Disclaimer: Harry Potter appartient à JK Rowling et cette traduction que je fais de l'histoire de Lord Silvere n'est pas utilisée à des fins commerciales

Chapitre 31 : Un rat presque malin

Drapé dans les ombres, Harry se tenait aux portes d'une grande propriété, localisée près d'un village au cœur de la forêt albanienne. Les informations de Narcissa s'étaient avérées exactes et avaient conduit Harry à l'endroit où se trouvaient Lucius et Draco – un petit château appartenant à la famille Morina. Les Morina étaient des sangs purs albaniens qui adhéraient à Voldemort et à tout ce qui relevait à la magie noire. Ils ne prenaient pas nécessairement leurs ordres de Voldemort mais la plupart des mangemorts savaient que ceux qui servaient Voldemort trouveraient toujours un refuge et de l'aide dans la maison Morina s'ils venaient en Albanie.

D'après ce qu'Harry avait pu comprendre, Queudver avait utilisé l'hospitalité des Morina avant que Voldemort n'ordonne qu'il soit fait prisonnier et ramené en Angleterre. Les nouvelles s'étaient vite propagées ce qui rendait le voyage de Queudver difficile. Pour les Malfoy, traquer Pettigrow avait été jusqu'à maintenant un jeu d'enfants – surtout après que les Morina aient contacté les mangemorts dès qu'ils avaient réalisé qu'ils aidaient un fugitif. Mais ils avaient tiré la sonnette d'alarme trop rapidement. Pettigrow avait eu le bon sens de disparaître avant que les mangemorts ne puissent le capturer.

Peu après que les Morina aient contacté Voldemort, Lucius était arrivé avec son fils et avait rapidement émis l'hypothèse que Queudver était toujours dans le coin. Harry n'était pas certain de comprendre ce raisonnement. Cependant, Harry suspectait que le raisonnement de Lucius était motivé par son désir d'utiliser le château comme sa base des opérations.

Reculant, Harry s'enfonça dans la forêt. Dans l'ombre d'un grand arbre, il se jeta plusieurs boucliers et enchantements de protection avant de jeter son sort de projection et de faire passer son corps immatériel à travers les protections du château jusqu'aux suites qu'occupaient Lucius et Draco dans le château.

Harry s'assura que Lucius et Draco étaient endormis quand il passa en coup de vent dans leurs deux chambres. Puis il se rendit dans la salle de réunion dans laquelle les deux Malfoy travaillaient. Ils avaient étalé plusieurs cartes de l'Albanie sur la table ainsi qu'une liste de notes sur les familles locales magiques.

Ces derniers jours, les sorts de traçage d'Harry avaient indiqué que les Malfoy n'avaient pas quitté le château une seule fois. Etant donné que les papiers de Lucius et Draco n'avaient pas bougé depuis la nuit précédente, Harry en conclu que les Malfoy n'avaient pas avancé. Il se demanda même s'ils avaient sérieusement travaillé sur la tâche de Voldemort ces derniers jours.

Voyant qu'il ne servait à rien de continuer, Harry annula le sort de projection et retrouva son corps dans la forêt en dehors du château. Il enleva les sorts de protection et transplana vers l'entrée du village d'à côté.

Faisant attention de rester dans les ombres, Harry avança vers le petit pub du village au dessus duquel il avait réussi à louer une chambre malgré son incapacité à parler la langue locale. Juste avant de sortir des ombres et d'entrer dans le pub, Harry se jeta plusieurs charmes. Son visage et sa peau vieillirent et ses cheveux s'éclaircirent de mèches grises tandis que ses lunettes s'épaissirent et prirent une couleur bleu turquoise.

Harry était maintenant un simple écrivain venu en Albanie pour son prochain roman sur les sorciers et les vampires. Même si aucune maison d'édition n'avait encore voulu publier son travail, il était sûr que le manuscrit sur lequel il travaillait connaitrait un grand succès.

Puis, Harry entra anonymement dans le pub, monta les escaliers et se rendit dans sa chambre qu'il protégea avec de nombreux enchantements. Enfin, il se coucha.

Bellatrix transplana presque silencieusement dans la cave du 2, Privet Drive et sortit une petite boite de sa poche. Après l'avoir posée sur le sol, Bellatrix agita sa baguette et un sort d'agrandissement plus tard, la boite se transforma en une grande valise. Quelques autres mouvements de baguette ouvrirent la valise et en sortirent deux douzaines de boites de carreaux en céramique ainsi que d'autres matériaux de construction.

Au moment où Bellatrix avait fini de vider la valise, quelqu'un sonna à la porte. Elle ferma à la hâte la valise, la poussa dans un coin avant de courir dans les escaliers, se jetant quelques charmes de glamour avec expérience. Elle ouvrit la porte et vit un entrepreneur accompagné de ses six employés sur le porche.

« Mme White ? » demanda-t-il.

« Oui, » confirma Bellatrix, le timbre de sa voix, un peu plus aigu que la normale.

« Nous sommes là pour les travaux dans votre maison, » dit l'entrepreneur en jetant un coup d'œil par dessus l'épaule de Bellatrix.

« Bien sûr, » dit Bellatrix en ouvrant en grand la porte et en les invitant à entrer. « Je vais tout vous montrer, vous expliquer ce dont j'ai besoin, puis vous laisserai tranquille pour le reste de la journée. » Elle conduisit l'entrepreneur dans la cave après que celui-ci ait ordonné à ses ouvriers de commencer à sortir leur équipement.

« Je vous ai déjà expliqué ce que je veux pour la cuisine, les chambres et la salle de séjour, » dit Bellatrix en descendant les escaliers, l'entrepreneur la suivant. « Si vous êtes confronté à un décision concernant la décoration, je vous laisse la prendre et sachez que je vous rembourserai. Je ne suis pas très exigeante en ce qui concerne ces parties de la maison.

« D'accord, » dit l'entrepreneur, sa voix exprimant à la fois son contentement d'avoir carte blanche et son agacement de ne pas avoir de consignes claires.

« Cependant, comme je vous l'ai déjà dit par téléphone, je vais être très pointilleuse en ce qui concerne la pièce de stockage dans la cave, » dit Bellatrix quand ils atteignirent l'endroit où elle avait déposé les carreaux en céramique et les matériaux de construction.

« Tant que vos instructions sont spécifiques et sont claires, il n'y aura pas de problèmes, » déclara l'entrepreneur en bougeant la tête pour avoir une meilleure vue de la pièce.

« Très bien, » dit Bellatrix en ouvrant une des boites de carreaux en céramique. « Je veux que les soles, les murs et les plafonds soient recouverts de ces carreaux. » Elle en prit un. « Je comprends qu'il est normalement habituel d'en mettre moins afin de les jointoyer. Mais ce n'est pas ce que je veux. Je ne veux aucun espace entre chaque carreau. Si les carreaux ne sont pas de la bonne taille, coupez les ou taillez les. »

L'entrepreneur hocha la tête, même s'il regarda Bellatrix avec une légère interrogation.

« Cependant, » continua Bellatrix en retournant le carreau, « vous ne devez pas poser d'autres carreaux qui n'ont pas ce design à l'arrière. »

L'entrepreneur fit un pas en avant et regarda le carreau. Un motif extrêmement compliqué avec différents symboles se tenait à l'arrière du carreau. « Très bien, » dit-il.

« Sachez, » dit Bellatrix, « que je saurai si vous ne l'avez pas fait correctement. Si c'est le cas, je ne serai pas contente. »

« N'ayez crainte, m'dame, » dit l'entreprenait en prenant le carreau. « Mes garçons feront un bon travail. Cependant, » dit-il en retournant le carreau pour regarder le motif, « si nous nous devons faire en sorte que vos carreaux ne soient pas espacés, nous aurons du mal à aligner tous les motifs ensembles. »

Bellatrix regarda le motif sur le carreau en céramique avec un petit sourire. « Ce n'est pas un problème pour moi. Après tout, il s'agit juste d'une pièce de stockage. Ce n'est pas comme si j'allais passer mes journées à regarder ces murs. »

« Bien sûr m'dame, » dit l'entrepreneur en reposant le carreau dans la boite de laquelle Bellatrix l'avait sortie.

