l'énigme d'Harry Ashworth. »

« Je ne vois pas l'intérêt d'en parler, » dit Bellatrix sur un ton léger.

« Je vous demande de m'éclairer, » répondit Dumbledore avec une politesse presque glaciale, ses yeux essayant – en vain- de croiser le regard violet de Bellatrix.

« Très bien, » répliqua Bellatrix, n'ayant pas besoin de provoquer davantage le directeur. « Comme signe de bonne volonté, je vous dirai tout ce que vous voulez savoir sur le journal intime et la Chambre des Secrets. Cependant, je limiterai mes commentaires sur Harry Ashworth. »

« Ai-je raison de croire que vous et Harry Ashworth êtes entrés dans la Chambre des Secrets et avez tué le basilic, » demanda Dumbledore en feignant la patience.

« Oui, » dit Bellatrix.

« Comment avez-vous réussir à l'ouvrir ? » continua Dumbledore.

« Comment avez-vous réussi à l'ouvrir cette année ? » contra Bellatrix.

Le professeur Dumbledore prit une profonde et lente inspiration. « J'ai bénéficié de ce que vous avez fait pour vous assurer de pouvoir y accéder plus facilement. Mais clairement, il y avait un autre mécanisme plus ancien pour limiter son accès. Eclairez-moi s'il vous plait, Mme Black. »

Bellatrix fit également un choix stratégique. « Harry Ashworth était un fourchelang, » admit-elle, se lançant dans une version fidèle quoi que succincte des évènements.

Le professeur Dumbledore l'écouta attentivement, hochant parfois la tête. « Donc Mr Ashworth avait aussi connaissance du journal intime et il savait qu'il pourrait être utilisé pour ouvrir la Chambre. »

« Oui, » dit prudemment Bellatrix, choisissant avec soin ses mots. « Il savait que ce n'était qu'une question de temps avant que le journal intime ne cause des ennuis. »

« Comment savait-il que le journal intime existait ? »

Bellatrix s'arrêta. « Je ne peux pas répondre à cette question en particulier, » répondit-elle.

« Vous avez dit à Rose Potter et Leo Black que Lord Voldemort ferait tout pour récupérer son journal, » dit Dumbledore.

« Oui. »

« Pourquoi cela ? »

« J'essayais de les intimider, » admit Bellatrix.

« Vous m'avez mal compris, » dit Dumbledore en fronçant les sourcils. « J'aimerai savoir pourquoi ce journal est si précieux pour Voldemort. »

Bellatrix fit un sourire immature. « Aimeriez-vous que quelqu'un lise votre journal intime ? »

Dumbledore ne répondit pas immédiatement, essayant de calmer sa frustration interne. « Est-ce là donc la valeur du journal ? » contra poliment Dumbledore.

Le sourire de Bellatrix s'évanouit et elle secoua la tête. « Pas du tout. A ma connaissance, Jedusor n'a jamais tenu ce genre de journal intime. »

« Quel sorte de journal intime était-ce donc ? »

« Il s'agit d'un horcruxe, » expliqua Bellatrix avec une soudaine candeur désarmante. « Vous pouvez comprendre pourquoi j'étais prête à payer cinquante mille gallions pour l'obtenir. »

Dumbledore se pencha en avant, les yeux écarquillés de surprise. « Le journal est un horcruxe ? Comme dans un objet de magie noire dans lequel Voldemort aurait placé un morceau de son âme ? »

« Vous avez tout dit Directeur. »

Dumbledore se figea d'horreur. « Mme Black, » dit-il gravement. « Je dois insister pour que vous me rendiez le journal intime. »

Bellatrix résista au besoin de regarder Dumbledore dans les yeux, se souvenant des rumeurs qui courraient dans les dortoirs de Serpentard sur le fait que le directeur était un maitre en légilimancie. A place, elle prit une profonde inspiration et se prépara pour une discussion difficile. « J'ai peur de devoir refuser. »

