Disclaimer: Harry Potter appartient à JK Rowling et cette traduction que je fais de l'histoire de Lord Silvere n'est pas utilisée à des fins commerciales
Reviews: Bonjour à tous! Me revoilà enfin, après ces longs mois d'absence! Je ne vais pas vous déranger plus longtemps, et je vous laisse apprécier votre (vos) cadeau(x) de Noël :)
Chapitre 41 : Le Fantôme de l'ancien futur de Bellatrix.
Le voyage vers Poudlard fut rapide, surtout pour le Professeur Dumbledore qui pouvait transplaner à travers les enchantements du vieux château et pour Bellatrix et Harry qui pouvaient voyager par feu de phoénix. Pendant que le reste de la troupe marchait vers le bureau du directeur, Dumbledore sortit la pensine du cabinet et commença à en expliquer le fonctionnement à Harry. Une fois qu'il eut parlé des règles de base, Dumbledore se lança dans une explication sur une technique plus avancée qu'Harry pourrait trouver utile pour montre ce qu'il voulait.
« Au lieu de mettre un souvenir à la fois dans la pensive, vous pouvez simplement faire une copie de toute votre mémoire et l'y déposer. Une fois que nous serons à l'intérieur, vous pourrez passer de souvenir en souvenir en y pensant spécifiquement, » expliqua Dumbledore.
« Et ensuite, vous garderez la pensine et vous pourrez regarder tous mes autres souvenirs, » dit Harry en fronçant les sourcils d'un air suspicieux. Même s'il voulait clarifier certaines choses, Harry ne voulait pas que d'autres personnes en savent trop sur ses expériences passées et sur des secrets qui seraient cruciaux pour la guerre.
« Même si j'aimerai beaucoup examiner tous vos souvenirs, » dit Dumbledore, « je respecterai votre intimité. Vous pourrez détruire la copie avant que nous partions. Ou vous pourrez la conserver dans un récipient pour plus tard – au cas où vous voudriez nous en montrer davantage par la suite sans avoir à refaire une copie des souvenirs. La sensation, bien qu'inoffensive n'est pas très agréable. »
Harry haussa les épaules. « Votre suggestion me paraît raisonnable. » Suivant les directives de Dumbledore, il copia tous ses souvenirs et les déposa dans la Pensine. Il lui fallut plusieurs minutes et quand il eut fini, tout le monde se tenait devant la pensine, le regardant lui et la pensine en silence, l'anticipation visible sur leurs visages.
« Très bien, faisons-le, » dit Harry se sentant un peu mal à l'aise et il plongea la tête dans la pensine. Il se retrouva instantanément seul dans un environnement brumeux jusqu'à ce que Bellatrix le rejoigne, puis Dumbledore, Maugrey, les Weasley, les Potter et tous les autres.
« Okay, » dit Harry en levant la baguette et en attirant l'attention de tout le monde. « Je suppose que je pourrais vous montrer le moment où j'ai quitté mon futur original et mon arrivée dans le passé que nous avons tous en commun. »
Instantanément, tout le monde se retrouva dans un donjon, regardant Harry interagir avec une Bellatrix misérable, faible et plus âgée. Sachant que sa femme n'apprécierait pas de voir ou que d'autres personnes voient sa version alternative, Harry jeta un regard d'excuses à Bellatrix qui regardait avec horreur sa version alternative et future. Bellatrix croisa le regard d'Harry et haussa les épaules avec résignation.
« Euh, je devrais sans doute expliquer que la Bellatrix que je connaissais à mon époque n'avais jamais voyagé dans le temps, était bien plus vieille que moi et était devenue un mangemort, » dit Harry, commençant à souhaiter profondément que sa femme n'ait pas à voir cette scène du futur. « Mais, comme vous pouvez le deviner, elle était tombée en disgrâce. »
« Pourquoi n'y a-t-il pas de son ? » dit l'un des jumeaux Weasley en regardant les versions de Bellatrix et Harry s'échanger des joutes verbales.
« Le son est contrôlé par Harry, » dit Dumbledore en se retournant vers lui.
Harry haussa les épaules. « Désolé, mais je ne veux pas partager certaines choses dites durant cette conversation. »
Les personnes présentes semblèrent un peu agacées mais leur curiosité les fit regarder de nouveau ce qu'il se passait.
« Comme vous pouvez le voir d'après notre langage corporel, » déclara Harry, « nous ne faisions que nous insulter. Passons au moment qui m'a envoyé dans le passé. » La scène changea et le groupe regarda avec une fascination morbide Bellatrix sortir l'épingle à cheveux de sous ses vêtements. Quelques personnes glapirent quand Bellatrix utilisa la main d'Harry pour plonger l'épingle dans sa poitrine. Peu après, le groupe vit Harry interagir avec une Bellatrix adolescente dans la voute des Black de Gringotts.
« Vous feriez mieux de prêter attention à cette scène, » dit Harry. « Cela prouve que je n'ai rien fait d'illégal pour entrer en possession des biens Black. Je vais même faire en sorte que vous puissiez entendre ce que l'on se dit. »
En silence, le groupe regarda Harry et la jeune Bellatrix parler pour la première fois et vit qu'Harry avait la capacité de retirer de l'argent de la voute Black. Harry et Bellatrix passèrent ensuite un marché et Harry et Bellatrix quittèrent la voute, avec beaucoup d'or pour chacun d'entre eux.
