Disclaimer: Harry Potter appartient à JK Rowling et cette traduction que je fais de l'histoire de Lord Silvere n'est pas utilisée à des fins commerciale

Reviews: Bonjour à tous! Voilà le quatrième chapitre de la journée! Merci à tous pour vos mots de soutien, on arrive bientôt au bout de cette histoire :) Prochaine publication vendredi!

Chapitre 40 : L'horcruxe fantôme

Severus Rogue maintint un masque de froide indifférence quand Voldemort baissa son bras et fit voler sans baguette une table à travers la pièce. L'assortiment de baguettes sur la table s'entrechoqua en tombant sur le sol près de trois mangemorts agenouillés devant le Seigneur des Ténèbres. « Inacceptable ! » siffla Voldemort.

« Il y a peu de bonnes baguettes disponibles, surtout en aussi peu de temps, » dit l'un des mangemorts essayant de plaider pour sa vie.

« Arrêtez de voler les boutiques bon marché ! » rugit Voldemort en faisant les cent pas devant les mangemorts agenouillés. « Les baguettes trouvées dans les magasins de seconde main sont catégoriquement inacceptables ! Puisqu'Ollivander et les autres fabricants de baguette sont trop bien protégés, vous devez chercher des baguettes ancestrales. De vielles baguettes, précieusement gardées par les familles de sang pur. Des baguettes enterrées avec leur Maitre ou Maitresse. »

« Vous nous avez dit de limiter nos raids, » murmura un des autres mangemorts. « Quels ordres devons-nous suivre ? »

« Les deux ! » dit Voldemort, presque sur le point du hurler. « Vous devez être sournois. Vous devez faire preuve de finesse ! Et dans tous les cas, ne vous faites pas capturer par Lord Black ! »

« Mais… »

« Partez, » dit froidement Voldemort.

Les trois mangemorts se remirent sur leurs pieds et quittèrent la salle qui avait été creusé magiquement dans une caverne souterraine.

Rogue eut l'immense plaisir de rester seul dans la pièce avec Voldemort. Finalement, Voldemort décida de reprendre la conversation que les trois mangemorts avaient interrompue. « Qu'en est-il du corps du basilic, Severus ? »

« Détruit, » dit Rogue, « par le feu. Dumbledore pense que ça a été fait par Ashworth. »

« Son nom est Lord Black, » siffla Voldemort.

« Pardonnez moi, Grand Seigneur, » dit Severus. « Je ne pensais pas que vous vouliez que… j'embellisse le statut de votre ennemi plus que nécessaire. »

« Lord Black m'a affronté en duel et a pris ma baguette Severus. Il est le chef d'une Ancienne et Noble Maison. Même s'il est un traitre à son sang, il est au même niveau que moi. »

Rogue s'inclina encore plus bas. « Il en sera fait comme vous le désirez. »

« Comme ça devrait être toujours le cas, » dit Voldemort. « Et le venin du basilic ? A-t-il été prélevé ? »

« Il le semble, » admit Severus. « S'il avait brûlé avec le corps, il aurait laissé des signes de corrosion sur le sol de la Chambre. »

Les narines de Voldemort frémirent alors qu'il intériorisait sa colère et son déplaisir. Il réfléchit pendant plusieurs minutes avant qu'un coup sur la porte annonce l'entrée d'un des gardes mangemorts. « Mon Seigneur, vous avez un autre Visiteur. »

« Laisse-moi Severus, » dit immédiatement Voldemort.

Severus fut surpris par la tournure des évènements. « Mais Seigneur, j'ai mon compte-rendu hebdomadaire sur l'Ordre. »

« J'ai des problèmes plus importants que les activités de l'Ordre, » dit Voldemort en faisant signe à Severus de partir.

Se sentant à la fois frustré et soulagé, Rogue quitta la pièce alors qu'un autre mangemort masqué entrait dans le sanctuaire de Voldemort.

Le matin des funérailles de Cassie Black, un hibou du Ministère arriva alors qu'Harry et Bellatrix prenaient leur petit-déjeuner dans leur appartement. Quand Harry ouvrit l'enveloppe, un badge doré tomba du parchemin qui s'y trouvait.

« Tu as été fait Préfet en Chef ! » s'exclama Bellatrix.

« Tu es si drôle, » dit sarcastiquement Harry. « Qu'est-ce que je ris. » Ignorant le badge en or, il déplia le parchemin et lit.

« Que disent-il ? » demanda Bellatrix.

Après avoir lu la première page, il la tendit à Bellatrix. « Prewett essaie de rentrer dans mes bonnes grâces. » Il examinait la seconde page. « En tant qu'Adjoint Spécial de Davian Prewett, j'obtiens les services d'un capitaine auror et d'un escadron d'aurors. Par défaut, le capitaine sera Amélia Bones. Le nombre d'aurors dans l'escadron ne dépassera pas dix. Si le capitaine Bones est indisponible, j'ai le droit de demander un capitaine de valeur équivalente ou inférieure… »

« Bla, bla, bla, » dit Bellatrix en coupant sa saucisse. « Et pour le reste ? »

Harry haussa les épaules et feuilleta le reste des papiers que le Ministre Prewett lui avait envoyé. « Il semble qu'il ait une liste de membres du Magenmagot qu'il pense être des mangemorts mais qu'il n'aimerait pas voir à Azkaban. »

« Donne moi ça, » dit Bellatrix, en se penchant et en attrapant les papiers. Elle les examina rapidement, abandonnant le reste de son petit-déjeuner. « Il m'a devancé sur ce coup, » songea-t-il.

Harry leva les yeux au ciel et attrapa une autre saucisse avec sa fourchette. « Qu'est-ce que ça veut dire ? »

« Ne t'inquiète pas, » grommela Bellatrix. « Il y a plusieurs manière de traire un hippogriffe. »

Harry s'étouffa avec sa saucisse. « Je ne savais pas qu'il était possible de traire un hippogriffe. »

« Essaie de ne pas être si littéral, » conseilla Bellatrix à Harry. Elle regarda ses habits avec un air appréciateur. « Il faut que tu rafraichisses ta garde-robe. Tu n'as rien de décent à mettre pour travailler et il faut que tu sois au top pour les funérailles. »

« Bien, » dit Harry, ayant déjà eu du mal à trouver une robe appropriée pour son rendez-vous avec le Ministre Prewett. « J'allais aussi m'arrêter chez Ollivander ce matin. »

« Excellent, » dit Bellatrix en continuant à lire les papiers que Prewett avait envoyés à Harry.

L'arrêt d'Harry chez Madame Malkin s'avéra profitable pour Harry et la couturière. Il sortit de la boutique avec un jeu de robes appropriées pour le travail et les funérailles et une promesse que d'autres robes lui seraient envoyées dès le lendemain et l'assurance qu'il pourrait commander d'autres robes par chouette sans avoir à revenir en personne.

Le magasin de baguettes s'avéra être plus compliqué, car non seulement la guerre avait poussé Ollivander et le Ministère à prendre des mesures de précaution, mais les récents évènements avait aussi poussé le Ministère à de prendre des mesures supplémentaires. Le nouveau badge doré d'Harry le fit passer rapidement la sécurité et il put bientôt parler à Ollivander.

« Mr Black, » dit Ollivander pour le saluer, ses yeux brillant curieusement. « Je suppose que vous voulez que j'examine votre dernière acquisition. »

« Oui, » dit Harry en sortant la baguette en houx et en la tendant au vieux fabriquant de baguettes. « Pouvez-vous me dire si je peux l'utiliser en toute sécurité ? »

Ollivander examina la baguette pendant plusieurs longues minutes. « Elle est en bon état, » déclara-t-il. « Après tout, elle a été souvent utilisée. »

« En effet, » dit Harry en se souvenant du speech d'Ollivander dans son futur alternatif sur de grandes et de terribles choses.