« Mme Black, » argumenta Dumbledore, « il s'agit d'une guerre – une guerre que votre père a commencé. Il est mort durant la lutte contre Voldemort. Votre refus de rendre le journal intime entrave cette guerre. Si Voldemort a séparé son âme, nous devons prendre certaines mesures et votre refus de coopérer va nous bloquer. »

L'évocation de la mort de son père agaça Bellatrix, et elle se redressa d'un coup avec fierté. Regagnant le contrôle de ses émotions, comme une vraie Serpentard, Bellatrix garda une expression neutre en disséquant mentalement les mots de Dumbledore pour préparer une réplique. « Vous partez du principe que vous êtes la seule personne capable de prendre les bonnes décisions concernant ce journal intime, » dit-elle. « J'ai grandi dans la Magie Noire, directeur. Vous connaissez peut-être plus de choses que moi, mais ma compréhension innée surpasse la votre. Même Harry se fiait à mon expertise quand nous cherchions à découvrir si le Seigneur des Ténèbres avait créé des horcruxes. »

« Attendez – DES horcruxes ? » demanda Dumbledore, complètement abasourdi, ses yeux encore plus écarquillés.

« Oui, » dit Bellatrix, agacée par l'interruption du directeur. « Tom Jedusor a fait plusieurs horcruxes. Notre chasse aux horcruxes nous a mené jusqu'à la demeure de son père moldue cette tragique nuit, il y a si longtemps. Harry et moi essayions de capturer un autre de ses horcruxes. »

« L'avez-vous trouvé ? » demanda rapidement Dumbledore, interrompant une nouvelle fois Bellatrix et abandonnant tout bon sens tactique.

« Non mais je pense que nous pouvons affirmer qu'il a été détruit dans l'incendie qui est survenu quand Jedusor est arrivé pour défendre son bien, » répondit Bellatrix, en s'arrêtant un instant avant de reprendre d'un ton direct. « Ainsi, comme vous pouvez le voir, Harry et moi avons travaillé sur cette histoire d'horcruxes bien avant que vous le sachiez. En fait, Harry et moi avons travaillé contre Tom Jedusor avant même que vous ne réalisiez que votre ancien étudiant était devenu le Seigneur des Ténèbres. » Elle s'arrêta de nouveau, pour l'effet. « Nous avons continué à le faire, même après que vous ayez chassé Harry hors de Poudlard. Ainsi, vous ne devriez pas essayer de reprendre les rênes de ce combat. Vous devriez plutôt me proposer vos services. L'horcruxe de Jedusor est en ma possession – en la possession de Lady Black, Directeur – et vous n'arrivez pas à me le reprendre. »

« Mme Black, nous parlons du plus grand bien. Si vous essayez réellement d'améliorer la lutte contre Voldemort, vous devriez vous montrer plus ouverte. »

« Je me montre ouverte. Je vous propose l'opportunité de vous rendre utile à cette cause, » contra Bellatrix.

Dumbledore regarda Bellatrix pendant une longue minute avant de finalement répondre. « Très bien, Mme Black. Que voulez-vous ? »

« J'ai besoin de Peter Pettigrow, » déclara Bellatrix. « Il est lié au journal intime et je ne veux rien faire sans lui. »

Dumbledore fronça les sourcils. « Vous pouvez sûrement détruire le journal sans Peter. »

Bellatrix leva les yeux au ciel. « Détruire le journal est une bonne idée, quoi que peu imaginative. J'ai besoin de Peter afin de pouvoir songer à d'autres utilisations possibles du journal contre Jedusor. »

« Je n'ai pas le pouvoir de vous donner Peter Pettigrow, » répondit Dumbledore.

« Vous avez les ressources pour le trouver. »

« Des ressources utilisées pour aider à lutter contre Voldemort. »

« Peut-être devriez-vous laisser le Ministre le combattre et utiliser vos ressources pour attaquer le problème à sa racine, » rétorqua Bellatrix en se levant pour partir.

« Nous avons pas fini de discuter de ce problème, Mme Black, » dit Dumbledore d'un ton sévère.