« Il semblerait que ce que vous avez dit à Bellatrix dans la voute est exact – vous avez hérité du titre Black dans le futur, » dit Dumbledore alors que la scène se figeait. « La transmission de tels titre laisse une marque magique sur une personne. Il semble ainsi que vous et Orion étiez simultanément Lord Black sans qu'Orion le sache. La magie contrôlant la fortune Black et le titre qui va avec n'a sans doute pas remarqué qu'un Lord Black était mort quand Orion est décédé. »
«En effet, c'est ce qu'il s'est passé, » confirma Bellatrix
Sirius fronça les sourcils. « Alors comment se fait-il que le testament de mon père est été exécuté normalement ? »
« J'ai envoyé Harry à la banque pendant les funérailles de ton père, » dit Bellatrix. « Il a fait un nouveau testament et l'a fait faire exécuter tout en gardant son anonymat. »
« C'est rusé, » commenta un des jumeaux Weasley.
« En effet, » dit Harry se sentant un peu coupable en y repensant, même si tout avait été orchestré par Bellatrix. Et bien sûr, aucun dommage n'avait été fait. « Les souvenirs que j'ai montré établissent que j'ai voyagé dans le temps et que j'ai obtenu légalement la fortune Black. Vouliez-vous voir autre chose ? Si ce n'est pas le cas, je pense en avoir montré assez. »
« Et qu'en est-il du futur alternatif ? » demanda Lily.
Harry secoua la tête. « Je pense en avoir suffisamment montré pour prouver que je viens d'un futur alternatif. » Il jeta un coup d'œil à Dumbledore pour avoir du soutien. « N'êtes-vous pas d'accord, Professeur ? »
« Je suis d'accord sur le fait que vous nous en avez assez montré pour prouver votre voyage dans le temps, » concéda Dumbledore. « Mais j'espérais que vous nous montreriez un peu plus de choses sur le futur. »
« Peut-être une autre fois, » dit Harry. « Après tout, j'aurais mes souvenirs à portée de main si l'occasion se présente. »
Dumbledore soupira. « Très bien. »
« Mais comment sommes-nous supposés savoir avec certitude qu'Ashworth est de notre côté ? » demanda Maugrey.
« Si nous n'étions pas de votre côté, nous ne serions pas là avec vous, » dit Bellatrix.
Harry sourit. « Je vous montrerais avec plaisir tout ce qu'il s'est passé depuis mon arrivée première dans le passé. »
Dumbledore hocha la tête. « Ca serait grandement apprécié. Commençons avec la nuit où est mort Cygnus Black. »
Harry grimaça, pensant à ce que ça ferait à Bellatrix de voir son père mourir devant ses yeux. Il lui jeta un coup d'œil et vit qu'elle était résolue à le voir. Vu qu'elle était préparée, Harry agita la baguette. Aussitôt, les personnes présentes dans la pensine se retrouvèrent au Manoir Malfoy au moment où Harry, Cygnus et Romulus passaient leurs derniers moments ensembles.
Harry retourna en baillant à son appartement, portant la grande fiole qui contenait la copie liquide de ses souvenirs. Le compromis d'échapper à la réunion sans montrer à l'Ordre trop de souvenirs de son futur avait été de leur en montrer plus par la suite. Ainsi, il avait été nécessaire de préserver ses souvenirs. Il y avait aussi le fait qu'Harry n'avait pas tellement apprécié la sensation de copier tant de souvenirs à la fois.
Le reste du voyage dans la pensine s'était passé sans trop d'incidents. Les membres de l'Ordre avaient demandé à scruter plusieurs des actions d'Harry depuis son arrivée dans le passé. Même s'ils avait été un peu irrités qu'il ne dévoile pas immédiatement tout ce qu'il savait sur le futur à plus de personnes, ils conclurent finalement qu'il y avait peu de choses à lui reprocher.
Après tout, Harry avait prévenu Orion Black et Romulus Malfoy. Harry avait même fait parvenir certaines informations à Dumbledore. Et il était clair d'après les souvenirs d'Harry qu'il avait eu l'intention d'en dire davantage à Dumbledore et Maugrey et l'aurait fait sans le second voyage dans le temps.
A sa surprise, Dumbledore avait même désamorcé certaines critiques envers Harry, en parlant du destin et de l'équilibre temporel tout en suggérant que des instances supérieures avaient certainement subtilement empêché Harry de changer le futur de manière trop drastique.
Trouvant un placard vide dans la cuisine, Harry y enfouit la fiole de souvenirs et verrouilla le placard afin que Kréature n'y ait pas accidentellement accès et que d'éventuels visiteurs ne la trouvent pas.
Tournant déjà ses pensées vers ce qu'il allait faire le lendemain, Harry se rendit dans sa chambre et vit que Bellatrix avait enfilé sa chemise de nuit, s'était glissé dans leur lit et était endormie. Prenant soin de ne pas la déranger, Harry s'y glissa à son tour et éteignit les lumières.
Bellatrix feignit de dormir dès qu'Harry entra dans la pièce, se glissa sans le lit et éteignit les lumières de la chambre. Après ce qu'il lui sembla être une heure, Bellatrix se sentit assez sûre du fait qu'Harry dormait. Se déplaçant lentement et discrètement, elle se faufila hors des couvertures et se rendit dans la cuisine. Là, elle vit que le placard avait été verrouillé. Il fut facile pour elle de l'ouvrir.
Laissant la porte du placard ouvert, Bellatrix prit une fiole et la remplit d'eau. Elle la replaça dans le placard et la métamorphosa pour qu'elle ressemble à la fiole contenant les souvenirs d'Harry. Satisfaite d'elle-même, Bellatrix s'empara de la fiole contenant les souvenirs d'Harry, verrouilla le placard et quitta la cuisine.
Bellatrix monta ensuite dans son laboratoire et y cacha la fiole. Elle s'assit à une chaise près de l'une des fenêtres et commença à rédiger une lettre afin que l'un de ses contacts lui trouve une pensine.