Ollivander continua à l'étudier puis fronça les sourcils. « En volant la baguette des mains du Seigneur des Ténèbres, vous n'avez pas correctement gagné l'allégeance de la baguette, Mr Black. Cependant, il semble que vous ayez le… potentiel suffisant pour qu'elle coopère pleinement. »

« Qu'est-ce que ça veut dire ? » s'étonna Harry. « Devrais-je l'utiliser ? »

Ollivander hocha la tête. « Vous pouvez l'utiliser en toute sécurité, mais elle reconnaît toujours le Seigneur des Ténèbres comme son propriétaire légitime. Vous devrez le vaincre légitimement avant d'être certain que cette baguette soit votre et seulement votre. » Il tendit la baguette à Harry. « Peut-être que vous pourriez avoir la gentillesse de tester ce que j'ai dit. Je n'ai jamais vu une baguette être possédée par deux personnes. »

Harry haussa les épaules et jeta un sort de flammes bleues sur le comptoir. Après quelques secondes, il l'annula.

« Elle fonctionne, » dit Ollivander. « Peut-être est-ce à cause de la plume de phoénix de votre propre baguette qui vient du même que phoénix que celle de cette baguette. »

Harry se rappela qu'il devait avoir l'air surpris ou impressionné en l'entendant, mais il n'aidait pas d'humeur. « Ça pourrait être une bonne explication, » dit Harry avant de dire au revoir et de partir.

Au Ministère, Harry fut de nouveau obligé de tendre sa baguette, mais le garde réussit à connecter magiquement le badge d'Harry et la baguette. Tant qu'Harry ne perdrait pas sa baguette dans un duel ou interférerait avec le charme d'identification, il serait capable de montrer son badge et de contourner les sécurités du Ministère dès qu'il y viendrait.

Après le bureau du garde, Harry monta dans l'ascenseur et se rendit à l'étage du Département de la Justice Magique. Les membres du DJM reconnurent aussitôt Harry. Son badge doré les surprit mais à sa demande, ils lui montrèrent le bureau d'Amélia Bones.

« Mr… Black, » dit Amélia pour le saluer en sortant une chaise pour Harry.

« Capitaine Bones, » dit Harry en acceptant la chaise proposée et en regardant Amélia ranger les papiers sur son bureau. « Vous pouvez m'appeler Harry. »

« Bien Harry, » dit Amélia. « Appelez moi Amélia. »

Harry hocha la tête, montrant qu'il le ferait.

« Donc, » dit Amélia. « Je suppose que vous serez maintenant mon officier supérieur. »

Harry haussa les épaules. « Soyons juste partenaires. »

« C'est très généreux de votre part, » dit Amélia. « Je veux dire, je ne pense pas que votre femme se serait délesté d'un tel avantage. »

« Oui, et bien, Bellatrix est Bellatrix et n'est pas moi, » dit Harry. « Ses machinations politiques lui appartiennent. Si j'étais vous, j'essaierai de m'en tenir éloignée. Si vous vous inquiétez de monter les échelons au Ministère, je pense que ça arrivera naturellement. SI tout se passe bien, nous terminerons tous les deux cette guerre. »

« Alors faisons-le, » dit brusquement Amélia en se penchant et en posant ses bras sur le bureau. « Mais avant de commencer, pourriez-vous me dire comment vous avez fait ce Fantôme d'Ashworth ? »

« Un simple sort d'illusion et un peu de discrétion, » expliqua Harry. Il fouilla dans ses robes et sortit un morceau de parchemin. « J'ai fait une copie de la carte que vous m'avez donnée. » Il la lui tendit. « Deux mangemorts me permettent d'en ajouter d'autres sur la carte. Je leur ai fait quelques promesses – protection, clémence, etc. »

Amélia commença à regarder la carte. « Donc, nous allons commencer à poursuivre les mangemorts. »

« Oui, je pense que ce sera notre prochaine étape, » dit Harry. « Je pense qu'on agira la nuit. »

« Il sera en effet plus facile d'attaquer la nuit sauf exception, » dit Amélia. « Le seul problème c'est que les mangemorts sont souvent éparpillés. Une fois qu'ils réaliseront que nous venons pour eux, ils deviendront plus difficiles à gérer. »

Harry se pencha dans sa chaise. « Je vous laisse y réfléchir. Je vais passer beaucoup de temps à penser aux deux objets magiques en possession du Seigneur des Ténèbres. Il faudra un jour aller s'en occuper. J'en connais un, mais il faut que je réfléchisse à l'autre et que je comprenne de quoi il s'agit. »

« Très bien, » dit Amélia. « Quand pensiez-vous commencer notre premier raid ? »

« Dans quelques nuits, » dit Harry. « Il faudra sans doute changer nos habitudes pour qu'ils ne nous repèrent pas. Avez-vous déjà un escadron prêt ? »

Amélia secoua la tête. « Nous sommes un peu informels avec l'organisation des escadrons. Je devrais en faire une et obtenir une approbation pour qu'il soit permanent. Mais ce ne sera pas difficile. Une fois que le mot courra que vous êtes impliqué, je pense que plusieurs aurors sauteront sur l'occasion. Je pense que nous commencions dans quelques jours au plus tard. Je pourrais débuter cette phase dès ce soir. »

« Non, » dit Harry en secouant la tête. « Je dois faire certaines choses. Revenir d'entre les morts est un peu compliqué. »

« Je vois, » dit Amélia.

« Mais, » dit Harry ne voulant pas la décevoir, «je pense que nous devrions faire une arrestation immédiatement. »

« Que voulez-vous dire ? »

« J'ai des informations m'indiquant que Barty Croupton Junior est un mangemort. S'il est au travail aujourd'hui, arrêtez-le immédiatement, » dit Harry.

« En avez-vous la preuve ? » dit Amélia clairement choquée par l'accusation. « je veux dire, c'est logique, d'une certaine manière, mais nous allons nous attaquer au fils du Directeur Croupton. Si vous avez tort, nous allons avoir beaucoup d'ennuis, même si vous un Adjoint Spécial. »

Harry sourit et se leva. « J'en suis tout à fait sûr. Allons lui rendre une petite visite. Où pourrons-nous le trouver ? »

Amélia le mena dans plusieurs couloirs jusqu'à un bureau dont la porte était entrouverte. Elle la montra du doigt. Harry hocha la tête et sortit sa baguette. Amélia l'imita. Ils approchèrent du bureau et Harry la poussa du pied. Barty était assis derrière son bureau et il regarda calmement ses deux visiteurs qui le pointaient de leurs baguettes.

« Capitaine Bones et Mr Black, n'est-ce pas ? Qu'est-ce qui vous amène ici ? » demanda Barty.

« La Capitaine Bones va vous arrêter car vous êtes suspecté d'être un mangemort, » dit Harry d'un air suffisant.

Croupton plissa des yeux. « C'est une accusation audacieuse. Mon père ne le tolèrera pas. »

Harry trouva cela ironique que Croupton se cacher derrière le père qu'il haïssait tant. Il fut tenté de titiller un peu Barty mais il voulait en terminer au plus tôt. « Niez-vous l'accusation ? » demanda Harry.

« Bien sûr que oui », dit Barty, en souriant et en relevant ses deux manches. « Comme vous pouvez le voir, je ne porte pas la Marque des Ténèbres. »

Amélia fit un soupira déprimé. « Ecoutez Barry, c'était juste un malenten… »

« Non, ce n'était pas un malentendu, « dit Harry. Il s'avança et attrapa le bras de Barty.

A la vitesse de la lumière, Barty sortit sa baguette, prêt à bondir par dessus son bureau mais Harry s'y était attendu et Amélia avait de bons réflexes. Deux stupéfix le touchèrent, l'un après l'autre et Barty s'écroula inconscient sur son fauteuil. Harry rangea sa baguette primaire et sortit la baguette en houx. Il toucha le bras de Barty avec elle en sifflant plusieurs phrases et sorts en fourchelang. Finalement un sort de révélation fit apparaître la Marque des Ténèbres sur le bras de Barty.

« Nous y voilà, » dit Harry.

Amélia en resta bouche bée. « Comme le saviez-vous ? »

« Je le savais, » dit Harry, ne souhaitant pas expliquer ses connaissance du futur alternatif ou qu'il en avait eu confirmation dans l'esprit de Voldemort quand il avait recherché les horcruxes.

« Mais encore ? » dit Amélia.

