Disclaimer: Harry Potter appartient à JK Rowling et cette traduction que je fais de l'histoire de Lord Silvere n'est pas utilisée à des fins commerciales.
Chapitre 42 : Négocier le prix de la trahison.
« Il y a quelqu'un ? » fit Sidra en ouvrant la porte du bureau de Bellatrix. Voyant que Bellatrix n'était pas assise derrière son bureau, Sidra s'apprêta à quitter la pièce mais quand elle se tourna, elle aperçut un pied qui dépassait de derrière le bureau. Se figeant, Sidra s'avança et contourna le bureau. Là, elle découvrit sa patrone allongée sur le sol, inconsciente.
« Et bien, je dois dire que je ne pensais pas que tu étais une alcoolique, » dit Sidra avec ironie en remarquant une bouteille vide de whisky pur feu sur le sol avant de se pencher et de toucher le visage de Bellatrix.
Bellatrix grogna et ouvrit un de ses yeux injectés de sang pour regarder Sidra. « Vas-t-en, » chuchota-t-elle. « Je te donne ta journée. »
« Ce n'est pas ce qu'une bonne secrétaire personnelle ferait, M'dame », dit sagement Sidra, savourant la situation et la misère de Bellatrix. « Lèves-toi et mets toi dans ton fauteuil. »
« Non, » chuchota Bellatrix. « Je suis bien là. » Elle ferma les yeux.
Peu impatiente à l'idée de forcer magiquement ou physiquement Bellatrix à s'asseoir sur une chaise, Sidra se leva et regarda autour d'elle. Sur le bureau, elle vit une pensine remplie de souvenirs. « Sont-ce les souvenirs de ton mari ? » demanda Sidra.
A la vitesse de la lumière, Bellatrix se releva et poussa la pensine avec l'une de ses mains. Le bol magique tomba de la table et le liquide s'évapora sur le tapis.
Un sourire moqueur se forma sur le visage de Sidra. Il ne lui fallait qu'une bonne motivation, pensa-t-elle. Cependant, le remède de Sidra s'avéra inefficace car Bellatrix grogna et retomba sur le sol, couvrant ses yeux avec ses mains. Après un moment, elle commença à sangloter.
Se sentant très mal à l'aise et incertaine de ce qu'elle devait faire, Sidra sortit de la pièce et fit appela sa mère via la cheminée de la salle d'attente.
« Maman ! » s'exclama Sidra en mettant sa tête dans le feu et en voyant la cuisine des Potter. « Maman ! »
« Sidra ? » dit Lily Potter depuis une autre pièce. « C'est toi ? »
« Euh, ouais, » dit Sidra alors que Lily entrait dans la cuisine.
« Que se passe-t-il ? Tu n'es pas au travail ? » demanda Lily ?
« Si, » dit Sidra. « Quelque chose s'est passé. Je suis arrivée et ai trouvé Bellatrix sur le sol dans son bureau, bourrée. Je l'ai réveillée et maintenant elle pleure. Je pensais que tu pourrais peut-être m'apporter une bouteille de potion anti-gueule-de-bois de papa ? »
« J'arrive tout de suite, » dit Lily en sortant rapidement de la pièce.
Lily arriva au Ministère en un temps record même si elle s'arrêta d'abord au bureau des aurors pour amener son déjeuner à James. Après avoir quitté le département de James, Lily se dirigea dans le labyrinthe du Magenmagot, en réfléchissant à sa relation avec Bellatrix Black. A Poudlard, Lily avait toujours envié Bellatrix pour sa connexion avec le fascinant Harry Ashworth. Cela en avait fait des rivales – du moins selon Lily. Bellatrix n'avait sans doute pas fait assez attention à Lily pour la considérer comme une rivale.
Maintenant, ça n'avait pas d'importance, surtout depuis que Lily avait appris qu'Harry et Bellatrix n'avait pas pris plus d'un an depuis la dernière fois qu'ils avaient été à Poudlard. Et pourtant pour une étrange raison, la fascination de Lily pour Harry Ashworth, maintenant Black, continuait. Lui et Bellatrix aussi, selon Lily, étaient primordiaux pour le combat contre Voldemort. Même si Lily n'avait pas tellement envie d'être l'amie de Bellatrix, elle voulait se rapprocher le plus possible d'Harry. Et bien sûr, il y avait le fait que l'Ordre avait besoin d'en savoir le plus possible sur Harry et Bellatrix car Harry semblait posséder le pouvoir et l'influence pour changer le cours de la guerre et Bellatrix surfait aisément dans le monde politique.
Lily trouva finalement le bureau de Bellatrix. Elle entra, traversa la salle d'attente et trouva Sidra assise dans le fauteuil de Bellatrix en train de regarder Bellatrix, allongée sur le sol.
« Par la barbe de Merlin, Sidra ! » s'exclama Lily. «Fais preuve d'un peu de décence envers cette pauvre femme. Allonge-là sur un fauteuil ou autre. »
« Elle est heureuse sur le sol, » protesta Sidra.
« Je suppose que c'est pour ça qu'elle grogne et qu'elle se tient la tête entre les mains, » dit Lily avec sarcasme en regardant autour d'elles. «Qu'est-ce que c'est ? » demanda-t-elle en montra la pensine sur le sol.
« Les souvenirs d'Harry, » dit Sidra. « J'ai demandé si c'étaient ceux d'Harry et elle est devenue dingue et les a jetés sur le sol. »
« Oh, taisez-vous, » chuchota Bellatrix.
« Nous allons t'allonger sur un canapé, » dit Lily en essayant d'avoir l'air douce alors que ses yeux se posaient sur un canapé confortable à côté d'une petite table et de quelques fauteuils. Le canapé, les fauteuils et la petite table étaient sans doute là pour que Bellatrix puisse s'y asseoir avec quelques invités pour donner une impression plus informelle. Lily sortit sa baguette et jeta un charme de lévitation à Bellatrix.
Lily et Sidra suivirent la forme flottante de Bellatrix jusqu'au canapé sur lequel Lily posa Bellatrix. Puis Sidra s'assit dans un des fauteuils et Lily sortit une potion anti-gueule-de-bois de sa poche et la fit boire à Bellatrix. La potion fut pleinement efficace après une demie heure. Bellatrix réussit en effet à s'asseoir sans grimacer ou grogner. Cependant, il était clair pour Sidra et Lily, d'après la posture de Bellatrix, qu'elle était épuisée.
« Veux-tu en parler ? » demanda Lily.
« Parler de quoi ? » répondit Bellatrix, sa voix devenue plus rauque à cause du whisky-pur-feu.