Draco regarda Severus Rogue suspicieusement alors que lui et Narcissa Malfoy essayaient de se fondre dans le décor dans un restaurant moldu près de Privet Drive. Draco se demanda si sa tante Bellatrix approuverait le fait que Rogue vienne avec sa mère pour lui rendre visite.
Mais la plupart du temps il s'inquiétait que sa mère essaie de trouver un moyen de le soustraire à la garde de Bellatrix. Même s'il avait envie de pouvoir quitter Surrey ou même l'Angleterre, Draco doutait que quelqu'un puisse le faire partir en toute sécurité sans déclencher le sort qu'utilisait Bellatrix pour le garder prisonnier. Il avait déjà fait plusieurs tentatives et s'était résolu à ne plus réessayer. Repoussant cette pensée, Draco essaya de se concentrer sur la conversation.
« Severus et moi avons pris une… décision, » dit nerveusement Narcissa à Draco. « Maintenant que ton père est mort, il est temps que j'avance dans ma vie. »
Par miracle, Draco réussit à ne pas blanchir. « Tu veux dire que tu prévoies de te marier ? »
« Pas tant que la guerre fera rage, » bredouilla Narcissa. « Il ne serait pas bon que le Seigneur des Ténèbres découvre que nous éprouvons tous deux de profonds sentiments. Mais Severus et moi voulions que tu le saches. »
Draco haussa un sourcil. Il ne voulait pas particulièrement connaître la vie sociale de sa mère mais il était intéressé quant à ces implications. « Donc… tu crois que le Seigneur des Ténèbres va perdre la guerre. »
Narcissa hocha la tête mais ne croisa pas le regard de son fils. « Ton nouvel oncle a prouvé ses prouesses sur le champ de bataille. Même les actes du Seigneur Noir suggèrent qu'une part de lui craint ce que Harry Black pourrait lui faire. »
Rogue jeta un regard d'avertissement à Narcissa.
Narcissa le remarqua. « Et bien sûr, ta tante a commencé à avancer un grand pas dans sa carrière politique. »
Un silence gênant suivit. Draco ne voulait pas commenter la nouvelle relation de sa mère et Narcissa n'avait pas d'autres choses à dire.
Finalement, Rogue parla. « A quelle fréquence vois-tu ta tante, Draco ? »
« Pourquoi ? »
« Je suis curieux, » dit Rogue.
« Pas souvent, » dit Draco. « Elle semble avoir confié ma garde à sa nouvelle secrétaire. Pourquoi cela t'intéresse-t-il ? »
« J'aimerai mieux comprendre ce que ta tante a en tête, » dit Rogue. « Bellatrix t'a utilisé comme moyen de pression auprès de ta mère pour l'aider à accéder à plusieurs familles connues pour sympathiser ou même soutenir directement les mangemorts – surtout ceux ayant des sièges au Magenmagot. »
« Ca m'a l'air barbant, » commenta Draco. La politique ne l'avait jamais beaucoup intéressé surtout quand elle ne le concernait en rien.
« C'est très inquiétant, » dit Rogue. « Si je comprends bien les actions de ta tante, elle commence à préparer un coup politique qui la propulsera à la tête du Ministère. »
« Et en quoi serait-ce une mauvaise chose ? » questionna Draco. « Peut-être pourrait-elle vous pardonner tous les deux. »
« Voilà précisément le problème, » dit Rogue. « Comment crois-tu qu'elle obtiendra les votes des connexions de ta mère ? Elle ne trouvera pas beaucoup de votes pour elle parmi les partisans de Prewett. »
« Qu'importe, » dit Draco en levant les yeux au ciel.
« Nous voulons que tu gardes les yeux ouverts, » dit Rogue. « J'apprécierai grandement que tu me racontes tout ce que tu pourrais apprendre des plans ou intentions de ta tante. »
« Je vais y penser, mais ne te fais pas trop d'illusions. Ce n'est pas comme si Bellatrix organisait des cocktails à Privet Drive, » dit Draco en regardant sa montre. « Il est temps pour moi de retourner travailler, donc si vous voulez bien m'excuser. »
Il était tard dans l'après-midi quand Draco et les jeunes adolescents qu'il employait terminèrent la dernière pelouse de la journée. Après avoir déposé son dernier employé chez lui Draco gara sa nouvelle Ford Ranger devant le 2, Privet Drive. En se garant, il fut surpris de voir Sidra Potter qui l'attendait sur le pas de la porte.
Il coupa le moteur, vérifia sa coiffure dans le rétroviseur et sortit négligemment de la voiture. Voyant que Sidra descendait du porche, Draco s'appuya contre la voiture. « Tu viens me superviser ? » demanda-t-il avec un sourire en coin.
Sidra sembla indifférente à l'attitude de Draco. « Ta tante veut que j'inspecte la maison qu'elle t'a demandé de retaper il y a un bout de temps. »
« Et bien… allons-y, » dit Draco en montra la voiture du bras.
Sidra soupira et suivit Draco dans la voiture. En route, Draco expliqua qu'avant que Sidra ne lui achète la voiture avec la carte de crédit de Bellatrix, il n'avait pas pu trouver de moyen de se rendre à la maison et il avait ainsi peu travaillé à l'intérieur. Quand ils arrivèrent, Draco fit le tour du propriétaire à Sidra.
« Donc, en gros, tu n'as rien fait, » conclut Sidra après avoir terminé de faire le tour.
« Je ne sais même pas faire les trois-quarts des choses qu'elle a mis sur la liste, » se plaignit Draco avec irritation en donnant un coup de pied dans un sac de matériaux que Bellatrix avait fait livrer.
