Maudit poste et poste maudit
Note de l'auteur : Bonjour à tous ! À partir d'aujourd'hui, vous allez constater que mes drabbles sont de plus en plus liés à la situation extérieure à l'école, et donc à la montée en puissance de Voldemort. Comme il est à l'origine de la malédiction, ça me semblait normal qu'il apparaisse dans cette fic, ne serait-ce qu'indirectement... ;-)
Remerciements : Je remercie tout particulièrement Gentiane94 pour son soutien et ses commentaires, qui me font toujours autant rire, ainsi que WriterOfAttic, qui suit cette fic avec une merveilleuse fidélité. Elle a d'ailleurs utilisé mon personnage de Lilith Firehouse (ce dont je suis extrêmement flattée), dans une des ses fics, Blood World, que je vous recommande chaudement si vous aimez les UA... ^^
Bonne lecture !
1967-1968 : La fanatique
Après ce qui était arrivé au professeur précédent, Dumbledore décida d'engager une femme qui semblait versée dans la magie noire, ce qui après tout pouvait être très intéressant si on voulait enseigner comment s'en défendre.
Il avait donc fait à appel à la jeune Agrippina Carrey, une femme blonde à l'apparence angélique, mais qui avait travaillé durant ses études sur les sortilèges impardonnables et avait écrit un mémoire révolutionnaire sur le sujet. En ces temps troublés, le directeur ne doutait pas de sa capacité à préparer les élèves à ce qui les attendait à l'extérieur. Ou du moins à ne pas leur cacher la vérité.
Il faudrait peut-être qu'il lui dise de ménager les premières années tout de même, qu'on aille pas l'accuser de former des enfants soldats.
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Agrippina Carrey était une femme à la silhouette élancée et à la posture élégante. Elle portait souvent ses longs cheveux blonds clairs relevés en un chignon flou, ou en une tresse qui retombait sur son épaule, et elle était toujours vêtue de longues robes sombres qui mettaient en valeur ses formes de manière discrète. Quand elle entrait dans la salle de classe, le silence se faisait presque immédiatement, sans même qu'elle ait à ouvrir la bouche, tant sa présence était imposante. Elle avait une voix assez grave compte tenu de son apparence, et durant chacun de ses cours, on aurait pu entendre une mouche voler.
Mais si les élèves étaient aussi calmes, ce n'était pas seulement parce que ce qu'elle racontait était très intéressant, même si elle avait une manière presque amoureuse de parler de la Magie Noire, c'était surtout à cause de son aura, qui semblait s'assombrir de jour en jour. Quand ils entraient dans leur salle de classe, les élèves les plus jeunes frissonnaient sans savoir pourquoi, les plus âgés se mettaient automatiquement sur la défensive, et tous appréhendaient inconsciemment ce qui était à venir. Même si la professeur n'élevait jamais la voix, et qu'elle faisait rarement des démonstrations, à chaque fois qu'elle sortait sa baguette, ils avaient tous un mouvement de recul imperceptible.
Peut-être était-ce la manière dont ses yeux brillaient lorsqu'elle parlait de sortilèges de plus en plus noirs au cours de l'année. Peut-être était-ce la manière dont elle caressait presque sans s'en apercevoir les objets maléfiques qui ornaient son bureau et les murs de la salle. Peut-être encore était-ce les commentaires qu'elle faisait aux élèves en leur rendant leurs copies ou lors des cours de travaux pratiques, comme si elle encourageait ceux qui semblaient les plus retors et les plus inventifs. Ou peut-être était-ce tout simplement un mélange de tout cela.
Et plus l'année avançait, plus l'attitude d'Agrippina empirait. Dès le mois de décembre, même les professeurs murmuraient dans son dos quand elle passait. Certains allèrent jusqu'à faire remarquer au directeur qu'ils n'étaient pas tout à fait sûrs que l'allégeance de l'enseignante soit toujours du côté de la lumière. Dumbledore, bien qu'empli d'espoir et de confiance envers chaque être humain, convoqua à la rentrée des vacances de Noël Agrippina dans son bureau, et lui demanda de découvrir son avant-bras gauche. Celle-ci, loin de s'énerver releva sa manche pour révéler une peau blanche, vierge de toute marque. Le directeur s'excusa platement, et Agrippina lui offrit un petit sourire en lui disant qu'elle comprenait tout à fait, et qu'elle ne se sentait pas le moins du monde offensée.
D'autant qu'elle était gauchère et qu'il aurait mieux fait de vérifier son bras droit.
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Les derniers mois de l'année semblèrent défiler à une vitesse folle, et c'est presque avec plus de soulagement que les élèves eux-mêmes que Dumbledore vit arriver la fin des examens. Il venait de recevoir dans son bureau la professeur de Métamorphose qui lui avait énoncé avec assurance que garder mademoiselle Carrey pour l'année suivante était une très mauvaise idée. Et il ne pouvait s'empêcher de se dire que Minerva McGonagall, arrivée seulement trois ans auparavant, n'avait pas tort. Depuis le mois de mars, certains incidents désagréables s'étaient produits, dont aucun heureusement n'avait impliqué d'élèves, mais qui devenaient néanmoins assez inquiétants. Il fallait y mettre un terme mais comment ?
Heureusement pour le directeur, il n'eut pas à réfléchir à la question bien longtemps. Complètement affolé, le préfet en chef vint l'informer du fait que la Marque des Ténèbres, à la réputation de plus en plus sinistre, était apparue au dessus de la volière, et que les professeurs McGonagall et Carrey étaient en train de s'y battre en duel. Dumbledore se leva précipitamment, et utilisant des passages secrets connus de lui seul, il arriva près de la volière en moins de deux minutes. Là, il vit avec horreur Agrippina Carrey, telle une furie, lancer de tous côtés des sortilèges tous plus noirs les uns que les autres. Le professeur de Métamorphose se défendait avec force, mais on voyait clairement qu'elle commençait à fatiguer, et lorsqu'un sort de couleur violette la projeta au sol avec violence, Dumbledore se plaça devant Carrey, décidé à en finir le plus vite possible pour éviter les dégâts collatéraux.
Le combat pris fin en quelques instants, Agrippina ne faisant pas le poids face à un mage de cette puissance, et après avoir invoqué un grand nuage de fumée pour faire diversion, elle s'enfuit en courant vers Pré-au-Lard. Certains professeurs se précipitèrent pour l'arrêter, mais Dumbledore les arrêta d'un signe de tête, leur demandant plutôt de l'aider à emmener Minerva McGonagall, toujours inconsciente, à l'infirmerie.
Plus tard, dans son bureau, le directeur se prit à regretter le temps où il n'avait pas besoin de vérifier si les professeurs qu'il engageait appartenaient à un groupe terroriste. Les choses étaient quand même moins compliquées...
J'espère que ça vous a plu et je vous dit à demain ! ^^