Lily fit un sourire connaisseur. « Sur ce qui t'a poussé à boire comme ça. »
« Et bien, » dit Bellatrix, essayant d'avoir l'air joyeuse et rayonnante, mais échouant à cause de sa voix rauque, « mes bookmakers m'ont informé que mon équipe de Bavboules a gagné et j'ai voulu fêter cette victoire. »
Lily ignora l'humour de bas étage et choisit d'être perceptive. Jetant un bref regard vers la pensine renversée sur le sol, elle jeta un regard plein de sympathie à Bellatrix. « La version plus âgée de toi que nous avons vue dans la pensine était assez effrayante, n'est-ce pas ? »
« Avec quelques procédures médicales, elle aurait été comme neuve, » dit Bellatrix.
« Je pense que nous savons toutes que je ne parlais pas de son âge, » dit Lily. « J'imagine que ce doit être un sacré choc de voir une version drastiquement si différente de celle que tu es aujourd'hui. L'important c'est que tu n'es pas celle que tu as vue dans la pensine et tu ne deviendras pas comme elle non plus. »
« Je sais, » dit Bellatrix.
« Donc tu le sais vraiment? » dit Lily.
« Oui, » dit Bellatrix en se couchant sur le canapé et en fermant les yeux.
« Oh, » dit Lily. Elle tourna le problème dans sa tête pendant que Bellatrix se reposait. Finalement, elle comprit. « Tu as peur qu'Harry ait passé… toute sa vie à te connaître en tant qu'une horrible mangemort et que quand il te voit ici aujourd'hui, qu'il te prenne toujours pour cette même personne. »
Bellatrix croisa le regard de Lily, l'expression sur son visage admettant que Lily avait deviné juste et montrant qu'elle appréciait les efforts de Lily.
« Harry est une personne intelligente, » dit doucement Lily. « Je suis sûre qu'il réalise qu'il y a une différence entre toi et celle que tu aurais pu être ou que tu as été dans un autre futur. »
« Il est évident qu'il sait que nous ne sommes pas la même personne, » dit Bellatrix, « mais son subconscient doit avoir… des pensées instinctives ou des sentiments particuliers dès qu'il me voit. Certaines choses ne disparaissent jamais. Un petit faux pas de ma part et je risque de l'envoyer dans les bras d'une autre. Ou pire, il se servira de moi et c'est tout. »
Lily mordilla ses lèvres. « Je pense que le meilleur moyen pour avancer est que tu passes plus de temps avec Harry. »
« Si je pensais que coucher avec lui était la solution, je ne me ferais pas autant de soucis, » dit Bellatrix.
Sidra ricana et Lily la fit taire. « Ce que je veux dire, Bella, c'est que vous devez passez du temps ensembles – sortir manger, aller voir des films au cinéma ou des pièces de théâtre à Londres. Assister à des évènements sportifs. Rester chez vous et parler tranquillement. Vous devez créer des souvenirs heureux qui remplaceront les anciens souvenirs qu'Harry pourrait avoir de ton autre toi. Non seulement, cela permettra qu'Harry reconnaisse qui tu es et non pas ce que tu aurais pu être mais cela permettra aussi de te rassurer que tout va bien dans ton couple. »
Bellatrix se mordit les lèvres en réfléchissant à la suggestion de Lily. Finalement elle prit une décision. « C'est exactement ce que je vais faire. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser, je dois régler certaines choses. Sidra, vérifie mon agenda. »
« Tu as dit que j'avais la journée de libre, » protesta Sidra.
« Dommage que tu ne m'ais pas laissé à ce moment, » remarqua Bellatrix.
Se sentant nauséeuse, Pansy Parkinson récupéra sa baguette du garde à l'entrée du Ministère et se rendit vers les étages supérieurs en prenant l'ascenseur. Le visage vide, elle regarda les panneaux dans l'ascenseur qui indiquaient où se trouvaient les différents bureaux jusqu'à ce qu'un jeune homme charmeur entre à son tour.
« Vous avez besoin d'aide pour retrouver votre chemin ? » demanda-t-il avec son plus beau sourire.
Normalement, Pansy aurait dévisagé le jeune sorcier et s'il avait été dans ses goûts, elle aurait réagit en conséquence, mais aujourd'hui elle n'était pas d'humeur. « Je cherche le bureau de Madame Black », dit-elle de manière maussade.
« Il se trouve dans l'aile du Magenmagot, » dit le jeune sorcier, expliquant à quel étage il se trouvait et comment s'y rendre. Il avait apparemment vu qu'elle n'était pas d'humeur et ne lui avait pas proposé de l'escorter.
Satisfaite, Pansy quitta l'ascenseur, suivit les instructions de son bienfaiteur et se retrouva enfin dans la salle d'attente du bureau de Madame Black. Un visage familier était présent pour l'accueillir, la gamine Potter.
« Que fais-tu ici ? » demanda Pansy, outrée et légèrement embarrassée.
« Je travaille ici, » dit vivement Sidra Potter. « Où es ton père ? Je suis certaine que c'est lui que ma chef voulait voir quand elle m'a demandé de lui envoyer une invitation. »
« C'est pas tes affaires, » grogna Pansy. « Dis juste à ta patrone que je suis là pour la voir. »
Sidra jeta un regard noir à Pansy mais se tourna, ouvrit la porte des bureaux privés de Bellatrix Black et s'y faufila. Après quelques secondes, elle revint dans la salle d'attente. « Elle dit que tu peux t'asseoir et te distraire pendant qu'elle termine ce qu'elle fait, » dit Sidra.
« Peut-être bien que je vais me distraire en effet, » dit Pansy d'un ton grave, mais étrangement plus à l'aise. Se jeter des insultes avec Sidra Potter avait été après tout une des grandes activités de sa vie ces sept dernières années.
Pansy s'installa loin du bureau de Sidra, croisa les jambes et prit une pose de grande réflexion et de concentration comme pour indiquer à Sidra qu'elle pensait à quelque chose de très important. En réalité, c'était le cas. Comment allait-elle sortir sa famille de cette situation ?
Finalement, Sidra reçut le signal d'introduire Pansy dans le bureau. Bellatrix était assise dans un fauteuil richement décoré derrière une vieille table. Bellatrix lui fit signe de la tête de s'asseoir devant son bureau. Interprétant correctement le signal, Pansy s'installa dans le fauteuil alors que Sidra quittait la pièce et fermait la porte derrière elle.
« Votre père doit être si courageux, » dit Bellatrix d'une basse et rauque.
« Que voulez-vous dire ? » demanda Pansy, regrettant la question dès qu'elle eut quitté sa bouche. Elle savait ce que voulait dire Bellatrix et elle était tombée dans le piège de l'autre femme. Elle se sentit rougir et elle regarda ailleurs.