Sidra leva les yeux au ciel. « Alors tu aurais dû essayer d'apprendre.
« Comme si je pouvais apprendre à faire des choses moldues, » répliqua Draco.
Sidra leva les mains en l'air pour exprimer son exaspération et marcha vers l'avant de la voiture.
Draco la suivit. « Qu'attends-tu de moi ? »
« Peut-être que tu devrais embaucher des moldus qui feraient les rénovations, » dit Sidra.
« Mais alors j'aurai à les payer, » se plaignit Draco.
« Et bien, » dit Sidra, « je pensais que tu l'avais déjà compris avec ta stupide affaire de pelouses. Tu obtiens le travail, tu embauches la main d'œuvre et ensuite tu les fais payer assez pour qu'ils te donnent un peu d'argent pour ce que tu as fait. »
Réfléchissant à la situation, Draco resta silencieux pendant une minute alors que lui et Sidra montaient dans la voiture. Finalement, il trouva une solution. « Peut-être que tu pourrais parler à ma tante et lui dire que si elle m'avançait un peu d'argent, je pourrais embaucher des gens et faire un plus grand profit. Et puis, tu pourrais revenir avec ta carte de crédit et… me superviser. »
Sidra haussa un sourcil. « Ne te fais pas trop d'espoir, Malfoy. »
« Quoi ? » protesta innocemment Draco. « Ma tante peut se le permettre. Elle veut surement faire plus de profits dès que possible. »
« Tu sais de quoi je parlais, » répliqua Sidra.
Sidra étant partie pour toute la journée et son dernier visiteur de la journée venant de partir à son tour, Bellatrix ferma les portes de son bureau privé pour empêcher d'être dérangée – même si c'était peu probable. Sidra n'avait aucune raison de revenir avant le lendemain matin. Et heureusement, Harry était déjà dans les bureaux du DJM afin d'aider Amélia à planifier certain raids pour la nuit à venir et il aurait donc peu le temps de se demander pourquoi sa femme passait toute la nuit à son bureau.
Certaine qu'elle était seule, elle ouvrit l'un de ses tiroirs et sortit sa nouvelle pensine. Ne perdant pas de temps, Bellatrix sortit la fiole contenant une copie de tous les souvenirs d'Harry et la versa dans la pensine. Elle s'arrêta un instant pour regarder les souvenirs tourbillonner à la surface, prit une profonde inspiration et plongea.
Astoria Greengrass savait qu'il était peu probable que ses parents apprécient le verni vert vif qu'elle s'appliquait sur ses ongles de doigts de pied mais elle était sûre qu'ils ne le remarqueraient pas tant qu'elle évitait de marcher pieds nus en leur présence. Refermant la bouteille de verni, Astoria la recacha dans sa table de nuit et commença à souffler sur ses ongles pour les faire sécher plus vite. Satisfaite de leur allure, Astoria retourna sur son lit et réfléchit à la possibilité de prendre un livre à lire quand un grand bruit résonna dans tout le manoir.
La mère d'Astoria poussa un cri aigu. « Les enchantements sont tombés ! »
« Transplanez ! » cria le père d'Astoria.
Sachant qu'elle n'était pas encore capable de transplaner, Astoria satisfit sa curiosité en penchant la tête vers la fenêtre de sa chambre pour avoir une meilleure vue du jardin du manoir. Tout était sombre mais il ne fallut pas longtemps à Astoria pour remarquer deux sorciers en tenue d'aurors qui attendaient près de la porte de derrière, les empêchant efficacement de s'enfuir.
« Par Merlin ! » s'écria la mère d'Astoria. « Ils ont créé des enchantements anti-transplanage ! »
Ayant déjà compris que toute fuite était futile, et au moins dans son cas, inutile, Astoria s'éloigna de la fenêtre et se dirigea vers la porte de sa chambre au moment où Daphné l'ouvrit et s'y précipita.
« Nous devons nous cacher ! » dit Daphné, ses yeux trahissant sa terreur.
« Ce sont les aurors, » souffla Astoria alors que Daphné se mettait vraiment à paniquer. « Tu n'as rien fait d'illégal, n'est-ce pas ? »
« Et bien, non, » dit Daphné en regardant nerveusement autour d'elle. « Mais nous avons beaucoup d'amis mangemorts. »
« On ne peut se cacher nulle part ici, » dit Astoria.
« Suis moi ! » Daphné attrapa la main d'Astoria et la tira vers l'escalier principal.
Se diriger vers l'escalier principal semblait stupide pour Astoria, mais le temps qu'elle formule un autre chemin pour se cacher, les sœurs se trouvaient déjà dans l'escalier. Et avant qu'Astoria ne puisse émettre une de ses suggestions, les portes de l'entrée principale du manoir venaient de s'ouvrir en grand sur une douzaine d'aurors.
« Ne bougez pas ! » cria l'un des aurors alors que plusieurs de ses collègues pointaient leurs baguettes sur elles.
« Cherchez la maison pour trouver les parents et de possibles invités, » ordonna un des aurors tandis qu'un autre s'approchait de Daphné et Astoria.
En quelques instants, Daphné et Astoria furent escortées en bas des escaliers, où, à leur grand embarras, les aurors déterminèrent qu'elles n'avaient pas leurs baguettes sur elles. Après plusieurs minutes tendues, les aurors en charge de la fouille de la maison crièrent qu'ils avaient Mr et Mme Greengrass et que personne d'autre n'avait été trouvé.