« En fait, si, » répondit Bellatrix en se dirigeant vers la porte. « Si vous obtenez des pistes importantes sur Pettigrow, faites le moi savoir. J'ai peut-être de propres ressources pour aider à le capturer. »

Avant qu'elle ait atteint la porte, Dumbledore posa une dernière question. « Le terme « fille des étoiles » signifie-t-il quelque chose pour vous, Mme Black ? »

Bellatrix fronça les sourcils et se tourna. « Serait-ce une subtile insulte, Directeur ? »

« Pas du tout, » dit hâtivement Dumbledore. « Juste une pensée. »

Amélia Bones était l'auror le plus gradé de service quand plusieurs de ses camarades arrivèrent dans le bureau de la Justice Magique avec cinq mangemorts prisonniers et une victime bouleversée. Surveillant les aurors qui commençaient à les enfermer les prisonniers et à leur lire leur chef d'inculpation, Amélia s'adressa au lieutenant en charge. « Vous auriez dû l'emmener à Sainte Mangouste, » dit Amélia en faisant un signe vers la victime. La victime – une femme dans le début de sa quarantaine avec de sombres cheveux roux, s'était effondrée sur une chaise. Les tremblements involontaires qui secouaient son corps montraient qu'elle avait été soumise à l'endoloris.

« C'est un cas à part, » répondit le lieutenant en regardant Amélia tout en vérifiant que ses subordonnés respectaient le protocole pour les boucler. « Nous avons besoin de sa déclaration et elle s'est proposée de venir ici aussi vite que possible. Vous pourrez vouloir recueillir vous-même sa déclaration. L'auror Tonks peut vous donner plus de détails. »

Amélia était légèrement agacé de devoir l'interroger elle-même alors qu'elle avait déjà beaucoup de paperasses à gérer, mais elle voulait que la procédure aussi peu de temps que possible pour la victime.

« Si vous voulez bien me suivre dans mon bureau, » dit Amélia, en essayant de prendre une voix sympathique.

La victime ne répondit pas mais coopéra quand Tonks lui offrit en silence son bras pour l'aider à entrer dans le bureau d'Amélia. Peu après, la victime, Amélia et Tonks étaient enfermées dans le bureau d'Amélia et mangeant quelques biscuits qu'Amélia avait trouvés dans un tiroir.

Amélia sortit une plume qui transcrirait automatiquement la discussion. « Si vous pouviez me dire votre nom », commença Amélia.

« Sabine Lehnsherr, » répondit la sorcière.

« Profession, » demanda Amélia en réprimant un bâillement.

Pour une raison ou une autre, la sorcière s'arrêta, mais Tonks intervint. « Elle travaille avec des moldus mais elle forge également des faux-papiers dans le monde magique. »

« Mon père le faisait, » dit rapidement Sabine en acceptant le mouchoir que Tonks lui tendit pour s'essuyer les yeux.

« Je vois, » dit Amélia, en se demandant si elle serait prochainement obligée d'enquêter sur les activités de Sabine.

« Dites-moi s'il vous plait ce qu'il s'est passé, » demanda Amélia en baissant les yeux pour s'assurer que la plume transcrivait correctement l'entretien.

Sabine était une épave, mais l'histoire, avec l'aide de Tonks, émergea. Un groupe de mangemorts avaient envahi la maison. Ils l'avaient attaquée pendant que ses enfants s'étaient cachés en haut.

« Les enfants, » demanda Amélia. « Où sont-ils maintenant ? »

« Un voisin de confiance les surveille, » dit Tonks.

« Et le père ? »

Tonks haussa les épaules tandis que Sabine sanglotait. « Il ne semble pas qu'il y en ait un. »

« D'accord, » dit Amélia en essayant de forcer Sabine à se concentrer. « Donc c'est tout ? Ils vous ont attaqué et les aurors sont venus et les ont arrêtés ? »

« Ils l'interrogeaient, » ajouta Tonks.

Amelia fronça les sourcils. « Essayaient-ils d'obtenir de faux documents ou quelque chose du genre ?