Bellatrix croisa les mains et dévisagea Pansy. « Si vos parents avaient passé plus de temps à vous élever et moins de temps à détruire le pays avec le Seigneur des Ténèbres, peut-être auraient-ils pu être les fiers parents d'une véritable héritière au sang pur. Le fait est qu'aujourd'hui, ils perdent la guerre et ils vous ont aussi perdue. »
« M'avez-vous fait venir ici pour m'insulter ? » dit sèchement Pansy. « Je n'ai pas à supporter ça ! »
« En fait, j'ai demandé à votre père de venir et mes insultes sont pour lui, » clarifia Bellatrix. « Admettez-le, jeune fille, votre père est un si grand lâche qu'il envoie une sorcière adolescente pour le protéger de moi. »
« Mon père n'est pas stupide ! » siffla Pansy. « Il sait dans quel sens souffle le vent. »
« Ah oui ? » demanda Bellatrix. « Dites moi, dans quel sens souffle le vent ? »
« S'il était venu ici aujourd'hui, vous lui auriez donné le choix entre accéder à vos requêtes ou être envoyé à Azkaban, » dit Pansy, semblant dégoutée de Bellatrix. « Et s'il avait réussi à trouver un moyen de quitter le ministère après avoir refusé vos demandes, il aurait trouvé l'escadron personnel d'aurors de votre mari en train de frapper à sa porte à minuit. »
Bellatrix haussa un sourcil et ouvrit un dossier se trouvant sur son bureau. « Je ne suis pas une auror pouvant arrêter des gens et je ne vois pas d'avis d'arrestation dans le dossier de votre père. »
« Vous voyez ! » dit Pansy en pointant d'un doigt tremblant le dossier, « le fait que vous ayez ce dossier est la preuve de vos plans diaboliques. Et s'il y a un dossier, c'est qu'il a probablement suffisamment de preuves pour le faire arrêter. Ce n'est qu'une question de temps avant que votre mari ne décide de s'intéresser à mon père. Et bien devinez quoi ? Ma famille va se cacher. Votre mari ne pourra jamais la retrouver après aujourd'hui. »
« Bien, » dit lentement Bellatrix, « si votre père est suffisamment intelligent pour deviner mes méthodes, peut-être est-il aussi suffisamment intelligent pour comprendre ce que je veux de lui. »
« Même moi je le comprends, » dit Pansy. « Vous voulez son vote quand vous essaierez de renverser le Ministre Prewett. »
« Vos talents d'observation m'impressionnent. »
« Et bien j'ai de bonnes nouvelles pour vous, Madame Black, » cracha Pansy, « mon père n'utilisera pas son vote au Magenmagot en faveur d'une…salope manipulatrice et avide de pouvoir comme vous. »
Bellatrix gloussa. « Votre père vous a-t-il vraiment dit de me dire ça ? »
Les joues de Pansy rougirent.
« Je le savais, » dit Bellatrix en continuant à rire. « Non, votre père voulait se servir de vous comme messagère. N'a-t-il pas été suffisamment clair avec vous ? »
« Que voulez-vous dire ? » demanda Pansy.
« Il semble que votre père soit aussi conscient de votre manque évident de manières en ce qui concerne la politique et les affaires des sangs purs. Il savait que vous ne seriez pas capable de gagner une joute verbale contre moi. Votre présence aujourd'hui est pour me transmettre un message. Tout ce qui est sorti de vos lèvres durant notre conversation était un plus. Et maintenant, je vais vous renvoyez à lui avec ma réponse. Dites à votre père que je vais lui donner l'opportunité de voter selon mes désirs à un moment crucial et de pouvoir bénéficier d'une certaine clémence si lui et ses compagnons mangemorts aident à terminer cette guerre d'une manière satisfaisante quand je leur ferai signe. »
La bouche de Pansy s'ouvrit et elle essaya de dire quelque chose, mais Bellatrix leva la main.
« Je me moque de ce que vous voulez dire. Si votre père n'aime pas cette idée, vous pourrez lui dire que si la défaite du Seigneur des Ténèbres ne se fait pas facilement, mon mari n'aura pas d'autres choix que d'exterminer tous les soldats qui se tiendront entre lui et le Seigneur des Ténèbres. »
Pansy essaya de nouveau de parler mais Bellatrix se leva, sortit une enveloppe scellée de sa manche et la tendit à Pansy. « Délivrez ça à votre père. »
« Qu'est-ce qui vous fait croire que mon père va coopérer ? » dit rapidement Pansy avant que Bellatrix ne la coupe.
« Il est un trop grand lâche pour ne pas le faire, » répondit simplement Bellatrix.
A plusieurs reprises, les scènes qu'Harry avait vues dans l'esprit de Voldemort apparurent alors qu'Harry dormait. Même si les rêves étaient dérangeants, Harry avait envie de trouver des informations lui permettant de découvrir la nature et le lieu du dernier horcruxe. Il se concentrait sur tout mais était frustré car les rêves passaient trop vite et sans assez de détails. Et puis il avait toutes les raisons de douter que ses rêves soient le reflet exact de ce qu'il avait vu. Après tout, c'étaient des rêves.
Avant qu'Harry ait l'opportunité de réellement apprendre ce qu'il ne savait pas, il se réveilla. Il soupira et roula sur le côté, essayant de repousser le moment de se lever et essayant de se persuader que sa somnolence lui permettrait de se rendormir.
Finalement, une délicieuse odeur émanant de la cuisine convainquit Harry de se lever. Après un arrêt à la salle de bain pour une rapide douche, Harry s'habilla et se rendit dans la cuisine et découvrit que Bellatrix avait prit quelque chose à emporter. Ce n'était pas inhabituel – dès que Bellatrix était en charge du repas elle prenait soit à emporter ou réchauffait un plat congelé. Mais cette fois, elle avait pris le temps de mettre la table et de servir la nourriture dans leur vaisselle.
« Que se passe-t-il ? » dit Harry, curieux, alors qu'il s'installait à sa place.
« Je pense que ce serait bien que l'on ait un petit rendez-vous, » dit Bellatrix avec enthousiasme en se penchant pour embrasser Harry.
Harry fut aussitôt sur ses gardes mais il choisit de ne pas poser de questions – il doutait de toute façon qu'elle lui aurait donné une réponse.
S'installant à son tour, Bellatrix prit une fourchette et commença à détailler leur rendez-vous pendant qu'ils mangeaient. « Dès que nous aurons fini de diner, nous irons au cinéma moldu. Après nous transplanerons dans un joli parc et nous nous promènerons et terminerons la soirée en mangeant une glace. »
« Tu réalises que j'ai un travail, n'est-ce pas ? » dit Harry, savourant le repas malgré son excitation.