Le message fut transmis aux aurors qui se tenaient près des portes pour les empêcher de fuir. Alors que les aurors se rassemblaient autour d'elles, d'autres aurors escortèrent les parents Greengrass vers la porte d'entrée où ils furent poussés quand leurs enfants.
« Qui commande ici ? » demanda Mr Greengrass avec colère, faisant de son mieux pour garder sa dignité.
« Définissez « commander, » répondit Amélia Bones en entrant dans le Manoir Greengrass.
« Qui a eu l'idée de nous attaquer ? » rétorqua Greengrass, répondant avec dédain à la demande d'Amélia.
« Je suppose que les crédits me reviennent, » fit une autre voix, appartenant à une autre personne venant d'entrer dans le manoir.
Les yeux d'Astoria s'écarquillèrent quand elle reconnut Harry Black. Elle avait vu sa photo dans le journal et dans Sorcière Hebdo. Le magasine pour adolescentes en avait fait le portrait d'une jeune icône sexy et stylée mais il portait maintenant d'imposantes robes de combat, noires et rouges et sa baguette semblait prête à attaquer. Ce qui fit frissonner davantage Astoria, ce ne fut pas la baguette qu'il tenait, mais celle qu'elle savait qu'il possédait.
« Lord Black, le Ministre va en entendre parler ! » siffla Mr Greengrass, se préparant à faire jouer tous ses contacts politiques.
« Ainsi que les lecteurs de la Gazette du Sorcier, » dit Harry en souriant alors que ses yeux verts traversaient la pièce, enregistrant tout ce qu'il s'y trouvait avant de se poser sur les membres de la famille Greengrass.
Mr Greengrass ne sembla pas apprécier l'humour. « Personne ici n'est un mangemort, » insista-t-il. « Il est vrai que nous nous accrochons à nos croyances sang pur et à nos traditions mais nous n'avons pas brisé la loi. C'est une tentative pour nous harceler et vous faire gagner des points avec le public. Cela ne serait pas toléré par le Magenmagot ou le Ministre Prewett. Vous n'avez aucunement le droit de nous enlever les nôtres. »
Harry haussa les épaules. « Si vous étiez tous innocents, je suis sûr que j'aurai fait face à de graves répercussions. Mais le fait est que l'un d'entre vous n'est pas innocent. J'ai le regret d'être porteur de ces nouvelles, Mr Greengrass, mais j'espère pour votre bien que vous étiez ignorant de ce que je vais vous dire. »
« Personne ici n'est un mangemort, » insista Mr Greengrass.
Harry leva sa baguette et jeta un sort à la mère d'Astoria. « Nous avons reçu des informations disant que votre femme a des activités extracurriculaires. » Le sort émit de la baguette d'Harry flotta et enveloppa Mme Greengrass, troublant complètement ses sens et capacités. D'un coup de baguette, la manche de sa robe se souleva pour révéler la Marque des Ténèbres.
Le cœur d'Astoria manqua un battement et Daphné glapit. C'était une chose de croire vaguement que les mangemorts pouvaient avoir raison, sans prendre en considération leurs actions les plus extrêmes, c'en était en une autre cependant d'apprendre qu'un membre de leur famille en était un.
Mr Greengrass fit un bruit étranglé.
« Nous arrêtons votre femme pour suspicion d'avoir commis les crimes habituels des mangemorts, » annonça Amélia. « Nous ne presserons pas de charges plus formelles tant que nous n'aurons pas déterminé exactement ses crimes. Par ailleurs, Mr Greengrass, nous allons vous garder en détention jusqu'à ce que nous soyons certains que vous n'avez pas commis de crimes mangemorts. »
« Vous n'avez certainement pas d'informations indiquant que j'ai été mêlé aux actions des mangemorts, » dit Mr Greengrass d'un ton hautain.
« En effet, » admit Amélia, « mais nous devons enquêter sur vous en raison de votre proche connexion avec une mangemort reconnue. »
« Ca n'a pas l'air juste, » dit Astoria, retrouvant sa voix.
« Bienvenue à la guerre, petite. Les victimes des mangemorts ne trouvent pas ça justes non plus, » dit Amélia en faisant un geste à certains aurors pour arrêter Mr et Mme Greengrass et les préparer à être transportés par portoloin dans les cellules du Ministère.
« Et pour Astoria et moi ? » demanda Daphné.
« C'est à Mr Black de le décider, » dit Amélia. « Lui et les aurors vont fouiller votre maison à la recherche d'artefacts maléfiques. A moins qu'il y ait d'autres problèmes, vous êtes assez âgée pour vivre seule avec votre sœur. » Puis elle se détourna des Greengrass et donna plusieurs instructions à ses aurors avant d'utiliser le portoloin pour partir avec les prisonniers, laissant Harry et la plupart des aurors encore à l'entrée du manoir avec Daphné et Astoria.
Astoria et Daphné regardèrent Harry qui les regardaient avec un air calculateur.
« Où voulez-vous commencer votre recherche, Mr Black ? » dit Daphné, essayant d'avoir l'air courageuse.
Harry sourit. « Commençons avec les étages inférieurs du manoir et nous remonterons petit à petit. Et j'ai bien peur qu'il soit nécessaire que vous restiez là en attendant que nous ayons fini nos recherches. »
« Il serait bon que vous leur demandiez de renvoyer les elfes de maison, » suggéra un auror à Harry.
Harry hocha la tête d'un air approbateur. « Oui, appelez vos elfes de maison et dites leur de partir de la maison pendant plusieurs heures. »
Daphné s'exécuta, puis les deux sœurs suivirent Harry et les aurors qui fouillèrent toute la maison. Les aurors furent rapides, efficaces et même assez polis pour remettre tous les objets à leur place. Finalement, pour les sœurs Greengrass ce fut une expérience non douloureuse à l'exception du moment où le moindre de leurs vêtements fut sujet à un sort de diagnostique.