« Non, » dit Sabine en secouant la tête et en hoquetant. « Ils me posaient des questions sr un travail que j'avais effectué. »

« De quoi s'agissait-il ? » demanda Amélia.

« Je ne peux pas être accusée d'une chose survenue il y a dix ans, n'est-ce pas, » demanda Sabine en se ressaisissant.

« Vous avez raison, » dit sèchement Amelia, comprenant que sa précédente affirmation sur le fait que seul son père faisait des faux papiers était incorrecte.

« Il y a approximativement vingt ans, mon père et moi avons forgé une fausse identité à un homme appelé Harry Ashworth, » avoua Sabine.

Amélia se redressa sur sa chaise. « Harry Ashworth ? Etes-vous en train de dire que des mangemorts, probablement sur les ordres de Vous-Savez-Qui vous interrogeaient pour en savoir plus sur Harry Ashworth ? »

« Oui, » dit Sabine en hochant la tête. « Je voulais faire cette déclaration officielle afin que les mangemorts n'aient plus de raisons de me poser des question ou essaient de m'empêcher de révéler ce que je sais. »

« Faire cette déclaration officielle ne dira pas aux mangemorts ce qu'ils veulent savoir, » rappela Amélia à Sabine.

« Vous partez du principe que les mangemorts n'ont pas accès aux archives du Ministère, madame. »

« Dites moi donc ce que vous savez sur Harry Ashworth, » ordonna Amélia, ignorant l'implication de Sabine sur le fait que des mangemorts espionnaient dans le ministère.

Sabine haussa les épaules. « Je ne sais pas beaucoup de choses. Il nous a approchés mon père et moi autour de Noël 1975. Il avait besoin d'une identité complète – il a dit qu'il avait perdu son ancienne.

« Perdu son ancienne identité ? »

Sabine haussa de nouveau les épaules. « Il a prétendu ne pas être un criminel. Il a juste dit qu'il avait perdu son identité. »

« Continuez, » demanda Amélia, se demandant comment Ashworth pouvait avoir « perdu son identité. »

« Il a payé dix mille gallions pour un kit complet, » dit Sabine.

« Je vois, » dit Amélia. « En liquide ? »

« Oui, en liquide. »

« Comment vous a-t-il trouvé ? » se renseigna Amélia.

« Que voulez-vous dire ? »

« Je veux dire, » dit Amélia, « que les personnes pratiquant votre type de services font parties d'une communauté. Je présume que cet Ashworth vous a trouvé via ses connexions. »

« Oui, » admit Sabine. « Je ne révèle pas normalement ce genre de choses, mais ça n'a plus d'importance maintenant. Il a été recommandé par Bellatrix Black. »

« Bellatrix Black ? » répéta Amélia, ayant l'air surprise.

« C'est logique, » intervint Tonks. « Ashworth était plutôt impliqué avec les Black et les Malfoy au moment où Romulus Malfoy et le Ministre Black ont été tués. »

« Je le sais, » dit Amélia, » mais Bellatrix Black n'était-elle pas une adolescente à cette époque ? Quand et comment a-t-elle pu savoir où un sorcier pourrait se faire forger de faux papiers ? »

Tonks et Amélia regardèrent Sabine pour avoir une réponse. Sabine était d'accord pour répondre. « Mon père et moi avons fait plusieurs fois affaires avec Cygnus Black. »

« Le défunt Ministre de la Magie, » demanda Amélia, un peu étonnée. « Quel type d'affaires ? »

Sabine haussa les épaules. « Black était impliqué dans le business immobilier, sauf qu'il traitait avec les moldus.

« Pourquoi travaillait-il dans ce cas avec vous ? » demanda Amélia.

« Parce qu'il vendait des propriétés magiquement créées à des moldus, » expliqua Sabine. « Il se rendait dans de nouveaux quartiers – ceux avec tous ces immeubles – ajoutait magiquement de nouveaux étages. Puis il vendait les appartements. Mon père et moi avons fait de faux papiers dans les archives moldues pour enregistrer les appartements supplémentaires. C'est un peu comme la plateforme 9 ¾ sauf que les moldus y ont accès. Cela ne faisait de mal à personne. »

« Et comment sa fille a-t-elle été mêlée à tout ça ? » demanda Amélia.