« Quelle importance la façon dont je le savais ? » demanda Harry. « C'est un employé du Ministère sur lequel nous avons trouvé la marque des Ténèbres. »

Amélia soupira. « Maintenant, nous allons devoir nous occuper de son père. Des idées ? »

Harry regarda sa montre. « Je suggère que vous vous assuriez qu'il y ait autant de témoins que possible. Nous ne voulons pas que Croupton enterre cette affaire. J'ai bien peur de devoir aller à des funérailles. Mais si vous sortez de ce bureau et que vos criez avoir arrêté Barty pour être un mangemort, je suis sûr que vous aurez tout le soutien nécessaire. »

« Vous ne savez pas à quel point, » dit Amélia avant qu'Harry ne parte.

Bien que nuageux, le temps était suffisamment agréable pour permettre aux funérailles de Cassie Black d'être tenues dans le cimetière à côté de Ravenbourgh. Ne voulant pas rejoindre ses parents et Rose au premier rang avec Sirius et Léo, Sidra et John Potter s'assirent à l'arrière. Ils y restèrent seuls jusqu'à ce qu'Harry et Bellatrix les rejoignent.

« Bonjour mioches de Potter, » dit Bellatrix quand elle et Harry s'assirent.

Sidra lança un regard noir à Bellatrix. « Tu es hilarante. »

« Je sais, » dit Bellatrix en regardant autour d'elle et en remarquant que plusieurs rangs les séparaient du reste des invités. « Vous savez choisir vos places. »

Sidra soupira. « Vous pouvez parfaitement vous rapprocher. En fait je vous encourage à le faire. Mais je suppose qu'Harry peut rester s'il le veut. »

« Merci, » dit Harry en souriant à Sidra et en faisant un clin d'œil à John.

« Mais je me suis assise volontairement ici pour pouvoir te parler, » dit Bellatrix à Sidra.

« A propos de quoi ? »

Le sourire de Bellatrix fut inquiétant. « J'aimerai t'offrir un poste de secrétaire. »

« Ta secrétaire ? » bafouilla Sidra. « Qu'est-ce qui te fait dire que je cherche un travail ? Et pour ton information, vieille femme, le terme est assistante exécutive et pas secrétaire. »

Il y eut une lueur mauvaise dans les yeux violets de Bellatrix, mais sa voix resta la même. « Tu viens de terminer ta septième année à Poudlard. Pourquoi ne chercherais-tu pas un travail ? Tu ne veux sûrement pas embarrasser ta famille en restant chez toi et en y faisant ta limace. Je te donne la chance d'être productive et un membre respecté de notre société. En tant que secrétaire personnelle d'un puissant membre du Magenmagot, tu apprendras beaucoup, tu gagnerais le respect des autres et tu aurais accès à plusieurs opportunités. »

« Vraiment ? Toi, un puissant membre du Magenmagot ? Tu n'as pas encore assisté à une seule des sessions du Magenmagot ni voté » rétorqua Sidra.

« Je suis riche. Ainsi je suis puissante, » dit simplement Bellatrix.

Harry racla sa gorge. « Vraiment Sidra, c'est une bonne opportunité. Bella te paiera un salaire équivalent à un employé ayant cinq ans d'ancienneté au Ministère. Tu pourras prendre un appartement et la plupart de tes repas seront payés par le Ministère. »

Bellatrix haussa un sourcil, mais resta concentrée sur Sidra. « Si tu veux que tes repas soient pris en charge, tu devras pouvoir être disponible à toute heure et tous les jours. »

Sidra, même si toujours aussi déplaisante, pouvait reconnaître une bonne opportunité quand elle se présentait « Et bien, je pense que je peux y songer. Quand dois-je commencer ? »

Bellatrix regarda vers le cercueil de Cassie. « Combien de temps vont durer les funérailles ? »

Harry toussa et jeta un regard sévère à Bellatrix avant de regarder Sidra. « Je pense que demain sera très bien. »

« Bien. Demain matin, » acquiesça Bellatrix. « Tu viendras au Ministère et tu présenteras au Bureau d'accueil. D'ici là, j'aurai obtenu un des bureaux vacants du Magenmagot. Pour te montrer ma grande générosité, je te laisserai choisir le titre de ton travail. Tu as le choix entre secrétaire personnelle et pion personnel. »

« Je n'ai pas encore accepté, » dit Sidra, pleinement outrée par le titre du travail.

« Accepté quoi, » fit la voix de Lily.

Malheureusement pour Sidra, son jeune frère décida d'intervenir. « Madame Black vient d'offrir un travail à Sidra comme pion personnel ! »

« Elle a dit secrétaire personnelle, idiot ! » rugit Sidra.

« C'est merveilleux ! » s'exclama Lily et Bellatrix sourit.

Sidra soupira, n'étant pas certaine si elle devait se réjouir ou non.

Ne remarquant la détresse de sa fille, Lily se concentra sur Bellatrix et Harry et changea de sujet. « J'espérais pouvoir vous inviter tous les deux à diner ce soir, mais quelqu'un d'autre a insisté pour tenir un repas de funérailles. Vous serait-il possible de venir diner dans un jour ou deux ? »

« En fait, » dit Harry. « Nous comptions vous inviter vous et quelques autres à diner dans un jour ou deux. Je pense qu'il est temps que Bella et moi vous donnions quelques explications sur ce qu'il s'est passé. »

« Ca serait bien, » dit Lily. « Qui comptiez-vous inviter ? »

« Le professeur Dumbledore bien sûr, » dit Harry. « Et quelques autres. La plupart des informations dont nous discuterons sont confidentielles, donc j'ai bien peur que la liste d'invités soit assez restreinte. »

« Nous avons hâte de venir, » dit Lily. « Mais je dois insister pour que vous veniez diner une autre fois. »

« Bien sûr, » consenti Bellatrix.

Lily hocha la tête, apparemment ravie. « Le service va commencer. J'espère vous voir bientôt. » Puis, elle retourna à l'avant s'asseoir avec James, assis à côté de Sirius.

« Nous avons demandé au personnel carcéral de nettoyer dès que vous nous l'avez demandé, Madame, » dit l'un des fonctionnaires du Magenmagot, informant Bellatrix du statut de son bureau. « Malheureusement, ce n'est pas encore prêt. »

« J'espère qu'il sera prêt d'ici demain, » dit Bellatrix en fronçant légèrement des sourcils. Les lumières de la salle d'audience étaient assez ternes. « Je pense qu'il serait aussi plus approprié si vous nettoyez le couloir qui mène ici et vous mettiez de meilleurs éclairages. Le décore n'est probablement pas dans le budget mais faites en sorte que le mobilier soit réparé. »

« Si vous pensez que c'est nécessaire, Madame, » dit l'employé avec hésitation et en faisant avancer Bellatrix dans le couloir.

« Pourquoi ne serait-ce pas nécessaire ? » demanda Bellatrix. « Ces vestibules abritent les bureaux des membres du Magenmagot. Je présume que le Magenmagot est toujours en fonction, non ? »

L'employé s'arrêta devant une paire d'élégantes portes aussi hautes que le plafond. « La plupart des membres actifs du Magenmagot occupent des postes au Ministère, » dit-il. « Ainsi ils ont des bureaux aux étages supérieurs. »

« Et ceux inactifs ? »

L'employé soupira. « Avec Vous-Savez-Qui dehors, plusieurs personnes ne veulent pas de faire affaire dans un lieu où ils pourraient devenir des cibles. Et ensuite, il y a les membres du Magenmagot louches… vous savez, les mangemorts potentiels. Personne ne veut les voir être poursuivis devant le Magenmagot et ils craignent que s'ils viennent, ils seront arrêtés ou interrogés. Au final, c'est habituellement juste le Ministre Prewett ou ses collaborateurs qui mènent les affaires du Magenmagot. »

« Fascinant, » dit Bellatrix, réussissant à exprimer son opinion avec un seul mot sarcastique. Elle regarda les portes élégantes. « Je présume qu'il s'agit de l'entrée de mes bureaux. »

« Je réalise qu'ils ne sont pas prêts des salles d'audience, » dit l'employé, « mais ils sont plus grands et plus agréables que la plupart des autres. »

« Ca fera l'affaire, » dit Bellatrix. « Si j'ai besoin d'aide, je viendrai vous voir. »

« Hum, okay, » dit l'employé en faisant un hochement de tête cérémonieux et en partant aussi vite que possible.

