Disclaimer: Harry Potter appartient à JK Rowling et cette traduction que je fais de l'histoire de Lord Silvere n'est pas utilisée à des fins commerciales

Chapitre 37 : Le prix d'un siège au Magenmagot

Harry sortit de la salle de bain après avoir pris une douche, il reprit du polynectar et monta les escaliers pour rejoindre Bellatrix. Au fil des semaines, l'étage le plus haut de l'appartement d'Harry et Bellatrix à Manchester s'était peu à peu transformé en un laboratoire complètement opérationnel, un peu comme les pièces du Département des Mystères qu'Harry avait découverts durant sa cinquième année à Poudlard.

La grande différence entre le laboratoire de Bellatrix et le Département des Mystères, c'était que Bellatrix semblait ne travailler que sur un seul projet, même si celui-ci prenait beaucoup de place.

Amusé, Harry regarda la douzaine de tables que Bellatrix avait placé à un endroit précis, laissant beaucoup de place entre chaque table. Certaines tables étaient vides ou presque vides tandis que d'autres étaient recouvertes de nombreux grimoires magiques et de piles de parchemins à peine lisibles. La table au centre de la pièce avait été agrandie. Il semblait qu'il n'y avait rien dessus, mais au dessus, dans les airs, flottaient le diadème et le médaillon qui servaient d'horcruxes à Voldemort.

La pièce était en soit un peu tamisée mais de la lumière émanait de dessus les horcruxes alors qu'ils tournaient lentement dans les airs. Un observateur en aurait conclu que le diadème et le médaillon n'étaient que de précieux objets, exposés comme dans un musée. Harry, lui, n'était pas dupe et il contourna largement la table quand il traversa la pièce pour rejoindre Bellatrix assise dans un large fauteuil devant son bureau.

Les horcruxes semblaient ne pas être protégés, mais toute personne les touchant perdrait sans doute une main quand les défenses de Bellatrix s'enclencheraient et la main du voleur potentiel et l'horcruxe seraient soudainement abattus de force dans l'un des bols invisibles remplis de venin de basilic qui se trouvaient à la surface de la table. Et ceci n'annoncerait que le début des ennuis pour le voleur.

Bellatrix vit Harry approcher et elle leva la tête. Elle le regarda avec ironie. « Tu sais, le polynectar est toujours aussi cher, » dit-elle, « et nous n'avons pas le temps d'en faire nous-mêmes. »

« Je suppose qu'on s'en inquiétera au moment venu, » dit Harry avec légèreté.

« J'imagine, » dit Bellatrix. « Mais nous devrions vraiment commencer à réfléchir à la façon de révéler au monde que tu es en réalité en vie et que tu vas bien. »

« C'est simple, » dit Harry, pince-sans-rire. « Je me montre au Ministère, je fais une scène et je pars avant que quelqu'un ne pose trop de questions. »

« Bien sûr, » dit Bellatrix, semblant agacée que la personne qui lui parlait avec sarcasme lui ressemblait comme deux gouttes d'eau et portait ses vêtements. « Mais nous devrions vraiment réfléchir à te révéler au moment opportun et d'une façon qui nous aidera au mieux. »

« Et bien, puisque tu nous sommes si concentrés sur le projet du Fantôme d'Ashworth pour l'instant, » dit Harry, « je suis sûr que nous aurons le temps de réfléchir à quelque chose. »

« Très bien, » dit Bellatrix en sortant sa baguette et en faisant apparaître un libre. « Tu commences à réfléchir. »

« Je le ferai si toi tu le fais aussi, » dit Harry. Il se tourna pour partir mais fut interrompu.

« Que sais-tu de Légilimancie ? » demanda Bellatrix.

« On se connaît un peu, mais je ne peux pas dire que nous soyons très amis. »

Bellatrix fusilla son double du regard.

Le double abandonna finalement. « Non je ne sais pas comment utiliser la Légilimancie. »

« Génial. Nous allons devoir trouver un rat de laboratoire. »

« Pourquoi un rat de laboratoire ? » demanda Harry.

« Parce que tu ne t'entraineras pas sur moi. »

« Qui a dit que je devais m'y entrainer ? »

« A ton avis ? »

Harry jeta un coup d'œil aux horcruxes. « Est-ce que ça a un rapport avec ces choses ? »

« Oui. »

Harry haussa les épaules avec résignation mais il souriait quand il quitta finalement la pièce. Le fait de se transformer en sa femme avait affecté son comportement. Après plusieurs nuits d'entrainement, il sentait qu'il faisait une doublure correcte de sa femme, non seulement physiquement mais mentalement aussi.

Il quitta l'appartement et se rendit à Square Grimmaud. Il transplana dans la rue devant l'ancienne Résidence de ville des Black et y entra après avoir vérifié les charmes de sécurité. Il remarqua que plusieurs lumières étaient allumées à l'intérieur quand il ferma la porte derrière lui. Se demandant qui Dumbledore avait mis de garde, Harry suivit les lumières jusqu'à la cuisine.

Dans la cuisine étaient assis James et Lily, mangeant leur diner.

« Bellatrix, » dit Lily en se levant, « c'est bon de te voir. »

« De même, » dit Harry, faisant de son mieux pour avoir l'air indifférent. Même s'il avait déjà donné des cours à ses parents à Poudlard, il n'était toujours pas habitué à trainer avec eux.

« As-tu déjà mangé ? » demanda Lily.

« Oui, » dit Harry.

« Si tu as faim plus tard, nous avons du rab, » dit Lily.

« D'accord, » dit Harry en faisant un signe de tête à Lily et James. « Je vais m'installer en haut. S'il se passe quelque chose je vous informerai. »

« Excellent, » dit Lily en souriant tout en regardant James pour lui faire partager son enthousiasme. « Le professeur Dumbledore nous a parlé de ton plan et je pense qu'il marchera très bien si nous arrivons à placer d'autres traceurs sur plus de mangemorts. »

« Oui, en effet, » dit Harry en quittant la cuisine et en s'installant dans la chambre dans laquelle il venait de passer plusieurs nuits en compagnie de membres de l'ordre qui espéraient et souhaitaient que les mangemorts qu'ils traquaient les mèneraient à d'autres mangemorts. »

Harry était assis dans un fauteuil à bascule en regardant la carte qu'Amélia Bones avait donnée à Bellatrix quand Lily arriva.

« Est-ce la carte ? » demanda-t-elle.

« Oui, » dit Harry en gardant les yeux posés sur les noms des prisonniers sur la carte. Depuis plusieurs jours, ils n'avaient pas bougé.

Lily utilisa sa baguette pour conjurer une autre chaise. Elle s'installa à côté d'Harry. Pendant plusieurs minutes, elle et Harry regardèrent la carte sur laquelle rien ne se passait.

« Quand as-tu exactement épousé Harry Ashworth, » demanda soudainement Lily.

Harry fut surpris mais il réussit à bredouiller une réponse. « Quelques semaines après mon départ de Poudlard. »

« Est-ce pourquoi tu avais quitté Poudlard ? » demanda Lily. « Je veux dire, tu es partie avant d'avoir terminé ta sixième année. »

Harry sourit, sachant exactement ce que Bellatrix aurait dit. « J'avais dix-sept ans et j'ai fait exactement ce dont j'avais envie. Quant à Ashworth, c'était en effet une de mes motivations. »

« Penses-tu maintenant que quitter Poudlard était une bonne idée ? Et épouser Harry ? » demanda Lily.

« Il y avait de pires choses à faire, » dit sincèrement Harry, pourtant d'un air évasif. Il se demanda vaguement comment Bellatrix aurait répondu à cette question, mais il réalisa que pour Bellatrix, cela faisait moins d'un an qu'elle avait quitté Poudlard. En fait, nonobstant les règles du voyage dans le temps, Bellatrix avait probablement encore dix-sept ans.

Il fut épargné de répondre à d'autres questions quand Lily remarqua soudainement qu'une des étiquettes avait bougé sur la carte. « Je dirais qu'il vient juste de transplaner quelque part. »

Harry regarda l'étiquette avec excitation. « Il vaut mieux aller vérifier, » dit Harry.

« Je vais chercher James, » dit Lily en se levant et en quittant précipitamment la pièce.

Harry garda les yeux sur la cible et Lily revint rapidement avec James.

« Où allons-nous ? » demanda James, d'un ton très professionnel.

« A l'ouest de Devon, » répondit Lily en prenant la carte des mains d'Harry et en la montrant à James.

Harry reprit la carte. « Je vais transplaner toute seul. »

« D'accord, » dit Lily en prenant le bras de James.