Bellatrix hocha la tête et indiqua plusieurs seaux à côté des boites. « Je préfèrerai aussi que vous utilisiez cette glue pour coller les carreaux.

« Comme vous le voulez, » dit l'entrepreneur en regardant les sceaux d'un air dubitatif.

Bellatrix monta les escaliers et sortit, laissant les ouvriers faire leur travail. Quand elle sortit par la porte d'entrée, elle remarqua que Pétunia Dursley regardait les ouvriers sortir leur équipement et outils d'un des camions. Bellatrix capta le regard de Pétunia et lui fit un signe flagorneur, sachant pertinemment que la pseudo tante d'Harry serait embarrassée d'avoir été vue et simultanément jalouse de ne pas avoir droit à une nouvelle cuisine, salle de bain et un donjon dans sa cave.

« Ton mari se montre paresseux ! » siffla Voldemort, ses longs doigts serrés autour de la gorge de Narcissa et la pressant légèrement. Ses yeux s'écarquillèrent alors qu'elle cherchait vainement à respirer. Finalement, voulant une réponse, Voldemort relâcha un peu sa prise.

Narcissa haleta bruyamment. Résistant au besoin de faire une hyperventilation, elle lui parla. « Il cherche avec diligence, mon Seigneur, je le jure. »

« Il aurait déjà dû ramener Pettigrow, » déclara Voldemort. « Au lieu de ça, il reste assis et attend. »

« Je suis sûre qu'il a un plan pour attraper Pettigrow, » réussit à haleter Narcissa, n'étant certaine de rien. Elle réalisa avec désespoir qu'elle avait besoin de donner l'impression que ce n'était qu'une question de temps avant que Pettigrow ne tombe dans les mains de Lucius. Si Voldemort décidait que Lucius n'allait pas réussir, il enverrait quelqu'un d'autre ou partirait lui-même. Aucune de ces alternatives ne s'annonçait favorable pour Draco, même si Bellatrix faisait de son mieux pour remplir sa mission à la place de Draco.

Voldemort continua à fusiller Narcissa du regard, savourant la terreur dans ses yeux. Il baissa lentement la main avant de la relever rapidement et de la gifler en plein visage. « Dis à Lucius que je veux des résultats – immédiatement. »

« Je vais le faire, mon Seigneur, je vais le faire, » chuchota Narcissa et Voldemort marcha au centre du cercle des mangemorts rassemblés dans l'une des pièces du Manoir Malfoy.

« Toi, » glapit Voldemort en s'approchant soudainement d'une des mangemorts qui avait eu la bonne fortune de pouvoir rester masqué devant ses compagnons. « Qu'as-tu trouvé sur Ashworth ? »

« Peu de choses, » répondit timidement le mangemort. « Bellatrix Black, sa prétendue femme a été vue en public à plusieurs occasions. Le professeur Dumbledore l'a même invitée pour enseigner à une classe à se battre et à se défendre des Arts Noirs. »

Narcissa ferma les yeux. S'il vous plait, ne me posez pas de question sur ma sœur, pria-t-elle en regardant Voldemort passer devant certains de ses loyaux partisans.

« Il se peut que ce soit Mme Black qui soit derrière ces attaques fantômes, » dit un des mangemorts.

« Peut-être, » reconnut Voldemort. « Peut-être. » Il fit les cent pas en silence avant de se tourner vers un individu masqué que Narcissa savait être Severus Rogue.

« Que savent vos contacts sur Ashworth ? » demanda Voldemort.

« Rien de plus que ce que tout le monde sait, » dit Rogue. « Ils ont eu des contacts avec Bellatrix Black. D'après ce que j'ai découvert, elle est réticente d'aborder ce qu'elle a fait ces dernières années et n'a presque rien dit que le défunt professeur Ashworth. »

« Le défunt Professeur Ashworth ? » siffla Voldemort, ses sifflements tranchant l'atmosphère lourde comme un rasoir. « Es-tu sûr qu'Harry Ashworth est décédé ? »

Rogue se trémoussa presque imperceptiblement en gardant son expression froide en présence du Seigneur des Ténèbres. « Bellatrix Black est la même sale gosse qu'avant. Elle a trouvé quelque chose qui lui a tapé dans l'œil – peut-être une influence politique – et utilise toutes ses ressources pour l'obtenir. Dans ce cas, elle utilise le mystérieux passé de son défunt amant pour effrayer les gens. »

« Les symptômes de ton diagnostic sont présents, » dit Voldemort en laissant Rogue et continuant ses allées venues au milieu de ses mangemorts, « mais il y a d'autres symptômes. Par moment, je peux sentir Ashworth, comme s'il était dans les parages, et me regardait. Et il y a le feudeymon. »

« Toute personne ayant un peu de pouvoir et une bonne baguette peut créer un feudeymon », déclara d'un air fatigué un des mangemorts, comme s'il avait déjà dit cette phrase une douzaine de fois.

« Mais c'était sa marque de fabrique ! » explosa Voldemort en sifflant vers ses mangemorts, prêt à fusiller du regard toute personne prête à le contredire.

« Mon Seigneur, » dit la voix confiante et prudente de Rodolphus Lestrange, « il est évident qu'il y a là un complot pour vous déstabiliser. Sachant ce que vous nous avez raconté sur votre duel final avec Harry Ashworth, il est impossible qu'il ait survécu. Mais Bellatrix, oui. Craignant pour sa vie, elle a sans doute fui avec l'argent qu'elle a dû hériter de son père. Avez-vous pensé que l'Ordre l'a peut-être trouvée et recrutée afin de faire croire qu'un fantôme de votre passé est revenu d'entre les morts ? L'Ordre est probablement derrière ces mystérieuses attaques. Ils jouent la carte de la guerre psychologique contre vous. »

« Ne m'as-tu pas entendu ? » cria presque Voldemort en se rapprochant de Lestrange. « Je peux sentir la présence d'Harry Ashworth. C'est son œuvre. Je le sais. Il attend, prêt à intervenir. »

« Alors agissez en premier, » dit Lestrange, abandonnant son hypothèse sur la mort d'Ashworth et décidant de donner des conseils sur que faire contre Ashworth.

« Je ne peux pas ! » rugit Voldemort. « Je ne peux pas l'abattre puisqu'aucun de vous n'arrive à le trouver. Trouvez le ! »

« Il sera fait selon vos désirs, mon Seigneur, » s'inclina Lestrange.

Harry se réveilla en sursaut, en frottant sa cicatrice et en grognant. Pour la première fois depuis des années, la connexion de sa cicatrice avait été assez claire pour qu'Harry entende ce que disait et entendait Voldemort. C'était un avantage pour Harry, même si le contrecoup était désagréable. Cela rendait également Harry nerveux. Depuis son voyage dans le passé, la connexion avec Voldemort était restait dormante à quelques exceptions près. Si Voldemort devenait plus souvent en colère et craintif, Harry savait qu'il devrait trouver un meilleur moyen pour gérer la connexion.

Malgré l'heure tardive, Harry sortit du lit et se rendit dans la salle de bain. Il sortit une potion antidouleur de son sac et avala le contenant avant de se rincer la bouche avec un peu d'eau.

Après avoir examiné sa cicatrice dans le miroir, Harry retourna dans la chambre et s'assit sur un coin du lit. Il sortit un petit parchemin d'un des tiroirs et une plume.

Chère Bella,

Toujours pas de signe de Pettigrow.

Harry se figea et fronça les sourcils. Comment allait-il pouvoir expliquer ce qu'il voulait écrire ?