« Elle travaillait habituellement avec son père. Certains jours, elle gérait les choses, elle traitait avec les clients moldus, remplissait la paperasse avec le gouvernement moldu et traitait même quelque fois avec mon père et moi, » expliqua Sabine.

« J'ai du mal à y croire, » répondit Amélia. « Cygnus Black n'était pas le genre de personnes à être à l'aise avec les moldus. »

« C'était la seule source de revenus pour Cygnus, » se défendit Sabine. « Je ne dis pas que les Black adoraient les moldus. Je disais juste qu'ils faisaient affaires avec eux. »

« Je vois, » dit Amélia d'un air absent. « Pouvez-vous me dire autre chose sur l'incident de cette nuit ou peut-être même sur Harry Ashworth ? »

Le rapport de l'interrogatoire de Sabine avec Madame Bones valut à Tonks une place dans le cercle intérieur de l'Ordre – du moins pour une réunion. Dumbledore, James, Lily, Sirius, Maugrey, Arthur, Molly et quelques autres écoutèrent le rapport avec attention. « Ensuite, Madame Bones m'a demandée d'escorter Sabine à Sainte Mangouste. »

« Comme c'est extraordinaire, » commenta Dumbledore. « Quand j'ai rencontré Mme Black, elle a sous-entendu qu'elle avait passé plusieurs années chez les moldus. D'après votre rapport, il semblerait en effet que Mme Black n'aurait aucun soucis à se fondre parmi eux. »

« Il semblerait aussi qu'elle ait trouvé un moyen de se faire de l'argent, » remarqua James.

« Théoriquement, elle a accès à toute la fortune Black », rappela Lily à tout le monde.

« Si c'est le cas, il est probable que nous en aurions entendu parler, » suggéra Molly.

« C'est un bon point, » admit Lily. « La Bellatrix que j'ai connu aurait dépensé son or en abondance, mais elle aurait été assez maline pour faire des profits. »

« Et il n'y a pas tellement d'endroits où elle pourrait dépenser de l'or sorcier, » ajouta Sirius.

« En effet, » confirma Dumbledore en reprenant le contrôle de la conversation. « Le principal objectif de cette réunion est de discuter de Bellatrix Black et de nos futures interactions avec elle. »

«Qu'en est-il d'Harry Ashworth ? » demanda Lily.

Dumbledore haussa les épaules avec regret. « Nous n'avons pas trouvé d'autres informations sur lui. »

« Nous savons maintenant qui a forgé ses papiers, » rétorqua Lily. « Nous avons également eu le rappel que son deuxième prénom est Evans. »

Sirius leva les yeux au ciel. « Epargne moi cette théorie de parent éloigné. »

« Je pense que c'est une curieuse coïncidence, » dit Lily en fusillant Sirius du regard. « Il y a aussi le fait qu'il ressemble remarquablement à James. »

« Evans n'est pas un nom si rare, » dit Arthur Weasley, intervenant pour la première fois de la réunion.

« De plus, » dit James, « s'il est de quelque façon parent avec moi, on peut se demander pourquoi il disait s'appeler Evans. »

« Ce sont toutes de nouvelles informations, » concéda Dumbledore, « mais ça ne nous aide pas vraiment. Je peux vous assurer qu'Alastor et moi prenons toutes les mesures possibles pour enquêter sur Harry Ashworth. Cependant, en toute honnêteté, je dois vous dire que je pense qu' Ashworth est probablement mort. » Il leva la main pour stopper les objections de Lily. « J'expliquerai plus tard mon raisonnement. Ce soir, nous devons parler de ce que nous devons faire de Bellatrix Black. »

Les membres de l'Ordre regardèrent Dumbledore avec des visages interrogateurs, mais Mme Weasley parla la première. « Devons-nous faire quelque chose avec elle ? »

« Oui, » dit Dumbledore. « Apparemment, Harry Ashworth et Bellatrix ont travaillé ensemble pour lutter contre Voldemort. Ils ont fait d'importantes découvertes. J'ai honte d'admettre qu'ils ont fait plus de progrès dans le combat contre Voldemort que nous n'en avons faits dans toutes nos batailles contre ses partisans. »

« Que voulez-vous dire ? » demanda Lily.