Se demandant depuis combien de temps le Ministre Prewett avait profité de l'empressement apparent du Magenmagot de faire comme bon lui semblait, Bellatrix poussa les portes du son nouveau bureau. Elle arriva d'abord dans une antichambre poussiéreuse avec quelques vieux fauteuils et une table à café. Dans un coin se trouvait un bureau pour une réceptionniste ou une secrétaire. Derrière le bureau de la secrétaire se trouvaient des doubles portes qui menaient au véritable bureau de Bellatrix.

Bellatrix entra et découvrit un bureau extrêmement ostentatoire avec un fauteuil en cuir noir, un peu comme ceux de la salle à manger du Square Grimmaud. Bellatrix fit le tour du bureau, tira la chaise et s'y installant, grimaçant à cause de son inconfort mais soulageant de gratitude car il avait au moins des repose-bras.

Après avoir passé plusieurs minutes à s'acclimater à son bureau et à l'examiner Bellatrix sortit une sacoche de ses robes, l'agrandit et commença à verser son contenu sur son bureau. Puis, elle prit un parchemin et une plume et commença à lister les rénovations qui seraient nécessaires.

Bellatrix venait de terminer la liste des réparations et celle des choses à faire pour Sidra quand une clochette résonna dans son bureau. Fronçant les sourcils, Bellatrix sortit sa baguette et se leva pour comprendre. Elle passa par l'antichambre et le vestibule mais ne trouva personne. Décidant de poser la question à l'employé, Bellatrix traversa le couloir rapidement. L'employé leva la tête quand elle arriva.

« Je viens t'entendre un carillon. Qu'est-ce que c'est ? » demanda Bellatrix.

« Cela veut juste dire qu'une audience va commencer et que les membres du Magenmagot peuvent y assister, » dit l'un des employés.

« Il n'y avait aucune session de programmée, » contra Bellatrix.

« Ca doit être une réunion de dernière minute, » dit l'employé.

« Et bien, où est-ce ? » demanda Bellatrix. « Emmenez-moi là-bas. »

« Oui Madame » dit l'employé en abandonnant son bureau et en se préparant à y conduire Bellatrix.

« Vous avez besoin de robes, » dit un autre clerc.

« J'espère que vous en avez de rechange, » dit Bellatrix.

Très rapidement, les clercs réussirent à trouver des robes noires et un chapeau noir à Bellatrix et l'un d'eux la mena dans l'entrée des salles d'audience du Magenmagot dans laquelle la séance aurait lieu.

« C'est par là, » dit le clerc.

« Merci, » dit Bellatrix en réprimant son irritation provoquée par le fait qu'elle n'avait pas été informée de la réunion et qu'elle portait un costume ne lui appartenant pas. Le clerc partit et Bellatrix poussa la porte, monta quelques marches et entra dans la salle d'audience par le biais d'une arche.

Une douzaine de membres appartenant à la fois au Magenmagot et au Ministère étaient présents. L'arrivée de Bellatrix provoqua quelques remous. Finalement, ce fut Amélia Bones qui sortit de la foule pour la saluer.

« Je suis surprise de vous voir ici, » dit Amélia.

« J'étais au ministère, » dit Bellatrix. « Est-il habituel d'avoir des séances à l'improviste ? »

« En fait, oui, » admit Amélia. « Avant, elles étaient programmées et tout le monde recevait des invitations à y participer mais peu de personnes ne travaillant pas au Ministère y venait. »

« Je vois, » dit Bellatrix en regardant plusieurs autres membres entrer dans la salle. « Pourquoi sommes-nous réunis ? »

« C'est le procès de Barty Croupton Jr, » répondit Amélia.

Bellatrix était sur le point de répondre mais le silence envahit la pièce. Regardant autour d'elle, Bellatrix comprit pourquoi. Le Directeur Croupton venait d'arriver. Apparemment il allait présider le procès de son fils.

« Vous n'avez pas encore prêté serment, » chuchota Amélia à Bellatrix, « mais je pense pouvoir m'en occuper avant le début du procès.

« Le Ministre Prewett ne va-t-il pas venir ? » demanda Bellatrix, aussi en chuchotant, même si tout le monde s'était remis à parler normalement.

« Il ne vient pas aux procès non médiatisés, » dit Amélia. « De toute façon, je ne pense que le directeur Croupton l'aurait souhaité aujourd'hui. »

Le son du directeur Croupton frappant de son marteau sur la table fut le signa pour les membres du Magenmagot de s'installer à leurs sièges.

« Asseyez-vous avec moi, » proposa Amélia à Bellatrix.

Bellatrix suivit Amélia et s'installa sur un des bancs surplombant la salle d'audience. En tournant la tête, Bellatrix remarqua que de nombreux sièges étaient vides.

« La session du Magenmagot va commencer, » dit le directeur Croupton à voix forte. « Nous allons entendre… »

« Rappel au règlement ! » s'écria Amélia.

« Oui, Capitaine Bones ? » demanda Croupton avec irritation.

« Mon estimée collègue, Madame Black, n'a reçu que récemment son invitation au Magenmagot. Je voudrais qu'elle prête serment immédiatement afin qu'elle puisse voter et participer à d'autres audiences du Magenmagot. »

« Votre motion est acceptée, » dit Croupton. « Quelqu'un la seconde-t-il ? »

Il y eut un silence gênant.

« Il est coutumier de prévoir ça avant, » chuchota Amélia sur un ton d'excuse à Bellatrix. « Ils ne veulent pas être rudes, ils supposent juste que quelqu'un est supposé le faire. »

« Je seconde la motion, » fit une voix de l'autre côté de la salle d'audience.

Croupton hocha la tête vers le sorcier qui avait secondé la motion. « Directeur Foxe, pourriez-vous lui faire prêter serment ? »

« Très bien, » dit Andrew Foxe. Il regarda vers Bellatrix depuis l'autre bout de la salle. « Madame Black sortez s'il vous plait votre baguette et répétez après moi. »

Bellatrix fit ensuite son serment magique. Sans attendre elle s'assit ensuit et la réunion reprit.

« C'est un allié intéressant que vous avez là, » dit Amélia en regardant Andrew Foxe qui s'était reconcentré sur le Directeur Croupton.

« Oui, tout à fait, » dit Bellatrix en regardant aussi de l'autre côté de la salle. « Qui est cet homme à côté de lui ? Celui qui me dévisage. »

« Ca doit être Edward Foxe, » chuchota Amélia. « Il est le Chef des Langues de Plomb. Maintenant qu'Andrew est de retour et qu'il peut exercer ses privilèges au Magenmagot, je ne serais pas surprise qu'il essaie de reprendre le pouvoir. Vu comment les choses se passent, cette guerre sera bientôt finie et il y aura bientôt plusieurs postes à pourvoir. »

« En effet, » dit Bellatrix alors que le directeur Croupton terminait son discours et que le vrai procès allait commencer.

Du givre se matérialisa au centre de la salle, signalant l'arrivée des détraqueurs et de l'arrivée du prisonnier dans la salle d'audience. Les portes s'ouvrirent sur plusieurs aurors qui gardaient le prisonnier.

« Les détraqueurs ne sont pas autorisés à entrer dans la salle, » dit Amélia à Bellatrix.

« Merci Merlin pour ces petites faveurs, » murmura Bellatrix à Amélia pendant que la plateforme sur laquelle se trouvait le siège qui enchainait Barty s'éleva.

Sans aucune émotion, le directeur Croupton lut les charges contre son fils étant accusé d'être un mangemort, d'avoir résisté à l'arrestation et d'autres crimes. Puis il demanda ce que Barty Jr voulait plaider.

Barty fit un sourire sournois. « Je plaide coupable, père. »

« Je n'ai pas de fils, » dit Croupton sans émotion.

« Tu n'en as jamais eu de toute façon n'est-ce pas ? » renifla Barty.