Si tu trouves l'occasion d'utiliser le fantôme d'Ashworth, sois prudente. J'ai des raisons de croire que Rodolphus Lestrange va soit te suivre soit essayer de comprendre la magie du fantôme. Ne baisse pas ta garde.

Avec amour, Harry.

Harry termina et roula la note et la laissa sur la table afin qu'il se souvienne de la poster. A contrecoeur, il s'habilla et se prépara pour la journée. S'il avait bien compris, Lucius allait recevoir une lettre urgente de sa femme. Cela le pousserait peut-être à quitter le château Morina et à faire plus d'efforts pour chercher Pettigrow. Si c'était le cas, Harry aurait besoin de vérifier les enchantements qu'il avait stratégiquement placés autour de la forêt et parler à autant de serpents que possible avant que Lucius et Draco ne vident le château.

« Et avec le cidre chaud, je prendrais du poisson pané, » dit Rose Potter à Madame Rosmerta.

« Ce sera tout ? » demanda Madame Rosmerta en regardant Rose de côté.

« Oui, merci, » déclara Rose en sortant quelques noises et en les posant sur le comptoir.

« Très bien, » dit Rosmerta en regardant ensuite Leo. « Et pour vous, jeune homme ? »

Leo lui fit un sourire aimable et lui tendit une noise. « Juste une bièraubeurre, merci. »

Madame Rosmerta prit la noise et attrapa une bouteille de bièraubeurre sous le comptoir puis remplit une choppe de cidre chaud. « Le poisson arrivera bientôt, » dit-elle à Rose en leur tendant leurs boissons.

« D'accord, » dit Rose d'un air absent en regardant la pièce.

« Dans quelle direction est partie Ginny, » demanda Leo.

« Je ne suis pas sûre, « dit Rose en fronçant des sourcils.

« Attends, elle est là-bas, » dit Leo en montrant un des coins les plus sombres des Trois Blais. « Je reconnaitrai ces cheveux n'importe où. »

Ils traversèrent la pièce et découvrirent que Ginny n'était pas seule.

« Surpris ? » demanda Bellatrix. Elle tenait une sucette au sang et leur souriait de ses dents blanches tâchées par des trainées rouges. Elle avait revêtue ses robes de Serpentard et prétendait être une étudiante comme les autres. Leo en tout cas était certain qu'elle ne se ferait pas remarquer par les étudiants.

« Est-ce au moins bon ? » demanda Leo en posant sa bièraubeurre sur la table et en s'installant à côté de Bellatrix. Ginny, elle, s'était assise en face de Bellatrix. N'étant pas une grande fan de Bellatrix, Ginny essayer de cacher son expression amère avec sa bouteille de bièraubeurre.

« C'est un goût acquis avec le temps, » expliqua Bellatrix alors que Rose s'installait en face de Leo.

« Vos vieilles robes d'école vous vont remarquablement bien, » remarque Rose en regardant Bellatrix dans les yeux.

« Je parie que ta mère ne rentre plus dans ses vieilles robes d'école, » répliqua Bellatrix.

« Ca, c'est ce que vous pensez, » contra Rose.

Bellatrix regarda Leo. « Penses-tu que Mme Potter rentre encore dans ses vieilles robes d'école ? »

« Euh, sans commentaires, » répondit doucement Leo.

« Et comment va votre mari ces jours-ci ? » intervint Ginny.

Bellatrix plissa ses yeux et jeta un regard intimidant à Ginny avant de sortir nonchalamment sa baguette et de jeter quelques charmes d'intimité. « Il va bien, » dit Bellatrix, « mais il se peut qu'il ait sa baguette pointé sur vous en ce moment même. »

« J'en doute, » dit Rose. « Il sait que nous sommes amis et il s'assiérait avec nous s'il était là, même s'il utiliserait sans doute un déguisement pour s'assurer que l'Ordre ou les mangemorts soient toujours incertains quand à son existence. Ainsi, puisqu'il n'est pas à notre table, il n'est probablement même pas à Pré-au-Lard. »

« Être logique ne signifie pas être omnisciente, » dit Bellatrix. « Il y a toujours certaines informations que tu ne connaitras pas ou les émotions humaines défieront la logique. »

« Cela me suffit, » répondit Rose, en ignorant son cidre chaud et ne remarquant même pas que Madame Rosmerta venait de lui apporter son poisson pané sur la table. « Le fait que vous soyez ici m'indique que vous êtes prête à nous laisser vous aider dans le combat de votre ami contre le Seigneur des Ténèbres. »

« C'est également mon combat, » l'interrompit Bellatrix.

« Si vous le dites, » dit Rose, remarquant soudainement son poisson et en prenant une bouchée.

« Que pouvons-nous donc faire ? » demanda Ginny d'une voix dure.

« Je chercher d'autres objets comme le journal intime, » dit Bellatrix.

« Nous ne tombons pas tous les jours sur les souvenirs de Vous-Savez-Qui, » dit Leo à Bellatrix.

« C'est vrai, » admit Bellatrix. « Cependant votre situation est unique. Vos parents sont membres de l'Ordre. Vous pourriez entendre des choses que je trouverai intéressantes. »

« Nous n'allons pas espionner nos parents pour vous, » déclara Ginny.

Bellatrix l'ignora. « Votre situation est aussi unique car vous êtes à Poudlard. Le Seigneur des Ténèbres y a passé beaucoup de temps. Certaines personnes que vous connaissez étaient à Poudlard en même temps que lui. Parlez à ces personnes. Retracez ce qu'il y a fait. Inspectez davantage la Chambre des Secrets. Prenez autant de notes que possible et faites moi un compte-rendu. »

Rose fronçait des sourcils. « Pensez-vous qu'il y a un objet comme le journal intime caché à Poudlard ? »

Bellatrix se figea quelques instants. « La stratège en moi me dit que non. Je voudrais juste comprendre davantage le Seigneur des Ténèbres.

« Ca me semble être un travail horriblement ennuyeux, » dit Leo.

« Venez me voir cet été et je ferai en sorte de vous trouver un travail plus excitant, » proposa Bellatrix. « Entretemps, il faudra vous contenter de ce que vous pouvez faire à l'intérieur de Poudlard. »

« Quelles caractéristiques uniques possèderait un objet comme le journal intime ? » demanda Rose en dévisageant intensément Bellatrix.

« Les objets qui m'intéressent ont une valeur émotionnelle pour le Seigneur des Ténèbres, » expliqua Bellatrix. « Ils seront protégés par de puissantes défenses et seront entourés par des enchantements hautement maléfiques. Si vous tombez sur l'un d'entre eux, ne le touchez pas. Contactez-moi immédiatement. »

« Et le professeur Dumbledore ? » demanda Ginny.

« Que veux-tu dire ? » répliqua Bellatrix.

« Il devrait être celui devant s'occuper de quelque chose d'aussi dangereux, » dit Ginny.

Bellatrix haussa des épaules. « C'est ta décision, Weasley ». Elle retourna de manière prononcée son attention sur Rose et Leo. « Concentrez-vous sur la recherche d'informations sur le Seigneur des Ténèbres. Recueillez des témoignages de première main. Notez toutes mentions spécifiques sur les lieux que le Seigneur des Ténèbres aimait bien. Harry et moi visiterons ces lieux et les fouillerons. Pendant l'été, nous pourrons même vous emmener avec nous. »

« Ca me paraît raisonnable, » dit Leo. « Nous vous dirons si nous tombons sur quelque chose. »

« Merci, » dit Bellatrix en mettant sa sucette au sang dans sa bouche et en la croquant. « Maintenant, pourrais-tu sortir du box pour que je puisse partir. »

Leo s'exécuta et le trio se retrouva peu après seul. Se penchant dans son fauteuil, Leo regarda Rose qui semblait plongée dans ses pensées. « Alors… un tel objet se trouve-t-il dans Poudlard ? »

« On va voir si je peux en avoir une vision, » dit lentement Rose en mâchant son poisson et en regardant dans le vide.