Après deux pops silencieux, le trio apparut à l'extérieur d'une ville à l'ouest de Devon.

« Il vaut mieux nous lancer des sorts de désillusion et des charmes de discrétion, » dit Harry à voix basse en s'exécutant et en commençant à avancer dans le noir, vérifiant sa carte.

Petit à petit, la carte les conduisit à un pub se trouvant dans une petite rue loin du centre ville. Malgré le fait que c'était un pub et que c'était le début de la nuit, celui-ci était très calme.

« Je pense que c'est un établissement magique, » déclara à voix basse James.

« Un établissement mangemort serait peut-être plus approprié, » observa Lily.

« Est-ce que ça pourrait être une sorte de repère ? » se demanda Harry à voix haute.

« Nous aurions vraiment de la chance si c'était le cas, » dit James d'un ton pessimiste.

« Je pourrais me charger du sort du Fantôme d'Ashworth, » proposa Lily.

« Oh, d'accord, » dit Harry, surmontant le fait que ce ne serait pas lui se chargerait du Fantôme, « mais peut-être que ça ne sera pas nécessaire. Nous oublietterons tout le monde afin qu'ils ne réalisent pas qu'ils ont été marqué avec des charmes de traçage. »

« Ce sera une bonne distraction si nous voulons avoir le dessus sur eux, » déclara Lily.

« Je suppose, » reconnut Harry alors qu'ils se rendaient discrètement vers le pub. « James, si tu lances des enchantements anti-transplanage, nous pourrons nous glisser à l'intérieur pendant que Lily s'occupera du sort d'illusion pour les distraire. »

James lança rapidement les enchantements en question et Lily conjura le Fantôme d'Ashworth dès qu'Harry lui fit un signe de tête. En quelques secondes, des cris d'horreur retentirent du pub. Le trio se dépêcha pour rentrer dans le pub, mais ils furent repoussés quand les occupants du bâtiment, quatre au total, sortirent dehors, portant des robes noires mais sans masques.

« On se rend, » dit l'un des mangemorts en tombant à genoux et en levant ses mains en l'air. Les trois autres restèrent dans l'ombre, mais ne s'inclinèrent pas, même s'ils n'avaient pas l'air agressifs.

« Je veux voir vos baguettes ! » cria James en reculant et en visant le groupe de mangemorts avec sa baguette. « Pas de mouvements brusques. »

Les quatre prisonniers sortirent leurs baguettes et les lâchèrent sur le sol. Pendant que James continuait à les pointer de sa baguette, Lily ramassa celles des sorciers.

« Je vais aller vérifier que le bâtiment est vide, » dit Harry

« Es-tu sûre que tu peux le faire toute seule ? » demanda Lily en aidant James à immobiliser les prisonniers.

« Ouais, je m'en occupe, » dit Harry en entrant dans le bâtiment, la baguette tendue et en se jetant un sort de discrétion.

Quand il entra dans le pub, il lui devint évident que le lieu n'avait pas été ouvert depuis des mois, voire des années. Cependant, il avait la preuve que le bâtiment avait été utilisé comme lieu de rendez-vous ou pour dormir pour diverses personnes – probablement des mangemorts. Après avoir lancé plusieurs sorts pour détecter de dangereux enchantements, Harry utilisa son sort de projection pour fouiller l'endroit. Ne trouvant rien sauf des personnes endormies dans des maisons alentours, Harry en conclut que le lieu était sûr pour l'instant.

Annulant ses sorts de discrétion, Harry sortit du pub et vit que James et Lily posaient des questions aux prisonniers.

« Allons à l'intérieur, » dit Harry. « Je sais que nous serons en sécurité si nous ne restons pas trop longtemps. Nous pourrons mettre en place des barrières temporaires et garder nos portoloins à portée de main. Je veux poser quelques questions avant de faire ce que nous sommes venus faire. »

« Bonne idée, » dit Lily. « Ils viennent de nous dire qu'ils n'attendaient personne d'autre pour l'instant. »

Harry avait été déçu quand il avait découvert qu'il n'y avaient que quatre mangemorts mais sa déception ne fit que s'accroitre quand il découvrit que les quatre mangemorts étaient deux couples mariés – Mr et Mme Scabior et Mr et Mme Rowle. C'était Mr Scabior qui s'était enfui et qui avait servi de repère sur la carte d'Amélia Bones. C'était aussi Scabior qui avait été si prompt à se rendre.

A la demande d'Harry, Lily avait éclairé la pièce tandis qu'Harry et James plaçaient des chaises et des tables pour mieux les installer. Dès qu'ils furent tous assis, Mr Scabior se lança dans une explication sur sa fuite tandis que ses camarades baissaient la tête, visiblement désenchantés.

« Je vais me rendre, » assura-t-il, « honnêtement je vais le faire. Ce n'était pas mon idée de m'échapper. »

« Ah bon ? » demanda Lily, ne voulant pas admettre que c'étaient Bellatrix Black et Amélia Bones qui avaient comploté pour rendre l'évasion possible et qu'elle le savait.

« Les aurors nous ont abandonné ce n'était pas une vraie évasion, » insista Scabior.

« Ah oui ? » demanda James, ses yeux cachés par sa capuche et ne révélant rien.

« Oui, c'était Barty Croupton Jr, » insista Scabior.

« Quoi, » demanda sèchement Harry.

« C'était l'Auror Croupton qui était en charge de notre transfert. Il nous a abandonné, » expliqua Scabior.

« Bartemius Croupton Jr ? » répéta Harry

« Pourquoi posez-vous les questions Mme Black ? » demanda Mme Rowles. « Vous ne faites pas partie du Ministère. »

Harry était sur le point de donner une explication, mais Mr Rowle le coupa. « Vous êtes Bellatrix Black ? »

« Oui, » répondit Harry « Je suis Bellatrix Black. »

« La veuve du défunt Professeur Ashworth, » commenta Mme Scabior à voix basse. « Il a été pendant un temps mon professeur à Poudlard. »

Harry regarda Mme Scabior pendant un instant et il reconnut vaguement une de ses élèves des classes supérieurs, même s'il ne se souvenait plus de son nom de jeune fille. Réalisant qu'il ne pouvait admettre la reconnaître car il personnifiait Bellatrix, Harry changea de sujet. « Que faisiez-vous ici ce soir ? » demanda Harry

« Ca ne vous concerne en rien, » la coupa Mme Rowle.

« Qu'est-ce que c'était ? » demanda James. « Un rendez-vous mangemort ? »

« Vous semblez trop peu nombreux pour lancer une vraie attaque, » commenta Harry, se sentant déçu de ne pas pouvoir ajouter plus de mangemorts sur sa carte.

« Il n'en faut qu'un pour provoquer des ennuis, » dit James, ne cachant en rien son mépris des mangemorts.

« C'est vrai, » dit Lily, « mais aucun d'eux ne semble sur le point de lancer un raid. Je pense que c'était juste un rendez-vous. »

Harry fronça les sourcils en pensant à une réunion avec seulement quatre mangemorts. Ca ne ressemblait pas aux protocoles des mangemorts. Mais peut-être étaient-il des mangemorts séniors, ça aurait plus de sens. Mais Harry n'arrivait pas à se souvenir d'avoir vu le nom des Rowles ou de Scabior parmi les mangemorts d'un rang supérieur dans sa dimension originale.

« Peut-être pourrions-nous trouver un sérum de vérité avant de les oublietter, » suggéra James.

« Nous oublietter ? » demanda rapidement Mme Scabior.

« Pourquoi ? demanda Mr Rowle.

« Vous ne nous emmenez pas ? » demanda Mr Scabior, ayant l'air presque déçu.

« Euh, non » admit Harry, sachant que ça n'avait pas d'importance si les prisonniers les entendaient parler puisqu'ils allaient leur modifier la mémoire.

« Vous allez nous conduire à d'autres mangemorts tout en retournant à vos occupations et pour vous, cette rencontre n'aura jamais eu lieu, » annonça James, se permettant cette petite victoire devant les mangemorts.

« Oh, s'il vous plait, non, » supplia Mr Scabior. « Remettez moi juste aux mains du Ministère. Laissez-moi faire ma peine. »

Harry se sentit en conflit avec lui-même. Le plan avait semblé bon quand ils étaient partis du principe que les mangemorts en fuite auraient repris avec joie leurs atrocités. Maintenant, il était face à un mangemort qui préférait ne pas commettre d'autres atrocités. Harry regarda les Rowles. « Et que préférez-vous ? Aller à Azkaban ou continuer vos atrocités de mangemorts ? »

« Ni l'un ni l'autre, » dit Mr Rowle.