« Ce n'est pas le moment d'en parler, » dit Dumbledore. « Il suffit de dire que Bellatrix Black a mis la main sur un objet extrêmement important appartenant à Voldemort. Elle a refusé de me le remettre. »

« Etes-vous en train de suggérer que nous le volions ? » demanda James.

Dumbledore secoua la tête. « Je ne pense pas que nous réussissions. Non, nous allons devenir amis avec elle et espérer que cette amitié la poussera à faire les bons choix. »

« Nous pourrions simplement lui demander de rejoindre l'Ordre, » dit sèchement Maugrey.

Sirius secoua la tête. « Non, ce serait une très mauvaise approche. Si nous lui demandons de faire quelque chose, nous aurons une dette envers elle. »

« Je vois, » dit Lily. « Donc nous allons juste devenir amis avec elle afin de la culpabiliser pour qu'elle nous donne cette chose et qu'elle coopère. Peut-être demandera-t-elle elle-même de rejoindre l'Ordre.

« C'est l'idée générale, » dit Dumbledore.

Sirius secoua de nouveau la tête. « Vous partez du principe qu'elle est capable de ressentir des émotions de culpabilité ou d'amitié. »

« Non – non je refuse. Je ne vais pas demander à rejoindre l'Ordre, » déclara Bellatrix à Harry en déballant soigneusement un de ses derniers achats au Chemin de Traverse. « À un moment ou un autre, ils vont réaliser que j'ai l'avantage. Quand ils me demanderont de les rejoindre, j'y consentirai après avoir donné mes conditions. »

« L'idée est de gagner cette guerre, » dit Harry en regardant Bellatrix poser une longue et large boite sur une des tables, « pas de savoir qui domine le reste de l'armée. »

« Il n'y a pas d'armée sans véritable leader et pas de victoire sans un guide compétent, » répliqua Bellatrix en ouvrant la boite.

« Et bien sûr, tu vas rejoindre l'Ordre et leur dire comment gérer au mieux cette guerre, » dit Harry d'un air facétieux en se rapprochant pour mieux voir ce qu'il y avait dans la boite.

Bellatrix jeta un regard en coin à Harry. « Seulement lorsqu'ils auront montré du respect pour nos connaissances et capacités. »

Harry cacha un sourire et regarda dans la boite et remarqua qu'elle contenait plusieurs centaines de baguettes, certaines courtes et fines, d'autres bien plus longues et avec des bois différents. « Je pensais que nous avions déjà assez de baguettes bas de gamme, » observa-t-il.

« Ce ne sont pas des baguettes normales, » l'informa Bellatrix. « Il s'agit d'outils hauts de gamme pour les professionnels qui créent ou réparent des objets magiques particulièrement sensibles. »

« Dis moi s'il te plait qu'il nous reste encore de l'or, » soupira Harry.

Bellatrix leva les yeux au ciel et hocha la tête. « Je t'ai aussi pris quelque chose, » dit-elle en faisant un signe de tête vers un autre paquet sur une table.

Harry se leva et ouvrit le paquet et découvrit plusieurs morceaux d'armures en peau de basilic. L'ensemble ne constituait pas vraiment de robes de combat, et il était clair qu'il fallait porter une robe normale en plus de cette armure. « Ca sera utile pour tous les combats de rues dans lesquels je suis impliqués, » dit Harry.

« C'est pour tes stupides petites excursions, » l'interrompit Bellatrix tout en continuant à admirer ses baguettes. « Peut-être que ça te gardera en vie. »

« Merci Bella, » dit Harry sincèrement en commençant à essayer les différentes parties d'armure, débutant avec les bottes et une paire spéciale de gantelets de duel.