Apparemment, les mots d'encouragement de Voldemort avaient atteint Lucius et Draco car ils étaient partis du château des Morina pour « traquer » Pettigrow dans un autre village. En fait, ils avaient pris la route d'un village qui se situait un peu plus au cœur de la forêt albanienne. Malgré le fait que le village comprenait une population magique plus dense que le village précédent, les Malfoy avaient été obligé d'élire résidence dans le pub local car il n'y avait pas de familles très riches dans les alentours du village et parce que ces villages étaient trop éloignées de la Grande Bretagne pour avoir choisi un camp dans le conflit.

Harry doutait que Lucius et Draco suivent une piste mais il approuvait leur choix. Les serpents dans les alentours du Château Morina et du village adjacent n'avaient pas vu de rats pouvant être Pettigrow. Les charmes de détection et ses fouilles de la ville et des familles sorcières n'avaient également pas donné de résultats. S'il était en Albanie, Pettigrow se situait sans doute dans un autre village, probablement même dans celui-ci.

Le fait que Lucius et Draco restaient dans le pub local compliquait légèrement les choses cependant. Cela signifiait que leurs chambres se situaient juste à l'autre bout du couloir et que leur table de petit-déjeuner était à côté de celle d'Harry.

Buvant une tasse de thé, Harry observait Lucius et Draco par dessus l'exemplaire d'un journal albanien qu'Harry faisait semblant de lire, même si cette ruse n'était pas vraiment nécessaire. Après tout, Draco ne faisait guère attention aux autres voyageurs dans le pub et Lucius était occupé avec une liste des familles sorcières de la région.

« Je pense que nous devrions commencer avec les familles les plus loin et nous rapprocher d'ici petit à petit, » dit Lucius à Draco. « A moins que nous détections immédiatement qu'ils sont de bons sorciers, nous pourrons nous satisfaire de quelques questions. »

« Quel est l'intérêt ? » demanda Draco. « Nous n'allons jamais réussir à le trouver. »

« Il ne restera pas caché éternellement » dit doucement Lucius. « De plus, il faut qu'on lui prouve que nous avons fait notre mieux. »

Harry décida qu'il en avait marre de lire son journal et il le roula aussitôt. Il prit une dernière gorgée de thé, se leva et quitta la salle en laissant quelques noises de pourboire pour la personne qui nettoierait sa table. Avec un peu de préparation, il arriverait à suivre la trace des Malfoy tout en jetant simultanément des charmes de détection et en interrogeant les serpents du coin.

« Par ici madame, » indiqua la réceptionniste quand elle se leva de son bureau et sortit une baguette. Amélia Bones suivit la réceptionniste dans une pièce circulaire. La réceptionniste agita sa baguette et la pièce commença à tourner sur elle-même et à descendre d'un étage. Finalement, le tournoiement de la pièce s'arrêta et la réceptionniste guida Amélia vers une autre porte gardée par un sorcier en robes de combat et portant l'insigne du Département des Mystères.

« L'Auror Bones est là pour voir Mr Foxe, » dit la réceptionniste au garde avant de faire marche arrière et de fermer la porte de la pièce circulaire derrière elle.

Le garde ne dit rien mais fit passer Amélia dans un labyrinthe de chemins dans le noir. Après environ quinze minutes de marches, ils arrivèrent à un croisement avec sept intersections. Le chemin qu'Amélia et le garde avaient emprunté était celui du milieu. Les autres menaient à six portes différentes. Le garde s'avança et ouvrit une des portes après l'avoir cognée doucement. Il fit signe à Amélia d'entrer.

Amélia s'exécuta et se retrouva dans une pièce avec un plafond bas et des murs blancs. Une cheminée se trouvait à sa droite et à sa gauche et au fond de la pièce il y avait une bibliothèque ainsi qu'une table qui faisait office de bureau. Edward Foxe était assis derrière, dans une longue chaise en acajou.

« Capitaine Bones, » dit Foxe, sa voix trahissant un pouvoir et une grâce qui clachait avec ses traits âgés et ses cheveux blancs.

Si Amélia ne se trompait pas, Foxe était Directeur du Département des Mystères depuis plus de quarante ans. La position de Foxe avait été à l'origine une position de prestige car à l'époque, le Ministère lui avait alloué des millions de gallions pour la recherche magique – et pour l'espionnage.

Maintenant que le Département de la Justice Magique recevait le plus gros des fonds du Ministère, Mr Foxe et son département n'existaient quasiment plus. Certains disaient que le Ministre Prewett n'avait pas le cran de virer Foxe. D'autres disaient que Prewett avait oublié que ce département existait. En regardant Foxe dans les yeux, Amélia penchait plus pour la première hypothèse.

« Merci de prendre le temps de me recevoir, » commença Amélia.

« Je vous en prie, » répondit Foxe en regardant Amélia avec curiosité.

« Puisque vous êtes au Ministère et dans une position de pouvoir depuis très longtemps, j'espérai que vous puissiez répondre à quelques questions, » continua Amélia.

Foxe montra son accord avec un bref hochement de tête.

« Que pouvez-vous me dire sur Harry Ashworth ? »

Foxe répondit à la question d'Amélia avec un regard inquisiteur avant de poser les yeux sur l'une des cheminées. « Est-ce une demande officielle ? »

« Pas du tout, » dit Amélia. « Appelez-ça de la curiosité personnelle. Ce que vous direz ne quittera pas cette pièce. »

« Très bien, mais je vous préviens. Si ce que je vous dit s'avère néfaste pour moi plus tard, je nierai tout ce que j'ai dit, » dit Foxe. « Mes sources doivent être protégées et mes raisons pour connaître ce que je vais vous dire doivent rester confidentielles. A la fin, si vous essayiez de divulguer certaines informations et parler de moi, vous ne pourrez que prouver que vous avez cru que j'ai dit telle ou telle chose. »

« Très bien, » dit Amélia. « Maintenant, que pouvez-vous me dire ? »

« Ashworth est apparu dans notre monde presque au même moment où nous avons commencé à voir les symptômes de l'existence du Seigneur des Ténèbres. Orion Black a fait appel à ses services. Il semble que Mr Ashworth était un espion ou un informateur. A Poudlard il a probablement espionné des recrues potentielles pour les mangemorts. Plus tard, il est devenu un conseiller pour le Ministre Black. Après la mort d'Orion Black, Ashworth a influencé plusieurs décisions du Ministre Black… du moins, pendant le court laps du temps durant lequel Cygnus a survécu à son frère ainé. »

« Vous dites qu'il est apparu dans notre monde, » dit lentement Amélia. « Que voulez-vous dire ? »

« Il n'y a aucune trace de sa naissance, de son enfance ou éducation, » dit Foxe à Amélia. « Il y a des faux papiers et des documents officiels rédigés par le Ministre Black mais, jusqu'à ce jour, il n'y a aucun document original. »

« Pouvez-vous déterminer si Harry Ashworth est en vie ou mort ? » demanda Amélia.

« Oui. »

« Alors Harry Ashworth est en vie ? » demanda Amélia avec espoir.

Edward Foxe sourit. « C'est une question à laquelle je ne veux pas répondre. »

« Pourquoi pas ? »

« Je pense que c'est pour le plus grand bien, » dit Edward Foxe. « Vous pourriez dire que c'est ma contribution à la guerre contre le Seigneur des Ténèbres. »

« Vous réalisez que je peux lancer une enquête officielle avec Gringotts et avec les archives de votre département. »

« Pas si j'ai déjà pris quelques mesures pour supprimer et réduire au silence vos sources potentielles, » contra Foxe. « Si j'étais vous, je poserai moins de questions sur Harry Ashworth et plus sur la controverse sur le fait qu'Ashworth pourrait être astucieusement utilisé afin d'améliorer notre société. » Il se leva et lui indiqua la porte. « Maintenant, si vous voulez bien m'excuser, j'ai des choses à faire. »

Plusieurs des charmes de détection qu'Harry avait placés dans la forêt près du Village n°5 s'enclenchèrent la nuit avant le départ prévu des Malfoy pour le village n°6. Harry était dégouté que les alarmes ne l'aient pas réveillé mais se rassura en pensant que puisque les enchantements se situaient à l'orée de la forêt, il était plus que probable qu'un villageois les ait déclenchés. Le jour d'avant, ni Harry ni Malfoy n'avaient trouvé la trace de Pettigrow.

