Maudit poste et poste maudit
Note de l'auteur : Bonjour à tous ! Je profite du thème de ce drabble pour rappeler que non seulement j'abuse de l'humour noir mais également des clichés. Loin de moi l'idée de dire que tous les Français sont insupportables en ce qui concerne la déco ou que les Africains sont tous représentés dans la figure du sorcier que vous allez découvrir. D'ailleurs, je ne pense pas que l'Afrique soit un pays, c'est un continent à la richesse et à la diversité immenses, mais encore une fois, je joue sur des représentations figées dans un but humoristique (notez au passage que je n'épargnerai presque personne). Ça me semble important de le souligner car d'autres drabbles auront tendance à caricaturer, et je ne voudrais pas être mal interprétée. ^^
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture !
1966-1967 : Le sorcier africain
En ce début d'année, les élèves pénétrèrent dans leur salle de Défense Contre les Forces du Mal en ne sachant pas du tout à quoi s'attendre. Ils commençaient à avoir l'habitude de voir défiler les professeurs de cette matière, et surtout à ce qu'ils soient tous plus bizarres les uns que les autres. Mais quand bien même ils étaient entrés l'esprit ouvert et prêts à tout, ils furent surpris par le nouvel aspect de la salle.
Les volets de la pièce avaient été fermés, de sorte que la seule lumière provienne des flambeaux accrochés sur les murs et de la cheminée derrière le bureau. Des bouquets de plantes et de fleurs séchées pendaient du plafond, ainsi que divers morceaux d'animaux dont la nature était parfois douteuse, comme des peaux de serpents, des pattes de coqs et ce qui ressemblait à des entrailles séchées. Légèrement désarçonnés, les élèves, de sixième année, s'assirent et se regardèrent, certains commençant à sortir leurs affaires l'air peu sûr d'eux.
Soudain, un énorme nuage de fumée jaillit d'un chaudron qui pendait au fond de la classe, faisant sursauter violemment la plupart de ceux qui étaient présents, certains sortant même leurs baguettes dans un réflexe défensif. Lorsque le nuage se fut dissipé, ils eurent la surprise de voir un grand homme à la peau noire et à la barbe blanche se tenir de manière hiératique derrière le bureau. Celui-ci s'avança d'un pas lent, toutes les amulettes qu'il portait produisant un léger bruit, le seul audible dans la pièce. Il était vêtu de ce qui semblait être un mélange entre une robe de sorcier et un boubou africain, de couleur verte, et il était visiblement pieds nus. Sans compter qu'il portait autour du cou un long serpent noir à l'air éminemment dangereux, dont la tête oscillait légèrement. Il s'arrêta devant les premières tables, et jeta un regard d'ensemble sur la classe, avant de se présenter comme étant Edward N'Golo, leur nouveau professeur.
Toujours abasourdis, les élèves avaient les yeux écarquillés, et beaucoup se demandaient si l'enseignant avait l'habitude de faire des entrées aussi fracassantes à chaque fois. L'homme expliqua quel serait son programme au cours de l'année, et il divergeait dans une grande mesure de celui qui était dans leur livre. Apparemment, les professeurs de DCFM avaient une chose en commun : leur volonté de ne pas suivre le programme établi. Ainsi, au cours de l'année, ils étudieraient les malédictions rituelles, beaucoup plus fréquentes qu'on ne le croyait avait dit N'Golo en haussant la voix brutalement et causant un nouveau sursaut, ainsi que les sortilèges de possession, les sorts de protection, et les objets ensorcelés. Le professeur semblait aussi décider à leur prouver que le monde magique ne se limitait pas à la Grande-Bretagne et à l'Europe, puisqu'il avait décidé de ne leur parler presque exclusivement que des créatures vivant sur le territoire africain.
En sortant du cours, les élèves furent aveuglés par la lumière du couloir et inspirèrent de grandes goulées d'air, se rendant compte après coup de l'atmosphère étouffante de la pièce qu'ils venaient de quitter. Ils restèrent quelques instants les bras ballants, un peu désorientés, avant de se diriger vers la salle de leur prochain cours, qui heureusement avait lieu avec un professeur plus...traditionnel.
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Edward N'Golo ne cessa pas de faire parler de lui tout au long de l'année. Très attaché aux cérémonies liées au calendrier lunaire, il n'était pas rare de le voir en pleine nuit en train d'effectuer quelque danse rituelle en haut de la tour d'astronomie ou bien près du lac, ce qui ne manquait pas d'attirer certains êtres de l'eau interloqués, voire, une ou deux fois, le calamar géant.
Les autres professeurs avaient fini par prendre leur parti de sa tenue atypique et de sa manière étrange de saluer, en vous regardant droit dans les yeux fixement durant plusieurs minutes pour vérifier que vous n'étiez pas sous l'emprise d'un sortilège vaudou. Lors de la pleine lune, ils avaient même pris l'habitude d'apporter sièges et en-cas pour apprécier le spectacle des danses effectuées par le sorcier, aussi beau qu'étrange. Les élèves eux avaient appris un tout nouveau type de magie, assez fascinant il fallait bien l'avouer, même si certaines descriptions des démonstrations du professeur, racontées dans leurs lettres, inquiétaient légèrement leurs parents, surtout quand celles-ci impliquaient son serpent de compagnie.
À la fin de l'année cependant, sa méthode sembla porter ses fruits puisque les élèves remportèrent BUSEs et ASPICs avec des notes tout à fait convenables, et Dumbledore n'hésita pas longtemps avant de l'embaucher de nouveau pour l'année suivante.
Pour les vacances, le professeur décida de rentrer visiter sa famille au Ghana, secrètement heureux d'échapper à la grisaille de l'Écosse, quand bien même ses rituels avaient permis qu'il fasse beaucoup plus beau que d'habitude dans la région de Poudlard, au grand plaisir de tous. Il resta deux mois entourés des siens, et rentra à l'école en portoloin.
En fin d'après-midi Dumbledore, surpris de ne pas voir arriver l'homme qui, ponctuel, avait indiqué qu'il serait là à trois heures tapantes, se rendit dans à la zone d'arrivée des portoloins, et eut la mauvaise surprise de constater que le professeur était allongé raide mort dans l'herbe. Un rapide examen lui suffit pour constater qu'il avait sans aucun doute succombé à la morsure fatale de son serpent, lequel était immobile quelques mètres plus loin, comme en transe. Les Médicomages appelés sur les lieux ne purent rien faire, et le serpent décéda à son tour dans la soirée, comme pour rejoindre son maître qu'il avait inexplicablement trahi.
Bien que très mystérieuse, l'affaire fut classée sans suite et Dumbledore, attristé, fut toutefois bien content d'avoir pris la précaution de contacter une autre personne pour le poste. La rentrée était le lendemain après tout.
Voilà ! J'espère que ça vous a plu ! ^^ Je vous souhaite une bonne soirée et je vous dis à demain !