Croupton ignora le commentaire. « Puisque vous avez plaidé coupable, le jugement du Magenmagot quant à votre culpabilité n'est pas nécessaire. La punition pour vos crimes est… »

« Excusez-moi, » s'écria Bellatrix.

Le directeur Croupton fusilla Bellatrix du regard. « Oui, Madame Black ? »

« La rapidité de procès m'inquiète, » dit Bellatrix. « N'a-t-il pas été arrêté que depuis ce matin ? Et maintenant nous le condamnons et l'envoyons à Azkaban dès ce soir ? »

« Il a admis sa culpabilité ! » rétorqua le directeur Croupton. « Qu'y a-t-il d'autre à faire ? »

« Je pense qu'il devrait y avoir une enquête plus approfondie, plus d'interrogatoires et plus d'accusations, » dit Bellatrix, essayant de trouver des raisons pour que le procès ne soit pas bouclé si rapidement.

« Doutez-vous de sa culpabilité ? » demanda Croupton.

« Et bien…, » dit Bellatrix, ne trouvant plus ses mots.

Barty regarda Bellatrix. « C'est votre époux qui a donné l'ordre de m'arrêter. Peut-être qu'un jour il réalisera quelle grosse erreur il a fait. »

« Madame Black, » dit Croupton, comme s'il s'adressait à une enfant, « le prisonnier a été accusé de plusieurs crimes qu'il a confessé après avoir été arrêté. Il est tout à fait possible qu'il soit coupable d'autres crimes. Mais ça n'a pas d'importance. Ce pour quoi il a été reconnu coupable lui vaut une condamnation à vie pour Azkaban. Les autres choses n'ont pas d'importance. Si vous le souhaitez vous pouvez enquêter de votre côté et nous faire parvenir vos résultats par la suite. Mais pour l'instant, je suggère que vous nous laissiez continuer. »

Ne voyant pas d'autre alternative, Bellatrix se rassit et regarda le directeur Croupton condamner son fils à une vie entière à Azkaban. Le directeur demanda ensuite un vote de confirmation de la condamnation au Magenmagot.

« Ca me semble inutile, » grommela Bellatrix à Amélia.

« C'est là que le magenmagot peut débattre d'une sentence plus sévère ou non, » chuchota Amélia alors que le vote se déroulait. « Puisque Bellatrix n'a pas confessé de crime particulier, le Baiser n'est la sentence automatique, mais c'est techniquement encore possible. »

« Oh, génial, » dit Bellatrix, oubliant presque de parler à voix basse. « Apparemment on peut on être arrêté au petit-déjeuner, et Embrassé pour le diner. »

« Idéalement, seulement quand on est coupable, » défendit Amélia. « En fait je pense que votre objection a permis à Barty d'échapper au Baiser. Vous avez forcé Croupton à déclarer que si une autre sentence est nécessaire, nous pourrons lancer une enquête et un autre procès par la suite. »

« Ca doit être les débuts les plus mauvais jamais faits par un membre du Magenmagot depuis des décennies, » soupira Bellatrix.

« Ce n'est pas si mal, » dit Amélia. « Vous avez juste mis l'accent sur une approche plus organisée des procès de mangemorts. »

« Ca va empirer, » dit Bellatrix.

« Comment ? » chuchota Amélia mais il était trop tard pour que Bellatrix réponde.

Le responsable des votes du Magenmagot venait de se tourner vers Bellatrix. « Madame Black, votez vous pour ou contre l'emprisonnement à vie de Barty Croupton Jr à Azkaban ? »

« Je ne voterai pas, » dit Bellatrix.

« Wow, » dit Harry, « tu as fait la couverture du journal après seulement une après-midi, une soirée et une moitié de nuit à travailler. » Il leva les yeux de l'exemplaire de la Gazette et fit une grimace à Bellatrix.

Bellatrix fit la tête et remplit son verre de jus d'orange. Le regard épuisé qu'elle avait intensifia la moue. Harry avait été endormi quand elle était rentrée du bureau. « Es-tu sûr que c'était un mangemort, que ce n'était pas une mascarade élaborée par le directeur Croupton ? »

« Dans mon futur, il était l'un des partisans les plus fidèles du Seigneur des Ténèbres, » dit Harry.

« Apparemment, moi aussi, » dit Bellatrix.

« Oui, mais je ne t'ai pas vu dans l'esprit de Tom quand je cherchais les horcruxes, » répondit Harry. « Ne crains rien Croupton mérite de passer sa vie à Azkaban. Mais je me demande quel était l'intérêt pour toi de ne pas voter. »

Bellatrix but son jus d'orange et regarda avec une moue boudeuse Harry feuilleter le journal. « C'était politiquement intéressant. Quelque chose ne sentait pas bon hier. Il est évident que je ne pouvais voter contre le fait de le punir mais je ne pouvais pas voter pour si je veux relever des irrégularités par la suite. »

« C'est un pari que tu fais en cherchant des irrégularités, » dit Harry.

« Et bien, c'est toi qui a la « boule de cristal » », rétorqua Bellatrix. « Dis, est-il possible que Barty Croupton est fait quelque chose d'incorrect ? »

« Je pense que c'est hautement probable, » dit Harry.

« Comme quoi ? »

« Je ne sais pas, » soupira Harry en laissant le journal pour prendre un verre de jus d'orange. « De bien des façons, il s'intéresse plus au pouvoir et au prestige qu'à gagner cette guerre, je pense. Mais s'il te plait, n'essaie pas de le détrôner tant que nous n'aurons pas un meilleur candidat en tête. »

« Je ne vais détrôner personne, » dit Bellatrix. « J'étais juste mécontente à propos de ce qu'il s'était passé hier. Quelque me semblait être mal. »

Harry haussa les épaules. « Et bien, ce n'était pas une conviction erronée. »

« Qu'importe, » dit Bellatrix. « A quelle heure devons-nous rencontrer l'ordre ? »

« A sept heures, » dit Harry. « J'ai loué une pièce dans un pub écossais. Je suis sûr que Maugrey sera capable des enchantements de sécurité. Je transplanerai là-bas et viendrai te chercher. »

« Très bien, » dit Bellatrix en repoussant sa chaise et en se levant. « N'oublie pas ton interview avec Sorcière Hebdo. »

Harry soupira profondément. « Est-ce vraiment nécessaire ? »

« Tu as besoin d'une image avec la presse, » lui rappela Bellatrix en allant dans le couloir. «S'il te plait, insiste bien sur le fait que tu n'est pas le bâtard de quelqu'un avec lequel je suis proche parent. »

L'interview de Sorcière Hebdo s'avéra relativement facile mais quand Harry quitta les bureaux du Magazine, il cillait toujours rapidement pour récupérer des flashs excessifs des caméras. Malgré la distance entre Sorcière Hebdo et sa prochaine destination, la boutique des Weasley, Harry choisit de marcher.

Ignorant les regards des passants qui s'arrêtaient par moment pour dévisager le sorcier qui avait humilié Lord Voldemort, Harry se perdit dans ses pensées. Trouver l'horcruxe serpent était à la fois facile et difficile. D'après ce qu'il avait compris sur la nature des horcruxes de la part de Bellatrix, tout ce qu'il avait à faire c'était se retrouver dans la même pièce que le serpent et lâcher du feudeymon. Malheureusement, Harry ne pensait pas pouvoir s'approcher du serpent – du moins, pas maintenant que Voldemort savait qu'Harry savait pour les horcruxes et le serpent.

Les pensées d'Harry se tournèrent vers l'autre horcruxe. Il avait été caché dans la cave du Square Grimmaud. Les mangemorts l'avaient déplacé la même nuit où ils avaient kidnappé Molly et Lily. Voldemort avait juste voulu le déplacer à un autre endroit, mais après avoir vu le Fantôme d'Ashworth, Voldemort avait pris des mesures supplémentaires. Il avait transformé l'essence de l'horcruxe et l'avait déplacé dans un autre objet – un douloureux processus pour Voldemort et pour plusieurs autres victimes.