Une petite routine s'était installée et Harry prenait maintenant tous les jours son petit déjeuner et son diner en même temps que les Malfoy. Dans le village n°4, il avait réussi à partager une table avec eux mais cela ne s'était pas avéré très productif car ils avaient très peu parlé. Harry cessé d'utiliser son déguisement originel et s'était limité à les espionner en utilisant un autre déguisement.

Les Malfoy terminèrent leur petit-déjeuner et retournèrent dans leurs chambres pour faire leurs valises. Harry, ayant déjà fini les siennes, finit paresseusement son petit-déjeuner avant d'aller payer son ardoise.

« Chère cousine, » dit Sirius en souriant alors que lui et Alastor Maugrey approchaient Bellatrix dans un restaurant moldu de Liverpool.

Perplexe, Bellatrix secoua la tête d'agacement. « J'espère que tu ne m'as pas fait venir ici pour une réunion familiale gênante. »

« C'est pour la nourriture gratuite en fait, » dit Sirius en s'asseyant à la table de Bellatrix et en faisant un signe à Maugrey de faire de même. « Tu payes, n'est-ce pas ? »

Bellatrix haussa les épaules. « Si tu arrives à finir ton plat avant que je ne décide de partir, alors tu auras peut-être de la chance. » Elle attrapa son verre de vin et prit une gorgée avant d'attraper sa fourchette et de prendre un des légumes de son assiette. »

« Serveur ! » cria Sirius. « Serveur ! »

« Le fantôme d'Ashworth n'a pas été très actif dernièrement, » dit Maugrey en essayant d'ignorer Sirius et de rester concentré sur Bellatrix.

« J'ai été assez occupée dernièrement, » répondit Bellatrix. « Vous savez ce que c'est quand on a plusieurs chaudrons sur le feu »

« Puis-je vous aider ? » demanda finalement un serveur fatigué à Sirius.

« Je veux la même chose qu'elle mais sans les légumes, » annonça Sirius.

« Très bien, monsieur, » dit le serveur avec raideur avant de noter la commande et de quitter la table.

« Albus présumait que vous étiez occupée, » continua Maugrey. « Cependant il est convaincu que votre tactique de chasser les mangemorts avec le fantôme d'Ashworth était efficace. Il aimerait que la fréquence de ces attaques augmente. »

« Ainsi, » dit froidement Bellatrix, « d'abord vous désapprouviez mes actions et maintenant vous vous plaignez que je ne le fasse plus. »

« Non, » clarifia Sirius, « nous disons que nous pensons que tu as bien contribué à l'effort de guerre même si nous étions au début inquiets quant à ta sécurité. Et, » dit-il après une pause pour insister, » il s'avère que nous avons trouvé une bonne opportunité pour que tu puisses utiliser le fantôme d'Ashworth de la meilleure façon possible. De plus, James était le seul à désapprouver tes actions. »

« Oh vraiment ? » dit Bellatrix en mettant sa fourchette dans son autre main et en prenant le couteau.

« Le fait est, » dit Maugrey, « que nous avons détecté plusieurs tentatives de sonde sur les enchantements protégeant le Terrier, qui est bien sûr, la demeure d'Arthur et Molly Weasley. Nous anticipons une attaque de mangemorts très prochainement. »

« Et vous voulez que je produise le fantôme d'Ashworth au moment opportun pour interrompre l'attaque, » dit Bellatrix en commençant à couper son steak.

« En partie, » dit Sirius.

« Mais nous aimerions principalement avec une autre baguette sous la main, » dit Maugrey. « Si vous acceptiez de passer quelques nuits au Terrier au cas où il y aurait une attaque, l'Ordre vous serait assez redevable. »

« L'Ordre m'est déjà redevable je pense, » dit Bellatrix en goutant sa viande.

« Et c'est pourquoi nous te donnons cette opportunité ! » s'exclama Sirius. « Nous sommes en train de te dire où une attaque aura lieu avant même qu'elle se produise. Pense aux nombres d'heures que cela t'aurait pris pour trouver une attaque en cours et la gâcher.

« Oui, » dit Maugrey, « tout ce que vous avez à faire c'est de passer quelques nuits avec Arthur et Molly. Peut-être qu'il y aura une attaque et peut-être que non. Le jour, vous pourrez faire ce que vous voulez. »

« Et s'il y a une attaque, le fantôme d'Ashworth l'interrompra avant même qu'elle ne commence vraiment, je pense, » déclara Sirius. « J'ai entendu que même le vieux Tu-sais-qui est troublé par ces apparitions du fantôme d'Ashworth. »

« J'ai montré à Lily comment faire le sort, » dit Bellatrix en baillant. « Pourquoi ne l'engagez-vous pas ? »

« Elle doit défendre sa propre maison, » souligna Maugrey.

« J'ai aussi une maison, » dit Bellatrix.

« Oui, mais personne ne sait dans quelle ville elle se situe ou à quoi elle ressemble, » contra Maugrey.

« C'est vrai, » dit Bellatrix. « Je pense cependant que Lily pourrait enseigner à Molly et Arthur à utiliser le fantôme d'Ashworth. »

« Elle le pourrait, » admit Maugrey. « Cependant, il serait vraiment réconfortant pour nous de savoir que les Weasley auraient une baguette supplémentaire pour les aider ces prochains jours. »

« Je suppose que je pourrais en effet passer quelques nuits avec les Weasley. Comme vous le dites, cela m'épargne la longue tâche de les pister moi-même, » admit Bellatrix.

« Maintenant, tu réalises que nous ne promettons pas une attaque, » clarifia Sirius. « Nous n'avons qu'une suspicion que l'attaque de la résidence Weasley est prévue. »

« Tu couvres déjà tes arrières ? » demanda Bellatrix.

« Oui, » dit Sirius. « Je ne veux pas que tu te mettes en colère si il n'y a pas d'attaques ou si tu découvres d'autres arrière-pensées du professeur Dumbledore avant l'attaque. »

« Comme surveiller mes mouvements ? » dit Bellatrix.

« Ouais. »

« Comme essayer de me faire avoir plus d'attachement émotionnel envers l'Ordre ? »

« Ouais. »

« Comme essayer de me faire prendre l'habitude de suivre les ordres de Dumbledore durant la guerre ? »

« Ouais. »

« Comme me regarder conjurer le fantôme d'Ashworth et confirmer que je suis bien celle terrorisant les mangemorts ? »

« En fait, ouais. »

« Autre chose que tu voudrais ou pourrais divulguer ? » demanda Bellatrix, légèrement amusée.

« Non. »

« Et qu'en est-il de vous ? » demanda Bellatrix en plissant les yeux vers Maugrey.

« Il suffit de dire que la famille Weasley est vraiment menacée et que nous croyons que vos efforts pourraient soit rassurer leur famille soit repousser une attaque, » dit Maugrey, clairement agacé que Sirius est confirmé les suspicions de Bellatrix quant aux souhaits de Dumbledore sur cette situation.

« Très bien, » dit Bellatrix en terminant son assiette et en terminant son verre de vin. « Je repasse chez moi pour prendre quelques affaires. »

« J'ai encore besoin de temps pour manger ça, » dit Sirius alors que serveur venait avec sa commande. »

« Demande un doggie bag, » dit Bellatrix en sortant une carte de crédit de Gringotts, première banque nationale de Londres et en la tendant au serveur dès qu'il posa l'assiette de Sirius sur la table.

« Tu vas payer pour ça, » se plaignit Sirius alors qu'ils attendaient que le serveur revienne avec la carte et le doggie bag de Sirius.