« Je vais vous proposer un deal, » dit Harry en jetant un coup d'œil à James et Lily et espérant qu'ils n'allaient pas intervenir. « Autorisez-nous à vous jeter l'Impérium et à modifier vos souvenirs. Vous ferez quand même ce que je veux. Une fois que vous aurez accompli ce dont j'ai besoin, je ferai en sorte que vous ne soyez plus impliqués dans ce conflit. »

« Peut-être même hors du pays ? » demanda Mme Scabior avec espoir.

« Je ne suis pas sûre que je serais à l'aise en vous aidant à échapper à la justice, » dit lentement Harry. « Je ferai en sorte de m'assurer qu'aucune des actions que vous ferez après ce soir ne sera compté contre vous et j'essaierai même de vous faire échapper à Azkaban à cause de votre coopération. Mais je ne pense pas que je peux vous aider à ne pas payer pour les crimes pour lesquels vous serez jugés coupables. »

« Vous prenez vos aises pour quelqu'un n'ayant aucune influence dans le Ministère ou même le Magenmagot, » dit Mme Rowle.

« Je sais que je pourrai rencontrer le Ministre Prewett et le raisonner, » dit Harry. « Je prends des mesures pour aider à terminer cette guerre d'une manière favorable. Si je réussis, ça ne coutera pas grand chose au Ministère d'accorder quelques concessions à la personne ayant rendu cette victoire possible. »

« Et si le Ministre Prewett n'est pas raisonnable ? » demanda Mme Rowle.

« Alors je ne le serai pas à mon tour, » promit Harry. « Vous avez mon assurance que je ferai tout pour remplir mes promesses, même si je dois en venir à des choses plus vraiment acceptables »

« Vos promesses semblent vides, » commenta Mr Rowle, partageant le cynisme de son épouse.

« Vous n'aurez pas de meilleure proposition, » dit Harry.

« Je pense que nous allons simplement quitter le pays ce soir et tout oublier sur vous et le Seigneur des Ténèbres, » dit Mme Rowle. « C'est une meilleure option. »

Harry haussa un sourcil, ou plutôt, Bellatrix le fit. « Laissez-moi reformuler le marché. Vous pouvez soit aller à Azkaban en faisant un bref arrêt dans les cellules du Ministère ou vous pouvez travailler pour moi et utiliser le temps restant avant votre jugement pour faire des choses vous permettant la clémence et le pardon de notre société. »

Naturellement, les Rowles et les Scabior acceptèrent la proposition d'Harry. Après, il fallut à peu près une heure à James pour trouver un moyen pour eux d'ajouter d'autres noms de mangemorts sur la carte sans l'avoir en leur possession. James leur montra ensuite comment faire, Harry jeta l'Impérium sur les quatre prisonniers et Lily leur modifia la mémoire.

Les couples retourneraient à leurs affaires et ajouteraient des mangemorts à la carte d'Harry sans même réaliser qu'ils le faisaient ou pourquoi. Après avoir fait de leur mieux, Harry irait les voir, et s'arrangerait pour qu'ils quittent la guerre. Une fois la guerre terminée, ils seraient délivrés au Ministère avec une lettre de recommandation d'Harry ou quelque chose du genre.

Une fois leur travail terminé, Harry et les Potter se séparèrent. Les Potter allèrent sans doute au lit. Harry lui, rôda dans le Chemin de traverse, ne s'arrêtant que pour changer de vêtements dès que le Polynectar cessa de fonctionner. Ne tombant sur aucune activité perturbant la nuit, Harry se rendit dans le hangar où Bellatrix et lui s'entrainaient au duel. Après un rude entrainement de magie, Harry rentra chez lui et trouva Bellatrix qui l'attendait dans leur lit.

« Une nuit productive ? » demanda Bellatrix.

« On peut dire ça, » dit Harry avant de se lancer dans une explication détaillée.

Bellatrix l'écouta silencieusement, une expression pensive sur le visage. Quand Harry eut fini, elle répondit. « Les Scabior et les Rowles n'ont pas de sièges au Magenmagot, » songea Bellatrix, « mais le fait que des mangemorts organisent des rendez-vous non autorisés est une bonne chose. »

« Je ne pense pas que tous les mangemorts aient un siège au Magenmagot, » dit Harry en enlevant ses vêtements et en les posant dans la corbeille à linge. « Et en quoi est-ce une bonne chose que les mangemorts organisent des rendez-vous non autorisés ? »

Bellatrix écarta les couvertures pour qu'Harry s'installe à côté d'elle dans le lit. « Tu serais surpris sur ce qu'il se passe au Magenmagot, » dit Bellatrix. « Beaucoup de sièges y sont donnés pour la vie. Si tu es un sang pur ou au moins en liaison avec une famille de sang pur, tu peux y obtenir une place quand une place se libère. Si tu as assez d'argent ou d'influence ou que tu connais une personne ayant de l'argent ou de l'influence, tu peux obtenir un siège au Magenmagot. Tu restes ensuite au Magenmagot à vie à moins d'avoir un comportement inapproprié. Il y a de nombreux mangemorts mineurs ou des sympathisants à leurs idées qui ont réussi à y obtenir un siège. »

« J'aurais pensé que le Ministre Prewett aurait été plus prudent, » commenta Harry, se sentant agacé de découvrir que des mangemorts représentaient probablement une bonne portion du Magenmagot.

« La purge des employés du Ministère est une chose, » dit Bellatrix, « mais nettoyer les rangs du Magenmagot en est une autre. Je suis assez sûre que les mangemorts du Magenmagot ne représentent qu'une minorité. »

« Ouais, et bien j'ai découvert ce soir qu'il y a un mangemort chez les aurors, » grommela Harry.

« Qui est-ce et que vas-tu faire ? » demanda Bellatrix.

« Barty Croupton Jr, » répondit Harry. « Il était mangemort dans mon futur. J'imagine qu'il en est un ici. Et quant à ce que je vais faire, je ne le sais pas encore. »

« Toutes les personnes étant des mangemorts dans ton futur ne le sont pas forcément aujourd'hui, » rappela doucement Bellatrix à Harry.

« J'en suis bien conscient, » dit Harry en serrant sa femme contre lui.

Ils restèrent assis en silence pendant plusieurs minutes, savourant la compagnie de l'autre. Finalement, Harry brisa le silence. « Je parie que tu veux un siège au Magenmagot, » dit-il.

« Vouloir est un mot fort, » répondit Bellatrix. « Je ne veux pas nécessairement un siège au Magenmagot. En fait, j'ai besoin d'y avoir un siège pour obtenir ce que je veux. »

« Ça signifie qu'il va bientôt y avoir un siège de libre, » dit Harry.

« Oui, » confirma Bellatrix.

Harry sourit en songeant aux ambitions de Bellatrix. « Ca ne me dérangerait pas de retirer un mangemort des rangs du Magenmagot. »

« Un mangemort serait en effet un bon choix à remplacer, » confirma Bellatrix. « Mais il y a d'autres choses à prendre en considération pour prendre une telle décision. »

« Tout à fait, » dit Harry, ne voulant finalement plus connaître les machinations politiques de Bellatrix.

« Oui, tout à fait, » dit Bellatrix. « Dès que tu le pourras, Harry, utilise le Fantôme d'Ashworth pour faire quelque chose de gros – quelque chose dont Amélia Bones pourra se servir auprès de la presse. »

« Je ferais de mon mieux, » dit solennellement Harry en cachant un sourire.

Une nouvelle fois, le silence régna dans la pièce tandis qu'Harry et Bellatrix restaient assis en silence dans leur lit, le bras d'Harry toujours autour de Bellatrix. Soudainement, Bellatrix se colla un peu plus à Harry. Elle s'assit à califourchon sur lui et commença à l'embrassa. Harry répondit avec joie à son invitation.

« Il s'agit en effet de promesses audacieuses, » dit le professeur Dumbledore, étant d'accord avec James et Lily. « Mais je pense qu'elles montrent que Mme Black possède une certaine sagesse. »

« De la sagesse, » se moqua James. « Elle a promis une clémence du Ministère alors qu'elle aurait pu simplement les soumettre à l'Impérium et ça aurait été réglé. Et n'oublions pas qu'elle a fait des promesses en se basant sur un pouvoir qu'elle n'a pas. »

« La chose étrange c'est qu'elle a marchandé au lieu d'utiliser immédiatement l'Impérium, » commenta Lily.