Bellatrix fit la moue en prenant un verre d'eau. « Tu auras tout le temps que tu veux pour aller travailler. »
« Oh bien, » dit Harry, osant lui faire un clin d'œil charmeur, « parce que j'aime vraiment mon travail. »
Bellatrix ignora sa blague et continua la discussion sans parler de leur travail. « As-tu déjà pensé à notre avenir – tu sais, à ce que nous ferons quand la guerre sera terminée ? Par exemple, où nous vivrons ? »
Harry haussa les épaules et sourit devant sa ruse. « Je pensais que nous vivrions ici. Nous pourrions virer les propriétaires des boutiques en dessous et transformer le lieu en une sorte de résidence de ville. »
« Ce serait la résidence de plus mauvais goût du quartier, Harry, » dit Bellatrix.
« Tu ne vas pas me dire que je suis un idiot ? »
« Pas durant notre rendez-vous en tout cas, » dit Bellatrix.
« Je pense que je vais apprécier ce rendez-vous, » songea Harry en coupant une pomme de terre avec sa fourchette. « On peut faire ça plus souvent ? Comme tous les soirs ? »
« Ce ne serait pas une occasion spéciale si on faisait ça tous les soirs, » souligna Bellatrix. « De plus, il faut penser à ton travail. »
« Je vais probablement être viré après la guerre, » prédit Harry. « Donc peut-être que nous pourrions programmer un rendez-vous par semaine et je me contenterai de souffrir des inconvénients de t'aimer les nuits où je devrais aller au travail jusqu'au jour où je n'aurais plus d'emplois. »
« Je ne me sens pas à l'aise à l'idée de te faire faire un tel sacrifice, » contra Bellatrix, » mais si tu insistes, je suppose que nous pourrons organiser un autre rendez-vous la semaine prochaine. »
« Ou plus tôt, » dit Harry, avec un sourire joueur. « Je veux dire, si nous sommes libres demain soir, nous devrions sans doute en profiter. On ne sait jamais ce qui pourrait arriver. »
Bellatrix prit une expression pensive en mâchant. Après une longue pause, elle avala et annonça le verdict. « Je pense que nous allons d'abord voir comment se déroulera le rendez-vous de ce soir. Maintenant mange plus ou nous serons en retard pour le cinéma. »
Même si le film fut un navet et que le cinéma était rempli de filles jacassantes et gloussantes et de quelques couples, Harry apprécia le film bien plus que Bellatrix, même si Bella trouva d'autres moyens de se distraire. L'amusement de Bellatrix embarrassait Harry plus que tout mais il explosa de rire quand une adolescente qui avait parlé pendant tout le film hurla alors que les glaçons du verre de Bellatrix atterrirent dans le creux de sa robe.
Dès que le générique de fin commença, Bellatrix attrapa la main d'Harry et à l'arrière du cinéma plongé dans le noir, elle les fit transplaner dans un joli petit parc. Ils discutèrent en marchant et Bellatrix ramena peu après le sujet sur leur futur.
« Je pense que ce serait merveilleux de reconstruire Ravenbourgh, » dit Bellatrix à Harry. « Nous avons des montagnes d'or et mes investissements nous rapporteront bientôt beaucoup. »
« Que feraient deux personnes avec une si grande maison ? » demanda Harry.
« Nous pourrions peut-être avoir un ou deux enfants ? » suggéra Bellatrix.
« Donc, quatre personnes dans une maison vraiment très grande, » dit Harry en montrant qu'il pensait toujours que Ravenbourgh serait excessif.
« Nous pourrions inviter Sirius et Leo à vivre avec nous, » suggéra Bellatrix, « ou tous les Black. Après tout, c'est notre demeure ancestrale. J'ai souvent vécu avec mon oncle et ma tante à Square Grimmaud. »
Harry semblait plongé dans ses pensées. « Je sais comment nous pourrions amener plus de personnes à vivre avec nous ! Nous pourrions convaincre Léo et Rose de convoler et leur donner asile. »
« Ta mère te tuerait, » dit Bellatrix alors qu'ils s'arrêtèrent pour acheter une glace. Lentement, ils se dirigèrent vers un banc et s'y assirent.
« Ce serait ennuyait de toute façon, » dit Harry, en retournant à conversation sur la fuite amoureuse. « Je pense que tout le monde sait qu'ils vont finir par se marier. Il serait plus drôle de convaincre Sidra de s'enfuir pour se marier. Maintenant, y-a-t-il un jeune homme que nous haïssons tous les deux ? »
Bellatrix leva les yeux au ciel. Ayant mangé suffisamment de glace, elle jeta le reste de son cornet dans une poubelle à côté du banc, sortit une plume auto-encrable et commença à dessiner sur sa serviette. « Nous n'avons pas à reconstruire Ravenbourgh comme c'était à l'origine, » dit-elle à Harry. « On peut le construire de manière plus modeste. »
« Est-ce qu'on pourra avoir un terrain de Quidditch ? » demanda Harry.
« Oui. »
« Très bien, construis le et je viendrais. »
Plus tard, cette nuit, Harry rentra joyeusement dans ses bureaux du DJM et trouva Amélia en train d'examiner des cartes de la Grande Bretagne et des lises de potentielles cibles pour leur escadron d'aurors. Harry s'installa à côté d'elle. « Vous avez quelqu'un en tête ? » demanda-t-il.
« Pas vraiment, » dit Amélia. « Et vous ? »
« Non, » dit Harry.
« Oh. »
Amélia recommença à examiner les papiers sur son bureau. « Que pensez-vous des Parkinson ? » demanda-t-elle.
« N'est-il pas au Magenmagot ? » demanda Amélia.
« Pour l'instant, » dit Amélia. « Si nous découvrions qu'il est un mangemort et que nous arrivions à le condamner pour ses crimes, il serait viré du Magenmagot. »
« Oui, mais j'espérais éviter les membres du Magenmagot qui n'ont pas l'habitude de souvent troubler l'ordre public, » dit Harry. « Ils pourraient être plus utiles plus tard. Vous savez, si nous avons besoin de faire de spectaculaires arrestations ou faire pression sur d'autres mangemorts. »
« Je vois, » dit Amélia. « Dites moi, votre femme vous suggère-t-elle des cibles potentielles pour notre escadron ? »
Harry secoua la tête. « Nous ne parlons pas tant que ça de mon travail. »
« Intéressant, » soupira Amélia en détournant son regard des cartes. « Je parie que votre femme est très douée aux échecs. »
Harry sourit en réfléchissant à ce commentaire. « J'avais l'habitude de jouer au échecs avec un de mes camarades de classe. Je n'ai jamais essayé de jouer contre Bella. Peut-être que je vais aller acheter un jeu d'échecs. »
« Faites donc ça, » dit sèchement Amélia. « Donc, que voulez-vous faire ce soir ? »
« Pouvons-nous faire des raids d'artefacts de magie noire même si nous n'avons pas la preuve qu'une famille a un membre mangemort ? » demanda Harry en repensant à l'horcruxe fantôme qui s'était trouvé avant dans la résidence de Walburga Black.