« Je viens de le faire, » dit Bellatrix.

« Je veux dire que je vais me venger pour le fait que tu ne m'ais pas laissé finir ma nourriture. »

« Sérieusement ? » demanda Bellatrix et avant que Sirius ne puisse répondre, elle continua. « Je vais transplaner chez moi et on se donne rendez-vous au lampadaire. »

« C'est acceptable, » dit Maugrey alors que le serveur revenait avec la carte et le doggie bag.

« Génial », dit Bellatrix. « Ne me suivez pas. »

« Essaie de nous arrêter, » grommela Sirius.

Bellatrix haussa les épaules et après que Sirius ait emballé sa nourriture dans son doggie bag, elle quitta la table en faisant une halte aux toilettes pour femme. « Ta da ! » dit-elle en y entrant et en laissant la porte se fermer derrière elle. Puis elle s'enferma dans une cabine et transplana.

Maugrey se laissa monter par l'escalier mobile du Professeur Dumbledore et quand il arriva dans son bureau, il y découvrit le directeur et Lily Potter qui l'attendaient. Sans attendre la proposition habituelle de Dumbledore, il tendit la main et prit une poignée de bonbons au citron en grommelant un salut à Lily et Albus et en prenant une chaise.

« Bon, » déclara-t-il, « elle est d'accord pour venir et donner un coup de main en cas d'attaque. »

« Fascinant, » remarqua Dumbledore en prenant aussi un bonbon au citron. »

« Mais elle a compris la plupart de vos motifs cachés – particulièrement à propos de votre théorie pour confirmer qu'elle est vraiment celle terrorisant les mangemorts grâce au fantôme d'Ashworth, » continua Maugrey.

« C'était à prévoir, » dit Dumbledore en soupirant de déception. « Mais c'est probablement un sujet à discussion. Nous n'avons encore pas trouvé de preuves qu'elle travaille avec quelqu'un d'autre. »

« Maintenant, si sa performance avec le fantôme d'Ashworth ne nous semble pas convaincante, nous devrons partir du principe qu'elle l'a fait délibérément afin de nous agacer et nous poser des questions sur la survie ou non d'Ashworth, » grogna Maugrey.

« Oui, c'est une situation problématique, » admit Dumbledore.

« A-t-elle réalisé que nous voulions aussi la pousser dans une amitié plus proche avec nous ? » demanda Lily.

Maugrey haussa des épaules. « Ouais, même si elle ne l'a pas exprimé de la même façon. »

« Notre sincérité réussira à réchauffer son cœur de pierre, je pense, » observa Dumbledore.

Lily fut prompt à réagir. « Je pense qu'elle n'a pas eu beaucoup d'amour dans sa famille. Si le professeur Ashworth est mort, alors elle a dû se sentir seule. »

« Et nous allons donc faire preuve de gentillesse et d'affection et éventuellement la faire entrer dans notre famille aimante, » dit Maugrey d'un ton sarcastique.

Lily fusilla l'auror retraité du regard. « C'est exactement ce que nous allons faire. »

Les yeux de Dumbledore pétillèrent quand il se pencha en arrière dans son fauteuil. « Je ne suis pas certain que Mme Black se permettra d'avoir une relation aussi proche avec nous. Cependant, il faut la convaincre de rejoindre l'Ordre et je pense même qu'elle pourra être dans notre cercle intérieur si nous arrivons à nous faire confiance. »

« Notre cercle intérieur ? » questionna Lily. « Ne pensez-vous pas que c'est aller un peu trop loin ? »

Dumbledore secoua la tête. « Bellatrix Black a commencé cette guerre bien avant nous. J'ai également mentionné dans une nos précédentes réunions qu'elle a fait bien plus de progrès dans la lutte contre Voldemort que nous tous combinés – et quand je dis ça, je ne prends même pas en compte l'effet qu'a son fantôme d'Ashworth sur les mangemorts et Lord Voldemort. »

Maugrey hocha la tête, même si c'était un peu à contrecoeur. « Je me rappelle de ça, mais vous ne nous avez toujours pas dit ce que Bellatrix a fait de si important. »

« J'ai peur mes amis, que ce soir ne soit pas le moment idéal pour en parler, » dit lentement Dumbledore. « Je veux réussir à acculer Bellatrix et aborder certains détails de la situation avec elle avant que l'Ordre en entier commence à agir. »

« Je ne suis toujours pas sûre que ce soit une bonne idée de lui donner autant d'influence dans l'Ordre, » dit Lily.

Dumbledore haussa les épaules. « Je suis maintenant convaincu que la prophétie sur la chute de Voldemort parle d'elle. »

« Comment ça ? » demanda Maugrey.

« Bellatrix correspond à la Fille des Etoiles, » déclara Dumbledore. « Son père était Cygnus, nommé d'après la constellation. Son oncle était Orion, nommé également d'après une constellation. Elle continue leur croisade. Elle est indubitablement la Fille des Etoiles. »

« Bon, d'accord, » dit Maugrey. « Mais je crois me rappeler que Lord Black est celui égal au Seigneur des Ténèbres, toujours selon la prophétie. La dernière fois que j'ai vérifié, Bellatrix n'était pas un sorcier. »

« Il est possible que la prophétie se référait à l'influence que Lord Black pouvait avoir depuis la tombe. Dans ce cas, soit Cygnus, soit Orion serait l'Elu de la prophétie, » spécula Dumbledore.

« Et que cela signifie-t-il pour nous ? » demanda Maugrey.

« Pas grand chose, si ce n'est qu'il faut réellement acculer Bellatrix et la faire basculer dans notre camp, » dit doucement Dumbledore.

Bellatrix posa son sac sur le bureau de Ginny Weasley. Elle aurait pu prendre plus de vêtements pour son séjour au Terrier, mais elle avait délibérément pris assez de vêtements pour un jour seulement. Ainsi son manque de vêtements avait été une parfaite excuse pour partir du Terrier durant la journée. Bellatrix avait passé les derniers jours à préparer l'arrivée de Pettigrow, à faire des recherches sur les horcruxes et à faire des réserves. La nuit, elle dormait dans la chambre de Ginny Weasley, sa propre baguette et d'autres de Wandel à portée de main. En fait, le Terrier devenait plus comme un charmant bed & breakfast pour elle.

Après avoir ouvert le sac, Bellatrix sortir une petite boite des profondeurs de son sac sans fond. Boite en main, Bellatrix quitta la chambre de Ginny et descendit les escaliers où elle rejoignit Mme Weasley dans la cuisine. Mme Weasley venait juste de nettoyer les restes du diner.

« Vous réalisez que vous êtes toujours invitée à vous joindre à nous pour diner, n'est ce pas ? » dit Mme Weasley.

« Bien sûr, » dit Bellatrix avec aussi peu de condescendance que possible, « c'est juste que j'ai tant d'achats à faire que je mange souvent quelque chose sur le pouce. »

« Et bien, il y a assez de dessert pour vous, » dit Mme Weasley en tendant à Bellatrix une petite assiette avec une part de tarte.

« Merci, » dit Bellatrix en prenant l'assiette. « Je voulais juste travailler un peu sur vos enchantements. » Plaçant l'assiette et la boite dans la même main pour garder son bras de baguette libre, Bellatrix sortit dehors, laissant Mme Weasley seule dans la cuisine.

Bellatrix se rendit dans l'atelier de Mr Weasley. L'obsession du patriarche Black pour les objets moldus troublait Bellatrix mais elle l'aimait bien. Il apprécierait plus la tarte qu'elle et il pourrait lui donner son avis sur les modifications que Bellatrix voulait apporter sur les enchantements.

« Je vous ai ramené de la tarte, » annonça Bellatrix en entrant dans l'atelier et en regardant autour d'elle. Elle ne voyait pas Mr Weasley. « Mr Weasley ? »

« Par ici, » dit Mr Weasley, par terre à l'autre bout du garage. Ses pieds sortaient de sous une vieille voiture moldue.