« Oui, ça ne ressemble pas beaucoup à Bellatrix Black, » confirma Dumbledore. « Mais James, il n'est pas aussi déraisonnable que ça de penser que le Magenmagot et le Ministère seront plus cléments envers des mangemorts ayant coopéré pour terminer au plus vite cette guerre. La chose la plus encourageante est que Mme Black ne prend pas que des mesures pour gagner cette guerre mais aussi pour aider à reconstruire la société sorcière. »

« Reconstruire ? » demanda Lily.

« En demandant des réparations au lieu d'une punition, » dit Dumbledore.

« Bah, » se moqua James, « elle disait juste ce qu'elle devait pour obtenir ce qu'elle voulait de ces mangemorts. »

« Et si ça fonctionne, peut-être continuera-t-elle ainsi, » déclara Dumbledore. « Après tout, c'est là la différence entre un bon et un mauvais politicien. »

« Qu'est-ce que c'est supposé vouloir dire ? » rétorqua James.

« Le temps nous le dira, je pense, » répondit Dumbledore, ses yeux bleus pétillant derrière ses lunettes.

« Qu'as-tu exactement en tête ? » demanda Pétunia alors que sa sœur Lily et son mari, James marchaient dans la résidence Dursley au 4, Privet Drive.

« Nous allons créer certains enchantements pour que la prochaine fois que quelqu'un décidera de te faire une farce, nous soyons capables de le capturer, » dit Lily.

« Enchantements ? C'est quoi ça ? Je ne veux pas de magie dans ma maison. Ca pourrait être dangereux, » dit Pétunia d'une voix stridente.

« Tu ne sauras même pas qu'ils seront là, » gloussa James. « Tu pourrais peut-être faire preuve d'un peu de gratitude. »

Pétunia ne dit rien mais suivit Lily, grinçant des dents à chaque fois que Lily sortait sa baguette et récitait d'étranges mots. Les efforts de Lily furent cependant interrompus quand James s'exclama soudainement depuis la fenêtre devant laquelle il se trouvait.

« Par la barbe de Merlin ! »

« Que se passe-t-il ? » demanda Lily cessant ses sorts et regardant dans la direction de James.

« C'est Draco Malfoy ! »

Lily se précipita vers la fenêtre, Pétunia sur ses talons. « C'est lui ! » confirma Lily, la bouche légèrement ouverte.

« Oh mon dieu, » s'exclama Pétunia après avoir rejoint James et Lily devant la fenêtre. « Ce délinquant et son petit ami essaient de faire rentrer cette vieille tondeuse à gazon dans le coffre de la BMW flambant neuve de sa tante ! Que quelqu'un les arrête ! »

« Sa tante ? » demanda Lily, sa voix étant maintenant d'un calme mortel.

« Une femme merveilleuse, » déclara Pétunia. « Éminemment respectable. Dire qu'elle doit s'occuper d'un neveu aussi peu reconnaissant. Ca me rend malade. »

« Quel est son nom ? » demanda calmement Lily.

« Trixie White, » répondit Pétunia, toujours concentrée à regarder Draco et son ami mettre la tondeuse à gazon dans le coffre de la BMW.

« Trixie White ? Vraiment, » demanda Lily, semblant outrée.

« C'est son nom, » confirma Pétunia alors qu'ils regardaient tous les trois Draco et son ami grimper dans la BMW, la démarrer et de partir à toute vitesse, tanguant sur la droite ou sur la gauche pour éviter autant de boites à lettres que possible.

« Voilà un bien mauvais conducteur, » commenta James. « Nous devrions faire quelque chose pour l'empêcher de conduire. »

« Laisse Malfoy ! » dit Lily. « C'est Bellatrix que je veux. »

Le brouillard de temps et de prophétie tourbillonnait dans la boule de cristal que regardait Rose. Souhaitant que son nez soit moins prononcé, Rose essaya de rapprocher un de ses yeux ou les deux le plus possible de la boule de cristal. Au plus profond du brouillard, Rose pensa voir un duel. Le fait que des sorts étaient échangés était clair pour elle mais les duellistes s'estompaient dans le brouillard comme s'ils n'étaient que des fantômes.

Soudainement, au dessus du duel, presque au sommet de la boule de cristal, la marque des Ténèbres apparut… en quelque sorte. Elle était suffisamment vague pour que seule une personne l'ayant déjà vue en vrai puisse l'identifier. La Marque des Ténèbres s'agrandit et Rose baissa le regard vers le duel pour découvrir que l'un des duellistes avait disparu. En quelques secondes, la Marque des Ténèbres avait doublé de taille dans la boule de cristal, effaçant la scène précédente. Soudainement, un éclair de lumière sembla exploser dans le brouillard et la Marque des Ténèbres disparut… en quelque sorte. Elle était encore là.

Soudainement, la couverture qui recouvrait Rose fut arrachée, laissant Rose recroquevillée dans son lit et ayant l'air mal à l'aise avec la lumière du matin.

« Tu regardais dans ta boule de cristal ? » demanda Sidra en faisant tomber les couvertures par terre.

« Non, je m'admirais, » rétorqua Rose.

« N'est-ce pas une des boules de cristal de l'école ? Tu voles Trelawney maintenant ? » dit Sidra.

« Une grande voyante saurait exactement où se trouve la boule. Il est clair que ça ne la dérangeait pas que je l'emprunte, » dit Rose.

« Très drôle, » dit Sidra. « Nous sommes en retard et Leo et Hermione ne partiront pas sans toi. »

« Je viens, » dit Rose en glissant hors de son lit. « J'étais déjà prête avant que tu viennes me distraire. » Elle prit sa baguette sur sa table de chevet et suivit Sidra hors du dortoir et dans la salle commune de Gryffondor où Hermione, Ron, Léo et Ginny attendaient.

« Tout va bien ? » demanda Léo.

« Plus ou moins, » lui dit Rose alors qu'Hermione les menait avec excitation hors de la salle commune et dans le couloir. « Je regardais dans la boule de cristal.

« As-tu vu quelque chose d'important ? » demanda Léo en baissant sa voix jusqu'à ce qu'elle ne soit plus qu'un murmure.

« Oui, mais ça n'avait pas de sens, » dit Rose. Puis elle raconta rapidement ce qu'elle avait vu.

« Un éclair, hein, » dit Léo. « Je parie que ça a un rapport avec la cicatrice sur le front d'Harry. »

« La cicatrice ? » demanda Rose.

« Ouais, » dit Léo. « Harry a une cicatrice en forme d'éclair sur le front. Elle n'est pas facile à voir car elle n'est pas très prononcée. La façon dont il coiffe ses cheveux n'aide pas non plus. »

« Tu lui a déjà posé des questions sur sa provenance ? » demanda Rose.

« Non, » dit Léo. « Je me suis dit qu'il l'a eu durant un de ses combats. »

« En effet, » dit Rose.

« De quoi parlez-vous tous les deux ? » bailla Ginny. Elle avait remarqué que Rose et Léo s'étaient éloignés du groupe et elle avait ralenti pour les rejoindre.

« Du passé d'Harry, » répondit Rose. « Il a dit quelque chose un jour et on arrête pas de se poser des questions depuis avec Léo. »

« De quoi s'agissait-il ? » demanda Ginny.

« Il a en gros sous-entendu qu'il combattait dans cette guerre depuis plus longtemps qu'on ne pourrait le penser, » dit Léo. « Nous espérions que Rose soit capable d'apercevoir son passé et qu'elle ait une vision. Mais ça n'a pas très bien marché. »

« J'ai l'impression que ça a plutôt bien marché ce matin », souligna Ginny.

« Et bien, » dit lentement Rose. « Je pense pouvoir affirmer qu'il s'est battu dans plus de duels et de batailles qu'on ne le pense. »

« Hum, » dit Hermione un peu plus loin, arrêtée avec le reste du groupe devant l'entrée de la Salle sur Demande.

« Quoi ? » demanda Rose.

« Nous avons suffisamment de retard comme ça. Nous devrions rentrer, » dit Ron pour Hermione.

« Alors allons-y, » dit Ginny en levant les yeux au ciel.

« Leo connaît mieux Harry que moi, » dit Hermione.

« Oh, s'il te plait, » dit Rose d'un ton acide avant d'avancer, d'ouvrir la porte et de rentrer dans la pièce, suivie par le reste de ses camarades.

A l'intérieur, ils trouvèrent une arène de duel « en plein air ». Au lieu d'être une plateforme normale, la pièce était parsemée de murs, de trous, de faux arbres et autres obstacles.

« Par Merlin, » grogna Léo. « Je n'arrive même pas à l'apercevoir dans un salle vide pendant un duel. »

« Malheureusement pour vous, c'est plus proche de la réalité, » fit une voix.