« Tu sors ce soir ? » demanda-t-elle.

« Ouais, » dit Harry en continuant à enfiler l'armure et en décidant qu'il la porterait pour son excursion. « Si tu veux, je peux utiliser ma connexion avec Tom pour le trouver et le « hanter » personnellement. Mais je préfère trouver quelques mangemorts et les terroriser parce qu'il est peu probable qu'ils comprennent mes techniques. »

« Tu as raison, » admit Bellatrix.

« Tu ne devrais probablement pas m'attendre, » lui dit Harry. « A moins que j'ai de la chance et que je tombe sur certains d'entre eux de bonne heure, je risque d'attendre un peu. »

Bellatrix grommela quelque chose d'inintelligible et il descendit les escaliers pour récupérer dans leur chambre une cape sombre avec une capuche avant de quitter l'appartement et de transplaner vers le chemin de Traverse.

Harry apparut dans un coin sombre du chemin de traverse près de la banque gobeline. Comme c'était toujours le cas en soirée, la rue était complètement vide. Harry resta immobile pendant plusieurs minutes vérifiant que tout était vraiment calme. Puis il serra sa baguette et jeta le sort de projection. Au milieu de la rue, à à peu près quinze mètres de là où se trouvait réellement Harry, l'ombre de l'image d'Harry apparut. Elle ressemblait exactement à Harry, sauf que le visage d'Harry et ses mains étaient translucides, comme un fantôme. L'autre différence, c'était que le « fantôme d'Harry » ne semblait pas tenir de baguette.

L'image fantôme d'Harry commença à déambuler la rue lentement, la tête redressée, ses mains parfois tendues comme si elles touchaient quelque chose d'invisible. Lui-même invisible, Harry descendit la rue, flanqué de sa projection, et admirant son fantôme qui était bien plus intimidant avec l'armure de Bellatrix et sa propre cape sombre.

Terrifié, Igor Karkaroff jetait des coups d'œil dans la rue du Chemin de Traverse tandis que lui et Puis Thicknesse menaient un groupe de mangemorts vers la boutique de farces et attrapes des Weasley. Les jumeaux Weasley étaient des sangs purs mais leur boutique avait dépassé la limite en défiant depuis trop longtemps le Seigneur des Ténèbres. Même si le Seigneur des Ténèbres ne voulait pas tuer de sang pur, sauf si c'était strictement nécessaire, la boutique de farces et attrapes devait être rasée.

« Dépêchez-vous, » murmura Thicknesse en vérifiant que les mangemorts sous leur commandement les suivaient toujours. Thicknesse aspirait à une vie politique mais sous le gouvernement du Ministre Prewett, il avait été incapable de s'intégrer. Cependant sa famille tenait un siège au Magenmagot. C'était peu, particulièrement sous le régime Prewett mais il ne voulait pas perdre l'influence ou même le siège en étant attrapé en train de brûler un magasin au Chemin de Traverse.

« Je ne voulais pas venir moi non plus, » murmura Karkaroff à voix basse afin que les autres mangemorts ne l'entendent pas.

« Tu es celui aspirant à rejoindre le cercle intérieur du Seigneur des Ténèbres, » chuchota Thicknesse. « Plus vite on aura fini, mieux ce sera. Maintenant avançons. »

Ils étaient en train de s'approcher du croisement qui les emmènerait à la boutique quand l'un des mangemorts suivant Karkaroff et Thicknesse aperçut quelqu'un. « Hey, c'est quoi ? »

Karkaroff tourna sa tête vers la rue et plissa des yeux. Il s'agissait d'une silhouette drapée dans une cape sombre et qui marchait fermement vers eux. « Qui est-ce ? » demanda-t-il.