En sondant les pensées de Voldemort, Harry avait par réflexe reculé en voyant la douleur et l'horreur du processus. Malheureusement, Voldemort avait expulsé Harry de son esprit avant qu'Harry ait eu la chance de revenir à ce souvenir et de voir le nouvel horcruxe. Harry sentait qu'il loupait encore quelque chose. J'en ai vu assez, fulmina-t-il. Je devrais être capable d'y arriver !

Il n'y avait qu'un des jumeaux Weasley au comptoir quand Harry entra dans le magasin et se rendit directement à l'endroit où était vendu la poudre instantanée d'obscurité. Il prit plusieurs sacs et retourna au devant du magasin et y trouva les deux Weasley.

« Vous êtes le gars à avoir acheté les fausses baguettes et la poudre instantanée d'obscurité et qui portait deux éclairs de feu ? » dit l'un d'eux d'une voix accusatrice.

« Oui, » admit Harry. « J'ai dit que ce serait pour une fête épatante, n'est-ce pas ? »

Les jumeaux sourirent de toutes leurs dents. L'un d'eux parla. « C'était brillant mon ami. Nous avons vendu toutes nos autres fausses baguettes. »

« J'en ai toujours pleins d'autres, heureusement, » dit Harry en sortant de l'argent.

« Est-ce exactement ce à quoi vous pensiez en achetant les produits ? »

« Non, » dit Harry. « Je ne suis pas un aussi bon farceur. Quand l'opportunité s'est présentée, j'étais désespéré et j'ai eu de la chance que tout fonctionne. »

« Une organisation excessive avant la farce est la clé », souligna l'un des jumeaux. « Mais quand même, vous avez de quoi être un excellent farceur. »

« Je pense que vous avez raison, » dit Harry avec un grand sourire. Après avoir dit au revoir, il quitta le magasin. Dehors il appela Kréature qui apparut aussitôt à côté de lui. « Kréature, » dit Harry, « va voir Léo et demande lui que lui et Rose me retrouvent au Chaudron Baveur pour le déjeuner. »

Sans rien dire, Kréature disparut et Harry commença à se diriger vers l'auberge. Avant qu'il y arrive, Kréature revint et annonça que Léo et Rose l'y retrouveraient dès que possible. Et en effet, quand Harry arriva au Chaudron Baveur, Rose et Léo l'y attendaient.

« Comment vas-tu Léo ? » demanda Harry essayant de faire preuve de sympathie mais sans embarrasser Léo.

« Assez bien, » dit Léo.

« Son père est plus durement touché, » dit Rose en se dirigeant vers une petite table et en s'y installant.

Harry et Léo la suivirent et le groupe commanda peu après dans l'auberge connue par tous les sorciers et sorcières de Grande Bretagne.

Dès que le serveur fut reparti, Rose sauta les formalités d'usages. « De quoi voulais-tu parler Harry ? »

« Assez directe, hein ? » demanda Harry en sortant sa baguette et en jetant de subtiles charmes d'intimité autour de leur table. La seule façon pour que quelqu'un puisse les entendre serait de se tenir juste à côté de leur table.

« Tu nous as invité ici, » rétorqua Rose.

Harry hocha la tête et regarda autour d'eux. « Je suis à la recherche d'un autre objet magique. J'espérai que tu puisses avoir un point de vue spéciale pour m'aider. »

« Qu'est- ce qui te fait croire que je pourrais avoir un point de vue spécial, » demanda innocemment Rose alors que Léo semblait mal à l'aise.

« Je suis dans le coin depuis suffisamment longtemps pour savoir que tu prétends avoir des dons de voyance, » dit Harry en regardant Rose dans les yeux. « Maintenant arrête cette comédie et dis moi si tu vas m'aider.

« Que sais-tu de cet objet magique ? » demanda Rose.

Harry expliqua tout ce qu'il avait vu dans l'esprit de Voldemort – où il avait été caché à l'origine et ce que Voldemort avait ensuite fait. « Est-ce suffisant pour toi ? »

« Je suppose, » hésita Rose.

« Tu as déjà réussi en en sachant moins que ça, » dit Léo.

« Oui, » admit Rose, ayant l'air un peu trop sérieuse. « Je vais essayer de voir ce que tu recherches. »

« Je t'en suis reconnaissant, » dit Harry alors que le serveur arrivait avec leurs commandes.

Ils mangèrent en silence avant que Léo ne commence un nouveau sujet de conversation. Donc cette nuit, c'est le grand soir où Dumbledore et nos parents vont rencontrer officiellement le mystérieux Harry Black, » dit Léo. « Que vas-tu leur dire ? »

Harry sourit. « Que devrais-je dire à ton avis ? »

« Tu veux leur assurer que tu es de notre côté, » dit solennellement Rose. « Il y a eu plusieurs spéculations sur tes raisons, surtout en considérant les grandes ambitions politiques de ta femme et ta disparition inexpliquée durant ces dernières décennies. »

« Et bien sûr, il y a le fait que tu sois Lord Black, » dit Léo. « Je ne sais pas si mon père le croit, mais certaines personnes pensent qu'il s'est passé quelque chose de suspicieux pour tu puisses hériter du contrôle de la Maison des Black de mon grand-père en le prenant à mon père. »

Harry remua sa nourriture avec sa fourchette puis fit un sourire aux deux adolescents. « Donc j'ai juste à convaincre tout le monde que mes raisons sont pures et que je suis légitimement devenu Lord Black ? »

« C'est résumé trop simplement, » dit Rose. « Si tu en restes à ces deux sujets, tu pourras éviter de dire où tu étais. Certaines personnes de l'Ordre ont le sentiment que tu les as abandonnés, surtout ma mère. Même si tu étais blessé, tu aurais pu donner des nouvelles. »

« Et nous dire comment terminer cette guerre, » dit calmement Léo. « Avant que d'autres personnes ne meurent. Je ne te blâme pas je dis juste ce que certaines personnes pensent. »

Sentant l'importance de la situation, Harry soupira et lâcha sa fourchette.

« Ce n'est pas si mauvais, » le rassura Léo.

« Ils doivent te soutenir, » dit Rose. « Ils le savent à cause de la prophétie. »

L'intérêt d'Harry fut piqué. « Une prophétie ? Tu sais ce qu'elle dit ? »

« J'ai promis de ne pas la révéler, » dit Rose. « Mais je peux te dire qu'à cause d'elle, l'Ordre n'a pas d'autre choix que de croire que tu es la personne qui pourra vaincre Tu-Sais-Qui. »

« Cela implique-t-il d'être marqué comme l'égal du Seigneur des Ténèbres et de ne pas pouvoir mourir tant que l'autre survit ? » insista Harry.

Rose eut l'air choquée mais elle ne dit rien.

« Je vois que j'ai raison, » dit Harry, se sentant un peu supérieur après avoir réussi à surprendre la jeune voyante.

« Comment peux-tu possiblement savoir ce que dit la prophétie ? » demanda Rose. « Tu vais disparu quand elle a été prononcée. »

Harry sourit et fit un signe vers le bar pour montrer qu'il était prêt à payer. « Je suis dans cette guerre depuis très longtemps, Rose. Il y a des choses que je sais que même Dumbledore ne pourrait pas deviner. »

« C'est étrange de dire que tu es dans cette guerre depuis si longtemps, » dit Léo en regardant autour de lui pour vérifier que le serveur ne revenait pas déjà avec l'addition. « Tu sembles si jeune et Bellatrix aussi. Nos parents disent toujours que Bellatrix ressemble à celle qu'elle était quand elle avait dix-sept ans. »

Harry sourit quand le serveur approcha pour poser l'addition sur la table avant de retourner au bar. « Bellatrix a en fait, toujours dix sept ans. »

« Quoi ? » s'exclama Rose.

« Dément ! » fit Léo alors que Harry regardait l'addition et déposait quelques gallions sur la table. « Vous devez être des voyageurs temporels ! Quel âge as-tu ? »

« J'ai perdu le compte, » dit Harry en se levant et sortant sa baguette, prêt à transplaner. « Comme je l'ai dit ça a été une guerre très longue et stressante pour moi. S'il vous plait, n'en parlez à personne pour l'instant. Vous pourrez toujours vous vanter plus tard de l'avoir su en premier. »

Sidra regardait les décorateurs placer son nouveau bureau à sa bonne place dans le lieu de réception du bureau de Bellatrix au Magenmagot. En arrivant au travail à huit heures du matin, Sidra avait découvert que Bellatrix lui avait déjà préparée une longue liste de choses à faire. Bellatrix avait aussi embauché des décorateurs et Sidra avait toléré leur présence toute la journée pendant qu'ils transformaient les lieux en un bureau élégant et mystérieux.