Les étudiants sursautèrent et virent que quelqu'un ayant l'apparence de Bellatrix Black se tenait à côté d'un mur. C'était probablement Harry sous Polynectar. Les yeux de Rose se posèrent sur les bottes. Selon Léo, les talons bas caractérisaient Harry.

« Ouais, les mangemorts attirent souvent leurs victimes dans des parcours du combattant avant de les tuer, » dit sarcastiquement Sidra.

Le sourire amical qui apparut sur le visage de Bellatrix n'était définitivement pas l'une de ses expressions normales. « C'est la dernière fois avant la reprise des cours que nous utiliserons cette pièce. Peut-être que ma femme pourra nous trouver une vraie maison où nous entrainer. »

« Alors commençons, » dit Ron, allant à l'encontre de ses habitudes et prenant le commandement de la situation sur Sidra. Selon Hermione et Ginny, il avait hâte d'apprendre certaines des choses que Léo avait apprises.

« Pas encore, » dit Harry. Il sortit un rubik's cube de sa poche et le tendit à Hermione. « Le mot de passe est « argent ». Il t'emmènera toi et seulement toi devant notre porte d'entrée. Bellatrix veut que tu viennes chez nous toutes les nuits à partir de dix heures, en commençant ce soir. Au fait, tu as la permission d'entrer dans l'appartement. Bellatrix t'a aussi donné la permission. »

« Des enchantements de sang, n'est-ce pas ? » dit Hermione, pensive en regardant le cube avec attention alors que ses amis exprimaient à divers degrés leur intérêt. « Mais dix heures du soir ? »

« Je suis désolé, » dit Harry. « On ne peut pas faire autrement. Notre emploi de temps va peut-être changer après. Mais pour l'instant, il te faudra être nocturne. »

Hermione gloussa.

« Quoi ? » demanda Ron, confus.

« Je pensais juste à ce que mes parents diraient, mais j'ai réalisé ensuite que je suis maintenant adulte et que j'ai terminé les cours, » dit Hermione. « Même si je ne peux pas me payer pour l'instant mon propre chez moi. »

« Génial, » dit Sidra. « Autre chose ? »

« Non, » dit Harry. « Commençons. Puisque pour vous tous sauf Léo, c'est votre premier entrainement officiel avec moi, j'aimerai m'apercevoir de vos compétences de duelliste. » Il montra l'arrière de la pièce qui semblait plus loin que d'habitude et qui était obscurcie par les obstacles. « J'ai placé plusieurs « drapeaux » au bout. Votre tâche est d'en ramener un ici. »

« En tant qu'équipe ? » demanda Ron, ayant l'air intrigué.

Harry haussa les épaules de Bellatrix. « En temps qu'équipe ou seuls. Je veux voir ce que vous pouvez faire – que vous choisissiez de vous battre en équipe ou non. Mais Léo sera seul. Je vais être plus dur avec lui parce que c'est plus un entrainement pour lui qu'une évaluation. »

« Donc tu vas nous combattre ? » en conclut Ginny.

« Oui, mon travail sera de vous empêcher d'obtenir un drapeau, » dit Harry

« Qu'obtiendra l'équipe gagnante ? » demanda Sidra.

« Vous ne le battrez pas, » dit Léo en souriant.

Harry sourit aussi et son image s'estompa, laissant les adolescents entre eux.

« Tu veux qu'on se mette ensembles ? » demanda Rose à Ginny.

« Bien sûr, » dit Ginny en regardant Léo utiliser son bras gauche pour lancer sur sa main d'arme un sort de colle.

« Je pense que nous devrions faire de même, » dit Rose en anticipant la question de Ginny alors que Sidra se décidait de participer à l'épreuve toute seule tandis que Ron et Hermione faisaient équipe.

« Que se passera-t-il si on ne le fait pas ? » demanda Ginny.

Léo fit une grimace. « Ta baguette pourrait bien t'échapper. Mais dépêchez-vous. Il est plus sûr pour tout le monde s'il y a plus d'équipes pour déconcentrer Harry.

Cette nuit, à dix heures précises, Hermione frappa à la porte d'entrée d'Harry et Bellatrix. Peu de temps après, la porte s'ouvrit sur Harry sous sa vraie apparence et lui souriant. « Bienvenue chez nous, » dit-il.

Hermione entra en regardant avec curiosité autour d'elle. « Vos meubles semblent plus moldus que je l'aurais pensé, venant de votre épouse. »

« Tutoie-moi, et quand il s'agit de meubles, c'est l'argent le plus important pour elle, » dit Harry, souriant toujours. « Comment s'est passé votre retour en train chez vous ? »

« Peu intéressant, » dit Hermione. « Mais Sidra a boudé pendant tout le trajet. »

« Elle ne pensait quand même obtenir un drapeau et réussir à faire demi-tour, si ? » demanda Harry en faisant un sourire malicieux tout en menant Hermione vers le fond de l'appartement et dans les escaliers menant au laboratoire de Bellatrix.

« Probablement pas, » dit Hermione en retenant tous les détails de l'appartement. « Mais elle ne s'attendait pas à perdre sa baguette et être chassée sans merci dans un terrain qui n'arrêtait pas de changer. »

« J'essayais de voir ce qu'elle pouvait faire sans baguette. J'ai bien peur qu'elle aurait bien des ennuis. »

« Mouais, » dit Hermione. « J'ai l'impression que tu étais plus sympathique avec le camp de Rose. »

Harry secoua la tête alors qu'ils montaient les marches, entrèrent dans le laboratoire et s'arrêtèrent un moment. « Je n'ai aucune préférence pour Rose ou Sidra. Et il n'y a pas de camps pour moi. Je vois différentes amitiés. J'aime beaucoup Léo et j'espère vous connaître, toi et Ron un peu mieux. Vous ne vous en êtes pas trop mal sortis ce matin, tu sais. »

Hermione rougit. « Tu nous as plutôt bien écrasés, » dit-elle.

« Vous vous en seriez bien sortis face à un mangemort moyen avec la stratégie de Ron et ton utilisation intelligente de sorts, » dit Harry.

« Tu es trop gentil, » dit Hermione.

Harry haussa des épaules puis montra l'autre côté du laboratoire. « Elle se trouve normalement là-bas. Contourne largement les tables… surtout les tables vides. »

« Tu ne restes pas ? » dit Hermione.

« J'ai d'autres choses à faire, » dit Harry. Il quitta l'atelier, laissant Hermione affronter Bellatrix toute seule.

Regardant les tables – surtout celles avec les parchemins et les vieux grimoires – Hermione se dirigea vers l'autre bout de la pièce et découvrit Bellatrix assise dans un fauteuil, un carnet ouvert sur ses genoux et une plume dans la main.

« Je suis là, » annonça Hermione.

« J'ai entendu, » dit Bellatrix, ignorant Hermione. Finalement elle leva le carnet, souffla dessus pour faire sécher l'encre et le ferma. « Il faut que nous localisions les derniers horcruxes au plus vite. Pour se faire, je vais suspendre nos leçons habituelles. Je vais te donner certaines choses à lire mais tes interactions avec moi se limiteront à ce projet. Si tu es particulièrement rapide et que tu lis beaucoup de choses en plus, tu apprendras bien plus de choses ainsi. »

« Très bien, » dit Hermione, pas particulièrement ravie. Les méthodes de Bellatrix ressemblaient horriblement aux méthodes d'enseignement de Rogue. D'un autre côté, elles travaillaient sur un vrai projet pour trouver des réponses inconnues des experts en la matière.

Bellatrix se leva et marcha vers un des murs de la pièce. Utilisant sa baguette, elle révéla plusieurs tableaux. Ils étaient tous vierges, sauf un sur lequel étaient gribouillés plusieurs formules d'arithmancie. Bellatrix en montra une. « Voilà le sort que je veux jeter sur les horcruxes… en quelque sorte. »

Hermione regarda la formule. « Un maléfice d'altération d'esprit ? »

« Tu es proche, » dit Bellatrix. « C'est une version maison du Maléfice de l'Impérium. »

« Vous l'avez déjà testé, » demanda Hermione.

« Pas précisément, » confessa Bellatrix, « mais en théorie il marche. » Elle montra l'autre équation. « Voilà le mécanisme de défense des horcruxes. Il faut trouver un moyen de le neutraliser ou de le contourner avec le premier sort. Puis la dernière équation représente l'horcruxe en soit. Quand on mélange la première équation avec la troisième, l'effet désiré est obtenu. Cependant la seconde équation bloque le passage. »

« Très bien, » dit Hermione en regardant les formules compliqués en se demandant comment il se faisait que c'était une étudiante fraichement sortie de Poudlard qui devait faire un tel bond entre le niveau d'ASPIC et ce mélange compliqué d'arithmancie et de runes inconnues.