Pendant que Daphné vérifiait que les aurors remettaient tout à leur place, Astoria regardait pensivement Harry Black. A force de lire les journaux et les magasines, elle s'était familiarisée avec son histoire. Elle avait trouvé l'histoire intrigante quand elle avait lu les différentes interventions du Fantôme d'Ashworth jusqu'à sa soudaine ascension magique et politique.
Mais cette nuit, l'intérêt d'Astoria n'est pas strictement académique. Les manières gentlemans d'Harry pendant l'arrestation de ses parents et la fouille de sa maison avait suggéré à Astoria la possibilité de pouvoir lui parler de la situation de ses parents – ou plutôt de le convaincre d'avoir pitié d'eux. Elle avait juste besoin d'attendre le bon moment – ce ne serait pas l'idéal de le faire devant les aurors.
Finalement, les aurors finirent de jeter leurs sorts de diagnostiques sur les objets et l'architecture du grenier du manoir. Le grenier avait été plus désordonné que le reste de la maison et Daphné en avait profité pour demander aux aurors de ranger les choses au lieu de les remettre simplement là où ils les avaient trouvées. Au début, les aurors renâclèrent à l'idée de travailler plus mais Harry avait souligné le fait que ce ne serait pas grand chose.
« Je pense que ma présence ici n'est plus nécessaire, » dit Harry en faisant un signe de tête poli vers Daphné et Astoria. Il jeta un regard aux aurors. « Retournez ensembles au Ministère quand vous aurez fini ici. »
« Vous avez une autre cible ? » demanda l'un des aurors d'une voix pleine d'espoirs.
« Je le pense, » dit Harry en se tournant et en quittant le grenier. « Du moins, si le Capitaine Bones et moi-même réussissons à terminer la paperasse pour l'arrestation de Mr et Mme Greengrass rapidement. »
Voyant là sa chance de pouvoir parler à Harry en privé, Astoria s'empressa de suivre Harry et de le rattraper alors qu'il descendait l'escalier menant à la porte d'entrée.
« Mr Black ! » s'exclama Astoria.
« Oui ? » dit Harry en se tournant vers elle.
Astoria se sentit soudainement embarrassée et n'arriva à se détacher du regard d'Harry. « A quel point… ma mère a des ennuis ? »
« Je ne suis pas sûr, » dit Harry. « Ça dépend de ce qu'elle a fait. »
« Vous ne savez même pas ce qu'elle a fait mais vous l'arrêtez quand même ? » dit Astoria, commençant à s'énerver.
Harry soupira mais il sembla patient quand il parla. « Nous savons avec une certitude absolue qu'elle est une mangemort marquée. Une fois que nous aurons découvert ce qu'elle a fait, nous saurons à quel point elle aura des ennuis. »
« Combien de temps ça va prendre ? » demanda Astoria.
« Ce n'est plus entre mes mains, maintenant, » dit Harry, d'une voix pleine de sympathie. « Je suis sûr que ce sera l'affaire de quelques jours tout au plus. »
Astoria ne voyait pas comment elle pouvait plaider cette cause là mais elle s'accrocha à son autre demande. « Et mon père ? Vous ne savez pas s'il est un mangemort, donc il va bientôt être relâché, n'est-ce pas ? »
Harry regarda Astoria en silence.
« N'est-ce pas ? » répéta Astoria, commençant à se sentir terrifiée.
« D'après ce qui s'est passé ce soir, il n'y a aucun signe indiquant que votre père est un mangemort… » bredouilla Harry.
« Mais ? »
« Mais il m'a appelé Lord Black quand nous nous sommes parlés. J'ai découvert au fil de mes raids que c'est une information significative, » dit Harry.
Astoria ne savait pas quoi dire. Elle savait qu'il y avait une chance que ces deux parents soient envoyés à Azkaban. Ca n'aidait pas non plus qu'elle ne comprenne pas ce que voulait dire Harry.
« Mais vous êtes Lord Black, » rétorqua Astoria. « Ca ne fait pas de moi une mangemort, même si je l'ai dit ? »
Harry sourit. « Votre père aurait été emmené au Ministère pour un interrogatoire, même s'il ne m'avait pas appelé par ce titre, Mlle Greengrass. Je ne fais que prédire ce que la Capitaine Bones va découvrir après l'avoir interrogé. »
« Je pense que la Capitaine Bones va découvrir qu'il est innocent, » déclara Astoria.
« Alors j'espère que vous avez raison, » dit Harry, essayant de lui faire un sourire amical. Il se tourna pour partir mais Astoria n'en avait pas fini avec lui.
« Pourquoi n'attaquez-vous pas le Seigneur des Ténèbres ? » demanda Astoria. « Il est le véritable ennemi. Aucun mangemort n'oserait attaquer le Ministère sans lui. »
Harry se figea, se tourna puis regarda Astoria. « J'y ai déjà beaucoup réfléchi Mlle Greengrass. Mais je crains que le Seigneur des Ténèbres est plus un symptôme que le vrai problème. Je dois éradiquer cette maladie en plus d'en éteindre les symptômes. »
« Donc pour régler le problème, vous allez punir les gens ? » demanda Astoria.
Harry haussa les épaules. « Pour être honnête, je n'ai jamais beaucoup pensé aux punitions. Ce que j'ai fait cette nuit, c'est d'empêcher votre mère et peut-être votre père de continuer à blesser notre société. Au minimum, ils devront réparer ce qu'ils ont détruits. Après, j'espère qu'ils pourront être… réhabilités. »
« Donc vous serez juste ? » dit Astoria, demandant une petite concession de sa part.