Le dernier décorateur partit après avoir informé Sidra que la facture allait bientôt arriver. Sidra le nota, puis s'assit à son bureau, savourant le luxe de son nouveau fauteuil.

L'une des portes du bureau de Bellatrix s'ouvrit et Bellatrix vint examiner le travail des décorateurs. « Très joli, » dit-elle en gardant à l'œil Sidra tout en regardant la pièce.

« La facture va bientôt arriver, » dit Sidra à son patron.

« J'en suis sûre, » dit sèchement Bellatrix.

« Quelqu'un a-t-il déjà répondu à mes invitations ? » demanda Bellatrix, se référant à longue liste d'invitations que Sidra avait dû rédiger et envoyer. Il semblait que Bellatrix voulait rencontrer tous les membres du Magenmagot, qu'ils soient actifs ou non, de possibles mangemorts ou non.

« Pius Thicknesse a répondit et il sera là avant la fin de la journée, » dit Sidra en vérifiant ses notes.

« Thicknesse ? Aujourd'hui ? » demanda Bellatrix en exprimant son scepticisme. « Il est étrangement coopératif. »

« Je suppose, » dit Sidra, ne sachant pas en quoi cela le rendait coopératif.

« Très bien, demande au Capitaine Bones au DJM une copie de leur dossier sur Thicknesse. Si elle refuse, dis-lui qu'elle peut la donner maintenant ou attendre qu'Harry vienne et lui ordonne de le faire. »

« Et s'ils demandent ce que tu vas en faire ? » dit Sidra.

Bellatrix leva les yeux au ciel. « Alors dis à Bones que cela ne la concerne en rien. Envoie le message puis viens dans mon bureau. J'ai besoin que tu fasses quelques courses. »

Il ne lui fallut que quelques minutes pour envoyer le mémo. Puis Sidra entra dans le bureau de Bellatrix et vit que le bureau de la sorcière était recouvert de papiers. « Que veux-tu ? »

Bellatrix leva les yeux et regarda la tenue de Sidra. « Tu vas te changer avec des habits moldus, » dit elle en montrant ensuite une pile de dossiers. « Puis tu emmèneras le dossier du dessus au bureau de recensement du gouvernement moldu et tu rempliras les papiers. Puis, dans le second dossier, tu trouveras une liste d'entreprises immobilières et mes notes sur le prix que je suis prête à débourser pour m'acheter leurs services. Si tu trouves une agence qui accepte mes tarifs, demande-leur de m'envoyer un contrat à signer. J'espère que tu as sais déjà quelle adresse ils devront utiliser pour envoyer des courriers au Ministère en passant par la poste moldue. »

« Bien sûr, » se raidit Sidra.

« Une fois que tu auras fini, » dit Bellatrix, « tu te rendras au 2, Privet Drive à Surrey et tu iras voir mon neveu. Ma voiture moldue s'y trouve. » Bellatrix sortit un jeu de clé et les tendit à Sidra. « Sachant que le petit idiot se sert de ma voiture pour son travail, je veux que tu l'as prennes et que tu l'emmènes chez les Weasley. Arthur Weasley a accepté de modifier un peu pour moi. »

« Je ne sais pas utiliser une voiture moldue ! » protesta Sidra.

« Tu ferais donc mieux d'apprendre, » dit Bellatrix.

« Et si je n'ai pas le temps de conduire la voiture chez les Weasley d'ici ce soir, » remarqua Sidra.

« Alors gares-la pour la nuit et termine le travail ce week-end, » suggéra Bellatrix. Elle sortit une bourse de son tiroir ainsi qu'une carte en plastique. « Utilise-ça pour payer les moldus et ce dont tu auras besoin en travaillant pour moi. Au fait, Draco aura sûrement besoin d'un véhicule pour sa petite affaire. Emmène le dans un garage, achète un véhicule bon marché qu'il pourra utiliser pour ses affaires et dis lui que c'est un cadeau d'anniversaire pour tous les anniversaires que j'ai manqué et aussi pour les prochaines. »

Sidra soupira.

« Je te paye bien, » lui rappela Bellatrix. « De plus, tu peux aussi acheter tes repas avec la carte de crédit. Mais garde à l'esprit que si je détecte des irrégularités dans tes dépenses, j'aurai ta tête. »

« N'importe quoi, » grommela Sidra en prenant les dossiers et en quittant le bureau de Bellatrix.

Même si Harry était assis en bout de table, c'est le professeur Dumbledore qui rappela l'ordre du jour après que les personnes présentes eurent fini leur repas. « Il semble que nous soyons prêts à aborder le sujet principal de cette réunion, » remarqua le directeur après s'être éclairci la gorge. Ignorant le regard mauvais que Bellatrix lui lança, à la gauche d'Harry, Dumbledore continua. « Les Black nous ont promis une explication complète, mais la condition est que personne ne révèlera ce qu'ils vont partager avec nous ce soir. »

« Je pense que nous devrions promettre de garder leurs secrets seulement une fois que nous saurons de quoi il s'agit, » intervint Mme Weasley.

« C'est un geste de bonne volonté pour nous de partager nos secrets, » dit fermement Bellatrix en se penchant et en fusillant du regard Mme Weasley. « Harry et moi sommes parfaitement de conclure ce conflit avec le Seigneur des Ténèbres sans vous donner plus d'explications. »

« Vous avez besoin de l'aide de l'Ordre, » rétorqua Mme Weasley. « Vous ne pouvez pas vous attendre à ce que nous vous suivions aveuglément. »

Bellatrix leva les yeux au ciel. « Au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, le Ministre Prewett coopère avec Harry. Nous commandons les aurors. Nous pouvons gagner cette guerre sans vous. Et nous le ferons. »

« Vous ne que commandez qu'un escadron d'aurors, » intervint James Potter.

Bellatrix semblait vouloir répondre mais Harry s'éclaircit la gorge, un peu plus bruyamment que nécessaire toutes les discussions s'interrompirent. « Bella et moi voulons être amis avec toutes les personnes assises avec nous ce soir, » dit-il en les regardant un à un. Les Potter et les Black étaient tous présents, à l'exception du cadet des Potter. Mr et Mme Weasley étaient assis avec les jumeaux, Ron, Hermione et Ginny. Le Professeur Dumbledore, Alastor Maugrey et Remus Lupin étaient aussi présents. « Il y a même certaines personnes n'étant pas présentes aujourd'hui que j'aimerai compter dans mes amis, » continua Harry. « Mais je pense qu'il vaudrait mieux attendre un avant de tout leur dire. »

« Nous ne sommes pas complètement certains de ce que vous essayez de nous dire, » dit le Professeur Dumbledore en dévisageant Harry de son regard bleu pétillant.

Harry soupira. « Ce soir, nous voulons clarifier certains faits. Nous espérons réussir à vous convaincre que vous pouvez nous faire confiance. Nous voulons travailler avec vous. Ce que disait Bella sur le fait d'être capables de gagner cette guerre sans vous est vrai, je pense, mais je préfèrerai le faire avec votre aide. Donc, je vais vous dire certaines choses, mais nous avons besoin que vous prêtiez serment de ne pas les révéler à autrui. »

« Et pourquoi cela doit-il rester secret ? » demanda Sirius, ayant l'air sceptique.

Harry avait eu la prévoyance de réfléchir à cette question avant la réunion. « Pour être parfaitement honnête, » dit Harry en regardant les membres de l'Ordre, » certaines des informations que je vais dévoiler ce soir peuvent changer mon image publique ainsi que celle de Bella. Les mangemorts et la plupart des autres sorciers me voient comme un sorcier très imposant. S'ils apprenaient la vérité, je deviendrai bien moins effrayant et moins efficace dans ce combat. Il en est de même pour Bellatrix. »

« C'est donc une nécessité stratégique, » murmura Maugrey. Harry n'arrivait pas à dire d'après la voix de l'ancien auror s'il approuvait ou non la première raison d'Harry.