« Il est trop loin pour que je le sache, idiot, » dit Thicknesse. « Il s'agit probablement d'un autre mangemort. S'il s'agissait de quelqu'un d'autre, il aurait déjà pris la fuite. »

Le groupe de mangemorts s'arrêta et regarda la silhouette continuer à marcher vers eux. Finalement, elle fut assez près pour qu'ils discernent ses traits. Thicknesse, qui avait été présent quand le fantôme d'Harry Ashworth avait confronté Lord Voldemort, fut le premier à l'identifier.

« C'est le fantôme d'Ashworth ! » siffla-t-il à voix basse. « Partons d'ici et peut-être qu'il ne nous remarquera pas. »

Karkaroff secoua la tête. « Les fantômes ne peuvent pas blesser les vivants. De plus, si nous prenons la fuite devant un fantôme, le Seigneur des Ténèbres nous punira. »

Finalement, le débat entre Thicknesse et Karkaroff s'avéra inutile. Un des mangemorts prit sur lui de jeter un stupéfix au fantôme. Le jet de lumière traversa le fantôme d'Ashworth. Le fantôme arrêta de marcher et tourna son visage translucide vers le groupe de mangemorts. Pendant un battement de cœur, les mangemorts et le fantôme se regardèrent avant que les yeux du fantôme ne s'enflamment soudainement.

Harry étouffa un rire quand les mangemorts crièrent de surprise ou hurlèrent de peur. Il ne leur avait encore rien fait. Se concentrant intensément pour conserver sa projection, Harry déplaça son vrai corps invisible et sortit une des baguettes de rechange. Il fit un grand moulinet du bras et envoya un charme de bannissement vers le groupe de mangemorts qui les fit presque tous tomber. Pour faire bonne mesure, il le fit suivre par un sort de tremblement de terre qui s'avéra décevant pour Harry – les tremblements du sol étaient à peine détectables mais il servit à affecter davantage les mangemorts.

Certains des mangemorts les plus rapides avaient réussi à sortir leur baguette et jetaient des sorts sur l'apparition. Harry se repositionna afin de s'assurer qu'il ne risquait pas d'être véritablement touché par les sorts. Puis il se concentra pour mieux contrôler l'apparition.

Les mangemorts regardèrent avec horreur le fantôme d'Harry Ashworth lever les deux mains puis les baisser soudainement, comme s'il faisait appel à une force invisible. Harry murmura une prière silencieuse pour que sa baguette de rechange tienne le coup, puis conjura une demi douzaine d'éclairs mais qui ne touchèrent pas les mangemorts. Puis Harry jeta ensuite plusieurs sorts mineurs de feu afin de leur faire croire que les éclairs avaient réussi à enflammer le sol.

Pendant que les mangemorts se bousculaient pour éviter le feu ou les éclairs, Harry jeta quelques stupéfix et immobilisa deux mangemorts. Puis il se concentra à nouveau sur son sort de projection et lui fit de nouveau lever les bras. Les mangemorts qui avaient réussi à se lever fuirent tandis qu'Harry – un sourire narquois au coin des lèvres – pointa sa baguette vers le ciel et murmura un sort qu'il n'avait entendu qu'une fois durant la Coupe du Monde de Quidditch avant sa quatrième année à Poudlard. « Morsmordre ! »

Quand la Marque des Ténèbres surgit dans le ciel, Harry conjura quelques autres éclairs, annula le sort de projection et transplana.

Quand Harry revint chez lui, toutes les lumières de l'appartement étaient éteintes. Il s'arrêta dans la cuisine pour prendre un petit encas, puis se rendit dans la chambre. Bellatrix était allongée sur le lit, apparemment endormie. Elle avait repoussé les couvertures, laissant sa peau nue être rafraichie par l'air froid de l'appartement. Harry secoua la tête, se demandant une nouvelle fois comment elle pouvait supporter d'avoir aussi froid.

Il enfila son pyjama et monta sur le lit aussi doucement que possible afin de ne pas réveiller Bellatrix. Cependant, quand il fut installé, il réalisa que soit il l'avait réveillée, soit elle n'était pas endormie car elle se tourna et le serra dans ses bras, et enfouit son visage contre son mari.