Harry écarta les mains d'un air rassurant. « Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour être juste envers les mangemorts et ceux qui ne le sont pas, Mlle Greengrass. Si vous avez le sentiment que le ministère se montre injuste envers vos parents, vous avez l'autorisation de me contacter pour m'en parler. S'il j'ai le pouvoir de faire quelque chose, je le ferai. Si ce n'est pas le cas, nous pourrons avoir une petite discussion avec ma femme. »
« Bien, » dit Astoria.
« Les aurors vont reconstruire vos enchantements de protection, mais je pense que vous avez peu à craindre des mangemorts, » dit Harry en quittant le manoir et en laissant Astoria à l'entrée de son manoir familial.
Bellatrix découvrit qu'il était difficile de naviguer dans les souvenirs non familiers d'Harry dans la pensine. Il était facile de tomber sur les souvenirs la concernant parce qu'elle savait qu'ils existaient. Mais ce n'étaient pas ceux que Bellatrix voulait voir. Après avoir un peu cherché, Bellatrix en conclut qu'elle pourrait réussir à voyager dans les souvenirs en pensant à un lieu ou à une personne en particulier – du moins la plupart du temps. L'index figuratif dans les souvenirs d'Harry ne prenait pas toujours en considération tel lieu ou telle personne du souvenir.
Le sujet de Poudlard ou des Dursley s'avéra être un puissant talisman, même si les souvenirs qui étaient associés avec ces derniers étaient un peu brouillons et mélangés. Bellatrix supposait qu'Harry essayait d'éviter de penser à son enfance. Elle ne l'en blâmait pas et évita ces souvenirs. Les souvenirs d'Harry de Poudlard s'avérèrent cependant assez différent et Bellatrix passa de nombreuses heures à observer certains des exploits d'Harry à Poudlard.
Naturellement, elle regarda Harry secourir Ginny Weasley dans la Chambre des Secrets, puisqu'elle s'était déjà demandée avant comment Harry était tombé sur la Chambre la première fois. Les matchs de Quidditch d'Harry s'avérèrent aussi divertissants même si Bellatrix n'avait jamais été une grande adepte de ce jeu. Pour Bellatrix, ce fut le Tournoi des Trois Sorciers qui l'intrigua le plus – ou plutôt les évènements l'entourant. Elle éclata de rire de façon hystérique en regardant Harry essayer de s'en sortir durant le désastre qu'avait été le Bal de Noël.
Oh Rodolphus, tu n'as jamais eu la moindre chance face à lui, ricana Bellatrix en regardant deux fois d'affilée Harry terminer le Tournoi des Trois Sorciers et échapper à Voldemort. La fin de ce souvenir marqua la fin de l'intérêt de Bellatrix pour les exploits scolaires d'Harry.
Avec peu d'enthousiasme, Bellatrix décida ensuite de faire appel aux souvenirs d'Harry de son autre version. Il serait bon d'en savoir plus sur nous, se dit Bellatrix. Les images de sa future Elle assise dans ce donjon avant qu'Harry ne retourne dans le passé la hantaient toujours. Elle ne voulait pas en voir plus sur elle mais elle avait besoin de comprendre.
Elle ferma les yeux et se concentra profondément sur elle-même. Quand elle réouvrit les yeux, elle se retrouva dans un souvenir qu'elle avait déjà vécu. Elle referma les yeux et se concentra cette fois sur l'image de la Bellatrix qu'Harry lui avait décrite avant son voyage dans le temps.
Elle ouvrit les yeux et se retrouva à l'orée de la forêt en dehors de Pré-au-Lard. Des sorts et des flammes illuminaient la nuit. Harry et un grand nombre de membres de l'ordre se tenaient là et luttaient.
« Déguisez vos sorts imbéciles ! » cria Alastor Maugrey à Harry et à de jeunes recrues de l'Ordre. « Si vous ne le faites pas, tous ces mangemorts seront là avant qu'on ne le réalise et nous n'arrivons plus à rien. »
« Au moins, ça les attirerait hors du village, » grommela Harry en se concentrant sur son noyau magique comme le vieil auror lui avait appris lors d'une leçon privée. Après s'être concentré sur son noyau magique pour s'entrainer aux sortilèges, Harry avait tout de suite réalisé que c'était le moyen le plus efficace pour se battre en duel et utiliser la magie en général, mais cela ralentissait Harry. Maugrey lui avait assuré qu'il finirait par le faire automatiquement, sans avoir à réfléchir et que pour l'instant, Harry n'aurait qu'à le faire que quand il le pourrait et éviter de le faire en plein duel.
« Peut-être qu'un jour ce sera toi qui donneras les ordres, » dit Maugrey à Harry d'un ton grognon, « mais ce soir, tu devras suivre ma stratégie. »
Harry ne répondit pas mais termina de se concentrer sur son noyau et lança un sort qui neutralisa les flammes sur les toits de Poudlard sans indiquer immédiatement aux mangemorts que quelqu'un d'autre avait interféré.
« Vous voyez ce qu'il a fait ? » dit sèchement Maugrey à un autre combattant se tenant au bord de la forêt. « Continuez comme ça. Maintenant, Potter et moi devons bouger. »
Harry attrapa son balai et l'enfourcha à temps pour rattraper Maugrey.
« Très bien Potter, » grogna Maugrey, « voyons ce que tu peux faire pour cibler les plus grands groupes avec les sorts de masse que je t'ai enseignés. Puis, fichons le camps avant de recommencer. »
« Je ne suis pas stupide, » dit Harry en descendant vers la ville, évitant les lumières qui pourraient le rendre visible.