« Je suppose que oui, » songea Amélia, «mais nous devrions faire quelques recherches pour trouver des raisons valables de visiter ces maisons. »
« Essayons ça ce soir, » décida Harry. « Les raids de mangemorts ont baissé et nous ne tombons plus que rarement sur les mangemorts chez eux. Maintenant, je pense que notre priorité première sera de récupérer l'un des objets magiques du Seigneur des Ténèbres dont je vous ai sans doute déjà parlé. »
C'était probablement parce qu'il était revenu du travail plus tôt qu'Harry trouva Bellatrix dans le salon et toujours réveillée. D'une façon ou d'une autre, elle avait trouvé des cartes de Ravenbourgh ainsi que certaines photos du manoir originel. Harry n'avait pas particulièrement envie de parler de Ravenbourgh mais il s'assit sur le canapé à côté de Bellatrix afin de mieux la voir examiner les options pour Ravenbourgh.
« je pense que le manoir originel était bien trop démodé, » dit Bellatrix à Harry pour le saluer. « Une fois que nous nous serons débarrassés des murs en pierre, la taille du manoir réduira considérable sans perdre l'espace de vie qu'il avait à l'origine. »
« Okay, » dit Harry en se penchant en arrière et en savourant les coussins confortables. « Mais tu réalises, j'espère que si tu reconstruis ce bâtiment alors que la guerre est toujours en cours, il deviendra une cible ? »
« La guerre se terminera bien avant que nous ayons terminé les plans du manoir mais je me demande s'il ne faudrait pas quand même commencer à nettoyer un peu les ruines, » songea Bellatrix.
« Fais ce qui te semble être le mieux, » marmonna Harry, se sentant un peu fatigué et il s'allongea donc sur le canapé et ses yeux se fermèrent alors qu'il écoutait le bruit de la plume de Bellatrix sur le parchemin.
Harry s'était presque endormi quand elle abandonna ses piles de parchemin et qu'elle se coucha contre lui. Elle l'embrassa et, à moitié endormi, il l'embrassa à son tour.
Harry se réveilla seul sur le canapé le lendemain. Supposant que Bellatrix était partie au travail, Harry appela Kréature. « Trouve Rose Potter et Léo Black », demanda Harry en baillant. « Dis leur discrètement qu'ils sont invités à une petite réunion que je vais avoir avec le Professeur Dumbledore. Ils peuvent me retrouver à Poudlard dans une petite demie heure. »
« Oui Maitre, » dit Kréature avant de disparaître.
Harry se prépara rapidement et trouva quelque chose à manger dans la cuisine. Une fois prêt à sortir, il se dirigea vers un placard de la cuisine, annula les verrous magiques, attrapa la fiole et utilisa le feu de phoénix pour apparaître directement à Poudlard.
Harry ne fut pas surpris de voir que Rose et Léo l'attendaient déjà. « Ca ne cesse jamais de m'étonner de constater que vous répondez toujours immédiatement présent quand je vous appelle. »
« Je suis de toute façon toujours avec Rose, » admit Léo.
« Je vois, » dit Harry en faisant signe aux deux adolescents d'avancer vers le château.
« As-tu vraiment un rendez-vous avec le professeur Dumbledore ? » demanda Rose.
« Non, » admit Harry. « Mais je pense qu'il sera prêt à abandonner ce qu'il fait pour moi. »
« Et s'il n'est pas là aujourd'hui ? » demanda Rose.
Harry haussa des épaules. « Je pense que nous pourrons faire ce que je voulais faire de toute façon si la Salle sur Demande coopère. »
« Et qu'allons-nous faire alors ? » demanda Rose, en persistant.
« Essayer d'identifier le dernier horcruxe, » dit Harry alors qu'ils entraient dans le château. « Une fois que nous saurons ce qu'il est et où il est, nous pourrons commencer à prévoir les funérailles du Seigneur des Ténèbres. »
« Tu veux utiliser mes pouvoirs de voyante, » dit Rose.
Harry hocha la tête. « C'est une part possible de ma stratégie. » Il sortit la fiole de l'une de ses poches. « Je vais partager mes souvenirs de ce que j'ai vu dans l'esprit du Seigneur des Ténèbres. Peut-être qu'alors nous pourrons discuter de ce que j'ai vu. Et peut-être que toit, Rose, tu pourras exploiter mes souvenirs pour avoir une vision. »
Avec une expression étrange, Rose regarda la fiole. « Attends, c'est la même fiole dans laquelle tu as mis tous tes souvenirs pour la pensine ? »
« Oui, » dit Harry.
« Oh, » dit Rose en ayant l'air inquiète, « okay. »
Ils marchèrent en silence pendant quelques instants.
« Tu ne devrais pas montrer ça aussi à ta femme et à Hermione ? » demanda Léo.
« Bella pense avoir fait tout ce qu'elle pouvait à propos des horcruxes, » dit Harry. « Et quant à Hermione, je suppose que nous la trouverons ici. »
Harry s'avéra avoir raison car quand ils entrèrent dans le bureau du professeur Dumbledore, ils virent que ce dernier et Hermione discutaient de certains théorèmes magiques qu'Hermione étudiait. Malgré l'interruption, Dumbledore et Hermione étaient impatients d'aider Harry.
Dumbledore sortit rapidement la pensine, Harry déboucha la fiole et la vida dans la pensine. Mais au lieu de tourbillonner, le contenu de la fiole disparut.
« Est-ce normal ? » demanda Harry en regardant la pensine.
« Vous avez dû prendre la mauvaise fiole, » dit Dumbledore en fronçant les sourcils.
« Non, » dit lentement Harry en regardant la fiole puis la pensine, « c'est la bonne fiole. »
« Peut-être que quelqu'un l'a volé, » suggéra Rose d'une toute petite voix.
Harry secoua la tête. « Impossible. Mon appartement est très bien protégé – surtout depuis que Bellatrix y a entreposé les horcruxes que nous avons trouvés. »
« Et bien peut-être que Bellatrix a emprunté tes souvenirs, » suggéra Léo.
Rose jeta un regard bouleversé à Léo.
« Bellatrix… » dit lentement Harry en prenant un regard lointain.
« Tu penses que c'est elle ? » demanda Hermione.
Harry sourit soudainement. « Bien sûr que c'était elle. Ça expliquerait beaucoup de choses. »
« Expliquer quoi ? » demanda Dumbledore.
« Son comportement, » dit Harry.