« En gros, oui, » dit Harry, prêt à insister. « La seconde raison principale est qu'une partie de cette explication comprend des informations qui ne doivent en aucun cas atteindre les oreilles du Seigneur des Ténèbres. S'il venait à les découvrir et les utilisait à son avantage, ce serait catastrophique. »

« Je pense que les raisons de Mr Black sont valables, » dit Dumbledore, en reprenant le contrôle de la conversation et en écrasant les débats avant qu'ils ne commencent. « Faisons ces serments magiques et écoutons ce que les Black veulent partager avec nous. »

Ce n'était pas aussi simple que ça, mais finalement, tout le monde jura magiquement à Harry qu'ils ne révèleraient rien de ce qu'ils apprendraient d'Harry et Bellatrix ce soir là. Le silence envahit la pièce alors qu'Harry se leva et commença à faire les cent pas au bout de la table. « Je pense que la façon la plus simple serait pour moi de vous expliquer où nous avons été pendant ces vingt dernières années. »

« C'est un bon choix pour commencer, » l'encouragea Dumbledore, son attention rivée sur Harry.

« En fait, » dit Harry, « Bellatrix et moi n'étions nulle part – nous n'existions pas. Vous voyez, Bellatrix possède un objet très spécial qui permet occasionnellement de voyager dans le temps. La nuit où nous avons affronté le Seigneur des Ténèbres au Manoir Jedusor, l'objet s'est accidentellement activé. Nous sommes arrivés peu avant que la mère de Sirius ne s'ôte la vie. Donc pour nous, ça fait moins d'un an depuis que j'ai enseigné les Potions à Poudlard, moins d'un an depuis que Bellatrix était élève à Poudlard, et ainsi de suite. »

Tout le monde à part Rose et Léo était abasourdi. Harry vit que ces deux là savouraient les regards sur le visage de leur entourage, comme lui l'aurait fait s'il n'avait pas été aussi nerveux.

« Attends, tu es plus jeune que moi ! » s'exclama Sidra en fusillant Bellatrix du regard.

Bellatrix fit un sourire triomphant à l'ainée des Potter.

« Cela explique plusieurs mystères, » dit lentement Dumbledore. « Vos jeunesses apparentes et vos disparitions sans laisser de traces. Mais cela soulève d'autres questions. »

« Ce n'était pas votre premier voyage dans le temps, n'est-ce pas, » demanda soudainement Maugrey.

Harry lui fit un sourire. « C'était le premier de Bellatrix mais c'était mon second. Mon premier voyage dans le temps était aussi un accident – je pense. Du moins, ce n'était pas intentionnel. Donc, avant que vous ne m'accusiez d'avoir irresponsablement changé le temps, laissez-moi vous dire que je n'ai jamais voyagé volontairement dans le temps. Je n'ai qu'essayé de faire de mon mieux dans les situations dans lesquelles me précipitaient le destin. »

« Donc vous veniez du futur ou du passé avant ? » demanda Lily, très intriguée.

« Du futur, » répondit Harry.

« Donc vous saviez pour Voldemort, » dit lentement Dumbledore.

« Oui, » admit Harry. « Et s'il vous plait, croyez moi quand je dis que j'ai essayé de saboter sa montée au pouvoir mais il était trop tard. Tout était déjà lancé quand j'étais arrivé. Bella et moi avions juste commencé avec notre théorie pour le vaincre quand nous avons été catapulté dans le futur. Je prévoyais de tout vous dire, Albus et vous aussi Maugrey, dès que Bella et moi aurions confirmé l'existence ce que nous recherchions la nuit où nous avons disparu. »

« Vous ne pensez pas que c'était arrogant de votre part d'assumer tout seul le combat contre Vous-Savez-Qui sans consulter d'autres personnes ? » demanda Sirius, n'ayant pas l'air terriblement impressionné par Harry.

« Je ne pense pas, » dit lentement Harry. Il n'était pas habitué à ce que Sirius soit aussi acerbe avec lui, et le commentaire de Sirius ainsi que son attitude l'avaient ébranlé. Mais heureusement, il avait eu le temps d'y réfléchir et il réussit à répondre presque immédiatement. « D'abord, j'ai pris des mesures pour relayer des informations sur Vous-Savez-Qui à des personnes au pouvoir, même si je n'ai jamais expliqué complètement d'où je tenais ces informations. Deuxièmement, affronter le Seigneur des Ténèbres a toujours été ma responsabilité. Vous voyez, dans ma version du futur, il y avait une prophétie annonçant ma naissance et le danger que je représenterai pour le Seigneur des Ténèbres. »

« Comme c'est extraordinaire, » dit Dumbledore. « Maintenant, je pense que nous pourrions tous débattre sur la façon dont vous avez géré la situation, sur ce que nous aurions fait à votre place mais peut-être pourriez vous nous aider à prendre des mesures objectives. »

« Que voulez-vous dire ? » demanda Harry, perplexe.

« Combien de temps vous a-t-il fallu dans le futur pour vaincre Voldemort ? » demanda Dumbledore.

« Nous avons perdu, » dit Harry. « Toutes les personnes dans cette pièce étaient mortes ou presque quand j'ai quitté ma version du futur. »

« Donc vous nous connaissiez dans le futur, n'est-ce pas ? » demanda Lily.

Harry grinça des dents. Ca n'allait pas être simple. Il n'était pas prêt à admettre qu'il était un Potter. « Je connaissais certains d'entre vous, » admit Harry. « Mais certains d'entre vous étaient déjà morts avant que je sois suffisamment âgé pour me les rappeler. Et certains d'entre vous n'existaient même pas. Honnêtement, je pense pouvoir dire que nous sommes dans une meilleure posture que nous l'étions à la même époque dans mon futur. »

« Vous me connaissiez ? » demanda Lily.

« Pas vraiment, non, » dit Harry, faisant de son mieux pour ne pas mentir. « Je n'ai jamais vraiment eu une conversation avec vous avant notre premier cours de potions. »

« Ca semble plausible, » dit Maugrey avec suspicion, « mais il y a une autre chose qui m'inquiète. »

« De quoi s'agit-il », dit Harry, extrêmement reconnaissant à Maugrey d'avoir interrompu Lily.

Maugrey se rassit et sourit. « Si vous venez du futur, pourquoi n'y a-t-il pas une autre version de vous parmi nous ? »

Harry haussa les épaules. « A ce que je sache, je n'ai jamais existé dans cette version du futur. Apparemment, j'ai assez changé le futur pour éviter de naitre. »

« Ce n'est pas un signe que son histoire est fausse, » dit Dumbledore. « L'univers n'apprécie pas de voir deux personnes identiques exister au même moment. Voilà pourquoi les retourneurs de temps sont sévèrement limités. En fait, si Harry prétendait que son double était dans ce futur ou qu'il allait bientôt naitre, j'aurais douté de son histoire. »

James et Sirius regardèrent Dumbledore avec suspicion. James parla en leurs noms. « C'est une étrange logique, Professeur. Du moins sur le fait que vous prétendez que ce qu'Harry ne fait pas prouve en réalité qu'il dit la vérité. »

« Bien dit, Monsieur, » dit Fred (ou George) Weasley.

« Nous pouvons résoudre cette situation très simplement, » déclara Dumbledore. Il regarda Harry. « Seriez-vous prêt à nous montrer quelques extraits du futur dans une pensine ? Vous pourrez bien entendu être sélectif dans vos souvenirs. »

Harry regarda Bellatrix. Ne décelant pas d'opposition, il fit un hochement de tête à Dumbledore. « Ca ne me posera pas de problèmes. »

Dumbledore se leva. « Je pourrais emmener ma pensine ici, mais je me demandai si cela vous dérangerait de tous me suivre dans mon bureau ? »

Bellatrix ne semblait pas enchantée mais Harry ne voyait pas d'inconvénient à continuer leur réunion à Poudlard. « Allons-y » dit Harry, réfléchissant déjà aux différents souvenirs qu'il pourrait montrer.