Bellatrix posa la tarte sur un banc de travail et posa par terre sa boite pendant que Mr Weasley sortait de sous la voiture.

« Vous devriez vraiment essayer un jour la cuisine de Molly, » dit Arthur en jetant un coup d'œil à la tarte.

« J'ai déjà eu ma part de dessert pour aujourd'hui, » dit Bellatrix en étudiant la voiture sur laquelle travaillait Mr Weasley. Elle l'avait déjà remarquée dans l'atelier mais il ne lui était pas venu à l'esprit que Mr Weasley faisait autre chose que l'admirer. « Que faites-vous avec la voiture ? »

Mr Weasley prit la tarte et regarda furtivement autour de lui avant de répondre a sa question. « Je suis en fait en train de l'améliorer. »

« Quelles sortes d'améliorations ? » demanda Bellatrix.

« J'agrandis l'espace à l'intérieur et dans le coffre, » dit Mr Weasley en reposant l'assiette et en retournant près de la voiture. Il ouvrit le coffre et agita sa baguette. « Quand nous avions cinq enfants étudiant en même temps à Poudlard, nous arriverions à mettre toutes leurs valises et la famille entière dans la voiture pour aller à King's Cross.

« Impressionnant, » dit Bellatrix en regardant la voiture avec envie car Mr Weasley continua à parler des différentes améliorations qu'il avait apportées à l'automobile moldue.

« Bien sûr, je n'ai pas souvent l'occasion de la conduire, » conclut Mr Weasley. « Puis, bien sûr, il y aussi le fait qu'une utilisation excessive de la voiture pourrait m'attirer des ennuis avec le Ministère surtout si des moldus commençaient à le remarquer. »

« Je suis certaine que vos modifications évitent que vous soyez détecté, » remarqua Bellatrix. « Et que faites-vous au Ministère d'ailleurs ? »

« Je suis dans le Bureau des Relations Moldues, » dit Mr Weasley. « Nous devons tenir au courant les moldus à propos de cette guerre, surtout si certains d'entre eux meurent à cause des activités des mangemorts. Nous essayons également de décourager les sorciers de prendre avantage des moldus, même si nous essayons principalement d'aider les aurors à protéger les moldus des mangemorts. »

« Je vois, » dit Bellatrix, ne se concentrant pas tellement sur la position de Mr Weasley au Ministère. Cependant, elle le laissa continuer à décrire son travail encore un peu pendant qu'elle réfléchissait. « Mr Weasley, si j'achetais une voiture moldue, voudriez-vous modifier magiquement la voiture ? Quelques améliorations basiques. Je vous paierai, bien sûr. »

« Et bien, je suppose que je pourrai le faire, » dit lentement Mr Weasley « Mais vous devez réaliser que certaines des modifications que je fais sur ma voiture ne sont qu'expérimentales. Je ne suis pas sûr qu'il soit approprié de modifier ainsi une voiture que vous utiliseriez fréquemment. »

« Ce ne serait pas différent si j'achetais une voiture et l'utilisais sans modifications, » insista Bellatrix. « Et je ne vous demande que des améliorations basiques – intérieur agrandi, peut-être un peu plus de résistance en cas d'accident, ce genre de choses très subtiles. »

Mr Weasley fronça des sourcils en réfléchissant à la requête de Bellatrix. « De quel type de voiture parlons-nous ? »

« Je n'en suis pas encore sûre, » dit Bellatrix. « Je peux vous payer à l'heure ou convenir d'un forfait. »

« Je ne suis pas sûr qu'il serait approprié que vous payiez, » dit Mr Weasley. « Après tout, vous prenez le temps de venir augmenter nos défenses. C'est le moins que je puisse faire pour vous rendre la pareille. »

« N'importe quoi, » dit Bellatrix, « être d'accord pour modifier la voiture et accepter l'argent sera plus que suffisant pour rétribuer mes efforts pour protéger votre maison. »

Mr Weasley haussa des épaules. « Très bien, si vous achetez une voiture, je verrai ce que je peux faire. »

« Parfait, » dit Bellatrix. Elle reprit sa boite. « J'espérais pouvoir annuler certains de vos enchantements et les remplacer avec d'autres que j'ai élaborés. »

« Ne pouvez-vous pas simplement les ajouter à ceux que nous avons déjà ? » demanda Mr Weasley.

« Il y a une légère chance que les nouveaux enchantements et les anciens interfèrent les uns avec les autres, » expliqua Bellatrix. « De plus, les mangemorts ont probablement déjà sondé vos défenses. S'ils arrivent et qu'ils découvrent qu'il y en a plus prévu, ils risquent de partir. »

Mr Weasley pencha la tête. « Je croyais que le but de l'opération était d'éviter une attaque. Si des enchantements en plus les effrayent, pourquoi cacher le fait qu'il y en a de nouveaux ? »

« Mes enchantements ont quelque de plus, » déclara Bellatrix. « Ajouter plus d'enchantements n'effrayerait les mangemorts qu'une ou deux semaines. Si on les laisse entrer, qu'on les amoche durement et qu'on les effraye à mort avec le fantôme d'Ashworth, ils resteront loin de vous plus longtemps. »

« Si vous le dites, » dit Mr Weasley en donnant à contrecoeur son accord au plan de Bellatrix. « Mais je ne suis pas sûr cependant que vous soyez capable d'annuler ces enchantements. Mon fils Bill est assez doué avec ce genre de choses et c'est lui qui les a lancés. »

« Ce sont d'excellents enchantements, » admit Bellatrix en sortant de l'atelier de Mr Weasley, « mais je ne prévois pas de grande difficulté avec mon nouveau plan de défenses. »

Après que les enchantements du village n°6 se déclenchèrent pendant la nuit mais qu'ils ne le réveillèrent pas immédiatement, Harry commença à suspecter que lui, les Malfoy ou les deux étaient suivis ou observés par quelqu'un. Harry fut très prudent sur son environnement quand il suivi les Malfoy vers le village n°7. Malheureusement, il n'arrivait pas à détecter quelque chose et il arriva en même temps que les Malfoy au village n°7 sans aucun incident.

Le Village n°7 était assez perdu. De tous les villages albaniens qu'il avait vus jusque là, c'était celui qu'Harry aimait le moins. Pendant que les Malfoy se dirigeaient vers la taverne locale pour réserver une chambre pour une nuit ou deux, Harry fit le tour du village.

Le village était suffisamment petit pour tout le monde s'y connaisse. Et le statut d'étranger d'Harry fut tout de suite remarqué. Le village se trouvait profondément enfoui dans la forêt albanienne et ainsi, peu de personnes parlaient anglais. La barrière de la langue frustrait un peu Harry, même si l'atmosphère hostile lui faisait penser que même s'il n'y avait pas de barrière de la langue, les villageois n'auraient toujours pas voulu parler avec lu.

Après un certain temps, Harry se dirigea vers la taverne pour trouver aussi une chambre. Le barman ne parlait pas un mot d'anglais et ne semblait pas ravi de voir Harry – ou plutôt l'homme âgé dont Harry avait pris l'apparence. Cependant, son or suffit et le barman emmena Harry dans une toute petite chambre. Harry essaya de se montrer reconnaissant.

Décidant qu'il préférait garder ses vêtements pour ne pas toucher avec sa peau la surface de cette pièce dégoutante, Harry ne prit pas la peine de sortir ses affaires. Puis Harry commença à jeter ses enchantements habituels de détection, ajoutant quelques modifications afin de s'assurer qu'il serait réveillé dans tous les cas.

Harry descendit ensuite pour vérifier s'il pouvait acheter quelque chose pour diner. Là il trouva les Malfoy parlant en albanien avec le barman. Souhaitant pouvoir parler cette langue, Harry s'assit et espéra que le serveur aurait pitié de lui et lui offrirait un peu de nourriture.