« Avez-vous essayé de garder des secret hors de sa portée ? » demanda rapidement Dumbledore, ses yeux bleus regardant intensément les yeux verts d'Harry.
Harry haussa des épaules. « J'espérais l'épargner de connaître certaines choses sur mon futur. Nul dommage n'a été fait à part à nous. »
« Donc, que vas-tu faire ? » demanda Rose.
« Recommencer, » déclara vaguement Harry en sortant sa baguette. Il jeta un coup d'œil au Professeur Dumbledore. « Je suppose que je dois refaire le même processus que la dernière fois pour obtenir le souvenir que je veux vous montrer. »
« Oui, » confirma Dumbledore.
Harry utilisa sa baguette pour sortir le souvenir de sa tête et le placer dans la pensine. A son signal, le groupe entra dans la pensine. A leur désarroi, ils découvrirent que regarder ce souvenir était très difficile. Même s'ils étaient visiblement dans le souvenir, les couleurs tourbillonnaient autour d'eux et ne prenaient pas de formes reconnaissables. Le son était un peu mieux mais personne n'arrivait à comprendre ce qui était dit.
« Comment as-tu réussi à identifier l'horcruxe du Ministère et le serpent ? » demanda Léo.
« J'en ai vu plus que ça, » dit lentement Harry en se tournant et en essayant de se repérer.
« Il y a certaines choses qui ne peuvent être comprises dans une pensine, » remarqua Dumbledore, semblant lui aussi déçu.
« Je suppose qu'il faudra trouver une autre solution, » soupira Harry.
« N'abandonnons pas si vite, » dit Hermione. « Harry, te souviens-tu ce que nous sommes supposés regarder ? »
« Dans l'ensemble, oui, » dit Harry. Il agita sa baguette et tout se figea autour d'eux. « C'est là que j'ai commencé à chercher l'horcruxe. Le Seigneur des Ténèbres et quelques mangemorts étaient dans une pièce. La forme originelle de l'horcruxe est dans la pièce. »
« Alors observons ensembles ce souvenir, » dit Hermione. «Fige le souvenir dès que la scène se terminera. »
Ils regardèrent le souvenir deux douzaines de fois au moins et Harry essayait d'associer certains détails du souvenir avec ce dont il se souvenait, puis il les leur expliqua. Finalement, ils arrivèrent au moment exact où Voldemort transférait une portion de son âme d'un horcruxe à un autre.
« C'est sans espoir, » déclara finalement Harry en figeant le souvenir.
« J'ai bien peur que vous ayez raison, » dit Dumbledore après un moment.
« Peut-être que nous nous concentrons trop sur ce que l'on peut voir avec nos yeux, » dit Rose en s'avançant vers Dumbledore et Harry. « Relance le souvenir et laisse moi essayer quelque chose. Rejoue le à chaque fois qu'il se terminera. »
Dumbledore haussa des épaules et Harry hocha la tête en agitant sa baguette. Rose se tenait au centre du souvenir et fermait les yeux. Pendant l'heure qui suivit, le groupe regarda Rose se tenir debout en silence alors qu'Harry répétait en boucle le souvenir.
Harry était prêt à abandonner quand Rose parla soudainement pour la première fois depuis qu'elle avait fermé les yeux. « Arrêtes le souvenir maintenant ! »
« Tu vois quelque chose ? » demanda Léo.
« En quelque sorte, » dit Rose, essayant visiblement d'avoir l'air mystérieuse.
« Alors explique, » dit Harry d'un ton fatigué.
« N'est-ce pas le moment exact où l'horcruxe change d'hôte ? » demanda Rose.
« Oui, nous l'avions déjà déterminé avant, » dit Hermione ayant l'air très exaspérée.
« Je ne pouvais pas le savoir, » se défendit Rose. « J'étais concentré sur mon troisième œil. »
« Moui, » dit Hermione, n'ayant pas l'air convaincue.
« Dis nous juste ce que tu as vu, » la coupa Harry.
« Ce n'est pas vraiment quelque chose que l'on peut voir, » essaya d'expliquer Rose.
« Miss Potter, » dit sévèrement Dumbledore.
Rose soupira. « Je pense que l'horcruxe se trouve maintenant dans un des mangemorts. »
« Est-ce possible ? » demanda Harry.
« Bien sûr que oui ! » dit Hermione. « Tu as bien vu qu'un des horcruxes se trouve dans le serpent. »
Harry haussa des épaules. « Je pensais qu'il serait plus simple de le transférer dans un familier. Je veux dire, un serpent n'est pas la même chose qu'un sorcier. »
« Ca me semble être une brillante idée, » dit Léo. « Il est difficile d'attraper un horcruxe s'il peut courir et répliquer. »
« Je le suppose, » dit Harry, dubitatif. « Mais il me semble qu'il serait plus sûr de garder une portion de son âme dans un objet que l'on peut cacher sans avoir à s'inquiéter qu'il ne fuit ou qu'il décide d'aller boire un coup. »
« Et pourtant la stratégie des objets inanimés ne semble pas fonctionner pour Tu-sais-Qui, » ricana Léo.
Dumbledore intervint. « Etes vous complètement certaine que l'horcruxe se trouve maintenant dans un mangemort, Miss Potter ? »
« Oui. »
« Mais envers quel mangemort, Vous-Savez-Qui pourrait-il avoir suffisamment confiance pour y abriter son horcruxe ? » s'étonna Hermione.
« Ou quel mangemort pourrait-être aussi dévoué ? » dit Léo en retournant la question.
Lily posa le dernier plat du diner sur la table que son mari et ses deux plus jeunes enfants regardaient avec impatience. Elle s'assit et la famille était sur le point de commencer quand la porte d'entrée s'ouvrit sur Sidra.
« Tu arrives juste à temps, » dit James en souriant à sa fille ainée.
« Je suis si épuisée, » se plaignit Sidra en se débarrassant de ses bottes moldues et en rejoignant le reste de la famille à table. « Cette sorcière est complètement folle ! Elle ne s'arrête jamais ! »
« Et bien, elle est plus jeune que toi, » ricana Rose.
Sidra attrapa sa fourchette et la pointa sur Rose. « Je t'interdis de parler de ça. »
« Elle l'a déjà fait, ma chérie, » dit Lily en prenant le bol de petits pois, se servant et en tendant le bol à son fils qui le passa furtivement à la personne à côté de lui sans se servir.
« Qu'avez-vous fait toi et Bellatrix aujourd'hui ? » demanda James.