« Pour que tout se passe bien, je vais te montrer comment la première et la troisième équation interagissent, » dit Bellatrix en se glissant de nouveau dans la peau d'un professeur, malgré ce qu'elle venait de dire quelques minutes plus tôt. « Puis, je veux tu refasses l'opération de mémoire. Prends ça comme un test. »

« Okay, » dit Hermione.

Bellatrix sortit un parchemin. « Regarde très attentivement. Ces trois sorts appartiennent à la Magie Noire. Cela cause de légères altérations en arithmancie. Nous allons également avoir à faire à des notions d'Arithmancie que tu n'as pas apprises en cours. »

Déguisé en jeune fonctionnaire venant de quitter le travail, Harry se promena un long moment sur le Chemin de Traverse avant d'entrer dans le magasin de farces et attrapes des jumeaux Weasley. Harry fit un signe de tête à l'un des jumeaux qui se tenait derrière le comptoir et il regarda les produits, souriant devant les créations Weasley. Après cinq minutes, Harry entendit la porte du magasin s'ouvrir ainsi que deux voix familières.

« As-tu déjà été ici ? C'est la boutique de mes frères, tu sais, » fit la voix de Ron.

« Ouais, c'est la magasin préféré de mon père, » dit Léo.

« Je vais essayer de te faire obtenir une réduction mais même moi je n'y arrive pas toujours, » dit Ron, ayant l'air un peu boudeur.

« Oui-oui, » dit Léo, clairement pas concentré sur la conversation.

Harry prit une boite comprenant plusieurs « farces » et la posa sur le comptoir, faisant un léger signe de tête à Leo et Ron. Fred ou peut-être George encaissa Harry et il fut rapidement dehors, et en direction de l'Allée des Embrumes. Peu après, Léo et Ron sortirent aussi du magasin. Ils suivirent Harry dans l'Allée des Embrumes, puis dans un coin sombre.

« Harry ? » dit Léo à voix basse en regardant le déguisement d'Harry avec suspicion.

« Ouais, c'est moi, » dit Harry en sortant sa baguette pour rétrécir son paquet et le mettre dans une de ses poches.

« Ca s'est plutôt bien passé, » dit Ron. « Je doute que les jumeaux aient suspecté un truc. »

« Ils n'avaient aucune raison de le faire, » dit Harry. « Je suppose que vos parents ne seront pas inquiets ? »

« Tant que nous avons une bonne histoire pour justifier ce que nous faisions, » dit Léo. « Nous nous en sommes déjà occupés. »

« Mais si nous rentrons après minuit, il faudra trouver autre chose, » dit Ron. « Ma mère sera déjà suffisamment suspicieuse, même si je dis que j'étais chez Léo. »

« Tu pourrais dire que tu as passé la nuit dans la maison de Bellatrix, » ricana Léo.

Harry sourit. « Je pourrais obtenir de Bella qu'elle corrobore l'histoire. »

« Ce serait pas mal, » remarqua Ron avec un sourire malicieux. « Ma mère est reconnaissante pour ce que votre femme a fait, Harry. Mais elle suspecte qu'elle est une gourgandine. »

« Je pense que Bellatrix serait perversement ravie d'apprendre que ta mère le pense, » commenta Harry.

« En parlant de ta femme et de ses plaisirs pervers, » dit Léo, « elle devrait faire attention. J'ai entendu que Mme Potter est d'humeur massacrante. »

« Oh ? » dit Harry.

« Apparemment, Bellatrix a joué quelques farces à la sœur de Mme Potter, » dit Léo. « Mon père et Mr Potter pensent que c'est hilarant mais Mme Potter n'est pas amusée. Tu devrais prévenir ta femme. »

« Je lui en parlerai, » dit Harry en cachant un sourire.

« Pourquoi votre femme voudrait faire des farces à des moldus ? » dit Ron en fronçant les sourcils.

« Ma femme et Lily ont une relation intéressante, » dit Harry sachant très bien que ce n'était qu'un partie de la véritable explication et il ne mentionna pas qu'il avait lui-même joué certaines des farces en question.

« Donc, qu'allons-nous faire et pourquoi sommes-nous les seuls à venir ? » demanda Léo.

Harry utilisa sa baguette pour transformer ses robes en habits moldus. « J'ai pensé que nous pourrions terroriser quelques mangemorts. Je vous ai demandé tous les deux spécifiquement parce que j'ai deux balais en plus et parce que vous êtes les meilleurs en combat. » Il sortit deux balais miniatures de l'une de ses poches et les tendit à Ron et Léo. « Je pense que nous allons nous poster dans un pub moldu en attendant un moment opportun pour agir. Ainsi, vous aurez un alibi pour ce soir et nous pourrons sortir sans que quelqu'un ne se pose de questions. »

« Un Éclair de Feu ! » s'exclama Ron tout regardant le balai qu'Harry lui avait tendu.

« Ouais, » dit Harry. « Je l'ai acheté pour Bella mais j'ai réalisé qu'elle ne s'en servira sans doute jamais. »

« Génial, » dit Ron en admirant le balai et en suivant Harry avec Léo dans l'Allée des Embrumes, dans le chemin de Traverse puis vers le chemin de Traverse.

Restant à quelques mètres du sol, Harry, Léo et Ron survolèrent la lande sur leurs balais. Après avoir passés quelques heures dans le pub moldu, la carte donnée par Amélia Bones et complétée depuis par les efforts des Scabior et des Rowles avait révélée qu'une quinzaine de mangemorts s'étaient rassemblés dans un lieu isolé. Ils s'étaient ensuite déplacés dans un lieu à l'extérieur d'une petite ville anglaise.

« C'est une carte ingénieuse ! » s'exclama Léo, devant élever la voix pour se faire entendre à cause du vent. « Où l'as-tu eu ? »

« Un ami a pensé qu'elle me serait utile, » répondit Harry, parlant également plus fort. « Jusqu'à maintenant, j'ai fait des patrouilles au hasard en espérant trouver des attaques sur le point d'arriver ou en cours. A l'exception du Terrier, je n'ai jamais m'attarder sur les villages sorciers. Ils sont trop éloignés pour que je puisse y patrouiller. »

« Nous pourrions t'aider tous les soirs, » déclara Ron.

« On verra comment ça se passe, » dit Harry, ne voulant pas s'engager. « Nous nous rapprochons maintenant. Quand je vous donnerai le signal, vous vous éloignerez de moi et chercherez toutes les opportunités pour réaliser les sorts dont je vous ai parlé. Après avoir lancé les sorts, changez de position. Quand ce sera fini ne vous révélez pas au grand jour à moins que je vous en donne le signal – même si vous me voyez marcher au grand jour. »

« Ouais, vous nous l'avez déjà dit, » dit Ron.

Après quelques secondes, Harry et ses partenaires purent entendre le bruit assourdi de sorts et de rires de mangemorts. Quelques secondes plus tard, ils purent assister au spectacle. Harry fit signe à Léo et Ron de s'arrêter pour qu'il puisse surveiller la scène.

Les mangemorts semblaient avoir choisi la maison d'une famille sorcière. La maison, bien que n'étant pas aussi grande que le Terrier, semblait tenir debout que grâce à divers sortilèges et non pas grâce à la science moldue de l'architecture.

D'après la magie dans l'atmosphère, Harry vit que les mangemorts avaient brisé les enchantements protecteurs de la maison quelques minutes auparavant. Harry fut content de constater que les fondations des enchantements étaient toujours présentes. La nécessité de suivre les mangemorts grâce à la carte et de trouver un moyen de les rejoindre rapidement et sans sort de détection avait ralenti Harry mais la nécessité de briser les enchantements avait aussi retardé les mangemorts, même s'ils avaient bien avancé. Trois personnes avaient été trainées dans le jardin. Le sorcier de la maison était soit inconscient ou immobilisé. Sa femme et sa fille étaient toujours conscientes et étaient torturées par une douzaine de mangemorts.

Réprimant l'envie de les attaquer immédiatement, Harry fit signe à Ron et Léo de s'éloigner. Harry, lui, utilisa son balai pour monter plus haut. Une fois qu'il fut à bonne hauteur, Harry stabilisa le balai et sortit sa baguette à plume de phoénix ainsi qu'une baguette Wandel.

Dans un premier temps, il jeta ses propres sorts anti-transplanage et anti-portoloins afin que les mangemorts ne puissent pas fuir. Puis, brisant la tradition d'utiliser sa baguette en plume de phoénix pour jeter son sort de projection, Harry jeta le sort de Bellatrix pour matérialiser le Fantôme d'Ashworth avec sa baguette Wandel pour qu'il apparaisse à quelques mètres des mangemorts.