Les membres de l'ordre dans la ville et les villageois avaient visiblement été avertis de la stratégie de Maugrey car ils s'étaient battus de sorte que les mangemorts se rassemblent à des endroits précis, afin de faciliter la tâche d'Harry de les immobiliser ou de les blesser en masse avec ses puissants sortilèges. Sentant une pointe de colère, Harry survola le groupe et jeta un sort explosif au milieu des mangemorts. Le groupe explosa, projetant les mangemorts dans tous les sens, les assommant et en tuant quelques autres.
Harry continua ce scénario jusqu'à ce que la bataille ne se transforme en chaos complet alors que les lignes mangemorts se rompaient et que les défenseurs en profitaient pour les abattre. Des sorciers normaux auraient pris la fuite devant un tel désastre mais les mangemorts craignaient la punition de Voldemort. D'un autre côté, les villageois et les membres de l'Ordre étaient impatients de réduire au plus vite le nombre des mangemorts en vie.
Malheureusement pour Harry, ses réflexions sur cette bataille l'empêchèrent de voir un sort qui l'éjecta de son balai. Atterrissant rudement dans une rue de Pré-au-Lard, Harry grogna en pensant à ce que Maugrey dirait quand il découvrirait qu'Harry s'était laissé toucher en plein milieu de la bataille. Des gloussements firent réagir aussitôt Harry et il se releva.
« Le petit Potter est tombé de son balai ? » demanda Bellatrix Lestrange.
« Lestrange ! » s'exclama Harry, lui jetant plusieurs sorts d'affilée.
Bellatrix les bloqua avec insolence. « Toujours en colère contre moi à ce que je vois. »
« Avada Kedavra ! » cria Harry. Une lumière verte jaillit de sa baguette.
Bellatrix évita le sort mortel qui explosa contre un lampadaire.
« Oui, continue comme ça, tu nous épargneras la corvée de tuer tout le monde comme ça, » se moqua Bellatrix.
Harry jura et lui envoya sort sur sort, essayant de trouver un sortilège qui ne détruirait pas tout autour d'eux et qui ne mettrait pas la vie d'innocents en danger. Malgré tous les efforts d'Harry, Bellatrix arrivait à bloquer ou éviter tous ses sorts, même si elle n'arrivait pas à lui en jeter. Le duel était une impasse.
Finalement, la bataille sembla tourner en la faveur des défenseurs de Pré-au-Lard et plusieurs membres de l'Ordre rejoignirent Harry dans son duel contre Bellatrix. Voyant qu'elle était en infériorité numérique, Bellatrix activa un portoloin et s'enfuit du village.
Méthodiquement, Bellatrix regarda tous les duels entre elle et Harry qui s'étaient déroulés pendant ce qu'elle appelait la Guerre Perdue. Le carnage survenant à chaque duel ou du moins autour de ces duels durant de grandes batailles comme la première qu'elle avait vue la rendait malade. Mais elle arriva à observer les duels entre son autre version et Harry avec une attitude quelque peu détachée. Après tout, ce n'était pas inhabituel pour elle et Harry de se battre en duel – ils s'étaient fréquemment entrainés depuis sa venue de son autre futur.
Mais il y avait une chose qui inquiétait énormément Bellatrix. Harry s'approchait toujours de son autre version avec une incroyable colère et beaucoup de venin dans sa voix. Quand elle repensa à la première fois où elle avait forcé Harry à l'affronter en duel, Bellatrix se souvint qu'il avait réagit de manière similaire – il avait en fait, fait de son mieux pour la tuer. En réalité, cela avait été plus un réflexe de la part d'Harry qu'un réel désir de tuer l'une de ses étudiantes mais le réflexe était la preuve de la haine profonde qu'Harry ressentait envers la future Bellatrix.
La curiosité prit le dessus sur Bellatrix. Elle voulait savoir pourquoi Harry la haïssait autant. Elle ferma les yeux et se rappela l'expression qu'elle avait vue sur le visage d'Harry – la colère, la haine, l'amertume et le venin. Au lieu de se concentrer sur un visage ou un lieu, elle se concentra au mieux sur le sentiment.
Le bruit de sorts et de cris lui indiqua qu'elle avait réussi à conjurer un souvenir. Bellatrix ouvrit les yeux juste à temps pour se voir assassiner Sirius Black via un sort qui l'envoya à travers une arche inquiétante. Elle fit volte face et regarda Harry crier de colère. Puis avec une horrible sensation au creux de l'estomac, Bellatrix regarda Harry chasser l'autre Bellatrix dans l'atrium et essayer d'utiliser le Doloris sur elle.
« Par Merlin », haleta Bellatrix en fermant les yeux et en se forçant à sortir de la pensine, glapissant en en extrayant la tête. Elle recula et se pencha contre le mur de son bureau personnel alors que son esprit essayait de trouver une solution pour se différentier de son autre version. Mais le choc s'avéra être trop important pour elle. Elle tomba ainsi à genoux sur le sol, derrière son bureau.
Une fois que le malaise passa, Bellatrix, toujours à genoux, essaya d'ouvrir un de ses tiroirs. À tâtons, elle réussit à mettre la main du la surface froide et en verre d'une bouteille de whisky-pur-feu. Bouteille à la main, elle s'assit par terre et s'avachit contre le mur. Ne prenant pas la peine de sortir un verre, elle déboucha la bouteille et prit une longue gorgée. Elle avala le whisky-pur-feu et se retint de recracher le feu liquide. Bellatrix posa ensuite la bouteille. Elle regarda son bureau d'un air absent. Puis elle reprit une lampée. Et une autre. Et une autre.