« Elle a commencé la journée en avançant dans ses machinations politiques en rencontrant d'autres vieux membres du Magenmagot, » dit Sidra en prenant des pommes de terre. « Puis, le midi, nous sommes allés dans une boutique de vêtements moldus pour que Bellatrix puisse s'acheter d'autres vêtements moldus. Puis nous sommes allés dans un restaurant, avons commandé et elle est allée aux toilettes pour se changer. Quand elle est ressortie, elle a annoncé qu'on prendrait à emporter et j'ai du manger dans une boite en plastique pendant que nos rencontres avec des agents immobiliers et des banquiers moldus. »
« Certains membres de l'Ordre pensent qu'elle veut essayer de remplacer le Ministre Prewett, » dit Lily en tenant sa cuillère d'un air absent.
« Il semble qu'elle soit trop occupée à développer la fortune Black, » dit sèchement James en attendant qu'un plat arrive vers lui.
« Ministre de la Magie ? Elle ? » dit Sidra ayant l'air outrée. « Elle est plus jeune que moi ! Et elle n'a même pas fini Poudlard par la barbe de Merlin ! »
« Nous ne sommes pas supposés en parler, » dit Rose d'un ton grognon.
« Tais-toi ! » rugit Sidra.
« Calmez-vous, » soupira James en se servant dans le plat de viande. « Quelqu'un d'autre a-t-il fait quelque chose d'intéressant aujourd'hui ? »
« En fait, j'ai aidé Harry à trouver le dernier horcruxe, » dit Rose.
« Oh, où est-il ? » dit Lily, ayant l'air très intéressée.
« Je ne peux pas vraiment le dire, » admit Rose. « Mais nous avons fait de gros progrès. Et vous trouverez peut-être intéressant de savoir qu'Harry a découvert que Bellatrix avait volé ses souvenirs. »
« Comment l'a-t-il pris ? » demanda Lily.
Rose haussa des épaules. « Il n'a pas eu l'air très inquiet. »
« Harry doit être un saint, » songea Lily en commençant enfin à manger. « John ? As-tu fait quelque chose d'intéressant ? »
« J'ai mangé une chocogrenouille et ai trouvé ma première carte d'Harry Ashworth Black ! » s'exclama John.
« Yoooupi, » grogna Sidra.
Amélia Bones faisait les cent pas dans la petite salle de séjour privée que le propriétaire du Chaudron Baveur lui avait louée. Assis à la table se trouvaient plusieurs de ses plus puissants alliés politiques.
« Pouvons-nous commencer ? » soupira Amos Diggory, n'ayant clairement pas envie d'être présent.
« Ce n'est pas bon d'être dehors aussi tardivement, » approuva Kingsley Shacklebolt, en jetant un coup d'œil à l'horloge « Et encore moins dans un lieu public. »
« Encore quelques minutes, » dit Amélia, continuant à faire les cent pas. « Je suis sûre qu'il va arriver. »
La prédiction d'Amélia s'avéra exacte car la porte s'ouvrit soudainement sur Andrew Foxe. « Désolé pour mon retard, » s'exclama-t-il vivement alors qu'Amélia fermait la porte derrière lui.
Diggory leva les yeux au ciel et soupira.
« Où est Edward ? » demanda Amélia en fronçant légèrement les sourcils.
« Il ne quitte généralement pas son bureaux ces jours-ci, » dit Andrew. « Avant mon retour de mon poste diplomatique, je n'avais pas réalisé à quel point il était devenu reclus. »
« Ca me semble être un bon mode de vie, » commenta Kingsley Shacklebolt. « En tant que Chef du Département des Mystères, il est sûrement une cible de grande importance. Il sait des choses qui pourraient sans doute intéresser Vous-Savez-Qui. Et en tant que le plus ancien Chef de Département, il deviendra Ministre par intérim s'il arrive quelque chose à Prewett. »
« Oui, en effet, » dit Andrew en ne croisant pas le regard de Kingsley quand il s'installa au milieu de la demi-douzaine d'alliés d'Amélia.
« Parlons maintenant de ce qui nous amène ici, » insista Diggory.
« Très bien, » dit Amélia. Cependant, au lieu de s'asseoir à la table, elle recommença à faire les cent pas. « J'ai récemment découvert que Bellatrix Black prévoit de remplacer le Ministère. Je crois qu'elle veut acheter les votes des membres mangemorts du Magenmagot en leur promettant sa clémence après la guerre. »
Andrew leva les yeux au ciel. « Et alors ? Si les partisans du Seigneur des Ténèbres le trahissent et aident à faire de Madame Black la prochaine Ministre, la guerre se terminera et nous aurons une Ministre extrêmement énergique qui les laissera vivre. Et elle sera là pour assurer sa part du marché et les faire marcher droit. »
« Les coups d'Etat ne sont pas une bonne idée pendant une guerre, » commenta Kingsley semblant inquiet.
«Mais Prewett commence à vieillir, » fit l'un des autres invités. « A-t-il un héritier politique ? »
« Croupton, » dit Amélia.
Le silence de tous indiqua clairement ce qu'ils pensaient de l'idée de Croupton étant leur Ministre.
« Donc en fait, nous devrions réfléchir à un remplaçant potentiel pour Prewett, » observa quelqu'un. « A moins que nous ne souhaitions que Croupton soit Ministre. »
« J'ai compté les votes, » annonça Amélia. « Croupton est apparemment l'héritier mais en fait, Madame Black semble avoir assez de votes pour le bloquer, même si elle n'en a pas assez pour devenir Ministre. C'est donc à nous et ceux que nous pourrons influencer de choisir le moindre de ces deux maux. »
« Très bien, » dit Andrew en écartant les mains. « Réfléchissons à ces deux « maux ». D'un côté, nous avons Barty Croupton qui a consacré toute sa vie à sa carrière. Il a des ennemis et… des ennemis. En tant que Chef du DJM, il est en réalité le commandant de guerre du Ministère dans cette guerre. Ses discours montrent qu'il s'oppose véhément au Seigneur des Ténèbres mais en réalité il semble être pleurnichard sans cran. Il n'a pas fait avancer le Ministère. Ses idées et ses pratiques sont étroites d'esprit et il est incapable de développer de nouvelles stratégies. »
« Andrew, je pense que nous avons compris l'idée, » soupira Amélia.
« Très bien, » dit Andrew. « D'un autre côté, nous avons Bellatrix Black – qui s'oppose également clairement au Seigneur des Ténèbres. »
« Vraiment ? » fit l'un des amis d'Amélia. « Elle n'est qu'une mercenaire. D'une façon ou d'une autre, Harry Black a réussi à l'acheter. »
« Exactement ! » dit Andrew en souriant. « Elle est une mercenaire ayant été payée pour s'opposer vivement au Seigneur des Ténèbres. Si on la paye avec de l'argent, du pouvoir et du prestige, on obtient des résultats. Depuis qu'elle a rejoint le Magenmagot elle en a fait plus que certains d'entre nous en des décennies. »
« A part des inquiétudes d'avoir une « mercenaire » comme Ministre, il y a aussi le fait que Madame Black semble remarquablement immature et insensée, » fit Diggory.