L'effet fut immédiat. Mais, ce ne furent pas les mangemorts qui remarquèrent immédiatement le fantôme, ce fut la femme torturée. « Sauvez-nous Professeur Ashworth, » cria-t-elle assez fort pour qu'Harry l'entende.

Les mangemorts se tournèrent, virent le célèbre Fantôme d'Ashworth et commencèrent à jurer et débattre s'ils devaient continuer leur mission ou fuir et sauver leurs vies.

« Pas très intelligents n'est-ce pas ? » songea Harry à voix basse alors qu'il se demandait pourquoi ils n'essayaient pas immédiatement de fuir étant donné ce que le « fantôme » avait déjà fait aux autres mangemorts. Utilisant sa baguette primaire, Harry conjura un épais brouillard et l'envoya aussitôt en bas, et il sembla sortir de la baguette du fantôme et envelopper ensuite les alentours. Bientôt, le brouillard avait encerclé les mangemorts et leurs victimes et Harry en profita pour descendre et de se positionner dans le brouillard, près du sol – mais pas à côté de l'apparition spectrale.

Ron et Léo avaient apparemment déterminé que le brouillard était le moment approprié pour mener à bien la mission donnée par Harry. Des rugissements de tonnerre jaillirent de leurs baguettes. Ils contribuèrent à accentuer la terreur des mangemorts et Harry sourit quand ils commencèrent à essayer de s'échapper. Sans les victimes se tenant devant les mangemorts, Harry aurait utilisé les éclairs qu'il affectionnait utiliser contre eux.

Mais cette fois ci, capturer les mangemorts et préserver la vie des victimes était une priorité et Harry s'avança davantage dans le brouillard. Alors que le tonnerre magique résonnait de nouveau, Harry s'envola un peu plus haut, jeta un charme de vue sur ses yeux et commença à abattre les mangemorts depuis le ciel.

« C'est si génial ! » s'exclama Ron à Leo alors qu'ils volaient calmement dans le noir au dessus du brouillard conjuré par Harry.

« A ton avis, il fait quoi ? » demanda Léo en fronçant les sourcils.

« Il semble qu'il les fait tomber un par un. Dommage qu'on ne puisse pas participer et jeter aussi quelques sorts. »

« Je serai trop nerveux qu'Harry me confonde avec un mangemort, » dit Léo.

« Ouais, » dit Ron. « On devrait faire attention qu'aucun mangemort n'échappe de ce brouillard. »

« Bonne idée, » confirma Léo. « Je vais voler de l'autre côté et garder un œil ouvert et lancer d'autres sorts de tonnerre. »

« D'accord, » dit Ron en regardant Léo s'envoler. Ron vola de l'autre côté pour avoir aussi une meilleure vue.

Emma Dobbs n'arrivait pas à bouger à cause des cordes magiques autour de ses bras et de ses jambes mais elle arrivait à voir que le brouillard avait envahi le jardin de sa maison familiale. Les yeux écarquillés, elle regarda les mangemorts qui avaient abusé d'elle essayer de s'échapper de la résidence Dobbs. Ils couraient dans un désordre total et pourtant ils évitaient scrupuleusement de courir vers le fantôme.

Visible, même à travers le brouillard, l'apparition connue de la population magique comme étant le Fantôme d'Ashworth se tenait dans le jardin. Même si les cordes qui l'entravaient rendaient cela difficile, Emma fit de son mieux pour dévisager le fantôme. Le fantôme en lui-même était un sujet de discussion populaire à Poudlard. Aucun élève n'avait connu Harry Ashworth, bien sûr, mais sa veuve présumée avait donné deux cours de duel. L'aura de mystère et de pouvoir de Bellatrix Black avait enflammé l'imagination de la plupart des élèves de Poudlard et cet intérêt s'était étendu au Fantôme d'Ashworth.

Soudainement, un mangemort cria à travers le brouillard. Le cri fut coupé court, peut-être à cause d'un stupéfix ou même un sort mortel. En réponse, les yeux du fantôme s'enflammèrent comme s'il venait de se nourrir du mangemort et le bruit du tonnerre se rapprocha. Les flammes dans les yeux du fantôme s'éteignirent et il commença à se détourner, s'estompant presque dans le brouillard alors que les mangemorts cherchaient encore à s'enfuir.

« Ne nous quittez pas ! » fit la voix de sa mère à sa gauche.

Ses parents avaient une vue différente que la jeune génération sur le Fantôme d'Ashworth. Mme Dobbs avait été une étudiante née de moldue au temps où Harry Ashworth avait enseigné les Potions. Aucun de ses étudiants n'avait remis en question le fait que le Professeur Ashworth était un homme gentil. Mais, il n'avait pas été spécial non plus. Du moins, pas jusqu'à ce que son fantôme apparaisse quelques mois avant et qu'il commence à terroriser les mangemorts. Ça avait délié les langues et avait ramené des souvenirs du passé. Les moindres petits souvenirs sur Harry Ashworth étaient soudain devenus importants… même le fait qu'il avait connu des secrets ou qu'il était très puissant ou que le Seigneur des Ténèbres le craignait.

Un autre cri retentit dans le brouillard. Le fantôme était difficile à voir, mais Emma pensa avoir vu une lumière orange flamboyer dans les yeux du fantôme.

Soudainement, un des mangemorts décida de prendre un otage. Sautant hors du brouillard, le mangemort attrapa rudement Emma et la traina vers un mur de la maison. Il la remit debout et la plaça en face de lui. Emma se demanda si l'utiliser en tant que bouclier humain valait toute cette peine. Après tout, c'était un fantôme qui les attaquait.

Le brouillard près d'Emma et du mangemort commença à s'épaissir et à s'approcher d'eux. Emma commença à espérer que quelque chose arrive au mangemorts la retenant. Le mangemort lui-même attendait quelque chose. Il tenait Emma si près de lui qu'elle put entendre son cœur battre à toute vitesse.

A la vitesse de la lumière, quelqu'un ou quelqu'un chose transperça le brouillard. Emma et le mangemort crièrent alors que la figure sombre fonçait sur eux. Une explosion de lumière rouge aveugla Emma et fit taire le mangemort. Emma continua à crier devant le mangemort inconscient qui la tenait toujours, mais cette fois, lui se tenant allongé au dessus d'elle.

Une lumière brilla et réveilla Amélia Bones. Elle glapit et s'assit dans son lit, serrant les couvertures contre elle. Elle était sûre que les enchantements n'avaient pas été brisés par les mangemorts sans la réveiller avant. Une fois que ses yeux furent ajustés, elle put voir qu'une silhouette fantomatique se tenait au pied de son lit. Elle glapit en la voyant et réalisa que ce devait être le Fantôme d'Ashworth.

« Que se passe-t-il ? » demanda-t-elle, se demandant si Bellatrix ou la personne qui la contrôlait pouvait l'entendre.

« Envoyez des aurors à la résidence Dobbs ainsi que quelques médicomages, » murmura la voix du fantôme.

« Quels Dobbs, » demanda Amélia. Mais il était trop tard. Le fantôme avait disparu.

Jurant, Amélia sortit hors du lit et attrapa son uniforme d'auror.

« A approximativement 23h37 la nuit dernière, j'ai reçu un appel anonyme m'avertissant que les aurors étaient requis à la résidence Dobbs, » expliqua Amélia aux journalises rassemblés dans l'atrium du Ministère. « J'ai immédiatement rassemblé une équipe et me suis rendu à la résidence Dobbs pour découvrir qu'un attaquant ou des attaquants inconnus avaient immobilisé une quinzaine de mangemorts ayant attaqué la famille Dobbs. Ces mangemorts sont maintenant en cellule. Les membres de la famille Dobbs se remettront complètement de leurs blessures. »

« Le Fantôme d'Ashworth était responsable, n'est-ce pas ? » demanda un des mangemorts, Amélia était sûre qu'il faisait parti de la Gazette du Sorcier.

« Mme Dobbs et sa fille ont dit avoir vu quelqu'un ou quelque chose qu'elles ont décrit être le Fantôme d'Ashworth, » admit Amélia.

« Les apparitions du Fantôme d'Ashworth sont devenues plus fréquentes. Certaines personnes pensent qu'il s'agit d'un programme du Ministère. Avez-vous un commentaire à faire ? » demanda le journaliste de la Gazette du Sorcier.

« Je n'ai aucune explication officielle à propos de la fréquence des incidents Ashworth, » dit Amélia en ne répondant pas directement à la question. Avec un peu de chance, les reporters finiraient pas penser que ce qu'il s'était passé était une opération officielle du Ministère sous la direction d'Amélia.