Il s'avéra que Harry était bien parti pour attendre un certain temps. Finalement, les Malfoy arrêtèrent leur discussion avec le barman, déçu dans leurs attentes. Ils quittèrent la pièce principale, surement pour se reposer dans leur chambre. Même après cela, le barman continua à ignorer Harry qui n'hésitait pas à jeter régulièrement des coups d'œil à l'horloge murale.

Après un moment, le diner arriva. Plusieurs habitués de la taverne et les Malfoy arrivèrent. Harry supposa que ceux qui parlaient albanien avaient été prévenus à quelle heure le diner serait servi. Il commençait à détester le barman jusqu'à ce que le barman le serve en premier. Un peu honteux, Harry jeta un coup d'œil à son assiette puis commença à manger.

Harry était sur le point de piquer un morceau étrange de sa fourchette quand le silence s'abattit sur la pièce. Harry leva la tête et s'aperçut que Peter Pettigrow se tenait à l'entrée de la taverne, sa baguette tendue vers les Malfoy. Harry était surpris, mais il se sentait surtout comme un idiot. Il aurait dû être capable de détecter que Peter était près avant que Peter ne soit à portée de vue.

« Mes chers camarades, » couina Peter, le visage tordu par la peur. Il s'éloigna de Lucius et Draco comme s'ils avaient déjà tiré leurs baguettes pour le tuer. Les résidents regardaient de Malfoy à Pettigrow, confus.

« Rends-toi Pettigrow, » dit froidement Lucius. « Tu sais que les conséquences seront pires si tu résistes. »

« S'il vous plait, » s'écria Pettigrow en perdant la face. « S'il vous plait ne me tuez pas. »

« Nous sommes là pour te capturer, » répliqua Lucius. « Maintenant pose ta baguette. Nous ne te tuerons pas. »

« Tu ne comprends pas, » dit Peter, commençant littéralement à pleurer alors que les albaniens, Harry et les Malfoy le regardaient avec consternation. « S'il vous plait, je jure que je serai bon. S'il vous plait, ne me tuez pas. »

« Non, espèce d'idiot ! » cria Lucius alors que Draco alternait son regard entre son père et Pettigrow. « Nous n'allons pas te tuer ! Maintenant pose ta baguette et nous en parlerons. »

Pettigrow secoua la tête et recula des Malfoy. Harry regarda la scène avec confusion, pensant à toute vitesse. La conversation n'avait pas de sens. Pourquoi Pettigrow parlait-il et agissait-il de façon hystérique comme si les Malfoy voulaient le tuer alors qu'ils avaient été clairs en disant qu'ils le voulaient vivant. »

Lucius se leva de sa chaise, sa baguette tirée. Il marcha lentement vers Pettigrow. « Pose juste ta baguette et nous partirons. Tu resteras en vie, » dit-il.

« Non, non ! » cria Pettigrow.

Soudainement, Harry comprit. C'était un show, comme celui qu'il avait fait dans la dimension d'Harry en tuant plusieurs moldus et en disparaissant en laissant Sirius Black prendre le blâme pour la trahison des Potter et les meurtres. Il était clair que Peter avait remarqué le petit jeu des Malfoy. Il avait attendu qu'ils arrivent dans un village où aucun des témoins ne parlerait anglais. Peut-être était-ce pour cette raison qu'il était venu en Albanie. Il pourrait jeter des sorts pour tuer les Malfoy. Les témoins ne parlant pas anglais pourraient ensuite dire aux mangemorts que Peter Pettigrow était mort et qu'il avait été tué par les Malfoy. Les Malfoy, morts à leur tour ne pourraient pas dire le contraire.

Lucius se rapprochait de Pettigrow. Dans quelques secondes, il pourrait attraper sa baguette. Se souvenant que Draco faisait parti du marché que sa femme avait passé avec Narcissa Black, Harry sortit sa baguette en plume de phénix et jeta un sort d'attraction sur Draco. Draco fut projeté dans la pièce juste au moment où Harry jetait un bouclier entre lui et le lien où Lucius s'approchait de Pettigrow. Presque simultanément, une explosion retentit dans la pièce, venant certainement de la baguette de Pettigrow.

Ne regardant même pas ce qu'il s'était passé, Harry stupéfixia Draco, puis fonça dans la rue, traversant ce qui autrefois avait été un mur de la taverne. A moins qu'il ne se trompe, Peter devait être dans sa forme de tat et se précipiter vers la cachette la plus proche, sûrement la forêt. Toussant à cause de la fumée dans l'air, Harry croassa un sortilège, le répétant plusieurs fois. « Serpensortia ! »

Des serpents commencèrent à jaillir de la baguette d'Harry. « Apportez moi le rat ! » siffla-t-il en fourchelang tout en courant vers la forêt. « Apportez-moi le rat ! » Peut-être était-ce parce qu'il les avait conjurés ou parce qu'il était fourchelang, mais les serpents lui obéirent aussitôt en utilisant leur odorat pour traquer Pettigrow.

« Par là, » siffla un des serpents en prenant un chemin dans la forêt.

Plusieurs serpents trouvèrent aussi l'odeur du rat. Harry courut vers eux et après un moment, il aperçut Pettigrow sous sa forme animale courir dans la forêt. Cependant, Harry ne pouvait pas courir suffisamment rapidement.

Réalisant qu'il devait changer de tactique, Harry s'arrêta, sortit sa baguette rétrécie de sa poche, l'agrandit et l'ouvrit. Il trouva le Nimbus 2001 que Bellatrix lui avait acheté. Initialement, Harry avait été agacé qu'elle lui ait acheté un balai – il aurait préféré un Eclair de Feu.

Mais il était maintenant reconnaissant de l'initiative de Bellatrix et il grimpa sur balai, fonçant vers la forêt, à la poursuite des serpents et de Pettigrow. Les serpents sifflaient suffisamment fort pour qu'Harry les repère, il n'était ralenti que par les manœuvres qu'il devait faire dans la forêt. Finalement, il se trouva au dessus de Pettigrow qui essayait désespérément d'échapper aux serpents.

Harry considéra brièvement à le stupéfixer, mais il réalisa qu'un rat était une cible trop petite. Il décida de prendre une autre stratégie et il fonça vers le sol et commença à conjurer plus de serpents. « Apportez-moi le rat! » siffla-t-il.

Les serpents d'Harry entourèrent alors Pettigrow. Harry commença alors à descendre dans la forêt quand un des serpents attrapa Pettigrow entre ses crocs. « Apportez-le moi, » siffla Harry.

Le serpent rampa vers Harry et il prit le rat. Il lui était très familier. C'était en effet le rat qui avait un jour été celui de Ron. Avant que Pettigrow ne puisse se transformer, Harry le stupéfixia et le glissa dans sa poche. N'ayant pas le cœur à détruire ses serpents conjurés, Harry les laissa dans la nature tout en montant sur son balai et en retournant vers le village où il récupéra sa valise. Puis, il sortit une bouteille dans laquelle il plaça Pettigrow. S'étant bien préparé, Harry avait créé des trous dans la bouteille et y avait aussi appliqué un charme d'incassabilité. Enfin, il le plaça dans sa valise, la réduisit et la mit dans poche avant de retourner dans la caverne.

Des villageois confus titubaient hors de la taverne. Harry se glissa dans le bâtiment endommagé et découvrit les cadavres du barman et de Lucius. Harry grimaça, se sentant légèrement désolé pour le fils de son vieil ami, même s'il s'en remit vite en songeant aux horreurs que Lucius avait commises, comme par exemple aider à assassiner son père.

Draco était sur le côté, toujours inconscient tandis que quelqu'un, un docteur ou un médicomage examinait les blessés. Regardant furtivement autour de lui, Harry remarqua que personne ne faisait attention à lui ou à Draco.

Harry sourit et transforma Draco en furet. Il attrapa le furet inconscient et alla dans un endroit plus sûr pour le mettre dans une autre bouteille en verre.