« Oh, je vous en prie, » dit Andrew, « elle doit avoir au moins quarante ans maintenant. »
« En fait Andrew, je vois du potentiel en Madame Black, » admit Amélia. « Mais, » dit-elle en levant sa main pour empêcher Andrew de parler, « il n'est pas encore développé. Si Madame Black continue à participer aux sessions du Magenmagot et qu'elle obtient peut-être une position au Ministère, elle pourrait être qualifiée pour devenir Ministre dans dix ou quinze ans. »
Andrew haussa un sourcil. « Alors vous allez voter pour Croupton ? Parce ce que je ne pense pas que l'une des personnes présentes ici ce soir vous suivra. »
« Pas du tout, » dit doucement Amélia. « Je propose que nous sélectionnions notre propre candidat. Ainsi, nous pourrons essayez de solliciter des votes du camp de Croupton ou de celui de Black en leur promettant de hautes positions au Ministère. »
« Très intelligent, » soupira Kingsley.
« Quoi ? » demanda Diggory.
« Amélia pense qu'elle devrait être la prochaine Ministre, » dit Andrew pour ceux qui n'avaient pas encore compris les subtilités d'Amélia. « J'imagine qu'elle pense pouvoir obtenir l'aide de Madame Black si Amélia lui promet qu'elle deviendra son héritière politique. »
« Je suis bien plus qualifiée que Madame Black, » dit Amélia sur la défensive.
« Tout ceci n'est-il pas hypothétique ? » demanda quelqu'un d'autre. « Je veux dire, si Madame Black n'a pas assez de votes pour devenir Ministre et si Prewett n'est pas sur le point de prendre sa retraite, quel est l'intérêt de tout ce cirque ? »
« Et bien, nous devons être prêt, » dit Amélia. « Je pense que des grands changement arrivent dans notre pays. Harry Black va très certainement vaincre le Seigneur des Ténèbres. »
Andrew Foxe rebondit sur ce commentaire. « Alors pourquoi ne soutenons-nous pas Harry Black pour qu'il devienne Ministre ? »
« Ne nous inquiétons pas de ça pour l'instant ! » grogna une sorcière. « Je n'ai pas l'impression que le pouvoir changera bientôt de mans. Amélia, si quelque chose arrive, vous pouvez compter sur notre soutien pour vous ou pour celui que vous souhaiterez nominer. Je vous laisse le soin d'obtenir les votes du camp Black ou Croupton. Moi je rentre chez moi. »
La plupart des invités murmurèrent leur approbation et avant qu'Amélia ne puisse réagir, la réunion fut ajournée.
La question du dernier horcruxe planait à l'arrière des pensées d'Harry mais il était trop occupé à penser à son mariage pour se concentrer. Quand il était rentré de Poudlard et de ses quelques courses, il avait découvert que Bellatrix était sortie pour aller chercher à manger. Pendant le diner, lui et Bellatrix avaient beaucoup parlé – ou plutôt, Bellatrix avait beaucoup parlé. Son sujet de discussion avait été le futur. Harry lui avait agréablement répondu et avait contribué à la conversation, sachant qu'elle était en lien avec ce qu'elle avait vu dans la Pensine.
Même si Harry avait apprécié les sujets de discussion, ceux-ci l'avaient aussi un peu attristés. Quand elle avait parlé de réduire la taille de Ravenbourgh, comme Harry le voulait ou quand elle avait dit à demis mots qu'Harry pourrait avoir autant d'enfants qu'il le voulait alors qu'Harry savait très bien qu'elle n'en voulait pas beaucoup, tout ceci servait-il à attiser l'amour d'Harry. Ou était-elle en train d'adoucir le deal qu'elle considérait avant tout comme un partenariat professionnel.
La première alternative rendait Harry coupable car il avait vu l'amour qu'elle lui portait et il haïssait de la voir le supplier de l'aimer aussi. La dernière déprimait aussi Harry. Il espérait que c'était la première alternative même s'il savait qu'il était plus probable que c'était la dernière. Peut-être pouvait-il faire mieux. Il pouvait peut-être la rassurer en faisant plus de choses spontanées. Comme la tactique de diner surprise qu'elle était en train d'utiliser.
Après le diner, ils étaient allés se coucher. Harry était allongé sur le côté et Bellatrix était collée derrière lui, son bras droit enroulé autour de son torse alors qu'elle dormait et qu'Harry réfléchissait. Finalement il utilisa un peu de magie sans baguette pour éteindre les lumières et s'endormir.
Après plusieurs heures, des cauchemars du passé Harry commencèrent à ressurgir. Cela ressemblait aux rêves des pensées de Voldemort qu'Harry connaissaient si bien mais c'était différent – les scènes dans sa tête étaient celles de son propre futur, un futur donc de Voldemort ne savait rien.
Curieusement, c'étaient les souvenirs du Tournoi des Trois Sorciers qui étaient les plus présents. Même si la troisième tâche avait été le seul vrai moment horrible du tournoi, Harry n'avait jamais beaucoup aimé penser au Tournoi car l'ombre de la mort de Cédric Diggory planait sur cet événement.
Soupirant en rêves sur sa stupidité, Harry regarda l'imposteur Alastor Maugrey le trainer dans le château après son retour du cimetière. Et ensuite, Harry sut la réponse. Harry glapit et commença à hyperventiler, réussissant enfin à se réveiller et à se redresser malgré la prise de Bellatrix autour de lui.
Jurant avec colère, Harry sortit de son lit et commença à s'habiller.
« Que se passe-t-il ? » demanda Bellatrix d'un air endormi, se leva et le regardant avec une innocence inhabituelle avec sa nuisette et ses cheveux en bataille.
« L'horcruxe, » dit Harry. « Il est en Croupton ! »
« Attends, le directeur Croupton ? » demanda Bellatrix.
« Non, son fils ! » dit Harry en enfilant une des meilleures paires de bottes en peau de dragon.
« Heureusement qu'il est à Azkaban, » remarqua Bellatrix.
« Non, non, non ! » dit Harry en enfilant la seconde botte. « Ce n'est pas chanceux ! C'est un désastre ! Tu ne réalises pas que l'une des raisons pour laquelle ils ont mis autant de gardes à Azkaban, c'était pour essayer d'éloigner Tom des détraqueurs ? » Jurant, Harry courut hors de la pièce et commença à fouiller dans ses affaires dans la pièce de stockage.
Bellatrix bailla. « Je savais bien que je faisais la bonne chose en ne votant pas pour l'envoyer à Azkaban. »