« Le Ministère a-t-il interrogé Bellatrix Black, » demanda un des sorciers travaillant à la radio sorcière. « Il y a des rumeurs disant qu'elle était mariée à Harry Ashworth et qu'elle a été vu en public durant ces derniers mois. »

« Le Ministère ne l'a pas interrogé officiellement, » dit Amélia essayant de trouver une stratégie pour répondre à ce genre de questions.

« C'est peu prévoyant de votre part, » dit une journaliste de Sorcière Hebdo. « Après tout, nous parlons du fantôme de son époux. Et nous ne parlons pas de n'importe quelle veuve. Nous parlons de Bellatrix Black, la fille du défunt Ministre Black. C'est une sang pur, et d'après les rapports de ses anciens camarades de classe, ses compétences magiques sont formidables. Avez-vous déjà pris en considération qu'elle pourrait être ce justicier ? »

« J'ai d'autres choses à faire que de chasser des justiciers, » dit Amélia, maintenant sur la défensive. « Vous ne préférez pas que je m'occupe des mangemorts ? »

Les reporters se turent pendant une seconde pour y réfléchir. Avant qu'ils ne puissent reprendre, les flammes de cheminées du Ministère flamboyèrent et Bellatrix Black arriva, se dirigeant d'abord vers le garde d'entrée pour faire enregistrer sa baguette.

« Mme Black ! » l'interpella une journaliste de Sorcière Hebdo. « Mme Black ! Avez-vous un commentaire à faire sur le récent incident du Fantôme d'Ashworth ou sur les incidents précédents ? »

Bellatrix s'arrêta suffisamment longtemps pour regarder la journaliste en question ainsi que tous les autres reporters qui, bien que toujours autour du podium d'Amélia, regardaient maintenant Bellatrix. « Je suis désolée, » dit-elle, « mais j'ai des affaires urgentes avec le Ministre Prewett. »

Après avoir tendu sa baguette à un autre poste de sécurité à l'étage ministériel, et avoir subi différents tests et enchantements d'identité, un auror escorta Bellatrix dans le bureau du Ministre Prewett. Le Ministre était assis à son bureau, flanqué de deux gardes du corps et entouré de portraits de plusieurs personnes, dont certains que Bellatrix reconnut, comme celui de son père. Le Ministre ne se leva pas de son fauteuil et salua sèchement Bellatrix.

« Mme Black, » dit-il

« Mr le Ministre, » dit poliment Bellatrix en faisant un signe de tête et en s'installant dans un siège devant le bureau de Prewett, « que puis-je faire pour vous ? »

Le Ministre de la Magie dévisagea Bellatrix pendant au moins une minute. Finalement il fit signe à ses gardes du corps. « Laissez-nous, » dit-il.

« Je ne vous le recommande pas, » dit l'un deux. « Mme Black est une variable inconnue. »

« J'ai dit que je voulais que vous partiez ! Ce n'était pas une question ! » rugit Prewett, sa colère étant trahie par un léger tremblement de sa voix.

Les aurors quittèrent la pièce, laissant Bellatrix et Prewett face à face, Prewett essayant de regagner son calme.

« Vous savez pourquoi je vous ai demandé de venir ce matin, » dit Prewett.

« Peut-être que oui, peut-être que non, » dit Bellatrix. « Ne serait-il pas mieux de tout déballer ? »

« Très bien, » dit Prewett, sans hypocrisie. « Cette idiotie de Fantôme d'Ashworth. Voilà pourquoi vous êtes là. Et maintenant, Amélia Bones tient en bas une conférence de presse après avoir capturé quinze mangemorts en une seule nuit, grâce au fantôme d'Ashworth. Pourquoi conspirez-vous toutes les deux contre moi ? »

« Conspirer contre vous ? Vraiment ? » rétorqua Bellatrix.

« Vous essayez de me discréditer. Vous essayez de discréditer le Directeur Croupton. Il est évident que Bones essaie d'avoir plus de pouvoir et que vous l'aidez. »

« Et quand bien même ? » demanda Bellatrix.

« Harry Ashworth est-il en vie ? » demanda Prewett.

Bellatrix avait failli répondre par oui ou non car la question l'avait surprise. Cependant, elle fut suffisamment rapide pour parer la question de Prewett. « Peut-être que oui, peut-être que non. »

« C'est une guerre, Mme Black, » dit Prewett, sa voix devenir progressivement plus forte. « Le Ministère ne peut pas se permettre de perdre du temps avec vos jeux. Pas à une époque comme la notre. Si vous voulez être impliquée dans l'effort de guerre, je serais ravi de vous y aider. Et, si Harry Ashworth est en vie, je veux aussi qu'il nous rejoigne. Tous ces jeux politiques et de pouvoir sont inacceptables. Votre père ne l'aurait pas toléré s'il était toujours Ministre. »

« Je crois que vous donnez bien trop de crédit à mon père, » dit Bellatrix.

« Je suppose que votre père aurait eu du mal à faire affaires avec vous, » dit Prewett, « mais je sais que votre oncle vous aurait remis à votre place si vous aviez interféré avec ses plans. Il était le pouvoir derrière le trône, n'est-ce pas ? »

« Tant qu'il était en vie, en tout cas, » répondit Bellatrix, tout à fait prête à aborder ce sujet. Au moins, ça aiderait à le calmer. Vu la façon dont il réagissait, Bellatrix se demanda s'il allait faire une crise cardiaque.

« Puis, Ashworth a été le pouvoir derrière le trône, » dit Prewett.

« Je pense que vous vouliez dire Malfoy, » dit Bellatrix.

« Non, je pense que c'était Ashworth, même si son règne a été court entre la mort d'Orion et Cygnus, » dit Prewett.

« Je suis sûre que vous le savez mieux que moi, » concéda Bellatrix, ne sachant pas elle-même ce qu'il se serait passé si son père avait vécu plus longtemps.

« Que voulez-vous Mme Black ? » dit Prewett, semblant maintenant calme. « Je suis prêt à vous payez pour votre aide. Tout ce que vous pouvez faire pour … contrôler ce fantôme d'Ashworth. Tout ce que vous pouvez faire pour m'obtenir plus de soutiens. Tout ce que pouvez m'apporter. Vous réalisez sans doute que si vous étiez restée en Angleterre durant ces dernières années, vous occuperiez aujourd'hui une place importance au Ministère. Nous sommes ensembles dans cette guerre, vous savez. »

Bellatrix sourit. Va te faire foutre Amélia. Maintenant tu seras à ma botte, pensa-t-elle. Décidant que l'audace était la meilleure action, elle parla. « Je veux un siège au Magenmagot. »

« Un prix étonnamment bas mais difficile, » dit lentement Prewett. « Je ne peux vous nommer au Magenmagot s'il n'y a pas de place libre. Je peux vous placer dans mon gouvernement si c'est le pouvoir que vous voulez. Une conseillère spéciale du Ministre peut-être. Ou, si vous êtes patiente, je pourrai vous trouver une place de sous-secrétaire. »

« Une position dans votre administration ne durerait que le temps de votre mandat, » remarqua Bellatrix. « Une position au Magenmagot durerait toute ma vie. Si vous voulez que j'intègre votre administration, il est en effet courant qu'un membre du Magenmagot accepte des responsabilités bureaucratiques. »

« Ce n'est pas que je ne le veux pas, » dit Prewett. « Mais comme je l'ai dit, il n'y a pas de place de libre. »

« Il y en aura une dès que l'un des membres du Magenmagot aura été reconnu comme étant un mangemort, » dit Bellatrix. « A ce moment, vous pourrez me nommer. »

« Seulement si vous avez bien voulu coopérer avec nous avant cela. »

« Vous pouvez compter sur moi, » dit Bellatrix. « Vouliez-vous discuter d'autre chose ? »

« Pas pour l'instant, » dit Prewett en se penchant dans son fauteuil, l'air visiblement satisfait de lui.

« Très bien, » dit Bellatrix en se levant et en se préparant à partir.

« Je suppose qu'Harry Ashworth est mort, » ajouta Prewett. « Je pense que s'il avait été en vie, il ne vous aurait pas lâché la bride comme ça. »

Bellatrix se tourna, prête à rétorquer mais elle se retint. Elle fit un sourire au Ministre Prewett et partit, se demandant si elle devait aller parler à Amélia sur le chemin, peut-être pour que l'auror sache que Bellatrix n'avait pas l'intention de la laisser tomber. Elle était bien trop précieuse pour que ça arrive.